New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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The Veils

Le monde fragile des Veils

Après la sortie de « Asphodels » en 2025, The Veils sortent déjà un nouvel album intitulé « Fragile World, disponible ce 19 juin chez V2 Records.

« Fragile World » marque un changement de ton et d’énergie. Enregistré live sur bande en Nouvelle-Zélande par Paddy Hill, et produit par Tom Healy (Tiny Ruins, The Chills, Folk Bitch Trio), l’opus capture The Veils dans une dynamique urgente et instinctive.

Comme on peut l’entendre sur le premier single "Lungs", dont le chanteur Finn Andrews explique : ‘Je fais généralement chaque album comme une forme d’expiation du précédent. « Asphodels » était si calme et introspectif que j’avais envie, pour une bonne fois, de créer quelque chose de frontal et débordant de vie.’

L’intitulé de l’elpee est à la fois un reflet du moment présent - une époque où de nombreuses institutions semblent s’effondrer sous nos yeux - et une métaphore de l’acte de création lui-même. Andrews souligne que le processus de création musicale est une entreprise délicate et fragile, où des milliers de petites décisions finissent par former un tout cohérent.

‘Nous sommes entrés en studio avec beaucoup de chansons, mais très peu d’idées concernant les arrangements ou l’instrumentation. C’était vraiment excitant de ne pas savoir à quoi ce disque allait ressembler et de n’avoir que quelques semaines pour le découvrir. Tom et moi jouons la plupart des instruments, avec Joseph McCallum intervenant ponctuellement. Tout s’est fait de manière très instinctive, intense.’

Grâce à son immédiateté, son intensité et sa clarté émotionnelle, « Fragile World » s’impose comme l’une des sorties les plus marquantes de The Veils à ce jour.

The Veils ont effectué un retour triomphal sur scène en 2023-24 en accordant des concerts à guichets fermés à travers l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Australasie. La formation repartira en tournée en 2026 pour accompagner la sortie de « Fragile World », et notamment deux dates en France: le 12 novembre au Grand Mix à Lille et le 13 novembre à La Maroquinerie à Paris.

Le single « Lungs » est en écoute

 

The Veils

Finn Andrews se fait son cinéma…

Écrit par

« Asphodels », le septième opus studio de The Veils, a été enregistré en cinq jours aux Roundhead Studios à Aotearoa, en Nouvelle-Zélande, là où vit aujourd'hui Finn Andrews, avec sa compagne et sa fille.

Finn, c’est le leader, le chanteur et le créateur du groupe. C’est également le fils du membre fondateur de XTC, Barry Andrews.

Le titre de l'album est emprunté à la fleur des Enfers de la Grèce antique. Introspectif, ce long playing est le résultat d’une collaboration entre Andrews et l’arrangeuse de cordes Victoria Kelly.

Finn a pris en charge la production en raison de contraintes financières.

The Veils, signé par Rough Trade Records à l'époque où Finn Andrews avait 16 ans, a collaboré avec des réalisateurs renommés comme Tim Burton et David Lynch. Et son premier elpee, « The Runaway Found », a célébré ses 20 ans, l'année dernière…

Finn est venu parler de son dernier album, mais pas seulement…

Quelle est l'importance de Neil et Tim Finn, icônes du pop rock kiwi, de Splitz Enz et Crowded House, deux de leurs groupes, dans votre musique ?

Il est amusant que vous posiez la question, parce que cet album a été réalisé dans le studio de Neil Finn. Ce qui a donc probablement eu un impact sur les sessions. Neil a construit ce studio il y a peut-être 20 ans et il constitue comme une sorte de cadeau pour la Nouvelle-Zélande. Car à l’époque, on n’y trouvait rien de tel. Il possède le plus bel équipement qui soit, notamment un piano Steinway qui se trouvait autrefois au Royal Festival Hall de Londres.

Tout ceci nous a en quelque sorte permis d'enregistrer cet album en seulement quatre jours de prises tant tout paraissait simple et fluide. Par ailleurs, je connais bien Neil et Tim Finn et surtout Liam, le fils de Neil que j'ai beaucoup côtoyé au cours de ma jeunesse. Les Finn Brothers sont de véritables légendes dans ce pays.

Sur le plan musical, nous sommes tous influencés par la musique que nous écoutions adolescents. C'est un facteur très important, dans notre éducation musicale.

Oui, c'est certain ; le label Flying Nun existait dans mon enfance. Beaucoup de musiciens de ce label sont des amis de mon père. Chaque fois que papa venait me rendre visite quand j'étais enfant, des personnes comme Chris Knox, Shayne Carter et autres passaient toujours par la maison pour enregistrer et jouer de la musique. C’est l'arrière-plan de mon enfance. Cependant, j'ai passé mon adolescence en Nouvelle-Zélande à espérer être ailleurs. J'étais impatient de m'échapper à la première opportunité et d'atterrir à Londres, où je suis resté pendant 20 ans. Nous avions donc tous, dans le groupe, l'impression d’appartenir à un band londonien ; et désormais, vivant en Nouvelle-Zélande j'ai l'impression de faire partie de ces deux endroits en même temps.

Vous évoquiez votre père qui militait chez XTC, formation de pop-rock restée trop méconnue. A-t-il exercé une influence sur votre musique ?

J'ai adoré le groupe de mon père et leurs 17 albums ; ce qui me paraît faramineux. Il a évidemment été une grande source d'inspiration et je suis extrêmement fier de ce qu'il a accompli.

Vous vous êtes réinstallé en Nouvelle-Zélande, il y a cinq ans à peine. Au niveau de l'écriture, êtes-vous sensible à celle de Katherine Mansfield, grande figure néo-zélandaise des lettres ?

Je suis un vrai fan de Ted Hughes et d'autres poètes anglais et irlandais. Je suis tombé amoureux de la poésie avant la musique. Mais c’est récemment que j'ai vraiment essayé d'écrire des poèmes. Il s'agit d’un tout autre univers dans lequel je viens seulement de plonger. Mais j'ai toujours tenté d'insuffler aux chansons de la sensibilité ; j'ai toujours été attiré par les auteurs-compositeurs qui consacrent beaucoup de temps aux paroles et tenté de leur ressembler. Je souhaitais être parolier autant que musicien.

Existe-t-il une mélancolie néo-zélandaise ?

(Il rit) Oui, sur le plan musical, il y a toujours une sorte de junkie, de drogué sur la plage ou quelque chose qui ressemble toujours à une sorte de Flying Nun, de nonette volante, en effet, des années 80.

Plus sérieusement, la mélancolie est omniprésente dans le paysage. De ce point de vue, je me sens plus néo-zélandais que britannique, parce que ce sentiment intervient fréquemment dans mes chansons ; j'imagine, en quelque sorte, que les paysages néo-zélandais y contribuent. Ils procurent une sensation très différente de celle suscitée par les paysages de l'Angleterre qui s'est certainement infiltrée dans une majorité de mes chansons.

Et il y a un côté intemporel, parce qu'une grande partie du pays semble si intacte, même s’il a succombé à une sorte d'agriculture industrielle et que ce n'est pas toujours la carte postale qu'on imagine. Mais il y existe des endroits enchanteurs où l'on a le sentiment que seuls les oiseaux y ont vécu depuis des millions d'années.

Mon père dit toujours, pour se moquer, que la Nouvelle-Zélande ressemble au Surrey dans les années cinquante.

Vous insistez sur l'importance de violon de Victoria Kelly. Mais à l'écoute de l'opus, le piano se révèle également primordial...

J'ai tenté d'en améliorer ma pratique au cours des dix dernières années. En jouant des concerts en solitaire à la suite de la parution de mon album solo, il y a huit ans. Notamment ! Je n'ai vraiment commencé à apprendre le piano qu'à la fin de mon adolescence. Je ne me suis donc jamais pris au sérieux sur cet instrument, et encore aujourd’hui ; mais je compose presque exclusivement au piano désormais. Cette évolution est assez récente.

C'est l'instrument familial par essence ; celui que joue mon père, que pratiquaient sa mère et son père. Cela m'a procuré le sentiment de me connecter à une longue tradition familiale. C'est donc un instrument lourd à plus d'un titre dans notre famille. Je le prends donc au sérieux, et je crois avoir toujours craint de donner l'impression que j'essayais d'être un véritable pianiste, tout en étant conscient de ne pas l'être vraiment ; d'autant que je n'ai jamais vraiment pris de cours. Mais j'adore le toucher et j'aime le sentiment d'avoir un lien profond avec le piano, bien plus qu'avec la guitare, dont je pouvais jouer pendant que je chantais, ce qui m'occupait les mains.

J'ai tellement forcé sur le piano que je me suis cassé le poignet en en jouant, il y a trois ans...

Vos compositions ont été utilisées par des réalisateurs comme Tim Burton, David Lynch ou Paolo Sorrentino. Pensez-vous un jour composer la B.O d'un film ?

J'adorerais m’y consacrer. En revanche, je ne peux pas vraiment m'imaginer devoir écrire quelque chose et être totalement à la merci d'un réalisateur. David Lynch et Paolo Sorrentino ont utilisé du matériel existant. Il n'y a eu aucune contrainte pour moi. Mais j'étais ravi, car je ne m'attendais pas à entendre ma musique au cœur d'un film, moi qui étais tellement cinéphile au cours de ma jeunesse, au point de vouloir devenir réalisateur. Tous ces réalisateurs ont exercé une telle influence sur moi. Et jamais, je ne me serais imaginé entendre mes chansons dans leurs productions.

Etes-vous dès lors inspiré par les images que vous avez vues dans des films lorsque vous écrivez et composez des chansons ?

Bien sûr. Tout s'y trouve dans ceux que j'ai pu voir et qui m'ont marqué.

Comme ?

‘Blue Velvet’. Je me souviens l'avoir vu quand j'étais très jeune, et il revient souvent dans nos chansons. ‘Paris, Texas’ de Wim Wenders également. Ils sont tous là. Nous sommes exactement tout ce que nous avons vu, en bien ou en mal. C'est ce qui colore nos pensées. Toutes ces choses qui se déroulent au début de l'adolescence, la première fois que tu vois quelque chose qui t'étonne vraiment. Je pense que tu ne t'en remettras jamais. Et c'est vrai pour le film. D'ailleurs, David Lynch parlait d'un évènement traumatique qu'il a vécu au cours de son enfance, et qui l'a marqué à vie, lui donnant l'envie de faire du cinéma.

Les Pixies ont également été influencés dans leurs chansons et leurs paroles par les films de David Lynch...

Ce qui me paraît logique. David Lynch, qui a été aussi musicien et producteur musical, a exercé une influence si profonde sur la musique populaire au cours des 30 à 40 dernières années. Beaucoup d'artistes s'y réfèrent.

Certains de nos albums ont d'ailleurs été enregistrés chez lui. Il possédait un studio incroyable dans sa maison, qui ressemble à un cinéma, et dont nous avons pu disposer.

Nous avons enregistré sous la houlette de Dean Hurley, qui a été son producteur musical pendant de nombreuses années, et c'est ainsi que nous nous sommes retrouvés impliqués dans ‘Twin Peaks : the return’, car nous croisions David Lynch chez lui. 

The Veils : « Asphodels » (V2) 24/01/2025

The Veils

Les asphodèles de The Veils…

Le nouvel album de The Veils, « Asphodels », paraîtra ce 24 janvier 2025 ; en attendant, il a partagé un nouveau single/vidéo, « The Ladder ». Après « And Out Of The Void Came Love' », sorti en 2023, le septième elpee de The Veils donne une véritable impression d'autoréflexion et de prise de conscience. Le groupe anglo-néo-zélandais dirigé par le chanteur et compositeur Finn Andrews nous donne un avant-goût de ce qui nous attend à travers « The Ladder »…

« The Ladder » a été initialement inspiré par les peintures folles et mystiques de Jérôme Bosch, qui peignait souvent des échelles comme voies d'exploration psychologique. Andrews explique : ‘Il s'agit de l'aspiration à transcender le chaos incessant de notre monde, je suppose. Mais ne vous laissez pas abattre par cette description, c'est aussi un petit morceau enjoué’. Les arrangements de cordes montent et descendent à l'unisson avec le groupe, et sont la star de l'album. Andrews poursuit : ‘Cela rappelle tous les vieux disques que j'ai écoutés dans ma jeunesse, enregistrés à l'époque où il n'y avait pas encore d'enregistrement multipiste et où le groupe se trouvait dans une seule pièce, autour d'un seul microphone’.

Le premier LP de The Veils, « The Runaway Found », a célébré ses 20 ans l'année dernière, ce qui a donné au chanteur/compositeur Finn Andrews une bonne dose d'angoisse existentielle. ‘J'ai l'impression que cet album est le résultat final d'une carrière musicale d'une longueur déconcertante’, déclare Andrews. Et il ajoute ‘Je pense qu'après un septième album, c'est un peu comme quand on a 40 ans, on devrait arrêter de compter. J'ai beaucoup appris en cours de route, ce qui, je suppose, est le but recherché, et j'ai vraiment distillé tout cela dans ces neuf chansons’.

Le long playing tire son nom de la fleur des Enfers de la Grèce antique et, au niveau des paroles, Andrews s'inspire davantage de poètes tels que Federico García Lorca, Ted Hughes ou Louis MacNeice que des auteurs-compositeurs de rock’n’roll plus traditionnels. La collaboration entre Andrews et l'arrangeuse de cordes Victoria Kelly est également un aspect central du disque.

« The Ladder » est à voir et écouter ici

 

 

The Veils

Transporté dans un autre monde...

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L'Orangerie du Bota était bien garnie pour accueillir le concert des Veils, une formation responsable d'un superbe second album (« Nux Vomica ») paru mi-septembre. Le groupe s'était déjà produit lors du festival Pukkelpop, accordant d'ailleurs un set de bonne facture, mais manifestement pas encore tout à fait au point, le second guitariste semblant un peu trop effacé pour permettre au set de décoller. Il était donc intéressant de voir si certains réglages avaient été opérés…

En première partie, Ruacutane a manifesté d'excellentes dispositions. Signé par l'écurie Carte Postale Records, le quintette pratique une sorte de trip hop particulièrement élégante et délicate, à mi chemin entre Notwist et Portishead. Les drums sont plus caressés que frappés. La contrebasse est jouée à la manière d'une basse (les archets restent le plus souvent dans leur carquois, comme des flèches…), le claviériste/bidouilleur accentue l'aspect atmosphérique des compos, le guitariste (également chanteur) n'hésite pas à opérer de judicieuses incursions dans le psychédélisme et puis Sandra, la chanteuse, possède une superbe voix, parfois soutenue par celle de Jérémie. La formation manque cependant encore de présence sur scène et puis certaines de leurs chansons manquent tout simplement de textes (NDR : répéter le même mot ou la même phrase inlassablement trahit un manque d'inspiration). En travaillant ces point dits 'faibles', le groupe pourrait devenir, d'ici quelques mois, une valeur sûre de la scène pop/rock belge…

Les lumières s'éteignent et les hauts parleurs diffusent la célèbre chanson de Piaff, « Non, rien de rien ». Certains spectateurs se mettent même à la chanter, comme si c'était un karaoké. Puis le groupe monte sur les planches. Finn Andrews, chapeau mormon bien visé sur le crâne, en tête. Et dès le début du set, le groupe commence très fort par les plages les plus intenses, les plus puissantes, les plus blues de leur second opus : « Nux Vomica », le titre maître tout d'abord, puis « Jesus for the jugular », « The guiding light » et « Pan ». Les déflagrations convulsives d'électricité déchirent l'univers sonore. Quand Finn choisit le micro astatique, on entre dans une sorte d'univers vaudou. Sa voix est toujours aussi instable, mais tellement profonde. Les spectres de feus Jeff et Tim Buckley ainsi que de Tom Waits me traversent une nouvelle l'esprit. Bonne nouvelle, le second gratteur est au diapason, et déverse allègrement ses riffs torturés. Sophia Burn, la bassiste joue presque constamment en laissant retomber ses longs cheveux devant le visage, ne laissant apparaître que très épisodiquement son joli minois. A gauche, celui de poupon de Liam Gérard, le claviériste, trahit son jeune âge. Ce qui ne l'empêche pas de démontrer tout son talent. Derrière, le drummer (NDR : son look est tellement efféminé qu'on le prendrait facilement pour une femme !) manifeste une souplesse assez étonnante dans son jeu. Parfois, il passe discrètement au xylophone. Lorsqu'il ne joue pas à la fois des deux instruments. Finn vit sa musique intensément. Lorsqu'il interprète ses chansons il se vide les tripes ; mais son regard semble ailleurs, comme transporté dans un autre monde. Parfois, on a même l'impression qu'il est au bord des larmes. Après 20 bonnes minutes de fièvre et de rage, le groupe décide de passer à son répertoire plus calme, plus tendre, plus pop. A l'instar de "Lavinia », « Under the folding branches », « Calliope! », « The leavers dance » et le single « Advice for young mothers to be ». Et puis d'en revenir à la frénésie du début du concert notamment lors de l'interprétation du très 'smithien' « The wild son » et de "Not yet".

Pour le rappel, le guitariste et la bassiste reviennent le cigare au bec. Comme des hussards ! The Veils interprètent alors « One night on earth » imprimé sur ce fameux tempo new wave et « More heat than light ». L'accueil du public est frénétique. Ce qui nous vaudra un second rappel au cours duquel Andrew viendra chanter en s'accompagnant uniquement de sa guitare l'intimiste et poignant « House were we all live ». Nouvelle ovation ! Mais les lumières se rallument et Finn remercie chaleureusement le public avant de se retirer. Reste dans notre mémoire une heure et quart d'un concert tout simplement magique…

 

 

The Veils

Time stays, we go

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Paru en avril 2013, « Time stays, we go » constitue le quatrième opus de The Veils. Un disque fondamentalement rock, mais qui autorise des influences oscillant du folk à la country, en passant par les références latines. Latino, à l’instar du chaleureux « Turn from the rain » et du sémillant « Birds », propulsés sur un tempo digne de Calexico et épicé d’interventions –on suppose– de marimba. Un rythme qui se révèle souvent versatile. Depuis le convulsif et offensif « Through the deep, dark wood », jusque la valse enlevée « Another night on earth », en passant par le métronomique « Train with no name », illuminé par des cordes de gratte carillonnantes ainsi que le contagieux « The pearl », imprimé sur un tempo new wave, mais surtout caractérisé par sa très jolie mélodie. Tout comme sur « Sign of your love » au refrain particulièrement accrocheur. Sans oublier l’épique et le sauvage « Dancing with the tornado », qui aurait pu figurer au répertoire de Nick Cave. Ballade mystérieuse, « Candy apple red » est soulignée par des accords de guitare surf et une ligne de basse ténébreuse. Et construit en crescendo, élaboré, « Out from the valley & into the stars », le titre qui clôt le long playing, s’achève au cœur d’un tourbillon d’orgue rafraîchissant. On n’en oubliera pas pour autant la voix savoureusement éraillée de Finn Andrews, qui apporte cette coloration si sauvage et torturée à l’ensemble, et dont les lyrics sont, très souvent, empreints d’ironie…

Le long playing est enrichi d’un second compact disc. Baptisé « The Abbey road Ep », il a bien sûr été enregistré au célèbre studio londonien. Quatre plages, issues de l’album, sont ici bien cuivrées, dont une version de « Turn from the rain », au cours de laquelle le riff de gratte lorgne vers Devendra Banhart, alors que l’ensemble est à nouveau proche de Calexico (NDR : à cause du marimba, mais aussi de ces cuivres). Et puis « The pearl » qui baigne au sein d’un climat ‘doorsien’. Enfin, inédit et minimaliste, « Summer & smoke » se limite à la voix et à la sèche.

 

The Veils

Sun gangs

Écrit par

Curieux, le troisième album de The Veils semble parfois hanté par Ian McCulloch. Oui, oui le chanteur d’Echo & The Bunnymen ; même que « Larkspur » (NDR : une compo de plus de 8 minutes) me rappelle les divagations psychédéliques originelles reproduites en live par la formation de Liverpool. Un titre passionnel qui permet à Andrew Finn, le chanteur/compositeur/lyriciste d’épancher ses émotions les plus extrêmes. Ou encore lors du fougueux « Sit down by the fire », un morceau plus acoustique, au cours duquel, la voix est trempée dans la reverb. Mais la comparaison entre les timbres des deux vocalistes, s’affiche surtout sur les titres les plus calmes. Moment choisi par Andrew pour se faire crooner (NDR : qui a dit Neil Diamond ?) A l’instar de « Begin again », caractérisée par sa jolie mélodie au piano ; et puis du titre maître. Une plage dont l’indolence ambiante accentue une impression de mélancolie ténébreuse. Sans oublier « The house she lived in », une valse profilée sur un piano staccato que balaie des accès de guitare vibrato. En général, l’album est quand même sombre. Et pas seulement à cause des lyrics. Traversé de furtives éruptions de guitare, « It hits deep », par exemple, baigne au sein d’un climat lugubre, même si la mélodie me rappelle étrangement le « Don’t let me down » des Beatles. Et les deux titres les plus explosifs sont également les plus gothiques. Killed by the boom », tout d’abord. Imprimé sur un tempo convulsif il est déchiré entre refrains hantés et couplets déclamatoires voire vindicatifs. « Three sisters », ensuite. Une chanson incantatoire, survoltée, richement texturée (NDR : ces mandolines !), mais dans l’esprit de Wovenhand. Un titre plus poppy : l’hymnique « The letter ». Soutenu par des drums offensifs et bercé de guitares bringuebalantes, il aurait pu figurer au répertoire de Coldplay. Et puis un morceau de folk lo-fi contemporain : « Scarecrow ». Extrêmement dépouillé, il baigne dans une atmosphère particulièrement désenchantée. L’opus n’est pas aussi exceptionnel que « Nux Vomica », mais malgré ses références marquées et l’une ou l’autre compo plus dispensable, il tient quand même bien la route.

The Veils

Nux Vomica

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Deux ans plus tôt, la sortie du premier album des Veils, « The runaway found » avait fait naître la polémique. Au sein même de l’équipe de Musiczine. Certains n’y voyaient que de l’emphase puant le lyrisme de bas étage. D’autres, une oeuvre chargée de promesses commise par une formation drivée par un véritable prodige : Finn Andrews. Le fils de Barry Andrews, ex-membre de XTC et de Shriekback. « Nux Vomica » devrait faire taire tous ses détracteurs. Bien sûr, il y a la voix écorchée d’Andrews qui pour certains peut paraître agaçante. Et pour d’autres tout simplement belle et insaisissable. Finn nous en parle par ailleurs lors d’une interview qu’il a accordée à Musiczine. Mais venons-en à cet opus. Un disque partagé entre chansons intimistes, allègres et morceaux plus blues, plus intenses, plus rageurs. A l’instar du titre maître. Une compo venimeuse, fiévreuse, convulsive, jalonnée d’éruptions frénétiques. Le lugubre « Jesus fot the jugular » ainsi que le torturé « Pan » évoluent dans un registre semblable. Et puis l’épique, le cinématique « Not yet », digne des Triffids. Probablement les quatre meilleures plages de la plaque. Les spectres de feus Tim et Jeff Buckley, mais aussi de Tom Waits y sont alors très présents. Le reste de l’opus n’en est pas pour autant moins intéressant. Epinglant chansons plus pop (le single « Advice for young mothers to be », le contagieux « Calliope ! ») et ballades abordées dans l’esprit tantôt de Nick Cave (le sensuel « Under the folding branches » et le confessionnel « House where we all live »), de Divine Comedy (« A birthday present » et ses arrangements surannés, très sixties). Sans oublier « One night on earth ». Subrepticement new wave (cold wave?), il trahit des réminiscences de Joy Division. Il serait cependant injuste de ne pas mentionner l’apport extrêmement précieux de Liam Gérard dont les accords de piano sonore (souvent) ou de claviers rognés (parfois) apportent davantage de profondeur aux chansons. Et puis bien sûr des backing vocaux de Sophia Burn. A contrario, ils leur confèrent une certaine délicatesse. Côté lyrics, les dix morceaux de cet elpee sont particulièrement inspirés, Finn peuplant d’abondantes références religieuses et mythiques, ses chansons flamboyantes consacrées à l’amour et à la mort…

 

 

The Veils

Une voix insaisissable...

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En mai 2004, les Veils s'étaient produits à Bruxelles dans le cadre des Nuits du Botanique. Un excellent concert accordé dans le cadre de la sortie d'un tout premier album. Apparemment le leader, Finn Andrews, n'était pas trop satisfait de ses musiciens, puisque dans les semaines qui ont suivi, il les a tous virés. Ce qui lui a valu une image de type difficile, acariâtre et à la limite inabordable. Août dernier, la formation se produisait au Pukkelpop. Sous un tout nouveau line up. Et puis pour y présenter les nouvelles chansons de son second opus, « Nux Vomica ». L'occasion idéale pour un entretien à bâtons rompus. Encore qu'avant de le rencontrer, une certaine appréhension m'avait envahi : cet artiste serait introverti, peu bavard et fort peu intéressant à converser. Comme quoi les clichés ont la dent dure. Parce que Finn est un type fort intéressant. Un peu timide, mais d'une grande gentillesse, extrêmement sensible et surtout profond. Le tout, c'était simplement de poser les bonnes questions…

Le Strychnos nux-vomica est un arbre sempervirent originaire de l'Asie du sud-est. Il pousse dans des habitats ouverts et atteint habituellement la taille d'environ 25 mètres. Son écorce recèle des composés toxiques, dont la brucine. Mais les semences enserrées à l'intérieur des fruits de l'arbre produisent de la strychnine, un alcaloïde extrêmement toxique, dont on se sert en médecine. En homéopathie, ce remède est le plus prescrit de tous, le plus fréquent en raison de la masse de ses symptômes, et surtout parce que les affections qu'il guérit correspondent aux troubles fonctionnels les plus souvent rencontrés en médecine. En particulier, les troubles digestifs et la tension nerveuse. C'est une des médications les plus adaptées aux conditions de vie moderne, stressante et rapide. Avant de commencer notre entretien, je lui montre un tube de granulées de Nux Vomica 5CH. Finn a l'air un peu embarrassé : « En fait, je ne connais pas bien l'homéopathie. Je n'en ai qu'une vague idée. J'ai des amis qui se soignent par cette médecine. Je sais qu'il existe des choses qui marchent. Mais pour moi cela reste un mystère… » Alors pourquoi avoir choisi un tel nom pour son album ? Finn se justifie : « Au départ, c'était le titre d'une chanson. Mais elle collait bien au thème général du disque. Parce que cet arbre symbolise la contradiction : il est à la fois toxique et curatif… » Serions nous donc en présence d'un concept album ? Finn clarifie : « Mon premier album ('The Runnaway Found') était plus conceptuel. Enfin, son écriture. C'est-à-dire que je compose au cours d'une période assez brève. Mais il est vrai que lorsque je m'arrête, l'intervalle de pause est parfois très long. Aussi, on peut attribuer la notion de concept, à la phase assez courte au cours de laquelle j'écris. Même si elle est assez féconde. Maintenant, le terme concept n'est peut être pas le plus judicieux. Il est un peu trop prog à mon goût… » Finn passe autant de temps en Nouvelle-Zélande qu'en Angleterre. A croire qu'il compte deux esprits et deux domiciles. Finn raconte : « Il y a un peu des deux. En fait jusqu'à présent j'ai vécu autant de temps en Angleterre qu'en Nouvelle-Zélande. Et je ne me sens pas plus néo-zélandais qu'anglais. Mais cette situation provoque inévitablement un trouble. Qui s'estompe au fil du temps. Je n'ai pas pour autant une double personnalité… » Mais doit-il fuir aux Antipodes pour écrire ? La réponse fuse : « Pas forcément. Honnêtement, cela pourrait être n'importe où. Mais il est vrai qu'il existe moins de pression de l'autre côté du globe qu'en Grande-Bretagne où rien n'a changé depuis quatre ans. La pression est toujours la même. Evidemment on peut imaginer qu'à cause de cette pression on perd un peu de la qualité esthétique d'un album. Notamment lorsqu'on doit sortir des singles. Mais j'aime ce type de pression. Par contre, il est vrai que lorsque je me trouve en Nouvelle-Zélande, je ne dois pas trop me soucier de l'environnement ni du management. Il y est plus facile de s'isoler… »

‘Nux Vomica’ a été mis en forme par Nick Launey, un producteur notoire dont la carte de visite mentionne des collaborations aussi prestigieuses que Queen, le Jam, XTC, David Byrne, INXS, Silverchair, PIL, Talking Heads, Gang of Four ou Nick Cave. Ce qui méritait quelques explications, vu la carte de visite du personnage : « En fait, lorsque j'étais gosse, je jouais en compagnie de ses enfants. C'est un ami proche de mes parents. Et puis on s'est perdu de vue pendant une bonne dizaine d'années. A l'origine, je n'avais aucune connaissance du monde des studios. C'était très confus en moi-même. A un certain moment, je me suis rendu compte que ce job était trop compliqué pour moi ; et c'est Nick qui m'a mis en contact avec le label Rough Trade. C'est un type fantastique. Il a immédiatement perçu les problèmes que je rencontrais et les solutions qu'il fallait envisager. Son timing est parfait. Sa lecture musicale est extraordinaire. Il a une patience d'ange. Il a développé une véritable philosophie de travail. Ce qui explique pourquoi il est aussi apprécié par les artistes. La vie d'un groupe est faite de hauts et de bas. Certains groupes sont éphémères. Travailler sous sa houlette est sécurisant. Pourtant, il utilise très peu d'overdubs. Privilégie les prises 'live'. L'approche de son travail est à la fois vivante et organique. Il plus intéressé par la performance que par le travail sur un ordinateur. C'est un ingénieur du son incroyable ! »

Finn possède une voix assez particulière. Lors de ses chansons les plus blues, elle épouse parfois le timbre de feus Jeff voire Tim Buckley, son père. On a parfois l'impression qu'elle est hantée par un esprit vaudou. Peut-être celui de la Nouvelle-Orléans… Finn confesse : « Je vis un conflit intérieur avec ma voix. J'e l'ai travaillée pendant trois longues années dans ma chambre avant de la faire écouter à quelqu'un. Elle est très difficile à maîtriser. C'est une préoccupation constante. Une source d'inquiétude. Parfois cette situation me persécute. J'ai toujours peur qu'elle m'abuse. J'essaie de la comprendre et de la maîtriser. Mais elle et toujours imprévisible. Parfois je ne la reconnais même pas moi-même. J'ai toujours aimé les chanteurs qui ont de superbes organes. Des artistes comme Bing Crosby ou George Michael ont une belle voix naturelle, lisse. Ce n'est pas mon cas. Mais je me suis rendu compte que j'avais plutôt intérêt à tirer le meilleur parti de mes capacités plutôt que de me soucier de la sonorité de mes cordes vocales. J'apprécie tout particulièrement des chanteurs comme Van Morrison, Tom Waits, Dylan, Léonard Cohen. Mais ils n'ont pas nécessairement de jolies voix. Van Morrison peut-être davantage aujourd'hui. J'ai mis longtemps pour accepter mon propre timbre… »

Deux chansons du nouvel album parlent des difficultés rencontrées par Finn à l'école, en Angleterre. 'Jesus for the jugular', tout d'abord. « Au cours de mon adolescence, j'ai fréquenté une école chrétienne qui imposait des règles très strictes. Or à la maison, toute la famille - il y avait quatre enfants - baignait au sein d'un univers artistique. A cause de mes parents (NDR : Finn est le fils de Barry Andrews, claviériste d'XTC). Je n'ai pas du tout bien vécu cette expérience. Je pose un regard amer sur cette période et ne la porte pas du tout dans mon cœur… » 'Advice for young mother be', ensuite. A premier abord un clin d'œil aux Shirelles. Ensuite le single qui a bénéficié d'un clip vidéo assez amusant. Mais finalement une remise en cause du système d'éducation. Finn confirme : « Elle est complémentaire à la précédente. Le monde est bien moins malintentionné qu'on veut nous faire croire. Si vous appliquez tout ce que les profs vous racontent à l'école, vous foutez votre vie en l'air. En fait, c'est une chanson légère qui raconte des choses sérieuses… » A ce propos, qu'est ce qui est le plus important pour notre interlocuteur : le succès ou l'intemporalité de ses chansons ? Question difficile… « La première chose, c'est de poursuivre son chemin. Et dans un premier temps récolter du succès. Je ne crache pas dessus. C'est normal. Et puis tu vises le second objectif. Question difficile, en effet. Si vous pensez trop à ce type de question, vous oubliez d'écrire. Le rock compte plus de 60 ans d'existence. Avant de devenir intemporelle, une chanson a peut-être besoin d'un siècle. McCartney n'a toujours pas cessé de chanter. Et à mon avis, il n'est pas prêt de s'arrêter. C'est sa vie… »

En bref, les musiciens des Delays et des Veils sont des amis. Ils ont accompli de longues tournées ensemble, en bus. Il leur arrive de jammer, mais dans le car. Pas de projet à court terme de collaboration. Enfin, pas dans l'immédiat. Peut-être un peu plus tard. Une chose est sûre, ils s'apprécient beaucoup. Signé Elvis Costello, ‘Shipbuilding’ est une des compos préférées de Finn. La version interprétée par Robert Wyatt. Toujours à cause de la voix. Finn a un jour déclaré que la démocratie était faite pour les idiots. Pas de panique, c'était une blague. Il respecte le consensus démocratique ; mais en tant que leader il a le devoir de prendre les décisions finales. Parce qu'il discerne le déroulement des événements. Il a aussi tâté de la peinture. Mais faute de temps, il a abandonné. Ajoutant : « Le résultat n'était pas probant. Et puis j'ai commencé à m'intéresser à la musique dès l'âge de 13 ans. Et à en jouer… » Enfin, Finn envisage-t-il un jour de travailler en compagnie de son père ? Question délicate. « J'ai un peu bossé avec mon paternel. En fait, j'écoute surtout ses conseils. Si nous voulions collaborer ensemble, le projet exigerait une coordination très importante. Et puis non, je crois qu'on n'en a pas trop envie. On se côtoie ; mais on travaille séparément… » 

Merci à Vincent Devos 


The Veils

The Runaway Found

Le chanteur de ce nouveau groupe anglais glapit comme celui de Starsailor, racle sa gorge comme celui des Stereophonics. Deux énormes défauts qu’il aura bien du mal à nous faire avaler, parce qu’il faut bien le dire : Starsailor et Stereophonics sont les deux pires groupes que la pop anglaise a enfanté ces cinq dernières années. Dommage : si monsieur n’entonnait pas ses hymnes pompiers avec l’intonation d’un ténor plein de tics et pour qui le pathos est une marque de grandeur, on aurait pu passer l’éponge. Encore que : y ajouter des montées de fièvre pleines de violons et des explosions lyriques à la U2 ne fait pas non plus trop notre affaire. Il y a des limites que la bienséance nous empêche de franchir. Après une heure de gémissements pédants et de mélodies à l’emphase titanesque, c’est sur les cuvettes qu’on se soulage de cette grosse colique, qui pue trop le lyrisme de bas étage.

The Veils

The tide that left and never came back

Écrit par
Finn Adrews a donc viré tous les musiciens de son groupe, au début de l’été dernier. Depuis, il prépare l’enregistrement d’un deuxième album. Seul ? En compagnie de nouveaux musiciens ? On n’en sait strictement rien. Il a décidé de nous réserver la surprise. Issu du premier elpee (« The runaway found »), le contagieux « The tide that left and never came back » est paru début juin sous la forme d’un single et d’un 7”. Dans le premier cas, la flipside nous propose « The lydiard bell », une composition fragile et mélancolique tramée sur les accords d’un piano. Pour le 7”, on a droit à « The house she lived in », une plage fort intéressante. Hypnotique, aride, manifestement hantée par l’esprit du Velvet Underground, elle s’écarte totalement de l’univers balisé habituellement par les Veils…