Après avoir commis (non pas un crime, quoique…) un récent un album (précédemment critiqué par votre serviteur, et j’ai été gentil avec lui, j’vous jure !), notre Vitor national nous ressert une portion de sa soi-disant pop/électro à la grosse louche. Vu que je n’sais pas exactement quel style lui attribuer, j’ai décidé d’appeler ça ‘soupe’. Une (mauvaise) soupe donc, mi électro, mi pop, mi… rien du tout en fait, vu que ça r’semble mais alors là, vraiment à rien ! Aucun goût c’truc ! Et en plus, c’est froid !
Notre tailleur de pierre a pourtant la chance et l’énorme avantage d’être Belge, de pouvoir bénéficier d’un terroir ‘musical’ habituellement propice à sortir un chouette truc, à produire quelque chose de valable. Il y a quand-même un tas d’excellents exemples partout autour de lui et ce dans tous les coins de notre beau royaume musical !
Et pourtant, j’adore la soupe…
Pas satisfait d’avoir ‘méchamment’ repris un répertoire réservé aux guindailleurs et étudiants de tous bords, Vitor Hublot s’attaque cette fois sans vergogne et sans peur à une pointure de la chanson française. Que dis-je ? Une pointure ? Un monument !
Notre bon sculpteur a donc décidé de tailler dans l’œuvre de Georges Brassens. Et il taille le bougre, à l’aide d’un gros burin… et à la masse… sans mettre de gants. Neuf de ses plus grands (ils le sont TOUS) chefs-d’œuvre sont passés au concasseur, broyés et réduits en poussière… Il ne reste rien. C’est le néant, le vide total.
Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans la tête de ce mec ?
Moi qui croyais qu’un artisan (il se revendique comme tel) avait l’envie de produire de jolies œuvres, originales, différentes chaque fois. On est loin du compte. En fait, nous sommes ici en présence d’un producteur de mauvaises copies. Ben oui comme pour les grandes marques et… la ‘qualité’ qui va avec. Le texte mis à part (il faut bien écouter), rien ne laisse imaginer l’origine de ces huit chansons. Où est l’esprit Brassens ? Ces mots, sans la guitare de Georges et la contrebasse de Pierre Nicolas, n’ont plus la même saveur. Ils n’en ont plus aucune d’ailleurs. Quel est le but poursuivi ? Je ne comprends pas…
Si Vitor voulait choquer, bravo, c’est vachement réussi. Et ce n’est pas l’avis de ‘Monsieur’ Gilles Verlant qui me fera penser différemment. Y fait c’qui veut ce mec, y peut même chanter… si ça lui fait plaisir… Heureusement qu’il ne dédie sa version qu’à ses deux fils. Manquerait plus qu’il ait pensé à moi… Ouf !
Y’avait eu au cinoche, en son temps « Massacre à la tronçonneuse » qui avait fait couler pas mal d’encre. Y’a maintenant « Massacre au burin » non plus sur grand écran, mais sur Cd. Et j’espère que celui-là ne fera rien couler du tout car il vaudrait mieux… oublier rapidement.
A acheter (ben oui, ça s’vend) uniquement si vous voulez faire un vilain cadeau à votre meilleur ennemi !
Ah oui, j’oubliais, il paraît que c’est le premier volume et qu’il y en aura d’autres. Au secours !!!