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mardi, 03 octobre 2006 02:00

Uncovered

Tony Joe White est une institution dans l’univers du rock. Issu des swamps marécageux de la Louisiane (NDR : il est né à Goodwill, dans un quartier de Los Angeles, en 1943), il remporte un vif succès commercial lors de la sortie de "Polk salad Annie". Nous sommes alors en 1969. L'année suivante, son "Rainy night in Georgia", chanté par Brook Benton, obtient un hit retentissant. Depuis, il sillonne régulièrement les routes de tous les continents. Récoltant le même succès. Au cours de ces trois décennies, il a commis quelques elpees d'excellente facture ; mais aussi écrit pour des artistes aussi notoires que Ray Charles, Elvis Presley, Joe Cocker ou Tina Turner. Il est surnommé 'The swamp fox' (NDR : traduction le 'renard des marais'). ‘Live’ il se produit souvent en compagnie de son fils Jody, préposé à la batterie. C’est également son manager et le co-producteur de ce nouvel album, parfaitement enregistré dans la tradition de Tony Joe. Teinté de soul, son swamp blues baigne au sein d’une ambiance tellement personnelle : indolente, ‘laidback’ (NDR : suivant l’expression utilisée en anglo-saxon !). On l’imagine facilement assis devant un feu de bois, le long d'une rivière, chantant de sa voix chaude en grattant ses cordes.

Sur "Uncovered", White nous propose sept nouveaux titres et trois anciennes compos remises au goût du jour. "Run for cover" ouvre l’opus. Le tempo est flemmard. Les cuivres, l’orgue Hammond et surtout les choeurs des Settles Connection soutiennent très bien la voix chaude de Tony Joe. Swamp blues lent, familier, "Not one bad thought" trempe dans un univers typiquement White. Les deux guitares sont bien distinctes. A gauche, le son réverbéré, classique, de Tony Joe. A droite, le jeu tout en rythmique de - bien sûr ! - Mark Knopfler. Le soliste emblématique de Dire Straits partage même les couplets en compagnie de notre renard. Un léger parfum de funk paisible flotte tout au long de cette plage. Tony Joe White est passé maître dans l’art du style 'laidback', décontracté. A l’instar d’Eric Clapton. Le Londonien ! Qui apporte son concours pour une nouvelle version de "Did somebody make a fool out of you", une chanson écrite en 1973. Et c’est un véritable bonheur de retrouver ces deux musiciens chanter et jouer ensemble. Sans que quiconque ne tire la couverture vers lui. Et puis JJ Cale. La légende californienne susurre la jolie ballade "Louvelda". Les deux virtuoses se mesurent dans un dépouillement extrême. Mais ils entretiennent une telle flamme, une telle chaleur, que le climat finit par nous envoûter et surtout par nous interpeller. Même lorsqu’elle réverbère dans un écho lointain, la guitare ne désarme jamais ! "Rebellion" est la plage que je préfère. Une pointe d'agressivité (contenue) dans la voix, Tony Joe clame vouloir rester maître de son art. Composer et jouer sa musique sans la moindre contrainte ; et surtout ne pas devoir se plier aux impératifs commerciaux. La guitare se fait l'interprète de l'artiste pour entretenir ce climat de rébellion. "Shakin' the blues" constitue un autre moment empreint d'émotion et d'intensité. Un blues funkysant signé Waylon Jennings, un chanteur de country disparu en 2002. Waylon chante ici une de ses dernières chansons enregistrées chez Tony Joe. La magie des studios (NDR : ceux de Nashville) a permis à Jody White de retravailler cette plage. Waylon avait connu un certain succès en commettant "Rainy night in Georgia". Tony Joe White propose ici une nouvelle version de cette jolie chanson intimiste. Michael McDonald est le dernier collaborateur de cet opus. Ce chanteur est devenu très populaire outre-Atlantique en militant chez Steely Dan et les Doobie Brothers. Sa voix pure et cristalline illumine la ballade swamp soul "Baby don't look down". Tony Joe nous entraîne dans la confidence pour reprendre son "Taking the midnight train", une compo écrite en 1973. Et dans ce style, il est sans rival. D’excellente facture, cet elpee s’achève comme il s’était ouvert : par une plage funky. Intitulée "Keep of the fire", elle est enrichie de chœurs, de cuivres, tapissée d’un orgue et toujours canalisée par cette guitare fiévreuse…

 

 

mardi, 28 octobre 2008 20:55

Live from nowhere in particular

Au sein de la génération blues/rock contemporaine, Joe Bonamassa est sans doute celui qui récolte le plus de succès. Le célèbre magazine ‘Guitar Player’ le clame! Et reconnaissons que ce jeune chanteurs/guitariste possède plus d’une corde à son arc. Sa technique de gratteur est irréprochable. Sa voix taillée pour son répertoire. Il est bon compositeur. Il est capable de mêler du heavy blues au rock carré, sans oublier d’y injecter, circonstanciellement une certaine douceur, notamment lors des plages lentes et acoustiques. Son blues rock est hanté par l'esprit du british blues boom. Un mouvement qui remonte déjà à quatre décennies. Il a recueilli une part de l’héritage abandonné par les Jeff Beck, Jimmy Page et consorts pour aujourd’hui en récolter les fruits. A l’instar de plusieurs musiciens blancs, il a reçu, au cours de son parcours musical, le parrainage du vieux BB King. Ce dernier l’avait d'ailleurs embarqué en 2005, dans le cadre de sa tournée célébrant ses 80 piges.

A trente et un balais, le gamin vient de concocter son huitième elpee. Un disque immortalisé sur les planches. Son premier opus, "A new day yesterday", était sorti en 2000. C’était déjà un ‘live’. Et "A new day yesterday live" paraît déjà deux ans plus tard. Le tracklisting de son nouvel essai enregistré en public fait la part belle aux compos issus de ses deux derniers albums studio : "Sloe gin" et "You and me". Ce qui ne la pas empêché de conserver trois morceaux qui figuraient sur le ‘live’, édité en 2002.

Joe est soutenu par le bassiste Carmine Rojas, le drummer Bogie Beales et le claviériste Rick Malick. "Bridge to better days" ouvre les hostilités. Cette plage donne bien le ton à l'heure et demie de concert. Un rockin' blues puissant, qui me rappelle furieusement ici Mountain, un trio américain drivé par l'imposant (NDR : et le mot est faible !) Leslie West. Depuis ses débuts, Joe s'évertue à reprendre le "Walk in my shadow" du Free. Un titre issu du tout premier elpee de la formation londonienne. Alors encore jeune à l’époque, il faut le souligner. Malheureusement, j’estime que Joe ne parvient pas à faire oublier la voix de Paul Rodgers (aujourd'hui associé à Queen) ; et pas davantage le style minimaliste de Paul Kossoff. Sa reprise du grand classique "So many roads" est plus convaincante. Ce blues lent libère une énorme intensité dramatique, malgré l’exercice de style tout en dextérité qui suit. J’apprécie tout particulièrement le medley "India/Mountain time". L'introduction est majestueuse. L'artiste réussit à nous plonger au sein d’une atmosphère indienne. On y rencontre toute la richesse sonore qui peuple les palais des maharajas, avant de glisser progressivement vers un climat southern rock. Celui de "Mountain time", ponctué d'une sortie exceptionnelle sur les cordes. C'est bien dans ces circonstances que l’empreinte des grands se manifeste. Bonamassa appartient bien à la planète rock. Son "Sloe gin" n'est pas mal ficelé dans le genre. L’elpee recèle quelques reprises. J’épinglerai ainsi une bonne version du "One of these days" de Ten Years After, une autre d’"Another kind of love" de John Mayall, l'excellent "Ball Peen hammer", une compo signée par le regretté artiste texan Chris Whitley mêlant judicieusement cordes acoustiques et claviers ainsi qu’une cover kilométrique du "Just got paid" de ZZ Top. Introduite par l'instrumental "Django", cette adaptation épingle un long intermède au cours duquel le bon Joe se prend pour Jimmy Page. Issu de la plume de Warren Haynes (Allman Brothers Band/Govt Mule), "If heartaches were nickels" est une reprise qui va comme un gant à Bonamassa. Joe chante autoritairement cette version lente et mélodique. Il s’attaque victorieusement au "High water everywhere" de Charley Patton. A cet instant, il est très proche du Georgien Tinsley Ellis ; et démontre qu’il excelle dans ce style très sudiste. Et avouons que notre jeune artiste est capable de varier son répertoire. Sa voix est puissante pour chanter "Woke up dreaming", un morceau au cours duquel il s’accompagne à la sèche. Il termine ce set par la reprise du "A new day yesterday" de Ian Anderson du Jethro Tull, un titre fétiche qu'il fond au passage dans une adaptation du "Starship trooper" de Yes. Quel showman!

 

mardi, 28 octobre 2008 20:51

Congregation

La congrégation est bicéphale. Victoria Yeulet chante, agite de frêles percussions et écrit les mots. Musicien, Benjamin Posser se charge des guitares, de l’orgue et des percussions. Tout au plus, tolèrent-ils circonstanciellement la collaboration instrumentale de leur ami Ed Deegan. Ils sont anglais et vivent dans le quartier de New Cross, à Londres. Ben est un artiste qui possède de multiples cordes à son arc. C’est un multi-instrumentiste, mais également un poète notoire au sein des milieux branchés. Il y a plus de 20 ans qu’il roule sa bosse. Il est responsable de plusieurs albums en solitaire ; mais d’un seul en compagnie du groupe Tap Collective. Ensemble, ils ont composé les douze chansons de cette première œuvre. Parmi leurs influences, ils citent volontiers des bluesmen mythiques comme Son House, Bukka White et Skip James ainsi que des rockers comme Buddy Holly et Bo Diddley.

La force naturelle et tranquille de la voix de Miss Yeulet nous étreint immédiatement. L’univers est dépouillé. La guitare est pourtant bien présente et seules quelques percus agitent le décor sonore. L'ambiance devient de plus en plus lugubre sur "I was a fool". Les cordes véhiculent des accents métalliques. Le bottleneck glisse subrepticement le long du manche de Ben. Un faible écho intensifie la sensation de mal être qui nous envahit. "Don't pay no mind" est une compo plutôt surprenante. Imaginez le beat de Bo Diddley précipité dans l'ambiance des premiers disques de Buddy Holly. Alors que la voix affronte la rythmique surpuissante, de subtils grelots épicent l’expression sonore. "Head above water" nous replonge dans un passé lointain. Ecrasé par le climat suffoquant du Delta du Mississippi, on erre non loin des plantations de coton et des frêles digues du long fleuve. Les conditions de travail sont éprouvantes. Il n’y a qu’une voix et une guitare pour restituer cette angoisse quotidienne. Curieusement, j’ai parfois l’impression d’entendre un morceau du Led Zeppelin qui tourne volontairement au ralenti. Manifestement, Ben Posser sait comment s’y prendre pour permettre à la puissance vocale de sa complice d’émerger. "Never forgive" accélère le rythme. Un blues décharné, très percussif, émouvant. Notre congrégation ne veut pas nous libérer. Elle nous marque au fer. Impossible de réagir face à "Oh time love!", un boogie imprévisible. Ils repartent aussitôt sur "Hand to bear", porteurs du même message entre les dents. Le maigre public se trémousse devant les planches pourries. La voix ne désarme jamais. L'atmosphère sombre du Delta nous envahit à nouveau tout au long de "Putting you out". Le doigt d'acier accroché à la phalange de Ben glisse sinistrement le long de ses cordes. Lentement. Libérant au passage, un sentiment de tristesse infinie. Douleur que le chant n'entend pas démentir. La rythmique lourde consent à accélérer le tempo sur "Eye to eye" ; mais pour la circonstance, devant les offensives inassouvies des cordes, la voix éprouve des difficultés à se faire entendre. "The man I move" et "Feel like crying" nous transportent dans le XXIème siècle, tout en nous sensibilisant aux troubles provoqué par l'écoute des blues d'avant-guerre, décrivant la situation de leur public noir dénué. "Feel like crying" est également paru en single. Il constitue un parfait résumé de la panoplie sonore de Congregation. "There was a time" termine cet opus par les gémissements d'un amour perdu, retourné à l'état de poussière. Impressionnant!

 

mardi, 21 octobre 2008 03:00

Miss Understood

Originaire de Houston, cette Texane est particulièrement talentueuse. Non seulement elle compose et chante, mais joue aussi de la guitare, des claviers de la trompette, et parfois même de l'accordéon et de la mandoline. Elle compte déjà huit albums à son actif. Son blues est subtilement teinté tantôt de country, de swing, de zydeco, de surf, de gospel ou de soul. A ses débuts, elle militait au sein des Imperial Monkeys. Aujourd’hui, Carolyn dirige son propre groupe ; mais elle participe également à différents projets. Elle assure ainsi les vocaux au sein de la formation du guitariste Terry Lightfoot, Band of Wonder, est impliquée dans l’aventure d’un groupe féminin de southern rock répondant au patronyme de Sis Deville ainsi que dans celle de l’Austin Volunteer Orchestra. Son dernier album, "Blood less revolution", remonte à 2003.

Ce nouvel opus a été enregistré chez elle à Austin. Il est partagé entre compositions personnelles et reprises d'artistes qu'elle apprécie. La production a été assurée par Ray Benson, un personnage qui s’est forgé une solide réputation aux commandes de la formation de western swing, Asleep at the Wheel. Pour concocter cet elpee, Carolyn a reçu la participation de quelques amis ; mais elle est bien sûr épaulée par son fidèle line up. C’est-à-dire Cole El Saleh aux claviers, Jamie Oldaker aux drums, Glenn Fukunaga à la basse et le plus souvent, Lloyd Maines aux cordes.

Le disque s’ouvre par le titre maître. Une compo rythmée. Sa puissance vocale naturelle nous cueille littéralement à froid. Elle y démontre une grande habileté à pincer les cordes électriques. Et pour la circonstance sur une lap steel guitare horizontale, responsable de cris métalliques. Terri Hendrix –une concitoyenne– signe "I found the lions". Une chanson à la dimension R&B offensive, dansante et cuivrée. Ainsi que "Throw my love". Une excellente cover taillée pour notre Miss Wonderland. Elle y étale toute ses aptitudes musicales. Un sanglot étreint sa voix tout au long de "Bad girl blues", une ballade country empreinte de douceur, un morceau souligné par les remarquables interventions à la steel guitare de Lloyd Maines. Elle me rappelle aussi parfois la longiligne louisianaise Marcia Ball. Elle se rapproche même de son style sur "Walk on", une compo coécrite en compagnie de Ray Benson. Face aux chœurs, aux cuivres, et à l’harmonica de l'ami Guy Forsyth, elle crie sa rage de vivre. Elle souffle même dans une trompette et se joint aux saxophones de John Mills. Le "Still alive and well" de Rick Derringer" est saignant. Une reprise au cours de laquelle Carolyn affiche une dextérité étonnante sur les cordes amplifiées. Elle cosigne "Long way to go" avec Benson. Elle y opère un retour dans le far-West inondé de soleil. Tout au long de ce morceau de country, traversé par le violon de Jason Roberts d'Asleep at the Wheel, on imagine parcourir les plaines arides du Texas. Mais surtout on est ébloui par la pureté de sa voix. Ballade aux accents jazzyfiants, "I don't want to fall for you" libère un swing léger, tout en subtilité. Et David Sanger, encore un autre Asleep at the Wheel, préposé aux balais, n’y est pas étranger. Carolyne emprunte le style laidback de JJ Cale sur "Trouble in the city". Une version musclée et cuivrée, dynamisée par le piano roadhouse d'El Saleh et par une guitare bien vivace. "I live alone with someone" est un blues imprimé sur un tempo indolent, caressé par une voix confessionnelle, mais bigrement convaincant. Carolyne chante passionnément et rageusement "The farmer song", la plus jolie ballade de l’opus. Epaulée par les interventions au dobro de Cindy Cashdollar, une autre concitoyenne qui ne manque par de charme, elle y joue de la mandoline. Cette œuvre s’achève par "Feed me to the lions". Elle chante en s’accompagnant au piano. Une plage raffinée délicatement par un quatuor à cordes : les racines américaines rencontrent la musique de chambre. Saisissant et superbe à la fois !                                                                                 

                                                                            

mardi, 21 octobre 2008 03:00

Midnight in Mississippi

Blue Mountain est devenu une véritable légende chez lui. A Oxford, dans le Nord du Mississippi. Mais Blue Mountain c’est avant tout est le nom d'un patelin, situé entre la ville d'Oxford et le Tennessee tout proche, près de la Holly Springs National Forest. Ce groupe a vécu une première aventure entre 1991 et 2001. Et s’appuyait déjà sur le couple légitime Cary Hudson/Laurie Stirratt. Le premier est chanteur/guitariste. Sa charmante épouse bassiste. Elle est également la jumelle de John Stirratt, également bassiste, mais chez Wilco. A cette époque, Blue Mountain avait beaucoup tourné et enregistré pour le label Roadrunner. Et avant de se lancer dans ce projet, le couple avait sévi au sein des Hill Tops. Depuis l’été 2007, ils viennent donc de remettre le combo sur rails. Ils ont à nouveau fait appel au drummer Franck Coutch, qui les avait déjà épaulés pendant sept ans, lors de la première mouture du band. Réunissant de nouvelle compos, ce "Midnight in Mississippi" paraît au même moment qu’"Omnibus", un autre elpee qui rassemble de nouvelles versions d'anciennes chansons.

L'opus s’ouvre par "Groove me". Un titre de country/folk/pop empreint de charme, de douceur et surtout très accessible. Le groupe véhicule une étiquette alt country. Je ne vois pas trop ce qui est alternatif ici, tant leur sens mélodique est aiguisé et leur production léchée. Ou si vous préférez, tant ce type musical est susceptible de plaire à toutes les oreilles. Encore que côté lyrics, on y décèle d’évidentes références à la drogue. Ce qui explique sans doute pourquoi on les traite de marginaux… Leur country/rock me botte quand il évolue dans un registre proche des Byrds du début des 70’s. Lorsqu’ils étaient drivés par Jim McGuinn et Graham Parsons. Tonique, "She's a wild one" en est une belle illustration. Les échanges entre cordes acoustiques et électriques sont superbes. Tout comme sur "Free state of Jones", par ailleurs. L’opus recèle quelques compos sculptées dans des mélodies tendres, doucereuses, parfois un peu trop sucrées à mon goût. A l’instar de "Butterfly" ou encore "70's song", un morceau qui me rappelle furieusement une ballade de Joe Dassin. Par contre, dans le style, "Rainy day" est de toute beauté. Dommage que la formation ne laisse pas plus souvent éclater sa réserve, se contentant trop souvent de laisser les portes entrouvertes. C’est d’ailleurs un dessein que je leur souhaite, afin que le band puisse véritablement se réaliser. Et il le démontre sur le très percutant "Midnight in Mississippi". La voix est beaucoup plus rageuse. Le timbre me rappelle même Bob Dylan. Les petites interventions à l’harmonica aussi. Cette manière paresseuse de chanter colle bien au style de Hudson. Et on en a une nouvelle illustration sur "Emely smiles" ou encore "Pretty please", un morceau très riche, inflitré par des nappes d’orgue. Et comme nous sommes dans le Mississippi, le blues n'est jamais bien loin. "Gentle soul" trempe dans un frome de country laidback instituée par JJ Cale. Les parties de cordes en slide y sont fort intéressantes. Et le couple n'oublie pas de célébrer les dimanches soirs d'autrefois, quand ils partaient vers le juke joint de Junior Kimbrough à Chulahoma, écouter le Mississippi blues pur et dur de Junior et de R.L Burnside. Ce qui nous vaut en final, un "Skinny dipping" aux accents du Delta très métalliques…

 

mardi, 21 octobre 2008 03:00

Let it ride

Dans un magazine spécialisé, un journaliste a écrit que cette formation était à l'actuelle décade ce que Jesus & the Mary Chain était aux 80’s. Il n’a pas tout à fait tort. En fait, les Buffalo Killers (NDR : ils sont originaires de Cincinnati dans l’Ohio) puisent leur inspiration majeure dans une certaine musique des sixties. Les accents de leur musique sont manifestement psychédéliques, même si elle s’avère raisonnablement pop. Côté harmonies vocales, on ne peut s’empêcher de penser au Buffalo Springfield de Neil Young et Steve Stills. A moins que ce ne soit du Vanilla Fudge. Quant aux guitares largement amplifiées et déjantées, elles évoquent plutôt Steppenwolf voire Iron Butterfly. "Let it ride" constitue leur second elpee. Il a bénéficié du concours de Dan Auerbach, le chanteur/guitariste des Black Keys, à la production. Il fait suite à un opus éponyme. La force de frappe des Killers repose sur les frères Gabbard. Ils se partagent les vocaux. Zachary se réserve cependant la basse et Andrew, la guitare. Ils sont épaulés par le batteur Joseph Sebaali. Au cours de la première moitié de 2008, ils ont tourné en compagnie des Black Keys. Et cet automne leur nouveau périple leur permettra de jouer en supporting act des Black Crowes.

"Get together now today" nous replonge en effet très loin dans le passé. Au temps des trios post ‘summer of love’ responsables d’un hard rock dit progressif. La musique est très bien produite. La voix nonchalante est soutenue par des harmonies vocales réminiscentes du Buffalo Sprindfield. L’intensité instrumentale est très marquée. Blue Cheer est un combo qui avait fait un tabac en 68 (NDR : pour votre gouverne, sachez que ce band est toujours actif en 2008 !), lors de leur reprise du "Summertime blues" d'Eddie Cochran. Cette influence est manifeste sur "Let it ride". A cause de cette manière d'éructer les mots ; et puis de ces accords de guitares tourmentés et largement amplifiés. Couverts d’accents délicieusement pop, "Leave the sun behind" baigne au sein d’un climat beatlenesque, époque "Sgt Pepper". Les Buffalo Killers adorent restituer ces 'nuggets', des pop songs psychédéliques, délirantes, qui ont marqué le cœur des sixties. "If I get myself anywhere" en est une belle illustration. Tout comme "Give and give", une plage caractérisée par une grande richesse mélodique. Par contre, l’immersion dans le blues ne leur sied pas trop. Boogie rock, "On the prowl" est ainsi trop complaisant pour convaincre. Là où ils sont dans leur jus, c’est lorsqu’ils s’imprègnent de la folie du Blue Cheer. Ils le confirment une nouvelle fois sur "It's a shame" et "Take me back home". Luxuriant et puissant, mais toujours aussi pop et mélodique "Black paper" achève l’opus. Un titre dont l’approche est similaire à celle de Neil Young sur ses premiers albums.

 

mardi, 14 octobre 2008 03:00

Incarnation

Sous-titré "The songs of Robert Johnson", cet opus rend un nouvel hommage à l'œuvre du mythique guitariste. Et pour cause, les quinze plages sont issues de sa plume. Le line up de Possession implique six musiciens : Tucker Smallwood au chant, Arlen Roth aux guitares, Pat Conte à la guitare acoustique, T.C James aux claviers, Jerry Jemmott à la basse et Herb Lovelle à la batterie. L'enregistrement date de 1995. Il s’est déroulé à New York City. Il vient d'être remixé en 2008. Et c’est Fred James, un musicien notoire issu de Nashville qui s'est chargé de la production de ces bandes.

Smallwood s’est surtout illustré comme auteur et acteur. Notamment pour la télévision. Il est aussi musicien et chanteur intéressant à ses heures. Arlen Roth est un guitariste renommé. Respecté par ses pairs, il compte déjà une carrière de 35 années à son actif. Et huit albums. Dont le dernier, "Toolin' around Woodstock", a bénéficié de la participation d’invités tels que Levon Helm, Sonny Landreth et Bill Kirchen. Il vient d’ailleurs de sortir.

Possession débute par le populaire "Walking blues". La version est assez amplifiée. La voix passe bien la rampe, la guitare et la basse sont bien mises en évidence, mais le son synthétique du clavier gâche toutes les bonnes dispositions en présence. Je préfère nettement le traitement plus acoustique de "Stones in my passway" ; un traitement opéré par Roth au dobro dont la sonorité est très métallique. Cette ambiance traditionnelle est reproduite sur "If I had possession over judgement day" et "Crossroads blues". A l’instar de la plage qui ouvre l’elpee, la version plus électrique de "Terraplane blues" est loin d’être irrésistible. Seule la slide lumineuse de Roth sauve les meubles. Le timbre de Smallwood est assez puissant. Il me fait souvent penser à celui de Jack Bruce. Cette voix guide "Travelling riverside blues" avant de céder le relais aux cordes créatives d'Arlen. Il faut quand même reconnaître que le style de Possession est très personnel, et évolue manifestement à des années-lumière des Anglais Eric Clapton et Peter Green. Même à travers les hommages rendus au maître Johnson. On est ainsi souvent déconcertés, mais aussi déçus. Tout dépend de sa propre sensibilité. Et la manière d'aborder "Sweet home Chicago", quoique très originale, en est une nouvelle illustration. Personnellement, ce sont les adaptations les plus classiques qui me bottent le mieux. A l’instar des blues lents "Mean black spider" ou "When you got a good friend". Le traitement appliqué à "32-20" est plus jazz, quasi manouche ; alors que dynamisé par le piano honky tonk de T C James (autrefois leader du Fist-O-Funk Orchestra), "Phonograph blues" baigne au sein d’un jazz traditionnel. L’adaptation très dépouillée de "Me and the devil blues" nous plonge dans l'atmosphère très cool des cabarets de nuit. Au détour du chemin, une chanson de Robert Johnson est susceptible de se transformer en ballade à la mélodie accrocheuse. Et je pense tout particulièrement à "From fur until late" et "Love in vain", proches de l'ambiance New Orleans de Little Feat.

 

mardi, 14 octobre 2008 03:00

Blues Caravan - Guitars & Feathers

Le label Ruff a monté, voici quelques années, un projet fort intéressant : le Blues Caravan. Une initiative qui permet aux artistes de cette écurie d’opérer une tournée à travers le monde. En 2005 Ana Popovic, Candye Kane et Sue Foley y avaient participé. En 2006, Aynsley Lister, Ian Parker et Erja Lyytinen. Lors de l’édition 2007, la part belle a de nouveau été accordée aux ladies ; et en particulier à Sue Foley, Deborah Coleman et Roxanne Potvin. Enfin, en 2008, ce sont toujours les filles qui se sont taillé la part du lion. Pour la circonstance, on remarque le retour de Candye Kane et de Deborah Coleman ; mais également on assiste à la participation d’une nouvelle figure, Dani Wilde. La ronde californienne Candye Kane est la plus connue. Elle s’est souvent produite chez nous. Une véritable bête de scène à voir et à revoir en ‘live’. Miss Coleman ne jouit pas de la même notoriété. Mais elle n'en est pas moins talentueuse. Originaire de Virginie, c’est une guitariste féline. La surprise ou si vous préférez la découverte nous vient de la très jeune chanteuse/guitariste anglaise, Dani Wilde. Elle a chopé le virus du blues à l’écoute de ses consœurs féminines, Shemekia Copeland, Sue Foley et Susan Tedeschi. La Blues Caravan 2008 est un long périple qui s’étale de janvier à novembre…

Nous sommes à l'Harmonie de Bonn, en Allemagne. Le 27 janvier dernier. Le trio féminin est soutenu par un backing band dirigé par la solide gratteuse américaine, Lara Chavez ; c’est-à-dire la guitariste du Lara Price Band. En ouverture, nos gazelles sont à l’avant-plan pour attaquer une version funky du "Won't leeave" de Ray Charles. La gamine Dani Wilde prend le relais en solo pour interpréter quatre de ses compositions, issues de son elpee "Heal my blues". Sauvage et très offensive, Dani est manifestement très à l’aise sur les planches ; et en particulier lorsque le tempo est enlevé. Son chant est vigoureux, mais elle ne possède pas le potentiel de Miss Kane. Elle donne même l’impression de forcer ses cordes vocales en permanence. Elle est donc certainement perfectible à cet égard. Miss Wilde libère une intensité à peine contenue, permanente. C’est un autre jeune (26 ans), mais un Néerlandais qui se charge des parties d’orgue : Govert Van der Kolm. Dani arrache ses cordes un peu comme elle chante : à l’énergie. Une chose est sûre, cette très jeune britannique est à suivre! L’imposante et toujours souriante Candye Kane a du métier à revendre. Mais la pulpeuse californienne a aussi beaucoup de talent. Elle aligne cinq titres sur ce recueil. Rien que du bonheur ! Dès l’attaque de "You need a great big woman", le son irrésistible du jump blues de la West Coast transpire. Rapidement, une sonorité de guitare insolite s’élève. Légère comme l’air elle émane du doigté de Laura Chavez. Une diablesse, mais probablement la star de l’équipe. Dommage que la section rythmique, pourtant constituée de redoutables musiciens, ne soit pas taillée pour ce swing californien. Et pour cause, Michael Griot se réserve habituellement la basse dans le Blues Mob du New-yorkais Michael Hill tandis que Denis Palatin est un solide batteur lorrain qui bossé aussi pour Ana Popovic et Anthony Gomez. Saluons une nouvelle fois la sortie fulgurante opérée par Miss Chavez sur "I'm lucky". Deborah Coleman est la dernière à monter sur les planches. Elle concède un excellent "Bad boy", un blues très personnel, aux accents R&B. Sa voix profonde est très différente de celle de ses deux complices. Par contre, sa relecture du "I got to  know" de Jimmy Morello me botte moins. A contrario de son adaptation du "Fight" de Luther Allison. Sa voix est majestueuse et prend ici toute sa dimension. En finale, toutes les filles reviennent en bloc pour libérer de la bonne énergie. En l’occurrence pour le très gospel "Somethings got a hold on me", "Whole lotta love" et en toute fin de parcours "Rocking on the Blues Caravan". Quelle ambiance!

 

mardi, 07 octobre 2008 22:41

Love man riding

Philip Fankhauser est suisse. Un chanteur/compositeur/guitariste responsable de onze elpees à ce jour. Son précédent, "Watching for the safe side", remonte à 2006.

Le titre maître ouvre l’opus. Cette plage somptueuse dévoile tout le talent de ce musicien. Compositeur original et créatif, il a un souci constant du sens mélodique. Sa voix est empreinte d’émotion. Ses orchestrations impeccables. Il est vrai que la présence de Dennis Walker, le producteur, y est aussi pour quelque chose. Dennis est également un compositeur prolifique. Mais aussi un solide bassiste. Il a mis en forme de nombreux elpees de Robert Cray, mais aussi le célèbre "Blues summit" de BB King. Et la liste est loin d’être exhaustive. Signée Walker, "I'm finished here" est une ballade soul blues contagieuse. Soutenue par des cuivres et des chœurs, la voix de Philipp est mise bien à l'avant. Les interventions de Michael Vannnice au sax ténor sont lumineuses. "I got a love" est une superbe ballade issue de la plume du regretté Johnny Copeland. Un personnage qui était très lié à Fankhauser. La profondeur et l'expression du chant sont mises en exergue. Son ami et compatriote Stéphane Eicher se charge de la guitare acoustique. "I didn't see" est une autre jolie ballade écrite par Fankhauser. "Lonely in this town" nous entraîne au sein d’un univers sonore coloré et percussif, enfiévré par l’orgue Hammond de Jimmy Pugh. On même parfois l’impression qu’il est hanté par un certain Carlos Santana. Une chose est sûre, il est particulièrement prisé par Philipp. "You caught me off guard" prend une dimension ‘big band’. Le son est très proche du Memphis blues de BB King. Les cuivres sont orchestrés par Tom Peterson. Le front de cuivres refait surface sur le rythmé "Are you outta your head?". "Rio de Janeiro blue" baigne au sein d’un climat cool jazz. Cette samba très cabaret est entretenue par le piano acoustique de Hendrix Ackles, les percussions de l'ami Luis Conte et le saxophone feutré de Vannice. Blues lent aux accents dramatiques, "One of them" est issu de la plume de Walker. Philipp y injecte une sensibilité extrême. Son chant transpire le vécu. Il est proche de la rupture. Le climat est dépouillé au maximum. On y perçoit ainsi davantage les gémissements qui s’échappent des cordes de la guitare d'Alan Mirikitani. Superbe ! R&B lent, "Easy for you to stay" s’appuie sur une mélodie imparable, très Stax de Memphis, proche du célèbre "I'd rather go blind", popularisé autrefois par Etta James et Chicken Shack. Jim Pugh double au piano et à l'orgue. Encore un coup de maître ! De très bonne facture, cet opus s’achève par un autre blues lent dépouillé à l'extrême : "The sundown". Le timbre vocal de Philipp est grave, brûlant, intimiste. Richard et Yosho allient simplicité et efficacité dans leurs interventions. L'orgue Hammond d'Ackles lie la sauce. Un album à découvrir absolument !

 

mardi, 07 octobre 2008 22:21

The blues rolls on

Randy Chorkoff a mis les petits plats dans les grands chez Delta Groove! Au même moment où des moyens conséquents ont été accordés aux nouvelles productions de BB King et de Buddy Guy, il s’est demandé pourquoi ne pas faire profiter ce bon vieil Elvin Bishop. Bientôt âgé de 66 ans, l'homme est une fameuse pointure et possède un solide pédigrée. Faut dire qu’il militait déjà au sein du Paul Butterfield Blues Band, auprès d’un autre gratteur de génie, Michael Bloomfield, au beau milieu des sixties. Bishop possède une discographie impressionnante. Ses débuts comme soliste, il les a accomplis en 1969. Il concocte alors "The Elvin Bishop Group". Puis "Feel it", l'année suivante. Né en Californie, Elvin a ensuite vécu dans l'Oklahoma avant de s’installer à Chicago. Entre 88 et 98, il signe quatre albums pour Alligator. Ses deux derniers opus sont parus chez Blind Pig : "Getting' my groove back" en 2005 et le live "Booty bumpin'", l'année dernière.

L’elpee démarre en force par la plage éponyme, une composition qui adresse un clin d'œil aux maîtres qui ont popularisé la musique qu'il aime. Il est soutenu par Kim Wilson à l’harmonica et Warren Haynes, un des gratteurs attitrés de l’Allman Brothers Band. Issu de la plume de Ray Charles, "Night time is the right time" est un classique du blues. Elvin nous en propose une excellente version. Faut dire que la voix de John Nemeth est prodigieuse. Sans oublier le concours particulièrement judicieux de la féline Angela Strehli. Elvin en profite pour démontrer tout son savoir-faire sur les cordes. "Yonder's wall" a été immortalisé live lors de la dernière ‘Legendary blues Cruise’, accomplie en octobre 2007. Ronnie Baker Brooks, le gratteur d'Eddie Clearwater, chante remarquablement. Bishop, Brooks et Tommy Castro en profitent pour participer à un véritable festival de guitares. De nouvelles sonorités illuminent le chant d'Elvin tout au long de son "Struttin' my stuff", le titre maître d’un elpee paru en 1975. Les deux guitares slide de Warren Haynes et Derek Trucks, empruntés à l’Allman Brothers Band, entretiennent un climat funky torride. Lorsque qu'une imposante silhouette noire pousse les portes du Digital Insight Studio de Las Vegas, Elvin est aux anges. L’immense BB King est venu apporter son concours à la cover du "Keep a dollar in your pocket » de Roy Milton. Un swing relaxant, caractérisé par le son BB immédiatement identifiable. John Nemeth chante encore trois plages : le "Who's the fool" de Smokey Robinson, au cours duquel on assiste à un échange royal entre les trois guitares de Bishop, Kid Andersen et du redoutable Mike Schermer (NDR : c’est également le deuxième gratteur d’Elvin en tournée). Une joute balisée par ses autres musiciens. En l’occurrence le pianiste Chris Burns, le bassiste Timm Walker et le drummer Bobby Cochran. L’adaptation du "I found out" de Junior Wells bénéficie de la présence de James Cotton et du saxophoniste Terry Hanck. La finale est paradoxalement instrumentale : "Honest I do". Un blues des swamps composé par Jimmy Reed. Nemeth est à l'harmo. Il échange ses phrases avec les riffs de Rich Kirch, un ancien gratteur de John Lee Hooker. La reprise du "Black gal" de Clifton Chenier est de toute bonne facture. Un zydeco indolent bercé par l'accordéon d'André Thierry. Bishop est seul sur scène pour interpréter "Oklahoma". Il chante en s’accompagnant à la guitare. Son pied est percussif. Le climat est agressif. Le son primaire, rugueux. Manifestement, pour cette compo, il a creusé jusqu’à ses racines : celles des fifties. La présence du très jeune combo Homemade Jamz Band est une surprise. Une formation prometteuse, responsable d’un tout bon elpee paru chez Northern Blues Music. Elle épaule Elvin sur "Come on in this house", un blues lent issu de la plume de Junior Wells. Quoique âgé de 14 ans, Ryan Perry est serein pour chanter cette compo qui nous entraîne à la croisée des chemins du Southside et du Westside de Chicago. Enfin, Elvin n'a pu résister à une solide tranche de rock'n'roll. En l’occurrence le "Send you back to Georgia" de Hound Dog Taylor. George Thorogood se réserve les vocaux. Et partage les parties de guitare avec son fidèle second couteau texan, Jim Suhler. Un tout bon opus signé Mr Bishop!