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Suzane

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Une soirée prometteuse s’annonce à l’Ancienne Belgique où Suzane se prépare à investir les planches. Devant l’entrée, la file s’étire : la date affiche complet depuis longtemps. L’artiste séduit la foule par une énergie constante, des prestations remarquées et des textes engagés.

Quand Suzane rejoint le podium, elle ne vient pas seulement chanter : elle entend témoigner, provoquer, parfois même apaiser. Figure libre de la nouvelle mouvance électro‑pop, elle se présente comme une ‘conteuse d’histoires vraies sur fond d’électro. Son écriture ciselée, ses mélodies efficaces et sa présence incisive structurent un spectacle où le visuel, le rythme et la tension s’entrelacent.

Originaire d’Avignon, Suzane — Océane Colom — se révèle dès 2020 sur son long playing « Toï Toï », certifié disque d’or, et impose un regard frontal sur le monde. « Caméo » (2022) confirme son ancrage sur les planches françaises. Lauréate de la Victoire de la Musique ‘Révélation scène’, en 2020, elle entretient un lien direct et instinctif avec le public : plus de 500 concerts lui ont forgé un territoire où les mots prennent corps, entre sueur, lumière et tension.

Son dernier opus, « Millénium » (26 septembre 2025), ouvre une nouvelle étape. Suzane y questionne la place de l’humain dans un univers ultra‑connecté, les fractures générationnelles et les silences imposés, proposant un disque dense, lucide et profondément ancré dans son époque.

Le supporting act revient à Lou Dassi, qui ouvre la soirée en affichant une élégance discrète.

Elle se présente d’emblée devant la salle : vingt ans, chanteuse‑autrice‑compositrice originaire de Gap. Sa musique baigne au sein d’une pop alternative intense, nourrie de textes à la fois désinvoltes et sincères. Elle explore l’amour, le doute, l’adolescence, la rupture ou encore la remise en question, et combine fragilité assumée et énergie vive pour transformer ce moment en partage authentique.

Révélée à seize ans dans ‘The Voice 11’, en 2022, Lou Dassi rejoint les planches en solitaire pour un set d’une trentaine de minutes. Aucun combo, aucun décor : une table, un ordinateur, un micro, une jupette noire et des bottes hautes. Cette configuration volontairement dépouillée ne lui offre aucune zone de repli — un choix qui, paradoxalement, renforce son interprétation.

Quelques faux départs et quelques hésitations techniques surviennent çà et là, mais elle désamorce chaque accroc grâce à une autodérision naturelle et une réplique spontanée. Elle commente ses maladresses, en sourit, et entraîne la fosse dans ce rapport direct. L’échange demeure simple, franc, immédiat.

C’est la première fois qu’elle se produit au plat pays, et cette entrée en matière s’inscrit sous le signe de la sincérité et de la proximité (Page ‘Artiste' ici). 

Place maintenant à la tête d’affiche.

Le décor et la scénographie restent sobres mais judicieux : une estrade à deux niveaux occupe toute la largeur du podium, perchée à deux mètres cinquante. Sur sa face avant, des rampes de LED longent la structure, tandis qu’un écran monumental couvre l’arrière‑plan. L’espace laissé en contrebas suffira pour que Suzane et ses quatre danseuses circulent aisément. Aucun musicien n’apparaîtra : l’accompagnement sonore sera diffusé sur bandes, comme lors de son précédent passage dans la salle, il y a trois ans.

À 20 h 50, les lumières s’éteignent. Quatre silhouettes apparaissent en ombres chinoises, perruques vissées, corps déjà en tension. Quelques secondes passent sans qu’on puisse distinguer l’artiste de ses danseuses. Puis Suzane surgit sur le palier supérieur de l’estrade, comme si elle prenait d’emblée position avant l’affrontement.

Très rapidement, elle s’adresse à l’auditoire, évoque son absence prolongée, remercie le public et souligne la présence importante de son producteur, Valentin Marlin. Les premiers titres révélés — « Marche ou rêve », « Je t’accuse », « Lendemain de fête » — annoncent le ton : puissance, urgence, mais aussi nuances et vulnérabilité. « Je t’accuse » surgit du silence et aborde frontalement violences sexuelles et luttes individuelles, un cri qu’elle universalise.

Au fil du premier tiers du set, Suzane déploie ses thèmes majeurs : regard des autres, pression sociale, difficulté d’exister hors des normes. Les gestes oscillent entre brusquerie et retenue, comme pris dans des contraintes invisibles. La salle suit attentivement. Musicalement, l’électro‑pop reste l’axe central, ponctuée d’incursions dans la variété française et d’arrangements ancrés dans le présent tout en cultivant une certaine exigence dans l’écriture et le son.

Pour « Champagne », une table est installée au centre du podium. Entourée de ses choristes, Suzane grimpe sur la surface et déclenche son MPD. La scène ne verse jamais dans le léger ou le gratuit : la satire sociale se révèle mordante.

Rien d’inutile ici. Chaque élément répond à une intention précise. Le corps domine l’ensemble, non pour illustrer les titres, mais pour les transmettre par un langage chorégraphique omniprésent. Les mouvements évoquent tour à tour le combat, la résistance et la discipline. Suzane en connaît la portée et l’assume. Elle n’avance pas pour séduire, mais pour affirmer une position.

Sur « SLT », la tension militante s’accentue. La mise en image se réduit à l’essentiel : une danseuse filme le tableau en direct ; l’image, retransmise en noir et blanc sur l’écran géant, crée un contraste brut. L’auditoire se tait. Le propos reste frontal, sans atténuation possible. Suzane expose, insiste et transforme ce moment en espace de témoignage collectif.

« P’tit gars » commence a cappella. Le morceau évoque le rejet familial, l’homophobie ordinaire, la violence des mots. Certaines phrases serrent la gorge, d’autres apportent un souffle. À la fin, Suzane saisit un drapeau LGBTQIA+ tendu depuis la fosse et le lève. Le geste, simple mais assumé, prolonge la vulnérabilité du titre en soutien manifeste.

Plus tard, « Millénium » esquisse le portrait d’une génération lucide, fatiguée, prise entre crises économiques, urgence écologique et perte de repères. Puis revient « Je t’accuse », dans un moment charnière : derrière elle, des chiffres relatifs aux violences sexistes et sexuelles s’affichent. Le morceau devient une accusation adressée non à un individu, mais à un système défaillant. Le poing levé, micro tendu, elle se transforme en porte‑voix déterminé. « Humanoïde » s’attaque ensuite à un monde algorithmique qui érode l’humain. « Lendemain de fête » clôt le set sur un appel simple : agir, aimer, vivre avant qu’il ne soit trop tard.

Au rappel, « Suzane » referme la boucle. L’artiste y retrace son parcours, ses doutes, ses critiques, sa crainte de ne pas entrer ‘dans le bon format’.

Une conclusion qui, sans artifices, laisse des éclats dans les yeux et rappelle combien Suzane vit le moment comme un terrain de lutte et de présence.

Setlist : « Mouvement », « Dégaine », « Marche ou rêve », « Un sens à tout ça », « Champagne », « L'insatisfait », « Virile », « Au grand jour », « SLT », « Plus que moi », « T’as raté », « P'tit gars », « Millénium », « Je t’accuse », « À la vie », « Humanoïdes », « Lendemain de fête ».

Rappel : « Suzane »

(Organisation : Live Nation)

Suzane

Suzane dénonce les violences sexuelles et sexistes…

Écrit par

Suzane dévoile « Je t’accuse », un titre puissant et engagé qui dénonce les violences sexuelles et sexistes (VSS), l'inaction de la société et les failles du système judiciaire qui laissent trop souvent ces crimes impunis. Entre 2012 et 2021, 86 % des plaintes pour violences sexuelles et 94 % des plaintes pour viol ont été classées sans suite (selon une note de l'Institut des politiques publiques (IPP), parue le 3 avril 2024). Les violences sexuelles sont principalement considérées comme insuffisamment caractérisées par le parquet et sont classées faute de preuves.

Le titre s'accompagne d'un clip réalisé par Andréa Bescond (Les Chatouilles) qui réunit des victimes de VSS (connues ou anonymes) et des militants. Parmi elles figurent : Muriel Robin, Catherine Ringer, Charlotte Arnould, Caroline Darian (fille de Gisèle Pélicot), les membres du collectif Ohrage et La Fondation des Femmes (représentée par Sandra NKaké).

« Je t’accuse » est un cri de ralliement. Un appel à se lever et à se battre pour une prise de conscience collective.

Suzane sera en concert le 7 février 2026 à l'Ancienne Belgique (Bruxelles). Plus d’infos, ici

Le clip de « Je t’accuse » est disponible

 

 

Suzane

Sous les couleurs de l’arc-en-ciel…

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Suzane vient de se produire à l’Olympia de Paris, devant une salle comble. Elle a littéralement retourné le site de l’abbaye de Floreffe, dans le cadre du festival Esperanzah, cet été ; et elle avait fait forte impression, lors de l’édition 2020 des Nuits Botanique, sous une pluie battante. Ce soir elle est de retour en Belgique, et à Bruxelles, dans la grande salle de l’Ancienne adaptée en Ballroom. Les 800 tickets prévus pour ce spectacle ont été vendus. Donc, il est sold out.

Océane Colom aka Suzane est née le 29 décembre 1990 à Avignon. Auteur, compositrice et interprète, c’est un électron libre de la nouvelle chanson française. Elle se définit elle-même comme une conteuse d'histoires vraies sur fond électro. A son actif deux albums : « Toï Toï », paru en 2020 et « Caméo », début de ce mois de novembre. Lors de Victoires de la musique 2020, elle a décroché celle de la révélation scène, il y a deux ans.

La première partie est assurée par Kalika. Également originaire d’Avignon, elle a publié son premier elpee, « Latcho drom », en mars dernier. Son patronyme est inspiré de ‘Sara-la-Kali’, sainte vénérée par la communauté des gitans des Saintes-Maries-de-la-Mer, mais également de la déesse indienne de la destruction et de la reconstruction. Elle a d’ailleurs été élevée dans la communauté des gens du voyage. Kalika leur est reconnaissante.

Elle dépeint ses émotions et défend ses propos dans des titres créés à partir du quotidien. Des morceaux à scander tels des véritables hymnes en concert, sur un ton souvent décalé. Ses paroles crues et provocantes racontent les histoires tumultueuses d'amour et de sexe d'une jeune féministe de 22 ans. Si elle n’a aucun tabou, ses textes sont à prendre au second degré.

En ‘live’, elle est soutenue par son compagnon aux synthés, aux machines, à la guitare et à la caisse claire.

« Chaudasse » dénonce le ‘slut-shamming’, un concept américano-canadien qui consiste à stigmatiser, culpabiliser ou disqualifier toute femme dont l'attitude ou l'aspect physique serait jugé provocant ou trop ouvertement sexuel ou qui cherche à se faire avorter. Des thèmes bien dans l’air du temps.

Déterminée, Kalika exprime sans détour son désir sexuel pour un homme dans « Olala ». Elle parle de ses émotions, ses pulsions, ses désirs propres, le tout sans retenue. Cette Catherine Ringer des temps modernes possède le regard crépitant de rage mais son sourire barre son doux visage.

Le flamboyant « Dinosaure » retrace l’histoire personnelle d’une de ses fans à l’égard d’un père rigoureux. Elle interprète ce morceau, uniquement en mode piano/voix.  

Kalika a bien joué son rôle de supporting act…

Setlist : « Intro », « Kalika Gang », « Olala », « Chaudasse », « Réveille-Toi », « Dinosaure », « L'Eté Est Mort », « Latcho Drom », « Tu Fais La Gueule », « La Dispute »

On entend Suzane déclamer un texte. Le rideau tombe et chaleureusement applaudie, elle débarque sous les applaudissements pour entamer le particulièrement « Génération désenchantée » (NDR : non ce n’est pas la reprise d’une chanson de Mylène Farmer !)

Le podium est surélevé sur les ¾ de sa surface, d’une estrade. Suzane est vêtue d’un pantacourt et d’un body de couleur noire, le tout recouvert d’un voile transparent de la même teinte.

Si elle n’est pas soutenue par des musicos en ‘live’, elle bénéficie d’une fameuse équipe technique qui se charge de la bande son, des lumières et de la projection de vidéos, sur un grand écran planté en arrière-plan. On va y découvrir des clips consacrés à ses chansons, des doublures de silhouettes de l’artiste quand il n’est pas inondé de lumières qui changent alors constamment de couleur. Et pourtant, ce team demeure discret. Un light show très susceptible d’aveugler la foule ou de se focaliser sur une Suzane en perpétuelle évolution, changeant de couleur au gré des beats et des sonorités électro dispensées.

Dès le premier titre, « Suzane », l’ambiance est déjà brûlante dans la fosse. « Et Toi Ça Va » relate le compte-rendu de ses apéros entre copines.

Suzanne s'aventure sur des rythmes plus dansants, parfois franchement festifs, un climat illustré par le single « Belladonna », tout en laissant la part belle aux paroles empreintes de réflexions sociétales, qui caractérisent son répertorie depuis ses débuts.

Lors de la chanson « « Pendant 24 H », Fabien Marsaud aka Grand Corps Malade apparaît sur l’écran, sa béquille à la main droite. S’ensuit un duo virtuel impressionnant. A l’issue du morceau on a droit à près de 10’ de ‘standing ovation’. Elle n’en oublie pas les compostions de son premier elpee, et tout particulièrement « L’Appart Vide », « SLT » et « Il Est Où Le SAV ? ». Pour ce dernier morceau, au cours duquel des images de désastres climatiques et de pauvreté défilent, un grand brun au cheveux bouclés déboule du backstage armé d’une gratte électrique : Témé Tam. Le tandem va alors mettre le souk, entrainant à nouveau, 10’ d’applaudissements. Et lorsqu’elle est émue, l’artiste nous renvoie alors des cœurs formés avec ses mains.

Le spectacle est vivant, les mots sont d'actualité, le son est excellent, mais un peu froid. Le public est jeune et même très jeune. Suzane chante son époque avec une énergie fédératrice et émouvante à souhait. Des titres immédiats, des thèmes universels et engagés.

« Krishna » raconte l’histoire de la restauratrice parisienne qui avait engagé Suzane, comme serveuse. Elle signale qu’elle lui a permis d’écrire les morceaux de son premier opus et cette chanson lui est dédiée. Bel hommage ! Adoptant la position de la déesse à plusieurs bras, elle nous parle du déracinement des populations migrantes et enchaîne par « 90 », une ode à la nostalgie de l'enfance.

« Clit Is Good » est un manifeste en faveur du plaisir (solitaire) féminin. « P'tit Gars » évoque la chronique glaçante d'un coming-out difficile. L'homosexualité est toujours présente dans l’album « Caméo », avec une différence de taille : cette fois, il ne s'agit plus d'un sujet. Car les quelques chansons d'amour de l'album sont simplement genrées au féminin. Comme une volonté, après avoir raconté, de normaliser. Deux drapeaux aux couleurs « LGPT » sont levés et un autre aux mêmes couleurs est lancé à Suzane qui l’embrasse. Le public est chaud et applaudit à tout rompre, alors que Suzane lâche quelques larmes. Le set s’achève par « Un Ticket Pour La Lune », sous un univers étoilé, tandis que sur l’écran apparait la voie lactée et la lune. Un ‘Happy Birthday’ sera même entonné pour fêter l’anniversaire de la tour manager qui débraque brièvement sur les planches.

(Organisation : Live Nation)