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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Malummí

The universe is black

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« The universe is black » constitue le second LP de ce duo bâlois réunissant la chanteuse/violoncelliste/compositrice Larissa Rapold et le guitariste/producteur Giovanni Vicari. Il fait suite à « Blood », paru en octobre 2021, un essai davantage électronique, mais sous une forme trip hop.

S’il a conservé des accents trip hop (« Something »), ce nouvel elpee navigue plutôt à la croisée des chemins du pop/folk, du shoegaze et du post punk. Même si le tourmenté et atmosphérique « Mother » nous entraîne aux confins de l’univers d’une Björk. Ou encore « Dreams », subtilement coloré de tonalités sud-américaines. Ce qui peut aisément se comprendre, quand on sait que Larissa est d’origine brésilienne. De cet album, on épinglera encore l’acoustique et expérimental « In a gentle way », mais surtout l’excellent « There is no thing ». A cause de ses changements fréquents de tempo, et puis de son aisance à traverser les frontières entre shoegaze, noisy et post punk.

Quant aux textes, ils explorent les différentes relations qui existent avec soi-même, les autres et la société. 

Bummer

Dead Horse

Écrit par

Originaire du Kansas, Bummer s’est formé en 2012. Mais il lui a fallu du temps pour véritablement se lancer. Jusqu’en 2018, date de son premier LP, le trio a multiplié les Eps et gravé un 12’’ en compagnie de Pinko.

En 2020, il est repéré par Thrill Jockey, référence de la musique underground (BIG GRAVE, Tortoise, Trans Am, …), label sur lequel la formation publie son second et dernier album, « Dead Horse ».

Entre la sortie et la chronique de cet album, de l’eau a coulé sous les ponts, puisque le groupe a accordé son ultime concert en 2022, en partageant l’affiche avec Cherubs et Young Widows.

Alors que l’univers indie vient de découvrir ce band, Matt Perrin (guitar/voix), Mike Gustafson (basse) et Sam Hutchinson (drums) nous manquent déjà. Et pour plusieurs raisons. D’abord pour ses titres poétiques. A l’instar de « I Want to Punch Bruce Springsteen in the Dick », la meilleure compo de son répertorie.

Ensuite parce que son punk-noise énergique (ne cherchez pas trop les mélodies…), lourd (la finesse ne fait pas partie de son vocabulaire) était terriblement efficace. Bref, on aurait aimé assister à un de ses sets qui devait bien décaper les oreilles. Et puis le combo américain aurait pu retourner les plaines des festivals cet été. Dans l’attente d’une relève, on se consolera en réécoutant « Dead Horse », un long playing susceptible de vous donner un bon coup de fouet…

Dummy

Mandatory enjoyment

Écrit par

Issu de Los Angeles, Dummy a été fondé en 2018. Après avoir publié deux Eps, le quintet nous propose son premier elpee. Un disque qui doit autant au shoegaze, au psychédélisme, au krautrock, à la new age qu’à l’avant pop dans un style que la formation a baptisé drone pop.

A l’écoute des premiers morceaux cet LP, on pense d’abord à Stereolab. A cause de la voix d’Emma Maatman, aussi laconique que celle de Laetitia Sadier. Puis de Swervedriver. Surtout lors des passages les plus noisy. Faut dire que le line up implique deux gratteurs. Qui se déchaînent sur le final de « Daffodils », en s’enfonçant dans l’univers sonore de Yo La Tengo… lorsqu’il entre en expansion. Le psychédélisme est essentiellement entretenu par les claviers d’Emma, dont les sonorités nous replongent dans l’univers du Floyd, circa « The Piper at the Gates of Dawn ». Et le tout est saupoudré d’effets tantôt cosmiques ou électroniques, à l’instar de l’enlevé « Final weapon » au cours duquel des droïdes ont peut-être été invités. C’est une des trois pistes les plus enlevées de l’opus qui figurent en début de parcours.

Le long playing s’achève par « Atonal poem », une plage davantage ambient, rythmée par les interventions du xylophone et dont la fin de parcours est enrobée de chœurs vaporeux…


 

Dirty Black Summer

Great deception (Ep)

Écrit par

Quintet californien, Dirty Black Summer réunit des membres issus de Svart Crown, In Other Climes et Wormsand. Son style ? Un grunge bien boueux, parfois teinté de black metal, susceptible de rappeler Alice In Chains, Pearl Jam, Soundgarden ou Stone Temple Pilots, la voix de Michael Khettabi éveillant en notre for intérieur, tantôt celle d’Eddie Vedder ou de feu Chris Cornell.

« Great deception » constitue son premier Ep. D’une durée de 27 minutes, il est découpé en 6 plages. Dont une power ballade (« You and I ») périodiquement imprimée sur un mid tempo et au cours de laquelle une des grattes prend un envol comme chez les Eagles ; et une cover, avouons-le, dispensable du « Womanizer » de Britney Spear. Les quatre autres plages nous replongent, bien évidemment et avec nostalgie, trois décennies plus tôt, dans l’univers du grunge. Tout y est, y compris le groove, les riffs de guitares meurtriers, sales, les drums puissants, les chœurs massifs ou angéliques (« Know better »), sans oublier le feeling si caractéristique d’un esprit qui sentait une certaine adolescence…

Summer Cannibals

Full of it

Écrit par

Patti Smith et son mari Fred 'Sonic' Smith avaient écrit "Summer cannibals", en 1996. C’est également le patronyme choisi par ce quartet rock issu de Portland, dans l’Oregon. Ce combo réunit trois filles et un garçon. Soit la chanteuse/guitariste Jessica Boudreaux, la bassiste Jenny Logan, la drummeuse Devon Shirley et le gratteur Marc Swart. Avant de publier "Full of it", la formation avait déjà gravé "No makeup" en 2013, et "Show us your mind" en 2015.

"Go home" lance rapidement le quatuor sur les rails. Un morceau punk, particulièrement dense. La voix de Jessica est empreinte de sensualité. Jenny assure les backing vocals. Quelque peu déjantée, la gratte de Swart met déjà le nez à la fenêtre. Le tempo décélère avant de repartir de plus belle. Et la piste embraie directement dans "Just a little bit". Allumée, la gratte dirige l’ensemble. Garage, les sonorités sont particulièrement ‘fuzzy’. Pop, la voix de Miss Boudreaux est accrocheuse et sensuelle. Tout comme sur "I wanna believe", une plage au cours de laquelle la section rythmique, renforcée par la gratte de Jessica, impressionne par sa force naturelle. "Say my name" s’ébroue plus paisiblement, avant de monter en puissance. Le lead vocal est empreint de sérénité. Les backing vocaux féminins reprennent le refrain en chœur. "Not enough" adopte un profil new wave. A cause de la rythmique. Cependant, les cordes de Marc prennent rapidement le large, implacablement soutenues par les autres instruments. Ce qui déclenche une forme de transe. Elle est devient rapidement permanente. Excellent ! Punk, cette rythmique punk fracasse "Full of it". Plus rien ne peut retenir la guitare qui s’emballe dès qu’elle est sous pression. Elle devient même acide afin de s’enfoncer au cœur d’un trip psychédélique. Et l’atmosphère est toujours aussi allumée quand "The lover" prend le relais. La voix est plus veloutée, mais la gratte continue de délirer. Bien garage/rock, "Talk over me" déborde d’énergie. "Make up" constitue un des sommets de l’elpee. Les cordes éclatent inlassablement au sein s’un climat ravagé et dévastateur. Imprimé sur un mid tempo, "Fallen" nous replonge dans une ambiance acide et fluctuante. "Simple life" clôt ce long playing. La voix est douce et fragile ; mais l’étincelle guette. Et quand elle se produit, c’est pour exprimer toute sa vitalité psychédélique… 

 

Mark Hummel

Retro-active

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Mark Hummel est un des meilleurs harmonicistes contemporains, et je l’avoue, un de mes favoris. Ce passionné de la musique à bouche organise depuis de nombreuses années de remarquables concentrations de souffleurs baptisées ‘Harmonica blowouts’, au cours desquelles il partage la scène en compagnie des plus adeptes les plus notoires de cet instrument de poche. James Cotton, Billy Boy Arnold, Magic Dick, Jerry Portnoy, Charlie Musselwhite, Rick Estrin, James Harman, et bien d’autres y ont déjà participé. Responsable d’une bonne quinzaine d'albums à ce jour, et après avoir décroché une nomination aux Blues Music Awards, en 2010, Mark nous propose une nouvelle et excitante collection de 16 plages ; et comme d’habitude, toute une série de potes sont venus l’épauler…  

L’ouverture est surprenante. Une plage funky et dansante intitulée "Funky way", que Mark chante d'un timbre soul très assuré. Rusty Zinn imprime une rythmique implacable et Chris Burns colore le tout de son orgue Hammond. La première sortie à l'harmonica est particulièrement puissante. La voix de Mark est convaincante tout au long de "The price of love", un R&B soutenu par les cuivres. Zinn s’y révèle remarquable. Une tonalité R&B qui s’étend sur "Never no more", même si tous les acteurs y glissent une touche swing jazz. Hummel retrouve son partenaire des Blues Survivors, Charles Wheal, aux cordes, pour attaquer "One more time", du west blues classique d’excellente facture. Un Wheal qui remet le couvert lors du tout aussi étincelant "It's my life, baby". Plages instrumentales, "Rollercoaster" et "Ready steady stroll" démontrent toute la maîtrise de Hummel à l’harmo. Mark, Zinn et Kid Andersen conjuguent leurs guitares sur "My baby's so sweet", une plage rythmée, aux accents des swamps louisianais. Mark est également un spécialiste du slow blues classique. Et "Honeybee blues" en est une parfaite illustration. Balisée par le piano de Bob Welsh, la reprise du "I want to be loved" de Muddy Waters passe bien la rampe. Mais c'est sur "Strange things happening" que Mr Hummel se réserve sa meilleure sortie. Un véritable sommet ! Andersen se charge des drums pour "Lord oh lord blues", un country blues chaleureux. Invité, Steve Lucky siège derrière les ivoires, pour le ludique, "Highway rumba", une compo imprimée sur un tempo syncopé. "Before the beginning" réverbère les accents ténébreux des bayous. Un autre summum de l’opus. Bob Welsh est passé à l'orgue, Paul Revelli se charge des percussions, alors que dans un style très proche du grand Peter Green, Steve Feund nous prodigue une merveilleuse intervention aux cordes. Et pour couronner le tout, Mark ose une sortie très originale à l'harmo. Hummel a de nouveau réalisé un album de haute facture et se retire en acoustique, lors d’un "Can't be successful" au cours duquel il échange un duo bouleversant en compagnie d’un certain Charlie Musselwhite, à la guitare…

Crash Test Dummies

Oooh La La

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Il semble qu’on n’ait plus entendu parler de Crash Test Dummies depuis 1993. Le succès de « Mmm Mmm Mmm », devenu un classique du rock de sa décennie, a lancé la notoriété du groupe, mais a aussi évincé le reste de sa production. Entre-temps, pourtant, ils ont discrètement sorti 6 albums, sous la coupe du noyau formé par Brad Roberts et Ellen Reid. En plus de quelques projets solo, les Canadiens sont passés par un son plus métal, plus funk et plus électronique, définitivement pop, alternant le lead vocal entre Roberts et Reid, sans jamais atteindre de nouveau le succès de leur premier single. Les membres originaux de la formation se retrouvent aujourd’hui après un silence de six ans pour revenir à leurs influences plus intrinsèques : un océan de rock, blues, folk.

Les Crash Test Dummies ne réactualisent pas leur son ‘1990s’, et utilisent au contraire expressément, je cite, des ‘jouets musicaux analogues vintage’ (les années 1970, pour être précise, ère que l’album embrasse dans son aspect le plus conforme). En effet, produit par Stewart Lerman (Antony & the Johnsons, The Roches), l’album a recours à un optigan (contraction entre ‘optique’ et ‘organ’), afin de projeter le son d’autres instruments. Comment ? A l’aide de disques en celluloïd et à travers des claviers. Objectif ? Offrir différents éventails de sonorités qui communiquent un effet ‘big band’ à l’enregistrement analogue.

On retrouve également –et c’est un rand plaisir– la voix chaude et aqueuse de Roberts, qui reste fidèle à elle-même tout en mixant les styles. L’elpee remonte dans le temps et les genres : l’envoûtant  « And It’s Beautiful » pour cette dernière décennie, « What I’m Famour For » pour la petite touche country, le « Not Today Baby », tout droit sorti d’une BO des années 1970, voire un bon vieux doo-wop intitulé « Now You See Her ».

« Oooh La La ! » semble serein, voire un peu mou (NDR : au cours de cet hiatus de six années, Roberts a survécu a un accident fatal, et s’est, après avoir observé une convalescence en Nouvelle-Écosse, converti au yoga et à la méditation), mais il demeure de bonne facture, solide, riche en styles et aux arrangements pros, même si on est loin du succès mainstream du légendaire « Mmm Mmm Mmm ». La voix chaleureusement grave de Roberts devrait se charger de réchauffer les dimanches gris dans les chaumières.

Mark Hummel

Blues Harmonica Blowouts

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Ce qui est remarquable chez Mark Hummel, c'est son énergie et son esprit d'entreprise. Depuis 1991, il organise sans relâche des événements baptisés Harmonica Blowouts, au club Ashkanaz. A Berkeley. Lors de ces spectacles, il invite sur la même scène plusieurs souffleurs de talent. Ce double CD retrace les meilleurs moments de ces rencontres, depuis 1993 jusqu'à 2007.

Et tout d’abord, hommage au regretté William Clarke. Une session chargée d'émotion. Accordée en 1993. Pour la circonstance, le grand William est soutenu par ses musiciens dont le jeune Rusty Zinn aux cordes. Trois titres sont ici restitués. Tout d’abord le long blues lent "Lonesome bedroom blues". On y ressent le mal-être éprouvé par le musicien en tournée, forcé de loger dans les chambres banales des Motels 6. Il joue de l'harmonica chromatique à la manière de son maître, Georges Smith. "Stretch my money", ensuite. Un shuffle brûlant au cours duquel Bill est au sommet de son art. Et enfin "Chrome jumpin". Le swing libéré par l'instrument chromatique est aussi irrésistible que redoutable.

Deux autres grands musiciens disparus figurent également sur ce projet. Sam Myers nous a quittés le 17 juillet 2006 et Paul Delay le 7 mars de l’année suivante. Nous retrouvons Paul Delay pour trois plages. En 2003. "Blues and trouble" est illuminé de sa voix puissante, élimée. Il est épaulé par le génial Junior Watson à la guitare. Tout au long du slow blues, "Can't stand your evil ways", Paul nous communique une fameuse dose d’émotion. Dans son style si personnel. A en attraper des frissons. "Mean old Frisco" se révèle plus complexe. Il bénéficie ici de la participation du sorcier des cordes, Junior Watson.

Deux plages ont été réservées au géant texan Sam Myers. "I don’t quit getting sloppy drunk" et "Sweet home Chicago". Deux prises immortalisées au Sierra Nevada Brewery de Chico. En 2002. Son cher ami Anson Funderburh est bien entendu de la partie. 

Carey Bell repose également au paradis des bluesmen. Il s’est éteint le 6 mai 2007. L'ex-souffleur du Muddy Waters Band nous communique son Chicago blues au Moe's Alley de Santa Cruz. En 2004. Steve Freund se charge des parties de guitare et Willie ‘Big Eyes’ Smith  siège derrière les drums.

Et la suite du programme ne manque pas d’allure, non plus ; puisqu’on y remarque la présence des noirs Lazy Lester, Billy Boy Arnold et Johnny Dyer ainsi que des blancs James Harman, Rick Estrin, Magic Dick et Lee Oskar. Sans oublier notre maître de cérémonie, Mark Hummel.

C'est sans surprise que ce dernier ouvre le bal lors d’un instrumental percutant intitulé "Harpo-Ventilating". Il est épaulé par ses Blues Survivors : Charles Wheal à la guitare, Steve Wolf à la basse et Marty Dodsonaux aux drums. Ses fidèles compagnons –depuis neuf ans– ont été rejoints par le pianiste/gratteur Bob Welsh, pour la circonstance.

Sexagénaire, Lee Oskar est originaire du Danemark. Il a milité chez le groupe multiracial de funk rock, War. Comme harmoniciste. Et à ses débuts, il avait donc partagé la scène musicale auprès du chanteur Eric Burdon. Lee est également chef d'entreprise. Responsable de la fabrique d’harmonica. Si, si, un modèle diatonique baptisé ‘Lee Oskar’. Probablement le plus vendu dans le monde. Il donne la ligne de conduite à deux instrumentaux. Tout d’abord le tendre "In a sentimental mood", une plage au cours de laquelle il entre en symbiose avec le piano de Welsh. Puis "Lee's blues". Lee étale toutes ses capacités techniques et sonores tout au long de ce très long blues atmosphérique.

Richard ‘Magic Dick’ Salwitz, le souffleur du J Geils Band, refait régulièrement surface en ‘live’. Il n’a rien perdu, ni de sa verve, ni de son punch originel. Et il nous en fait une parfaite démonstration sur le très énergique "Pontiac blues", un fragment au cours duquel l’intervention de Charles Wheal aux cordes est percutante. Solide Chicago shuffle, la cover du "High temperature" de Little Walter célèbre une parfaite complicité entre Wheal et Bob Welsh.

Johnny Dyer fêtera ses 70 ans, cette année. Il est originaire de la Stovall Pantation, à Rolling Fork, dans le Mississippi. Tout comme un certain Muddy Waters, d’ailleurs. Mais il s’est établi, il y a bien longtemps à Los Angeles. Secondé par Rusty Zinn, le vieux musicien noir chante "You're sweet".

James Harman est considéré comme un des meilleurs harmonicistes issus de la West Coast. Il interprète le dynamique "Extra napkins". Junior Watson reste dans son ombre. Enfin, juste le temps de sortir de sa réserve, suivant son habitude… La classe!

Rick Estrin campe, sans aucun doute, un des meilleurs disciples du mythique Sonny Boy Williamson II. Le désormais leader des Nightcats lui rend ici un vibrant hommage tout au long de "Getting' out of town". L’exercice de style et le dialogue opérés sur l'harmonica sont impressionnants. Billy Boy Arnold nous réexpédie à Chicago lors d’un "Sugar Gal" caractérisé par l’excellent travail sur l'instrument chromatique et sur le piano de Welsh.

Enfin, le Louisianais Lazy Lester nous balance son inévitable "Sugar coated love". Tout en rythme, ce blues notoire macère dans les swamps marécageux. Ceux du Sud profond. Mark Hummel referme cette superbe collection par une relecture de l’immortel "Summertime". Quelle propagande pour le blues joué à l’harmonica !

Mark Hummel

Odds & ends

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Mark Hummel est né en 1955. A New Haven, dans le Connecticut. Sa famille a cependant rapidement émigré vers L.A., en Californie. Un Etat au sein duquel il vit toujours, mais du côté d'Oakland, près de San Francisco. Il conduit son groupe depuis 1977 : les Blues Survivors. En 85, la formation sort un premier album. Intitulé "Playing in your town", il paraît sur leur propre label Rockinitis. En 1988, il rencontre la chanteuse/guitariste canadienne Sue Foley. Le duo décide alors d’enregistrer un elpee : "Up & jumpin". Pourtant, l'artiste est avant tout un ‘road warrior’. Un combattant des scènes, si vous préférez. Un véritable Blues Survivor. Il foule d’ailleurs les planches de notre planète terre depuis 20 ans. Il a également signé quelques long playings chez Flying Fish et Electro-Fi.

Pour "Odds & ends", Mark Hummel a décidé de se faire plaisir. Il y propose un condensé de trois de ses premières productions ; c’est-à-dire le "High & jumpin" susvisé, "Highsteppin", un opus édité sur le label hollandais Double Trouble et une obscure collection intitulée "Sunny day blues", un disque paru en 1990 sur le label italien DeLuxe. Ces œuvres sont de véritables disques de collection et sont quasi-introuvables sur le marché aujourd’hui. Hummel est un authentique bluesman. Un tout grand ! En outre, pour notre plus grand bonheur, il est ici soutenu par une pléiade de musiciens talentueux.

D'entrée, l'artiste nous réserve une belle surprise. Un titre enregistré en 2006. A Santa Cruz. En compagnie du jeune prodige norvégien Kid Andersen (NDR : il a côtoyé Charlie Musselwhite et seconde aujourd'hui Mark Estrin au sein des Nightcats). Il s’agit d’une superbe reprise d’un des meilleurs titres du répertoire d'Otis Rush : "Double Trouble". La sonorité entretenue par Kid évoque Rush, mais sa manière d’économiser ses notes, lorgne manifestement vers Peter Green. Mark chante et souffle comme un dieu.

Huit plages sont extraites d’"Up & jumpin". La cover puissante du "Honey, don't let me go" de Jimmy Reed. Paris Slim est aux cordes pendant que notre Mark souffle allègrement dans les aigus. Une version nerveuse du "Rockinitis" de Billy Boy Arnold. L’adaptation torride du "Lonely lonely nights" de Guitar Slim ; une plage au cours de laquelle Ron Thompson se charge de la slide et John Firmin du saxophone. Le percutant "Go on fool", un morceau qui baigne dans l'ambiance festive de New Orleans. Plusieurs compos bénéficient du concours de la délicate rouquine Sue Foley. Et notamment le remuant "Look what you done" de Magic Sam, un fragment caractérisé par une sortie brillante de Shorty Lenoir. Le "Jump with you baby" de BB King. Le slow blues "How long I have to wait", une chanson écrite et chantée Sue Foley en 1988 (NDR : son timbre est tellement reconnaissable !) Et enfin "Summertime", un instru qui bénéficie de la participation de Charles Brown au piano ainsi que de Buddy Reed.

De "Sunny day blues", j'épinglerai "Easy", son hommage rendu à Big Walter Horton, le "Dig that crazy chick" de Louis Prima, au cours duquel Randy Rattray se réserve le manche, le solide "Highsteppin" et le galopant "Keep a knockin", une plage au cours de laquelle Pat Chase se distingue à la guitare pendant que Hummel se révèle un furieux rock' 'roller.

Enfin, si je ne m’abuse, deux morceaux sont également issus d'un autre elpee paru en 81 chez Double Trouble : "Harmonica Party". Tout d’abord "Feelin good", un long boogie qui bénéficie à nouveau du concours de Franck Goldwasser, et "Don't boss me", un morceau signé Rick Estrin. Comment ne pas remercier Mr Hummel pour nous procurer cet immense plaisir de redécouvrir de tels témoignages de son passé ?

New Guitar Summit

Shivers

Écrit par

Cet elpee célèbre une réunion au sommet entre trois guitaristes : le génial Duke Robillard, l'ancien leader du J. Geils Band, Jay Geils, et le moins notoire Gerry Beaudoin. Pourtant, ce dernier est un musicien réputé dans le monde du jazz. Il est originaire de New England, mais vit aujourd’hui à Boston. C’est un grand admirateur de Kenny Burrell. Il a milité au sein du Boston Jazz Ensemble. Jay Geils et Gerry se connaissent depuis 1994 et manifestent un  profond respect, l’un pour l’autre

Ce concept de concerts accordés sous la forme d’un trio, dans le cadre d’un ‘New Guitar Summit’, date de 1997. Mais ce projet ne sera concrétisé qu’en 2000. Lors de la sortie de l’album "Retrospective", édité chez Francesca. En 2004, paraissent "New Guitar Summit" sur Stony Plain et un Dvd intitulé "Live from Stoneham Theatre". Enfin, il ne faut pas oublier "Jazzthing II", un elpee sorti sur Ranbach Canada, en 2007, et attribué à Randy Bachman et New Guitar Summit.

Les trois musiciens sont d’excellents instrumentistes, mais n’accordent guère de place aux vocaux. "Shivers" est donc essentiellement constitué de plages instrumentales au cours desquelles jazz et swing font bon ménage. "Little bitty pretty one" ouvre le disque. Une compo signée par le trio. Un prototype pour le combo. Les comparses se partagent les soli et il est assez difficile de mettre en exergue l’un ou l’autre personnage. Les interventions sont chirurgicales. La technique sans faille. Un backing group réservé mais efficace plante le décor. En l’occurrence les basses acoustiques de John Turner et Bob Nieske ainsi que les subtiles percussions de Les Harris Jr et Gordon Grottenhaler. De grands noms du jazz nous traversent l’esprit à l’écoute de "Flying home" et "Shivers". Et en particulier Benny Goodman et Lionel Hampton. Les parties vocales sont assurées par Randy Bachman, un chanteur canadien qui a notamment sévi au sein de Guess Who et Bachman Turner Overdrive, deux groupes fondamentalement rock. Sa voix est ici empreinte d’une grande retenue. Deux plages sont signées Mose Allison, "Your mind in vacation" et "Everybody's crying mercy". Le titre maître baigne au sein d’un climat délicieusement manouche. Il est alimenté par quatre fois six cordes, puisque Bachman est venu rejoindre le trio. Un remarquable exercice de style au sein duquel j’épinglerai le délicat "Blue Sunset" ainsi que le très beau et dépouillé "Honey suckle rose".

 

Donna Summer

Crayons

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‘The Queen Is Back’, déclare très modestement l’ex-souveraine du disco. Pour fêter ses 60 ans, Donna Summer s’offre un petit caprice sous la forme d’un Xième recueil, dix-sept ans après son dernier effort studio, « Mistaken Identity ». Celle qui aura fait danser nos (grands-)parents sur ses légendaires « Hot Stuff », « I Feel Love » et autres « Love To Love You » revient avec un essai haut en couleurs. « Crayons » est un condensé surproduit de R’n’B électronique propice à de longues heures d’aérobic. L’échauffement démarre au son de « Stamp Your Feet » et « Mr. Music » qui dévoilent une Donna Summer manifestement heureuse de se retrouver à nouveau derrière le micro et de découvrir la magie du vocodeur. Sur le titre maître, la dame accélère la cadence et invite Ziggy Marley à se joindre à elle pour quelques flexions-extensions sur un beat raggamuffin’ carré et sans surprise. Après quelques abdos sur « The Queen is Back » et le brouillon « Fame (The Game) », l’instructrice nous propose quelques minutes de répit le temps d’une ballade obligatoire, « Sand On My Feet », et de quelques rythmiques ‘Lounge do Brasil’ sur le bien nommé « Drivin’ Down Brazil ». La séance reprendra ensuite sur « I’m A Fire », un morceau club gay-friendly de plus de sept minutes qui finira d’achever les plus téméraires. Summer, toujours en grande forme, continuera malgré tout à s’égosiller même si plus personne dans la salle ne lui prête attention.

En laissant son trône inoccupé bien trop longtemps, l’ancienne reine de la pop et du disco doit faire face aux productions bien mieux léchées des figures royales actuelles que sont Madonna ou Kylie Minogue. De plus, face aux innombrables prétendantes au titre, les « Crayons » de Donna Summer ne lui attribueront même pas la troisième marche du podium. Dépassé(e).

Lien iTune : http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D281051185%26id%3D281051184%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

 

 

Bobby and Blumm

Everybody Loves

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De toute évidence, Morr Music a le nez creux pour dénicher des artistes talentueux. Tout récemment, nous vous avons avoué tout le bien que nous pensions des dernières sorties du label allemand : Borko, Electric President, Seabear, etc. Duo germano-suédois, Bobby and Blumm n’échappe pas à la règle. Sous ce patronyme se cachent deux larrons, soucieux d’apporter leur eau au moulin berlinois : Ellinor Blixt aka Bobby Baby et Frank Schültge aka F.S. Blumm. Ils incarnent, pour la circonstance, le rôle de meuniers.

De nationalité allemande, Frank Schültge Blumm n’est pas un débutant. Il compte déjà une vingtaine d’albums à son actif. Huit concoctés en solo et une douzaine nés de différentes collaborations. Si on y ajoute les multiples plaques (Eps, etc.), nées d’expérimentations en tout genre, la hotte de ce dernier a de quoi peser lourd. Ellinor Blixt, est un transfuge suédois de Liepãja, un groupe aux accents plus rock. Baptisé « Everybody Loves », leur projet est apatride. Il foule à la fois les terres de l’electronica, la tourbe jazzyfiante –entretenue par la voix suave de Mademoiselle Blixt– et le terreau folk candide. Un trio d’éléments lénitifs destiné à ravir les pavillons ouverts à ce type de solution sonore.

Une rivière traverse la forêt, elle dessine treize courbes, emportant au passage feuilles, mousse et brindilles. Un parcours exaltant dessiné depuis sa source à son port. On le contemple. On s’en imprègne. Si bien qu’il finit par nous envoûter et en même temps influer sur notre humeur. Euphorique ou triste, elle est accentuée. Les sens sont exacerbés. Si vous êtes mélancolique, « Everybody Loves » ne vous rendra pas le sourire. Il amplifiera même votre mal être. En touchant les endroits sensibles, jusqu’à la limite du supportable. Avant d’entamer l’écoute de cet opus, je vous conseille d’être bien dans votre tête. Sans quoi, vous risqueriez bien d’être débordés par les émotions, et catapulté dans les méandres de la réflexion ultime. Cependant… il est parfois bon de se faire du mal.

 

Mumm-Ra

These Things Move in Threes

Écrit par

Quand une formation sort du bois pour nous présenter son premier album, tous les moyens sont bons pour se faire remarquer. Prenez Mumm-Ra et son patronyme à susurrer comme une onomatopée étranglée. Après investigation approfondie, on apprend que ces cinq Anglais se sont inspirés d’un dessin animé (le méconnu « Thundercats ») pour dénicher ce sobriquet saugrenu. Côté musique par contre, difficile de faire valoir tant d’originalité. Sur « These Things Move in Threes », Mumm-Ra se plaît à revisiter quelques étendards de la musique pop. Bêtement. Sans se poser de question. Formaté pour remporter un succès instantané sur un territoire régulé par le New Musical Express (NDR : NME), cet album à la bonhomie suspecte peine à nous séduire. Ayant systématiquement recours à une démarche artistique stéréotypée, Mumm-Ra caricature quelques chantres de la pop moderne (Death Cab For Cutie sur « Out Of the Question », The Flaming Lips) et réplique aux récentes fantaisies de The Kooks. Hymnes épiques, grandes envolées épileptiques, débit mélancolique : Mumm-Ra possède indéniablement les moyens de réaliser ses ambitions. Petits génies de la mélodie aisée, ces Anglais devraient néanmoins s’émanciper et trouver un terrain de jeu plus adapté à leur rock décomplexé...

Summer Hymns

Summer Hymns

Écrit par
Oubliés les bonnets. Rangées les écharpes. Pliées les moufles et les chaussettes norvégiennes. Voici venu l'été, voici venu le temps où la recherche de douceur et de fraîcheur vont devenir quêtes. Backward Masks a décidé de préparer le terrain en commettant « Summer Hymns », ode au soleil et au bien-être. Solennel comme une sonnerie d'appel au théâtre, le rideau de Misra Records (Fools Gold, Clemency, Voice Brother & Sister?) s'ouvre sur les artistes. Avides de crier à qui veut les entendre que nous ne maitrisons pas les saisons, ils composent 12 titres entraînants comme des balades à la campagne. En ces lieux où la réflexion intérieure a sa place, où la mise remise en question se pratique sans angoisse, où la prise de conscience sur notre mode de vie est indissociable. Un album intelligemment composé, diffusant avec sagesse l'envie de voir plus loin.

L'album n'est pas innovant, ni incroyable. Il est dans la lignée de ces oeuvres que l'on ressort de temps à autre en se rappelant l'effet interne qu'il procure plutôt qu'un souvenir impérissable entre les oreilles. Bien découpé, net, précis avec la sensation de liberté qui l'emballe bien, Backward Masks ouvre les festivités de l'été, ça sent déjà le barbecue et le chlore.

Mark Hummel

Ain't easy no more

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Mark incarne sans aucun doute un des harmonicistes les plus doués de sa génération ; et même s’il est moins populaire que Charlie Musselwhite, Kim Wilson ou Rod Piazza, il affiche un sacré pedigree. Originaire de New Haven, dans le Connecticut, il a grandi à Los Angeles avant de se fixer à San Francisco où il vit depuis 35 ans. Malgré ce parcours, c’est bien dans le vivier du Chicago blues qu’il a puisé l’essentiel de son inspiration. A l’instar de nombreux musiciens de blues, il voue une grande admiration aux Grands : Little Walter, Sonny Boy Williamson, Junior Wells ou encore James Cotton. "Playing in your town", son premier elpee, est paru en 1985. Depuis, il a fait son chemin et écumé toutes les scènes des States et d’Europe. Il a également concocté toute une série d’albums sur les labels Flying Fish et Tone Cool. En 2002, il a signé chez Electro-Fi, écurie pour laquelle il a enregistré "Golden State Blues" et le live "Blowin’ my horn", en 2004.

Pour réaliser cet “Ain’t easy no more”, Mr Hummel a reçu le concours de ses Blues Survivors ; c'est-à-dire les fidèles compagnons qui le suivent depuis quelques années. En l’occurrence : le guitariste Charles Wheal, le bassiste Steve Wolf et le drummer Marty Dodson. Le talent de Mark est essentiellement concentré dans les deux reprises qui ouvrent l’opus. Tout d’abord le percutant "Get on the right track" de Ray Charles. La voix est puissante et délicatement éraillée. Le piano de Bob Welsh, les cuivres ainsi que la solide section rythmique servent de rampe de lancement à l'harmonica dévastateur et aux riffs classiques du Chicago Southside. Le "She's got it" de Muddy Waters en est une autre illustration. Mark souffle divinement. Tout en manifestement une sensibilité intérieure qui force l'admiration. Sa puissance est naturelle. Son "I didn't need another heartache" se fond naturellement dans ce décor de blues urbain classique. Un shuffle sans faille qui libère de l'espace pour les cordes de Wheal et les percussions de Marty. Le titre maître constitue un cri du cœur de l'artiste pour l'une de ses villes fétiche : New Orleans. Mark est l’auteur de cet "Ain't easy no more", une compo qu’il a écrite après les effets dévastateurs provoqués par l'ouragan Katrina dans la célèbre cité louisianaise. L’ambiance est de circonstance. Animée par les accords d’un piano sautillant, elle est entretenue par un cocktail de cuivres et de percussions. Le swing et le jump constituent une autre clé de l’expression sonore embrassée par Hummel. L’adaptation du "Jump with you baby" de BB King en est une parfaite illustration. Le chanteur souffleur est dans son élément naturel. Charles Wheal se fait BB et prouve son talent injustement méconnu. Ce style jump hante également sa version du "Stop now baby" de Sonny Boy Williamson. Instrumental, "Harpoventilating" respire la classe. Une leçon donnée par le maître qui, pour la circonstance, s’est trouvé une deuxième paire de poumons, histoire de pouvoir reprendre sa respiration. Impressionnant ! "So glad" swingue à ravir ! Charles est inspiré sur ses cordes tandis que Bob Welsh parcourt frivolement ses 88 touches d'ivoire. Mark sort de sa poche son encombrant instrument chromatique. Et si vous pensez que le meilleur est désormais passé, vous vous flanquez le doigt dans l’œil ; et jusqu’au coude, car notre Californien reprend deux plages écrites par le pianiste Eddie Boyd. Tout d’abord un sublime "Blues is here to stay". Ensuite "You got to reap" que Mark chante délicatement. Welsh y reproduit le jeu du regretté dieu de Chicago. Par son jeu déchiré, proche de Charlie Musselwhite, notre souffleur arrache larmes et sanglots sur "Creeper returns", une plage inspirée du Chicago Westside. Impérial ! Un album de grande classe!

F.S. Blumm

Summer Kling

Deux ans après « Zweite Meer », l’Allemand Frank Schültge Blumm récidive dans une veine post-pop-jazz qui rappelle à la fois Tortoise (circa « TNT »), Tied & Tickled Trio et Jagga Jazzist. Entouré d’une pléthore de musiciens (douze en tout, dont Anne Laplantine aux machines et Harald ‘Sack’ Ziegler au cor), le Teuton a profité d’un été ensoleillé à Berlin (d’où le titre) pour enregistrer ce qui s’apparente à son disque le plus lumineux. « Summer Kling » déroule ainsi ses arpèges radieux et ses glissandos mats le long de seize titres aux ambiances fragiles, comme un mois d’août en pleine Bavière. Seize miniatures où l’on entend des flûtes, du melodica, de la trompette, du violon, du trombone, de la clarinette, du piano, du metallophone, ou encore de la contrebasse et du banjo… Autrement dit une véritable auberge espagnole, qui n’empêche pas notre homme d’avoir les idées claires. De ces seize ritournelles aux confins du jazz et de la pop cinématique on retiendra non pas des mélodies, mais une certaine idée de la note bleue : comme la couleur d’un ciel sans nuages, à la sérénité réconfortante. Atmosphère, atmosphère, ce disque a une gueule d’atmosphère.

 

Johnny Dyer with Mark Hummel

Rolling Fork revisited

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A l’instar de Muddy Waters, Johnny Dyer est né à Rolling Fork, dans le Mississippi. Sa jeunesse est bercée par le son des juke-boxes qui diffusent la musique de Waters, Howlin' Wolf, Sonny Boy Williamson, Little Walter, etc. En 1958, il se fixe définitivement en Californie. A Los Angeles, très exactement. Il y retrouve d'autres bluesmen; et notamment George Smith, Shakey Jake Harris, Pee Wee Crayton et T-Bone Walker. Début des années 90, il enregistre deux albums pour Black Top : "Listen up" et "Shake it", deux elpees pour lesquels il reçoit le concours de Rick Holmstrom à la guitare.
 
« Rolling Fork revisited » rend hommage à la musique de Muddy Waters ; un projet monté par l'harmoniciste Mark Hummel ainsi que Dyer. Hummel a ramené son band : les Blues Survivors. Soit Charles Wheal à la guitare, Steve Wolf à la basse et Marty Dodson à la batterie. Et puis quelques invités, parmi lesquels on remarque la présence de deux anciens membres de la bande à Waters : Paul Oscher et Francis Clay.
 
Il ne faut guère plus de cinq secondes pour se rendre à l'évidence : nous sommes entrés dans le monde musical de Muddy Waters. Entre les quelques notes distillées par la guitare acoustique de Paul Oscher et les phrases attendues que laisse échapper l'harmonica de Mark Hummel, la voix authentique et chaude de Johnny s’immisce dans le débat sonore. Une voix tellement proche de Waters qu’il faut se pincer pour ne pas y croire. Saisissant ! Le tempo s'élève. Bob Welsh s’agite au piano. En filigrane, on distingue nettement la guitare de Rusty Zinn égrener ses notes dans son style West Coast bien personnel. Johnny peut chanter l'esprit tranquille ce "Young fashioned ways". Son backing group est à la hauteur. Mark n’a rien perdu de sa superbe. Le gamin est tellement doué qu’il illumine tout l’opus de son talent. Dans un registre très proche de Little Walter, bien entendu. Et l’interprétation du remuant "Can't get no grinding" de Memphis Minnie en est la plus belle illustration. Dyer se montre terriblement convaincant sur les tempos plus lents, dépouillés à l'extrême. A l’instar de "Country boy", une plage aux accents dramatiques. Paul Oscher s’y réserve la slide. Dans un style proche du maître. Pour la circonstance, il se permet de doubler à l'harmonica, qu’il a pris soin de poser sur un rack. Francis Clay caresse ses balais comme à l’époque où il militait chez le Muddy Waters Band (NDR : il y a sévi 12 ans, à partir de 1957). Cette même magie teintée d’émotion envahit "Layaway plan". Soutenu par la slide perçante de Paul et l'harmo, Dyer chante comme s’il était possédé par la personnalité du mythique bluesman. Cet hommage au maître est très réussi. Parmi les autres plages, j’épinglerai encore un "Don't go no further", exécuté à la manière d'un shuffle bien nerveux. La férocité de Mark y est envoûtante. Tous les amateurs du Mississippi saxophone ne peuvent qu’applaudir sa performance réalisée tout au long de "Gone to Main street", une compo plus Little Walter que jamais, "Sugar sweet" ou encore "My dog can't bark". Bob Welsh et Rusty Zinn assurent les cordes sur "Don't know why" ; une compo au cours de laquelle Steve Wolf et Marty Dodson assurent une assise rythmique particulièrement solide, tout en manifestant un swing naturel. Zinn sort de sa réserve sur le bien notoire "Forty days and forty nights". Son solo est bien ficelé. Il monte lentement mais sûrement en puissance. Il assure également la rythmique sur le très saignant "Stuff you got to watch". Trempé dans la West Coast, "Clouds in my heart" épouse un slow blues princier, un fragment au cours duquel Marc semble hanté par l’esprit de George Smith. Excellent! Enfin, Johnny Dyer et Paul Oscher s'échangent quelques phrases d'harmonica lors de la dernière minute d’"Evan's shuffle", qui clôt cet elpee.

The Mummies

Death By Unga Bunga ! !

Après l’ouragan de 1998 qui engloutit la baraque abritant le label des Mummies (Budget Rock), on n’avait plus trop de nouvelles des quatre rockeurs à bandages de Californie… Deux d’entre eux seraient même morts dans la tempête, sans parler de toutes leurs « master tapes », perdues à jamais dans les abysses de l’Océan Pacifique… Pour retrouver ces cassettes et rendre hommage une dernière fois à leurs compagnons d’infortune, ne restait qu’aux deux survivants du groupe à tenter l’impossible : remonter le temps et braver tous les dangers, jusqu’à draguer les fonds pélagiques et combattre la faune locale avide de chair molle. Il s’en aura fallu de peu pour qu’ils échouent en pleine nage crawl, mais c’est mal connaître les Mummies… Les voilà donc de retour avec cette compile d’époque. 22 titres d’anthologie en hommage à leurs deux frères : que du punk-surf qui tue, du rockab’ qui sent bon sous les pansements, du ‘retardo rock’ puissant et salé comme l’eau de mer. C’est crade mais c’est ‘collector’, comme un vieux Cramps qui pourrirait dans la cave de Dick Dale… Les Mummies sont à moitié sains et saufs, et leur musique est toujours aussi démente. Unga Bunga Zip A Dee Doo Dah ! ! !

Albert Cummings

True to yourself

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Agé de 35 ans, Albert Cummings est né dans le Western Massachusetts. Dans sa famille, on est entrepreneur de père en fils. Et Albert ne souffre pas d’exception. Il a commencé par jouer du banjo à cinq cordes, avant de passer à la guitare en écoutant le prodige texan, Stevie Ray Vaughan. Son premier album, "The long way", est paru en 2000 ; un disque passé inaperçu. Il rejoint ensuite l’équipe des musiciens de Vaughan. Un groupe auquel il s’intègre immédiatement. Nous sommes alors peu de temps avant la disparition accidentelle du guitariste d'Austin…
 
Pour enregistrer son deuxième elpee, "From the heart", Cummings avait reçu le concours de l'ancien backing band de Stevie Ray Vaughan au complet : Double Trouble, Layton, Shannon et Winans. Un disque sorti en 2002. Et pour la confection de « True to yourself », il a également bénéficié d’un ‘who's who’ de musiciens : Tommy Shannon à la basse, Tommy Shannon aux claviers (NDR : un partenaire très habituel pour Tommy) et B.E Frosty Smith aux drums (NDR : il a joué chez Omar & the Howlers et en compagnie de Gary Primich, Pat Boyack, Guy Forsyth, Doug Sahm et Marcia Ball.) Blind Pig croit en son artiste. La plus belle démonstration procède de la présence de Jim Gaines à la production.
 
Dès les premières notes de guitare, nous sommes plongés au sein d’une atmosphère très ‘hendrixienne’. Albert doit avoir passé ses disques en boucle pour ce "Man on your mind" au tempo funky. Mais si l’interprétation est sans faille, on ne peut pas dire que la création soit au rendez-vous. Hendrix a inspiré plusieurs générations de musiciens. Des dauphins qui se sont succédés dans le temps : Robin Tower, Stevie Ray Vaughan, Walter Trout. A l’instar de Vaughan, certains d’entre eux ont manifesté davantage de créativité. Passé l’ouverture, la marque ‘hendrixienne’ s'estompe sérieusement. L'artiste possède une bonne voix, une voix calquée sur son style d'ailleurs. Un hard rock agréable caractérisé par un accompagnement efficace dont une excellente section rythmique ; le tout saupoudré d’interventions d’orgue Hammond discrètes. Albert signe un tout bon solo en picking sur le funky "Work it out", dans l’esprit d'Albert Collins. Hard rock blues assez banal, "Come up for air" est une occasion supplémentaire de faire rugir les cordes à travers une avalanche de notes. Comme le titre l'indique, "Blues makes me feel so good" est bien entendu plus proche du blues, nonobstant son tempo rapide. "Where did I go wrong" marque le retour du rythme funk. Une nouvelle occasion pour les cordes de se libérer en loopings et autres dérapages contrôlés. Et il faut avouer que dans le style, c'est fichtrement bien fichu ! Tout au long du boogie shuffle très énergique "Your sweet love" Albert démontre qu’il a une fameuse santé. Il fait une pause sur "Sleep", une ballade aussi douce qu'inutile. Long slow blues atmosphérique, "Lonely bed" aurait été franchement génial, si Vaughan n'avait pas concocté "Tin Pan Alley", le siècle dernier. Bien que très bien interprétée, on a l’impression qu’il s’agit d’une copie carbone. Cummings achève cet opus par "Follow your soul", un rock bien ficelé pour lequel il est vraiment taillé !

Summer Factory

A Bad Workman Blames His Tools

Formé à Lille en 1995 et depuis émigré à Bordeaux, Summer Factory sort un nouvel EP frais et tapageur, après un premier album remarqué (" Put Yours Clothes Back On ! ") il y a presque deux ans. Toujours dans une lignée psyché-pop sans complexes, entre Beck, Lou Reed (la voix) et Harpers Bizarre, les cinq Français de Summer Factory confirment leurs talents de (garçons de plage) mélomanes, qui auraient troqué leurs matelas pneumatiques contre le " Sunflower " des Beach Boys " et le dernier Super Furry Animals. En faisant la part belle aux guitares surf et aux " bonnes vibrations " d'un theremin bavard, ce mini-album huit titres s'avère parfait comme compagnon de vacances. Sous le soleil, exactement.

Mummy The Peepshow

School girl pop

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Et maintenant une petite devinette : d'où viennent les Mummy The Peepshow ? Hein ? Hein ? Allez, un indice : le titre ! School ! Girl ! Pop ! Non, rien ? Un autre pour brouiller les pistes cette fois : un tee-shirt de foot américain (attention !) pour le haut, une jupe écossaise (attention !) pour le bas, des bas rayés bicolore type guêpe dessous (trop tard)... Alors, reconnaissez-vous dans quel pays cette mode peut déchaîner les foules ? J'en vois qui commencent à décrypter l'énigme. D'accord, le suspense n'a que trop duré : je lâche le morceau, vous êtes intraitables : Osaka, au Japon !!! Mais oui, c'était pourtant pas compliqué ! Pourtant, certains sont capable de me rétorquer : "mais bien sûr". Toutes ces (légères) considérations mises à part, il faut quand même admettre que les éléments "surprise" et "exotisme" répondent aux abonnés absents. Il est vrai que MTP sème quasiment plus de titres sur des compiles estampillées "girlsbands made in japan" que sur ses propres albums. Mais formé depuis maintenant 1994, il se démarque musicalement trop peu (NDR : un titre à la Piaf quand même) pour frapper les esprits et créer ainsi des mouvements de foule hystérique, des débordements en tout genre qui nécessiterait l'intervention des forces de l'ordre. Sur cet album tout au moins. D'autant plus que le radicalisme musical existe chez Melt Banana ou que le côté kitsch est totalement assumé par les Ex-girl ; pour ne citer qu'eux.