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Soundgarden

Ultramega OK (réédition)

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Quelques mois après la triste et surprenante nouvelle de la mort de Chris Cornell, son ex-leader, il est aujourd’hui temps de se replonger dans la réédition d’« Ultramega OK », le 1er elpee du combo américain cultissime, Soundgarden, héros de l’explosion grunge qui s’est produite à Seattle, au cours des années 90 et à laquelle ont participé Nirvana et Pearl Jam… Une évidence s’impose : ces groupes n’avaient comme point commun que les guitares saturées et leur ville d’origine… difficile de trouver des ressemblances entre le son très ‘Youngien’ de Pearl Jam, l’énergie mélodique et punk de Nirvana ou les claires racines métal de Soundgarden, lorgnant régulièrement vers Black Sabbath.

Le band avait été reconnu mondialement, grâce à sa vidéo très psyché de son morceau « Black Hole Sun » et le succès parallèle de l’album « Superunknown », gravé en 1994. Cependant, il était sur le pont dès 1988, gravant cet « Ultramega OK » aux influences très métalliques. Paru à l’origine sur le label punk SST, il est aujourd’hui réédité par le mythique label Sub Pop et remasterisé par le tout aussi légendaire producteur, Jack Endino. Le line-up originel réunissait les célèbres Chris Cornell, Kim Thavil et Matt Cameron (futur batteur de… Pearl Jam) mais aussi le moins illustre Hiro Yanamoto, bassiste qui a très rapidement été remplacé par Ben Sheperd. L’influence de Black Sabbath est donc omniprésente (« Beyond the Wheel ») mais les accents blues (la reprise du « Smokestack Lightning de Howlin’ Wolf) ou punk hardcore (« Head Injury ») ont encore leur place. Des morceaux aux structures rigoureuses (le single « Flower ») côtoient des saillies trash-punk telles que « Circle of Power » ou des dérives quasi-prog voire psyché (« Incessant Mace »). La voix de Cornell est déjà unique : lyrique, chamanique et maîtrisée à l’instar des riffs aiguisés et bavards dispensés par Thavil.

Soundgarden livrait donc à l’époque, un premier album d’une étonnante maîtrise qui explique les racines et les raisons de l’évident succès du groupe. Notons la présence de quelques démos qu’exige ce genre de rééditions en fin de long playing…

 

Soundgarden

Le Grunge perd un de ses pères fondateurs

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Chris Cornell, connu principalement pour être la voix de Soundgarden mais aussi d’Audioslave et Temple of the Dog, s’est donné la mort dans sa chambre d’hôtel, ce 18 mai à Détroit. La veille encore, il donnait un show au Fox Theatre, dans le Michigan. Une surconsommation d’Ativan, médicament connu pour traiter notamment des problèmes d’addiction et d’anxiété, pourrait être la cause de ce qui l’a poussé à commettre l’irréparable en se pendant dans la salle de bain. Il avait 52 ans.

Le corps du chanteur sera rapatrié ce dimanche à Los Angeles et devrait être incinéré le vendredi 26 mai. La famille réfléchit à la possibilité d’organiser des funérailles publiques pour les fans.

Lancé en 1984 par Cornell, accompagné de Kim Thayil à la guitare et Hiro Yamamoto à la basse, Soundgarden est considéré comme étant un des pionniers ayant permis l’émergence du Grunge (avec Nirvana, Pearl Jam et Alice in Chains). Le groupe connait ses plus grands moments de gloire au début des années ’90, notamment avec la sortie de l’album « Superunknown » et du tube ultra-connu, « Black Hole Sun ». Le groupe se sépare ensuite en ’97, suite à des tensions internes, pour revenir treize ans plus tard sur le devant de la scène avec un nouvel album sous le bras, « King Animal », qui sortira à la fin de l’année 2012.

Le groupe s’engage ensuite dans une énorme tournée en 2014 et fera un crochet par la Belgique, le 29 juin, au Graspop Metal Meeting Festival. Leur ultime show au plat pays.

Le band avait annoncé il y a peu avoir composé quelques morceaux et prévoyait d’entrer en studio à la fin de cette année, afin d’enregistrer son septième album studio. Quelques dernières notes désormais en suspens, pour la postérité. Nirvana s’est éteint en 1994. Vingt-trois ans plus tard, le Grunge perd à nouveau un de ses pères fondateurs.

 

Soundgarden

King animal

Il y a trop longtemps que nous attendions leur reformation. Gravé en 1996, « Down on the upside » n’était pas un disque inoubliable, mais il ne devait pas être le responsable d’une séparation. Ce qui a malheureusement été décrété. Pas vraiment une bonne décision, car l’aventure en solitaire de Chris Cornell n’a jamais vraiment décollée et celle entreprise au sein d’Audioslave a parfois pris la bonne direction, mais sans jamais défrayer la chronique…

16 ans plus tard, Soundgarden a donc décidé de reprendre son chemin, là où il s’était arrêté. Un crochet via Werchter Boutique nous a démontré que le groupe n’avait rien perdu de sa puissance ; mais à l’époque, le combo n’avait pas encore publié de nouvel opus. Il vient donc de combler cette lacune. Solide et énergique, « King Animal » ne se contente pas de ressasser du grunge. Bien sûr les cordes vocales de Cornell sont intactes, mais l’expression sonore a retrouvé le punch et l’intensité de leurs premiers essais, et notamment « Badmotorfinger » ainsi que « Superunknown ». Dès le titre d’ouverture, « Been away too long », le ton est donné. Et la suite est de la même veine. Mais pourquoi l’absence de Soundgarden a été si longue, alors qu’il n’avait pas encore exploité tout son potentiel ?

 

Soundgarden

Down on the upside

Ce quartette de Seattle n'a jamais vraiment su lui-même s'il appartenait au grunge, au heavy metal ou au hard rock. Son album précédent ("Superknown", le meilleur à notre goût) s'était même mis au diapason de la pop beatlenesque... Tout au long des 65 minutes de ce "Down on the upside" il n'hésite pas à profaner un monument tel que Led Zeppelin pour y piller les reliques de leurs deuxième et troisième elpees. C'est à dire la quintessence de l'œuvre du dirigeable. Malheureusement, la voix de Chris Cornell est aussi agaçante que celle d'Axl Rose; si bien que les meilleures compositions de l'opus se caractérisent par un vocal trafiqué ou presque absent. Notamment sur l'aride, "Never the machine forever", digne du Blue Cheer et "Applebite" dont la ligne de guitare luxuriante, effilée, acérée et le climat énigmatique rappellent ni plus ni moins Mahavishnu Orchestra...

 

Soundgarden

Superunknown

Début 92, ce quatuor nous infligeait un elpee indigeste, confus, réminiscent de Montrose et de Grand Funk Railroad. Evidemment le groupe était issu de Seattle. Et tout ce qui touchait, à l'époque au grunge –pensez à Nirvana et à Pearl Jam– se transformait en dollars (NDR : changer de la boue en billets de banque n'est-ce pas plus contemporain que du plomb en or ?). Si bien que "Badmotorfinger" se vendra à plus d'un million d'exemplaires. Avec "Superunknown", Soungarden semble avoir découvert une forme plus digestive et surtout mieux inspirée. Si les lyrics continuent de développer une image sombre, glaciale, effrayante, désespérée, à la limite suicidaire, la musique flotte outrageusement sur les seventies. Ou plus exactement l'esprit de Led Zeppelin flotte au-dessus du sens mélodique. Avec parfois une certaine sensibilité beatlenesque circa "Rubber Soul", comme sur "Head Down" et "Half", les deux meilleurs titres de l'album...

 

Soundgarden

Pas un cirque !

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Soundgarden a le vent en poupe. Et plutôt deux fois qu’une. Aux States, le groupe devient même carrément énorme. Phénomène confirmé par le gros père Tad Doyle (de Tad), tout heureux d’apprendre, le jour de leur concert belge, que Tad assurerait près de deux mois de tournée d’été US pour la bande à Chris Cornell. « Chez nous, Soundgarden est très populaire », confesse le leader de Tad et ajoute : « Leur cote augmente sans cesse et leur dernier cd, ‘Superunknown’, marche très fort. Tourner avec eux signifie jouer chaque soir devant six à dix mille personnes. C’est géant ! »

En Europe, Soundgarden n’a pas encore atteint le même niveau de popularité, mais on sent bien que la mayonnaise est en train de prendre. Les médias rock européens ont été quasi unanimes à louer les qualités de ‘Superunknown’ et la tournée du groupe sur le Vieux Continent se passe plutôt bien, elle aussi. Le ‘Brielpoort’ de Deinze était, en tout cas bourré comme un œuf, l’autre soir, pour accueillir les quatre de Seattle en qui certains voient le futur du rock, en compagnie des Alice In Chains et autres Pearl Jam.

« Il y a tout dans Soundgarden » explique un fan, barbichette en avant, tee-shirt ‘Louder than love’ usé jusqu’à l’étiquette et jeans-gruyère délavé et d’une extrême pâleur. Il justifie d’ailleurs cet enthousiasme par une déclaration plus que flatteuse : « Il y a la puissance des guitares, un son fort et une force intérieure indéfinissable. Moi, je trouve que c'est le meilleur groupe de rock du moment ». Et ‘Flip’ –c'est son surnom– de s'en retourner admirer un show d'une intensité inouïe mais aussi d'une belle simplicité, d'un grand dépouillement, au sein duquel le jeu des musiciens semble se suffire à lui-même.

Soundgarden paraît en effet être un groupe intègre qui n’apprécie que fort peu, les règles du business. Attitude qu’on retrouve dans leur musique. Quelques heures avant le concert, Kim Thayil, ‘lead guitarist’ de Soundgarden, corroborait ce point de vue…

Presque logiquement

KT : nos concerts ne ressemblent pas à un spectacle de cirque ; nous n'avons pas besoin de ces artifices. Nous communiquons avec notre public à notre manière: franchement, directement, je dirais presque logiquement.

« Superunknown » marche très fort aux States. Et la presse européenne lui a réservé d’excellentes critiques. Confiant pour la suite des événements ?

KT : je ne sais pas encore tout à fait comment les Européens réagiront par rapport à « Superunknown ». Mais je suis très curieux de voir comment le public va l’assimiler, à long terme. Je suis persuadé que ce disque aura un rayonnement de longue durée. Ce n’est pas le genre de truc qu’on écoute et sur lequel on danse, on s’agite, on se défoule et puis basta. C’est plutôt un album dont on s’imprègne et à propos duquel on réagit sans doute plus ‘mentalement’. Il y a beaucoup à découvrir sur ce disque. Nous évoluons sans cesse, et c’est cette évolution qu’on a voulu mettre d’abord en exergue sur « Superunknown ».

Estimes-tu cet elpee tellement différent de « Louder than love » ou de « Badmotorfinger » (NDR : les deux précédents opus parus respectivement chez Polydor en 89 et 91 ?) ?

KT : « Superunknown » ne rompt rien, ne casse rien, mais il va beaucoup plus loin. Il a, à mon sens, plus de profondeur, plus de liberté, dans pas mal de domaines. Les textes de Chris, par exemple, sont les meilleurs qu’il n’ait jamais écrits. Ils sont plus précis, plus intenses. Chris s’exprime aujourd’hui bien mieux qu’il ne le faisait, il y a quatre ou cinq ans. Et musicalement, le groupe a suivi le même tracé.

Marginaux, OK, si tu assimiles le rock à Garth Brooks…

Tu dis que ce disque est plus ‘libre’. Est-ce parce que vous avez accompli des expériences que vous n’auriez pas tentées auparavant ?

KT : En partie. Nous avons, de fait, laissé courir certaines idées que nous n’aurions peut-être pas osé développer dans le passé. Ce qui nous a encore permis d’élargir notre rayon d’action. Tu vois, nous fonctionnons toujours, à la base, de la même manière ; à savoir que nous ne retenons une chanson que si elle nous plaît vraiment. Tout le monde, dans le groupe, compose des chansons et tout le monde a le droit de s’exprimer. Par ce biais, le groupe, dans son intégralité, a fait un pas en avant. Je ne sais pas au juste pourquoi. C’est ainsi.

Les expériences ‘solo’ des différents musiciens du groupe auraient-elles favorisé cette évolution ? Ben Shepherd (bassiste) et Matt Cameron (batteur) se sont bien amusés au sein du projet Hater. Chris a écrit un truc pour la B.O. de ‘Singles’. Il y a eu aussi, avant ça, le projet Temple of The Dog, au sein duquel Chris et Matt étaient accompagnés de Stone Gossard, Eddie Vedder et Jeff Ament (de Pearl Jam). Ces événements, ont-ils, en définitive, servi la cause de Soundgarden ?

KT : Je remarque en tout cas que la musique du groupe est de plus en plus riche. Pas que nous ayons pris une décision consciente de prendre telle ou telle décision. Nous posons des choix en parfaite harmonie, tout naturellement. Bien sûr, ils sont toujours précédés d’une réflexion ; c’est tout de même normal. Mais Soundgarden a toujours fonctionné de façon très émotionnelle, à l’instinct. Et cela continue ainsi.

Si votre musique échappe aux normes, aux clichés, c’est peut-être que votre instinct, comme tu dis, vous y pousse. Vous sentez-vous dans la peau de marginaux ?

KT : Quelle question ! Est-on encore marginal aujourd’hui parce qu’on joue de la musique rock ? Je te dirai que si tu associes Garth Brooks ou MC Hammer au même contexte que nous, alors nous sommes certainement marginaux. De toute manière, est-ce important ? Ce qui compte, c’est de faire ce dont a envie. Nous devons certainement indisposer notre label parce que ses patrons ne parviennent pas à déterminer combien de nouveaux disques on va vendre ! Ils ne savent pas non plus ce qu’on va faire pour le prochain album. D’un point de vue commercial, ils détestent cette situation. Mais on n’est pas là pour faire du chiffre. Cela n’a jamais été notre ambition.

Soundgarden correspond-t-il à la vision que tu avais du groupe lorsque vous avez commencé à enregistrer, il y a 6 ans ?

KT : Pas tout à fait ; et c’est tant mieux. Et j’espère bien que dans six ans elle sera différente. En mieux, bien sûr…

(Article paru dans le n° 23 de mai 94 du magazine Mofo.)