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Le rire de Will Paquin

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Thomas Simon Saddier

Thomas Simon Saddier à la recherche de ses proches…

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Il y a toujours une heure, un lieu, un visage qui nous hante. Montréal à cinq heures du matin, le vent qui refuse de tourner, un boulevard sans fin où s’échouent les amours impossibles. « Toute ta vie recherche les tiens » n’est pas qu’un album, c’est une quête, un mirage, un cri que l’on jette dans la nuit en espérant que quelqu’un l’attrape.

Thomas Saddier dévoile ce nouvel opus en version vinyle grâce à une collaboration entre les labels Suisse Urgence DIsk Records, Paroisse Records et l’écurie québécoise Woody Musique.

Enregistré à Montréal, ce disque pop rock francophone résonne comme une errance moderne, un road trip intérieur où se croisent mélodies accrocheuses et textes ciselés. L’elpee se déploie en deux faces L’une recèle des compositions originales de Thomas Simon Saddier et l’autre les remixes réalisés par Strike et Laora Gems pour Paroisse Records. Le visuel de ce vinyle a été créé par l’artiste serbe Myllen Art.

Mais la route ne s’arrête pas là. En juin 2025, un Ep de remixes intitulé « Toute ta vie remix les tiens » viendra prolonger le voyage. Parce que la musique est un écho. Parce que les rêves continuent, même quand on n’y croit plus. Parce qu’il y a toujours quelqu’un, quelque part, qui cherche les siens.

Le clip consacré à « L'Amour est un crime parfait » est disponible

 

 

Casimir Liberski

Deux pros dans l’impro…

Écrit par

Alliant la finesse du jazz noir-jaune-rouge à l’innovation avant-gardiste japonaise, le pianiste Casimir Liberski et le batteur Tatsuya Yoshida, connu pour son travail au sein de la formation Ruins, ont uni leurs talents afin de concocter un premier album intitulé « Troubled Water », explorant un paysage sonore mouvant constitué de free jazz, d'ambiant et de rock progressif voire d'éclaboussures punk. Et la fusion de leurs deux univers musicaux et culturels se rejoignent dans l'improvisation…

Casimir Liberski, ‘moitié’ belge de ce duo évoque pour nous les images de ce monde musical... flottant.

Comment avez-vous rencontré Tatsuya Yoshida ?

Via Facebook. Plus jeune, j'étais fan de Ruins, le duo que Yoshida formait en compagnie d’un bassiste occasionnel. J'ai découvert qu'il s’était inscrit sur le réseau social en 2012. Je l'ai ajouté comme ‘ami’, pour ensuite l'interroger sur ses prochains concerts en Belgique.

Lorsque j'ai sorti mon album « Cosmic Liberty », en 2017, avec le jeune batteur prodige Matt Garstka, Yoshida s'y est intéressé. Nous avons été directement en contact et il m'a demandé de lui organiser un concert en Belgique, un an plus tard ; c’est ce que je suis parvenu à planifier pour le duo Sax Ruins qu'il forme avec la saxophoniste Ryoko Ono.

Nous nous sommes enfin rencontrés et j'ai pu me produire en première partie de leur performance.  Depuis, nous sommes restés en contact malgré le covid, communiquant et nous échangeant des démos.

En janvier de l'année dernière, j'ai passé ma lune de miel au Japon. La veille de mon retour, Tatsuya m'a appelé pour m'annoncer qu'il nous avait dégotté un petit concert dans un bar à Tokyo le soir même. Spectacle qu'il a enregistré, et qui s'est révélé d'une intensité incroyable. Ensuite il l’a remixé et c’est devenu cet album.

C'est donc un opus d'une prise dans un bar à Tokyo ?

Oui, totalement à l'arrache. Tatsuya a placé deux ou trois micros, raccordés à son enregistreur zoom, et trouvé des astuces originales, comme placer des ventouses qu'on utile pour déboucher les toilettes sur les rosaces, les trous de la table d'harmonie du piano, tout en y insérant un petit micro.

J'ai ensuite transmis le résultat à John Zorn que je connais, lequel m'a conseillé de faire mixer le tout par James Dellatacoma, ingénieur du son qui collabore énormément avec Zorn et Bill Laswell, et a l'habitude de prendre en charge des prises ‘mal enregistrées’… ou plutôt avec les moyens du bord (il sourit).

Vous formez un duo batterie/piano, ce qui n'est pas courant, même dans le jazz ?

C'est vrai, mais Tatsuya Yoshida a précédemment formé un duo connu avec Satoko Fujii, lequel a sorti plusieurs disques sur Tzadik records, le label de John Zorn justement ; une musique mouvementée et lourde, exigeante d'un point de vue de l'écoute, dans un style très écrit et puissant.

J'avais la conviction qu'il fallait s'en distinguer et proposer autre chose. Raison pour laquelle j'intègre des synthés et des sons électroniques.

Ce n'est donc pas simplement un duo piano et batterie, mais autre chose ?

Au niveau de la composition, nous ne nous situons pas dans le registre de longues compositions très écrites à l'instar du groupe français Magma, que Yoshida adore, et de toute cette musique progressive. A l'inverse, nous sommes dans l'improvisation totale !

Les titres se réfèrent à l'écologie maritime ?

Je me suis chargé d’attribuer des noms aux compos, issues de deux improvisations d'une heure que nous avons sectionnées pour n'en conserver que des morceaux. Les titres sont sans doute liés à l'air du temps, mais parce que notre musique ressemble à une sorte d'océan, voire de tsunami par moment, à l'écoute des tumultes qui secouent notre musique.

L'image qui m'est apparue est celle du monde flottant du Japon où je séjournais en plein hiver. Nous nous étions rendus, mon épouse et moi, sur les côtes, constatant que de petits poissons morts, des fugus, avaient échoué sur le rivage, mais également de déchets dérivant de Corée et de Chine, ce dont les inscriptions sur les emballages témoignaient...

Le jazz est certes une langue universelle, mais chacun apporte-t-il sa propre culture au sein de ce projet ?

Yoshida n'est pas un jazzman, et est incapable de swinguer. Il ne pratique que le rock progressif et l'improvisation libre. Comme je suis plutôt un jazzman qui a débuté par le swing, nous nous rejoignons dans l'improvisation qui elle est véritablement universelle.

Je ne suis pas certain que le jazz soit à ce point universel ; il faut en connaître le vocabulaire, les standards... bref, détenir un passeport en jazz.

Par ailleurs, je ne possède pas une mémoire gigantesque comme la sienne en prog-rock, Yoshida se révélant capable de se souvenir de longues séquences. Personnellement, j'ai plutôt une mémoire à court terme... (il rit)

Album « Troubled Water » (Totalism Records) - 21/03/2024

Albin de la Simone

Les cent prochaines années (single)

Écrit par

Albin de la Simone a confié la réalisation de son futur album, sur lequel figure son nouveau single « Les cent prochaines années », à Ambroise Willaume, alias Sage.

Ce lâcher-prise très réussi nous donne envie d’en écouter davantage.

En effectuant ce léger pas de recul vis-à-vis de ses chansons, le compositeur-chanteur dévoile pourtant son disque d'auteur le plus personnel. A commencer par cette pochette qui le montre enfant, dans les bras de sa mère.

Le texte nous parle d’un amour vécu, qui aurait pris fin ou pas, mais en tout cas à vocation éternelle, du point de vue de l’artiste. Il faudra lui demander si elle avait la même vision que lui. Nous lui souhaitons le meilleur.

Le côté lumineux, la pop rythmée et balancée du morceau a tout pour plaire. Les claviers soutenus d’Albin se marient merveilleusement aux lignes de basses tracées par Sage, aux interventions à la batterie de Robbie Kuster et aux cuivres enivrants dans lesquels souffle Voyou.

La sortie de l’album est prévue pour le 3 mars 2023.

Albin invité d'honneur du Musée d'Orsay, à l'occasion de l'exposition Manet-Degas, y présentera, entre autres, ses premiers concerts début avril.

Méthode chanson

 

Simon Joyner

Les chansons volées de Simon Joyner

Écrit par

Issu d’Omaha, l’auteur-compositeur-interprète Simon Joyner a récemment fêté ses cinquante ans. Ce songwriter américain enregistre depuis 1990. Et son nouvel elpee, « Songs From A Stolen Guitar » paraîtra ce 20 mai 2022.

Les chansons de Joyner, produites de manière plus méticuleuse et peut-être plus intentionnelle que sur ses précédents albums, sont d'autant plus claires, mettant en avant ses jeux de mots éblouissants et sa clairvoyance.

« Songs From A Stolen Guitar » a été enregistré dans plusieurs villes différentes. Joyner a enregistré sa voix et sa guitare à Omaha, le bassiste Wil Hendrix a ajouté ses lignes chez lui à San Francisco, Michael Krassner a enregistré ses parties de guitare et de piano chez lui à Phoenix, et le batteur/percussionniste Ryan Jewell a enregistré dans le Colorado. Cette chaîne musicale est ensuite revenue à Omaha où David Nance (guitares et chœurs), Ben Brodin (orgue et vibraphone) et Megan Siebe (alto et chœurs) ont fait des overdubs, ajoutant ainsi leurs contributions respectives.

Le clip de « Tekamah », compo qui figurera sur cet opus est disponible

En concert :

14.05.2022 - Annecy, Le Brise Glace

15.05.2022 - Lyon, Le Sonic

16.05.2022 - Rouen, Le 106

17.05.2022 - Lille, Cafe Bulle

 

 

 

 

Edwige & Albin de la Simone

La totale (Single)

Écrit par

Edwige, autrice-interprète belge, nous livre un beau deuxième single, « La totale ». C’est un des quatre titres qui figurent sur son premier Ep, fraîchement sorti, fin 2021, sur toutes les plateformes audio.

Albin de la Simone, invité coup de cœur et de marque, chante avec elle en duo, ce savoureux morceau.

Ce projet vient, au départ, de la rencontre heureuse entre trois personnes, Edwige, Joachim Jannin et Manuel Roland.

Pour enregistrer ce disque, Edwige a reçu le concours de David Picard au clavier, Nicolas Fiszman à la basse, Lucas Vanderputten à la batterie ainsi que du multi-instrumentiste Manuel Roland, qui se charge également de la production et des arrangements. Le tout a été mixé et masterisé par Géraldine Capart au Détours Studio.

Edwige possède une voix très légèrement voilée, charmante. Elle parvient merveilleusement à insuffler de l’émotion au texte écrit en compagnie de Joachin Jannin. Rejoint par Albin de la Simone, dont la voix et l’intention mis au service du texte ressemblent étonnamment à celles d’Edwige. C’est la totale !

Le titre défile en douceur et se distingue par ses arrangements subtils. Il commence de manière épurée par des instruments acoustiques suivis par des nappes électroniques.

Le texte nous communique par ‘flashes’, un goût d’été, comme celle d’un verre avec deux pailles aux glaçons qui s’entrechoquent, de pieds dans le sable chaud, d’une Aston Martin. Au loin, un cheval blanc au galop, une plage de palmiers, comme sur l’image de ce titre.

On lui pardonnera la rime à la française qui fait sonner Martin comme un prénom pour coller au reste du texte. Cette liberté captive l’oreille pour nous intriguer davantage sur le sens éthéré du texte.

Pour télécharger la chanson le lien est

Un album complet est prévu fin 2022 en sortie physique et numérique.

Edwige se produira en concert le 25 juin 2022 à la Citadelle de Namur, en Belgique, dans le cadre du Verdur Festival.

Méthode chanson

 


 

Naqvi Qasim

Teenages

Écrit par

Avant de se lancer en solitaire, l’Américain d’origine pakistanaise, Naqvi Qasim, s’est forgé une petite notoriété sur la scène new-yorkaise ; et tout particulièrement en militant comme drummer au sein de la formation acoustique Dawn of Midi, mais également en plusieurs bandes-son

« Teenages » constitue donc son premier opus solo, un disque au cours duquel il une électro-(trop)minimaliste expérimentale. “Funerals” réunit six pistes, dont la dernière les 19 minutes. Autant vous prévenir, si vous vous entamez l’écoute de cette œuvre conceptuelle, ne vous attendez pas à des rythmes entraînants, des variations bouleversantes ou des mélodies enivrantes. Au fil des morceaux, Naviq Qasim s’amuse à superposer quelques loops et à les moduler selon son humeur. Mais au bout du compte, rein de concret ne se précise et surtout, il est extrêmement difficile d’accrocher à ces expérimentations. Si bien qu’après quelques, l’écoute de “Funerals” devient pénible.

Si ce n’est pour rédiger une chronique avec un minimum de substance, on ne voit personnellement pas l’intérêt de s’infliger cette dose d’ennui concentrée.

Emilie Simon

Le charme d'une princesse...

Pour la venue d'Emilie Simon au Botanique, on s'est mis sur notre trente et un : c'est que le premier album de la jeune Française nous a tellement enchantés, qu'on croirait presque la connaître… Comme s'il s'agissait, à chaque fois qu'on l'écoute, d'un tête-à-tête. Sauf qu'ici on est plusieurs centaines à l'attendre patiemment, dans cette Orangerie transformée pour l'occasion en salle assise. Pas le temps de bâiller pendant la prestation d'Holden qu'elle arrive à pas de louve, dans une robe excentrique chatoyante : une vraie princesse. On a dit d'elle et de sa musique qu'elles ressemblaient à Björk, Leila, Anja Garbarek, Kate Bush. C'est vrai qu'à la voir, on pense à toutes ces femmes charmantes, chez qui l'atypisme passe aussi par la garde-robe. Mais l'important ce soir, c'est de vérifier si ses chansons, si belles soient-elles sur album, tiennent la route en live. Parce qu'Emilie Simon a beau avoir sorti un album magnifique, encore faut-il voir si ces compositions écrites en studio, sur un ordinateur, se révèlent aussi surprenantes sur une scène, en direct et sans filet. La réponse ne se fera pas trop attendre…

Si la jeune fille semble un peu timide et gauche pendant les trois premiers morceaux (" Dancers ", " Secret " et " Il Pleut ", où elle abuse des effets vocaux), elle se lâche rapidement avec " Flowers ", la chanson la plus pop de l'album. Sur scène, elle est entourée d'un guitariste et d'un (contre)bassiste, d'une choriste-pianiste et d'un programmateur. A côté d'elle, un étrange thérémin lui permet de moduler sa voix à l'envi… Tout l'album sera passé en revue (+ un inédit, " Solène "), avec en rappel " Vu d'ici ", un " Flowers " bis, " Femme Fatale " (du Velvet Underground) et le superbe " Chanson de Toile ". Emilie Simon n'aura pas dit grand chose, concentrée sur cette (belle) musique dont elle est la (fort mignonne) génitrice. Comme un aimant dont nous serions la limaille, Emilie nous aura captivés pendant une bonne heure, pendus à ses mots susurrés avec grâce.

Ivor Simpson-Kennedy

Delta Pines (Ep)

Écrit par

Ivor S.K., c'est Ivor Simpson-Kennedy, un jeune chanteur/guitariste de 24 ans. Originaire de Sidney, en Australie, il a décidé de tenter sa chance aux Etats-Unis, pays du blues par excellence. Et tout particulièrement dans sa capitale musicale, la Nouvelle-Orléans. "Delta Pines" constitue son premier Ep, un disque découpé en 5 plages acoustiques.

"Help poor me" ouvre la plaque. La voix d’Ivor est étonnante, accrocheuse, ravagée, mais tellement présente et envoûtante. Il s'accompagne très simplement à la rythmique et à la gratte. La prise de son est impeccable. En extrapolant, on imagine facilement un tel musicien se produire au cours des années 30, pour interpréter son propre blues.

Tout au long de "Missus green", Ivor propage quelques fragiles percussions. Le toucher de cordes est d'une clarté, d'une limpidité, belle à pleurer. Instrumental immaculé, "Pelican" bénéficie de la technique du re-recording. Ce qui se traduit par une texture au cours de laquelle le flux de cordes acoustiques et les quelques autres délicatement amplifiées, s'entremêlent. Et le résultat est vraiment superbe ! Original, "I like the way" est un blues classique, qui nous entraîne sur les routes du Delta, jadis empruntées par les légendes Robert Johnson et Son House. Et la voix s’y révèle de nouveau pénétrante. "Delta Pines" baigne encore dans le delta du Mississippi, une plage authentique, étonnante, caractérisée par la pureté du son ; et lorsque Ivor joue du bottleneck, on aimerait marcher à ses côtés, sur la route de Clarksdale. Vraiment excellent!

 

William Fitzsimmons

Charleroi Pittsburgh Volume 2

Écrit par

Ne croyez surtout pas que cet album ait une quelconque corrélation avec les Van Cau, Spirous, Magnette et autres histoires carolorégiennes ; en fait, il s’agit plus simplement d’une ode à la ville natale de la grand-mère de William Fitzsimmons, également baptisée Charleroi. Elle a été fondée par les colons belges sur les rives de la rivière Monongahela…

« Charleroi : Pittsburgh, Vol.2 » constitue le second volet d’une parenthèse ouverte en 2015 par l’Ep « Pittsburgh ». Et le 7ème opus du troubadour folk à la barbe de hipster (NDR : n’aurait-il pas d’ailleurs lancé la mode ?) ‘« Pittsburgh » parlait de la grand-mère que je connaissais. « Charleroi » parle de celle que je n’ai jamais connue’, indique l’artiste. L’univers de Fitzsimmons est minimaliste : une guitare acoustique, quelques notes au piano ou de discrètes cordes… mais surtout une voix splendide et céleste. Hormis celle de Sufjan Stevens, il n’en n’existe que très peu d’aussi pure pour conter ces histoires familiales, véritables allégories de celle des Etats-Unis au XXème siècle. Si vous aimez le folk intemporel, je vous invite à découvrir d’urgence, les 6 titres de cet LP.

 

Simple Minds

Un enfer pavé de bonnes intentions…

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Simple Minds se produit presque chaque année, en Belgique. Et en 2015, il est programmé pour le 14 novembre, à Forest National. Le groupe écossais y transite, dans le cadre de sa tournée ‘Big tour music’. Et demain, elle s’arrêtera au Lotto Arena d’Anvers. Le concert est bien sûr sold out. Et les abords de la salle sont bien quadrillés par les forces de l’ordre. De quoi rassurer une foule encore traumatisée par les événements tragiques qui se sont déroulés à Paris, la veille, et notamment au Bataclan. Une fouille est exécutée à l’entrée, et le public se plie de bonne grâce à ces désagréments.

« Theme For Great Cities » a été choisi pour introduire le show. Il est 20h15 et il est décrété une minute de silence en hommage aux victimes de la veille. Les cinq musiciens et les deux choristes s'avancent ensuite en ligne, d’un pas solennel. Ils sont émus. Jim nous salue. Il est applaudi chaleureusement par un auditoire qui ne fait qu'un avec les artistes. Jim prend la parole : 'En général, c’est cool d’être chanteur dans un groupe de rock, mais parfois c’est très difficile quand comme ce soir on doit s’exprimer et qu’on ne trouve pas les mots… Je vous demande de respecter une minute de silence pour tous ceux qui ont perdu la vie hier à Paris, et après nous jouerons !' Un drapeau français est affiché sur les deux 2 écrans placés derrière le combo.

Les musiciens originels ont vieilli physiquement et en particulier le chanteur Jim Kerr, le guitariste Charlie Burchill et le drummer Mel Gaynor. Le bassiste Ged Grimes, également (NDR : il est né au début des 60’s, mais n’a intégré le band qu’en 2010). Le line up est complété par le claviériste Andy Gillepsie, la choriste/claviériste/guitariste Catherine Anne Davies, et à partir de la deuxième partie du set, la très jolie Sarah Brown.

Pas de supporting act. Le spectacle est divisé en deux parties. La set list réunit 28 morceaux. Quatorze pour la première, onze pour la deuxième, sans oublier les trois titres du rappel. Et un entracte de 15 minutes sépare les deux premiers actes, d’une durée de 75 minutes chacun. La part belle est faite au dernier elpee, « Big Music », sorti l'an dernier.

Jim déambule sur l’estrade de gauche à droite (NDR : ou de droite à gauche, pour ne pas froisser les partis politiques…), au bord du podium, élevant toujours son micro de manière aussi caractéristique. Il va au contact des premiers rangs pour donner et partager sa musique. Il s’accroupit régulièrement, fait le grand écart ou s’agenouille, suivant un même rituel. Pas besoin de lever les mains, la foule applaudit chaleureusement le premier hit : « Waterfront ». Les cordes de guitare sont étincelantes et les claviers généreux, tout au long de cette chanson ténébreuse. Pendant « Up on the Catwalk », des spots de couleur jaune balaient la scène. Par rapport à la version originale (NDR : parue en 1984), la nouvelle est enrichie de claviers particulièrement electro. Le light show passe au bleu et au rose pour « See The Lights » (« Real Life »), une compo plus paisible balisée par le tandem basse/guitare. Placée sur une petite estrade, Catherine Anne Davies a les cheveux roux. Elle est vêtue d’une robe fuschia scintillante et de bas collants verts. Elle a empoigné sa gratte électro-acoustique et se réserve le chant. Sa voix est puissante, mais ne manque pas de charme. Jim en profite pour changer de costume, en coulisses. Dans la foulée, Charlie, lui, troque sa gratte acajou pour une autre de couleur blanche. Et elle adopte des sonorités davantage funkysantes. Le light show déborde du podium et balaie la salle. Une adaptation écourtée de « Promised You a Miracle » (« New Gold Dream ») plus tard, les spectateurs ont de plus en plus de fourmis dans les jambes. Pendant « Mandela day » (« Street Fighting Years »), qui rend hommage à feu Nelson Mandela, Jim tourne son micro vers l’auditoire qui reprend les paroles en chœur. Le chanteur affiche alors un large sourire…

Le premier volet du concert s’achève par  « Don't You (Forget About Me) ». Pour meubler l’entracte, Mr. Kerr nous conseille d'aller goûter des chocolats.

Un petit medley (« Five to One / Book Of Brilliant Things ») annonce le retour de S.M. Catherine s’y consacre aux claviers. A la fin du pot-pourri, Jim remonte sur l’estrade. Il a enfilé sa veste écossaise en tweed. Le combo nous réserve une reprise des Doors : « Five To One ». Bouleversant ! Compo mythique, « Someone Somewhere in Summertime » est un véritable brûlot en ‘live’. Et pourtant, l’enfer y est pavé de bonnes intentions. Surtout celles au cours desquelles Simple Minds et le public entrent en communion. Il ne faut pas oublier que c’est en Belgique que la formation a récolté ses premiers succès. Ravi, Jim lâche un ‘Fucking Forest National’. Ce qui reflète la magie du show vécu ce soir. Jamais l’intensité n’a faibli. Faut dire que le public était chaud boulette…

La pression retombe d’un cran pour « All the Things She Said », un titre remarquablement enrichi par les chœurs. « Let It All Come Down » termine le deuxième acte. Jim remercie longuement l’auditoire.

En rappel, « Big Music » amorce le débarquement des pompiers. Micro placé bien haut devant lui, Jim invite tout simplement la foule à le suivre, une dernière fois. « Sanctify Yourself » clôt ce très chouette concert. Mais en sortant de Forest National, on ne peut s’empêcher de penser aux victimes du Bataclan…

(Organisation : Live Nation)

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Kim Simmonds

The devil to pay

Écrit par

La naissance de Savoy Brown remonte à 1965. Du mouvement ‘British Blues Boom’ issu des sixties, cette formation est donc une des dernières encore vivante. Bien entendu, du line up initial, il ne reste plus –et depuis bien longtemps– que son fondateur, le guitariste Kim Simmonds. En outre, il y a aussi un bail qu’il s’est installé aux States, dans l'état de New York. Des dizaines de musiciens se sont succédés et près de quarante albums alimentent la carrière du groupe. Pour l'heure, Savoy Brown est réduit à la formule trio. Kim chante et se consacre à la gratte, Pat DeSalvo à la basse et Garnet Green à la batterie. Les sessions se sont déroulées au sein du studio Subcat à Syracuse (NY). Simmonds signe toutes les plages et assure la production.

Blues lent extrêmement dépouillé, "Ain't got nobody" brille par son originalité. Depuis quelques années, Kim a récupéré le micro. Ce n’est pourtant pas un chanteur extraordinaire ; mais sa voix est particulièrement harmonieuse. Une entrée en matière remarquable, au cours de laquelle il ne dispense que les notes nécessaires, tout en y injectant un max de feeling. Après une longue intro aux cordes, Kim passe aux vocaux sur "Bad weather brewing", une piste plus enlevée, judicieusement imprimée par la section rythmique. Et son ouverture de "Grew up in the blues" adopte un même profil. Kim chante sa passion pour le blues et sa gratte revient constamment à l'avant-plan. Evoluant sur un mid tempo, "When love goes wrong" démontre toute l’expérience du leader. Pas pour rien que le band compte un demi-siècle d’existence ! Il sort son harmonica et double la guitare sur "Oh Rosa", un blues/rock particulièrement subtil. Et ce même s’il n’est pas un souffleur exceptionnel. Caractérisé par ses accents country/blues, le titre maître nous entraîne dans le Mississippi. "Stop throwing your love around" replonge Kim Simmonds dans les 70’s, lorsque Dave Walker était le chanteur du combo. "Snakin'" est une plage instrumentale séduisante, réminiscente de Freddie King. "Got an awful feeling" campe un autre blues indolent, mais empreint d’émotion. Cette manière de créer son solo, de le développer et d’atteindre sa cible, tout en ne dispensant que les notes nécessaires, est un véritable art chez Kim. Armé de sa slide qu’il frotte frénétiquement de son bottleneck, il chante "I've been drinking". Secondé par sa section rythmique, il nous emmène dans le Delta. Kim se convertit au jazz pour attaquer un "Watch my woman". Et si sa technique est irréprochable, il n’en oublie pas pour autant le swing. Un style qu’il poursuit tout au long de "Whiskey headed  baby", une piste singulière et créative. "Evil eye" clôt l’elpee. Une pièce de bravoure. Un blues subtilement teinté de rock. Kim est convainquant au micro. Sa guitare s’envole vers les sommets. Il la fait souffrir, mais plus rien ne peut l’arrêter…

 

Simian Ghost

The Veil

Écrit par

Comme chaque année, à l’approche des premières chaleurs, les mélomanes se mettent à la recherche de l’album qui va accompagner leurs douces soirées estivales. Pour votre serviteur, le choix est déjà fait. Et quoi de plus paradoxal que d’être tombé sous le charme d’une formation suédoise, dans ce cadre.

Si le pays n’est pas forcément reconnu pour la puissance de son soleil, il recèle néanmoins des artistes et des groupes talentueux et pas toujours appréciés à leur juste valeur. Simian Ghost en est l’un d’eux. Début 2015 sortait, dans nos contrées d’Europe Centrale, leur troisième opus intitulé « The Veil », quelques mois après sa parution scandinave.

Ne connaissant pas ce combo, je pars totalement dans l’inconnu en introduisant le disque dans mon lecteur cd. Les premières secondes de l’LP nous accueillent par des bruits de vagues. Pas de doute, ce sont bien les vacances et nous sommes en bord de mer. « Float » est d’ailleurs un morceau d’introduction un peu anecdotique mais qui plonge parfaitement le mélomane dans l’ambiance. Il lance « Cut-off Point » et entame les choses sérieuses par la même occasion. Le trio excelle en effet dans la construction d’hymnes pop délicats et pourtant réellement rythmés. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le single principal tiré de l’album est « Never Really Knew ». A cette pop légère, on intègre ici une touche un peu plus funky qui fait de ce titre un des piliers du long playing, sur lequel on a envie de danser au zénith. La vraie chanson de beau temps donc.

Si la formule ne change pas vraiment au fur et à mesure que les plages défilent, elle reste très efficace et pas du tout lassante. Parce que les Suédois ont eu la bonne idée d’insérer quelques morceaux de transition à des endroits clés du disque. Ces passages (« Fight Even », « Endless Chord » et « August Sun »)  sont un peu plus mélancoliques mais suffisamment courts pour ne pas complètement briser le rythme.

C’est donc toujours sous les rayons puissants que nous arrivons en fin de parcours. Et alors que l’on croit avoir tout entendu, la douzième et avant-dernière chanson réussit quand même à mettre une claque. « Summer Triptych » approche de très près la dream pop et nous offre une dernière ballade dans l’univers de Simian Ghost. On peut d’ailleurs considérer qu’il s’agit du morceau de clôture, car la piste treize est un outro instrumental qui n’a pas réellement d’intérêt, hormis celui d’en revenir aux vagues que nous avions entendues tout au début de l’elpee.

« The Veil » est à la fois superbe et particulièrement cohérent. Un disque à écouter en regardant les flammes du barbecue ou lors d’un road-trip ensoleillé, les fenêtres grandes ouvertes et le sourire sur les lèvres.

Simple Minds

Big Music

Écrit par

Durant les années 80, surfant sur la vague New Wave, ces Ecossais ont connu des heures glorieuses. D’abord dans l’univers de l’underground. A travers leurs trois premiers elpees, « Life in a Day » et « Real to Real Cacophony », en 1979, puis « Empires and Dance », en 1980. Ensuite en gravant des singles fédérateurs comme « I Travel », « Love Song », « Promised You A Miracle », « New Gold Dream », « Don’t You Forget (About Me) », enregistré spécialement pour le film « The Breakfast Club » ou encore « Alive And Kicking ».

Fortement engagées, les compositions « Mandela Day » et « Belfast Child » ont laissé des traces indélébiles dans l’inconscient collectif. Celles-ci traitaient respectivement de la polémique en Afrique du Sud et des tensions communautaires qui sévissaient en Irlande.

Divers échecs peu ou prou importants suivront. L’engouement du public disparaîtra. Les détracteurs raconteront que ce groupe fondé en 1977 a fait son temps, laissant de beaux hymnes derrière lui…

C’est mal connaître la créativité des indissociables Jim Kerr et Charlie Burchill. En effet, Simple Minds revient en force en publiant un seizième album baptisé « Big Music ». 

Titre prétentieux n’est-ce pas ? Le combo glaswégien aurait-il attrapé la grosse tête ? Que nenni ! Et pourtant… Sans être le disque de la consécration, il est certainement celui de la renaissance !

La plage d’ouverture « BlindFolded » donne le ton ! On y retrouve la signature musicale electro-rock/synthé-pop qui a fait leur succès d’antan. Les quadras ne s’en plaindront pas !

On se délectera, tout au long de cet opus, de la voix envoûtante de son chanteur flirtant inlassablement avec les riffs de guitares incisifs, dans un climat aux sonorités industrielles singulières.  

Hormis quelques titres décevants comme les (trop) formatés « Blood Diamonds » et  « Let The Day Begin », l’elpee recèle de véritables perles comme « Midnight Walking » « Human » ou encore « Spirited Away ». Ce dernier a le potentiel pour faire de beaux jours radiophoniques. Et puis, sur le bonus cd de la version Deluxe figure deux covers. D’abord le « Dancing Barefoot » du Patti Smith Group, sur lequel Annie Lennox vient poser son timbre de voix remarquable. Puis une version assez ‘dance’ du « Riders on the storm » des Doors.

Malgré l’absence d’une véritable remise en question artistique, il s’agit sans doute du meilleur opus du groupe depuis longtemps ! L’énergie est enfin retrouvée !

Vous aviez dit ‘simple d’esprit’ ? 

 

Simone Felice

Strangers

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Echappé des Felice Brothers depuis 2009, groupe mené par ses frères Ian et James, et au sein duquel il militait comme batteur, Simone Felice a trouvé le temps de donner libre cours à sa propre inspiration. En écrivant des morceaux pour son groupe The Duke & the King ou des poèmes, dans le cadre de sa carrière littéraire…

Simone louvoie dans un univers très classique entre americana, country et ‘classic rock’. Sa voix rappelle quelque peu celle de Cat Stevens (« Gettysburg ») et on y traverse des ambiances à la Bruce Springsteen (« Molly-O ! »). Pas de réelles surprises à l’horizon sur « Strangers », son second album solo, mais des morceaux aux instrumentations soignées et aux riches harmonies dans la pure tradition US. Donc impliquant banjo, piano, violon et autre orgue Hammond pour quelques réussites immédiates (« Bye Bye Palenville ») et d’autres chansons plus anecdotiques (« Heartland »). Une musique de « Strangers » destinée aux Européens peut-être, mais bien américaine. Simone Felice se produira au Video de Gand, le 3 novembre prochain.

 

Simi Nah

Be My Guest

Musiczine a eu le privilège d'écouter, en exclusivité, le prochain album de Simi Nah, qui paraîtra le 6 juin prochain. Pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, Simi est une artiste d'origine française aujourd'hui installée à Ostende. Elle a travaillé dans la mode et joué de la basse au sein de différentes formations, notamment chez Praga Khan ainsi que The Chicks.
 

Elle développe depuis quelques années un projet solo très intéressant en compagnie de son 'partner in crime', le musicien producteur belge KGB aka Kenny Germain B, un projet auquel participe également Safyée, aka Alice Thiel, la fille du regretté leader de Snowy Red.

Après avoir publié deux albums, « Cherchez La Femme » et « 5 », plusieurs singles, Eps et remixes, Simi est de retour. Elle a enregistré un album de reprises : « Be My Guest », un disque qui propose des versions nouvelles de classiques alternatifs issus des années '80. La très belle surprise nous vient cependant de la participation, sur la plupart des titres, de figures célèbres de la scène new-wave belge. Le résultat est un cocktail détonnant, aux accents EBM : un vrai régal !

Wim Punk, membre fondateur des Wolf Banes participe aux vocaux sur l'hypnotique « Cheree », un titre signé Suicide ; puis place à la première pépite : la reprise d’« Eisbaer » de Grauzone. Simi Nah et Danny Mommens (de Vive la Fête) s’y partagent le chant. Une plage que Mommens connaît bien, puisque sa propre formation l’interprète en ‘live’. Un départ en force !

La plage suivante est plus surprenante. Et pour cause, il s'agit de « Follow me », le hit d'Amanda Lear. Nikkie van Lierop, la chanteuse des légendes de la new-beat belge Lords of Acid, s’y réserve le micro. La voix est grave, l'ambiance très électro, et le résultat constitue un hit quasi-obligatoire pour les clubs. Puis Simi Nah et KGB ressuscitent le classique « Nag Nag Nag » de Cabaret Voltaire, une piste rehaussée par la présence d’un invité 'featuring' de marque, en l’occurrence Dirk Da Davo, la moitié de The Neon Judgement. Le son très criard de l'original cède ici la place à une production puissante et ample : une claque !

« Disco Rough » est un hit décroché en 1980 par le projet français Mathématiques Modernes. Produit par Jacno, il avait même été élu ‘single of the week’ par le NME. Ici, la version est plus lente que l'originale, délicieusement new-beat et c'est le grand Luc Van Acker (Revolting Cocks,...) qui prête sa voix à Simi. Autre belle surprise ensuite, la cover du « You Spin Me Round (Like a record) » de Dead or Alive, à laquelle participe aux vocaux une autre légende de la new-wave belge, Dirk Ivens (Absolute Body Control, The Klinik, Dive, Sonar). La transformation est bluffante et le résultat, un véritable 'club killer'.

C'est en toute logique que « Euroshima (Wardance) », le tube de Snowy Red, est repris au chant par Safyée, la fille de Marcel Thiel. On avait déjà pu découvrir cette version lors des concerts de Simi Nah et sur disque, l'effet est encore plus bouleversant. On est troublé par l'émotion tout en retenue qui se dégage de cet hommage. Beau !

Sur le titre final, le classique « Fade to Grey » (de Visage), Simi convie son partenaire, KGB, à l'accompagner au micro et le duo fonctionne à merveille. Comme 'Bonus tracks', nous avons droit à deux pistes de Simi Nah qui n'avaient été publiés que sous une forme électronique, « Dressing Room - the Naked mix » et « Flashback ».

Au final, cet opus apparaît comme une très belle collection de titres, qui permettra aux jeunes et aux moins jeunes de redécouvrir le très riche patrimoine de la new-wave, ainsi que quelques personnalités légendaires qui ont marqué leur époque. Nice job, guys !!

Pour écouter le teaser c'est ici

Pour pré-commander l'album c'est

 

Das Simple

In Girum Imus Nocte

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Das Simple est un projet biscornu dont les membres semblent prendre un malin plaisir à brouiller les pistes. Il n’a, par conséquent, rien de simple à proposer à l’aube de ce second album.

Destructeurs patients de toute évidence et disséqueurs habiles de toute ligne droite, nos lascars leur préfèrent de loin les chemins de traverse et de préférence, les plus tortueuses…

Si suivre leur sillage est parfois ardu, il n’en reste pas moins que le trio marseillais s’arrange toujours pour s’assurer que nous ne nous sommes pas perdus en route.

Haletant, l’auditeur se voit offrir quelques salvatrices bouffées d’air bienvenues, avant de retrouver un rythme effréné jusqu’au prochain sommet.

Maniant l’art du second degré avec un sens certain du potache poussé à l’extrême (Cf. le titre “Quand LA Chine S’Eveillera Dans Ton Cul, Ça Fera Toujours Moins Mal Que l’Afrique”) les trois jeunes gens développent une série impressionnante de braquets, et les suivre tout au long de ce disque requiert une condition musicale certaine.

Si fatigante que paraît cette escapade, elle n’en reste pas pour autant dénuée d’intérêt.

Il y a parfois de l’esbroufe, un défaut de jeunesse qu’on pardonnera bien vite.

“In Girum Imus Nocte” est une grande bouffée d’oxygène en haute altitude.

Les effets secondaires (tournis, nausées et autres pertes de consciences) sont donc des risques à ne pas prendre à la légère, avant de se lancer dans l’aventure.

Mais si vous vous décidez à franchir le pas, foncez tête baissée, sans même vous retourner!

Au sein de cette orgie versatile, entre Math Rock, Noise et Jazzcore, nul doute que vous trouverez à la fois de quoi vous satisfaire et vous rebuter un brin, tant l’expression sonore part dans tous les sens.

Un univers dense et touffu comme une pelote de fil de fer d’où semble surgir une écharpe constrictor prête à vous avaler tout cru et vous régurgiter aussi vite.

Vous êtes prévenus !

 

William Fitzsimmons

The Lion Sleeps Tonight

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A l’aube de la sortie de « Lions », son cinquième LP studio, le sympathique barbu dépressif issu de Pennsylvanie a pris le temps de se réserver un petit détour par la Belgique, qu’il avait déjà visitée à trois reprises en 2011. Deux ans plus tard, il revient sur les planches d’un Witloof Bar aussi complet que lors de son premier passage, sur cette même scène.

Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas grand-chose de neuf sous le ciel neurasthénique de William Fitzsimmons. Armé de ses guitares sèches pour un concert acoustique, le singer/songwriter avale un prozac et entame son set dès 21h par un extrait de « Gold In The Shadows » avant d’annoncer que la majorité du set privilégiera « Lions », son nouvel opus à paraître au mois de février prochain. Le Witloof est plein et tout ouïe. Mais lorsqu’on assiste à l’un de ses récitals pour la troisième fois en deux ans, on ne peut s’empêcher d’avoir la désagréable sensation de se taper une rediff’. Fitzsimmons fait du Fitzsimmons.

Loin d’être pénible pour autant, l’homme sait comment capter l’attention de son public à coups de plaisanteries, comme lorsqu’il prétend, non sans une pointe d’humour, avoir laissé sa fille adoptive de 2 ans seule à la maison avec pour tout moyen de subsistance, un grand bol de céréales et un couteau pour se défendre. Du coup, les petites blagues de l’homme à l’allure de fermier de l’Arkansas font beaucoup plus mouche que ses nouvelles compos qui, à priori, n’apportent rien de neuf à sa discographie. Et sont parfois même soporifiques. Peut-être l’effet ‘acoustique’ ?

Niveau capital sympathie, William Fitzsimmons a encore tout gagné. Musicalement, il faudra attendre la sortie de « Lions » et de ses arrangements studio pour se prononcer sur la qualité des nouveaux morceaux qui, dans leur mouture acoustique, paraissent donc bien trop similaires à ses travaux antérieurs…

(Org : Bota)

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Simple Minds

Always ‘Alive and Kicking’

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Simple Minds, un des groupes les plus emblématiques des années 80, est revenu à Forest National, ce 23 novembre, dans le cadre de son ‘Tour Greatest Hits+’, un périple qui fait suite à la sortie de sa nouvelle compilation « Celebrate », parue en mars, un disque sur lequel figure deux chansons inédites, « Broken Glass Park » et « Blood Diamonds ».

En pratiquant un cocktail de pop de rock et de new wave, ce groupe écossais formé à la fin des années 70 est aujourd’hui à la tête d’une discographie conséquente qui a généré une multitude de disques d’or et de platine. Ce soir ce groupe légendaire nous a gratifiés d’un véritable voyage musical à travers ses trente-cinq ans de parcours, en nous réservant ses meilleurs tubes comme « Alive and Kicking », « Sanctify Yourself », sans oublier « Don't You (Forget About Me) », considéré comme un classique des eighties.

Et cette plongée dans sa carrière artistique a démontré qu’il a profondément influencé la musique contemporaine.

En cet après-midi de novembre, le température est plutôt frisquette. Pas de quoi décourager les fans. Ils attendent dehors depuis quelques heures, afin de se dénicher une place de choix au sein de la salle. Le concert est sold out depuis des mois. Les portes s’ouvrent… Les aficionados se ruent dans l’antre de Forest. La plupart des spectateurs ont la trentaine, voire plus.

Le show commence à l’heure prévue. Jim Kerr et ses acolytes montent sur les planches et attaquent le « Broken Glass Park », avant d’affronter « Waterfront ».

Pour réchauffer la foule, rien de tel qu’« I Travel ». L’onde de choc est provoquée par la rencontre entre les nappes de synthés et la ligne de basse profilée par Charlie, pendant que Jim se démène comme un beau diable pour mettre une ambiance de feu.

Les titres se succèdent. Le public reprend en chœur « Promise you a miracle ». Les claviers épousent parfaitement le tempo. Tout comme sur « Glittering Prize ».

Jim s’accorde quelques instants de répit, lorsque Simple Minds attaque l’instrumental « Theme for great cities ». Faut dire que jusqu’alors, il s’est livré à fond.

« Someone, Somewhere in Summertime » fait vibrer l’auditoire surchauffé. Sa mélodie très sentimentale nous rappelle alors notre adolescence. On en reste bouche bée !

Malgré les années, Jim Kerr maîtrise parfaitement son répertoire. Il parvient encore à entrer en communion avec le public. Par contre, Charlie se montre plus réservé. Quoique charismatique, il préfère se concentrer sur son instrument. Et à la quatre cordes, il est toujours aussi balaise. Quant au drumming de Mel Gaynor, il allie précision et efficacité.

Lorsque le band aborde « Lovesong », le public devient euphorique. Il s’agit d’une des chansons les plus notoires de leur période post-punk. Et une des plus dynamiques accordées au cours du set.

Autre grand moment du spectacle, le tube « Don’t you (forget about me) ». Une ovation phénoménale s’élève de l’auditoire. Les spectateurs sont littéralement survoltés pendant l’interprétation de ce grand classique des Minds que Jim Kerr nous incite à fredonner.

Tout au long du spectacle, Jim prend un plaisir évident à jouer avec son micro. Il le balance, le triture, le cajole, le tourne vers ses fans, pour les inciter à l’accompagner.

En fin de parcours, « New Gold Dream » transforme la salle en une immense discothèque inondée de lumières psychédéliques.

Lors du rappel, les Minds nous livrent une intro instrumentale de « Speed your Love to Me ». A cet instant, c’est Andy Gillespie qui se charge des claviers. Le band embraie alors par « Sanctify Yourself ». La ferveur du public est à son paroxysme. Il chante. Se lève et balance les mains lorsque les musicos se lancent pour le dernier hit de la soirée. Une apothéose ! Démontrant, s'il le fallait encore, qu’ils sont toujours « Alive and Kicking ».

Ce véritable voyage à travers le temps nous a permis de revivre une époque au cours de laquelle le walkman déversait leur musique directement dans notre âme, et permettait de faire le vide autour de nous…

(Organisation Live Nation) 

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Jon Simons

Through the Walls

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C’est depuis sa base arrière texane, à Houston plus exactement, que Jon Simons ressuscite à sa manière, et ce depuis 1999, l’esprit du prog-folk anglais cher à Nick Drake ou autre Donovan. Enregistré ‘at home’ en solo à l’époque –l’artiste se réserve tous les instruments– « Through the Walls » fait donc la part belle aux arpèges de six cordes, harmonies vocales et ambiances bucoliques. Aujourd’hui remasterisé et réédité, ce mini-hit indie qui a cartonné sur les ondes des Collège Radio US, précède la sortie d’un 3ème opus prévu pour l’automne 2013. Ses longues progressions folk sont délicates et inspirées, mais également parfois légèrement monolithiques. Cependant elles finissent toujours par enchanter ; à cause de la voix éthérée de l’Américain qui traverse un climat mélancolique à la violence subtilement sous-jacente… 

 

Simian Mobile Disco

Live

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11 mois, quasi jour pour jour, après la publication de leur excellent troisième LP « Unpatterns », James Ford et James Shaw, AKA Simian Mobile Disco, délivrent une nouvelle preuve de leur savoir-faire. Et pour cause, ‘live’, leur disque combine d’une traite quelques-uns des meilleurs morceaux de la discographie du duo. Quand ils ne produisent pas des tubes mondiaux ensemble ou en solo (les plus récents sont « Don’t Save Me » de Haim et « People Help The People » de Birdy, ainsi que des participations aux derniers Bat For Lashes, !!! et Little Boots), les Londoniens balancent du lourd, comme ce « Live », enregistré fin 2012, en Philadelphie. En une seule prise et sans chipotage post-enregistrement, siouplé !

En près de 70 minutes, Simian Mobile Disco ne fait qu’asseoir sa réputation de rouleau compresseur electro. A l’instar de leurs pérégrinations studios, le duo privilégie, sur les planches, les mélodies subtiles qui font triper aux beats putassiers nauséabonds. On note même quelques instants de grâce, et notamment les divins « Cerulean », « Sleep Deprivation », « Seraphim » et « Wooden ». Et, forcément, d’alléchantes invitations à se secouer l’arrière-train (« Aspic », « It’s The Beat », « Put Your Hands Together »). 

Grand laissé pour compte de ce « Live », « Temporary Pleasure », dont le souvenir n’est assuré ici que par « Cruel Intentions », interprété par Beth Ditto. A juste titre, tant le second LP du duo était anecdotique. Ce qui permet à Simian Mobile Disco de forger une setlist solide, sans temps mort. Un « Live » sans fioriture très chaudement recommandé aux aficionados du genre.

A voir, à vivre, lors de la prochaine édition du festival de Dour, le samedi 20 juillet

 

 

 

Simone White

Silver Silver

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Bien moins rock que son cousin Jack et soul que tonton Barry (même s’ils n’ont aucun lien de parenté) Simone White est également américaine. Après un long séjour à Londres, elle a décidé de s’établir à Los Angeles. Le second opus de cette chanteuse/compositrice, « I Am The Man », avait bénéficié de la mise en forme de Mark Nevers (Lambchop, Calexico, Silver Jews, Will Oldham) et été remarquablement reçu par la critique. Le morceau « The Beep Beep Song » avait d’ailleurs été retenu pour la pub de l’Audi R8 (si ce genre de considération est un critère pertinent…)

« Silver Silver » constitue son quatrième long playing. Un LP produit et coécrit par le duo Samuel Bing/Julian Wass de Fol Chen. Simone White joue beaucoup sur les variations vocales (« Long Moon ») qui s’appuient sur une ossature musicale plutôt rachitique et parfois même au bord de l’expérimentation. En fait, elle utilise sa voix comme un véritable instrument. Si son folk est clairement atmosphérique, ce cd ne recèle aucun single potentiel. Pas toujours facile d’accès, il se dévoile au fil du temps. Manifestement, ce n’est pas un disque à écouter au coin du feu. Davantage qu’un simple album sculpté dans le folk, « Silver Silver » est une belle œuvre signée par une artiste apparemment libérée de toute contrainte commerciale… Andrew Bird n’a pas participé pas à l’aventure par hasard !

 

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