La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

logo_musiczine

Teethe : de la douleur au soulagement…

Le groupe texan de slowcore Teethe sortira son nouvel elpee, « Magic Of The Sale », ce 8 août. Sur cet album, il dévoile son monde triste et beau, où les quatre auteurs, chanteurs et artistes distincts de la formation posent une série de questions…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (25 Items)

Stella Sleeps

Undisclosed location

Écrit par

Signé sur le label parisien Icy Cold, écurie au sein de laquelle milite également le très prometteur V V & the Void, Stella Sleeps vient de sortir « Undisclosed location », son second elpee. Il fait suite à « Anemic city », paru en 2022.

Originaire de Vänersborg, en Suède, on sait pas trop d’il s’agit d’un projet ou d’un véritable band.

Alternative, sa musique fusionne un bel éventail de rock underground : dark et cold wave, post punk, dreampop, shoegaze et la liste est loin d’être exhaustive. A la fois esthétique, ténébreuse, délicate, mais efficace, elle se distingue par ses traversées éparses de sonorités de guitares ‘miaulantes’ et empreintes de mélancolie…

Issu de cet elpee, « Turnmoil » est en écoute

Podcast # 41 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

While She Sleeps

Prêt à se produire dans les stades…

Écrit par

Depuis son passage à Forest National, comme supporting act de Parkway Drive, en 2022, votre serviteur rêvait de revoir While She Sleeps en tête d’affiche. Le vœu est exaucé, puisqu’il se produit ce jeudi 28 septembre à l’Ancienne Belgique, pour un concert ‘sold out’.  

Fondé en 2006, While She Sleeps est issu de Sheffield, en Angleterre. A l’origine, il réunissait 5 potes d’école, mais en 2009, le chanteur, Jordan Widdowson, a été remplacé par Lawrence ‘Loz’ Taylor. A ce jour, le quintet a publié 5 elpees, dont le dernier en date, « Sleeps Society » (2021), est considéré par la critique, comme celui de la maturité ; et à. A l’instar de Bring Me The Horizon et Architects, comme un des acteurs majeurs du metalcore insulaire. En outre, il jouit d’une solide réputation en ‘live’ !

Deux supporting acts : la formation australienne Polaris et britannique Bury Tomorrow, que les médias regardent comme l’étoile montante du style.

Polaris ouvre donc les hostilités. Bien que « Fatalism », son troisième elpee, publié ce mois-ci, se soit hissé au premier rang des classements d'albums aux États-Unis, le groupe et ses fans continuent de pleurer la mort du guitariste Ryan Siew, survenue le lendemain de la prestation du band, accordée au Grasspop. La sortie de cet opus démontre que Polaris est cependant parvenu à traverser cette épreuve. Et puis son concert d’une demi-heure ne s’est pas exclusivement transformé en hommage...

Après « Nightmare », une excellente entrée en matière, le combo embraie par « Inhumane ». Mais c’est « All Of This Is Fleeting » qui construit le premier mur mortel de la soirée, une compo existentialiste. Polaris nous prend à la gorge, pendant quelques minutes, sur « Overflow ». La voix claire du bassiste Jake Steinhauser est alors empreinte d'émotion et crée une atmosphère à la fois intense et entraînante. Et la prestation de s’achever, comme une thérapie vaine, par « The Remedy » … (Pour les photos, c'est ici)

Setlist : « Nightmare », « Inhumane », « All of This Is Fleeting », « Dissipate », « Hypermania », « Overflow », « The Remedy »

En 2021, le membre fondateur et guitariste rythmique, Jason Cameron, quittait Bury Tomorrow. Un départ qui a ébranlé le parcours du band insulaire. Pour pallier ce départ, deux nouveaux musicos ont débarqué au sein du line up qui est donc depuis devenu un sextuor.

Dès le premier titre, « Boltculter », le public, dans la fosse, est déjà en ébullition, et il ne faut pas longtemps avant que les premiers audacieux se lancent dans le crowdsurfing, mettant alors déjà, le personnel de sécurité au travail. Daniel Winter-Bates sollicite à plusieurs reprises des rounds circles et mosh pics, d'un simple geste de la main. Et la foule y répond favorablement, sans hésitation. Le hit « Choke » enflamme la salle. Mais Daniel réclame une dernière fois de l'énergie pour le titre final, « Death (Even Colder) ». En 45 minutes, Bury Tomorrow a donné tout ce qu’il avait dans le ventre, mais avec beaucoup de talent et d’enthousiasme…  (Pour les photos, c'est )

Setlist : « Boltcutter », « Black Flame », « Abandon Us », « Earthbound », « LIFE (Paradise Denied) », « Heretic », « Cannibal », « Choke », « DEATH (Ever Colder) »

Le rideau est fermé pour l’installation de la machinerie de WSS qui va nous en mettre plein les mirettes. Jugez plutôt : Adam Savage, le drummer, va se hisser à droite, presque au plafond, sur une estrade et un mur de baffles ‘Marshall’, qui s’élève à 5 mètres de hauteur. On remarque la présence d’une même structure, à gauche ; les deux guitaristes iront s’y percher et parfois le bassiste, à tour de rôle. Taylor, le chanteur, s’est coupé les (longs) cheveux. Il déboule sur les planches, tel un diable sorti de sa boîte. Vêtu d’un gilet à capuche de couleur noire et chaussé de lunettes fumées, il vient se planter devant les premiers rangs et est chaleureusement applaudi.

La formation démarre en trombe par « Sleeps Society », le morceau qui les a fait connaître. Les haut-parleurs déversent leurs décibels. Adam Sauvage est sous les feux des projecteurs. Ses fûts, ses claviers et son MPD servent de carburant à une véritable machine de guerre. Son drumming libère une puissance phénoménale. Taylor est en pleine forme. Il est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, mais elle passe bien la rampe, surtout lors des screams. Et puis, elle est hyper mélodique. Manifestement, il s’est manifestement bonifié dans l’exercice vocal. Constamment en contact avec son auditoire, il se vide littéralement les tripes, lorsqu’il n’escalade pas un banc posé sur le podium juste avant de plonger dans la foule pour s’y laisser porter. L’ambiance est électrique. Moshpits, walls of death, circle pits et crowdsurfings se multiplient dans la fosse et ne cesseront qu’au bout du show.

Six lanceurs de fumée entrent régulièrement en action et une pyrotechnie permet de projeter des flammes qui changent de couleur au gré des morceaux.

Malgré les nombreux sauts et les coups de pieds en ciseaux lancés en avant comme lors d’un mouvement de kung-fu, il est vraiment accroché à l’avant-scène pour pouvoir encore mieux canaliser l’ambiance électrique entretenue au sein des premiers rangs. Taylor demande au personnel de sécurité, posté devant les barrières d’être attentif, car le crowdsurfing va s’emballer. Et pour cause : il démarre du fond de la salle. Impressionnant ! Pendant « Fakers Plague », Taylor lève les poings et invite les spectateurs à l’imiter. Il parsème régulièrement son discours de ‘fucks’ revendicatifs. Le nouveau single, « Self Hell » (NDR : il est paru ce 13 septembre), n’est évidemment pas oublié, même si ce n’est que la troisième fois qu’il est joué en ‘live’.  

« Our Legacy » permet à tout le monde de souffler quelque peu et surtout, aux deux sixcordistes d’étaler leur dextérité sur leur instrument, tout en soignant la partie mélodique. Enfin Daniel Winter-Bates, le chanteur de Bury Tomorrow, se distingue en remplaçant Lawrence ‘Loz’ » Taylor sur le bourdonnant et hargneux « Silence Speaks ».

Un show époustouflant ! On en redemande ! While She Sleeps est prêt à se produire dans les stades, comme son grand frère, Bring Me The Horizon. (Pour les photos, c'est encore ici)

Setlist : « Sleeps Society », « You Are All You Need », « The Guiltry Party », « I've Seen It All », « Eye To Eye », « You Are We », « Haunt Me », « Self Hell », « Fakers Plague », « Our Courage, Our Cancer », « Know Your Worth (Somebody) », « Our Legacy », « Four Walls », « Silence Speaks », « Systematic ».

Rappel : « Enlightenment (?) », « Seven Hills », « Anti-Social »

(Organisation AB)

While She Sleeps

Une véritable machine de guerre…

Écrit par

Triple affiche, ce soir, puisque vont se succéder Vein, Everytime I Die et en tête d’affiche, While She Sleeps. Fondé en 2006, W.S.S est issu de Sheffield, en Angleterre. A l’origine, il réunissait 5 potes d’école, mais le chanteur, Jordan Widdowson, a été remplacé par Lawrence ‘Loz’ Taylor, en 2009. A son actif, quatre elpees, dont le dernier « So what », est paru en mars 2019, un album jugé par la critique, comme celui de la maturité. A l’instar de Bring me The Horizon, il est considéré comme un des acteurs majeurs du metalcore. Et la soirée est sold out…

Issu de Boston, Vein est chargé d’ouvrir les hostilités. Il est 19 heures, et il se produit face à un parterre plus que clairsemé. Le quintet réunit le chanteur Anthony DiDio, le drummer Matt Wood, le bassiste Lhaubouet ainsi que les guitaristes Jeremy Martin et Josh Butts. Il est venu défendre son dernier opus, « Errorzone », paru en 2018. Son style ? Un cocktail entre punk, metalcore, hardcore, qu’il a baptisé mathcore. « Ideation : Self-Destruct » ouvre le set, une compo au cours de laquelle les riffs des six cordes entretiennent un climat angoissant. Hurlé, le chant n’est guère mélodique. Bien que les gratteurs et le vocaliste déménagent sur les planches, la qualité médiocre du son n’est pas de nature à dynamiter le show… et surtout pousse votre serviteur à prendre l’air… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Ideation : Self-Destruct », « Demise Automation », « Rebirth Protocol », « Heretic », « Progenitor ».

Every Time I Die embraie, Un combo fondé à Buffalo, dans l’Etat de New York, en 1998, par les frères Keith (chant) et Jordan Buckley (guitare). Depuis sa création, le line up a vécu de nombreux changements. Si la fratrie est toujours bien au poste, ainsi que le second gratteur Andrew Williams, il implique aujourd’hui le bassiste Stephen Micciche et le drummer Daniel Davison. Son dernier et huitième long playing, « Low Teens », remonte quand même à 2016. La formation va nous livrer un concert d’honnête facture sans plus. Pourtant, les musicos font le max pour faire la différence. De timides ‘circle pits’ se forment d’ailleurs dans la fosse, mais faute de light show, le set ne décollera jamais… (voir notre section photos )

Le grand rideau qui masque l’estrade s’ouvre sur While She Sleeps. « Anti-Social » entame le bal ; et dès le départ, on se rend compte qu’Adam Sauvage sert de carburant à une véritable machine de guerre. Que ce soit derrière ses fûts, aux claviers ou au MPD. Et son drumming libère une puissance phénoménale. Taylor a coupé ses cheveux et sa barbe, mais quand il pousse sa voix dans ses derniers retranchements, elle passe bien la rampe. Bref, il s’est manifestement bonifié dans l’exercice vocal. Constamment en contact avec son auditoire, il se vide littéralement les tripes, lorsqu’il ne se laisse pas porter par la foule. L’ambiance est électrique. Moshpits, wall of deaths, circle pits et crowdsurfing éclatent dans la fosse et ne cesseront qu’au bout du show. Les sonorités de grattes sont torturées, huileuses. La section rythmique est parfaitement soudée. Les interventions à la basse d’Aaran McKenzie sont vrombissantes ou dispensées en slap. Les riffs de 6 cordes se révèlent souvent écrasants et hypnotiques, mais toujours bien en phase avec les backing vocaux. Et les jeux de lumières impressionnants, quoique aveuglants, sont dignes de ceux proposés par Bring Me The Horizon. Moment intimiste quand même, le classique "Four Walls", au cours duquel la foule reprend le refrain en chœur. Bref, Les gourous du metalcore ont encore frappé… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Anti-Social », « I'Ve Seen It All », « Inspire », « Civil Isolation », « Tropkies Of Violence », « Brainwashed », « Set You Free », « Fakers Plague », « Empire Of Silence », « Death Toll », « Four Walls », « The Guilty Party », « Hurricane ».

« Haunt Me », « Silence Speaks », « You Are We »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Sleep Party People

Lingering

Écrit par

Derrière Sleep Party People se cache le Danois Brian Batz que l’on a déjà pu remarquer aux côtés de Trentemøller et de Tomas Barfod, le batteur de WhoMadeWho. Trois ans après gravé "Floating", le multi-instrumentiste est de retour et propose un quatrième LP intitulé "Lingering". Comme le précédent, il est sorti sur le label américain Joyful Noise (Son Lux, Deerhoof, Lou Barlow, Why?, …) S’il assure l’écriture de son répertoire et toute l’instrumentation, hormis les percussions, il est seul à la composition et assure tous les instruments hormis les percussions. Le Scandinave a cependant reçu le concours de choristes pour enrichir des morceaux pourtant déjà forts fouillés. On peut notamment entendre la voix du leader de The Antlers, Peter Siberman, sur « Dissensions ».

L’univers de Brian Batz est particulier. On s’y perd aux premières écoutes, avant de finir par s’y blottir. En superposant des nappes de claviers, de guitares et autres instruments plus difficilement identifiables, il élabore des morceaux de pop/psyché sur lesquels vient se poser sa voix douce et moelleuse. Entre les plages plus atmosphériques rappelant des groupes tels que Flaming Lips, Mercury Rev ou Tame Impala, il parvient à insérer des passages plus rythmés qui peuvent rappeler Animal Collective. Et surtout, il ne néglige pas pour autant le sens mélodique…

La musique de Sleep Party People est complexe et mérite de s’y attarder. Le résultat est d’autant plus intéressant lorsque l’on sait qu’il a accompli le travail quasi en solitaire...

 

Sleepmakeswaves

Love Of Cartography

Écrit par

« Perfect Detonator » est un titre judicieux qui ouvre l’opus. Un départ qui annonce une suite excitante, énergique et bruyante comme on l’aime. On en salive déjà. 

Ce n’est pas vraiment du rock, ni de l’ambient ; mais est-ce du math rock, de l’indie ou du post-rock ? On n’en sait trop rien. Et pourtant, les morceaux sont bluffants de qualité. Mais progressivement, ils alimentent le revers de leur propre médaille.

Malgré tout, on s’accroche et on résiste. On en déduit qu’il est préférable d’y revenir plus tard, dès qu’on aura balisé les lieux. On infère que perdre le fil conducteur n’est pas si grave, dans le fond ; mais graduellement, sournoisement, le disque vous ronge.

Les premières secousses dérangent. Les coups pleuvent. C’est l’affolement, la confrontation. Mais toute cette agitation vient nous plaquer dans un coin de la pièce ; et les mains levées on supplie un peu de répit.

Il naît un sentiment de malaise qui laisse penser que nous ne sommes pas assez ‘ouverts’ pour écouter un tel long playing.

Alors on y retourne, gonflé par l’ego et l’expérience, prêt à affronter l’adversaire. On pare les coups et on se protège. Mieux encore, on trie, on dissimule et même on dilue toute cette énergie explosive particulièrement ample…

Le combat est vil et cynique. Car lorsqu’on se sent d’attaque, « Love Of Cartography » semble poser les armes et laisse souffler un vent d’accalmie.

Du gauche, du droit, et même à l’aide de tout ce que lui passe sous la main, les Australiens n’attendent que ce moment où l’on baisse la garde pour nous le balancer dans les reins.

C’est une lutte qui se joue. Une vraie lutte. Et même si au départ, nous la craignions, maintenant on se sent l’âme d’un guerrier, armé et prêt à en découdre.

« Love Of Cartography » est un album prétentieux et complexe. Son conformisme et son intellectualisme fatiguent. Il est sombre, irritant aveuglant. On le redoute et on l’espère en même temps. Il attire, envoûte et immunise.

« Love Of Cartography » c’est tout simplement un putain d’album qui se vit au lieu de s’écouter.

C’est le coup de fouet qui vous flagelle et que vous réclamez encore…

C’est une expérience à vivre…

 

Sleeping Village Orchestra

The last meal on earth

Écrit par

En se proclamant ‘groupe rock lancinant blues incantatoire’, Sleeping Village Orchestra nous promet un menu insolite pour son premier album, « The last meal on earth ». Enregistré en 2012, l’opus a, en tous cas, mis du temps avant de franchir la frontière. Pourtant, on ne peut pas dire que la formation nous vienne de loin, puisqu’elle est originaire de Picardie, et d’Amiens plus précisément.

Plus que l’étiquette, c’est tout le projet de ces Picards qui constitue un ‘concept’ en soi. En puisant ses références chez Black Sabbath, la littérature française ainsi que la Genèse, on était quand même curieux de voir ce que ce cocktail singulier aller pouvoir donner.

A première écoute, l’expression sonore est relativement agréable. Vu les nuances qui la colorent, il n’y a pas de doute, ces musicos ne sont pas nés de la dernière pluie. Manifestement, leur style colle à cette étiquette de ‘groupe rock lancinant blues incantatoire’. Néanmoins, à force d’accentuer l’aspect langoureux des compos, le chanteur plonge la musique dans un climat particulièrement morose. Du coup, on éprouve de grosses difficultés à différencier les morceaux, et on finit par s’emmerder sec. Bref, ce dernier repas consommé sur terre est d’un ennui mortel.

 

Sleepmakeswaves

In today already walks tomorrow (Ep)

Écrit par

« In today already walks tomorrow » n’est pas vraiment un nouvel Ep de Sleepmakeswaves. En fait, il était déjà sorti dès 2008 en Australie, mais ne sera officiellement distribué sur le Vieux Continent, via le label insulaire Monotreme (65daysofstatic, Barzin, M+A, …), que dans quelques semaines. Le quatuor australien (NDR : il est issu de Syndney) s’est forgé une notoriété en se produisant ‘live’, bénéficiant notamment des tournées comme supporting act pour des groupes-phares comme Mono, Russian Circles ou encore 65daysofstatic. Et plus récemment, la formation a participé au Dunk !, festival post-rock par excellence.

A l’instar de leurs précédents essais, les Kangourous érigent des paysages sonores à la fois majestueux et accidentés. Et « I will write peace on your wings and you will fly over the world » ainsi que « One day you will teach me to let go of my fears » en sont certainement les plus belles illustrations. Lyrique, leur post-rock est balisé par des claviers ainsi que des violons, et traversé d’éclairs chargés d’électricité. De longues envolées atmosphériques leur permettent, en outre, de poser les ambiances. On pense notamment aux Japonais de Mono (d’ailleurs comme eux, ils affectionnent les titres à rallonge !) ou, dans une moindre mesure, à Sigur Rós.

Les 37 minutes de post-rock figurant sur ce « In today already walks tomorrow » sont d’excellente facture. Malheureusement, comme c’est souvent le cas pour une majorité de groupes qui pratiquent ce style, l’originalité n’est pas au rendez-vous…

 

Sleepmakeswaves

…and so we Destroyed Everything

Écrit par

Si les groupes post-rock pullulent à travers le monde, il est souvent difficile de déterminer leur origine rien qu’en écoutant leur musique. Sleepmakeswaves nous vient d’Australie, de Sidney, très exactement, mais il aurait tout aussi bien pu provenir de Belgique, du Zimbabwe ou du Japon. Précisons toutefois que cette mondialisation n’est pas uniquement l’apanage du post-rock…

Sorti en 2011 au pays de kangourous, leur 1er album vient d’être réédité sur le marché mondial par le label insulaire Monotreme. Faut dire que la formation antipodale a souvent servi de supporting act pour des grosses pointures du genre, comme Pelican, Russian Circles ou Mono. Caractérisée par ses crescendos épiques, son expression sonore est à la fois puissante et mélodique ; cependant, elle ne se distingue pas par un son vraiment spécifique, malgré quelques incursions électro qui rappellent 65DaysofStatic (« We Like you When You’re Akward »). Mais on ne s’ennuie jamais à l’écoute de cet « …and so We Destroyed Everything » ; l’elpee recelant même une superbe compo enrichie de cuivres, intitulée « A Gaze Blank and Pitiless as the Sun ». Les Aussies ont beau clamer avoir tout détruit, ils ne sont pas encore parvenus à ébranler notre foi accordée à ces derniers soubresauts captivants du post-rock, en tout cas !

 

Sleep Party People

Sleep Party People

Écrit par

Coïncidence troublante, en ce dimanche ensoleillé, je pioche au hasard deux albums dans la pile qui attend patiemment  ma sentence et je tombe sur deux productions me renvoyant au fantôme du regretté Mark Linkous.

Place donc ici à Sleep Party People, dont le côté bricolo-foutraque, au demeurant fort plaisant, renvoie inévitablement au génial « Vivadixiesubmarinetransmitionplot », premier long playing de Sparklehorse, chef-d’œuvre absolu en la matière.

Révérencieux mais émancipé, Brian Batz, l’homme derrière l’étrange masque de lapin qui illustre cet opus éponyme, prend par la main l’auditeur et l’emmène visiter son antre. Descente vertigineuse dans un autre monde, tout en apesanteur.

Mélancolique sans être larmoyant, à la fois touchant et inquiétant, ce disque revisite l’enfance à travers un film sépia.

Indéfinissable et à mille lieues de tout stéréotype musical, véritable O.V.N.I. à l’instar d’un certain Donnie Darko au cinéma (s’inscrivant dans la même optique cuniculicole) je vous invite à découvrir absolument cet album tout bonnement majestueux…

 

Half Asleep

A moitié ou profondément endormi ?

Écrit par

Aka Youth Lagoon, Trevor William a incontestablement été une des bonnes surprises de la fin 2011. Ce lundi 27 février, il venait défendre son premier opus, « The Year of the Hibernation », devant une Rotonde pleine à craquer, pour la circonstance. Et en première partie, Valérie Leclercq, alias Half Asleep, était invitée à mettre l’auditoire en condition.

Sous le patronyme Half Asleep, la Belge Valérie Leclercq a déjà publié quatre albums, dont le dernier, « Subtitles For The Silent Versions » est paru également en 2011. Un chouette elpee pour lequel elle avait eu la bonne idée d’enrichir la solution sonore de drums, de basses et même de cuivres. Outre la guitare et le piano auxquels elle a habituellement recours. Malheureusement, ce soir, elle va se contenter de s’accompagner aux ivoires, qu’elle ne quittera que pour la sèche, après quelques morceaux. Difficile, dans ces conditions aussi minimalistes, de se concentrer sur son set. Et seul deux morceaux, au cours desquels elle va se servir de loops, nous permettront de ne pas sombrer dans un profond sommeil. Half Asleep, c’est le cas de le dire…

A 21h00 pile, Trevor William Power monte sur l’estrade. Il est accompagné de son guitariste. Trevor a un visage de poupon, rappelant étrangement celui de Michael Cera (NDR : notamment aperçu dans ‘Juno’). Il s’installe derrière ses claviers qu’il ne quittera d’ailleurs pas de toute la soirée. L’atmosphère baigne dans une certaine forme de mélancolie. Et la voix nasillarde de l’Américain accentue ce climat. Mais une mélancolie qui laisse néanmoins un espace à l’espérance. Pas ou peu d’expérimentation. Il faut dire que la formule en duo ne laisse guère de place à ce type d’audace. Mais on ne s’en plaindra pas. Car la paire va parvenir retranscrire, l’intégralité du dernier opus de Youth Lagoon, « The Year of the Hibernation », dans un style dépouillé. Et à merveille. Un set de 40 minutes, y compris les deux morceaux du rappel. Mais le public est comblé. Il s’est plongé dans l’univers intimiste et tout en délicatesse de Youth Lagoon, avec délectation…

(Organisation Botanique)

 

Half Asleep

Subtitles for the silent versions

Écrit par

Half Asleep est un groupe belge. Il est le fruit d’un projet imaginé par Valérie Leclercq et sa petite sœur Oriane. Il faut dire que leur parcours n’est pas récent. Il existe même depuis 2003. Année au cours de laquelle l’album « Palms and plums » est sorti. Il sera suivi par « Just before we learnt to swim », publié un an plus tard. Deux œuvres au fort potentiel. En 2011, « Subtitles for the silent versions » voit le jour. Un nouvel elpee défini par un je-ne-sais-quoi qui communique aux chansons une authenticité telle qu’il est difficile de rester insensible à l’écoute de chaque titre. Half Asleep est un nom qui correspond bien au concept de ces deux jeunes sœurs, dont l’aînée vient à peine de fêter ses 20 ans.

Les rythmes sont lents. Les mélodies semblent oniriques, pleines de douceur et de mélancolie. L’opus s’ouvre par « How Quiet ! », une plage qui nous entraîne sur des sentiers embrumés d’une forêt au crépuscule. Des voix superposées trament un chœur à la fois mélancolique, mystérieux et mythique. Mais si le climat du long playing est apaisant, il s’adresse essentiellement aux mélomanes friands de ce style musical. Les autres risquent ainsi rapidement de se lasser.  

 

Sleepy Sun

Fever

Écrit par

« Embrace », le premier elpee de ce sextet californien était paru l’an dernier. « Fever » est déjà son successeur. Un disque dont le style trempe toujours dans le psychédélisme. Mais un psyché revivaliste, en vogue depuis quelques années.

Sur ce nouvel elpee, Seleepy Sun est cependant parvenu à se libérer, quelque peu, de ses influences. Surtout en début de parcours. Si le morceau introductif, « Marina », évoque tant Black Sabbath, King Crimson et Led Zeppelin pour les dinosaures que Black Mountain et Dead Meadows au sein des mélomanes contemporains, la suite se révèle plus audacieuse. D’abord parce que les vocaux sont bien mieux équilibrés. Et la conjugaison entre le timbre féminin et masculin est absolument parfaite. Un des points forts de l’elpee. Outre les inévitables guitares distordues, les compos accordent également une place conséquente à l’instrumentation acoustique (guitare sèche, harmonica), à l’instar de « Rigamaroo » voire de « Wild Machines ». Des compos qui lorgnent alors manifestement vers le psyché folk. Malheureusement, progressivement, Sleepy Sun en revient à un psychédélisme basique. Lourd, indolent, hypnotique. Mais dont les morceaux tirent un peu en longueur. Le trip de neuf minutes, proposé par « Sandstorm Woman », finit même carrément par nous pomper l’air. Et la suite est de la même trempe ; les changements ou les ruptures de tempo se révélant bien trop rares pour nous extraire d’une certaine forme de léthargie. Dommage cet essoufflement qui survient en beau milieu de parcours. Et pour me consoler, je vais me rabattre sur l’écoute d’un disque de Black Mountain…

 

My Sleeping Karma

Tri

Écrit par

Il ne faut pas se fier aux apparences. Malgré un nom aux consonances hindouistes et un artwork exotique plutôt réussi, My Sleeping Karma est bel et bien un groupe européen. Originaire de la ville bavaroise d’Aschaffenbourg, le quatuor redéfinit, d’une manière moderne et relativement originale, les clichés inhérents à la musique psychédélique. Entièrement instrumental, le nouvel opus mystérieusement intitulé « Tri », révèle une musique à la croisée des chemins entre le post-rock, le stoner et le space rock psychédélique.

Une guitare, une basse, une batterie et un ‘soundboard’ vous emmènent dans un voyage musical, spirituel et initiatique qui, si vous n’y êtes pas prédisposé, peut parfois se révéler un peu ennuyeux. Les compositions, instrumentales et répétitives, dépourvues de démonstrations techniques comme celles que l’on peut retrouver dans le rock progressif ou dans le métal néo-classique perdent parfois de leur intérêt sur la longueur.

Les inconditionnels de combos ‘stoner/post rock instrumental’ tels que Karma To Burn ou Pelican trouveront sans aucun doute leur bonheur à l’écoute de cette musique privilégiant les ambiances et les paysages sonores. Les autres n’y verront qu’une suite de riffs et d’arpèges, qui, dépourvue de chant et de soli, laissent parfois une légère impression de travail inachevé.

L’écoute de « Tri » peut toutefois se révéler être une expérience agréable pour celles et ceux qui, le troisième œil bien ouvert, ont envie de planer vers Shangri-La, au son des guitares électriques.

 

Sleepy Sun

Embrace

Écrit par

Le rock psychédélique est né au cours des sixties. Sans doute sous l’influence de certaines drogues hallucinogènes, de jeunes chevelus envoûtaient leur public à l’aide de rythmiques hypnotiques et de mélodies répétitives et pénétrantes. Les groupes les plus représentatifs de l’époque n’étaient autres que Grateful Dead, Pink Floyd, Jefferson Airplane, Love et j’en passe. Puis, pendant deux décennies, le psychédélisme s’est confiné dans la zone crépusculaire de l’underground, remontant à la surface au milieu des 90’s, sous l’impulsion de formations yankees comme The Dandy Warhols ou Brian Jonestown Massacre. Et au cours des dernières années, ce style musical a refait florès. On peut même dire qu’aujourd’hui, les artistes ou formations qui s’en réclament pullulent (NLDR : sans oublier les vétérans qui font de la résistance comme les Fuzztones). Dans la mêlée, j’épinglerai All The Saints, Black Mountains, Black Angels et les Dead Meadows. Car il n’est pas toujours facile de séparer le bon grain de l’ivraie. En tenant compte que la musique de certains ensembles du style tient plus ou moins la route. Et Sleepy Sun se situerait plutôt du côté des bons sans jamais toutefois réussir à atteindre les maîtres du genre.

Une chose est sûre, le sextuor américain (NDR : de San Francisco, en Californie, pour être plus précis) a dû énormément écouter de musique psychédélique pour concocter une solution sonore pareille. Et pour cause, leur moyenne d’âge est de 22 ans. Ils sont peut-être même allés fouiller dans les vinyles de leurs parents, voire de leurs grands-parents. Bref, chez Sleepy Sun on retrouve toutes les caractéristiques du genre : guitares wah-wah, fuzz gonflés à bloc, soli dégoulinants (« New Age ») mais pas trop, les rythmiques lourdes et lentes ainsi que les vocaux réverbérés (NDR : pour la circonstance celles de Rachael Williams et Bret Constantino). Tout y passe. Sleepy Sun a quand même le bon gout d’ajouter ponctuellement l’une ou l’autre nuance. A l’instar de « Snow Goddess ». Plus americana. A cause de cette subtile ligne d’harmonica apportée par Constantino. Et puis lors de l’une ou l’autre ballade au cours desquelles le piano occupe une place plus importante (« Lord » ou « Duet with the Northern sky »). Bref, si vous aimez le revivalisme psychédélique, vous ne pouvez passer à côté de cet « Embrace » ; même s’il n’atteint pas les sommets bien gardés par les Black Mountains et consorts.

 

Wintersleep

Welcome To The Night Sky

Écrit par

« Welcome To the Night Sky », le troisième opus de Wintersleep, combo originaire de Nouvelle-Ecosse, a donc dû se farcir toute une série d’étapes avant de trouver une place confortable dans les bacs européens. Publiée d’abord au Canda –c’était en octobre 2007–, l’œuvre n’avait guère suscité d’intérêt chez les distributeurs anglais. Avant que, l’année suivante, Wintersleep décroche le Juno Award (les Victoires de la Musique, version canadienne) consacré au ‘meilleur nouveau groupe de l’année’. Le reste de l’Europe va donc suivre le mouvement. Ce qui permettra à ce « Welcome To The Night » d’achever enfin son long voyage vers nos contrées, en février 2009.

Wintersleep est l’une de ces formations capable d’enthousiasmer et de crisper à égales mesures. Ainsi, « Welcome To The Night Sky » est parcouru de petites perles comme l’excellent “Weighty Ghost” et son refrain à la Arcade Fire ou « Miasmal Smoke & the Yellow Bellied Freaks », mariage inopiné entre Mogwai et Pearl Jam. Mais il recèle également d’autres extraits baignant dans un rock plus basique à la Coldplay, Snow Patrol, Editors et consorts (« Search Party », « Astronaut », « Laser Bean », « Archaeologists »…). Enrichi de deux bonus tracks, « Welcome To The Night Sky » n’est pas le meilleur labeur des Canadiens. Ils détiennent cependant le potentiel nécessaire et indispensable pour surprendre…

 

Sleepingdog

Polar life

Écrit par

Sleeping Dog, c’est le projet solo de Chantal Acda, une chanteuse/compositrice/multi-instrumentiste néerlandaise, établie en Belgique. « Polar life » constitue le deuxième opus de Sleeping Dog, un disque qui fait suite à « Naked in a Clean Bed », paru en 2006. Pour la circonstance, elle a de nouveau travaillé en compagnie d’Adam Wiltzie (Stars of the Lid), un personnage qui a aussi et surtout forgé sa carte de visite en bossant pour Mercury Rev et les Flaming Lips. Il s’est chargé des arrangements et des orchestrations de cordes ainsi que joué des claviers, dont le mellotron. Daniel Johnston, le chanteur/compositeur de Centro-Matic, est également de la partie, même si sa collaboration n’est pas créditée sur la pochette.

Chantal possède une superbe voix, pure, cristalline, rappelant parfois le timbre de Liz Fraser (Cocteau Twins), sans jamais en épouser les inflexions. Elle joue du piano (surtout), mais aussi de la guitare sèche, un mini vibraphone, du glockenspiel, des percussions, du banjo, du melodica et bien sûr divers claviers. Au sein de l’univers visionnaire de Sleeping Dog, Chantal parle de chiens (of course !), de chats, de chevaux, de sa maternité récente (son interprétation a cappella de « Letter one »). Elle dépeint également des paysages énigmatiques, brumeux, automnaux (« Ardennes ») mais aussi chargés de contrastes comme sur « The sun sinks in the sea », une chanson inspirée du poète islandais, Sigurbjörn Einarsson. Sa musique est minimaliste, intimiste. On a parfois l’impression qu’au sein de son cocon, tout tourne au ralenti. Mais son univers sonore ne manque pas de charme et s’achève même par une version très réussie du « If only » de Sophia…

Jimmy & The Sleepers

Jimmy & The Sleepers

Écrit par

Ce groupe de rockin' blues canadien nous vient d'Edmonton, dans l'Alberta. Il a régulièrement accompagné des bluesmen américains, lorsqu’ils tournent dans le grand Nord : Lazy Lester, Jimmy Burns, Larry Garner, etc. Le guitariste Jim Guilboche en est le leader. Dans le milieu du blues, il affiche déjà un sérieux pedigree. Il est soutenu par l’harmoniciste David Cantera, le drummer Grant Stovell, le bassiste Chris Brzezicki et le chanteur/showman Guy "Big Guy Slim" Gagne.

La musique des Sleepers est rugueuse, immédiate. Dès les premiers accords du "Snakes" de James Harman, elle éclate suivant un canevas proche de Billy Boy Arnold. Personnellement, j’apprécie tout particulièrement son impact direct, sans artifice, sans fioritures. Son blues transpire le vécu. Signé Little Milton, "The blues seem to follow me" en est une belle illustration. Les notes sont dispensées sur le fil du rasoir. Ou plus exactement sur le fil de ses cordes. Jim entraîne l'harmonica gouailleur de Crawdad dans son trip. Ces deux musiciens sont de parfaits compères. Ils aiment partager la même scène. Ces Canadiens ont le don pour ficeler du west coast jump. Ils le démontrent tout au long de la cover d'un des meilleurs titres du seigneur, George Harmonica Smith, "Oopin doopin doopin". La voix de Big Guy Slim est percutante, alors que David s’éclate sur l'instrument chromatique. Pour interpréter son "Not gettin' up", Jim a invité son ami Big Dave McLean au vocaux. Etabli à Winnipeg, Dave est un des plus grands bluesmen canadiens. La reprise du "Gotta move" d'Elmore James est un nouveau sommet de l’elpee. Une version sans concession, sans doute bien plus proche d’un Hound Dog Taylor. La slide libère une sonorité terne, implacable. Le timbre de Guy est haut et puissant. Le choix du répertoire est royal. "Come on" d'Earl King écrase tout sur son passage. Pour la circonstance, Mr Guiboche grimpe dans le rouge. Quel tempérament ! Quelle chaleur ! Il remet aussitôt le couvert lors d’une adaptation hyper-speedée du "I feel so bad" d'Eddie Taylor. Lorsque les Sleepers en reviennent au répertoire d'Elmore James, c’est d’une manière bien plus classique. Et "Make a little love" en est la plus belle illustration. Ils ralentissent enfin le tempo pour attaquer un bon vieux slow blues signé Muddy Waters : "Standing around crying". Un de ses meilleurs, assurément. La rencontre entre la slide et l'harmo est un véritable bonheur. Il serait injuste de ne pas souligner la solidité de la section rythmique. Elle assure sans la moindre faille. Le traitement en shuffle et à la texane de "Sugar coated love" doit réveiller tous les swamps louisianais. Et ce n'est pas fini, car Jimmy nous réserve encore son "Cricket boogie", un instrumental très rock'n'roll. Si cet album ne révolutionnera pas le blues, il mérite que vous y prêtiez une oreille attentive ; car dans le style, il est tout bonnement excellent.

 

 

My Sleeping Karma

My Sleeping Karma

Écrit par
Ils sont Allemands, mais cela ne s’entend pas. Ils sont quatre, mais on dirait qu’ils sont beaucoup plus. Dépourvu de toute voix humaine, le premier album de My Sleeping Karma nous transporte dans une dimension parallèle, là où les émotions psychédéliques peuvent s’exprimer librement et à l’abri de tout qu’en-dira-t-on. Tout au long d’une excursion en six étapes, l’ancestrale combinaison guitare-basse-batterie-claviers (c’est ce dernier qui nous fait croire qu’ils sont nombreux…) fait des merveilles et ravive en nous une sorte de flamme que l’on croyait éteinte. Les accords sont limpides, les rythmes évitent soigneusement de vouloir rendre hommage au psychédélisme d’antan (celui d’Hawkwind, par exemple) et les instruments s’accordent audacieusement afin de ne pas perturber notre… karma.

D’accord, parfois, les fans du genre s’irriteront lorsque les gaillards stoppent brusquement leur élan quand on voudrait que le climat dégénère. Et, d’accord, à un moment ou à un autre, on a l’impression que les sons se répètent trop souvent sur un même morceau. Mais ces héritiers de The Great Escape n’ont pas à rougir de ces légères faiblesses, tant on se pâme devant la qualité de compositions vaporeuses, soyeuses, parfois dures mais jamais brutales. Et puis, après tout, que demander à un groupe ainsi baptisé, si ce n’est de nous surprendre en jouant les marchands de sable lunatiques ? 

 


Sleepingdog

Naked in a Clean Bed

« Nue dans un lit propre » : rien qu’à lire ce titre sur la pochette de ce joli album, on en a les mains moites. Chantal Acda n’est pas une inconnue : singer-songwriter hollandaise émigrée à Bruxelles depuis quelques années, elle a déjà sorti deux disques en compagnie de son groupe Chacda, et participé au « Skyline Society » des sémillants Major Deluxe. « Naked in a Clean Bed » est son premier effort solo, et c’est une belle réussite : sa voix caressante ondule doucement sur un matelas d’harmonies acoustiques, et l’on se prend à rêver avec elle, sous les draps, en position fœtale. Mixé à la maison avec l’aide d’Adam Wiltzie (Stars of the Lid, The Dead Texan), « Naked in a Clean Bed » dévoile ses charmes sibyllins sur le mode du strip-tease langoureux. Au plus est lent le dévoilement, au mieux est palpable le plaisir des sens… Tout est question de suggestion ! D’où l’emploi minutieux de la guitare sèche, du piano et du mélodica, qui donnent à ces chansons l’attrait singulier d’un dépucelage fécond. A fleur de peau, sans cesse au bord de la rupture intime, les dix comptines de Sleepingdog réveillent notre libido de la plus pure des façons. A l’instar d’Annelies Monseré et de Valérie Leclercq (Half Asleep), Chantal Acda chante la mise à nu sans être dépressive ni vulgaire. Forcément très touchant, et c’est déjà beaucoup.

The Sleepy Jackson

Personality (One was a spider, one was a bird)

Écrit par

Les chansons passent, les souvenirs demeurent. En écoutant « Lovers », le premier album du dictatorial multi instrumentiste Luke Steele, on était tombé en pâmoison. Les hits lumineux de The Sleepy Jackson nous avaient frappé de plein fouet. C’était bon, intense, disproportionné. Comme Luke Steele, on voulait se laisser pousser la moustache. On soutenait que ce type existait au monde pour nous délivrer de la perte de Georges Harrison. On menaçait d’un flingue quiconque émettait l’hypothèse d’empêcher « Lovers » de tourner sur la platine. Depuis, le temps s’est écoulé. Les choses ont changé. Et ce nouvel album n’a pas la même saveur que son prédécesseur. On aimait tant ce côté ampoulé, ces mélodies grandiloquentes et ces ballades épiques. Luke Steele s’est rasé la moustache. Quelques poils en moins, l’homme perd de sa superbe. Mais plusieurs pépites de pop orchestrale viennent pourtant légitimer son propos. Le sautillant « Good Knows » se rappelle au bon souvenir de Georges Harrison. Les instrumentaux de « I Understand What You Want But Just Don’t Agree » (ce titre !) ouvrent une voie royale à un refrain succulent. Et « Dream On » (aucun rapport avec Aerosmith) esquisse les mélodies d’une ode à la rêverie. Pour le reste, la magie n’est pas au rendez-vous. Elle s’est envolée. Comme la moustache.

Sleep Talker

Sleep Talker

Écrit par

Les Français de Sleep Talker ont une démarche intéressante et assez originale. Conçue comme un ‘Work On Progress’, la formation présente sur son premier album éponyme une suite de 13 morceaux, dont 10 sont instrumentaux. Le quatuor propose à ses fans et tous ceux qui apprécient leur musique d’enregistrer eux-mêmes des chants sur les plages instrumentales et de leur faire parvenir la démo afin de pouvoir peut-être avoir la chance d’être publiée ! L’idée, sympa au départ, se complique à l’écoute du disque. En effet, la force des compositions de Sleep Talker réside en la rareté des vocalises qui auraient pu les desservir sur la longueur. En témoignent, d’ailleurs, les titres chantés « Disposable Bra », « Last Resort Before Jealousy » et « Picador, My Love », plutôt intrusifs. On préférera donc se plonger dans l’indie-rock 100% instrumentale de « Sink Or Swim », « Goldfish Memento » ou encore «Watching Monica », morceaux qui ne jureraient pas en en fond sonore de l’un ou l’autre film indépendant made in US.