Réédition de l’album Elyria de Faith & The Muse

Référence majeure du rock gothique, Faith and the Muse réunit Monica Richards (Strange Boutique) et William Faith, musicien ayant œuvré pour Christian Death, Mephisto Waltz, Sex Gang Children ou encore Shadow Project. Paru en 1994, leur premier opus, Elyria,…

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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Didier Deroissart

Didier Deroissart

dimanche, 10 juin 2018 03:00

En guise d’adieu…

C’est la première et ce sera peut-être la dernière fois que votre serviteur assiste à un concert de Bertrand Cantat. La tournée 'Amor Fati’ s’achève définitivement ce soir dans une Ancienne Belgique pleine à craquer. C’est le Palois en personne qui va annoncer cette décision, avec beaucoup d’émotion, au beau milieu du set. Elle fait suite à toute la polémique déclenchée par son retour sur scène. Pourtant, ce périple aura permis à plus de 35 000 personnes de le voir ou de le revoir en ‘live’. Un public qui s’est déplacé pour l’artiste et pas l’homme, n’en déplaise à ses détracteurs…

Il n’est que 19h15 lorsque Belfour, le supporting act, grimpe sur le podium. Un duo issu de Clermont-Ferrand, réunissant les chanteurs/percussionnistes Michael Sacctti et Mena Lucie, cette dernière se consacrant également aux percus.  

Energique, la musique du tandem puise ses sources dans la roots, le folk, le blues, le rock et l’electro, surtout à travers les samples. Les influences sont d’ailleurs multiples et oscillent de John Lee Hooker à Feist, en passant par T-Model Ford, Ali Farka Toure, PJ Harvey, Cat Power, Florence and The Machine, Janis Joplin, The Black Keys et The Kills. La voix de Michael Sacchtti est envoûtante, mais aussi parfois explosive. Celle de Mena adopte des inflexions proches de Beth Hart. Les chansons sont interprétées dans la langue de Voltaire ; et de la setlist, on épinglera « Juste une seconde ». Entre riffs entêtants, rythmique minimaliste, à la limite tribale, la paire s’autorise des crescendos bien sentis. Une excellente mise en bouche !

A 20h15, le backing group de Cantat débarque sur les planches, surmontées de deux estrades. L’une est destinée au préposé aux synthés et l’autre au drummer. Pascal Humbert (NDR : également impliqué chez Detroit) se charge, bien évidemment, de la basse. Et le line up est complété par deux guitaristes, Cantat empoignant épisodiquement une troisième gratte, et bien sûr se réservant le chant. Il entre en scène, après son quintet, sous un tonnerre d’applaudissements.  

« Amie nuit » puis le titre maître d’« Amor fati » ouvrent le show. Des images correspondant parfaitement aux thèmes traités par ces deux compos sont projetées sur un écran installé en hauteur. Les interventions de Humbert à la basse sont déjà bien marquées. « Silicon Valley » et l’implacable « Excuse My French » libèrent toute leur puissance électrique. Cantat est impérial tout au long d’« À l'envers, à l'endroit », un des titres-phares de Noir Désir, et tout particulièrement derrière son micro. D’ailleurs, en général, sa voix s’impose. Il signale être content d’être à Bruxelles, que le public belge est moins prétentieux que celui de Paris et qu’il a vécu de très bons moments dans l’Ancienne Belgique. Sous le coup de l’émotion, il va quitter le podium, à trois reprises. Mais ses musicos prennent alors le relais. Et soudain, il annonce qu’il s’agit de son dernier concert. Le public est sous le choc, mais l’applaudit très longuement. C’est également à trois reprises qu’il souffle dans son harmonica, des moments au cours desquels il vide ses tripes et épanche tout son spleen. Il fustige également le showbiz et une certaine presse. Humbert remercie le public et apparemment secoué par la décision de Bertrand, déclare également, qu’il s’agit du dernier concert. Il fond même en larmes en présentant l’équipe des techniciens et les musicos qui l’accompagnent.

Véritable bête de scène, Bertrand Cantat nous délivrera, ce soir, 7 reprises de Noir Désir dont un « Sa majesté » de toute beauté. Et notamment en rappel, dont les incontournables « L’homme pressé », « Tostaky », « Lost » et « Ici Paris ». Enflammé, l’auditoire lui rétorquera, à plusieurs reprises, un ‘Ici Bruxelles’, moment au cours desquels Cantat cessera de jouer pour profiter du moment.

Lors du second encore, il clôt le show par une version unplugged de « Comme elle vient ». Et la foule reprend les paroles en chœur, mais en les hurlant, illustrant une véritable communion entre elle et le band. Un concert exceptionnel, c’est le cas de le dire…

(Organisation : Live Nation en accord avec Uni-T)

dimanche, 10 juin 2018 18:14

Charlie Winston rêve du Weekend

Après avoir gravé trois albums et quelques singles mémorables, (« Like A Hobo », « Kick The Bucket », « Hello Alone »), Charlie Winston publiera un nouvel elpee, fin septembre. Il s’intitulera « Saquare 1 ». En attendant, cet auteur-compositeur nous dévoile son premier single, baptisé « The Weekend ». Une compo qui évoque la manière dont chacun se réinvente dès que le week-end arrive. Une chanson exaltante, joyeuse et ensoleillée destinée à nous libérer des contraintes afin de devenir de meilleures versions de nous-même. Pour découvrir le clip, c’est ici

En concert :

- 01/06/2018 - Le Mas Festival – Puget sur Argens, France
- 29/06/2018 -  Ferte Jazz Festival – La Ferte sous Jouarre, France
- 30/06/2018 - Wolfi Jazz Festival – Wolfisheim, France
- 27/07/2018 - Albertville Jazz Festival – Albertville, France
- 04/08/2018 - Dime on Fest – Nice, France

D’autres dates viendront certainement s’ajouter d’ici l’automne.

https://www.facebook.com/charliewinstonofficial/
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https://www.instagram.com/charliewinston/?hl=fr

 

 

« There’s Something Wrong With Everything », le prochain album de Birdpen, paraîtra cet automne. En attendant, il vient de publier un nouveau single, intitulé « This Is Your Life », c’est un morceau extrait de cet opus. Doublée d’un clip (voir ici), cette chanson parle de notre monde moderne où se mêle le contrôle des médias, la surinformation, les ‘fake news’, les campagnes de terreur et de lavages de cerveau.

« This Is Your Life » a été écrit, enregistré et produit par le duo Mike Bird et Dave Pen. Il a ensuite été masterisé par Frank Arkwright aux studios Abbey Road de Londres. Les deux hommes se sont inspirés de Deerhunter, Hookworms, Suuns, The Beta Band, Pink Floyd et The Brian Jonestown Massacre, pour concocter ce titre.

En concert :

- 24/06/2018 | La Fête De La Musique (Izel)

- 14/08/2018 | Brussels Summer Festival (Bruxelles) 

- 19/08/2018 | Nandrin Festival (Nandrin) 

- 14/11/2018 | Le Botanique (Bruxelles) 

- 15/11/2018 | Reflektor (Liège) 

- 16/11/2018 | Le Salon (Silly) 

https://www.birdpen.com/

 

 

Trixie Whitley est devenue l'une des artistes belges les plus populaires, au sein du Royaume. Elle publiera son nouvel album, cet automne, un disque enregistré sous la houlette de Little Shalimar, producteur des deux albums de Run The Jewels.

En attendant, elle nous propose son nouveau single doublé d’un clip baptisé « Heartbeat » (voir ici), une vidéo mise en image par l'artiste américaine Sophie Loloi. Brut et enivrant, ce morceau agrège hip hop, électro et soul.

Elle se produira le 16 août, dans le cadre du Pukkelpop, et ce 14 décembre au Lotto Arena d’Anvers (tickets en vente là).

http://www.trixiewhitley.com/
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https://www.instagram.com/trixie_whitley/

https://twitter.com/trixie_whitley

 

lundi, 04 juin 2018 13:40

Arsenal a les épaules solides…

Arsenal a gravé son nouvel elpee, « In The Rush Of Shaking Shoulders », ce 18 mai. Et il devrait en un sortir un autre, cette année encore. En outre, il a prévu de réaliser un long métrage et de publier un recueil de poèmes. Trois projets liés par les mêmes thèmes : le chaos, le sexe et le doute, tout en ayant chacun leur propre histoire.

Le nouvel album, « In The Rush of Shaking Shoulders », a été enregistré au Laos (Nigeria), à Londres (UK) et à Anvers. En ont été extraits deux singles doublés par des clips. D’abord « Amplify », caractérisé par ses sonorités africaines (voir ici). Puis « Whale », paru fin avril (voir là)…

 

 

 

 

 

 

lundi, 04 juin 2018 13:40

Le Loto de John Dalton

A tout juste 24 ans, Dalton John transcende les clubs de la scène parisienne depuis cinq ans. Véritable technicien du son, il explore de long en large ce qui se fait de mieux en UK house et en Bass music. Cette culture club, il l’insuffle dans son EP « Ready to Go », sorti en 2017, sur lequel on retrouve le titre « Loto » (voir clip ici), un titre sensuel et particulièrement dansant. Sur ce morceau chanté dans la langue de Molière, il mêle house, garage, pop et bass music, en y intégrant une pointe afro dont lui seul a le secret…

 

 

Canadien, Chad VanGaalen se produit rarement en concert. Aussi, quand il passe dans le coin, il ne faut surtout pas le manquer. Et il était programmé ce mardi 29 mai au Club de l’AB. Responsable de six albums à ce jour dont le dernier, « Light information », est paru en 2017, le natif de Calgary est également cartooniste. Il a également réalisé des clips pour Holy Fuck et Timber Timbre. Et c’est justement une de ses productions qui est projetée en première partie. Si ce dessin animé semble s’inspirer de ‘Star Wars’, pour le spectateur lambda, cette expérience d'animation improvisée et conceptuelle aligne une série d'histoires qui traitent de différentes espèces imaginaires. Intitulée ‘Translated Log of Inhabitants: Tarboz’, elle nous invite à voyager à travers une réalité alternative suggérée par sa propre vie et ses propres rêves (c’est à découvrir ici).

Il y a une centaine de personnes dans la salle, lorsque Chad VanGaalen et sa section rythmique, dont le bassiste de Women, Mathew Flegel, grimpent sur le podium. Pas de setlist en vue. Si, quand même, une que Chad a conservée dans l’arrière de son pantalon et qu’il pose devant lui. Il se sert d’une sorte de guitare box électrique difficile à accorder. Il lui faudra d’ailleurs plusieurs minutes avant qu’il n’y parvienne. Mais quand tout est en ordre, le son est vraiment cristallin. Les vocaux sont dispensés en trois couches. Chad discute souvent avec ses musicos avant d’entamer un morceau. On a l’impression qu’il choisit ses titres instinctivement. Et pas de problème quand le combo se lance dans l’impro ; il est suffisamment soudé pour maîtriser la situation.

Riche et ténébreux, le garage/rock de VanGaalen est aussi expérimental que celui de Deerhof. Il y injecte psychédélisme, americana et southern rock, tout en s’inspirant aussi bien de Bruce Springsteen, Ty Segall, Bob Dylan, Eagles, Nirvana, Pearl Jam que des Beatles circa « Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band » (NDR : et la liste est loin d’être exhaustive). D’ailleurs la voix de Van Gaalen semble parfois hantée par feus John Lennon ou George Harrison.

Après nous avoir transporté au sein d’un univers peuplé de visions étranges, ce guide spirituel et ses deux disciples vident les lieux. Avant de revenir accorder deux morceaux en rappel. Chad recupère alors sa setlist et la troupe s’éclipse sous les acclamations nourries de l’auditoire. Chad VanGaalen est un artiste talentueux, peu accessible, rare, mais tellement génial lorsqu’il se produit en ‘live’…

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Ce soir, la température est tropicale. Que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur de la salle. Les portes s’ouvrent à 18h30, et on constate la présence de nombreuses familles qui ont accompli le déplacement pour aller applaudir Louane : parents, enfants –parfois très jeunes– et même grands-parents. L’artiste ratisse large. La fosse est pleine comme un œuf.

Thomas Caruso assure le supporting act. Il est issu de l’édition 2016 de la ‘Nouvelle star’. Et a composé pour Lisandro Cuxi, Hoshi et Louane. Cette dernière lui renvoie, en quelque sorte, l’ascenseur. Sur les planches, il est épaulé par un préposé à la gratte électrique dont il est capable de tirer des sonorités surf ou country, suivant les circonstances. Thomas est au micro et se sert d’une guitare semi-acoustique. Le duo n’a guère de place sur le podium. Faut dire que derrière le rideau, il y a le matos du groupe de Louane, et apparemment, il est conséquent. Barbu, bonnet rivé sur le crâne, Thomas a une bonne bouille, et surtout possède une belle voix qu’il module comme bon lui semble. Interactif, il invite le public a reprendre les paroles de ses chansons et tout particulièrement celles du single, « Souris Quand Même ». Bref, il a parfaitement joué son rôle d’entertainer…

Le rideau tombe et laisse apparaître deux estrades surélevées. L’une est destinée au préposé aux synthés et l’autre au drummer. Le line up du backing group est complété par une guitariste et un bassiste. Une brume épaisse envahit la scène. Accroupie, Louane semble se soulever du dessous du podium. Puis elle se lève, telle une conquérante, micro en mains. Et déjà, c’est la folie furieuse au sein de l’auditoire. Des milliers d’Iphones illuminent la fosse ; et ce sera le cas tout le spectacle. Sur l’écran central, l’image d’une lune blanche pivote. Louane est vêtue d’une minijupe verte et d’un body noir brillants. Elle est chaussée de bottillons. « Nos Secrets » ouvre le concert. Après « Tourne », elle salue la foule, qui l’applaudit chaleureusement. Elle signale qu’elle est heureuse d’être en Belgique, où l’ambiance des concerts est particulière, espérant que ce soir il soit au zénith, avoir reçu un prix dans l’Hexagone et que le concert est filmé. Elle ajoute encore qu’elle va souvent disparaître afin de changer de tenue. Lorsque les beats électros s’emballent, les lumières flashent l’auditoire. Louane ondule comme un serpent au rythme de la musique, une forme de pop légèrement teintée d’électro, de reggae et de world africaine. Show woman, elle est partout à la fois. Elle monte sur les estrades réservées à ses musicos, pour les affronter. Polyvalents, ils sont tous capables de troquer leurs instruments. A deux ou trois reprises, Louane joue de la guitare, électrique ou acoustique. Mais c’est quand elle est seule, derrière le piano, qu’elle se révèle la plus convaincante. A l’instar d’« Immobile ». Elle nous fait alors penser à Cœur de Pirate… On en a des frissons partout. Le son est excellent. Fait trop rare à Forest National, pour ne pas être souligné. Les gosses sont euphoriques. Les parents également. « Ecchymoses », une chanson signée Benjamin Biolay, enchante le public. « Jours de pluie », également, une magnifique ballade qui aborde le sujet des amours déçus, au cours de laquelle, elle libère l’émotion brute de sa jeunesse. Elle nous réserve une version très électrique du « Toute La Musique Que J'aime » de Johnny Halliday, et l’interprète d’une voix blues vivifiante, comme si elle était hantée par Beth Hart. Et entendre une ribambelle d’enfants reprendre ce morceau est vraiment génial !

En rappel on aura encore droit à deux titres. Au bout de 80 minutes, après avoir été en véritable symbiose avec son public et en toute simplicité, Louane et sa troupe peuvent tirer leur révérence. Le concert était parfaitement réussi…

Setlist : « Nos Secrets », « Tourne », « On Était Beau », « Blonde », « When We Go Home », « Ecchymoses », « Jour De Pluie », « Midi Sur Novembre », « Jour 1 », « Sans Arrêt », « Yellow », « Si T'étais Là », « Toute La Musique Que J'aime », « Immobile », « Pour Oublier L'amour », « Avenir », « Sapés Comme Jamais », « No ». 

Rappel : « Nuit Pourpre », « On Était Beau ».

(Organisation : Live Nation)

jeudi, 17 mai 2018 03:00

Volcanique !

Equal Idiots est un des finalistes de l’édition 2016 du concours ‘Nieuwe Lichting’, organisé par Studio Brussel. Ce soir, il est venu défendre son premier elpee, « Eagle Castle BBQ », paru en juin 2016.  

Le supporting act est assuré par Robbing Banks, un Batave bien sympathique. Véritable homme-orchestre, il est originaire d’Utrecht. Il chante, joue de la guitare et de la batterie. Un kit composé d’une grosse caisse, d’une claire et de pédales montées sur cymbalettes, qu’il manœuvre à l’aide de ses pieds. Ce soir, il va nous proposer de larges extraits de son long playing, « This and that ». Nerveux, son garage/rock est largement teinté de glam. On se croirait revenu au tout début des seventies. Lorsque sa voix monte dans les aigus, on ne peut s’empêcher de penser à Noddy Holder, le chanteur de Slade. Il est particulièrement impressionnant aux percus, qu’elles soient tribales, sauvages ou imprimées sur un tempo à deux temps. Rockabilly, « Let's go home » est chargé de testostérone. Il nous réserve une version plus folk et plutôt paisible du « Bad Man » d’Oblivians, un combo garage/punk yankee. Et le show s’achève par le judicieux « Let's All Go To The Bar », une nouvelle compo. Et pour cause, l’artiste déclare qu’il nous y attend…

Setlist : « Head For The Coast », « Let'S Go Home », « Bad Man », « Search And Destroy », « Sleep This Off », « God Love Need Money », « Lilyfield », « Time Bomb », « Best Friend », « Let's All Go To The Bar ».

Le rideau rouge est fermé. A 21h00 précises, la Koninklijke Harmonie Sint-Cécilia de Westmalle grimpe sur le podium. Soit une section de cuivres de 7 musicos (sax, bugles, trompettes, flûte à bec et, clarinette) et en retrait, un drummer équipé d’un kit, réduit à sa plus simple expression. Et cet orchestre attaque alors une adaptation du « Escape (The Piña Colada Song) » de Rupert Holmès, que l’auditoire, constitué d’une majorité de néerlandophones, fredonne...

Puis, le team se retire pour laisser la place à Equal Idiots, un duo réunissant le chanteur/guitariste Thibault Christiaensen et le drummer Pieter Bruurs.

La ‘Blitzkrieg’ est déclarée. Titre d’ouverture, « Seduction Of Judas » dégouline de riffs en fusion. La voix de Thibaut semble hantée par Ty Segall. La frappe de Pieter est à la fois primaire, instinctive, sauvage, tribale et métronomique. Mais dès « Hippie Man, un spectateur monte sur l’estrade. Il se retourne, regarde Thibault qui hoche la tête. C’est le signal. Ce spectateur se jette alors dans la foule. Et on est parti pour une séance interminable de crowdsurfing. Thibaut va à son tour s’y lancer. Il exécute même un aller-retour entre le podium et le fond de la salle. Il est facile à repérer, à cause de sa tignasse rousse. Le public est très jeune. Quelques parents ont cependant accompagné leur progéniture. Il y a une ambiance de feu dans le cratère de l’AB. La montée en température est éruptive et phréatomagmatique, surtout lors des hits « Salmon Pink » et « Toothpaste Jacky », que l’auditoire reprend en chœur. Soudain une voix puissante émane du fond de la salle. Dvtch Norris saute au-dessus des barrières dévolues à la protection des consoles. Il traverse la foule et monte sur les planches pour se joindre au duo afin d’aborder « Money Man Midas ». Le flow est rapide. Cordes et fûts alimentent un rap punkysant digne d’une compo de Run DMC. La prestation terminée, le rapeur de Coely Dvtch s’éclipse, sous les acclamations d’un public… bouillant. Pendant « Fuck the politicians ! » et « Fuck the N-VA! », le public semble ravi. Thibault nous demande s’il peut chanter en français. Pourquoi ? Pour nous réserver le « Ca Plane Pour Moi » de Plastic Bertand. Et le délire atteint son apothéose dès les premières mesures de « Butter (Up Down) ». Robbing Banks débarque et empoigne la gratte de Thibaut. Ce dernier s’installe derrière un tom bass. Dieter Beerten, le drummer de High Hi, rejoint l’équipe, et se consacre à l’autre tom bass. Les percussions alimentent un climat véritablement volcanique. Fin du set ? Pas vraiment ! Le public applaudit à tout rompre. Et le duo revient en rappel pour accorder deux compos. Tout d’abord le titre maître de l’album « Eagle Castle BBQ », puis un « Put My Head In The Ground » littéralement sismique…

En une heure, Equal Idiots nous a proposé un show terriblement efficace tout en laissant vagabonder notre imagination à travers des références qui ont oscillé des Ramones (Ces ‘Ho, ha’ caractéristiques) à Nirvana, en passant par Pearl Jam, et pour les combos les plus contemporains, Metz, Idles, voire Black Box Revelation…   

Setlist : « Escape », « Seduction Of Judas », « Styx », « Cover The Corpse », « Hippie Man »,  « What You Gonna Say », « I Know », « Toothpaste Jacky », « Salmon Pink », « Money Man Midas », « Ca Plane Pour Moi », « Butter (Up Down) ».

Rappel : « Eagle Castle BBQ », « Put My Head In The Ground ».    

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

vendredi, 18 mai 2018 03:00

Un avant-goût de Rock Werchter…

Isaac Gracie avait fait forte impression en supporting act d’Angus et Julia Stone, tant à Forest National qu’au Zénith de Lille. Agé de 22 ans, il possède une voix qui campe un hybride entre feu Jeff Buckley et Damian Rice, et vient de publier un premier opus. Un éponyme. Un disque qui fait suite à une pluie d’Eps, gravés depuis deux bonnes années. Ce soir, l’AB Club est soldout pour accueillir le Londonien. Et au sein de l’auditoire figurent pas mal de néerlandophones…   

Emy assure la première partie. Elle avait décroché la troisième place lors de l’édition 2017 du Humo Rock Rally. Seule, armée d’une gratte semi-acoustique, elle chante d’une voix soul qui évoque, tour à tour Tracy Chapman, Amy Winehouse ou encore Lianne La Havas. Elle n’a que 18 printemps et a encore une belle marge de progression. Mais en solitaire, son set manque de relief. En cause ? Des compos construites, pour la plupart, sur un même rythme…

Setlist : « The love », « Talk », « Divine », « Hurricane », « Confinished », « Hold My Breath », « Down The Lonely », « Star », « I Dunno », « See What’S Real », « Youth ».

Isaac Gracie, belle gueule d’ange à la longue tignasse blonde est vêtu d’une chemise à fleurs et porte un impressionnant crucifix autour du cou. A ses pieds, on observe la présence d’un verre rempli d’un liquide de couleur jaune, probablement pour le rebooster. Il est accompagné d’un bassiste et d’un drummer. Le set s’ouvre par « All In My Mind », une compo aux tonalités gospel, qu’il susurre en libérant une énorme dose de spleen. Rien d’étonnant dès lors que la foule l’écoute religieusement. Isaac signale que c’est la dernière date d’une tournée éprouvante. Il est fatigué mais affirme qu’il va accorder un concert exceptionnel. En général, dans ce cas de figure, l’artiste se lâche et donne tout ce qu’il a dans le ventre. « That Was Then » est un morceau empreint d’une grande douceur. Uniquement épaulé par son bassiste, il attaque « Love (Ain’t Always So Good) », une chanson d’amour empreinte d’une grande sensibilité. Si son toucher en picking est impressionnant, Isaac brille également sur la gratte électrique. A l’instar de « Reverie », un titre enrichi par les interventions du piano et de la batterie. Fragile, sa voix fait craquer le public féminin, tout au long de « Terrified ». Plus nerveux et surtout électrique, « The Death Of You And I » adopte un format folk/rock réminiscent de Mumford And Sons voire de The Lumineers. Une compo où il parvient à communiquer ses émotions, qu’elles soient d’amour ou de colère, à l’aide de sa voix. Et c’est « Last Words », single qui a précédé la sortie de l’opus, qui clôt le show. Avant de vider les lieux, Gracie remercie la foule. 

En rappel, il va nous réserver trois morceaux, en s’accompagnant à la gratte semi-acoustique, dont une version respectueuse de l’originale, du « No surprises » de Radiohead. Isaac se produira dans le cadre de l’édition 2018 du Rock Werchter.

Setlist : « All In My Mind », « That Was Then », « Terrified », « All The Burning Lovers », « Love (Ain't Always So Good) », « Telescope », One Night », « Silouettes Of You », « Hallow Crown », « Death Of You And I », Running On Empty », « Reverie », « Last Words ».

(Organisation : Ancienne Belgique)
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