La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Terry Allen

Smokin the dummy

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Terry Allen & Panhandle Mystery Band

Terry Allen fêtera ses 80 balais en mai de l’an prochain. Ce chanteur, compositeur, peintre, sculpteur et artiste conceptuel est considéré comme une référence dans l’univers de l’alt-country. Surtout à travers ses deux premiers elpees, « Juarez » (1975) et « Lubbock (On Everything » (1979). De nombreux artistes ou groupes ont interprété ses chansons, et notamment David Byrne, Lucinda Williams, Ricky Nelson ou encore Little Feat.

Enregistré à Lubbock, sa ville natale, « Smokin the dummy » est paru en 1980. Pour la circonstance, Terry avait reçu le concours d’un backing group baptisé Panhandle Mystery Band, au sein duquel figuraient, notamment, l’harmoniciste Joe Ely et les frères Maines.

L’elpee s’ouvre par « The heart of California », une compo qui rend hommage à feu Lowell George, décédé en 1979, le leader de Little Feat, formation dont le spectre plane sur la plupart des morceaux.

Fondamentalement country, la musique de Terry Allen se teinte, suivant les pistes, de folk, cajun, tex-mex, blues, boogie, rock, jazz, funk et on en passe. Outre la guitare, le piano et l’harmo, l’instrumentation se nourrit également de violon, de mandoline, de violoncelle, de pedal steel, de dobro, de banjo, d’accordéon, de percus, de cuivres (dont du tuba sur « Cocaine cowboy » et « Red bird ») et la liste est loin d‘être exhaustive.

De l’album on épinglera encore « Whatever happened to Jesus (and Maybeline) ? », qui se mue en reprise de Chuck Berry à mi-parcours. « The night cafe » et ses changements de rythme, voguant entre blues et ballade country. L’exubérant « Roll truck roll » et enfin « The Lubbock tornado (I don’t know) » au cours duquel Terry se transforme en prédicateur, dans un climat de gospel gothique.

Terry Robb

Confessin' my dues

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Terry Robb est considéré comme un joyau de la scène blues issue de Portland, une ville sise au Nord-Ouest des Etats-Unis. Tant sur les cordes acoustiques qu’amplifiées, c’est un guitariste exceptionnel. Agé de 52 balais, cet artiste est pourtant originaire du Canada, de Vancouver, très exactement. Sa rencontre avec John Fahey a été déterminante sur la carrière et le style développé par Terry, qualifié de fingerpicking. Il est aussi compositeur et producteur. Sa discographie est particulièrement conséquente. "Confession' my dues" constitue déjà son quinzième album solo. Il y signe la quasi-intégralité du tracklisting.

Hormis sur 5 plages, pour lesquelles il est soutenu par une section rythmique, Terry interprète les morceaux en solitaire. Comme lors des trois premiers titres de l’opus, dont "Butch Holler stomp", joué en fingerpicking et "Still on 101", une piste imprimée sur un tempo bien blues. Doué d’une remarquable technique, l’artiste n’en oublie pas pour autant le feeling. Epaulé par sa section rythmique, il attaque "It might get sweaty", une compo au tempo spasmodique, au cours de laquelle les cordes acoustiques se mêlent au martèlement percussif de Gary Hoobs. Blues classique, "Heart made of steel" nous réserve de superbes envols de cordes aux sonorités particulièrement métalliques. Il adapte "Now Vestapol" en solo, une plage co-écrite en compagnie de ses vieux potes, John Fahey et Robert Wilkins. Il chante autoritairement "Darkest road I'm tod", en s’accompagnant à la Resonator. Une véritable perle ! Un blues personnel qui restitue un passé glorieux… Ses musiciens le rejoignent pour aborder de "Three times the blues", un exercice de style instrumental caractérisé par ses changements de tempo et les interventions de Dave Captein sur sa lourde contrebasse. "High desert everywhere" est un autre sommet du long playing. Glaciale et trempée dans la reverb, la Resonator creuse profondément jusqu’aux racines du Delta... Adam Scramstad, son pote issu de Portland, apporte son concours à la guitare rythmique amplifiée, alors que basse et batterie sont à nouveau au poste pour l’énergique "Keep your judgment". 

Terry Blersh

Play it all day

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Chanteur, guitariste et compositeur, Terry Blersh est issu de Toronto. A ce jour, il n'avait publié qu’un seul elpee. Et il a fallu attendre quelques années avant qu'il ne grave un second. Son blues est teinté de rock'n'roll, r&b, tex-mex, jazz et même reggae. De nombreux amis du Canadien ont participé aux sessions d'enregistrement, qui se sont déroulées au studio Wreckhouse. Si son répertoire est particulièrement éclectique, les compos sont de toute bonne facture…

Inspiré par Albert King, "Treat me right" ouvre l’elpee. Voix, piano et orgue passent bien la rampe avant que chargé de feeling, un premier envol de cordes se dessine. Explosif, "It's all right" pénètre dans l’univers r&b dansant de Ray Charles. Terry et John Finley (ex-Rhinoceros) se partagent les vocaux, alors que Gene Hardy (Ronnie Hawkins Band) prend un billet de sortie sur son saxophone ténor. Michael Fonfara siège derrière son orgue Hammond, alors que la guitare se révèle inventive tout au long du jazz/funk magistral "Play it all day". Caractérisé par le retour au sax ténor de Hardy et le piano de Lance Anderson, "It's just you" nous entraîne à la Nouvelle-Orléans. Denis Keldie se charge de l’orgue Hammond en intro du remuant "It ain't too late", un shuffle r&b qui libère énormément de groove. Un régal ! Keldie (NDR : elle a côtoyé Etta James et Jeff Healey, dans le passé) se consacre à l'accordéon sur l'exotique "The girl outside my window", une plage imprimée sur un rythme caribéen. Terry et le regretté John Mays (Fathead) se partagent le micro. Cordes, piano et sax dominent le "King Creole" de Leiber et Stoller, un chouette rock'n'roll. Jimmy Bowskill (28 ans), jeune prodige canadien, se réserve la mandoline sur deux plages. Tout d’abord lors de la reprise du "Early morning rain" de Gordon Lightfoot, une piste colorée par l’accordéon. Puis, sur "I'll see you in my dreams", un morceau traditionnel. Enfin, piano et basse acoustique entretiennent "Only one", un jazz empreint de douceur et de subtilité.

 

Terry Allen

Lubbock (on everything)

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Terry Allen est issu de Lubbock, au Texas. Agé de 74 ans, il vit désormais à Santa Fé. Non seulement, il s’est forgé une belle notoriété comme sculpteur, peintre, dessinateur et vidéaste, mais il est également chanteur/compositeur de country. En outre, il a influencé des grosses pointures comme Jeff Tweedy et Lucinda Williams. Entre 1975 et 20014, il a gravé 8 albums. Et "Lubbock (on everything)", constitue son deuxième. Il était paru en 1979, sous la forme d’un double 33 tours! Terry célèbre donc ses 50 ans de carrière en rééditant cette œuvre, sans doute la plus représentative de son univers sonore, mais sous la forme d’un cd. Et les morceaux ont été remasterisés. Le disque est enrichi d’un fort intéressant livret de 50 pages, rédigé par David Byrne. Terry signe donc toutes les plages. Il se consacre au piano et au micro. Il est soutenu par une belle brochette de musiciens, dont Lloyd Maines qui se consacre à la pedal steel, au dobro, au banjo, à la mandoline ainsi qu’aux grattes acoustique et électrique.

L'ouverture "Amarillo Highway" plante déjà fort bien le décor. Une plage purement country, tout au long de laquelle piano, pedal steel et violon (NDR : celui de Richard Bowden) sont bien mis en exergue. "Highplains Jamboree" est une très jolie ballade véhiculant un maximum de douceur. Allen nous parle du Panhandle, une région, sise au Nord du Texas, non loin du Nouveau Mexique et de l'Oklahoma. A l’époque, il la sillonnait en empruntant les autoroutes qui relient Amarillo et Lubbock. Il tente même de chanter en français sur "Oui (A french song)" et "RendezVous USA", un morceau qui, bercé par l’accordéon de Ponty Bone, baigne au sein d’un climat ‘Vieille France’…

Le second volume semble plus intéressant. A cause de la diversité des styles et d’une instrumentation plus recherchée. Exotique et chaleureux, "Cocktails for three" est entretenu par la guitare fluide et jazzyfiante de Luis Martinez et les cuivres aux colorations latines ! Dixieland, "High horse Momma" s’enfièvre aux sons du banjo, du tuba, de la trompette et du trombone. Joe Ely se réserve l’harmo sur le très rythmé "New Delhi Freight Train", une invitation à accomplir un périple par la voie du chemin de fer. Très en verve, Terry se consacre au piano sur cette plage hantée par JJ Cale. Jesse Taylor brille aux cordes tout au long de "Flatland Farmer", un country blues enlevé. Enfin, l’accordéon balaie la ballade tex mex "My Amigo"…

 

Terry Hanck

Gotta bring it on home to you

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Saxophoniste, Terry Hanck est âgé de 66 ans. Malgré les tempes et les cheveux gris, ce chanteur/compositeur/arrangeur/musicien est reconnu pour son immense talent de souffleur. Au sax ténor, bien sûr ! Son style est forgé dans le blues, mais un blues qu’il teinte de soul, de R&B et de rock'n'roll. Il puise ses principales influences au cœur des années 50. Né à Chicago, Terry est un passionné du blues. Il a fait le pas californien au cours des sixties. Plus tard, il milite au sein du backing band de l’ex-guitariste du Paul Butterfield Blues Band, Elvin Bishop. Début du millénaire, Hanck incite Chris ‘Kid’ Andersen à émigrer en Californie. Le Norvégien deviendra le gratteur attitré du souffleur, pendant plusieurs années. Et c’est le Kid et Hank qui produisent ce nouvel elpee. Johnny ‘Cat’ Soubrand a repris le rôle de sixcordiste au sein du Terry Hanck Band, aux côtés du drummer Butch Cousins et du bassiste Tim Wagar. Terry avait déjà publié un long playing en 2011. Intitulé "Look out!", il était paru chez Delta Groove. Le nouvel opus est sorti sur le même label. Un disque pour lequel il a reçu le concours de son backing group, mais aussi d’une belle brochette d’amis, pour la plupart des stars du blues contemporain.

"Right now is the hour" ouvre la plaque. Une compo signée par son vieil ami Elvin Bishop. Enrobée de chœurs gospel, parcourue par les cordes de Cat Soubrand et dynamisée par le saxophone en délire du leader, cette chouette plage de pop/r&b aurait pu alimenter un jukebox de la fin des 50s. Un riff de guitare familier aborde sa reprise du "Whole lotta lovin". Terry vide ses poumons sur ce titre signé Maxwell Davis/Joe Josea et popularisé par BB King. L’orgue Farfisa de Jim Pugh libère des sonorités vintage et Kid Andersen se réserve la guitare sur "Pins and needles", une plage ludique, ensoleillée et bien rythmée. "Peace of mind" nous replonge dans l'atmosphère du Chicago Westside, époque Magic Sam. A cause de ce riff de gratte rythmique bien caractéristique. Bob Welsh siège derrière le piano et Cat nous livre un superbe envol enflammé de notes torrides. Très jazz, "T's groove" est un instrumental saturé… de groove. Jim Pugh prend la direction de Memphis et se souvient d’un certain Booker T. Ce qui explique le titre de ce morceau. "My last teardrop" baigne au cœur d’une atmosphère festive. Celle de la Louisiane. Les spectres de Guitar Slim et de Fats Domino planent. Soubrand démontre une nouvelle fois sa dextérité aux cordes. Le sax baryton de Doug James rejoint le ténor de Hanck, tout juste pour libérer ce dernier lors d’un changement de rythme dévastateur. "No gettin' over me" est un succès recueilli autrefois par Ronnie Milsap. Sur cette reprise, la voix féminine de Lisa Leu Andersen soutient celle, particulièrement soul, de Terry. On navigue alors dans un climat qui me rappelle quelque part Junior Walker & The All Stars. Seconde piste instrumentale, "Jam up" est un classique du R&B des années 50, composé à la Nouvelle Orléans par Tommy Ridgley. Une piste balisée par la basse de Tim Wagar et les ivoires de Welsh. Une belle rampe de lancement pour propulser les solos de Soubrand, James et Hanck, au firmament… Terry signe "Gotta bring it on home to you", un blues légèrement teinté de rock, plutôt cool, qui permet à nouveau la sortie de trois solistes. Mais aux six cordes. En l’occurrence, Soubrand, Kid Andersen et Miss Debbie Davies (NDR : elle participe également aux vocaux). Excellent ! Terry chante autoritairement "One horse town". Cette finale dansante, très r&b, mais aux accents funkysants, entretient une ambiance endiablée, au cours de laquelle tous les acteurs participent avec beaucoup de plaisir …

 

Terry Gillespie

Bluesoul

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Terry Gillespie est né au Canada mais il a passé toute sa jeunesse dans le Michigan. Il y a fréquenté les clubs de blues et de jazz. Il a ainsi eu l'occasion de voir et d’applaudir des légendes comme Howlin' Wolf, John Lee Hooker ou Buddy Guy. En 1968, il retourne vivre à Ottawa, où il est né. Il fonde Heaven's Radio, une formation qui va recueillir un beau succès sur la scène locale, publiant même deux albums à l'époque.

Sur cet elpee, Terry chante, joue de la guitare et apporte quelques petites touches à l’harmonica et à la trompette. Il signe 9 des treize plages de cet elpee enregistré live à la Maxville Musicfest. Les autres titres sont partagés entre classiques et traditionnels. Lors de ce concert, il était soutenu par son backing group. Un trio. Soit le claviériste Pete Measroch, la bassiste/violoniste Miss Lyndell Montgomery alias ‘Captain Dirt’ et le drummer Wayne Stoute. La musique de Gillespie est légère, pétillante. Les musiciens aiment ce qu'ils jouent et leur interprétation est respectueuse du style. 

Terry entame "The devil likes to win"sur le riff cher à Elmore James. Effectivement, le diable aime gagner. Même si ici, c’est dans la bonne humeur et sans éclat. Le ‘diddley beat’ domine le "What would Bo Diddley do". Pas vraiment une surprise ! Une compo imprimée sur un rythme nerveux imposé par Wayne. Terry titille quelque peu sa trompette tandis que Pete Measroch se concentre sur son orgue de manière fort rythmique. Gillespie se réserve l'harmonica pour animer "Early in the mornin'", un classique du blues. Au piano, Pete le soutient à la perfection. La voix de Gillespie est soignée mais nasillarde sur "You're gonna make me cry", une superbe ballade soul signée O.V Wright. Ses intonations sont bouleversantes. Mais il faut avouer qu’il est bien aidé par les répliques féminines des Toasted Westerns. Une rivalité judicieuse qu’on retrouve sur "Let's get together", une piste rythmée parcourue par les interventions séduisantes de Measroch au piano électrique, dans un style proche du Ray Manzarek à l’époque des Doors. Traditionnel, "My mama" est un blues lent, particulièrement dépouillé, que Gillepsie chante avec beaucoup de sensibilité. Le leader s’évertue à puiser les notes bleues de sa guitare. "It was'nt me " est un réel bonheur, une piste abordée tout en déconctraction et caractérisée par les interventions admirables aux ivoires. Une excellente ambiance qui se prolonge jusqu’en fin de parcours. Comme par exemple sur "Her mind left first" et "16 days" deux blues subtilement saupoudrés de jazz, qui mettent en exergue le talent des musicos. "She walks right in" est un jump boogie classique composé par le notoire Professor Longhair. Il passe facilement le cap en nous entraînant dans les rues de la Nouvelle Orléans. Enfin, "Magnolia tree" est un morceau d’une pure beauté. Quel plaisir d’écouter cet opus discrètement immortalisé ‘live’ !

 

Terry Brisack

Brighton 1932

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Terry Brisack est un bluesman français qui milite également au sein des Honkytonkers, formation dont le country/blues trempe dans le ‘deep south’. Après avoir publié plusieurs albums solos, le bluesman français Terry Brisack revient cette fois accompagné d’un nouveau band pour une collection de morceaux surannés, piochant dans les répertoires du rock fifties et sixties, du folk et même du surf. Il chante ces compos d’une voix chaude et brisée (parfois un peu trop, comme sur le pénible « Midnight on the Cliffs »…) Si l’originalité n’est pas le fort de ce musicien, ses morceaux revisitent souvent l’histoire du rock. Sur « Brighton 1932 », les compos sont régulièrement balisées par un piano inspiré (« Victorian Memories ») et des interventions de guitare rappelant Urge Overkill (« Season of Rage »). Et il ose même des envolées lyriques à la Matthew Bellamy, sur « Hiroshima »…

 

Terry Malts

Killing time

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Une demi-heure ; c’est le temps que dure cet opus. En quatorze morceaux Terry Malts nous balance un punk instinctif qui, à défaut d’être original, a le mérite de déborder d’énergie. Un punk que les Californiens (NDR : ils sont originaires de San Francis) sont clairement allés puiser du côté des Ramones. Rythmique primaire, production approximative, voix nasillarde et guitares saturées, sans oublier les mélodies entêtantes, telle est la recette adoptée par Terry Malts. Rien de plus, rien de moins. Et ça marche !

Décomplexé et efficace, « Killing Times » ne sera clairement pas l’album de l’année. On l’aura d’ailleurs certainement oublié d’ici quelques mois ; mais peu importe après tout, il a au moins le mérite de permettre aux aficionados du style de se défouler.

 

Terry Hanck

Look out!

Écrit par

Agé de 67 balais, Terry est saxophoniste. Et sur la West Coast, c’est certainement un des meilleurs. Il est originaire de Chicago. Pas une tare quand on pratique le blues. Son éveil musical, il le puise au cours des fifties. En écoutant les pionniers du rock'n'roll, mais aussi du R&B. La veille de ses 21 ans, il s'achète un saxophone. En 1967, il émigre vers la Californie, et d’établit définitivement à San Francisco, deux ans plus tard. L’année suivante, il fonde ses Grayson Street Houserockers ; mais il faudra attendre quelques années avant qu’il ne se forge une certaine notoriété au sein de l’Elvin Bishop Band. Au début du nouveau siècle, il rencontre le guitariste norvégien Chris ‘Kid’ Andersen, à Oslo, et le persuade de s’installer également, en Californie. Ce qui va permettre à Andersen d’asseoir sa réputation, tantôt en épaulant Charlie Musselwhite ou chez les Nightcats de Rick Estrin. Mais jamais, il n'a abandonné sa collaboration avec Terry Hanck.

Notre saxman comptait déjà cinq opus à son actif : "Live & raw", paru en 1997, "I keep on holdin' on", en 2002, "Live!", en 2004, "Night train", en 2005 et "Always", en 2008. Pour ce nouvel elpee, il est soutenu par son backing band : ‘Johnny Cat’ Soubrand, son fidèle gratteur depuis plus de huit ans, Butch Cousins (NDR : dont le frère Richard n’est autre que le bassiste de Robert Cray) aux drums et Tim Wagar à la basse. Et lors de l’enregistrement de ce nouvel elpee, publié par l'écurie dans le vent Delta Groove, Terry a également reçu le concours de Kid Andersen et Chris Welsh aux claviers. Enfin, les sessions se sont déroulées au sein des studios du Kid, le Greaseland, à San José.

Terry signe quatre compositions. Tout d’abord "Here it comes", morceau qui ouvre l’album. Une piste caractérisée par une intervention saignante du Kid aux cordes. Le long blues lent, "You coulda let me go", ensuite. Une plage au cours de laquelle son guitariste, Johnny Boy, excelle. "Girl girl girl" encore. Un reggae plutôt léger. Et enfin "Appreciate what you got", un R&B qui met bien en exergue son sax ténor devant l'orgue Hammond de Welsh. Sans oublier "I keep on holding on". Cette exquise ballade lente est également le titre maître d’un de ses précédents long playings. Mais c'est sans aucun doute lors des reprises que Terry se révèle le plus efficace. Sa cover du "Keep a drivin" de Chuck Willis est savoureuse. Une ballade parfaitement adaptée à ses sorties au saxophone. Tout comme l'explosif "Ain't that just like a woman" de Louis Jordan, un titre au cours duquel Johnny Kid se montre souverain dans le west coast jump, avant de céder le témoin au redoutable Hanck qui ‘honke’ dans son sax! Quelle pêche! Une recette à nouveau adoptée lors du célèbre "Train kept a rollin'". La version swing du "My girl Jasephine" de Fats Domino accroche instantanément l’oreille. Et mieux encore, la réplique nerveuse de "Just one more time", une perle écrite par Ike Turner, permet une dernière fois à Andersen de faire vibrer ses cordes. Enfin, en ajoutant le long périple funky "You give me nothing but the blues", le résultat final est tout simplement digne du label Delta Groove!

 

Terry Riley

The last Camel in Paris

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Né le 24 juin, à Colfax, en Californie, Terry Riley est considéré comme un des fondateurs de la musique répétitive et minimaliste. Automne 1978, il part en tournée mondiale. Il y expérimente un générateur de delay créé par le technicien Chester Wood, module qu’il couple à son orgue Yamaha YC-45D. Le 10 novembre, son périple passe par le Théâtre Edouard VII de Paris. Il y accorde un concert absolument remarquable, teinté d’orientalisme, un set considéré comme un de ses chefs-d’œuvre dans le domaine de l’improvisation. C’est cette prestation qui a été immortalisé sur ce compact disc. Intitulé « The last Camel in Paris », c’est une relecture de « Shri Camel », paru alors en été de la même année. A l’issue de cette tournée, Riley va définitivement abandonner les concerts d’orgue électrique. Si vous êtes accros à la musique électronique, je vous invite à potasser la discographie de cet illustre personnage, histoire de bien comprendre que l’électro ne date pas de la fin du XXème siècle…

 

Terry ‘Big T’ Williams and Wesley ‘Junebug’ Jefferson

Meet me in the cotton field

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Terry Williams est né en 1960. A Clarksdale. Il a ensuite passé sa jeunesse dans la plantation de Farrell. A 12 ans, il est déjà placé sous la protection des Jelly Roll Kings (Frank Frost, Sam Carr et Big Jack Johnson). Son existence a été très mouvementée. Son addiction à la drogue lui a valu un séjour de six longues années au sein du pénitencier de Parchman Farm. Heureusement, à sa sortie, Morgan Freeman le catapulte comme directeur musical de son club Ground Zero, à Clarksdale. Il ouvre ensuite son propre club. Un juke joint situé à quelques dizaines de mètres du fameux carrefour ‘Crossroads’. Il a également enseigné au sein du Delta Blues Museum. Pour y dispenser des programmes éducatifs. Il a milité au sein d’une multitude de formations. Et sa toute dernière répond au patronyme de Big T Review Band.

Il a enregistré cet album en compagnie du bassiste/chanteur Wesley Jefferson. Il est également issu de Clarksdale. Un disque paru sur le label Broke & Hungry de St Louis. Son précédent opus, "Hellhounds in my shadow", remonte à 2002. Edité chez Stand on the Ocean, il avait reçu le concours de son Big T's Band. Quant à Wesley, il est âgé de 62 ans. Il est originaire de Coahoma County et pratique le blues depuis les 60’s.

"Meet me in the bottom" ouvre l’opus. Jefferson chante ce ‘field holler’, a capella. Pas de doute, nous sommes bien plantés dans le berceau du blues. Il Interprète d’une voix fatiguée  "Pocketful of money". Lee Williams siège derrière la batterie. Big T joue de ses six cordes en toute discrétion. Terry prend le relais aux vocaux pour attaquer son "Incarcerated blues". Sur cette plage autobiographique, ses accords sont acoustiques, mais également métalliques ; à cause du recours à une national steel. Pour le traditionnel "CC Rider", Lee est revenu aux drums. Big T a rebranché l'amplification pour sa gratte. Il chante d’un timbre grave, qui semble tout aussi las que celui de Wesley. Il est vrai que le long fleuve tranquille, qui s’écoule aussi paresseusement, juste à côté, ne prête guère à l’accélération des tempos. Jefferson chante son "The wreck". Il manifeste plus de puissance pour déclamer ses mots ; et le résultat est probant. Howlin’ Wolf transita autrefois par Clarksdale. Terry lui rend hommage, en chantant "The wolves are howling". Caractérisée par ce riff hypnotique répété à l’infini, cette compo est manifestement inspirée par ce musicien célèbre. Big T reprend le micro pour se farcir "Let's go down to Red's". Une référence au club. Il en profite pour citer tous les musiciens qui s’y sont produits. La cover du "Catfish blues" constitue la meilleure plage de l’elpee. L'intensité et le sens dramatique inondent la voix de Williams. Ses cordes sont largement amplifiées et accentuent encore le mal-être qui plombe cette plage. La voix et la démarche me rappellent même quelque part Jimi Hendrix. Et surtout sa manière d'aborder la pureté du blues. En y injectant bien moins d'artifices sonores, bien entendu! Le titre maître mérite également une mention particulière. Wesley y parle de sa jeunesse, de son père qui travaillait dans les champs de coton… Big T interprète en solitaire une version très primaire du "Can’t be satisfied" de Muddy Waters. Sa voix et sa sèche. De bonne facture, cet opus de downhome blues s’achève comme il avait commencé ; c'est-à-dire dans une interprétation a capella. De "Blues is like the river". Une nouvelle fois, Jefferson se charge de cet exercice de style. Une complainte qui aurait pu être reprise en chœur. Par les travailleurs des champs au début du siècle dernier, quelque part du côté de Clarksdale…

 

Terry Evans

Fire in the feeling

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Terry est né en 1944, dans le Mississippi. Au cœur du Delta, à Vicksburg très exactement. Dans sa jeunesse, il chante le gospel ; un exercice de style qu’il va poursuivre au début des sixties. A capella. Au sein des Knights. A 22 ans, il se fixe à Los Angeles, et se met à la guitare. Tout en se concentrant sur la composition, il devient un chanteur de studio réputé. Au cours des 70s, il se produit en duo en compagnie de Bobby King. Un duo qui va surtout devenir le backing band de Ry Cooder. Et pour un bon bout de temps. Ce qui leur permettra de l’accompagner à plusieurs reprises lors de ses tournées mondiales. Le tandem commet deux albums chez Rounder : "Rhythm, blues, soul and grooves" en 1990 et "Live and let live!" en 92. Terry décide ensuite d’entamer une carrière sous son patronyme. Enchaînant six opus avant ce « Fire in the feeling » : "Blues for thought" en 93 pour Pointblank, "Puttin'it down" en 95, "Come to the river" en 97, "Mississippi magic" en 2001 et "Live like a hurricane" en 2003. Ces quatre elpees sur le label Audioquest ; sans oublier le "Walk that walk" chez Telarc, en 2000.
 
L'album s’ouvre en force par "Uphill climb". Le tempo est vif. Douce et pure, la voix d'Evans est immédiatement reconnaissable. La guitare de Jimmy Scott ne tient déjà plus en place. Le rythme demeure aussi alerte, assez rock'n'roll, pour "Nothing wrong with Texas" ; une compo marquée par le piano léger et sautillant de Dave Frasier et surtout la slide de Joe Colombo. Ecrite par Ry Cooder, "My baby joined the Army" est une superbe ballade empreinte d'une immense douceur. Le chant de Terry épouse la mélodie. Au cœur de ce climat serein, le son lugubre des cordes de David Lindley et le piano à peine effleuré de Denise Bonnell se détachent. "I'll be your shelter" est d’une beauté désarmante. A cause du chant naturel de Terry ; et puis des guitares de Lindley et de Mark Shark responsables de la coloration de cette toile sonore. Le bonheur ! "Let's get gone" est manifestement hanté par l’esprit de John Lee Hooker. Un boogie léger que Terry parvient à s’approprier, tant sa personnalité rejaillit dans le rythme. Les musiciens secondent parfaitement le leader : Colombo à la slide, Hense Powell à l'orgue ainsi que la section rythmique. Parcimonieuse, elle est constituée de Jorge Calderon à la basse et de Phil Bloch à la batterie. Une cohésion qui porte à nouveau ses fruits tout au long du classique "Turn on your lovelight". L'ambiance est propice à la danse. Nous ne sommes pas tellement loin d’un Santana au sommet de sa forme. Un climat entretenu par les congas, l’orgue Hammond et surtout les éclats produits par la guitare de Jimmy Scott. La chant de Terry se profile nettement devant les interventions du trombone de George Bohannon tout au long de "Discover me", un blues particulièrement dépouillé soutenu par les vocaux de Phil Bloch et de Denise Bonnell, qu’ils dispensent tout en frappant des mains. Excellent! Une rythmique plus rock refait surface pour "I got a pony". La slide de Shark s’y révèle rugissante. Dernier blues mélodique de cet elpee, "What about me" est traversé par les cordes de Scott et l'orgue Hammond de Powell. La slide rageuse de Colombo imprime un rythme obsédant tout au long de "Racket in the room". Un superbe album qui s’achève par "Walkin' chains". La douceur y est extrême, mais elle provoque une certaine torpeur, qu’accentue la slide de Colombo au sein d’un climat où règnent l’inquiétude et la douleur. Je vous recommande vivement cet album…

Terry Hall

The Hour of Two Lights

Écrit par

Petite présentation d'abord : Terry Hall est un chanteur qui a connu la gloire avec les Specials, au début des années 80. Il s'est ensuite embrassé divers projets solos et collaborations (dont la plus connue est celle menée en compagnie de Tricky sur le disque " Nearly God "). Mushtaq est un ancien membre du très politique Fun-Da-Mental. Pour ceux qui s'en souviennent encore, ces précurseurs de la vague asian injectaient des sons indiens ou pakistanais dans de l'électro survitaminée. Les deux compères ont rassemblé sur cette galette une vingtaine de musiciens venus des horizons les plus divers : Israël, Roumanie, Turquie, Tunisie et la Grande Bretagne (dont l'invité de marque Damon Albarn sur " Ten Eleven "). Des gens de cultures et religions différentes unis pour lancer un message d'amour et de paix. Un message destiné aux hommes de bonne volonté qui peuplent notre monde post 11 septembre. Concrètement, le disque constitue un collage musical souvent teinté d'électronique où les prestations musicales sont triturées, manipulées et mélangées les unes aux autres pour aboutir à un tout indéfinissable. D'ailleurs bien malin sera celui qui pourra dire avec certitude à quel style de musique appartient tel ou tel morceau. En somme, le concept de musique du monde poussé dans ses retranchements. A l'arrivée, même si le disque recèle de bons moments (le rap de " Ten Eleven ", la belle envolée instrumentale de la plage titre), l'ensemble n'est pas toujours convaincant. Et en particulier lorsque l'électronique est trop présente et qu'elle enlève tout naturel aux prestations des musiciens d'exception impliqués dans ce projet. Un projet qui reste malgré tout intéressant et mérite une écoute de la part des oreilles curieuses.

Terry Callier

Speak your peace

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Terry Callier est un des trop nombreux héros méconnus de la black music. Naviguant au sein des eaux tourmentées du monde de la musique depuis plus de trente ans, il appartient à cette catégorie d'artistes qui n'utilisent que des arrangements musicaux dépouillés (une guitare, une basse et quelques percussions) et leur voix afin d'exprimer leurs émotions, observations et réflexions sur la nature humaine, ainsi que sur l'état du monde dans lequel nous vivons. Son destin artistique torturé, faute de label, est à l'image du regard qu'il porte sur la vie : lucide mais empreint de sagesse et d'optimisme (" Imagine a nation "). Cet auteur/compositeur/interprète mélange délicatement le blues, le folk et la soul, afin de concocter des mélodies légères et enjouées, appuyées par une voix posée et expérimentée. Terry Callier pourrait être considéré comme le précurseur d'une vague d'artistes sur laquelle surfe Cunnie Williams, MoSolidgold ou Dee Dee Bridgetwater. Son nouvel opus, " Speak your peace ", ne déroge pas à cette ambiance connue des passionnés de la soul. Le duo " Brother to brother ", commis en compagnie de Paul Weller, pourrait servir de référence aux esprits ouverts qui ne connaîtraient pas encore Terry Callier. A cet égard, nous aurons l'occasion de le découvrir sur scène en Belgique, dès septembre prochain au Botanique.

 

Terry Garland

Trouble in mind / The one to blame

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Terry est originaire du Tennessee, de Johnson City très exactement. Il y est né en 53. Il a joué, pendant vingt ans, dans des groupes locaux de R&B et de rock avant de tomber sous le charme du blues le plus pur. Celui de Robert Johnson, de Blind Willie McTell et de Lightnin' Hopkins. Il chante virilement en s'accompagnement d'une guitare. Il impose sa dextérité sur la slide et aime taper du pied au même moment.

Ces albums étaient sortis voici une dizaine d'années sous la forme de 33 tours, sur le label First Warning. Nous retrouvons ce remarquable chanteur de country blues en duo avec le leader harmoniciste des Nighthawks, Mark Wenner. Pour les deux albums, Terry mêle reprises de classiques avec des compositions personnelles.

Je retiendrai surtout du premier, les excellents traitements apportés à "Wand dang doodle" de Willie Dixon, "Upside your head" de Jimmy Reed, "Forty-four" de Howlin' Wolf, et au merveilleux "Trouble in Mind" de Sam Hopkins. Trois inédits figurent en bonus tracks :"Aberdeen" de Bukka White, une reprise tonique et acoustique du "Bad luck & trouble" de Johnny Winter et "Spoonful".

L'introduction du second album est très réussie. Garland attaque d'une voix rocailleuse et ravagée son "Good time blues", que ponctue le travail de Mark Wenner, à l'harmonica. Le son est sale. La tonalité de Terry sur le bottleneck est très bien rendue. A l'instar de la plage titulaire ou du "Phonograph blues" de Robert Johnson. Mes plages favorites sont cependant "Nasty boogie woogie" de Champion Jack Dupree, "A closer walk with tee", caractérisé par la pureté métallique de la National steel, sur fond de dixieland, "Rollin' and tumblin" et "It'll be me".

 

Terry Robb

Heart made of steel

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Terry Robb est un guitariste réputé dans le Nord Ouest américain. Il compte déjà plusieurs albums à son actif, mais n'est pas un musicien démonstratif. Il ne joue pas sur le son puisqu'il n'utilise ici que des instruments acoustiques. Ce qui ne l'empêche pas de s'entourer d'autres collaborateurs. Et dans ce contexte, c'est plutôt original.

Il ouvre l'album par " Home improvement ", une plage swinguante, découpée par le piano versatile de Miss Janice Scroggins et enrobée de toute une section de cuivres. La plage titulaire est un blues très roots, au cours duquel sa guitare acoustique tremble d'efficacité. Terry saisit sa bottleneck pour entamer un dialogue avec la lune, sur l'amusant "Little white moon". Proche du Memphis boogie, " Down and out " est imprimé sur un bon tempo, nerveux, renforcé par des cuivres. Bénéficiant du concours de la mandoline du compagnon de label, Steve James, la version du "Change my ways" d'Alan Wilson est bien rafraîchissante. Le swing revient avec l'alerte "Got me shakin' now". Sur "Now I know what they mean", nous nous retrouvons dans le jazz traditionnel. Terry n'est accompagné que par trois cuivres : sax, trompette et trombone. Robb n'est pas un chanteur remarquable. L'attention se focalisera donc davantage sur les diverses faces instrumentales qui complètent cet album. Et notamment le fabuleux exercice technique opéré sur "Omaha bounce", avec l'aide du piano jazz et swing de John Boe, ou lors du blues léger "Enron blues". On accordera le prix du bonheur de cet album à un duo instrumental qu'il partage avec Steve James, pour "Cypress inn stomp"...

 

Terry Evans

Walk that walk

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Tout comme Willie Dixon, Terry Evans est né à Vicksburg, au confluent du Mississippi et du Yazoo ; et sa voix reflète bien la chaleur de l'endroit. Une voix en or, qu'on a pu entendre derrière des artistes aussi célèbres que John Lee Hooker, John Fogerty, Maria Muldaur, Dave Alvin, et quelques autres... Depuis 62, il vit sur la côte Ouest. C'est sous la forme d'un duo soul, partagé avec Terry King qu'il s'est fait connaître à travers le monde. Il a franchi un nouveau pas, lorsqu'il a intégré le groupe de Ry Cooder. Ils commettront six albums ensemble.

Dans les années 90, Terry a mené sa carrière solo de manière impeccable. " Walk that walk " constitue déjà son 4è album ; et Ry Cooder est toujours de la partie, alors que Jim Keltner tient les percussions.

D'une pureté rare, forgée dans les chœurs de gospel, la voix d'Evans est un véritable instrument. Ecouter la plage titulaire, c'est tout de suite adopter l'homme. Après quelques notes soufflées par John Juke Logan, la voix grave et puissante nous fait frémir. Et les chœurs doowop enflamment l'atmosphère lorsque Terry est rejoint par Willie Green Jr et Ray Williams. On assiste d'ailleurs au même scénario pour "Dancin' with your belly up". Sa voix emporte tout sur son passage. Le backing des musiciens peut rester discret. Seul son ami Ry se permet de créer de courts soli, très inventifs. Comme sur "The story of my life". Une chanson qui dégage un climat proche du meilleur John Lee Hooker. L'accompagnement sobre du piano de Jeff Alviani suffit à sa voix pour une merveilleuse ballade, "A stone's throw away". Le timbre d'Evans et la slide de Cooder vous flanquent le frisson sur le merveilleux "Don't give up". Et sur le blues rythmé "Let's have a ball", tout est subtilement en place. Les cordes vocales d'Evans sont un trésor national aux USA et sont capables de vous arracher les larmes des yeux. Tendez donc l'oreille à "I'll get over you", et vous n'y résisterez pas...

 

Terry Lee Hale

Frontier Model

Bien que quadragénaire, on ne peut pas dire que l'œuvre de Terry Lee Hale soit particulièrement prolifique. A ce jour, il ne compte à son actif que quelques cassettes, deux albums ainsi que des participations sporadiques à l'une ou l'autre compilation. Mais depuis qu'il a décidé de se fixer à Seattle, les événements prennent pour lui une tournure de plus en plus favorable. Lors de l'enregistrement de "Frontier model", il a ainsi bénéficié du concours de Carla Togerson et de Chris Eckman des Walkabouts. Chris produisant par ailleurs ce deuxième elpee. Un environnement favorable au climat acoustique. Mais au sein duquel Terry ne s'enferme pas systématiquement, préférant un peu à la manière d'un Dylan, dynamiser son country folk (courtisé par le violon, le banjo, la guitare sèche ou l'accordéon) à l'aide de subtiles mais efficaces interventions de blues, de rhythm’n’blues et surtout de rock électrique...