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lundi, 27 juin 2016 19:46

Breaking free

Layla Zoe est originaire de la Colombie Britannique. Donc elle est canadienne. Une chanteuse dont la voix est souvent comparée à celle de Janis Joplin. Elle a publié ses premiers essais entre 2006 et 2008, sur des écuries indépendantes. Après avoir apporté sa collaboration au jeune bluesman teuton Henrink Freischlader, elle signe chez Cable Car. Elle lui réserve trois elpees, "Sleep little girl" en 2011, "Lily" en 2013 et enfin un "Live at the Spirit of 66" (immortalisé à Verviers) en 2015. Elle émigre alors sur le label Ruf.

Les sessions d’enregistrement de "Breaking free" se sont déroulées aux Megaphon Tonstudios, en Allemagne. Hormis une cover, toutes les compositions sont issues de la plume de Jan Laacks, le guitariste ; Layla se chargeant des textes. Le backing group est constitué de musiciens allemands. Outre Jan, le line up implique le drummer Hardy Fischötter et le bassiste/claviériste Gregor Sonnenberg. Le combo pratique un blues/rock particulièrement puissant. 

Majestueux, "Backstage Queen" ouvre l’opus. Solides, les riffs lorgnent tour à tour vers Jimmy Page ou Eddie Van Halen. Zoe a du coffre. Et elle donne tout ce qu’elle a dans le corps. "Why do we hurt the ones we love" est une ballade ‘hendrixienne’ somptueuse. Atmosphérique, la voix est tout à fait à l’aise sur cette plage tapissée de claviers, alors que Laacks s’autorise un billet de sortie empreint de douceur et soucieux de la mélodie. "Wild one" est imprimé sur un mid tempo. Une ballade bluesy au cours de laquelle Layla reste sur la réserve. Longue plage, "Highway of tears" s’étale sur plus de onze minutes. Une compo naturellement élégante, belle même, qui met en exergue la complicité entre la vocaliste et le guitariste. Et c’est ce dernier, qui en explorant sa sensibilité personnelle, prend de nouveau soin de la ligne mélodique. Le titre maître est également imprimé sur un mid tempo, alors que le refrain est repris en chœur par les musicos. Les percus marquent vigoureusement le rythme de "Worken horse", une plage funky au cours de laquelle Jan mêle habilement cordes acoustiques et électriques. Jolie ballade, "Sweet angel" concède des accents country. Laacks en profite pour injecter un max de feeling dans ses interventions, dispensées parcimonieusement, tandis que la voix monte doucement et progressivement en puissance. "Run away" est plus enlevé, un rockin' blues dense, parfaitement structuré. La section rythmique en impose, tout en se mettant au service de la voix. Autoritaire, quand même. Et le gratteur n’est pas en reste. Il se révèle même à la ‘Page’. Layla se réserve un exercice de style classieux sur la cover des Stones, "Wild horses", une version acoustique particulièrement subtile. Jan se consacre à la slide (NDR : et probablement aussi à la lap steel) sur "A good man". Miss Zoe se déchaîne aux vocaux. De bonne facture, cet LP s’achève par le dépouillé "He loves me", un cri d’amour partagé entre la voix et le piano de Sonnenberg.   

 

lundi, 27 juin 2016 19:44

No B !

Jane Lee Hooker n'a rien à voir avec John Lee Hooker. C'est une formation de blues/rock/punk féminine issue de New York City. Un quintet dont la musique est particulièrement énergique. Et qui implique la chanteuse Dana ‘Danger’ Athens, la drummeuse Melissa Houston, la bassiste ‘Hail Mary’ Zadroga ainsi que les guitaristes Tracy ‘High Top’ et Tina ‘Tbone’ Gorin. Plusieurs d'entre elles se sont déjà forgé une certaine expérience, mais pas dans l’univers du blues. Elles ont ainsi notamment sévi au sein de combos alternatifs, soit chez Nashville Pussy, The Wives ou Bad Wizard. Les sessions se sont déroulées à Brooklyn! Certains médias n’ont pas hésité à comparer leur musique à celle d’Humble Pie. Pas pour feu son chanteur charismatique, Steve Marriott, mais plutôt pour l’énergie libérée en ‘live’. Car si le répertoire de JLH est bien blues, il est cuisiné à la sauce hardcore.

"Wade in the water" ouvre la plaque, un negro-spiritual datant de 1901 ; bien entendu remis au goût du jour. Sauvage et écorché, le chant de Dana nous prend de suite à la gorge. La rythmique est primaire et déjà une des guitares prend son billet de sortie. Les filles ne desserrent leur étreinte que quatre minutes plus tard pour s'engager dans le "Mean town blues" de Johnny Winter, un version tout aussi farouche. Ce qui n’est pas une surprise, car l'albinos texan était notoire pour son style dynamique et brutal. Dana fonce, talonnée par les guitares, alors que Melissa tape sur ses fûts comme une diablesse. L'énergie punk est manifestement présente et l’agressivité permanente, mais les guitares ont leur mot à dire, un message à communiquer. Le tempo ralentit pour la reprise du "I believe to my soul" de Ray Charles. Finalement, la référence à Steve Marriott est justifiée. On y ressent une même et incessante lutte intérieure à travers les vocaux éructés, possédés même. En outre, il faut également épingler le rôle des deux gratteuses qui ne s'en tirent pas mal du tout. Blues lent, "Bumble Bee" est une composition signée conjointement par Kansas Joe McCoy et Memphis Minnie. Et Dana Athens chante toujours comme si sa vie en dépendait. Une seule composition maison : "In the Valley". Elle est issue de la plume de Dana. Et son exercice de style vocal n’est vraiment pas banal. Elles osent ‘tout’ les filles. Elles s’attaquent même à Otis Redding. Et tout particulièrement à la ballade R&B, "Free me". Le résultat n'est pas piqué des vers, même s’il demeure chargé de feeling. Les canons du blues défilent. D’abord "The hunter", un hit décroché par Albert King. Puis "Champagne and reefer" et un excellent "Mannish Boy" deux compos issues de la plume de Muddy Waters, afin de ne pas oublier que le détour par Chicago s’impose. Quant au gospel traditionnel "Didn't it rain", que chantait avant la guerre Sister Rosetta Tharpe et qu’a repris Hugh Laurie en 2013, le band lui réserve un traitement féroce, mais propice à la jam. Et la finale n’est guère surprenante, puisqu’il s’agit de "Shake for me", un morceau signé par Willie Dixon, devenu un cheval de bataille pour la légende Howlin' Wolf. Une dernière occasion rêvée pour Jane Lee Hooker de se déchaîner dans la démesure. Certainement à voir sur scène! Excellent!

 

lundi, 27 juin 2016 19:42

The world moves on

Russell ‘Hitman’ Alexander est chanteur, guitariste et compositeur. Il est issu de Brentwood, à deux pas de New York! C’est le fils de Ray Alexander, un vibraphoniste de jazz notoire. Il y a près de trente ans qu’il drive son Blues Band et "The world moves on" constitue son sixième album. Un disque qui fait suite à "Blooztown", paru en 2000, "Angel in the shadows", en 2003, "Live at Stonybrook University" en 2006, "Pale Rider" en 2009 et "Blues enough" en 2013. Ce véritable juke-box ambulant signe ses propres compos, mais propose également d’excellentes reprises. Il reconnaît pour maîtres, Buddy Guy, BB King, Elmore James, mais aussi les incontournables Winter, Hendrix, Vaughan et Page. Son backing group implique une section rythmique, des claviers et des cuivres.

Une slide bien métallique ouvre "Bad bad man", une plage classieuse qui nous entraîne déjà dans le delta. La voix de Mr Alexander est harmonieuse et excellente. La slide s’autorise déjà son premier envol, face à l'orgue de Kevin Bents ainsi que les saxophones de Mickey Vitale et Nick Clifford. Une entrée très prometteuse. En ‘live’, Russell adore dialoguer avec son public, et lui raconte aussi de petites anecdotes. Blues cool, "That's what it's like to be a man" y est certainement propice. La slide est constamment en éveil. Cuivres et ivoires enrichissent "Don't you tempt me", un rockin' r&b lancé au galop. Puissante, autoritaire, la voix me rappelle ici le Californien Tommy Castro. Superbe ! Caractérisée par les interventions de slide et tapissée par celles de l’orgue jazzyfiant de Kevin, "Movin' on" nous replonge dans le Delta, une piste dont le climat hypnotique lorgne vers Howlin' Wolf! Nonobstant quelques accès de funk léger, "Two minute warning" est une plage plus roots. Lorsqu'il élève le ton, la voix de Russell évoque John Fogerty. Souligné par les interventions d’orgue et de piano, "The world moves on" est un r&b lent, au cours duquel Mickey Vitale se réserve un envol brillant sur son ténor. Chicago blues, "Hammer down" est imprimé sur un tempo enlevé. Déterminée, la voix emporte tout sur son passage. Et lorsque la guitare s’emballe, c’est le même topo : plus rien ne peut la retenir. L'harmonica de Neil Alexander enflamme "Two trains running", un boogie particulièrement rythmé qui consent de multiples sorties instrumentales : de la guitare, du piano, du saxophone ténor et même de la basse. "Catch 22 Blues" est un blues atmosphérique, jazzyfiant, swinguant, infiltré par des interventions de vibraphone, sans doute exécutées par Daddy Ray Alexander. Et le fiston chante impeccablement la ballade "Angel in the shadows". "Jenny Goodbye" est un boogie rock qui fait mouche, un titre dansant au cours duquel Michael Snyder signe un extraordinaire solo de saxophone baryton. Blues lent, "I'm all about you" s’ouvre en mode piano/voix, avant que les autres musicos ne prennent le relais. "The world moves on" constitue le meilleur opus gravé par le Hitman Blues Band à ce jour, et il s’achève par une version accélérée du classique de Muddy Waters, "Hoochie Coochie Man", une jam qui devrait ravir les aficionados, en concert.

 

lundi, 27 juin 2016 19:40

Show your love

De nationalité australienne, Peter D Harper est né en Angleterre. Mais il a vécu la majorité de son existence à Perth. Il est aujourd'hui établi dans le Michigan. Peter chante et compose. Il joue également de l'harmonica et du didgeridoo, une sorte de trompe en bois jouée par les Aborigènes. Harper n'est pas un néophyte, puisqu'il compte déjà une douzaine d'albums à son actif. Son premier, "Tears of ice", remonte à 1994. Il se produit désormais en compagnie d’un backing group, Midwest Kind. Issu de Detroit, il implique le guitariste Will  Rideoutt, le bassiste James Norris et le batteur Cam Lewis. Harper est un musicien expérimenté. Sa musique a un son bien spécifique. Et excellente, sa voix est particulièrement expressive…

L'ouverture est impressionnante. "Hell yeah" est parcouru de sonorités primitives émises par des Aborigènes, avant que la slide n’entre en action, avec, en toile de fond, le didgeridoo. Le riff est puissant. La reprise en choeur du refrain est contagieuse. Les musiciens de Midwest Kind sont excellents, ils apportent un soutien solide et indéfectible à leur leader. La voix de Harper s’illustre tout au long de "What's goin’ down", un blues rock influencé par le delta. Et à l’harmonia, il se révèle un souffleur particulièrement inspiré. Puissantes, les percus introduisent "Show your love", une piste particulièrement mélodieuse, colorée par le didgeridoo, mais également par les cordes Will Rideoutt qui se met entièrement au service de son leader. Harper double djembé et harmonica sur "Drive Brother drive", un titre acoustique au cours duquel les harmonies vocales se révèlent épatantes. Dépouillé, "I can't stand this" est un blues lent dominé par la voix de Harper, dont les interventions à l’harmo sont tout à fait bouleversantes. Les invités –Al  Hill à l'orgue ainsi que Gregg Leonard et Tyler Mac aux grattes– ont pris la relève. Et le didgeridoo allume une nouvelle fois un autre sommet de l’opus, le nerveux "It's all in the game", un morceau que souligne à merveille les vocaux. Roots/blues, "It's all in the game" préserve la flamme de l'harmonica… qui ne s'éteint jamais. Le discours de Harper est positif et véhicule des messages de paix et d'amour. De toute bonne facture, "We are in control" est caractérisé par des interventions créatives à l'harmonica. Le didgeridoo revient sur "Let's move", une piste imprimée sur un tempo hypnotique. Excellent, cet LP s’achève par "I look at life", un morceau cool au cours duquel Harper pose un dernier regard sur l'évolution du monde contemporain...

 

lundi, 27 juin 2016 19:37

Panda Panda Panda

Giant Tiger Hooch est une formation batave, amstellodamoise très exactement, qui pratique du r&b. Mais un r&b qui se teinte régulièrement de punk et de garage. A la sauce hollandaise, quand même. Elle avait publié son premier elpee, "76", en 2014. Et ses musicos vouent une grande admiration au Neil Young des sixties, mais également au Jon Spencer Blues Explosion. Pour enregistrer "Panda Panda Panda", elle a reçu le concours de Mischa den Haring (T-99), à la mise en forme. Le line up implique deux gratteurs, Jeroen Ligter (NDR : également préposé au chant) et Jorris Makkinga. Ce sont les leaders. Et le drummer/claviériste Herman Ypma ainsi que le bassiste Simon Zijlstra.

Des cris en boucle ouvrent "Head". Ils répètent ‘Panda Panda Panda…’ à l’infini. Sauvage, la voix se détache des riffs rythmiques de ce r&b nerveux, hypnotique, au cours duquel une guitare déjantée et agonisante se libère rapidement. Une succession d’accords rythmiques récurrents découpent "Come on", un r&b caractéristique, au cours duquel, épaulé par la voix de Lisa Gritter, celle, primaire de Jeroen Ligter, finit par émerger. Un morceau dont la sonorité brute de décoffrage, sale, rappelle certains bands garage qui ont sévi au cours des 60s, comme les Pretty Things ou encore les Outsiders et Q65, aux Pays-Bas. Ce qui n’empêche pas certains morceaux d’adopter un profil davantage élaboré. A l’instar de "Crows", enrichi par les interventions d'orgue de Herman Ypma. Le GTH revendiquent également l'héritage de John Lee Hooker et il lui rend hommage à travers "Miles", un boogie spontané qui fait mouche. Jeroen emprunte un timbre vocal proche de celui du vieux bluesman, tout au long d’une piste rappelant également les débuts de Dr Feelgood. Excellent! Une guitare fuzz amorce "Down". Et au sein de ce climat transique, la rythmique est implacable, la voix caverneuse et la guitare déjantée. "Ho ho ho" sert d’interlude récréatif, sans plus ; même si les soubresauts de la slide font quand même la différence. Une rythmique hypnotique balise "Heart", une ballade complètement décalée qui communique un mal de vivre. Soutenues par la ligne de basse, les percussions d'Ypma introduisent "Return". La voix trahit sa solitude avant que les grattes n’entrent en action. Superbe ! "Gospel" est la plus longue plage du long playing. Et elle s’inscrit davantage dans l’esprit du Jon Spencer Explosion que du mouvement garage. Alimentée par les cordes conjuguées de Jorrit et Jeoren, elle monte progressivement en puissance. Faut dire aussi que les sonorités électroniques viennent également s’immiscer dans l’ensemble. Et le résultat débouche sur une certaine forme de singularité, propre à GTH. En outre, l’effet obsessionnel obtenu est absolument irrésistible. Une formule qui me rappelle un groupe anglais totalement méconnu qui a sévi à la fin des 60’s, Red Dirt. L’opus s’achève par "I don't mind", une piste acoustique qui s’ouvre au sein d’un climat paisible ; mais au bout d’une trentaine de secondes, elle adopte un tempo digne des Stones originels, autorisant la guitare à déraper au cœur d’un véritable délire rock'n'rollesque...

 

lundi, 27 juin 2016 19:36

Angel’s 11

En 27 ans de carrière, cette chanteuse canadienne a publié neuf albums. Elle a été plébiscitée meilleure chanteuse de blues dans son pays (Maple Blues Awards), trois années consécutives, soit en 2013, 2014 et 2015. Elle a fêté son anniversaire le 11 mars dernier, et en a profité pour sortir ce nouvel opus, "Angel's 11". Un disque dont les 11 plages sont signées par Angel et son partenaire et qui bénéficie de la participation de onze guitaristes différents. Une prouesse assurément ! C'est en interprétant le rôle de Janis Joplin, dans un spectacle qui lui rendait hommage, qu'elle s'est fait connaître. Et en 1997, elle récidivait à travers "Angel sings Janis live".

L’opus démarre en force par "Hangman", un excellent blues/rock. Angel a sacrée une voix. Mais pas au point de soutenir la comparaison avec celle de feu l’illustre Texane. Johnny Flash est un fameux gratteur. De son véritable nom Jean-Sébastien Chouinard, il participe régulièrement aux tournées de Garou. "All the way" aurait pu figurer au répertoire des Rolling Stones voire de Rod Stewart. La voix d’Angel est éraillée. Elle chante au sein d’un climat cuivré. Et c’est l’excellent Rob McDonald (NDR : un Torontois) qui est préposé à la six cordes. Toujours cuivré, "Spoil me up" est un r&b funkysant au cours duquel les interventions de Steve Strongman –qui a embrassé depuis peu une carrière solo– sont à la voix créatives et originales. Le jeune Ricky Paquette (24 ans) communique son enthousiasme à "Hold me tight", un blues rocker qui balance pas mal. Dimitri Lebel-Alexandre se consacre à la pedal steel sur "Tumbleweed", une piste aux accents country. Roots blues, "Goodbye" est dominé par la voix claire de Miss Forrest. Paul Deslauriers (NDR : c’est le leader du combo montréalais, PD Band) est à la sèche et sa sortie est superbe. Angel injecte un max de passion et de détermination à "Let me go", une ballade r&b indolente, circa Stax. Et paradoxalement, le jeune Kim Greenwood (26 ans) parvient à y révéler tout son potentiel. Corey Diabo, le gratteur de Jonas & The Massive Attraction, s’impose sur le rockin' blues "Wildflower, mais ses interventions sont un peu trop métalliques à mon goût. Autre Montréalais, Shane Murphy s’autorise des dérapages contrôlés tout au long de "Touch of my hand", un funky blues lent qui arrache. Probablement un des meilleurs titres du long playing. Autre blues lent, "Crucify" privilégie la mélodie. Un morceau tapissé par l'orgue Hammond et que chante passionnément Mrs Angel. Une plage qui bénéficie de la participation d’un des meilleurs, sinon du meilleur guitariste de blues canadien, Steve Hill. Il se réserve ici un envol prodigieux, mais tout en sensibilité. Le sommet de l’elpee ! La finale est royale. Une ballade sculptée dans les cordes acoustiques par Adam Karch (NDR : encore un Montréalais !) Très expressive, la voix d’Angel y est bien mise en relief.

 

lundi, 27 juin 2016 19:34

The happiest man in the world

Agé de 65 balais, Eric Bibb chante une forme de blues traditionnel. C’est, en quelque sorte, un digne héritier du grand Taj Mahal. Né à New York, il réside depuis longtemps en Europe. Il s’est établi aujourd’hui à Londres, après avoir vécu à Helsinki. C'est là qu'il a rencontré les frères Haavisto, soit Janne (batterie) et Olli (pedal steel, dobro). Ces deux derniers lui avaient présenté Petri Hakala (mandoline, mandola). Et ensemble ils avaient entamé une aventure sous le patronyme d'Eric Bibb & North Country Far. Pour enregistrer cet elpee, le band a reçu le concours du bassiste Danny Thompson (Pentangle, Alexis Korner, John Martyn). Un vétéran anglais. Ce qui constituait à leurs yeux une priorité. Un disque enregistré au sein du studio The Grange, dans la campagne du Norfolk.

Eric chante d’une voix grave et sereine "The happiest man in the world", un excellent country/blues. Les cordes sont magiques, et tout particulièrement celles du dobro d’Olli et de la mandoline Petri Hakala, qui s’autorisent l’une ou l’autre sortie. Et ce dernier remet le couvert sur "Foolin' down the road", en s’appuyant sur la solide base rythmique constituée par la basse de Thompson et la batterie de Janne Haavisto. Petri se consacre au violon et Eric au banjo sur l’indolent "Tossin' an' turnin". "Creole Cafe" est une plage à la fois belle et cool. La basse acoustique et la mandoline y sont bien mises en exergue. "Born to be your man" élève le tempo. Ce qui permet une nouvelle fois à la magie des cordes d’opérer. Le poète Wendell Barry a participé à l’écriture de deux compos. Lui et Eric cosignent "Prison of time" une très ballade roots traversée par la pedal steel d'Olli. Et puis Bibb a mis un de ses poèmes en musique, "On the Porch", un texte qui traite du manque de communication et de dialogue. Le tout dans un climat paisible, entretenu par le dobro. Deux instrumentaux. Tout d’abord, l’interlude "1912 skiing disaster", une plage remarquable découpée par les interventions immaculées de Petri Hakala, aux cordes. Puis "Blueberry Bat", un intermède celtique que colore Mary Murphy de son irish whistle. Baignant au sein d’une atmosphère pastorale, cet opus s’achève cependant par une cover surprenante. En l’occurrence celle du notoire "You really got me" des Kinks. En version acoustique bien sûr. Cependant, le riff est intact. Et le tout est épicé par un zeste d’harmonica, dispensé par un pote finlandais, Pepe Ahlqvist…

 

lundi, 27 juin 2016 19:33

Come together

Tweed Funk est un brass band issu de Milwaukee, dans le Wisconsin. Il est dirigé par le chanteur de couleur noire à la voix soul, Joseph ‘Smokey’ Holman. Le groupe est né en 2010. Et son line up implique également le bassiste/claviériste Eric Madunic (NDR : c’est également le principal compositeur), le guitariste JD Optekar, le batteur Dave Schoepke et le saxophoniste Andrew Spodafora. Lors des sessions, le combo a reçu le concours d’un invité, Doug Woolverton, trompettiste chez Roomful of Blues depuis 2008. Sans oublier les deux choristes. Découpé en 10 pistes, "Come together" constitue le quatrième opus de la formation. Elles sont toutes signées par le band.

"Light up the night" ouvre la plaque. Une plage qui baigne bien dans le funk et la soul. La section rythmique imprime le tempo. La voix veloutée de Smokey Holman colle parfaitement au style. Mais ce sont les cuivres qui sont les stars. Première confirmation : les sorties royales du saxophone ténor de Spadafora et la trompette de Woolverton. "Don't give up" élève le tempo. Eric Madunic siège derrière l’orgue Hammond pour cette plage que domine Smokey de la voix, alors que Woolverton brille à la trompette. Des cuivres à nouveau conquérants sur "Muse", une piste poche du climat Stax de Memphis. La voix de Smokey est bouleversante tout au long de la ballade soul "Sweet Music". La guitare rythmique d'Optekar est bien mise en exergue et la sortie du saxophone est belle à pleurer! Bien soutenu par la basse de Madunic, "Come together" est un morceau cool, funky et propice à la danse. Le choeurs de Chrissy Dzioba et Sara Mollanen secondent la voix de Holman sur "Embrace". Une chanson d’amour tendre qui transpire le vécu. La trompette de Doug Woolverton et le sax ténor d’Andrew Spadafora sont à nouveau au sommet de leur art tout au long de "Who is this", une plage instrumentale funky jazz. Et c’est toujours dans le funk qu’est sculpté l’excellent "Love ain't easy". Caractérisée par les superbes duels que se réservent les deux cuivres, c’est l'une des meilleures pistes du long playing. Lent, particulièrement atmosphérique, "Bullet" se distingue par l’exercice de style vocal du leader, face à la trompette. "Soul rockin" clôt l’opus. Un funk entretenu par la basse omniprésente de Madanic.

 

lundi, 27 juin 2016 19:24

Blood Moon

Too Slim and The Taildraggers compte déjà trente ans d’existence. Etabli à Spokane, dans l'Etat de Washington, il est drivé par le chanteur/guitariste/compositeur Tim ‘Too Slim’ Langford. Son style de prédilection ? Le blues/rock. Qu’il propose en format trio. Un format idéal pour le style. Aujourd’hui, le line up de son backing group implique le batteur Jeff ‘Shakey’ Fowlkes et le bassiste Robert Kearns. A l’actif de l’équipe, une vingtaine d'elpees. Pour enregistrer "Blood Moon", la formation a décidé de se délocaliser à Nahsville, soit ‘The place to be’, en matière de musique roots. Les musicos se sont enfermés dans le studio The Switchyard pour mettre en boîte les dix plages de l'opus, toutes signées par Langford!

"Evil mind" ouvre le feu, dans un style proche de Jimi Hendrix. Le chant colle bien au style. Autoritaire, il est talonné par la guitare qui attend l'ouverture pour prendre le large. Tim triture ses pédales pour distordre le son de ses cordes, comme ce bon Jimi. L'intro de "Blood Moon" est parfaitement ciselée. Hendrixienne, classieuse, la guitare tisse sa toile tout au long de cet excellent blues lent. "Twisted rails" est une piste bien plus personnelle. Le chant est autoritaire. Les riffs son solides. Mais aventureuses, les cordes profitent de la moindre occasion pour décoller afin de se teinter de belles couleurs acides. Et en fin de parcours, le trip parvient encore à changer de tempo. Plus classique, "Get your goin' out on" correspond mieux à la formule trio. Particulièrement accrocheuse, la rythmique lorgne vers ZZ Top ; Langford empruntant même le timbre vocal élimé de Billy Gibbons. Superbe ! Des accords puissants amorcent "Gypsy". Tel un murmure, la voix est douce. Elle prélude un trip qui frôle l’univers du psychédélisme, en s’envolant vers les sommets. La meilleure piste de cet LP. "My body" évolue encore sur un rythme indolent. Légèrement éraillée, la voix susurre des mots. Le climat est à la fois paisible, dépouillé et troublant ; mais tout en respectant le sens mélodique, la guitare trouve facilement son chemin. Epatant ! Des accords puissants précèdent une invitation à un "Dream" propice au voyage. Les voix sont atmosphériques. Elles se conjuguent au cœur d’un refrain séduisant. Mais la guitare finit par nous emporter dans son périple luxuriant, acide, psychédélique… Caractérisé par ses accords de gratte rock’n’rollesques, "Letter" en revient au blues/rock. "Good guys win" est une plage véloce, entraînante. Les musicos reprennent en chœur une succession de ‘It's allright’ Les cordes adoptent d’abord un profil surf très métallique, avant qu’elles ne se mettent à tourbillonner dans tous les sens. D’excellente facture, cet opus s’achève par une version instrumentale de "Twisted rails", rebaptisée pour la circonstance "Slight return". La guitare est atteinte d’un accès de folie total, alors que Sharkey Fowles tape sur ses fûts comme un forcené. Too Slim and The Taildraggers viennent de signer leur meilleur album à ce jour. 

 

mardi, 21 juin 2016 17:31

Delta Pines (Ep)

Ivor S.K., c'est Ivor Simpson-Kennedy, un jeune chanteur/guitariste de 24 ans. Originaire de Sidney, en Australie, il a décidé de tenter sa chance aux Etats-Unis, pays du blues par excellence. Et tout particulièrement dans sa capitale musicale, la Nouvelle-Orléans. "Delta Pines" constitue son premier Ep, un disque découpé en 5 plages acoustiques.

"Help poor me" ouvre la plaque. La voix d’Ivor est étonnante, accrocheuse, ravagée, mais tellement présente et envoûtante. Il s'accompagne très simplement à la rythmique et à la gratte. La prise de son est impeccable. En extrapolant, on imagine facilement un tel musicien se produire au cours des années 30, pour interpréter son propre blues.

Tout au long de "Missus green", Ivor propage quelques fragiles percussions. Le toucher de cordes est d'une clarté, d'une limpidité, belle à pleurer. Instrumental immaculé, "Pelican" bénéficie de la technique du re-recording. Ce qui se traduit par une texture au cours de laquelle le flux de cordes acoustiques et les quelques autres délicatement amplifiées, s'entremêlent. Et le résultat est vraiment superbe ! Original, "I like the way" est un blues classique, qui nous entraîne sur les routes du Delta, jadis empruntées par les légendes Robert Johnson et Son House. Et la voix s’y révèle de nouveau pénétrante. "Delta Pines" baigne encore dans le delta du Mississippi, une plage authentique, étonnante, caractérisée par la pureté du son ; et lorsque Ivor joue du bottleneck, on aimerait marcher à ses côtés, sur la route de Clarksdale. Vraiment excellent!

 

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