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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

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Savoy Brown

City night

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Savoy Brown est né en 1965. Excusez du peu ! 54 années d'existence pour ce blues band, bien british à l’origine, dont le seul membre permanent est le guitariste Kim Simmonds. Le groupe est l'un des fleurons du blues boom anglais qui a marqué la fin des sixties. A l’époque, la formation impliquait le remarquable chanteur/compositeur Chris Youlden. Après avoir gravé "Looking in", un elpee paru en 1970, Savoy Brown, alors réduit à un quartet, splitte. Kim reste à la barre, mais les trois autres musicos fondent Foghat, un band bien plus rock, qui rencontre alors du succès aux USA. Paradoxalement, Simmonds va également, au fil du temps, opter pour un style plus rock. Et il va récolter alors également davantage de retour aux States. Ce qui explique pourquoi, un jour, Kim décide de s’exiler définitivement outre-Atlantique. Il y vit d’ailleurs toujours et dans l'état de New York…

Début du nouveau millénaire, Savoy Brown se réduit au format trio. Son leader cumule les fonctions de chanteur, guitariste et compositeur. Et si le Gallois de naissance reste un guitariste d'exception, il se révèle un modeste vocaliste. Le groupe publie régulièrement des albums qui, au fil du temps, se ressemblent tous.

Depuis une dizaine d'années déjà, le backing group de Kim implique le bassiste Pat Desalvo et le drummer Garnet Grimm. Et le combo vient de sortir "City night », un long playing découpé en douze plages, pour la plupart de bonne facture, sculptées dans un blues/rock qui sert de rampe de lancement à Simmonds… 

Dès "Walking on hot stones", en ouverture, Kim affiche sa technique sur la guitare slide. "Don't hang me out to dry" et surtout "Neighborhood blues" s’inspirent du légendaire Albert King. Ponctué d'un remarquable travail sur les cordes, le second morceau est imprimé sur un mid tempo. Si "Conjure rhythm" est indéniablement marqué du sceau Savoy Brown, "Selfish world" campe le blues lent de rigueur. Evoluant sur le si caractéristique Bo Diddley beat, "Hang in tough" s’avère particulièrement entraînant. Enfin, le boogie final "Ain't gonna worry" nous rappelle l'époque dorée au cours de laquelle le groupe délivrait son ‘Savoy Brown Boogie’...

Savoy Brown

Witchy feelin'

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Savoy Brown est né en 1965, en pleine vague du british blues qui a sévi au cours des sixties. Kim Simmonds en est toujours le leader et le dernier membre fondateur. Britannique, il vit cependant aux States, dans l'état de New York, depuis de nombreuses années. Ce qui explique pourquoi cette formation est devenue particulièrement populaire aux Etats-Unis. En un peu plus de 5 décennies, elle a publié une quarantaine d'albums, sans tenir compte de la carrière solo de Kim. Le dernier line up de son backing group implique une section rythmique, en l’occurrence le bassiste Pat Desalvo et le batteur Garnet Grimm. Kim se consacre bien sûr à la guitare. Il n’a embrassé le chant que très progressivement. Il a produit ce nouvel opus qu’il dédie à son frère, Harry (NDR : il avait été le manager du groupe en début de parcours), décédé l'an dernier.

Si Savoy Brown évolue en formule trio, les cordes de Kim sont régulièrement dédoublées, par les vertus du re-recording. Power/blues, les riffs sont d’excellente facture. Le titre maître se distingue par un recours parcimonieux aux cordes. Dommage que la voix de Kim ne soit pas vraiment charismatique. Chicago shuffle, "Vintage man" met bien en exergue la slide. Cet exercice de style, Simmonds s'en acquitte avec un réel bonheur. Le bottleneck glisse sur les cordes sur "Standing in a doorway", et elle gémissent de désespoir lors de ce blues inspiré par le Delta. Blues/rock plus classique "Can't find paradise" libère une fameuse dose de punch. Kim écrase ses pédales comme à l’époque de "Street corner talking" (NDR : c’était en 1971 !) tout au long de la longue fresque "Thunder, lightning & pain". Ballade instrumentale "Close to midnight" clôt cet opus, une plage empreinte de douceur et de pureté…

Savoy Brown

Songs from the road (Cd + Dvd)

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Savoy Brown est incontestablement une des meilleures formations de blues, née au cours des sixties, lors de l’explosion du British Blues Boom. Si les Rolling Stones fêtent leur 50ème anniversaire en 2013, Savoy Brown n'en est plus loin, puisque sa naissance remonte à 65/66. Mais seul l’incontournable leader, Kim Simmonds, participe encore à l’aventure. Il y a pas de temps qu’il s’est établi aux States. Au sein de l’arrondissement d’Oswego County, dans l’Etat de New York, pas loin du Canada. Et il est le dernier insulaire au sein du line up, Un Gallois pour être plus précis, qui participe à l’aventure.

Les enregistrements qui figurent sur le cd et le dvd ont été immortalisés en mai 2012, au Musiktheater Pïano de Dortmund. Kim Simmonds assure la guitare et le chant. Il est soutenu par Joe Whiting (saxophone, vocaux), Pat DeSalvo (basse) et Garnet Grimm (batterie). Depuis, Whiting s’est fait la malle, et la formation est aujourd’hui réduite à la formule du trio.

Le cd réunit 12 plages, le dvd 14, pour un total de 112'. Joe Whiting n'est pas un débutant, il a milité chez Jukin Bone, participant à l’enregistrement de 2 albums, début des 70’s. Il va ensuite se produire en compagnie de Mark Boyle, avant de fonder son propre groupe. Il ne faut pas attendre plus de 10 secondes pour confirmer le talent de Kim Simmonds à la guitare. En l’occurrence, lors de l’introduction instrumentale, baptisée "24/7". Au saxophone, Joe est tout à fait respectable ; en outre, il apporte une touche originale au son de Savoy Brown. "Looking in" est le titre maître d’un elpee paru en 1970, le premier sur lequel Kim devenait le seul membre originel du combo. Tout en créativité, son jeu de cordes est impressionnant. Le dernier opus studio de SB s’intitule "Voodoo man". Il date de 2011 et implique les mêmes musicos. Ce disque sert de base au concert, car six plages en sont extraites, soit le rock'n'roller "Natural man", "She's got the heat", caractérisé par une extraordinaire partie de slide exécutée par Kim, "Voodoo moon", une piste qui ne manque pas de charme au cours de laquelle Kim et Joe se partagent les vocaux, le hard rocker classieux "Meet the blues head on" et le boogie blues "Shockwaves". Simmonds se réserve en personne le micro sur "Street corner talking", le titre maître d’un LP gravé en 1971, morceau devenu son plus grand hit, mais également le long playing le mieux vendu de sa carrière. Trois compos sont issues du même album. Tout d’abord "Time does tell", titre atmosphérique à l’approche jazzyfiante très technique, "Tell Mama", et enfin, en guise de premier rappel, une version explosive du "Wang dang doodle" de Willie Dixon, que chante autoritairement Joe Whiting! La version live de "Hellbound train", plage phare de l'album du même nom, publié en 1972, se transforme en boogie passionnant, les changements de tempo rappelant une grande époque. Enfin, le Dvd propose, en bonus, le classique "Little Red Rooster", un blues lent signé de nouveau par Dixon et que Howlin' Wolf avait traduit en hit. En finale, le Savoy Brown attaque le fameux "Louisiana blues" de Muddy Waters, une composition qu’il interprétait déjà en 1969, sur son premier elpee live, "Blue Matter".

 

Savoy Brown

Steel

Écrit par

Fondé en 1965, Savoy Brown constitue un des plus anciens groupes issus du british blues boom. Il n'a jamais cessé de se produire ou d’enregistrer, même s'il est devenu, au fil du temps, le projet personnel de Kim Simmonds. Ce dernier vit depuis belle lurette dans l'état de New York où il a fondé sa famille. Savoy Brown est donc devenue une formation américaine, mais toujours inspirée par le blues. Que ce soit en solo ou au sein de son band, ses derniers opus sont parus sur le label Blue Wave de Greg Spencer (NDR : en quelque sorte un voisin !) Il y a quelques années, Kim a décidé de ne plus louer les services d'un chanteur ; mais de prendre les parties vocales à son compte. S’il remplit correctement ce rôle, il faut reconnaître que sa voix manque de puissance. Pour son combo, il a adopté la formule du trio. Il en est le leader incontesté et incontestable en se réservant le chant, les guitares, la plupart des compositions et des arrangements ainsi que la production. Il est soutenu par Gerry Sorrentino à la basse et Mario Staiano ou Dennis Cotton à la batterie. Sa musique est toujours aussi agréable à écouter. Et le blues rock dispensé tout au long de “Steel” s’avère léger, sans fioritures, évoluant dans un registre assez proche des elpees "Street corner talking" et "Hellbound train", commis en 1971/72.

Signé Lowell Fulsom, "Monday morning blues" ouvre la plaque. Et il ne faut pas plus de quelques secondes pour reconnaître l’empreinte personnelle de Kim, les sonorités et le style très caractéristiques de Savoy Brown. Il chante d’un timbre léger quelques couplets avant d’enchaîner par de longues phrases imaginatives sur ses cordes. Le tempo monte d’un cran pour "Long as I've got you". Kim a empoigné sa slide. Il la fait rugir. Mais si les sons produits ont été torturés, l’écoute de cette plage passe facilement la rampe. Simmonds est en excellente forme ! Le tempo ralentit. La rythmique s’alourdit et impose un climat inquiétant et troublant tout au long d’"I don't remember you". Rapidement, la guitare largement amplifiée doit faire face aux instruments préposés au rythme. Elle trahit le mal-vivre de l'instant. Un retour à une formule déjà explorée dans le passé ! Ballade réminiscente des Stones, "You don't do a thing for me" rocke et rolle. Plaisant, "Fly away" est balayé par une toute bonne slide! Kim adopte un profil davantage hard, mais sans trop d’agressivité pour attaquer "Crying forever", une composition très tonique. Plage de bonne facture, "Daybreak" baigne au sein d’un univers nonchalant, laidback, un univers entretenu par la voix de Kim, les cordes se chargeant de faire la différence. Plage instrumentale "Echo of a sigh" nous replonge en 1971, à l’époque de l’elpee "Looking in", le dernier concocté par le Savoy Brown au sein duquel militaient les futurs membres de Foghat. De la dentelle ! Ou si vous préférez du pur Simmonds. Nous sommes alors très proches du "Romanoff" de l'époque! Le slow blues dépouillé, c’est ce que Simmonds fait de mieux. Tout au long du superbe "I'll keep on singing the blues", il y instaure un dialogue entre le chant et la guitare ; et au fil de la plage, cette dernière se révèle de plus en plus impatiente. Ce cd s’achève par "Keeping the dream alive", un rock'n'roll bien dans l’esprit de Jimmy Reed au cours duquel Savoy Brown met le turbo. Bref, si cet opus reste de bonne facture, il ne constitue pas le meilleur de la bande à Simmonds…

Savoy Brown

Strange dreams

Écrit par

Savoy Brown est une véritable institution dans l'histoire du british blues et du boogie. Il est né au beau milieu des années 60, juste à temps pour goûter au succès du blues boom. Sous la houlette du guitariste Kim Simmonds, le groupe a traversé les âges. Ce Gallois d'origine s'est même fixé, depuis belle lurette, dans l'Etat de New York. Lui et le chanteur/bassiste noir Nathaniel Peterson avaient mis fin à la dernière formule du combo en 1999.

Le nouveau line up implique donc aujourd'hui, Simmonds, Dennis Cotton aux drums (NDR : il a joué en compagnie de Duke Robillard et chez Commander Cody and his Lost Planet Airmen), David Malachowski à la guitare (NDR : également un ex Lost Planet Airman), et Gerry Sorrentino à la batterie (NDR : il a aussi joué pour Robillard). Nouveaux musiciens : nouveau style ! Enfin, pas tout à fait, puisque l'expression sonore n'est jamais très éloignée du blues. Simplement, elle opère plutôt un retour au style qui avait fait leur succès commercial au milieu des 70s. Pensez aux elpees "Street corner talking" (72) et "Hellbound train" (73), lorsque Dave Walker se réservait le chant. Première constatation, Nathaniel parti, les vocaux sont désormais assurés par Kim Simmonds. Une situation qui s'était rarement produite dans le passé. Encore que ce soit lui qui donne de la voix sur ses deux albums solo, "Solitaire" et "Blues like midnight", parus chez Blue Wave. Kim n'est pas un chanteur né. Et il est à souhaiter que dans un futur proche, il trouve un remplaçant.

"When it rains" entame ce "rêve étrange". La section rythmique marque le coup. Kim chante. Mark Nanni a été invité pour participer aux sessions d'enregistrement. Il est bien calé derrière son orgue pour donner du corps au rythme. La première étincelle se produit dès l'envol initial des cordes. Des cordes allumées par Kim ! Une flamme entretenue lors de la subtile fusion entre le blues et le rock exotique, réminiscent de Carlos Santana. L'étiquette rock blues accessible peut être collée sur cette plage. En fait, Savoy Brown semble avoir opéré un retour de trente années dans le passé. A une époque considérée comme la mieux exploitée, d'un point de vue commercial. "Can't take it with you" évolue sur le même tempo. Une composition agréable, au cours de laquelle les soli de Kim conservent une trame bien mélodique. L'orgue de Nanni se fond dans le décor, à l'instar de celui de Paul Raymond, naguère. Kim passe à la slide pour la reprise du "Meat shaking woman" de Blind Boy Fuller. Le bottleneck glisse avec douceur le long de la Gibson. Pour la circonstance la voix se fond bien dans l'ensemble et la slide ressort bien de son environnement rythmique. Une plage récréative qui me plait beaucoup. Le morceau maître possède un impact commercial indéniable. Les interventions de la guitare glissent toujours harmonieusement au creux de nos oreilles. J'ignore si ce morceau deviendra leur "Tell Mama" des années 2000, mais il passe la rampe sans difficulté. "Keep on rollin" sent bon le british blues. La guitare répond au chant. Des échanges qui me rappellent de glorieuses années passées ; et en particulier, le "It hurts me too" paru sur l'album live "Blue Matter", en 68. "Shake it all night" est un boogie pas trop furieux, que Savoy Brown a parfois dispensé dans le passé ; mais un boogie bien dans la ligne de conduite observée par le présent opus. "Pain of love" et "(Hard time) believing in you" marquent un retour au style des premières plages, un style teinté par des sonorités de guitare qui me plaisent beaucoup. Invitation à se tortiller les orteils, "Memphis last night" est une plage assez longue, un peu répétitive. Les percussions s'activent pendant que Kim peut jouer son côté Santana. Savoy Brown achève son album par "Can't you let go", une composition dont les accents dépouillés et dramatiques baignent au sein d'un climat traditionnel. Kim m'y fait un peu penser à l'un de ses anciens potes, Stan Webb, leader de Chicken Shack.

Savoy Brown

The blues keep me holding on

Écrit par

L’album de Savoy Brown était très attendu. Leader incontesté, Kim Simmonds, a gardé le chanteur bassiste Nathaniel Peterson que l'on a pu voir lors de la dernière tournée européenne. Nouveau venu à la batterie, Tom Compton est un ancien musicien d'Alvin Lee. Des invités de prestige : Dave Maxwell au piano et Paul Oscher à l'harmonica.

L'album débute de la meilleure des manières, sous des accents de slide graisseuse, inspirés du Sud profond: "Going down to Mobile". Je persiste à penser que Nathnaniel a la voix idéale pour Savoy Brown, assez proche de Chris Youlden sur ce titre. "She's leaving" est le blues répétitif, sobrement rythmé qui était le faire-valoir du groupe dans sa période du début des 70s, avec Dave Walker au chant. Pour cette plage, le batteur d'origine Roger Earl est présent et Leo Lyons de Ten Years After tient la basse. C'est la même ambiance qui préside la plage titulaire. Pour "That's all I want baby", l'amplification est bloquée au minimum. Les deux guitares peuvent rivaliser. Celles de Kim et de… Duke Robillard. Le long et lent blues "Bad shape" m'avait enchanté lors d'un récent passage à Tourcoing. La version enregistrée est très dépouillée, mais nous laisse respirer à grandes bouffées le style Simmonds. Kim chante "Mississippi steamboat", une croisière fluviale vers New Orleans, soutenu par le piano de Maxwell pour donner du tonus. Il chante aussi "When you got a good friend", composé il y a bien longtemps par Robert Johnson. Atmosphère Delta unplugged pour "Ain't no need to worry". Kim se réserve le bottleneck. La reprise de "Little Red rooster" est également au menu. Il est vrai que ce titre a toujours figuré au répertoire live. La finale est très enlevée, avec cordes dans le mode jazzy, nouveau duel Simmonds/Robillard à la clé. Solide album mais pas leur meilleur!