Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Spirit

Two sides of a rainbow

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Spirit est né au cœur de ce bouillonnement musical qui a marqué la fin des sixties. Issue de Los Angeles, cette formation mêlait rock et jazz au sein d’une une atmosphère progressive et parfois psychédélique. Son leader était le jeune chanteur/guitariste Randy California. Plus tôt, il avait joué aux côtés de Jimi Hendrix chez Jimmy James & the Blue Flames. Randy était soutenu par son beau-père, Ed Cassidy, à la batterie et trois autres musiciens dont le pianiste John Locke.

Paru en 1968 chez CBS, le premier album recelait une longue plage majestueuse, intitulée  “Mechanical world”. Il était éponyme. Leur style va ensuite évoluer vers un format rigoureusement plus rock, à l’instar des œuvres suivantes, “The family that plays together”, “Clear” et “The twelve dreams of Dr Sardonicus”. Au fil du temps, la formation va subir de nombreux changements de line up, mais retrouver régulièrement les mêmes collaborateurs à des moments différents.

Mars 1978, le band est à l’affiche du Rainbow Theatre de Londres, alors que nous sommes en pleine explosion du punk! En supporting act, se produit un groupe débutant : The Police. Spirit est alors réduit à un trio, impliquant trois musiciens assez extraordinaires : California, Cassidy derrière les fûts et le bassiste Larry ‘Fuzzy’ Kinght (NDR : ce dernier est toujours leader de son Blinddog Smokin’ Blues Revue aujourd’hui). Le concert avait été enregistré pour permettre la publication d’un elpee live, “Live Spirit”, l’année suivante. Mais ce disque avait subi différents reliftages avant d’être commercialisé : remixages et ajouts de prises de guitare étaient censés pallier les défauts de prise de son.

“Two sides of a rainbow” est double. Et il provient de bandes retrouvées et retravaillées par Mick Skidmore. Des bandes directement prises sur la table de mixage. Elles sont immortalisées sur le premier disque.

Les rappels (d’une durée de 35’) figurent en début du deuxième cd. Ils sont suivis par le même concert consacré à “Live Spirit”, mais avec un son différent. Ce qui explique le titre de cet opus, “Two sides on a rainbow”! Un set fabuleux au cours duquel le trio était au sommet de son art. C’est vrai, la prise de son n’est pas vraiment terrible, mais cette œuvre devrait ravir les fans. Elle recèle en outre, les deux hits single, “I got the line on you” et “1984”, trois titres extraits de leur célèbre elpee, “Dr Sardonicus” dont le superbe “Nature’s way” ainsi qu’un inédit particulièrement dynamique, enregistré en studio, “Looking down from a mountain”. Sans oublier les reprises qui faisaient la richesse des concerts : “Like a rolling Stone” de Dylan, “Hey Joe” interprété en forme de clin d’œil adressé à Hendrix ; et, en rappel, “All along the watchtower” (toujours du Zim), ainsi que “Stone free” et “Wild thing”, adaptés à la manière du dieu Jimi. Bref, tout en saluant le travail opéré par Mr Skidmore, il faut reconnaître que celui que Randy California avait réalisé sur la mouture originale de “Live spirit”, était bien meilleur. Il ne pourra malheureusement plus donner son avis à ce sujet, puisqu’il a disparu, emporté par les flots de l’océan Pacifique, au large des îles Hawaï, en janvier 1997. Il avait 45 ans. Son corps n’a jamais été retrouvé. Le rock venait de perdre un de ses plus grands guitaristes…

 

Spiritual Beggars

Return To Zero

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Cinq ans sans nouvelles des Spiritual Beggars (NDR : « Demons », le dernier album studio, est sorti en 2005) : le temps commençait à se faire long. Il faut dire que les musiciens du groupe suédois sont tous très occupés, sur d’autres projets. Michael Amott (Guitare) et son Arch Enemy tournent depuis plus de deux ans ; en outre, il a aussi passé du temps pour réactiver la carrière de son premier amour extrême : Carcass. Lorsqu’il n’accompagne pas Leif Edling (Candlemass) et Krux, Per Wiberg (Orgue Hammond) se charge d’affiner le son d’Opeth. Sharlee D’angelo, le mercenaire de la basse, milite chez Arch Enemy et Witchery depuis que Mercyful Fate est en ‘stand-by’. Ludwig Witt, a siégé derrière les fûts pour les blacks métalleux suédois de Shining, tout en flagellant les peaux du combo classic rock Firebird. Quant à JB (Vocaux), il a décidé d’abandonner définitivement le navire pour se consacrer uniquement à Grand Magus, son groupe principal. Son remplaçant, Apollo Papathanasio, mi-grec/mi-suédois est issu du combo métal hellénique Firewind. Celui-ci est décidément un vivier de talents puisque que Gus G, le nouveaux six-cordiste d’Ozzy Osbourne, y a opéré ses premiers pas. 

Prévu pour fin août 2010, « Return To Zero » sera le septième opus des Spiritual Beggars. Petit à petit, Amott et ses sbires continuent de transformer leur chenille en en merveilleux papillon. Au rock/métal stoner des débuts se substitue désormais un classic hard rock sublime qui fleure bon les seventies.

Le brassage tendancieux de l’orgue Hammond de Per Wiberg et des soli dantesques de Michael Amott évoque les joutes célèbres de deux autres duellistes : Jon Lord et Ritchie Blackmore. Cette impression d’assister au retour du Deep Purple Mark III, ou même de Whitesnake et Rainbow est encore accentuée par le timbre de voix d’Apollo Papathanasio qui rappelle tour à tour David Coverdale, Ronnie James Dio et Graham Bonnet. De leurs débuts stoner, les ‘Mendiants Spirituels’ ont toutefois gardé le sens du riff pachydermique inspiré de l’œuvre du grand Tony Iommi. Si Purple et Sabbath constituent manifestement les influences principales du groupe, il semble aussi évident qu’UFO et surtout Michael Schenker aient laissé une marque indélébile sur la patte ‘guitaristique’ de Michael Amott. Le titre « Concrete Horizon », pourrait d’ailleurs avoir été extrait de la discographie solo du génial six-cordiste allemand.

Comme c’était déjà le cas pour « On Fire » (2002) et « Demons » (2005), « Return To Zero » a été produit par Michel Amott en collaboration avec Rickard Bengtsson (Armaggedon, Last Tribe, Tristitia, Arch Enemy). La version digipack limitée inclura une reprise du classique « Time To Live » d’Uriah Heep.

Comme le bon vin, les Spiritual Beggars s’améliorent au fil de l’âge. Ces musiciens, presque tous issus des milieux les plus extrêmes du métal, sont parvenus à capturer l’essence du rock des seventies et la restituent tout au long d’un opus qui fait déjà office de futur classique du groupe.

 

The Spirit That Guides Us

We Are Under Reconstruction Part 1.

Les décharges d’électricité peuvent s’avérer amères ; car elles contiennent tout le sel de la vie, même s’il pique aux yeux et gratte l’épiderme. Quand il y en a trop dans l’eau, on flotte à la surface : plus c’est salé, moins on risque de couler… C’est là toute la contradiction, et on peut l’appliquer parfois aux sentiments humains. C’est souvent quand on souffre qu’on se rend compte de l’importance de l’existence. En musique c’est pareil, et on appelle ça de l’EMO : de l’émotion, des illusions perdues, passées au crible du rock le plus criard. Blood Brothers, Fugazi, Appleseed Cast, voire De Portables, et bien sûr les Hollandais de The Spirit That Guide Us, dont c’est ici la première compile. Il ne s’agit pas d’un best of, mais d’une compilation de remixes, d’inédits (trois nouveaux titres d’excellente facture), de live et de faces B. Aucun morceau de leurs deux albums (« The Sand, The Barrier », « North & South ») n’y figurent, au contraire de ceux de leurs divers EP’s… L’objet ravira donc les fans qui ne possèdent que leurs deux longs formats, et servira aux autres de parfaite mise en bouche. A condition d’aimer les guitares qui crissent, les chœurs qui éructent et les montées d’acné. Suivez le guide ! (celui à la casquette et aux Converse)

The Spirit That Guides Us

North And South

L’ennemi du rock’n’roll est sans aucun doute l’embonpoint du " 1, 2, 3, 4 ", la pose juvénile, l’adrénaline sans contrepoids mélodique… Parce qu’il ne faut pas confondre application et talent, compétences et sérieux. Cette recette, The Spirit That Guides Us la bien comprise ; et en concoctant " North And South ", évitent tout malentendu : le rock est une histoire d’élégance et de hargne, d’équilibre précaire entre fougue et justesse. En vertu de ce constat, ces Hollandais viennent de signer un grand album de rock sensible et fiévreux, à ranger entre les disques d’At The Drive-In et Q And Not U, Blood Brothers et… Nada Surf. Sans cesse sur le fil du rasoir, les chansons de Spirit That Guides Us impressionnent par leur sophistication, tout en paraissant d’une incroyable évidence : la marque des grands. Il n’y a rien à jeter sur ce disque, qui contient même des tubes (" El Salvador ", " Making Beds In A Burning House ", " Concertine Crash ", " Accelerator ",…). Gueuler, rire, pleurer : on peut y aller franchement en écoutant " North And South ". C’est de l’émotion pure… Et c’est ce qui nous guide, envers et contre tout.

The Spirit That Guides Us

24 winters

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Joyeux maxi foutoir que voilà. A la jonction du hardcore, de l'émo, du rock et de la soupe radiophonique. Si, c'est possible ! La question se pose : tous les mélanges sont-ils heureux ? Dans le cas présent la réponse fuse : non. Et c'est bien dommage. Vraiment ! Pourquoi ? A cause des chanteurs. Remède ? Il faut en virer un des deux. Oui, mais lequel : celui qui hurle comme un forcené ou celui qui chantonne comme Bon Jovi ? Selon les affinités, le choix sera vite fait. Pourtant, les parties les plus dures sont remarquables d'intensité. Tout est à l'avenant. Mais putain que font-ils à ce chanteur ? Incroyable ! Il est sûr qu'il ne fera pas de vieilles cordes vocales. Le band derrière assume comme un seul homme. Noise, émo-hard-core, tout passe à la moulinette. Mais ne me faites pas croire qu'il n'y a qu'un seul band sur ce maxi. Devraient opter pour un split.

 

Aloha Spirit

Aloha Spirit

‘Aloha’ : bienvenue en hawaïen. Sortez les colliers à fleurs et les planches de surf, voici un groupe de skate-pop français fan d'" Alerte à Malibu ", de Blink 182 et d'Everclear, rêvant des plages de Californie, de ses belles grosses vagues et de ses blondes siliconées. En direct de Carcassonne, Aloha Spirit nous refait donc le plan du groupe de punk-rock sympa et frimeur, le sable entre les orteils et les lunettes Oakley sur le front pelé par le sel de mer. Sauf que Carcassonne, c'est pas San Francisco : on y mange avant tout du saucisson. Les franchouillards d'Aloha Spirit s'improvisent dès lors comme ils peuvent en groupe de maîtres nageurs punks sous influence américaine, à défaut d'autre chose. Et pour bien marquer leur appartenance au terroir, les trois gaillards (ex-Hot Wax) chantent en français, des histoires de vagues, de filles et d'aliens - forcément. Parfois, l'anglais pointe son nez, l'accent du Sud de la France en supplément : c'est touchant, rarement pertinent. La nuit, ces gars-là rêvent sans doute de Pamela Anderson. Pas de bol : elle se fait Kid Rock. C'est qu'le gros rap heavy metal de Floride, ça paie cash, au moins.

Spiritualized

Let it come down

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Seul maître à bord depuis qu'il a viré Mike Money, Damon Reece et Sean Cook (NDR : ils ont fondé depuis Lupine Howl), Jason Pierce a entièrement écrit et co-produit le nouvel opus de Spiritualized. Un disque pour lequel il a reçu le concours d'une bonne centaine de musiciens, dont des choristes gospel et un orchestre symphonique. Excusez du peu ! Sans oublier les arrangements panoramiques (NDR : ça rime !). Ce qui donne une envergure particulièrement vertigineuse, majestueuse, aux onze fragments de ce " Let it come down ". Et s'il subsiste l'une ou l'autre envolée torturée, hallucinatoire, pour ne pas dire psychédélique, elles se fondent totalement dans l'expression sonore. Encore que le frénétique " The twelve steps " constitue l'exception qui confirme la règle. Peu ou pas d'artifices électroniques sur cette plaque, mais un perfectionnisme ambient qui, parfois, prend une forme filmique, voire cartoonesque. Pourtant, les mélodies manifestent un feeling fondamentalement pop. Des mélodies puissantes, limpides, contagieuses, qui valent leur pesant de rêve et de fascination. Un bien bel album !

 

Spiritual Beggars

Ad Astra

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Les membres de Spiritual Beggars ont fait de l'oeuvre de Deep Purple et Grand Funk Railroad une véritable religion, imposant une relecture heavy du hard seventies qui connaît aujourd'hui un renouveau à travers les mouvements ‘Stoner’. Mais le groupe de Michael Amott, ex Carcass, pousse le bouchon encore plus loin que les Fun Manchu et autre Kyuss. L'orgue Hammond tient une place considérable tout au long de ce digne successeur du déjà très prometteur "Mantra III". Le mellotron y est utilisé avec parcimonie sur certaines plages, et l'iconographie de la pochette n'est pas sans évoquer le graphisme et les symboles du mouvement psychédélique. Néanmoins, on sent chez Spiritual Beggars cette volonté d'aller de l'avant, tout en s'appuyant sur des racines délicieusement rétros, comme si ce voyage vers les étoiles (Ad Astra) constituait le chaînon manquant entre "In Rock" et "Superunknown". Une entreprise rondement menée!

 

Spiritualized

Pure Phase

Alors que la plupart des ensembles contemporains s'évertuent à contracter voire à écourter leur patronyme, Spiritualized a décidé de lui greffer deux appendices supplémentaires: Electric et Mainline. Ce qui à première vue ne change rien au style musical développé par la formation insulaire. Encore que curieusement sa popularité se soit mise à monter en flèche? Aux Iles Britanniques, bien sûr. Et à cause de cet album. Le deuxième du combo. Une œuvre déroutante, psychédélique dans le sens le plus visionnaire du terme. Une démarche qu'aurait probablement empruntée, un jour ou l'autre, le Floyd, si Waters n'avait pas dû remplacer Syd Barrett. Le décor planté, il ne vous reste plus qu'à vous laisser transporter pendant plus d'une heure dans ce monde futuriste. Dès les premiers accords, l'auditeur est totalement submergé par la tempête cosmique, agitée d'explosions spectrales, par cette texture luxuriante où cordes de guitare, tantôt en couches, chargées de feedback, circulaires, spasmodiques, tumultueuses ou distordues, se liquéfient dans l'espace interstellaire. Et puis, au fil du sillon, la solution épouse une forme plus languissante, presque relaxante, hypnotique. Sorte de carrousel qui tourne dans le vide, réverbérant des backing vocaux teintés de gospel et des lyrics dévotionnels murmurés, chuchotés, sur un lit de cuivres, de claviers mousseux ou de cordes symphoniques. Un superbe album!

 

Spiritualized

Etre indé, c’est la clef du succès

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Programmé en première partie de Depeche Mode, Spiritualized a vécu une situation étrange. La formation n’a pas été annoncée. Aussi, quand les lumières se sont éteintes, le public pensait voir arriver leurs chéris. Du coup, il ne voudra même pas entendre Spiritualized ! Une musique tellement éloignée du groupe-vedette qu’elle restera incomprise, et c’est bien dommage. Car finalement, malgré les conditions épouvantables, le concert sera superbe. Rencontre avec le leader, ex-Spacemen 3, Jason Pierce, peu de temps avant de monter sur les planches, pour leur deuxième soir, à Forest National.

Je voulais que Spiritualized soit la continuation de Spacemen 3, mais de façon différente. Le projet Spacemen 3 était devenu stérile, très intense mais d’une intensité stérile : il n’allait nulle part. Les concerts étaient de plus en plus prévisibles. Or, ce que j’aime dans les concerts, c’est l’imprévisible, justement. Communiquer des sensations très diverses dans un seul show. C’est la raison pour laquelle j’ai fondé Spiritualized.

Ce qui est assez étonnant, c’est que vous pouvez jouer des mêmes accords, très longtemps sans que la chanson devienne ennuyeuse, lui communiquant même un côté hypnotique…

C’est une question d’intensité à faire monter graduellement. A force de jouer la même chose pendant un certain temps, les gens peuvent entendre leurs propres sons, des choses qui leur appartiennent personnellement. C’est un peu comme regarder une image de télévision qui ne se focaliserait sur rien de précis. On finit par créer ses propres images. Dans notre musique, on présente des choses minimales, directes. Les gens finissent par y entendre des mélodies. Et si ce qu’on fait ressentir est bien, c’est que c’est bon.

Sur « Lazer Guided Melodies », les six premiers morceaux sont assez courts, les six autres plus longs…

Il y a clairement deux parties. Dans la première, les chansons sont plus classiques. Ce qu’on construit est toujours basé sur des chansons. Il ne suffit pas qu’il y ait un bon son, il faut d’abord une chanson. On fait avant tout du rock et pas, par exemple, de la musique industrielle.

Que retires-tu de l’expérience ‘Depeche Mode’

C’est très étrange de se produire devant 10 000 personnes qui te détestent. Si on avait su, on n’aurait pas accepté cette proposition. Ce soir on va jouer un set plus radical, tant qu’à faire. Une telle expérience représente tout le contraire de pourquoi on a envie de faire de la musique. Dans de telles circonstances, les compos peuvent prendre une nouvelle signification, une mauvaise signification. Une chanson comme « Smiles » est destinée à faire naître le sourire sur les visages de ceux qui l’écoutent alors qu’ici, c’est tout le contraire. C’est perçu comme si on disait ‘fuck’ au public ! On ne va pas continuer cette tournée très longtemps. Au début, on se disait ‘pourquoi pas’ ? Mais finalement, on ne voit pas très bien l’intérêt. C’est curieux, c’est comme si on était dans une bulle en plexiglas, dans un monde parallèle qui ne permette pas de rencontre avec celui du public.

Quand as-tu commencé à t’intéresser à la musique ?

Quand ? Je ne sais pas. Mais comment, oui. J’ai commencé à m’y intéresser vers 16-17 ans. Je suis devenu passionné par les groupes américains : les Stooges, les Cramps, Gun Club, Fleshtones… Quand j’ai commencé à jouer de la musique, je suppose que c’était assez proche de ces groupes ; et petit à petit, on a commencé à se forger un son qui nous était propre. Mais on n’a jamais essayé d’appartenir à la scène indépendante. Parce que la scène indé, c’est le ‘mainstream’. Tout le monde veut sonner comme un groupe indé, c’est la clef du succès. Depeche Mode est un groupe indé ! En Angleterre, des labels comme Virgin ou RCA distribuent des labels indépendants, car ils ne peuvent se faire passer comme tels.

N’y a-t-il pas un projet pour changer les charts indés en charts alternatifs ?

Mais comment va-t-on déterminer qui est alternatif ou qui ne l’est pas ? Et qui en a quelque chose à foutre ? La plupart des groupes veulent sonner comme le dernier groupe à succès. Certains ont besoin de réagir contre quelque chose. Pour nous, on s’en fout. Et puis je pense qu’il est très facile d’être avant-garde, bizarre. Il est plus difficile d’essayer de créer quelque chose de beau. Très facile de reproduire des sons à la mode, surtout si c’est pour masquer l’absence de mélodie. 3% de la dance-music et de la techno est intéressante, mais les 97% qui restent, c’est du déchet. On essaie de se cacher derrière un style de musique. C’est comme les groupes qui se complaisent dans le sous-My Bloody Valentine. Ils oublient que sous le bruit, les mélodies de My Bloody Valentine sont fortes. Chez eux, c’est créatif.

(Article paru dans le N° 14 de juin 1993 du magazine Mofo)