Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

logo_musiczine

La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mardi, 07 octobre 2008 22:14

Shivers

Cet elpee célèbre une réunion au sommet entre trois guitaristes : le génial Duke Robillard, l'ancien leader du J. Geils Band, Jay Geils, et le moins notoire Gerry Beaudoin. Pourtant, ce dernier est un musicien réputé dans le monde du jazz. Il est originaire de New England, mais vit aujourd’hui à Boston. C’est un grand admirateur de Kenny Burrell. Il a milité au sein du Boston Jazz Ensemble. Jay Geils et Gerry se connaissent depuis 1994 et manifestent un  profond respect, l’un pour l’autre

Ce concept de concerts accordés sous la forme d’un trio, dans le cadre d’un ‘New Guitar Summit’, date de 1997. Mais ce projet ne sera concrétisé qu’en 2000. Lors de la sortie de l’album "Retrospective", édité chez Francesca. En 2004, paraissent "New Guitar Summit" sur Stony Plain et un Dvd intitulé "Live from Stoneham Theatre". Enfin, il ne faut pas oublier "Jazzthing II", un elpee sorti sur Ranbach Canada, en 2007, et attribué à Randy Bachman et New Guitar Summit.

Les trois musiciens sont d’excellents instrumentistes, mais n’accordent guère de place aux vocaux. "Shivers" est donc essentiellement constitué de plages instrumentales au cours desquelles jazz et swing font bon ménage. "Little bitty pretty one" ouvre le disque. Une compo signée par le trio. Un prototype pour le combo. Les comparses se partagent les soli et il est assez difficile de mettre en exergue l’un ou l’autre personnage. Les interventions sont chirurgicales. La technique sans faille. Un backing group réservé mais efficace plante le décor. En l’occurrence les basses acoustiques de John Turner et Bob Nieske ainsi que les subtiles percussions de Les Harris Jr et Gordon Grottenhaler. De grands noms du jazz nous traversent l’esprit à l’écoute de "Flying home" et "Shivers". Et en particulier Benny Goodman et Lionel Hampton. Les parties vocales sont assurées par Randy Bachman, un chanteur canadien qui a notamment sévi au sein de Guess Who et Bachman Turner Overdrive, deux groupes fondamentalement rock. Sa voix est ici empreinte d’une grande retenue. Deux plages sont signées Mose Allison, "Your mind in vacation" et "Everybody's crying mercy". Le titre maître baigne au sein d’un climat délicieusement manouche. Il est alimenté par quatre fois six cordes, puisque Bachman est venu rejoindre le trio. Un remarquable exercice de style au sein duquel j’épinglerai le délicat "Blue Sunset" ainsi que le très beau et dépouillé "Honey suckle rose".

 

mardi, 30 septembre 2008 03:00

Skin deep

Buddy Guy figure certainement parmi les bluesmen les plus notoires. Un musicien plutôt extraverti qui au fil du temps, est devenu une valeur sûre de l’ancienne génération… même si ce n’est pas la première. Il est né en 1936. En Louisiane. Dans une plantation de coton. En 1957, il décide d’émigrer vers la cité urbaine de Chicago. Au début des 60’s, il enregistre régulièrement pour le label Chess. Il y accompagne les plus grands noms du blues. Fin de la décennie, il édite ses premières productions. Et en particulier "I left my blues in San francisco" et "A man and his blues". Il entame ensuite une longue collaboration en compagnie du chanteur/harmoniciste Junior Wells. En 1989, il ouvre son club à Chicago : le ‘Legend’. Depuis le début des années 90, il a aligné toute une série d’elpees pour le label Silvertone, des enregistrements au cours desquels il a souvent bénéficié de la collaboration de nombreux invités. Et c'est une nouvelle fois ce qui s'est produit.

Il amorce "Best damn fool" en écrasant ses pédales. Un blues largement amplifié. Il est soutenu par son line up de base : Tom Hambridge aux drums (NDR : il est également responsable de la production), Willie Weeks à la basse, Reese Wynans aux claviers et David Grissom à la rythmique. Au sein de cet univers funky, entretenu par une nuée de cuivres, le manche de Buddy laisse échapper des flots de notes. Un des plus jeunes couples du bues moderne fait son entrée en studio : Susan Tedeschi et son époux Derek Trucks. Mr Guy possède une excellente voix. Chaleureuse, taillée pour le blues. Il échange de bien jolies phrases avec la charmante Susan tout au long d’une plage assez atmosphérique et bien chargée. La slide de Trucks agonise. Elle crève l’écran. Du sang neuf au cœur de la scène contemporaine. "Lyin' like a dog" est un blues lent typique pour Guy. La guitare est cinglante. Elle vous transperce même. Et épouse la démarche de son "First time I met the blues". On ne peut qu’être admiratif face à cet échange questions/réponses, entre la voix et les cordes. Et les flots de notes semblent se renouveler jusqu’à l'infini! La voix de Buddy est remarquablement mise en valeur tout au long de "Show me the way", un shuffle généreux, très rythmé. Il réplique aux chœurs féminins de Bekka Bramlett et Wendy Molen. Rien ne peut désormais plus arrêter la machine à cordes. Eric Clapton est un de ses potes depuis plus de trente ans. Pas étonnant qu’il partage ici "Every time I sing the blues" avec le dieu blanc. Les deux chanteurs/gratteurs sont manifestement de connivence pour exécuter ce bon blues épicé par l'orgue de Wynans. Mais les effets sont un peu trop prévisibles et glissent rapidement vers une forme de jam non préparée. La participation de Robert Randolph à la slide est bien plus excitante sur "Out in the woods". Un blues lent très downhome, bercé par les sonorités métalliques de la guitare steel. En outre, l'accordéon de Nathan Williams rend cette ambiance très roots encore plus séduisante. La même équipe attaque le frétillant "That's my home" ; une compo qui navigue quelque part entre zydeco et rockin' blues. Le son des cordes semble relever d’un autre monde. Le titre maître constitue la plage la plus majestueuse de l’elpee. La voix de Buddy injecte beaucoup de sensibilité dans cette jolie mélodie. La slide de Dereck Trucks libère des tonalités pas possibles. Immaculées. Mais quel talent ! "Who's gonna fill those shoes" adresse un clin d'œil à la future génération. Mais était-ce bien nécessaire ? Il livre une nouvelle bataille de cordes à un petit gamin âgé de huit ans à peine : Quinn Sullivan! Le Buddy Guy Band termine l’elpee par "Smell the funk" et "I found hapiness", deux plages couvertes d’accents très Chicago westsdide. Pas un album génial, mais de bonne facture…

Lien iTunes : http://clk.tradedoubler.com/click?p=24379&a=1303609&url=http%3A%2F%2Fphobos.apple.com%2FWebObjects%2FMZStore.woa%2Fwa%2FviewAlbum%3Fi%3D285080730%26id%3D285080720%26s%3D143446%26partnerId%3D2003

 

mardi, 30 septembre 2008 03:00

One kind favor

BB King est une des dernières légendes vivantes du blues. Né à Memphis, il vient de fêter ses 83 ans ; mais il a toujours bon pied bon œil. Dans son style, il constitue une valeur sûre. Pas pour rien qu’il relève d’un label major. En l’occurrence Geffen. Cette écurie avait déjà édité cette année, un ‘live’ intitulé "BB King Live". En février. Et une collection de 3 compact discs : "Playlist Plus". En avril.

Pour enregistrer « One kind favor », il a pu bénéficier des infrastructures très performantes des studios Village Recorder, à Los Angeles. En outre, la production a été confiée à T Bone Burnett. L’elpee est découpé en douze reprises. Faut dire que l'artiste ne compose plus guère. Il a reçu, en outre, la participation de musiciens talentueux, dont quelques grosses pointures. Et notamment Dr John aux claviers et Johnny Lee Schell à la deuxième guitare, un personnage qui a notamment bossé auprès de Taj Mahal, Bonnie Raitt et du Phantom Blues Band.

BB King ouvre l’opus par le "See that my grave is kept clean" de Blind Lemon Jefferson. Un blues notoire datant de l'avant-guerre. Sa lecture est très funky, percussive. Les drums de Jim Keltner et les percus de Jay Bellerose sont bien mis en avant. La ligne de basse dessinée par Nathan East est minimaliste. L'orgue de Dr John s’insinue parfaitement dans l’ensemble. La voix du vieil artiste s'inscrit judicieusement dans l’ensemble. "I get so weary" campe un pur BB King big band sound. Son chant est puissant et passionné. L'impressionnante section de cuivres est orchestrée par Darell Leonard. Elle force le passage pour ne laisser l'ouverture qu'à Lucille qui avance avec grâce et agilité. Dès l’intro de "Get these blues off me", on baigne au sein d’une ambiance enfumée. Celle des cabarets en fin de soirée. Quelques notes magiques précèdent son vocal très vivace. La complicité entre son timbre et les ivoires du Dr John est un ravissement. BB possède désormais moins de technique. Il ne dispense que les notes nécessaires dont chacune s'avère indispensable ; mais elles débordent de feeling. King se rapproche de Chicago pour aborder le "How many more years" de Howlin' Wolf ; mais l'orchestration cuivrée trahit un son Memphis blues chargé de swing. Lucille virevolte au beau milieu des autres instruments qui manifestent une cohésion parfaite. Le "Waiting for your call" de T-Bone Walker nous replonge dans cette ambiance feutrée des bars de nuit. Empreinte d’émotion, la voix se détache de l'ensemble. BB a toujours été un fervent admirateur du guitariste Lonnie Johnson, un des plus grands innovateurs en matière de blues et de jazz moderne. Il reprend ici trois de ses titres : "My love is down", le notoire "Backwater blues", un blues lent de plus de 7', au cours duquel il manifeste beaucoup de réserve et de passion, et enfin, "Tomorrow night", une plage relax et mélodieuse qui achève cet opus. King a également le bon goût de reprendre deux titres signés par les Mississippi Sheiks, un groupe populaire au cours des années trente : "The world gone wrong" et "Sitting on top of the world", leur principal succès. L’elpee recèle encore le "Blues before sunrise" de John Lee Hooker et un swing frétillant intitulé "Midnight blues". Un des meilleurs morceaux de la plaque. Très homogène cet elpee constitue manifestement une des meilleures œuvres contemporaines de BB King. Sa voix est irréprochable et Lucille nous salue à chacune de ses sorties. Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que la production a été confiée à T Bone Burnett.

 

mardi, 16 septembre 2008 23:50

Chameleon

Miller Anderson est écossais. Mais ce chanteur/guitariste/compositeur s’est établi en Allemagne depuis un bon bout de temps. Son parcours musical est bien rempli. Ses débuts remontent à 1965, lorsqu’il militait au sein des Royal Crests. Mais c'est en 68 qu'il se fait connaître. Le batteur Keef Hartley vient alors d'être viré des Bluesbreakers de John Mayall. Il monte aussitôt son Keef Hartley Band et engage Anderson comme chanteur et guitariste. L'aventure durera jusqu'en 1971 et sera ponctuée de cinq albums. En 73, Miller grave son premier elpee solo "Bright city". Et dans la foulée un second : "Hemlock". En 74, il rejoint Savoy Brown. Le temps d’accomplir une tournée et de concocter un album intitulé "Boogie Brothers". Particularité, ce combo disposait de trois gratteurs : Kim Simmonds, Stan Webb (Chicken Shack) et Anderson. Ce dernier va ensuite connaître une vie musicale agitée. Et pour cause, il sévit successivement au sein de Blood, Sweat & Tears et de T Rex, accompagne Donovan, puis se charge de la basse chez Chicken Shack et Mountain. En 85, Spencer Davis le contacte pour remonter son SD Group, une formule qui renaîtra chaque année. En 1998, il enregistre "Celtic moon", un elpee pour lequel il reçoit la collaboration de musiciens allemands et de Colin Hodgkinson à la basse. Et enfin, "Blueaheart" voit le jour en 2003. Pour que votre info soit complète, sachez encore qu’il existe la collection "Miller Anderson – The best of (with the Keef Hartley Band)".

Ce nouvel opus nous permet de découvrir un autre don artistique de Miller, puisqu'il a choisi une de ses peintures pour illustrer la pochette. En fait, l’homme possède de multiples facettes. C’est un véritable caméléon. Sur ce disque, il nous étale sa palette musicale embrassant des styles aussi divers que le blues, le rock, le folk et la chanson. Des synthés ouvrent "City blues". La guitare et l’orgue de Frank Tisher se joignent rapidement à l’expression sonore. Miller a toujours une bonne voix. En outre, cet excellent chanteur possède un timbre chargé d’expression. Dans un style concis, clair et très mélodique, la guitare est brillante. La mélodie de "By the light" est bien ciselée, une chanson aux arrangements particulièrement solides. "Bad mouth mama" est un blues rock bien rythmé. Blues lent, "Fog on the highway" permet à Miller d’étaler ses qualités vocales tout en dispensant un excellent solo. Son chant est encore bien mis en valeur sur le remuant "Little brother". Empruntant un riff à Albert King, son "Me and my woman" est sans doute la meilleure plage de l’elpee. Le morceau communique beaucoup de vibrations. Les interventions à la guitare sont bien senties. Anderson se libère et passe progressivement à la slide. Miller se réserve "Rich man, poor man" en solitaire, un folk blues limité à sa voix, ses cordes acoustiques et l'harmonica. "Eye on the prize" baigne au sein d’une sonorité très british blues. A cause de l’orgue rappelant même celui du "Gimme some lovin" de Spencer Davis Group, à l'époque où Stevie Winwood était aux commandes. Cet orgue Hammond enveloppe la voix chaleureuse d’Anderson, sur "The dreamer", une lente ballade majestueuse. Et en finale, il dédie "Sing your song" à son vieil ami Ian Hunter (Mott the Hoople), en compagnie duquel il avait joué dans les sixties. Une chanson fort sympathique.

 

mardi, 12 septembre 2006 03:00

Savane (1)

Feu Ali Ibrahim Touré est né 1939. Au Mali. Le long du fleuve Niger. Dans le village de Kanau, très exactement. Il avait reçu le surnom de "Farka" (NDR : traduction ‘âne’, symbole de la force et de la résistance physique), car il était le premier des dix enfants de la famille à avoir vécu jusque l'âge adulte. Très jeune, il s'installe à Niafounké, une bourgade sise à 200 km au sud de Tombouctou. Il en deviendra le maire. Ali s'est éteint en mars dernier. Il était atteint d’un cancer des os. Ali n'a pas fréquenté l'école. Il est devenu chauffeur de taxi, mais s’intéressait surtout à la musique. Il jouait de la guitare et plusieurs instruments traditionnels, tels le ngoni, le luth à 4 cordes, le njarka, le violon populaire ou encore le gurkel, petite guitare à une corde. Le Mali fête son indépendance en 1960 et Touré devient musicien professionnel. A la fin des années 60, il découvre la musique noire américaine et bien entendu le blues. Il est séduit par John Lee Hooker. En 1976, il commet son premier album "Farka". En 1987, il tourne en Europe et se produit à Wembley devant 18.000 personnes. Il se rend ensuite aux Etats-Unis et au Japon. Il signe chez World Circuit et grave un album éponyme. Puis "The river" en 1990 et "The source" en 91, flanqué de Taj Mahal. Il devient l'une des vedettes majeures de la World Music. Paru en 1993, et concocté en compagnie de Ry Cooder, "Talking Timbuktu" remporte un très gros succès. Réunissant des enregistrements antérieurs, "Radio Mali" est édité en 1996. Mais un an plus tard, il se retire chez lui, à Niafounké, pour se consacrer à l'agriculture. Il n'abandonne cependant pas définitivement la musique, puisqu'il aligne encore "Niafunke" en 99 et "In the heart of the moon" en 2005, avec le joueur de kora Toumani Diabaté. Pour cet elpee, un Grammy Award leur sera attribué ! En 2004, le réalisateur Martin Scorcese filme Ali dans un documentaire intitulé "Du Mali au Mississippi".

"Savane" constitue donc son album posthume. L’étiquette ‘le roi des chanteurs du blues du désert’ y a été apposée. Sur la pochette, Ali est assis sur un ‘rocking chair’. Sous les rayons d'un soleil que l'on devine brûlant, sa pose est nonchalante. Si la musique est qualifiée de ‘blues du désert’, c'est dans le sens le plus large du terme qu'il faut le comprendre. Balayé par le sable du désert malien, mais hydraté par le fleuve Niger, cette musique africaine est imprimée immuablement sur une rythmique hypnotique et entretenue par les cordes des ngonis, des njarkas et autres percussions. Des motifs répétitifs sur lesquels viennent se greffer l'harmonica de l'Anglais Little George Sueref (ex- Big Joe Louis & the Blues Kings) et le saxophone de Pee Wee Ellis (ex-James Brown Band). Ces deux musiciens opèrent le trait d'union entre le folklore malien et le blues tout au long du puissant titre d’ouverture "Ewly". Touré le chante d’une voix chaude qui ressemble étrangement à celle de John Lee Hooker. "Yer bounda fara" nous plonge davantage dans la culture indigène. Farka rejoint les voix des chœurs masculins. Tout comme sur "Sopa". La guitare adopte une ligne répétitive pour "Beto". Elle est suivie par le saxophone d'Ellis. Mais pour la circonstance, des voix féminines répondent au maître du désert. Enfin, d’une grande pureté, le titre maître met les cordes à l'honneur. Le rythme épouse imperceptiblement celui du reggae. Il provoque une certaine transe. Ali y improvise des mots dans la langue de Molière. "Penda yoro" rapproche davantage Touré du blues, en traçant, d'une certaine manière, un axe Niger Mississippi. Les deux grands fleuves entonnent des chants tribaux soutenus, par les inévitables percus. Sueref, le ngoni démoniaque de Ledi Coumbe, verse des larmes. Les cordes fiévreuses d’Ali entrent en éruption. Une nouvelle fois, "Machengoidi" nous entraîne dans un monde imaginaire fouetté par le blues des sables. Le motif rythmique y véhicule des chants plaintifs. Face à un ngoni dont la tonalité est empruntée à la basse, les poumons de George Sueref libèrent les notes d’un harmonica empreintes d’une grande tristesse. Cette conjugaison de sonorités opérées tout au long de "Ledi Coumbe" apporte du relief à cette plage à la richesse insoupçonnée. "Savane" poursuit son périple à travers les diversités des sons et des rythmes ainsi que des constantes imposées par l'ensemble. En finale, "Njarou" enfile de petites perles sur des cordes, des perles subtilement nacrées de jazz africain… Excellent!

mardi, 11 juillet 2006 03:00

The last great Traffic Jam (CD+DVD)

Dans l’histoire de la musique rock, Traffic est incontestablement un des premiers supergroupes à avoir vu le jour. Après The Cream, mais avant Humble Pie. Traffic est né en 1967. Il réunit alors quatre musiciens : l'hyperdoué Stevie Winwood - devenu star au sein du Spencer Davis Group - au chant, à la guitare et aux claviers, le chanteur/batteur/compositeur Jim Capaldi, le saxophoniste/flûtiste Chris Wood et le chanteur/guitariste Dave Mason. Le quartet rencontre immédiatement le succès en commettant quelques petites perles de pop psychédélique. A l’instar de leur premier single, "Paper sun"! L'album "Mr Fantasy" sort en décembre 67. Il est suivi d’un elpee éponyme l'année suivante. Mason quitte ensuite le groupe qui décide alors de mettre provisoirement un terme à son aventure. Winwood fonde en compagnie de Clapton, Baker et Grech un autre supergroupe fugace : Blind Faith. Island en éditera un elpee posthume : "Last exit". En 1970, Traffic renaît déjà de ses cendres, sous la forme d'un trio composé de Winwood, Capaldi et Wood. Ce come-back est bien sûr ponctué d’un opus : "John Barleycorn must die". D'autres albums suivront: le live "Welcome to the canteen" et "The low spark of high heeled boys" en 71, "Shoot out at the fantasy factory" et le double live "On the road" en 73 ; sans oublier "When the eagle flies" en 74. Malade, Chris Wood décède en 1983, des suites d’une pneumonie. Traffic se reforme cependant en 1994. Et commet un autre long playing : "Far from home". L’enregistrement ‘live’ de ce "The last great Traffic Jam" date de cette époque. Il faudra cependant attendre plus de dix ans avant de voir ce disque atterrir dans les bacs. Atteint d’un cancer, Jim Capaldi est entre-temps disparu. En janvier 2005.

Le duo de base, Winwood et Capaldi monte sur les planches flanqué du bassiste Rosco, de Randall Bramblett aux claviers ou aux cuivres, de Mike McEvoy à la guitare ou aux claviers ainsi que du percussionniste Walfredo Reyes Jr. Cette œuvre est composée d’un CD audio et d’un DVD vidéo. Le CD audio s’ouvre par l'accrocheur "Pearly queen". La voix de Winwood est intacte. Profonde, puissante et riche, c’est un instrument de choix. Cette plage est une parfaite réussite. Au plus on l’écoute, on plus on y découvre, avec bonheur, de multiples surprises. Face aux claviers et aux percussions, la guitare se révèle très créative. "Medicated goo" met en exergue le talent de gratteur de Stevie. Un régal ! "Mozambique" (NDR : un extrait de l'album "Far from home" paru en 1994), fait la fête aux rythmes. Les percus ouvrent une voie royale à l'orgue Hammond qui disserte avec la guitare et la flûte. Rock, jazz et culture africaine font ici bon ménage. Empreinte de douceur, "40,000 headmen" est dédiée à la mémoire de Chris Woods. Le timbre vocal de Stevie est un véritable délice. La flûte de Randall Bramblett apporte un côté troublant à la compo. Bramblett est passé au saxophone pour l’instrumental "Glad", une parfaite démonstration de la qualité exceptionnelle de l'ensemble. La première plaque s’achève par "Light up or leave me alone", un très long fragment chanté par Jim Capaldi au cours duquel les différents solistes s’autorisent quelques escapades ; et même la section rythmique !

Le second morceau de plastique s’ouvre par le séduisant "Walking in the wood". Superbe, "The low spark of high heeled boy" est une longue compo atmosphérique caractérisée par de subtils changements de tempo que tonifie le timbre de Winwood. Les musiciens y démontrent une nouvelle fois tout leur savoir-faire. D’excellente facture, ce jazz rock divertit par ses incursions de piano, d’orgue et de cuivres. Interlude rafraîchissant, "John Barleycorn must die" est une plage folk. Une compo qui était également le titre maître d’un album paru en 1970. Plongé au sein d’une ambiance médiévale, Stevie chante en s’accompagnant à la guitare sèche. Le concert s’achève par deux morceaux incontournables. Tout d’abord le blues rock lent "Mr Fantasy", un fragment issu du tout premier elpee de Traffic commis en 1968. Et surprise, Jerry Garcia, le légendaire guitariste du Grateful Dead, est à la six cordes. Ce concert somptueux s’achève par l'incontournable hit du Spencer Davis Group immortalisé au cours des sixties : "Gimme some lovin".

En flip side, le DVD nous propose une interview de plus de 20 minutes accordée par Stevie Winwood et Jim Capaldi.

 

 

mardi, 12 septembre 2006 03:00

A scarecrow´s moan

Erik Trauner est né à Vienne. Agé de 48 ans, ce chanteur/guitariste/harmoniciste/compositeur est aussi et surtout le leader du Mojo Blues Band, depuis sa création en 1977. Le blues coule dans ses veines. Un passionné qui aime le Chicago blues, mais également les très louisianais cajun et zydeco. Il se produit régulièrement en solitaire lors de concerts acoustiques où il peut laisser brûler sa flamme et étaler son talent. A ce jour, il a commis deux elpees sous son patronyme : Up slide down", paru chez Wolf en 1995 et "I'll fly away", enregistré en compagnie de la chanteuse de gospel Sister Shirley Sidney, un disque édité sur Document en 1998.

Acoustique, ce nouvel opus a été concocté en solo. Assis sur un tabouret, Erik empoigne son dobro à l'armature métallique et commence à interpréter la plage éponyme. Il la chante de son timbre indolent. Son instrument libère une tonalité d’une limpidité étonnante. Trauner a composé la plupart des compos de ce disque. Il réalise son adaptation personnelle du blues rural, de ce country blues né il y a quelques décennies. Il a manifestement intégré cette musique. Et de la manière la plus naturelle possible. Ce Viennois est ainsi capable d’attaquer des styles totalement différents, tout en variant les tempi. A l’instar de "The kids can't stand it" ou du tribal "I hope this man was heaven bound", compo qui a reçu la participation de Siggi Fassl aux vocaux. Une collaboration qu’il renouvelle sur "Philly Angel". Membres du Mojo Blues Band, ces deux chanteurs/guitaristes se produisent parfois ensemble sous le patronyme de Wizards of Blues, un projet destiné à remettre au goût du jour le blues des années 30 et 40. Seul sur les planches, Erik se débrouille aussi bien. Il est capable de tirer le maximum de son répertoire et de créer une ambiance participative. Il le démontre tout au long de l’allègre "I ain't funny that way". Il a également le don de faire passer ses émotions, tant il vit sa musique. Sa gratte et lui ne font qu’un. Et lorsqu’il est hanté par Lightnin' Hopkins sur "You live so far away", l’intensité est à son comble. Il s'attaque également en solitaire au boogie entraînant "Mainstreet boogie". Trauner est également habile pour mouler son blues dans de biens jolies mélodies. Parfumé d’exotisme par une slide aux accents hawaiiens, "Inside job" en est la plus belle illustration. Cet elpee ne suscite jamais la lassitude. Même lors des reprises. Erik s’en réserve trois : le "Sleepy water Blues" de Lonnie Johnson, "Highway 61" de Mississippi Fred McDowell, caractérisé par un jeu aussi superbe que poignant au bottleneck, et "No, no blues" de Curley Weaver. Trauner achève cet opus par une longue plage instrumentale aux accents dramatiques. Son bottleneck glisse avec beaucoup de sensibilité, le long des cordes. On y discerne clairement la souffrance manifestée par les gémissements de son instrument. Le ton est volontairement grave pour marquer ce "Pontchartrain flood", en référence à l'ouragan Katrina qui dévasta une bonne partie de la Louisiane près de la Nouvelle-Orléans et du Mississippi. Excellent !

 

 

mardi, 25 avril 2006 03:00

P.T. Power Trio 2

Pat compte aujourd’hui 52 balais à son passif. Très jeune, ce Canadien s’est passionné pour les six cordes à l'écoute des dieux de la fin des 60s : Hendrix, Clapton, Beck et Page. Il n’entamera véritablement sa carrière qu’après s’être fixé à Londres, au beau milieu des 70s. Et il commet effectivement un premier elpee éponyme chez Polydor, en 1976. Il embraie ensuite par "Makin' magic" et "Putting it straight", avant de retourner aux States. Il y a donc vingt ans qu’il soigne sa réputation de hard blues rocker. En 93, il signe chez Blues Bureau, le label de Mike Varney, pour lequel il concoctera toute une série d'albums. Flanqué du vétéran Aynsley Dunbar à la batterie et de Gunther Nezhoda à la basse, il avait enregistré l’album « Power trio » en 2003. Une formule de trio qu’il reconduit pour ce deuxième volume ; mais pour la circonstance, il a reçu la collaboration de Steve Evans (qui a joué en compagnie de Coco Montoya et de Roy Rogers) à la basse et de Jeff Martin aux drums. En outre, il a de nouveau consacré ce disque à des reprises d’hymnes issus de la période glorieuse du hard rock des 70s.

Pat ouvre les hostilités par le saignant "You are the music". Si je ne m'abuse, cette compo était chanté par Glenn Hughes, à l'époque où il militait dans Trapeze. Il revient davantage vers le blues lors du "I'm yours, she's mine" de Johnny Winter. Il y vocifère à la manière de l'albinos texan. Il demeure au coeur du vivier du rockin' blues, en nous assénant un puissant "Stone cold fever". Les riffs sont impitoyables, mais sa voix n'a pas le vécu de Steve Marriott qui chantait cette excellente plage au sein d’Humble Pie! A l’instar d’une myriade d'autres guitaristes avant lui, Pat se met alors à délirer sur l'éternel "Rock me baby" de BB King. Il l’interprète à la manière de Robin Trower en arrachant une véritable orgie de notes de ses cordes gargantuesques. Le "Green eyed lady" de Sugerloaf marque un retour au hard classique. Drivée par le guitariste Bob Yeazel et le claviériste Jerry Corbetta, cette formation américaine avait décroché ce hit, il y a plus de 30ans. Les adaptations du "Black night" de Deep Purple et d’"Aimless lady" de Grand Funk Railroad sont un peu trop conventionnelles, à mon goût. C’est d’ailleurs souvent le reproche que l’on peut adresser à Pat. Et c’est toujours dans cet esprit qu’il reproduit, telle une copie conforme le "Swlabr" du Cream, un joyau écrit par Jack Bruce et Pete Brown. "Red skies" était une composition rock de bonne facture que Tommy Bolin avait immortalisée chez le James Gang. Cette nouvelle version empreinte de douceur apparaît comme un gentil interlude dans cet opus du Power Trio. L'album s’achève par quatre autres plages célèbres : "Ready for love" (Mott the Hoople, Bad Company), Rock the nation" (Montrose), "How many more times" (Led Zeppelin) et "Keep yourself alive" (Queen). Un album que je ne conseillerai qu’aux nostalgiques d’un certain passé…

 

mardi, 19 septembre 2006 03:00

Full circle

Originaire du New Jersey, Walter Trout est âgé de 55 ans. Au cours de sa jeunesse, il se consacre à la trompette. Ce n’est qu’après avoir écouté l'album "The Paul Butterfield Blues Band", au sein duquel milite un certain Mike Bloomfield à la guitare, qu’il décide de passer à la six cordes. En 1973, il s’établit en Californie. Il y joue en compagnie de Finis Tasby, Lowell Fulsom, Percy Mayfield ou encore de l'organiste Deacon Jones ; mais surtout au sein des orchestres de John Lee Hooker et de Joe Tex. En 81, il rejoint Canned Heat. Il y restera trois bonnes années. Il transite par les Bluesbreakers de John Mayall aux côtés de Coco Montoya. Une expérience couronnée de succès. Enfin, en 1989, il fonde son Walter Trout Band, patronyme qu’il change rapidement en Free Radicals. Une aventure qui va lui permettre de récolter une notoriété internationale. Depuis, il a commis une multitude d’albums dont la plupart se sont bien vendus. Faut dire que le hard rockin' blues de Trout réunit un nombre impressionnant de fidèles aficionados. Produit par Jim Gaines, "Go the distance", son dernier album studio, était paru voici déjà cinq ans. Bien que proposant de nouvelles chansons, le "Relentless" de 2003 était un ‘live’. Et le "Deep Trout" de 2005 une compilation.

Il aura donc fallu 5 longues années pour voir Walter enregistrer un nouvel opus studio. Un nouvel elpee très blues pour lequel il a reçu le concours de vingt-cinq amis dont quelques artistes prestigieux. Sans oublier ses Radicals : Rick Knapp à la basse, Joseph Pafumi aux drums et Sammy Avila à l’orgue Hammond. Son premier invité n’est autre que John Mayall. Son boss des années 80 est au piano et à l'harmonica. Il donne également la réplique vocale sur le très inspiré "She takes more than she gives", un merveilleux blues lent digne des meilleurs moments des Bluesbreakers. Walter concède son meilleur solo de blues depuis bien longtemps. Plus de 8 minutes de bonheur! "Workin' overtime" a été enregistré au Canada. Jeff Healey et ses musiciens collaborent à ce blues rock au tempo lent ; mais dont l’intensité rappelle la quintessence du Cream, lorsque Clapton et Bruce étaient au sommet de leur art. Walter et Jeff conjuguent leurs guitares au sein d’un bain de décibels. Country blues proche du Delta, "Firehouse blues" ramène la sérénité. Walter cumule la guitare acoustique et l’harmonica. Réplique de Johnny Winter, Eric Sardinas se réserve le bottleneck et le chant. Autre bonne surprise : Walter et Coco Montoya sont à nouveau réunis pour "Who's listenin' in". Les deux guitaristes du Bluesbreakers des 80’s s’abandonnent dans une véritable orgie de cordes. Très habile, Junior Watson participe à un heureux intermède instrumental. Trout a bien de la peine à soutenir la différence. Evidemment, la plage est sculptée dans le jump, dont le maître incontesté reste Watson! La section rythmique est impressionnante : Johnny Ray Bartel (des Red Devils) à la basse et Bill Bateman (des Blasters) à la batterie. La présence de Guitar Shorty est une autre bonne nouvelle. Ce vétéran issu du nord ouest américain se consacre à la guitare et au chant sur "Wrapped around your finger", un blues rocker bien carré. Deacon Jones s’applique à l’orgue. Shorty est aussi balaise que Trout pour extraire des notes désespérées de ses cordes. Blues très roots, "A busy man" puise ses sources dans le Chicago Southside. Une compo signée James Harman. Walter et James se partagent le chant face au piano alerte de Rob Rio. La guitare devient envahissante. Dommage que Harman ne souffle pas davantage dans son harmonica. Aux ivoires, le bon vieux John vient insuffler un petit élan de boogie, à "The highway song", une chanson coécrite par Trout et Mayall. Très Chicago Westside "When will it ever change" évolue dans un registre assez proche d’un Magic Sam. Faut dire que le duelliste n’est autre que Bernard Allison, le fils d'un des rois du Westside. Il n’est donc pas étonnant d’y entendre un impressionnant flux de notes. La fin de l'album est bien moins intéressante. Sauvé par la voix de Finis Tasby et l'orgue de Deacon Jones, "Can't help falling apart" campe un blues rock lourd. Deacon est toujours au poste pour "After hours", un late night blues instrumental très atmosphérique. Blues rock lent parsemé d’accents dramatiques, "Clouds on the horizon" est caractérisé par moult joutes orgiaques sur les cordes. Le jeune Joe Bonamassa y participe allègrement. Cet opus s’achève par un instrumental rehaussé par la présence de Larry Keene (NDR : il est marié à la belle-sœur de Walter !), un DJ rock'n'roll qui a sévi sur les ondes au cours des années 60.

 

 

mardi, 01 août 2006 03:00

Living out of time

Robin Trower est aujourd’hui âgé de 61 ans. Il joue de la guitare depuis plus de 40 ans. A milieu des sixties, il militait chez les Paramounts. En compagnie du chanteur/pianiste Gary Brooker. Deux musiciens qui participeront ensuite à l’aventure du Procol Harum entre 1967 à 72, épinglant au passage le méga-hit "A whiter shade of pale". Lorsque Robin découvre Jimi Hendrix, il est totalement transfiguré et monte aussitôt son Robin Trower Band. Il commet son premier elpee en 1973, "Twice removed from yesterday", flanqué de James Dewar et Reg Isadore. Et "Bridge of sighs" l’année suivante. Des albums ? Il va en concocter une flopée. Mais nous en retiendrons surtout B.L.T en 1981, avec Bill Lordan et un certain Jack Bruce. "Back it up" en 83, elpee pour lequel il reçoit le concours du bassiste Dave Bronze. "Passion" en 87. Une plaque au cours de laquelle apparaît le chanteur Davey Pattison. Ces trois musiciens sont rejoints en 2003 par Pete Thompson, et gravent "Living out of time" (NDR : concocté en studio, ce disque porte le même nom que ce tout nouvel opus immortalisé ‘live’). Dernier essai studio, "Another day blues", remonte à 2005.

Nous retrouvons donc Robin au "Harmonie" de Bonn. Le 9 mars 2005. Dans le cadre du Rockpalast Crossroads Festival. Il est, bien sûr, soutenu par ses vétérans : le chanteur Davey Pattison, le bassiste Dave Bronze et le drummer Pete Thomson. On s’y attendait, le fantôme de Hendrix hante toujours Robin ; et cela s'entend dès l'intro de "Too rolling stoned" au cours duquel il écrase, le plus profondément possible, ses pédales de distorsion. Dans ce type de répertoire, Davey Pattison est le chanteur idéal. Faut dire qu’il a fréquenté le Gamma de Ronnie Montrose (NDR : un des premiers princes du hard rock et du heavy metal américain a avoir marqué les années 70). Ce disque a été enregistré en public. Il n’est donc guère surprenant que les plages soient singulièrement allongées ; ce qui permet à Trower de s'épancher au gré de son inspiration. Pourtant, je le préfère lorsque le tempo est plus lent. A l’instar de "Sweet angel". Réchauffés, les doigts cernent bien le manche. La partie de guitare n’est pas très inventive ; mais son doigté expert ne manque certainement pas d’assurance. Pendant plus d'une heure, tout son répertoire rockin' blues va défiler. Un répertoire issu des différents albums de l’artiste, partagé entre plages, ma foi, plutôt banales ; mais également moments forts. Je le répète, Trower excelle surtout lors des titres lents. Parce qu’ils libèrent une certaine intensité dramatique. A l’instar de "Daydream", une plage issue de son tout premier album, "Twice removed from yesterday". Le titre maître est du pur Hendrix, proche du célèbre "Voodoo child" voire de "Please tell me". L'ennui, c'est que nous savons qui est le créateur ! "Bridge of sighs" constitue le meilleur elpee de toute sa carrière. C’est également le deuxième. Il n’est donc guère surprenant de retrouver quatre fragments issus de cette plaque, dont le très réussi "Day of the eagle" (NDR : plus Hendrix que nature), l’indolent et majestueux "Bridge of sighs" (NDR : probablement le meilleur moment du concert) et la plage finale "Little bit of sympathy". Le morceau de plastique ne recèle qu’un seul titre typiquement (electric) blues : le nonchalant "I want you to love me", une plage qui ressemble étrangement à "Rock me baby".