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Suzanne Vega

Un set empreint de délicatesse et de fraîcheur…

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Quand on évoque Suzanne Vega, on pense immédiatement à ses deux tubes, « Tom’s Dinner » et « Luka ». Pourtant, cette auteure-compositrice-interprète américaine compte 9 albums studio à son actif, dont son dernier « Lover, Beloved: Songs from an Evening With Carson McCullers », est paru l’an dernier. Responsable de chansons introspectives, parfois autobiographiques, elle reconnaît pour influences majeures, Lou Reed, Bob Dylan et Leonard Cohen. Ce qui explique pourquoi, quoique fondamentalement folk, ses compos adoptent volontiers, un profil expérimental. Pour accueillir la Californienne (NDR : établie depuis quelques années à New York, quand même), l’AB est en mode semi flex. Mais c’est sold out !

Le supporting act est assuré Emil Landman, un Néerlandais originaire d’Utrecht. Agé de 28 ans, c’est la première fois qu’il foule les planches de l’Ancienne Belgique. A son actif, deux elpees, « Colours And Their Things » paru en 2012 et « An Unexpected View », en 2014. Ce soir, il se produit en solitaire, armé de sa seule gratte semi-acoustique. Ses chansons sont sculptées dans un folk tendre et, ma foi, classique. En outre, il pince ses cordes avec énormément de subtilité.

Son set est de bonne facture, mais pas assez énergique à mon goût. Le nerveux « Need To Feel Loved » démontre cependant que si l’artiste était soutenu par un backing group, son répertoire prendrait une autre dimension. Tout au long de la vidéo d’« All Thats In Front Of Us », sa gratte sonne comme une pedal steel. Ce n’est pas le cas ce soir, elle adopte des tonalités davantage métalliques. Le Batave est interactif avec le public et attire toute sa sympathie. Il faut cependant attendre « Goodnight New Orleans » pour que l’ambiance décolle véritablement. Emil a énorme potentiel et pourrait recueillir un franc succès…mais à la tête d’une véritable formation…

Après une demi-heure d’attente, place à la tête d’affiche. Sur le podium, on remarque l’absence de drums. Seules trois grattes traînent à gauche de l’estrade. Le set devrait être essentiellement acoustique. Les lumières s’éteignent. Une voix caverneuse réverbère dans les haut-parleurs ‘From New York City, please welcome, Suzanne Vega’. Bien que vêtue de noir, elle est souriante. Et malgré ses 60 balais, elle affiche une beauté naturelle. Elle est soutenue par son fidèle guitariste, Gerry Leonard. Et à la gratte électrique, il est balaise. Suzanne alterne entre acoustique et semi-acoustique. Le concert va nous proposer de larges extraits du dernier long playing,  « Lover, Beloved : Songs From An Evening With Carson McCullers ». Suzanne a d’ailleurs écrit une pièce de théâtre s’inspirant de feu la romancière américaine, à qui elle voue un véritable culte. Et il s‘ouvre par « Fat Man & Dancing Girl ». Gerry électrifie généreusement « Marlene On The Wall ». La voix de Suzanne est toujours aussi candide. « Caramel » a un goût de sucré/salé. Suzanne sort de sa poche un chapeau haut-de-forme et le pose sur sa tête. Ce qui déclenche l’hilarité au sein de l’auditoire. Elle dialogue beaucoup avec ce public et en profite pour balancer l’une ou l’autre vanne. Et elle nous rappelle qu’elle a aussi un talent d’actrice, à travers « New York Is My Destination » et « Harper Lee ».

Il y a déjà 30 ans que l’album « Solitude Standing » est paru (NDR : « 99.9F° » remonte à un quart de siècle ; et ces deux elpees, elle reviendra les interpréter dans leur intégralité, cette année, lors d’une tournée électrique). C’est celui sur lequel figure les incontournables « Luka » et « Tom's Diner ». Le premier est littéralement hanté par la voix de Vega, le second boosté par des riffs électriques dispensés par son partenaire. D’ailleurs, les deux artistes semblent plutôt complices et prendre du plaisir sur les planches. Et avant d’attaquer « I Never Wear White », elle confesse… adorer le noir (NDR : Arno aurait ajouté, pour sortir le soir…), une chanson très appréciée par la foule. 

Lors du premier rappel, le duo nous réserve un « Carson's Last Supper » dépouillé. A cours duquel, Gerry se consacre également au chant. Enfin !

Et lors du second rappel, on aura encore droit à « Rosemary », un morceau à la fois sucré et atmosphérique. Suzanne Vega est une artiste attachante. Et on prend toujours autant de plaisir à la revoir sur les planches. Que ce soit en set électrique ou comme aujourd’hui, essentiellement acoustique, car empreint de délicatesse et de fraîcheur…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Suzanne Vega

Close Up – Vol 2 – People & Places

Écrit par

Suzanne Vega, c’est 25 ans de carrière, 7 millions d’albums vendus et 7 nominations aux Grammy Awards. L’Américaine s’est imposée comme l’une des plus grandes songwriters de sa génération et une inspiration pour beaucoup de musiciens.

Née à Santa Monica, en Californie, le 11 juillet 1959, Suzanne Vega grandit dans un quartier défavorisé de New York. Très tôt, elle commence à embellir son quotidien en écrivant des poèmes, puis des chansons. Elle apprend également à jouer de la guitare, et se construit une solide culture musicale, en écoutant de vieux disques de folk, de jazz ou encore de bossa nova. Le soir, après ses études, elle joue dans des petites salles de Greenwich Village et commence à se faire connaître. Son style très traditionnel, inspiré de grands noms de la musique comme Bob Dylan, Leonard Cohen, les Beatles et Lou Reed, séduit le public mais ne convainc pas les producteurs. Il lui faudra persévérer jusqu'en 1985 pour sortir enfin un premier album éponyme. Deux ans plus tard, « Solitude Standing » la révèle au monde entier. Il recèle des tubes comme « Tom' s Dinner » ou « Luka », qui aborde le thème de l'enfance maltraitée. L'opus suivant, « Days of Open », est plus expérimental et rencontre un accueil mitigé, vite effacé par la rythmique contemporaine de « 99, 9 Degrees Fahrenheit », produit par son époux Mitchell Froom. Leur divorce sera d'ailleurs le thème principal de « Songs in Red and Gray », paru en 2001.

Dès lors, Suzanne Vega se repose sur une gloire assurée. Mais après cinq ans d’absence volontaire, entrecoupée de la sortie d’un best of en 2003, « Retrospective », elle décide de sortir de son mutisme pour nous proposer son dernier album studio en date « Beauty and Crimes ».

La Newyorkaise qui a collaboré avec, entre autres, Léonard Cohen, revient ainsi pour une série de 4 albums qui compileront quelques uns de ses plus grands succès comme ses plus belles perles rares revisitées en acoustique minimalement folk...

« Close Up » en est le second volume. Le premier tome de ses mémoires « Close up volume 1 - Love songs »,  compilation mielleuse et mélancolique était sorti en juin dernier.

Pour les fans uniquement.

Suzanne Vega

Songs in red and gray

Écrit par

Mitchell Froom n'a pas produit le nouvel album de Suzane Vega. Normal, puisque le couple s'est séparé. Une rupture qui marque aussi la fin d'une aventure artistique qui lui avait permis d'enregistrer deux albums plus électriques, ouverts à des sons plus urbains, latins, symphoniques ou dansants : " 99.9F° " et " Nine objects of desire ". La New-Yorkaise s'est donc tournée vers Rupert Hine pour le remplacer ; pas comme mari, mais comme producteur. Mieux connu pour avoir apporté sa collaboration aux œuvres de formations de prog rock (Caravan, Camel) ou de variété anglo-saxonne. Cependant, Rupert s'est simplement contenté de mettre en forme ce " Song in red and gray ". Un disque dont les chansons renouent avec le folk intimiste, traditionnel, des deux premiers elpees de Suzane. Elle accompagne ainsi simplement sa voix cristalline, délicate, de sa ‘six cordes’ acoustique et de quelques accès de basse veloutés ou d'arrangements subtils. Et comme le charme des refrains opère instantanément, on se laisse aisément bercer par une forme de douce mélancolie…

 

Suzanne Vega

La Reine des Pommes

Écrit par

Menue, un peu boulotte, Suzanne nous reçoit aujourd’hui coiffée en chignon. Des cheveux abricot, une peau de pêche, des baies dans les yeux, un joli fruit défendu. Le serpent persifleur qui la rencontre lui sucerait bien la pomme. On doute qu'elle se laisse faire. La petite fille malheureuse s’est muée en petit bout de femme volontaire et épanouie. Entre une gamine prénommée Ruby et un mari, binoclard et producteur, qui a bouleversé sa musique et changé sa vie (ou le contraire ?), elle sait comment la vie croquer.

- La pochette de l’album, c'est un hommage à Magritte ou aux Beatles ?

Aucun des deux. Pour cette photo, j'avais dans l'idée d'utiliser des prunes, mes fruits favoris. Comme ce n'était pas la saison, je me suis rabattue sur les pommes... c'est ce qui explique le choix artistique. Lorsque j'ai vu les photos, elles m’ont rappelé l'objet de désir original qu'on retrouve dans la bible, la tentation d'Adam et Eve. Ce n'était pas prémédité.

- Pourquoi ce chiffre, 9 ?

Une coïncidence. C'est la somme des objets de désir répertoriés sur cet album.

- Vous avez déclaré que le dernier elpee à avoir pénétré votre univers est celui des Breeders. Pouvez-vous vous imaginer enregistrer un duo en compagnie de Kim Deal ?

Je peux imaginer que nous fassions quelque chose ensemble mais je ne sais pas si ce serait un duo. En fait, elle travaille un peu avec Mitchell (Froom, le mari producteur de Suzanne). Elle passe donc de temps à autre à la maison sans qu'on ne se soit jamais vraiment parlé. Ce que j'aime chez elle, c'est la façon dont elle joue de la guitare. ll me semble qu'elle a l'esprit d'équipe. Elle est disposée à jouer les seconds couteaux et ne sent pas obligée de se mettre tout le temps en avant. Elle sait, me semble-t-il, être un catalyseur, celle qui fait en sorte que des choses se passent.

- Vous voyez John Cale assez souvent ainsi qu’Elvis Costello lorsqu'il vient à New-York. Qu'ont en commun un Anglais, un Gallois et une New-Yorkaise, si ce n'est la langue ?

Spécialement en ce qui concerne Elvis Costello, qui a une façon très intelligente d'utiliser les mots, de jouer et de blaguer avec eux. C'est quelque chose qui m'attire chez lui. Ce qui me plaît chez John Cale, c'est le lyrisme de sa musique, la noirceur de ses textes et son toucher au piano, cette sensibilité classique qui m'est tout à fait étrangère.

- La situation d'une femme dans le monde de la musique a-t-elle changé ces dernières années ?

Je crois que ça va mieux. C'est difficile pour pas mal de femmes. Mais pas pour Alanis Morissette qui a vendu 13 millions d'albums rien qu'aux États-Unis. Aujourd'hui, si un problème surgit, c'est souvent à cause des paroles, parce qu'on n'a pas envie d'entendre ce à propos de quoi vous écrivez ou que ce que vous faites n'est pas assez bruyant. Mais ce sont là des problèmes universels qui ne sont pas spécifiques aux femmes.

PAS DE NOSTALGIE

- Pensez-vous qu'avoir vécu une enfance malheureuse permet de se sentir plus heureux une fois qu'on est adulte ?

(Elle rit) Oui Parce que vous n'avez rien à perdre. En ce qui me concerne, plus j'avance, plus je me sens heureuse, je n'ai jamais eu la nostalgie de mon enfance, jamais voulu être plus jeune ou même regretté ce que j'étais il y a 10 ans. Je ne passe pas mon temps à me souvenir mais plutôt à réfléchir au futur et au présent. J'ai des souvenirs, mais je ne souhaite pas retourner en arrière ou vivre dans le passé. Il n'existe personne au monde que j'envie. Je fais la musique qui me plaît aujourd’hui.

-  Vous vous décrivez comme une fille urbaine amoureuse de sa ville, New-York. Vous auriez aimé jouer dans les films de Paul Auster, comme ‘Smoke’ et ‘Blue in the Face’ ?

J'en ai entendu parler mais je ne les ai pas vus. Et je n'ai pas lu ses livres non plus. J'ai raté une grande partie des événements culturels spécialement depuis que Ruby est née. Je vois à peu près un filin par an ; pour l'instant, il y a deux ans, c'était ‘La Leçon de piano’, l'an passé ‘Fargo’. En 97 je n'ai encore rien vu.

- Pourquoi avez-vous besoin d’autant de temps pour écrire des chansons. Cinq albums en 11 ans, c'est peu...

Pour moi, c'est beaucoup. Cela fait à peu près un tous les deux ou trois ans. L’une de principales raisons du délai entre les deux derniers, c'est la naissance de ma fille Ruby. Se remettre de quelque chose d'aussi important prend du temps... L'autre problème, c’est qu'il m'est impossible d'écrire en tournée. A chaque sortie d'album, je pars en tournée pour une période moyenne d'un an, qui est perdue pour l'écriture. Et après une année passée sur la route, on rentre chez soi et on s'écroule de fatigue. Ce n'est qu'après quelques mois, qu'on se sent à nouveau en état d’écrire.

- Préférez-vous être une bonne mère plutôt qu'une artiste respectée ?

J’ai besoin d’être les deux, d’où la difficulté. Je suis à un âge où il est difficile de remplir très mal ces deux fonctions. C’est l’une de mes plus grandes angoisses. J'avais donc très peur, lorsque j’ai commencé à écrire les chansons du dernier disque. Je manquais de confiance en moi. Il faut savoir passer outre ce sentiment, finir son travail sans trop le juger, laisser le monde extérieur décider ce qu'il en pense. Espérons que Ruby me pardonnera quand elle sera plus grande de l’avoir entraîné dans une tournée mondiale. Lorsqu’elle sera plus âgée, elle se demandera comment sa mère a pu la laisser venir en Belgique (elle rit) ! A I’évidence, c’est encore et toujours une situation plus facile à gérer pour un homme que pour une femme. Avant cette naissance, j’étais convaincue que la situation des femmes était plus avancée qu’elle ne l'est en réalité.

LA MORT ET JACQUES BREL

- La chanson « Thin Man » paraphrase une chanson de Jacques Brel...

La chanson s'appelle « La mort ». Certaines de ses paroles sont ‘La mort m'attend comme une princesse/La mort est comme une jeune femme qui m'accompagne en mer’. Pour moi, cette ligne était très évocatrice, je la trouvais intéressante… J'y ai beaucoup réfléchi et me suis dit que dans mon cas la mort prenait l'apparence d'un homme, très maigre en costume noir. Pas un esprit. Mais un personnage malingre. Maigre parce qu'il ne pense pas à manger, trop préoccupé qu'il est par son travail.

- Comment se fait-il que vous connaissiez Brel ?

A l’unif, j'ai suivi des cours d'art dramatique. Et tout qui était intéressé par cette forme d'art connaissait Jacques Brel parce on a joué très longtemps à Broadway un spectacle célèbre ‘Jacques Brel is alive and well and living in Paris’ monté par Mort Shuman. Un music-hall très populaire surtout dans les années 60. A l'université, fin des 70s, tout le monde connaissait Jacques Brel et son œuvre à cause du succès de ce spectacle.

- Et tous ces gens savaient évidemment qu'il était belge et pas français...

Non, puisqu’ils sont américains... Personnellement, je le sais pour être déjà venue ici avant.

- Cela doit être affreux parfois de travailler avec la personne avec laquelle on est marié, non (elle sourit) ?

Pas aussi souvent que vous pourriez le croire. Dans sa majeure partie, notre relation se déroule sans encombre. Point de vue travail, tout est clair : on s'assied dans une pièce, je suis l'artiste, Mitchell est le producteur et travaille donc pour moi. C'est très confortable et ça n'a rien à voir avec la façon dont cela se déroule à la maison. Là, je ne suis plus aux commandes et cela devient donc plus compliqué. Heureusement la séparation entre les deux univers est très nette.

- Peut-on comparer les esquisses de vie dépeintes dans vos chansons aux peintures d’Edward Hopper ? Comme elles, vos textes sont réalistes, calmes et, au fond, désespérés…

Sans doute. Il y a dans ce que j'écris quelque chose de réfléchi et de fixe, du moins de pas très mouvementé. J'ai un code personnel dans la réflexion et il y a une forme graphique dans ce que j'écris. On imagine la silhouette précise d'une femme assise dans le coin d'un restaurant par exemple, au milieu d'une composition fixée clans un instant.

- L’harmonie est-elle la chose la plus difficile à exprimer lorsqu'on écrit des chansons ?

Oui, évidemment, C'est logique non ? Si vous vous sentez heureux, vous ne ressentez pas le besoin de définir les circonstances, de les décrire ou d'écrire à leur propos... La période pendant laquelle je me suis sentie la plus heureuse, c'est lorsque j'étais enceinte. J'étais radieuse : je me sentais utile, j'étais en bonne santé et en superforme ! Je n'ai pas écrit une ligne durant cette période Quand je suis inquiète, je commence à réfléchir au comment et au pourquoi de cette inquiétude, ce qui me conduit logiquement à l'écriture…

- Où trouve-t-on dans votre musique les influences qui vous ont imprégnées durant votre jeunesse. Je pense au jazz, à la bossa nova ou à Santana et à Motown ?

Sur le dernier album surtout. On peut entendre du Santana sur « Lolita », de la bossa nova sur « Caramel ». Le son Motown était sur « (if) You were in my movie » de « 99.9F » qui fait très groupes de filles des 60’s comme les Supremes...

- Pourquoi vous a-t-il fallu si longtemps pour les exprimer, ces influences ?

A cause de cette image de chanteuse folk grattant simplement sa guitare. Certains ne voyaient que ma guitare sèche et avaient décidé une fois pour toutes, que j'étais une chanteuse folk. C’est vrai, j'écris parfois des chansons qui vont dans ce sens-là, mais pas toujours... Mitchell, en entrant dans mon univers, y a entendu d'autres références notamment le r’n’b. Il s'est senti libre de les faire apparaître, sûrement parce qu'il n'était pas fan de ce que j'avais fait avant. D'ailleurs, il ne connaissait pas trop ma musique. Je ne l'intéressais pas en tant qu'artiste avant que je ne lui demande de devenir mon producteur.

LA VOIX DE LA LUXURE

- Vous avez travaillé en compagnie d’artistes comme Philip Glass, Joe Jackson et Arthur Baker, des gens au caractère fort. Vous vous entendez bien avec eux parce que vous partagez leur sentiment d'indépendance ?

Je ne sais pas si c'est parce que nous avons le même type de caractère. Je constate seulement qu’il m'est facile de travailler avec eux. Je viens d'ailleurs de collaborer en compagnie de Joe Jackson, il y a un mois à peine, pour une chanson douce basée sur les 7 péchés capitaux. Si vous voulez tout savoir, j'y interprète la voix de la luxure. Ça marche bien entre moi et ce type de personnage, parce que ces gens que vous citez sont des artistes à l'imagination fertile. J'ai découvert que je peux m'intégrer dans leur musique sans en changer la nature.

- Quelle est l’histoire de votre participation à ‘Dead Man Walking’ ?

Tim Robbins m'a envoyé un fax me demandant si je voulais bien visionner le film et éventuellement composer une chanson pour la B.O. L'idée même du film, de cette nonne qui entre en contact avec ce tueur patenté me semblait intéressante à traiter ; de même que le problème de la peine de mort. J'ai dévoré le livre de cette bonne sœur. D'ailleurs les paroles que je chante sur le morceau composé sont pratiquement toutes tirées des pages du livre.

Article paru dans le n° 51 du magazine MOFO, en mars 97.

 

Suzanne Vega

Nine object of desire

Pour enregistrer son nouvel album, Suzanne Vega a encore reçu le concours de Michaël Froom à la production. Une collaboration qui date de « 99.9 F° », et pour laquelle, il était parvenu à donner une toute autre dimension à la musique, en recherchant des arrangements d'une richesse à laquelle la folk music n'était guère habituée. Et il vient de récidiver sur " Nine objects of desire ". Douze titres enrichis tantôt d'orchestrations symphoniques, synthétiques ou de percussions ethniques, douze fragments hydratés de cordes de guitare légères, syncopées ou nappées de claviers fluides, bien rognés comme au cours des sixties. Douze chansons ou bossa nova, house, funk, jazz, pop et folk rivalisent de mélodicité et d'efficacité. Un must!