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mardi, 21 juin 2016 17:26

Tangled

‘In layman terms’ se traduit par ‘En d'autres termes’ ou ‘Pour simplifier’. C’est le patronyme choisi par le clan Layman. Issu de Williamsburg, en Virginie. Une véritable affaire de famille, vous vous en doutez ! Cole et Logan Layman, sont frère et sœur. Ils n'ont pas encore vingt ans. Miss Logan chante et joue de la basse. Elle a été élue ‘Blues Kid of the Year’, en 2013. Cole se sert de toute une panoplie de guitares. Et pour couronner le tout, la maman, Sandy Layman, vient parfois leur filer un coup de main, aux drums et percussions. Le premier elpee de Tangled est éponyme. Lors des sessions, le band a reçu le concours de quelques amis, mais également du drummer/multi-instrumentiste Ron Lower Jr. Qui se charge également de la production.

Largement cuivré, le titre maître ouvre l’opus. C’est r&b. Funk même. Une plage au cours de laquelle Brian Kloppenburg siège derrière l’orgue pour en extraire des sonorités chaleureuses. Qui alimentent également "Fake it 'til I make it", un excellent blues lent que chante Logan d’une voix très harmonieuse. Déjà très affûté, Cole en profite pour s’autoriser son premier envol. Il passe à la slide pour le nerveux et séduisant "Don't even try". Dans un style qui rappelle Derek Trucks, musicien qu’il apprécie tout particulièrement. Une plage au cours de laquelle les qualités vocales de Logan sont bien mises relief alors que les interventions à l’orgue de Brian apportent une touche d’authenticité à l’ensemble. Solide compo, "Heartbroken" est imprimé sur un rythme hypnotique familier à Howlin' Wolf. Cole Layman semble hanté par Hubert Sumlin pour épauler sa sœur. Et toute en subtilité, sa sortie est excellente. Le lent "I'm not ready" ainsi que "Don't even try" sont issus de la plume de la chanteuse/bassiste/compositrice Holly Montgomery. La voix de Logan est chargée de passion tout au long de ce titre. "Smokestack lightning", classique de Howlin' Wolf, adopte un profil très roots. A cause des cordes acoustiques, des accès de basse et des frêles percussions. La voix féminine se révèle authentique sur cette piste que conclut brillamment Jack Campbell sur son harmonica. "Won't let it" élève le tempo. Brian est revenu à l'orgue. Cole sort le grand jeu et signe une sortie impeccable. "Karma" est un titre largement inspiré par le Delta. Cole joue de la guitare ‘Cigar box’, dont le son est primaire, sale et ravageur. Superbe ! De toute bonne facture, cet LP s’achève par la reprise du célèbre "Move over" de Janis Joplin. La version déménage. Logan adapte parfaitement sa voix, sans la forcer, alors que Ron Lowder Sr signe une belle envolée sur son sax ténor.

 

mardi, 21 juin 2016 17:22

Blues of desperation

Ce chanteur/guitariste a déjà fait du chemin. Où est le temps quand, âgé à peine de douze ans, il ouvrait pour la légende BB King ? Il en a aujourd'hui 39 et compte une quinzaine d'albums à son actif. Son tout premier, "A new day yesterday", remonte à l'an 2000.

"Blues of desperation" a été enregistré sous la houlette de son fidèle producteur Kevin Shirley. Et ses nouvelle compos, il les a écrites à Nashville, où il s’était retiré. Quant aux sessions, elles se sont déroulées au studio Grand Victor Sound. Pour la circonstance, il a bénéficié de la collaboration du claviériste Reese Wynans, du bassiste Michael Rhodes ainsi que des drummers Anton Fig et Greg Morrow. Sans oublier quelques cuivres et les choristes.

Imprimé sur un tempo rapide, "This Train" ouvre l’elpee. La présence simultanée de deux batteurs confère une solidité particulière à la section rythmique. Soutenue par les interventions fringantes du piano de Wynans, la voix de Joe est puissante. La guitare libère toute son intensité dans un style très rock! Blues/rock, "Mountain climbing" est découpé par un riff réminiscent du Free de la grande époque, alors que la voix de Joe est enrobée par les chœurs féminins. La sonorité de gratte rappelle d’ailleurs celle d’un grand artisan de la ‘Gibson Les Paul’, en l’occurrence le regretté Paul Kossoff. Face aux percussions exotiques et aux cordes semi-acoustiques, la voix est chargée de passion, tout au long de "Drive", une roots song empreinte de tendresse ; mais lorsque les cordes se chargent d’électricité, c’est pour rendre un vibrant hommage au "Black Magic Woman" de Peter Green. Autre blues, "No good place for the lonely" est une ballade qui bénéficie d’arrangements ambitieux. Joe voue un grand respect aux anciens maîtres anglais du style. Et de grande classe, son envol rappelle Gary Moore. Rockin' blues complexe, le titre maître lorgne vers le Led Zeppelin, sans la voix de Plant, bien entendu. Mais le spectre de Jimmy Page plane quand même. "You left me nothin' but the bill and the blues" est un blues rapide et nerveux, mais attaqué sereinement, à la manière d'Albert Collins. Joe se délecte en se déchaînant sur ses cordes. "Distant lonesome train" baigne dans le Delta du Mississippi, mais dans une version revue et corrigée par Bonamassa. La conjugaison entre les grattes et les drums est géniale. Perso, il s’agit du sommet de cet LP ! "How deep this river runs" est également une excellente plage. La voix est hantée par Paul Rogers et la tonalité de gratte, par Paul Kossoff. "Livin' easy" trempe dans le jazz roots. Le swing est naturel. Dépouillée, la compo est entretenue par le saxophone et le piano. En final, "What I"ve known for a very long time" rend manifestement un hommage à la légende disparue, BB King. Un blues lent somptueux, délicatement cuivré, dans l’esprit de Memphis.

 

mardi, 21 juin 2016 17:20

Power Blues Guitar Live

La musique de ce chanteur/guitariste/compositeur macère dans le blues/rock californien. L'an dernier, il avait gravé un elpee de toute bonne facture, "Blues thunder". Brad est tout à fait à l'aise sur les planches. Il multiplie d’ailleurs les concerts, tant en Californie qu’en Europe. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a décidé de publier ce "Power Blues Guitar Live", flanqué de son Rollin' Blues Thunder Band. Au menu, treize plages, parmi lesquelles figurent reprises et compositions personnelles.

En guise d’échauffement, le combo adapte un des plus célèbres titres de Muddy Waters, "Got my mojo working". Chaude, la voix de Wilson tient la route ; mais c’est surtout sur sa Fender Stratocaster qu’il se distingue. Il ne tient pas en place et profite de la moindre occasion pour mettre le feu. "I'm tore down" est imprimé sur un tempo semblable, une compo popularisée –il y a belle lurette– par le géant Freddie King. Dès qu’il en a l’opportunité, Brad se réserve des billets de sortie afin de maltraiter son instrument. Le rythme retombe tout au long du long blues lent "I can't quit you baby", un morceau issu de la plume de Willie Dixon, pour lequel Otis Rush avait décroché son premier succès en 1956. Les interventions de gratte sont gémissantes, mais elles ne suscitent jamais l’ennui. Chouette blues/rock, "All kinds of a fool" semble hanté par feu l’Irlandais Rory Gallagher. Brad nous réserve quelques covers de titres notoires. Dont "Born under a bad sign", un hit d’Albert King qui date de 1967, et l'inévitable "Sweet home Chicago" de Robert Johnson. Mais également une excellent version du "I just want to make love to you" de Willie Dixon, mais imprimée sur un mid tempo. Et manifestement sur cette piste, il est inspiré par Jimmy Page. Une dextérité qu’il démontre de nouveau sur "She moves me". Encore un titre de Dixon : "Spoonful". Mais il est abordé sous la forme d’un medley. Une plage qui met bien en exergue le talent du batteur (Thaxter Daggs ou Kofi Baker?) Signé Muddy Waters, "Standing around crying" constitue le second blues lent, un morceau qui libère beaucoup d'intensité dramatique. En fin de concert, Brad nous réserve un dernier slow blues, en l’occurrence le classique de T-Bone Walker, "Stormy Monday", une compo tapissée par l’orgue de Kirk Nelson. Bref, en accordant cet excellent set, par ailleurs particulièrement énergique, Wilson a démontré la large palette de son potentiel, face au public.

L’elpee recèle un bonus track. Une compo indolente signée par le Californien, "I'm still breathing" (NDR : elle figure sur l’album "Hands on the wheel"). Nelson se consacre au piano électrique et Joe Robb au saxophone.

 

lundi, 23 mai 2016 19:20

Love wins again

Séduisante, Miss Janiva Magness est âgée de 59 ans. Elle compose et chante. Du blues et de la soul. "Love wins again" constitue déjà son douzième album. Janiva n'a certes pas connu que des joies dans son existence ; pourtant, elle se déclare aujourd'hui heureuse, car c'est l'amour qui est au-dessus de tout.

Elle ouvre l’elpee par "Love wins again", un morceau de soul dansante, tapissé élégamment par l’orgue Hammond d'Adrian Schierbaum. Superbe, la voix de Janiva est soutenue par les backing vocaux de Dave Darling. Et ils s’intègrent parfaitement à l’ensemble. C’est également son producteur, un personnage qui a beaucoup bossé en compagnie de Brian Setzer (Stray Cats) mais aussi de Tom Waits. Il signe aussi "Real slow", une plage qui baigne dans le même style. La mélodie est instantanée. La voix de Janiva légèrement rauque, mais délicieuse. Empreinte de sensibilité, elle est encore bien mise en relief sur l’indolent "When you hold me", un morceau enrichi par l'orgue Hammond et le saxophone d'Alfredo Ballesteros. "Say you will" est une autre chouette ballade soul. Les interventions de Darling à la gratte sont parcimonieuses. Profond, intense et tendre, "Doorway" constitue certainement le meilleur titre du long playing. Et il met en exergue une très belle conjugaison entre voix féminine et masculine, probablement celle de Darling, devant des cordes acoustiques. Un échange vocal qu’on retrouve sur "Just another lesson", une autre ballade harmonieuse, empreinte de douceur. Si on retrouve la chaleur naturelle de l’orgue Hammond tout au long de "Moth to a flame", ce blues est subtilement découpé dans les accords d’une guitare (NDR : serait-ce celle de Zach Zunis?) Cette gratte s’excite tout au long de "Your house is burnin'", une plage de pur funk qui remue, secoue même ! "Rain down" est une autre ballade au cours de laquelle on savoure la voix exceptionnelle de Janiva. Une seule véritable reprise, le "Long as I can see the light" de Tom Fogerty. L’adaptation est impeccable. Guitares et banjo servent de trame à une piste destinée à mettre à nouveau en lumière, l’organe vocal de Magness. A vous flanquer des frissons partout ! Et particulièrement homogène, l’LP s’achève par une compo à la fois belle et sentimentale, mais plutôt solennelle, "Who will come for me".

 

lundi, 23 mai 2016 19:16

Solo Recordings – Volume 3

La musique de ce jeune chanteur/guitariste canadien baigne dans le blues/rock. Très apprécié au pays de l’érable, il a déjà décroché une multitude de prix. C’est également un véritable homme orchestre, capable de se produire seul sur scène, pour y jouer, en même temps, à l’aide de ses pieds, d’une grosse caisse, de la caisse claire et de la pédale Charleston. Au cours des dernières années, il a publié plusieurs albums solo. Dont "Solo Recordings Volume 1", en 2013, et le "Volume 2", en 2015. Place donc au troisième épisode de cette fresque personnelle, qui s’intitule tout simplement "Volume 3". Au menu, ses propres compos ainsi que quelques adaptations de traditionnels du blues.

Manifestement, cet artiste québécois n'est pas un personnage banal. On l’imagine debout, armé de sa guitare, manoeuvrant ses différentes caisses. Il s’approche du micro et attaque "Damned", un rockin' blues puissant et sans concession. Ses notes de gratte collent parfaitement à sa voix. Dans le même esprit, il embraie par le dense et offensif "Dangerous", continuant de se multiplier aux percus. Il nous propose un medley consacré à Muddy Waters, partagé entre "Still a fool" et "A Rollin Stone". Tout au long de cette adaptation, son riff est écrasant, menaçant, oppressant même. Totalement hanté par son blues, il retrace ainsi l'axe qui relie le Delta du Mississippi et la grande cité de Chicago. Steve empoigne sa sèche et fixe son rack autour du cou ; il peut ainsi chanter, gratter et souffler dans son harmonica. Et notamment sur le folk/blues "Slowly slipping away". "Rhythm all over" émarge de nouveau au blues/rock. Le bottleneck fixé au doigt, il démontre son talent à la slide. Downhouse blues bien électrique mais à la trame plutôt lourde, malgré le recours à l’harmo, "Smoking hot machine " est imprimé sur un mid tempo. Hill nous réserve "Trouble times" et "Emily", deux titres de folk traditionnels. Les accus rechargés, Steve en revient au blues largement amplifié à travers "Can't take it with you". Enthousiaste, il nous accorde un medley personnel, en combinant "Rollin' & tumblin" et "Stop breaking down". L'artiste donne tout ce qu’il a dans le ventre pour restituer ces grands moments de l'histoire du blues. Tout en rendant un hommage évident à la grande légende du Delta, Robert Johnson! Et Steve brille de nouveau sur sa gratte acoustique tout au long de "Going down the road feeling bad". Il clôt l’elpee par "Walking grave", un rockin' blues puissant, âpre, écrasant voire même tragique. Avant que la plage ne vire au boogie furieux, emporté par une guitare décidément insatiable…

 

lundi, 23 mai 2016 19:14

Sounds like the blues to me

Fils de médecin, Jeff Chaz est originaire de Lake Charles, en Louisiane. Il apprend à jouer du trombone et de la trompette avant d’opter pour la guitare. C’est à cette époque que sa famille s’établit en Californie. Jeff prend goût au blues, mais décide d’émigrer à Memphis pour y vivre sa nouvelle passion. En 1996, il rejoint la Nouvelle Orléans où il décroche un job de musicien. Le reste est anecdotique. Mr Chaz est cependant devenu progressivement un enfant chéri du blues local, et plus précisément du vieux Carré Français et de Bourbon Street. Il publie son premier elpee, "Tired of being lonely" en 2001, embraie par "Cookin' in old grease" en 2004, "In exile" en 2006, "Live in New Orleans" en 2010, et "Chronicles" en 2013, tous sur son propre label, JCP. Les sessions de "Sounds like the blues to me" se sont déroulées au sein du studio Radionic, à Jefferson, en Louisiane. Il produit et signe presque toutes les plages de cet elpee, qui en compte douze.

Le titre maître ouvre la plaque, un blues légèrement funky. Jeff possède un style très personnel, riche, technique, à la guitare. "Make love to you in the sand" est une piste amusante qui baigne dans un climat néo-orléanais. La voix est autoritaire, les cuivres sont bien présents ; mais si la gratte s'inspire du style de BB King, elle se distingue également par sa touche originale. Un spectre qui plane encore sur le très downhome "Hitchhiking in the rain", un blues lent qui transpire le vécu. Les interventions au piano de John Autun s'intègrent parfaitement dans ce blues dépouillé, au cours duquel la voix est chargée de passion. Cuivres et orgue Hammond transportent "I am the blues" dans l'univers blues de Memphis, un univers au sein duquel la guitare est toujours aussi insatiable. "You look so good to me" adopte un schéma similaire. Le tempo est enlevé, tout au long de cette compo chargée de swing au cours de laquelle John Autun tire son épingle du jeu à l’orgue. Blues atmosphérique, "Mysterious, exotic lady" concède des intonations jazz, un morceau caractérisé par une excellente nouvelle intervention à la six cordes. Humoristique, "I'm goin' after Mody Dick in a rowboat" est imprimé sur un tempo exotique. Inventive, la guitare se fraie un chemin entre les percussions de Doug Belote. "Four in the morning" trempe dans la même atmosphère. Le coq se met à chanter ; ce qui inspire encore la guitare de Mr Chaz. Southern R&B lent, "Will you be mine" est hanté par la voix d'Otis Redding. Douloureuse, elle transpire le vécu. Intense, classieux, le solo de guitare est chargé de feeling. La meilleure plage de l’opus. Jeff déambule à nouveau dans les rues de la Nouvelle Orléans tout au long de "Walkin' with my baby", théâtre d'une nouvelle sortie remarquable sur les cordes. "The Mt Vernon Blues" est un superbe instrumental. "You're bound to get us both hung" clôt l’elpee. Jeff fait vibrer toute sa sensibilité sur ce blues lent savoureux. Un excellent album !

 

lundi, 23 mai 2016 19:13

Loves you

Issu de New York, Shawn Ellie Amos est compositeur et producteur. Mais il se consacre surtout au chant. Comme sa mère qui avait été artiste de cabaret, sous le pseudonyme de Shirl-ee May. Elle a cependant mis fin à ses jours en 2003. L'année précédente, Shawn avait gravé son premier elpee, "In between". Et en 2005, il a publié "Thank you Shirl-Lee May", en hommage à sa maman. Il a été réédité en 2014 avec un Ep 6 titres, "The Reverend Shawn Amos tells it".

Il y a belle lurette qu’il s’est établi à Los Angeles. Il a bossé pour l’écurie Rhino, participant notamment à la confection d’un recueil consacré à Quincy Jones. Avant de passer sur le label Shout! Factory, où il a ainsi apporté sa participation à certains long playings de Solomon Burke. Les sessions d’enregistrement de "Loves you" se sont déroulées à Shreveport, en Louisiane. Un LP découpé en douze plages, dont dix sont issues de sa plume. 

L’opus démarre en force par "Days of depression", un blues dépouillé aux accents primaires d’une tribal song. Les percus sont sommaires. Les voix des Blind Boys of Alabama sont magiques. "Brand new man" change radicalement de style. Un funk/rock énergique caractérisé par des changements de tempo. Différents musicos entrent en lice. Chris ‘Doctor’ Roberts d’abord ; et sa guitare est débordante. Des cuivres également. Soit les saxophones de Miss Mindi Abair (elle milite aussi bien dans le jazz que la pop) et la trompette de Lewis Smith. Bien balancé, "Boogie" est imprimé sur un mid tempo. Talonnée par le piano d'Anthony Marinelli et bien soutenue par celle de Missy Andersen (NDR : de couleur noire, cette excellente vocaliste est originaire de Detroit, mais réside à San Diego), la voix d’Amos est autoritaire, alors que le Reverend se met à souffler de bonheur dans son harmonica. Tout comme sur l’excellent r&b, "Brothers keeper". Ou l’accrocheur "Will you be mine". Et encore "Hollywood Blues". Autre r&b, "You're gonna miss me (when I get home)" est à la fois funkysant, dansant et entraînant, un morceau illuminé par la qualité des différents instrumentistes. Amorcé par les cordes de Roberts, "Juliet Bound" campe un blues pur et dur. Et le Reverend s’y enfonce encore plus profondément sur "The outlaw". La gratte est bien sentie. Puissante, la voix force le passage. Une seule véritable reprise, le "Bright lights, big city" de Jimmy Reed, un classique qu’il interprète en compagnie de la jolie Mindi Abair et que balise les ivoires de Marinelli. "Put together" est un autre r&b funkysant alimenté par l’orgue B3, les cuivres, les percussions de Brady Blade et la guitare déjantée de Roberts. Et de bonne facture, cet opus s’achève par le flemmard et intimiste "The lost boy I'm losing you", un r&b tapissé par l’orgue Hammond, qui met en exergue de bien jolies voix.

 

lundi, 23 mai 2016 19:11

Blues for Big Walter

Feu Walter Shakey Horton est surtout connu sous son sobriquet ‘Big Walter’. Il est considéré comme un des plus grands harmonicistes de blues. Originaire du Mississippi, il a vécu de nombreuses années à Memphis, dans le Tennessee. Il avait enregistré pour le label Sun de Sam Phillips. Dans les années 50, il s’est établi à Chicago, la capitale du blues urbain. Les responsables du label de Washington, Ellersoul Records, ont pris l'excellente initiative de publier un recueil pour rendre hommage à ce musicien talentueux. Et il s’intitule "Blues for Big Walter". De nombreux musiciens ont participé aux sessions d’enregistrement de cette compile. Certains sont notoires, quelques uns le sont un peu moins, et d’autres encore sont franchement méconnus. Né en 1921, Walter Horton est décédé en 1981. Il était à peine âgé de 60 ans.

"Someday" est une ouverture royale, un shuffle torride alimenté Kim Wilson à l'harmonica, Bill Stuve à la basse, Bob Welsh au piano ainsi que le jeune Jon Atkinson (NDR : c’est le leader des Silver Kings), au chant et à la guitare. Excellent ! Deux plages témoignent du passé glorieux de Walter ; et elles sont exécutées par Bob Corritore, harmoniciste issu de Phoenix. "She loves another man" remonte à 1992. C’est Jimmy Rogers, le mythique guitariste du Muddy Waters Band qui y chante et joue de la guitare. Dans le même rôle, Robert Lockwood, le contemporain de Robert Johnson, se réserve "Rambling on my mind". Le vétéran  Henry Gray siège derrière le piano, pour cette plage qui date de 2001. Mark Wenner, le leader intemporel des Nighthawks de Washington se consacre au micro sur les classiques "Worried life" et "Walking by myself". Il souffle comme lorsqu’il était au sommet de son art. Un bel hommage ! Steve Guyger (NDR : originaire de Philadelphie, cet harmoniciste a régulièrement côtoyé Jimmy Rogers ; et même jusque sa mort, en 1987) adapte deux plages. Tout d’abord "If it ain't me", puisé au sein de sessions réalisées en Finlande. Puis "Little Boy Blue", au cours de laquelle sa voix manifeste énormément de vécu. Natif de San Francisco, Mark Hummel est un des harmonicistes contemporains les plus talentueux. Il se révèle bouleversant tout au long de "Hard hearted woman", pour lequel il reçoit le concours de Bob Welsh au piano, et l'instrumental "Easy", de Sue Foley et Shorty Lenoir, aux guitares. Le « Sugar Ray medley » constitue certainement le plat de résistance de cette compilation. 18 minutes quand même ! Sugar Ray Norcia est préposé au chant et à l’harmonica, Anthony Geraci au piano et Mike Welsh à la guitare. Et le résultat est tout bonnement brillant ! Inconnu au bataillon, Andrew Alli est un jeune musicien qui nous vient de Richmond, en Virginie. Agé de 27 ans, il drive son groupe Mainline. Il excelle tout au long de "Evening shuffle" et "Easy II". Li'l Ronnie Owens est l’harmoniciste maison du label Ellersoul. Il participe à trois pistes, dont l’incontournable "Need my baby". Et soutenu par le gratteur Terry Garland, il se montre intenable sur "Think Big"…

 

mercredi, 11 mai 2016 19:24

Victory Motel Sessions

King Mud est un duo circonstanciel réunissant Van Campbell (Black Diamond Heavies, issu du Tennesse) et Freddie J IV (Left Lane Cruiser, de l’Indiana). Deux musicos qui militent donc au sein de duos punk/blues. Pour enregistrer cet elpee, ils se sont enfermés au sein du studio Comp-ny à Glendale, dans la banlieue de Los Angeles, près du Victory Motel. Et ont reçu le concours du guitariste de Radio Moskow, Parker Griggs, pour deux titres. Ils décrivent leur musique comme un cocktail de hard blues, blue eyed soul, heavy rock et de feedback. Arthur Alexander signe la production. Un membre du combo pop new-yorkais The Sorrows (à ne pas confondre avec le groupe beat anglais qui a sévi au cours des 60’s). Dans le style, les Black Keys et White Stripes avaient ouvert une véritable voie royale. Une voie au sein de laquelle Left Lane Cruiser s’est engouffré, s’imposant même comme le leader de la nouvelle génération. Freddie J IV se réserve donc bien le chant et les guitares ; cependant, derrière les drums, ce n’est pas son compère habituel, Pete Dio, qui y siège, mais Van Campbell.

Nous plongeant immédiatement dans le Delta, Freddie ouvre les hostilités par le nerveux "Rat time". Il est rapidement rejoint par Van qui imprime le rythme soutenu du chemin de fer! La musique du duo est suramplifiée, dévastatrice. L’énergie punk, bien présente. Lors de son premier envol, Freddie arme le bottleneck afin d’arracher des larmes de sa slide. "Smoked all my Bud" est un autre blues primaire. Les inflexions vocales sont chargées de désespoir. Les riffs, obsessionnels. Parker Griggs a ramené sa gratte et entame une lutte sans merci, à couteaux tirés, avec Freddie. "Back it up" est toujours aussi contaminé par le blues originel, authentique, du Mississippi. Ravagée, la voix passe bien la rampe au sein d’un environnement sonore déchiré par la slide. Les arrangements sont très réussis, et tout particulièrement la fusion entre cordes amplifiées et métalliques (Resonator). Irrésistible, "Arthur's hooked" bénéficie de la participation de Patrick French à l’harmo, de Jaxon Lee Swain à la basse et d’Alex J. Galvan à l’orgue Hammond. Un sommet de cet opus que magnifie la parfaite symbiose entre la basse et les percussions de Campbell. "Keep it out of sight" constitue la première reprise. Une compo signée Wilko Johnson, c’est-à-dire parue lors de la première aventure du Dr Feelgood. Elle figure d’ailleurs sur l’elpee "Down by the Jetty", gravé en 1975. Faut dire aussi que ces artisans du pub rock anglais étaient eux-mêmes des précurseurs au futur mouvement punk. Le traitement opéré par King Mud est féroce, très speedé, et bénéficie du concours de French à l'harmo. Séduisante et mélodieuse, la slide guide "Take a look", alors que la voix de Freddie J est à l’agonie. Rockin' blues particulièrement énergique, "War dancers" aurait pu figurer dans le répertoire de Motörhead. La cover du "I can only give you everything" du Them est un autre summum de l’opus. Cette compo figurait sur le deuxième long playing ("Them again") de la formation drivée par Van Morrison. Mais le traitement est plus proche de celui opéré par les Troggs (NDR : garage band avant la lettre, il est surtout devenu notoire pour avoir gravé le classique "Wild thing"). Hyper speedée, la gratte est ici triturée par Parker Griggs. "Suzy's Cookies" s’ébroue dans un climat digne du Black Sabbath originel. Les riffs sont écrasants. Le tempo est lent. L’intensité progressivement dramatique. Avant que se manifeste la slide et l'harmonica ; et après un bon coup d’accélérateur, la plage s’achève dans une certaine forme de quiétude… Ce superbe LP s’achève par le nerveux "Blood River", une plage bien punk, au cours de laquelle la slide adopte une nouvelle fois, un profil explosif… 

 

mercredi, 11 mai 2016 19:23

Live : The River City Sessions

Jeff Jensen est né en Californie. En 2004, ce chanteur/guitariste/compositeur monte son propre groupe, le Jeff Jensen Band. Mais dès 2011, il décide de quitter la banlieue de Los Angeles pour s’établir à Memphis où il rencontre l'étoile montante locale de l'harmonica, Brandon Santini. Qui participe à l’enregistrement de deux excellents opus, "Road worn and ragged" en 2013 et "Morose Elephant", en 2015.

"Live : The River City Sessions" a été immortalisé en public, devant un parterre de fans, au studio Ardent de Memphis, en décembre de l’an dernier. Bill Ruffino se consacre à la basse et  Robinson Bridgeforth de la batterie. Jeff y a donc privilégié la formule trio. Il signe 9 des onze plages de cet LP d’une durée de 67 minutes.

Jeff attaque le notoire "T-Bone shuffle" de l'inoubliable T-Bone Walker. Il se révèle déjà très à l'aise dans cet exercice de swing et de jump. Sa vitesse d’exécution sur les cordes n’est guère banale. Les notes coulent d’ailleurs à flots. Il embraie par deux plages issues de son opus précédent, "Morose elephant". Tout d’abord, "Make it through', un funky R&B qui se distingue par une belle harmonie. Et même si Jeff n'a pas une voix autoritaire, elle s’intègre parfaitement dans l’expression  sonore. Un constat confirmé par "Empty bottles". A la fois gourmand et gourmet, il nous livre des solos parfaitement intégrés, marqués par ses descentes le long du manche de sa Gibson. Son "JJ Boogie" est un nouveau tour de force instrumental. Jeff vit son blues. Le dialogue qu’il établit entre sa voix et la guitare est plutôt éblouissant tout au long de "Find myself all alone", un blues à la fois flemmard, dépouillé, passionnel et captivant. Bref shuffle, "Brunette woman" se distingue à nouveau par une envolée de cordes très originale et complexe. Le titre maître de son dernier LP, "Morose elephant", est un autre instrumental. Une piste exceptionnelle qui met bien en exergue les interventions de basse opérées par Ruffino. Sa version du "Heart attack and Vine" de Tom Waits est superbe. Une claque ! "Can't believe we're through" est un extrait de son tout premier long playing, gravé en 2007 ; une ballade roots imprimée sur un mid tempo qui libère à la fois tendresse et créativité. Et particulièrement intense, l’envol des cordes vagabonde aux confins des univers de Jimi Hendrix ainsi que d'un Alvin Lee au sommet de son art. En rappel, Jensen chante "Ash and Bone", une ballade indolente empreinte d’une grande sensibilité. Et il achève son set par une longue cover du "All along the watchtower" de Dylan, tout en pensant à Jimi Hendrix… Jeff Jensen est un fameux guitariste !

 

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