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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Tess Parks

Des grenades pour Tess Parks…

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Née au Canada, mais établie à Londres Tess Parks sortira son cinquième elpee et le second en solo, « Pomegranate », ce 25 octobre. En fait elle en a gravé un en compagnie de Black Market Karma, et deux d’Anton Newcombe de Brian Jonestown Massacre. Ils sont d’ailleurs très amis. Et le Brian Jonestown Massacre constitue une référence pour Tess. Parmi ses influences, elle reconnait également Elliott Smith et les Dandy Warhols. On pourrait y ajouter Mazzy Star.

Tess décrit ses chansons comme des ‘drones alternatifs lo-fi qui baignent dans une ambiance hypnotique’.

En attendant la sortie de cet album, elle a partagé deux singles. Tout d’abord « Koalas », un morceau de psych-folk magnifiquement brumeux et lent, la voix enfumée de Parks flottant sur des guitares acoustiques et des accords de pianos légers, alors que des sifflements envoûtants sont dispensés par Molly Lewis. Ensuite « Crown Shy here »

Parks a déclaré au sujet de « Crown Shy here », dans un communiqué de presse : ‘Cette chanson est ma gratitude envers ma famille – et ma sœur en particulier – pour avoir été la principale raison de ma sobriété à cause de l’alcool, et le bonheur que j’ai ressenti en renouant avec elle après quelques années de dicorde. Dans un sens plus large, cependant, il est important de se rappeler que tout le monde dans le monde est lié. Nous sommes tous de la famille. Nous pouvons tous être dans la même équipe. Lorsque nous réalisons nos points communs au lieu de nos différences, lorsque nous réalisons et assumons notre part dans chaque situation et comprenons que nous sommes cocréateurs de nos réalités, nos mondes peuvent vraiment changer et cela ressemblera à un miracle.’

« Koalas » et « Crown Shy here » sont disponibles sous forme de clips, ici et là

Podcast # 47 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

Cigarettes After Sex

Cigarettes After Sex signe de plusieurs croix…

Cigarettes After Sex vient d’annoncer la sortie de son nouvel album. Intitulé « X's », il devrait paraître ce 12 juillet sur Partisan Records. Et sa prochaine tournée mondiale comprendra des concerts dans certaines des salles les plus emblématiques du monde, comme le Madison Square Garden et l'O2 Arena de Londres.

Avec un album rempli d’anecdotes crues, imagées, parfois obscènes, accompagnées de chansons pop envoûtantes, le chef d'orchestre Greg Gonzalez capture toutes les émotions qu'un arc-en-ciel romantique peut inspirer. Mais, alors que les albums précédents s'inspiraient d'un mélange de relations, « X's » se concentre en grande partie sur une seule relation qui s'est étalée sur quatre ans.

‘L'album est brutal’, admet Gonzalez. ‘Je pourrais m'asseoir et parler de cette perte à quelqu'un, mais cela ne suffirait pas. Je dois vraiment écrire à ce sujet, chanter à ce sujet, trouver la mélodie, et ensuite je peux commencer à l'analyser et à en tirer des leçons.’

Tout en continuant à observer les structures classiques des chansons pop, Gonzalez s'est éloigné des anciens éléments sonores des années 50 et 60, se sentant désormais attiré par les slows des années 70 et 80. Bien que (dans le style typique des Cigarettes) ces changements soient subtils, l'énergie globale qui en résulte s'apparente à des larmes reflétées par des boules à facettes sur la piste de danse.

Issu de ce futur elpee, « Tejano Blue » est en écoute là.

 

 

 

Nuevo Testamento

Nuevo Testamento au Bota !

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Nuevo Testamento est une formation dont les membres sont originaires de Los Angeles et de Bologne. Son dernier elpee, « Love lines », est paru en mars dernier. Sa musique est le fruit d’un cocktail extravaguant entre cold wave, Italo disco, garage rock et post-punk.

Sa musique est d'une insouciance optimiste, canalisant toute l'innocence ambitieuse des années 1980. La voix de Chelsey Crowley canalise l'attention. Le chant est perçant, enjoué et plaintif, à la manière des années 1980. Des lignes de synthé analogiques portent la compo.

Le band se produira ce 19 novembre au Botanique de Bruxelles. Plus d’infos ici

Issu de cet LP, le single « Heartbeat » est disponible sous forme de clip là

 

 

Lux Montes

Le temps des galaxies appartient à Lux Montes…

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Sur une ballade folk évoquant des temps psychédéliques, Lux Montes compose une ode à la nature.

La musicienne s'imagine que notre planète s’adresse au Vivant en scandant ce refrain : ‘je suis née au nom de l’amour’.

Comme si celle-ci nous demandait de respecter tout ce qu’elle porte en son sein : vivants, minéraux et végétaux.

Un voile d’organza ponctue le paysage pour symboliser l'omniprésence et l'empreinte de l'activité humaine sur les espaces de vie. Le film est une invitation à la contemplation, à la paix et à l’amour. Un hymne à la beauté simple et pourtant si puissante qui nous entoure et dont nous faisons partie.

La chanson « Le temps des galaxies » est extraite de l'album « La Traversée », paru le 24 mars 2023.

Magicienne de la chanson, Lux Montes brode sa poésie dans les tissus de l’âme.

À l’écart des refrains balisés, la chanteuse façonne un univers raffiné et envoûtant.

Sur son nouvel opus, « La Traversée », Lux Montes renoue avec sa langue maternelle et se dévoile un peu plus encore.

Dans un voyage piano-voix bordé d'incursions électroniques, elle nous convie à des instants intimes et puissants, d’inspiration néo-classique.

À écouter les yeux fermés et l’esprit grand ouvert !

« Le temps des galaxies » est à découvrir sous forme de clip ici

 

The Utopiates

The sun also rides

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The Utopiates est une formation londonienne fondée en 2020 ; et « The sun also rides » constitue son premier elpee. Ses sources d’inspiration majeures ? L’acid house des 80’s et la britpop des 90’s. On pense ainsi alternativement à Primal Scream, The Happy Mondays, aux Charlatans ou encore aux Stone Roses. Certaines plages (« Making history », « Ups and down » et son piano jazzyfiant) nous replongent même carrément dans l’univers ‘madchester’. Claviers fluides, percus tropicales, rythmes funkysants et solos de guitare psychédéliques alimentent alors l’expression sonore. Encore que parfois, on perçoit des réminiscences empruntées à Steely Dan (« Devolution »), Spencer Davis Group (« Sick love ») et même Santana (ces sonorités de sixcordes et ces claviers fluides !). Mention spéciale au percutant titre maître, dont le tempo irrésistible vous incite spontanément à danser ou à frapper du pied…

Tess Parks

Tess Parks regarde les anges danser…

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Tess Parks est une chanteuse de rock psychédélique originaire de Toronto au Canada. Originaire de Toronto et établie depuis à Londres, Tess Parks vient de publier un extrait de son nouvel album "And Those Who Were Seen Dancing", sorti ce 22 juin 2022. Intitulé "I See Angels", il bénéficie d’un clip vidéo disponible ici

A ce jour, elle a gravé un opus solo en 2013, "Bloodhot" et deux elpees en collaboration avec le chanteur du Brian Jonestown Massacre, Anton Newcombe, "I declare nothing" en 2015 et "Tess Parks & Anton Newcombe" en 2018.

Pour "I See Angels", elle a déclaré : ‘Cette chanson a été écrite en quittant New York et pour la vidéo, j'ai toujours eu cette vision de ballerines dansant dans toute la ville... J'ai découvert le travail de Joe Bressler et je l'ai adoré. Comme il vivait à New York, nous avons décidé de collaborer. Nous avons vaguement discuté des lieux, mais sans le savoir, il a fini par choisir des endroits qui avaient une grande signification sentimentale pour moi. J'adore la façon dont la vidéo se termine, avec cette belle ballerine enfin libre et dansant dans la nature. Toute cette dernière séquence de danse est encadrée comme un véritable tableau de la Renaissance…’

Pour découvrir le clip de "I See Angels", c’est ici

 

 

Protestant Work Ethic

My idea of fun

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« My idea of fun » serait le quatrième opus de Protestant Work Ethic, une formation viennoise dont le patronyme s’inspire d’un livre signé Max Weber, un personnage considéré comme un des fondateurs de la sociologie moderne. Pas la peine, cependant, d’y chercher un quelconque rapport entre l’essai du philosophe, économiste et politicien allemand et la musique de la formation autrichienne. Ce choix était tout simplement anecdotique.

Pour enregistrer ce nouvel elpee, le groupe a bénéficié du concours de Marin Siewert (Christian Fennesz, Kammerflimmer Kollektief, etc.) à la mise en forme. Simon Usaty en est le leader. Il se consacre aux guitares, au ukulélé, à l’accordéon et au banjo. Et chante d’une voix douce qui rappelle parfois celle de Cat Stevens. Il est soutenu par un drummer, un contrebassiste, des cuivres et un second vocaliste, mais également des musiciens de studio, parmi lesquels figurent des violoncellistes, flûtistes et préposés aux cuivres dont un sousaphoniste. Notamment ! Fondamentalement folk et minimaliste, la musique de PWE vire parfois à la prog. Pensez à Magna Carta, The Incredible String Band, Stackridge et surtout The Beta Band. Encore que parfois l’ombre du Genesis de « Trespass » se met à planer, mais sans les envolées du mythique band britannique. Bercé d’harmonies vocales sinusoïdales, « Oh, but I will wring your heart yet » réveille même le souvenir de Gentle Giant. On y croise également des chœurs angéliques ou fantomatiques, selon les morceaux, mais également un orgue à soufflets (« Halfway point »). La surprise, c’est cependant pour la fin. Tout d’abord lors de l’excellent « A fun weekend, again », qui après des notes de sèche jouées délicatement en picking, monte en crescendo, se frotte à l’électricité, invite un banjo et rebondit sur une basse caoutchouteuse. Et enfin, sur le dernier morceau, « Beached », au cours duquel les oscillations de claviers vintage mais liturgiques, nous replongent dans l’univers d’Eyeless In Gaza, malgré quelques accords de guitare surf…

Test Dept

Disturbance

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Dans l’univers de la musique industrielle, Test Dept (ou Test Department) a vraiment marqué les eighties de son empreinte. Et pas seulement à cause de sa musique, mais aussi parce qu’il a pris parti pour la classe ouvrière britannique sous le mandat de Margaret Thatcher. Aujourd’hui, il est considéré comme un vétéran du style. Son dernier elpee, « Tactics of evolution » remontait quand même à 1997. A partir de cette époque, les différents membres du groupe se sont lancés dans d’autre projets artistiques et culturels. Et puis, en 2014, Graham Cunnington et Paul Jamrozy ont décidé de remonter le combo sous un nouveau line up et de repartir en tournée. Cinq ans plus tard, Test Dept publie donc son 14ème elpee. Et son titre est toujours aussi engagé. « Disturbance » reflète l’état d’une société en crise, victime d’un néo-libéralisme qui a entraîné l’austérité, le chômage et l’inégalité entre les revenus, mais également s’inquiète de la menace imminente d’un conflit nucléaire…

Découpé en 8 pistes, cet LP nous rappelle que s’il a été influencé par Cabaret Voltaire, Test Tept a aussi influencé Einstürzende Neubauten et même Front 242. Il est d’ailleurs amusant de retrouver ces références électro/indus ou électro/body/music (EBM) tout au long de cet opus. A l’instar de Laibach, l’hymnique « Speak truth to power » a recours aux synthés orchestraux. Plus paisible voire lunaire, « Debris » baigne au sein d’une forme d’ambient. Sombre et tourmenté, « Full spectrum dominance » est sous tension permanente, mais n’explose jamais, nous réservant des échantillonnages de voix de dictateurs, de tribuns ou de chefs-terroristes que la foule acclame. Le meilleur morceau est pour la fin, « Two flames burn ». Oriental, son intro évoque celui du « Larks’ tongues in aspic » de King Crimson, motif qui réapparaît au fil d’une plage grimpant progressivement en intensité, sur des rythmes et des chœurs martiaux, avant de s’achever par un glas à vous glacer le sang... Un album vraiment perturbant…

The Raveonettes

La bande-son parfaite des meilleurs Cult B-Movies...

Deux concerts, deux styles, deux fois plus de plaisir. Enfin presque : le rock éthéré des Français d'Overhead a beau se la couler douce dans nos oreilles (imaginez Doves en vacances chez Zero 7), l'envie d'aller boire une bière fraîche aura eu raison de notre patience. Et puis ces clones vocaux de Jeff Buckley commencent vraiment à nous saouler, surtout quand on est venu non pas pour planer, mais pour taper du pied. Overhead aura distillé un certain vague à l'âme certes agréable, à condition d'avoir descendu juste avant quelques blanches. La véritable raison de notre présence n'était donc pas Overhead et son trip-rock un peu plat comme une pinte éventée, mais bien le groupe d'après, celui vers lequel se tournent aujourd'hui, en ces temps rock'n'roll, tous les regards.

Pas que The Raveonettes soit plus original que tous les autres, loin s'en faut : seulement, voilà, il y a une fille à la guitare, qui plus est une Danoise, genre blonde de chez blonde. Heureusement d'ailleurs, parce que l'autre membre de ce duo (renforcé en live d'un batteur et d'un guitariste balèzes) ressemble plus à votre voisin de palier qu'au dernier martyr du rock garage tendance 2003. Sharin Foo (guitare/voix) pourrait bien jouer et chanter faux qu'on n'y trouverait rien à redire : ce déhanchement qui accompagne chaque pincement de cordes, cette moue appliquée sans doute répétée devant le miroir de sa coiffeuse, cette nonchalance désabusée lorsqu'un refrain se fait violent, les cheveux dans les yeux et le dos cambré… Aaahh ! ! ! Et que dire de la musique : un mélange de rock'n'roll et de pyché-pop façon sixties, comme si Jesus & Mary Chain jouait les Ronettes en accéléré dans les studios Toerag. Voilà la bande-son parfaite des meilleurs Cult B-Movies, une relecture sauvage de la surf music, mais sans ses clichés éculés. Sune Rose Wagner (voix/guitare) n'est certes pas glamour comme sa copine, n'empêche qu'il assure. On pourrait tout de même reprocher au duo son manque d'originalité sur la longueur : leur EP « Whip It On », pourtant très court, n'évite pas les redites – guitare fuzz, voix en écho, murmures monocordes,… Leur son, déjà reconnaissable entre mille, se révèle en fin de compte rapidement unichrome. Mais leur premier album, prévu pour août devrait, on l'espère, nous réserver quelques surprises, à l'écoute de ces « Let's Rave On », « Remember » et « Rebel Invasion » moins prolo-rock que disco-punk FM. A cet égard, une chose est sûre : quand Sharin laisse exploser son côté Debbie Harry, c'est plutôt chaud. Après 40 minutes, il aura bien fallu quelques bières pour refroidir toute cette ardeur. Au Pukkelpop, on prévoira deux packs de six.  

 

Tristesse Contemporaine

L’art de mélanger les genres…

Ils vivent tous trois à Paris mais sont issus d'horizons différents. Leo Hellden (déjà aperçu chez Aswefall) est suédois d'origine, Narumi vient du Pays du Soleil Levant et Maik (ex-Earthling), de Jamaïque, après un crochet par Londres. Leur rencontre a accouché d’un trio unique de musiciens éclectiques, qui font éclater les limites fictives entre les genres musicaux. Ils mélangent ainsi post-punk, minimal synth, kraut, house et même rap au sein d’un cocktail véritablement singulier. Remarqué en 2012 par Karl Lagerfeld, qui les avait programmés lors du défilé ‘Chanel Printemps/Eté’, le groupe a depuis tracé un profond sillon dans le paysage de la musique alternative, signant trois albums et trois Eps remarquables. Musiczine les a rencontrés en marge du concert accordé à l'Atelier 210, à Bruxelles, aux côtés de Vox Low et Radar Men From The Moon, une soirée mise en place par Goûte mes Disques et Les Actionnaires.

Parlons tout d'abord de ce patronyme : Tristesse Contemporaine. Il s’inspire d'un bouquin, si je ne m'abuse ?

Leo : Oui, écrit par un historien de l'art, un Belge, justement, Hippolyte Fierens-Gevaert, un livre publié en 1899. Il s'intitule ‘Tristesse Contemporaine, un essai consacré aux grands courants moraux et intellectuels du XIXe siècle'. Je travaillais dans les ouvrages anciens et l'expression 'tristesse contemporaine' m'a plu.

Votre style musical est unique en son genre. On y décèle, entre autres, une inspiration très orientée 'wave', voire même ‘post punk'. Exact ?

Leo : Beaucoup de gens pensent que nous nous sommes inspirés des noms en langue française des groupes des années '70-'80, comme Cabaret Voltaire ou Trisomie 21...
Narumi : Liaisons Dangereuses...
Maik : Depeche Mode... Tiens, ils ne sont pas de nationalité belge, Depeche Mode ? (rires)
Leo : D'une certaine façon, on avait envie de revivre cette époque des eighties, un âge d'or dans beaucoup de domaines artistiques. Mais l'objectif n'était pas de créer nécessairement de la musique orientée 'wave'.
Narumi : On souhaitait juste opter pour un nom de groupe en français, vu qu'on était tous les trois des expatriés vivant en France.
Leo : Au début, on avait écrit une chanson très 'wave', intitulée « In The Wake », en forme de clin d'oeil à The Wake, une formation de post-punk issue des années quatre-vingt.

Mais le titre de TC le plus emblématique, le plus connu, c'est quand même « I Didn't Know » (en écoute ici) ?

Leo : Oui, c'est celui qui a rencontré le plus de succès.

Où puisiez-vous votre inspiration, à l’origine ?

Narumi : L'album qui nous relie tous les trois, c'est « Seventeen Seconds », de Cure.
Leo : J'ai aussi flashé sur Cocteau Twins, suite à une rencontre avec son guitariste, Robin Guthrie. C'est un peu plus soft, onirique, mais ça me plaît beaucoup.
Narumi : Oui, Cocteau Twins, c'est énorme.
Leo : J'aime surtout les sonorités de guitare. Par exemple, sur notre premier titre, « 51 Ways to Leave Your Lover », en fin de parcours, elles sont très inspirées de Robin Guthrie. A l'époque, j’avais même acheté le même matériel que lui.
Narumi : On est aussi marqués par Can et le krautrock en général. A cause de cet aspect répétitif...
Leo : Hypnotique…
Narumi : On aime aussi le krautrock électronique, comme, par exemple, celui de Cluster.

En outre, dans votre musique, il existe un élément 'dance', 'groovy', un côté syncopé qui rend les chansons irrésistiblement dansantes...

Maik : Oui, on a un 'shuffle' très post punk, inspiré par Martin Hannet. Et on est très créatifs en matière de sons. On utilise des canettes de bière, même des paquets de chips ! (rires)

C'est une démarche très 'industrial', très berlinoise, abordée un peu dans l’esprit de Einstürzende Neubauten !

Leo : Oui, c'est très 'industriel'. On aime mélanger les genres.

Abordons vos productions récentes. L'année passée, vous avez publié l'album « Stop and Start » et il y a quelques jours, un single « Out of my Dreams » (en écoute là) qui, à mon sens, présage une nouvelle direction ?

Maik : Pour ce morceau, oui mais pour la suite, on ne sait pas. On l'a enregistré assez rapidement, sans réfléchir. Il est plus rap.

Oui, en tout cas dans la partie vocale.

Maik : Toutes nos nouvelles compos convergent vers le rap. Mais c'est un rap anglais, très trash, très punk, pas du tout comme le rap américain. On est plus proche de celui pratiqué par Sleaford Mods.

Au niveau de la musique, j'ai décelé dans le ‘track’ un côté années '90, un peu 'acid'...

Leo : Ce titre était un peu une expérimentation. C'est pourquoi on ne peut pas dire que ce soit vraiment une nouvelle orientation pour notre projet. Une de nos influences actuelles est Rage Against The Machine. Je rêve depuis longtemps de réaliser un morceau aussi puissant que « Killing In The Name of ». L'autre option, c'est d'aller vers quelque chose de plus 'freaks', un peu comme Marilyn Manson. L'envie de choquer un peu.

De sortir de sa zone de confort ?

Leo : Oui. De réaliser quelque chose qui dérange un peu.
Maik : Il existe aussi le côté 'emo-rap'. On aime bien flirter un peu avec cette vague qui marche très fort pour l'instant. Le trash et même le mauvais goût...
Narumi : C'est un peu comme dans la mode. Elle peut être 'shocking' et en même temps, très 'classe'.

En conclusion, que recommanderiez-vous comme titres intéressants à (re)découvrir ?

Maik : J'ai récemment entendu un morceau de MorMor intitulé « Heaven's only wishful ». C'est davantage de la pop que de la wave mais j'aime bien ce mélange de genres.
Narumi : Perso, il s’agit d’un titre de Not Waving, avec le featuring de...

... de Marie Davidson ?

Narumi : Oui, c'est ça : « Where are we ».
Leo : De mon côté, je choisis le remix que nous avons réalisé du titre « Piscine Palace » de LuLúxpo. C'est un couple franco-argentin qui vivait en Suisse et s’est aujourd’hui établi en Espagne.

Merci à Tristesse Contemporaine, Atelier 210, Goûte Mes Disques, Les Actionnaires, Corida, WAVES et Radio Vibration.

Rob Lutes

Walk in the dark

Écrit par

Chanteur/compositeur, Rob Lutes est issu de Montréal. Son style musical, qui oscille entre le folk et le blues, est considéré aujourd’hui, comme de l’américana! Son premier elpee, "Gravity", est paru en 2000. Et "Walk in the dark" constitue son septième. Pour la circonstance, il a reçu le concours de musiciens locaux. La prise de son s'est déroulée à Montréal. Sur les treize plages, le Canadien en signe douze, s’autorisant en outre, une reprise du chanteur folk américain, John Prine.

Roots song, "A little room" bénéficie d’une jolie mélodie. Grave et un tantinet éraillée, la voix de Rob émerge d’un ensemble, au cours duquel la basse se révèle très présente, alors que piano électrique, orgue, cordes acoustiques et électriques tissent la structure instrumentale. Abordé sous la forme d’une ballade, "There's no way to tell you that tonight" rend un très bel hommage au bluesman James Cotton. Le ton reste solennel. La voix monte facilement en puissance, alors que la guitare de Rob MacDonald se réserve un bel envol, relayé par l'harmonica de son compatriote –un pote– Guy Bélanger. Excellent! Et "Spence", au regretté guitariste bahaméen Joseph Spence, disparu voici plus de trente ans. Caractérisé par sa conjugaison de cordes acoustiques et électriques, "I am the blues" est un blues cool. Et on a même parfois que Rob chante juste en face de nous. Le titre maître est aussi le meilleur. Grâce à son sens mélodique et à sa construction harmonieuse. Mais également aux interventions d’orgue et de piano que se réserve Bob Stagg. Un véritable régal ! Le long playing recèle plusieurs ballades roots, dont le "Rocky Mountain time" de John Prine est certainement la plus intéressante. Caractérisé par la guitare quasi-manouche, "Believe in something" est souligné par l'harmonica de Guy Bélanger. Et ce dernier brille encore sur "Better past", une plage dynamisée par la basse acoustique. Deux titres qui achèvent le long playing et ne manquent certainement pas de swing.

 

Testament

Pas encore prêt à signer son testament

Écrit par

Les ami·e·s de la veste patchées se sont donné rendez-vous ce dimanche au Trix. Et pour cause, la salle anversoise a programmé trois pointures du Thrash : Testament, Annihilator et Death Angel. Des formations trahissant déjà plus de trois décennies au compteur. Et pas vraiment une bande de petits rigolos. Une affiche très riche, au line up certes discutable, mais qui va offrir à la foule en présence, un spectacle tout en puissance, truffé de riffs dévastateurs et doublé de blasts écrasants. Une leçon en la matière !

S’il fallait un bel exemple d’une journée d’automne en Belgique, ce 12 novembre en est la plus parfaite incarnation : des averses en rafales, un ciel aussi plombé que menaçant et quelques grêles offensives. Donc, une pénombre à perpète. Autant dès lors retourner la situation : quoi de mieux que d’affronter les forces de la nature afin de se préparer à cette soirée qui s’annonce d’ores et déjà épique ? Preuve en est, les metalheads sont nombreux dès le début des hostilités.

Y assister ou ici l’écrire demeure encore maintenant un paradoxe : Death Angel entame cette nuit. Sur les planches depuis 82 (NDR : en tenant compte, certes, du break de dix ans entre 91 et 2001), ces Californiens servent de fers de lance au Thrash de la Bay Area (au même titre qu’Exodus ou Metallica, pour ne citer que les plus notoires), depuis trente-cinq années. Et pourtant, c’est bien à eux que revient la tâche de tirer le premier coup de fusil. Et quel coup ! En toute simplicité, la bande à Oseguada débarque sur les planches et déverse un set intense et carré, sans breaks. Mais il sera court, bien trop court ! Trente-cinq minutes (alors qu’elle aurait pu en réserver quarante, soit un morceau de plus), c’est décidément trop peu pour l’aura dont bénéficie la formation. Quoi qu’il en soit, les six morceaux vont se focaliser principalement sur la partie la plus récente de sa carrière. « Father of Lies » et « The Moth », issus de son dernier elpee, ouvrent et clôturent le set. Mais les fans de la première heure ne seront pas pour autant négligés, bénéficiant des premiers riffs d’un « The Ultra Violence » (remontant à 87, cette plage atteint plus de dix minutes…) enchaîné au vitaminé « Thrown To The Wolves » (2004) avant de revenir, back in the years, à « Mistress of Pain ». La puissance vocale de Mark Oseguada est toujours aussi impressionnante. Son éternelle bouteille de Blue Bombay –à la main– est cependant aujourd’hui davantage entamée que lors de l’Alcatraz, en août dernier. Et on n’en oubliera pas pour autant ses musiciens, dont la bonne humeur est communicative. Bref, le band aurait pu, sans aucun problème, doubler la durée de sa prestation. (Voir les photos ici)

Autre set, autre pointure : l’espace est aménagé pour les Anglo-canadiens d’Annihilator. Deux structures entourent de part et d’autre la batterie, flanquées d’une représentation plutôt pileuse d’une gargouille démoniaque à trois yeux. Cette interprétation est issue de leur dernier opus, « For The Demented », paru il y a un peu moins de dix jours. Trois pieds de micro sont disposés sur l’estrade, dont un au milieu, réservé au chanteur/guitariste, mais également leader, Jeff Waters, reconnaissable à sa bonnette rouge (le pied de micro, pas Jeff hein !) et sa ribambelle de plectres accrochés (qu’il ne distribuera d’ailleurs pas). Le combo va bénéficier d’un temps de set un peu plus conséquent, soit dix minutes de plus, mais n’en tirera pas profit, se perdant même de temps à autre dans des breaks tirés en longueur, entre deux morceaux. Responsable de seize albums studio (!) à ce jour, il va étaler ses différentes couleurs musicales : un Thrash tantôt classique (« Phantasmagoria »), tantôt plus heavy (le ‘kingdiamondien’ « Alison Hell », au cours duquel le vocaliste n’assure pas les parties aiguës, invitant plutôt le public à le suppléer) ou qui lorgne carrément sur le Death (un « Twisted Lobotomy » sous stéroïdes). Des approches musicales variées, mais parfois déroutantes, privant dès lors le set de tout fil rouge. En outre, Jeff Waters éprouve désormais des difficultés pour assurer le chant en solo, depuis le départ de Dave Padden, en 2014. Malgré une présence scénique très charismatique (parfois un peu trop), il ne convainc pas encore entièrement, derrière le micro. Il n’empêche que les mélomanes, principalement massés aux premiers rangs, s’en sont donné à cœur joie et n’ont pas hésité à donner de la voix tout au long du show. Les nombreux t-shirts frappés à l’effigie du band confirment qu’une bonne partie de l’auditoire avait effectué le déplacement pour eux. Quant à la place réservée à Annihilator et Death Angel sur l’affiche, le débat reste ouvert. Certains affirmeront qu’Annihilator a publié un nombre de long playings bien plus important… Mais reste à savoir si la notoriété d’un combo dépend de son imposante discographie, surtout quand la qualité est sacrifiée sur l’autel de la production. Le débat ‘métallien’ se poursuit autour d’une mousse, avant de rejoindre la fosse pour applaudir les héros du jour. (Voir les photos là)

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Testament va en imposer. Tout d’abord visuellement : le groupe occupe tout le podium. Un immense backdrop couvre l’arrière de la ‘stage’. Au milieu de cette toile figure la représentation d’un cobra beige à trois têtes, gueules grandes ouvertes et tous crochets dehors. À la base de cette effigie animale trône le set de batterie de Gene Houglan, tout en métal argenté. De part et d’autre est disposée une plate-forme, accessible par deux escaliers posés à gauche et à droite de la batterie, le tout recouvert de drapés enrichis de hiéroglyphes. Les extrémités de la plateforme sont flanquées de deux disques, au milieu desquels s’inscrit un pentagramme sur la pointe et doté d’un crâne animal, la langue pendante. La tonalité est donnée : la fosse risque de s’en prendre plein les dents.

Les projecteurs diffusent une lumière rouge. Des jets de fumée s’échappent à l’avant du podium. Et le batteur opère une entrée triomphale, baguettes croisées en guise de salut à son public. Il est rapidement suivi par le reste de la troupe. Soudain, la voix gutturale et grondante de Chuck Billy transperce les ténèbres et clame : ‘Are you ready Belgium?’ La machine s’emballe, les enfers ouvrent leurs portes pour laisser s’échapper le surpuissant « Brotherhood of the Snake », le titre éponyme du dernier LP. Et tout aussi survolté, « Rise Up » embraie. Un véritable mur de son s’abat sur le Trix. Chuck a enfilé un t-shirt parodiant, au nom de son groupe, la typographie du whisky ‘Jack Daniels’, recouvert d’une veste noire, sans manches, de type motard. Et il domine littéralement la foule. L’éclairage s’échappant du bas de la scène ne fait qu’amplifier son imposante stature de natif américain de la communauté pomo. À ses côtés, pied de micro relevé plus haut que la tête, à la manière de feu Lemmy Kilmister, le leader de Motörhead, l’impressionnant bassiste Steve DiGiorgio toise ironiquement la foule, derrière un sourire effacé et énigmatique.

La part belle du set va privilégier les titres du dernier long playing, dont « Stronghold », au cours duquel le vocaliste indiquera toute l’importance de cette compo, ne manquant pas de rappeler ses origines indiennes. ‘Il y a maintenant un petit temps que nous tournons avec les mêmes morceaux… On a décidé de vous faire une surprise, c’est la première fois que nous le jouons en Europe…’, confie Chuck, avant d’entamer l’éponyme « Low » (1994). Rompu aux grands espaces, Testament propose en salle un set différent. Comme tête d’affiche, il bénéficie du double de temps généralement imparti lors d’un festival ; l’occasion de gratifier la fosse de solos exécutés par chacun des musiciens. Mais autant celui d’Eric Peterson, guitariste rythmique, apparaît plutôt plat, autant ceux du bassiste Steve DiGiorgio, du batteur Gene Hoglan et du guitariste solo Alex Skolnick (ah quel bonheur, d’entendre ces influences puisées dans le jazz) vont se révéler de véritables prouesses artistiques. Des envolées destinées à faire exploser les barrières du Thrash. Ces trois ponctuations suspendues dans le temps ont offert, non seulement un moment de respiration appréciable, mais permis de toucher du bout des doigts, le temps de quelques minutes, l’étendue et le génie artistique de ces musiciens.

Les fans de la dernière heure seront généreusement arrosés de nouvelles compositions, mais les têtes grises ne seront pour autant pas oubliées grâce, entre autres, à un « Into the Pit », datant de 88, célébrant toute l’attitude gestuelle rituelle pour ce type de concert. Un hymne au Metal qui ne manque évidemment pas de mettre le feu à la fosse. Les métalleux se bousculent. Leurs épaules s’entrechoquent. Quelques courageuses et courageux passent en slam au-dessus des têtes. Petit bémol quand même, pour la forme : Chuck Billy ne connaît pas tous ses lyrics par cœur et doit recourir à un prompteur, habilement dissimulé dans le décor.

En une heure et demie de concert, les Américains ont assuré une prestation digne du rang qu’on leur confère. Alors que leurs apparitions estivales laissent souvent les festivalier·ère·s sur leur faim, les titans du Thrash ont ici eu le temps et l’opportunité de déployer tout leur savoir-faire. D’autant plus qu’à l’instar de bon nombre de groupes contemporains, Testament ne se repose pas sur son passé. Il ne survit pas accroché à ses golden years. Au contraire, Testament ne cesse de se bonifier, d’année en année, d’album en album. Une perpétuelle remise en question, une graduelle montée en puissance, une ascension permanente. Parvenir à prendre du galon, après trente-quatre années sur les routes ; seuls les plus grands peuvent y arriver. Pas encore prêt à signer son propre testament... (Voir les photos ici)

Setlist : Brotherhood of the Snake - Rise Up - The Pale King - Centuries of Suffering - Electric Crown - Into the Pit - Low - Stronghold - Throne of Thorns - Eyes of Wrath - First Strike Is Deadly - Urotsukidôji - Souls of Black - The New Order // Rappel : Practice What You Preach - Over the Wall

(Organisation: Biebob/Rocklive)

Merci à Nuclear Blast


 

 

Les Comptes de Korsakoff

Ghost train

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Les Comptes de Korsakoff est une formation savoyarde qu’on pourrait qualifier de barrée. Et pou cause, si son univers expérimental est jazzyfiant, il laisse également de l’espace au rock et au cabaret. Un peu comme si Tom Waits (« Ghost Train ») invitait Primus (« Sailing Out of Sight ») à une séance cinématographique sonorisée par DAAU (« Monologue of the Beggar »). Quatrième elpee, « Ghost Train » fait suite à « Projectioniste », paru en 2014. Il conte les affres d’un homme forcé d’embarquer dans un train fantôme, porteur d'un bouquin mystérieux, qui relie les personnages entre eux et entraîne des rencontres.

Entre dissonances et mélodies tordues, l’expression sonore –ténébreuse– se nourrit de cuivres (trompette, trombone, saxo), de cordes (violoncelle), mais également d’un piano ‘bastringue’ ; de quoi varier les climats. Une belle découverte pour les mélomanes en recherche d’originalité…

 

Nicola Testa

Tests réussis pour Nicola Testa !

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Il s’agit du premier concert accordé à l’Ancienne Belgique par Nicola Testa, et il le mérite. A force de travail… Comme il l’a annoncé, il va proposer un spectacle inédit, créé spécialement pour cette date ; un show unique en son genre dont les costumes ont été dessinés par Jean-Paul Lespagnard. La salle n'est pas tout à fait sold out. Les deux balcons latéraux sont masqués d'un drap noir. Toutes les places assises sont occupées, mais la fosse est bien compacte.

Le supporting act est assuré Simon LeSaint (SLS). Il va nous proposer un Dj set d’une demi-heure. Il n’établit aucune communication avec le public. Pas vraiment de quoi accrocher…

Tout comme la veille, à La Madeleine, un interlude est exécuté par David Léo, alias David de Froidmont, l’ex-vocaliste de Malibu Stacy. Il vient interpréter son « Down The Hall ». Deux filles déploient des affiches sur lesquelles figurent le titre de ce tube, le nom de l'artiste, son Facebook et son Twitter. Et cette fois-ci, les filles brandissent bien les affiches à l'endroit.

Trois ans déjà que Nicola Testa arpente les planches de différentes salles et festivals en Belgique, soutenu par une fidèle équipe et un solide groupe. Son album, « No More Raibows », est paru en mars 2015. Un disque enregistré sous la houlette d’Antoine Gaillet, pour lequel il a notamment reçu le concours de Julien Doré, Talisco et M83. Et il a été élu ‘Meilleur Artiste de l'Année’, en 2016, par les Octaves de La Musique.

Tous les musicos ont droit à une estrade. Les deux claviéristes plantés à gauche. Le drummer et le bassiste, à droite. Et Nicola au centre, sur laquelle est installé un piano. Sans oublier une section de trois cuivres, qui viendra épauler le line up, à plusieurs reprises, au cours du set. Le light show est coloré et marque chaque artiste de son empreinte.

Nicola va donc nous proposer des versions différentes de compos issues de son elpee. Un véritable test quoi ! Alexandre Leroy (Puggy) est derrière les manettes. Le son devrait donc être nickel.

Caractérisé par son profil électro, « World » ouvre le concert. La section rythmique démontre déjà toute son efficacité. Derrière son micro, Nicola frappe dans les mains et incite la foule à l’accompagner. Elle s’exécute. Faut dire qu’il dégage énormément de sympathie –il n’oublie pas de le saluer et de remercier l’auditoire– et puis il peut compter sur un fan base de plus en plus conséquent. C’est même lui qui fait monter la température, dans la salle. L’adaptation de « Cells » est surprenante. Les titres défilent, toujours différents des versions originales : « Lost And Found », « Land Of Glass », « Home  »… Pourtant percussif, « Mellotron skies » met en exergue la voix atmosphérique de Nicola. Dominé par des claviers réminiscents des 80’s, « The Letter » a été judicieusement rafraîchi, afin de prendre une forme plus contemporaine. Nicola change régulièrement de fringues. Lors de ses brèves absences, les musicos en profitent pour étaler tout leur brio d’instrumentistes. Une fille habillée tout en rouge surgit pour attaquer « Koko ». Elle entame alors une danse endiablée et presque chamanique. Déroutant !  

En rappel, « Rainbow » constitue la véritable apothéose du concert. Les cuivres sont de la partie pour cette compo au cours de laquelle, chargée d’émotion, la voix de Nicola va véritablement faire mouche et faire fondre les cœurs de tous ses aficionados. Quoique responsable d’un seul opus, l’artiste est quand même parvenu à proposer un show de 105 minutes. Tests réussis pour Nicola Testa !

(Organisation : Progress Booking)

Mates Of State

You're going to make it (Ep)

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Mari et femme dans la vie, Kori Gardner et Jason Hammel incarnent, depuis 1997, le duo Mates of State. Le couple texan a déjà publié 8 albums. Et "You're Going to Make It" constitue déjà son quatrième Ep. Mais malgré sa discographie impressionnante et vingt longues années de carrière, on ne peut pas dire que le projet jouisse d’une grande notoriété. D’ailleurs après avoir écouté les cinq plages de ce disque, on comprend mieux pourquoi. La power pop de Mates of State est digne des boys band qui ont sévi au cours des 90's. Et j’exagère à peine. A grands coups de claviers, de démonstrations vocales et de refrains éreintants, les deux partenaires pondent des ‘tubes’ pop pour ados prépubères. A l’instar du morceau mielleux qui ouvre cet Ep, "Staring Contents". Et le reste est de la même veine !  D’ailleurs si la plaque avait excédé les 20 minutes, je doute fort que ma patiente aurait pu aller au-delà. Une consolation !

 

Nicola Testa

La boucle est bouclée…

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C’est dans le cadre de la promotion de son nouvel album, sorti fin mars 2015, que Nicola Testa a accordé cette interview à Musiczine. Ne parvenant pas à aligner nos agendas respectifs, c’est par téléphone que ce sympathique entretien s’est donc réalisé.

Nicola, l’accueil critique de ton premier LP, « No more Rainbows », est excellent. Une réaction ?

Je suis évidemment très content des échos plutôt favorables des médias et du public à propos de cette sortie. Je ne m’attendais honnêtement pas à un tel engouement.

Tu as travaillé en compagnie d’Antoine Gaillet (Julien Doré, M83, Talisco, François & The Atlas Mountains, ...), déjà considéré comme une pointure dans le milieu. Es-tu parvenu à gérer facilement la pression inhérente à sa présence ?

Au début, j’étais impressionné ! Nous ne nous connaissions pas. Il a écouté mes démos. Je me suis penché sur le travail qu’il a réalisé. Nous nous sommes ensuite rencontrés à Paris, un après-midi, dans son studio d’enregistrement. Nous avons beaucoup dialogué au sujet de nos attentes respectives. Nous nous sommes rapidement trouvés des points communs dans le domaine de la musique, même si nous nous ne partageons pas exactement les mêmes goûts dans ce domaine. Ensuite, je suis arrivé en studio avec des bandes et un matos sous le bras.

L’elpee reflète un univers très contrasté. Il est à la fois très lumineux et très sombre. Comment s’est-il construit ? Avais-tu un postulat de départ précis ou alors les sessions se sont-elles déroulées naturellement ?

De manière très instinctive. Ensuite, il est clair qu’on est amené à prendre une certaine direction. C’est obligatoire ! Ce disque, je l’ai voulu varié, mais cohérent. Antoine Gaillet en a produit la quasi-totalité. Nous avons œuvré de concert afin de trouver un son qui me corresponde totalement. La suite s’est ensuite mise en place naturellement. C’était une expérience très enrichissante !

Es-tu sensible à la critique ?

On ne peut pas être totalement insensible à la critique, mais j’essaie, dans la mesure du possible, de n’y accorder que peu d’attention. On ne peut évidemment pas plaire à tout le monde ! Cela fait partie du jeu ! Je fais ce qui me plait et le public s’y retrouve. Ceux qui n’aiment pas, tant pis ! Il faut être content de soi. A partir du moment où on est fier du travail accompli, la critique devient accessoire.

On a l’impression que tes influences sont assez rétro et se nourrissent aux années 80... Tu confirmes ?

Il s’agit d’une tendance qui se généralise actuellement, dans le milieu de la pop. Mais l’album va au-delà car il propose une palette de couleurs variées : il y a des sonorités techno, rock et folk aussi. Je ne voulais rien m’interdire. Je souhaitais construire des chansons en laissant le plus possible d’ouverture. Il est la résultante de tous ces paramètres… Mais, tout en gardant à l’esprit cette culture musicale qui m’est propre.

L’elpee s’ouvre par « Rainbow » et se termine par « No more Rainbows ». Pourquoi ne pas avoir choisi de terminer ton disque par une note positive ?

L’idée était de transformer un message négatif en force. Finalement, je ne sais pas si la notre est vraiment négative parce qu’il y a quand même de l’espoir dans cette chanson. Il s’agirait plutôt d’une boucle. Lorsqu’on arrive en fin de parcours, il suffit d’appuyer sur le bouton ‘repeat’ et de recommencer par « Rainbow ». La boucle est bouclée !

La pochette est plutôt conceptuelle. Les couleurs sont brouillées et partent dans tous les sens. Pourquoi ne pas avoir opéré le choix du portrait classique ?

Sa réalisation a été confiée à d’Eric Croes. Elle représente la propre vision du disque de cet artiste. Nous avons discuté et élaboré plusieurs projets. Celui-ci s’est imposé de lui-même. L’idée était de traduire une forme de dissimulation. Il y a moi, d’une part, et tout ce qu’il y a autour de la musique, d’autre part. Toutes ces émotions prennent parfois le dessus ! Je souhaitais qu’elle incarne davantage une vision de ce que représente le disque qu’un simple portrait linéaire.

Ton LP « Wanderland » était davantage centré sur toi-même alors que celui-ci l’est plus sur les autres. Exact ?

Je souhaitais écrire des histoires qui me touchent et concernent tout le monde. Ecrire pour soi est un concept qui vous enferme dans les mêmes thématiques. Cela commençait à devenir inintéressant ! On a vite fait le tour de la question ! Le fait de décrire, en se servant de mes mots, des émotions et des histoires qui appartiennent aux autres était un défi. Je désirais évoluer comme auteur aussi.

Entre le premier long playing et celui-ci, quatre années se sont écoulées… Est-ce le temps nécessaire à la maturation ?

Je ne sais pas si cinq ans constituent le temps nécessaire… C’est en tout cas, le temps qu’il m’a fallu pour réaliser cet album. C’était un long travail. Il y tout un tas de processus en amont, à savoir la recherche de fonds, d’un producteur, … Entre-temps, j’ai aussi continué à faire du théâtre. Au final, je ne sais pas si c’est moi qui a eu besoin de temps ou alors si ce sont les choses qui ont besoin de temps pour se faire.

Tu as décroché le Prix du Public lors des Octaves de la Musique pour le clip délirant de ‘KOKO’ face à des artistes comme Stromae, BRNS, Suarez, Girls in Hawaii ou bien encore Antoine Chance. Tout roule pour toi en cette année 2015 ?

J’espère que cette année sera la mienne, d’autant plus qu’elle ne fait que commencer ! J’ai été très surpris de gagner face à des artistes de cette trempe. Je dispose peut-être d’un public moins large, mais sans doute plus fidèle !

Pour tourner cette vidéo, tu avais choisi une comédienne, Aurélie Lannoy. Dans « Rainbow », tu te mets en scène. Tu sembles tout disposé pour la danse. Qui en a eu l’idée et pourquoi ce choix délibéré ?

Je voulais me mettre à nu ! En plus, je trouve que cette option correspondait bien à la chanson. Afficher ma propre vulnérabilité à travers un clip était une bonne idée.

Le concert du 17 avril à la Rotonde a très vite été sold out. Ton single est régulièrement  diffusé sur les ondes. Comment gères-tu cette soudaine célébrité ?

Je n’ai pas l’impression d’être aussi célèbre que tu crois ! Par contre, rencontrer les gens après un concert, recevoir des mails d’encouragement ou encore des vidéos décalées où certains se filment dans leur voiture occupés d’écouter ma musique, est très plaisant. C’est ce qui m’enchante, véritablement.

Il y a une vraie dynamique scénique qui se forme aujourd’hui. Au début, tu étais seul alors qu’aujourd’hui vous êtes six sur les planches… Les choses évoluent y compris dans le visuel.

Oui, tout à fait ! Pour ce disque, j’avais envie de m’entourer de musiciens. Mais pas seulement. Former un groupe afin de créer une dynamique susceptible d’emmener la musique au-delà de ce que peut procurer un disque. Certaines chansons live auront de facto une couleur différente. La scène est magique ; elle permet un réel partage avec le public.

Tu es un artiste pluridisciplinaire, mais la musique a toujours été en toi ?

Depuis tout petit, la musique a toujours pris une grande place dans ma vie. Je ne dirais pas qu’il s’agit d’une drogue, parce que l’addiction est dangereuse. Je parlerais plutôt d’un besoin. Elle transporte et permet un voyage en dehors de soi !

Tu as participé au festival dourois ‘La Vie en Rock’, en 2014. Ce festival est destiné à rechercher des fonds pour la lutte contre le cancer du sein. Apporter ta collaboration à des actions caritatives, est-ce important pour toi ?

Les organisateurs me l’ont demandé avec beaucoup de sincérité. Il était donc important d’y répondre positivement. C’est une maladie qui nous touche tous, un jour ou l’autre, de près ou de loin. Il y a tellement de progrès encore à faire dans ce domaine. Ce sont des aventures humaines face auxquelles on ne peut pas rester insensible.

As-tu contribué à d’autres manifestations de ce type ?

Non, pas pour l’instant. Ce n’est pas non plus mon rôle ! Mais pourquoi pas, si elles peuvent aider des gens à concrétiser des projets comme celui-là.

L’industrie du disque traverse une crise sans précédent. Penses-tu qu’un jour, on pourra oublier ce support physique ?

Je ne suis pas sûr ! Le vinyle fait un retour en force par exemple. L’industrie du disque propose des produits sous des formes plus abouties, comme les éditions limitées ou ‘collector’. Le support physique a une symbolique sentimentale que le digital ne parviendra jamais à égaler !

Une question que je pose systématique aux chanteurs francophones… Pourquoi chanter en anglais ?

Pourquoi pas finalement ! Il s’agit d’une forme de langage. Si j’avais été peintre, j’aurais pu choisir l’huile, l’aquarelle ou encore le crayon. J’ai choisi une langue que j’aime. Je la connais et la maîtrise. Je prends beaucoup de plaisir à écrire et en jouer. J’aurais bien plus de difficultés à réaliser cet exercice dans la langue de Verlaine.

Comment enisages-tu ton futur musical ?

Je me vois progresser et enregistrer encore quelques disques ! Enfin, j’espère… Peut-être aussi, ferais-je autre chose… J’essaie de ne pas me projeter. J’aime le présent. Ce qui me permet d’envisager l’avenir plus sereinement !

My Brightest Diamond

This is my Hand

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Shara Worden, aka My Brightest Diamond est une artiste talentueuse, mais trop discrète à mon goût. Elle revient cependant enchanter nos tympans, tout au long de “This is My Hand”, le 4ème album d’une carrière solo entamée en 2006 par “Bring Me the Workhorse”.

Multi-instrumentiste, elle a cependant apporté sa collaboration à Sufjan Stevens, lors des sessions d’« Illinoise » et de « The Age of Adz » ainsi qu’à The Decemberists pour celles de l’elpee « Hazards of Love ». Une forme de gratitude, tout à fait méritée, de la part de ses pairs.

Responsable de compos particulièrement addictives, l’Américaine n’hésite en effet pas à varier les ambiances tout en torchant des mélodies à la fois inspirées et lyriques. Pourtant, elle ne jouit toujours pas de la reconnaissance internationale. Or, ce miracle pourrait se produire, grâce au remix de « Pressure », un R’n’B mutant, premier véritable hit décroché par l’artiste de Detroit, une plage qui pourrait être décrite comme une véritable montagne russe de rythmes et de chœurs.

 Vu sa formation au chant lyrique, la maîtrise vocale n’est donc pas une surprise. Et elle le démontre tout au long de cet opus à la fois original et ambitieux, une œuvre qu’on pourrait classer aux côtés de celles de Saint-Vincent, dont le rock indie est chargé d’influences classiques. En outre, elle a le bon goût d’insuffler du groove dans ses compos. A l’instar de « Lover Killer ». Une recette qu’elle négligeait un peu trop lors de ses précédents long playings. Bien sûr, les pinailleurs lui reprocheront sans doute de ne pas avoir suffisamment simplifié son interprétation. Mais bon, si on veut, on peut toujours ergoter à l’infini… 

 

Tesseract

Le ‘djent’ dans toute sa splendeur !

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Soirée métallique à l’AB Club ce samedi 1er novembre, en compagnie de 3 groupes : Navene K, Animals As Leaders et Tesseract qui assurent une tournée européenne ensemble. C’est cette dernière formation, insulaire par ailleurs, qui va constituer la bonne surprise de l’affiche. Et pour votre serviteur, c’est à la fois une découverte… Le spectacle est sold out depuis un bon bout de temps, mais avant de débarquer au lieu de ralliement, il a fallu chercher un emplacement pour parquer mon véhicule. Quelle galère !

Je n’ai donc pu assister au set de Navene K, alias Navene Koperweis, un one man band que conduit l’ex-batteur d’Animals As Leaders et Animosity. Mais il ne se contente pas des drums, puisqu’il se consacre également à la guitare et se sert de l’électronique. Bref ce sera pour une autre fois.

Un petit changement de matos plus tard, place aux trois lascars d'Animals As Leaders. Le combo est né en 2007. Tosin Abasi en est le guitariste et le fondateur. Le line up inclut également le second gratteur Javier Reyes et le batteur Matt Garstka. Eponyme, leur premier elpee, est paru en 2009, chez Prosthetic. Et le deuxième, « Weightless », en novembre 2011. Publié ce 25 mars 2014, « The Joy Of Motion » constitue donc leur troisième et nouvel opus. Animals As Leaders pratique un métal progressif exclusivement instrumental. Particularité, toutes les grattes ont huit cordes, Tosin se consacrant même parfois à une basse de ce modèle. Les musicos sont techniquement (sur)doués. Les rythmiques ne sont jamais écrasantes, plutôt légères même. Et les compos ciselées, très soignées, recherchées.

Le set s’ouvre par « Tooth And Claw », un extrait du nouveau long playing. Et embraie par « Tempting Time », un titre issu du premier. « Wave Of Babies » est plus fédérateur. Normal, il s’agit d’un single gravé en 2010. « Kascade » est découpé dans des rythmiques fragmentées, tendues. La ligne de basse arrache tout sur son passage sur le puissant « Lippincott », alors que les drums ne cèdent pas leur part aux chiens. A charge pour la guitare de tempérer le tout. Un climat plus paisible baigne « Air Chrysalis », un morceau destiné à détendre les tympans délicats. « Point To Point » (NDR : tiré du premier LP), « The Price Of Everything And The Valio Of Nothing/Behaving Baby » et « Espera » constituent de remarquables exercices de style accomplis par les instrumentistes. Peut-être hantés par l’esprit du jazz… Pourtant, le trio parvient également à créer des riffs contagieux et efficaces. Histoire de rendre les compositions plus accrocheuses ; qu’elles ne se résument pas à de la démonstration nombriliste. La ligne de basse claque littéralement pour amorcer « Physical Education », un titre qui libère un fameux groove. Elle devient même hypnotique et grisante sur « The Woven Web ». Des cordes de guitare hispanisantes balisent « Weightless ». Le concert s’achève par  « CAFO », leur tout premier single. Les riffs sont gras, malsains. Bref, un morceau percutant…

Fondé en 2003, Tesseract (souvent écrit TesseracT) est un groupe britannique qui pratique une forme de prog/metal qualifié de ‘djent’. Il s’agit même d’un des leaders de cette scène musicale. A son actif deux albums studio : « One » et « Altered State ». Ce quintet réunit Daniel Tompkins au chant (il y a milité de 2009 à 2011 et est revenu en 2014), Alec ‘Acle’ Kahney (membre fondateur) et James Monteith (depuis 2006) aux guitares ainsi que Williams à la basse (il a débarqué en 2006) et le drummer Jay Postones (et ce dernier en 2005). Quatre des musicos sont bien en ligne et le drummer, plus classiquement, est installé en retrait. Daniel possède une voix à couper le souffle, mais très harmonieuse. Les lignes de guitares sont bien structurées et les riffs limpides. Le sens mélodique des chansons est particulièrement soigné et n’écorche jamais les oreilles. Leur prestation va durer une heure et on ne verra pas le temps passer. Finalement, je suis venu revoir Animals As Leaders et finalement, c’est Tesseract m’a réservé les meilleures sensations. Dès que la formation revient, elle pourra de nouveau compter sur ma présence…   

Setlist : « Of Matter – Proxy », « Of Matter – Retrospect », « Of Matter - Resist », « Concealing Fate, Part 2: Deception », « Concealing Fate, Part 3: The Impossible », « Concealing Fate, Part 4: Perfection », « Concealing Fate, Part 5: Epiphany », « Concealing Fate, Part 6: Origin », « April », « Of Energy – Singularity », « Of Mind – Nocturne » et « Concealing Fate, Part 1: Acceptance ».

(Organisation: Ancienne Belgique)

Tristesse Contemporaine

Stay Golden

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Réunissez un Suédois, un Anglais et une Japonaise. Plongez-les dans un bain glacé, puis saupoudrez le tout, mais très légèrement de spleen bien senti (surtout pas trop racoleur).

Agitez et laissez reposer. Après émulsion, vous devriez obtenir un condensé vivifiant de fraîcheur Pop aux relents New Wave.

Certes, la recette est connue et n’est pas toujours automatiquement savoureuse…

Ici, le savoir-faire du trio lie parfaitement la sauce, et le résultat est frais, sans le moindre grumeau.

Ces amoureux synthétiques revisitent donc une certaine histoire de la musique (la guerre froide version mancunienne en tête) et dépassent vite les clichés du style pour distiller un son bien personnel.

Ainsi, plutôt que de s’enfermer dans un genre éculé, ces trois Parisiens d’adoption affichent une liberté de ton qui leur permet d’afficher, tout au long de ce long playing, quelques brillantes références qu’on n’attendait pas rencontrer, même accidentellement (The Kills, The XX, These New Puritans…)

Recette heureuse et digeste qui confirme l’idée reçue que c’est dans les vielles casseroles que se mitonnent les meilleurs plats.

 

Ending Satellites

And So Sing The Black Birds

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J’avais laissé Ending Satellites planer dans des cieux trop vastes et la voûte qui me surplombe semble s’être recroquevillée pour servir d’écrin à ce projet.

Je pensais avoir cerné les limites qui dessinaient des barbelés dans lesquels Damien Dufour semblait devoir s’égratigner sur son précédent essai (« 7 Billion Passengers, Only One Flight »), mais ces fils de fer gisent à présent dans la fange, tandis que ES semble se moquer d’eux, les toisant dans un vol majestueux.

Peut-être me suis complètement fourvoyé ou alors tout simplement Damien Dufour devait apprendre de ses erreurs.

Quoi qu’il en soit, le résultat proposé sur « And So Sing The Black Birds » relève de la haute voltige.

Voyage onirique et instrumental sur pellicule poussiéreuse, la musique prend aux tripes dès le premier instant de ce morceau initial qui donne non seulement son nom à l’album, mais aussi le ton.

Envolées Post Rock sur fonds sépia ou caresses d’ivoire sur grain noir et blanc contrastent admirablement bien avec les explosions chromatiques de guitares abandonnées aux murmures du vent.

Abouti dans la douleur d’un processus retardé, « And So Sing The Black Birds » est le phoenix qui célèbre son avènement en étendant ses ailes où tempêtes et orages s’engouffrent pour mourir.

Ending Satellites est un projet ambitieux qui s’affiche aujourd’hui dans toute sa splendeur et se décline de différentes façons (vidéo, photos, …) téléchargeables gratuitement ou via tout don bienvenu (voir ici)

 

Protestant Work Ethic

Rush for second place

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A des années-lumière des valses de Strauss ou des chants tyroliens, cette formation autrichienne aurait pu naître au pays de l’Oncle Sam. D’ailleurs, leurs héros se nomment Bob Dylan, Townes Van Zandt ou encore Pete Seeger.

Pour concocter cet opus, elle s’est servie de tout l’attirail du parfait ‘folkeux’ : banjo, mandoline, violon et même une lap steel. Histoire de donner une coloration un peu plus personnelle à son expression sonore, le groupe y a ajouté des cuivres. Partagé en dix pistes, ce « Rush for second place » s’écoute d’une traite, et ce sans que, jamais, l’on ne jette un regard désapprobateur vers son lecteur. Et c’est peut-être là que le bât blesse ! Car après avoir écouté ce disque, on se rend compte qu’on n’a rien retenu. Que rien ne nous a vraiment marqué. Pas de mélodie qui accroche ou d’émotion qui nous traverse. La musique de Protestant Work Ethic est sympathique, mais n’a pas vraiment d’âme. Un peu à l’image de son chanteur. Il ne chante pas trop mal, mais on serait bien incapable, deux heures plus tard, de se rappeler la voix. Dispensable !

 

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