La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Stories Under Nails

De sa voix graveleuse comme un Tom Waits barbu, Ben Weaver (25 ans à peine) chante des histoires du bayou : ça sent l’Amérique, celle de Kerouac et de Carver… Douze traversées du désert qui, filmées par Wenders ou Peckinpah, auraient fait un grand film. Ben Weaver n’en est pas à son coup d’essai, mais cet album (le quatrième ?) est le premier à bénéficier d’une vraie distribution en dehors des terres labourées du Minnesota. Des terres où le gars white trash roucoule des jours paisibles, à écouter Johnny Dowd et Johnny Cash les bras croisés derrière la tête, sous le porche de la maison familiale. Au pays de Tom Sawyer, Ben Weaver s’amuse à jouer au cow-boy, mais sa musique n’a rien d’un rodéo : lancinante et poussiéreuse, elle colle aux santiags et ralentit la marche. Fatigant, mais au bout du chemin, la sensation d’avoir fait un beau voyage, à travers les plaines dégagées de l’americana la plus authentique.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Drunk on Light

Le shoegazing, une vieille histoire, aujourd’hui à nouveau sous les projecteurs grâce aux talents conjugués de groupes comme The Notwist, Postal Service, Her Space Holiday, Windsor For The Derby, De Portables…. Le nouveau shoegazing, c’est l’indietronica : sous une couverture chauffante de bleeps cotonneux et rêveurs, les guitares se lovent et se frottent, « post coïtal animal triste ». Après l’amour, la vague à l’âme s’installe, parasitant l’instant précaire de ses décharges juvéniles. C’est l’ivresse du consommé, la petite mort qui crie famine. Tom Betts et Jonny Pilcher se couchent avec leurs guitares et leur ordinateur, pour accoucher d’une musique limpide et matricielle, rassurante comme la nuit qui se lève. Leurs mélodies côtoient les étoiles, jusqu’au trou noir du sommeil qui les plongent dans de vaseuses espérances. Ils chantent qu’ils « ont dormi trop longtemps » (« Too Long Sleeping »), et au réveil leurs joues sont marquées du sceau du plaisir. Ivres de cette lumière qui doucement les asperge, les deux tourtereaux abandonnent les berceuses, mais leur esprit reste engourdi. Le jour s’allume, mais dans leur tête c’est toujours le crépuscule. Dans le réconfort que distille leur musique, on s’endort les paupières légères. La nuit, le jour, s’annoncent sans lendemain, à l’abri des soucis.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Studio 150

Souvent, l’album de reprises cache un gros souci : une facture d’électricité à payer, un contrat de label dont on veut se débarrasser, une panne d’inspiration,… Tous les mois des types se fendent de ce genre d’exercice, avec plus ou moins de bonheur (dernier en date : Neal Casal). Paul Weller, lui, se moque bien du quand dira t on : de toute façon ça fait bien longtemps qu’il ne vend plus de disques. Et puis les covers, il connaît : The Jam s’était fendu de « David Watts » des Kinks ou encore « So Sad About Us » des Who. Pareil pour les Style Council. L’exercice, il connaît. Alors pourquoi insister ? Parce qu’il aime ça, point barre. Et c’est encore mieux si les chansons ne lui plaisent pas forcément, comme c’est le cas ici ! Enregistré au Studio 150 d’Amsterdam (d’où ce titre), cette collection de 12 reprises permet à l’Anglais de s’amuser tel un gosse à jouer et chanter Sister Sledge ( !), Neil Young, Bob Dylan, Gil Scott-Heron, Aaron Neville et les Carpenters (!!). L’intérêt, c’est que pour une fois Paul Weller ne nous bassine pas avec les Small Faces et les Beatles, et c’est déjà pas mal… Du bon boulot, anecdotique mais plaisant pour les fans.
Depuis « Wrong-Eyed Jesus » (1999), Jim White trimballe ses démons (la religion, la mort, l’Amérique white trash) à dos de mulet, traversant le désert country tel un Pancho Villa illuminé par la vie et ses petits tracas. Chez lui, raconter des histoires de diable, de paradis et de romances étriquées s’avère une chose tout à fait normale, comme porter un stetson mais critiquer la morale pudibonde des mangeurs de bretzels. Jim White est le ménestrel gonzo de la cause country, le Bukowski de l’americana populaire. Sa musique traduit cet amour pour les mythes salis du Grand Ouest : comme du Canada Dry servi en pleine cambrousse, elle sonne comme de la country US, mais au final ça n’a rien à voir. Qu’une pedal steel se prenne un jour les fils dans le tapis d’un saloon ou qu’une trompette se voit bouchée par un nuage de poussières, Jim continuera toujours à raconter ses histoires de Jésus « conduisant un camping-car » (« If Jesus Drove A Motor Home »). Entouré d’une clique de musiciens balèzes et connus (Joe Henry, Matt Ward, Mary Gauthier, Bill Frisell, Aimee Mann sur le splendide « Static On The Radio »), l’Américain du bayou n’a pas son pareil pour mélanger les genres (country, folk, spoken word, rap/funk couillon à la G Love, soul à la Me’Shell) sans jamais se coincer les doigts dans un seul. De plus en plus raffinées avec le temps, ses mélodies ne cessent d’émouvoir, comme en apesanteur, à des kilomètres du sol argileux de l’Alabama. Un mirage ? Peut-être. Mais il est tenace, et sa vision réconforte, dans un monde où la sincérité n’a plus sa place. Tel le héros du roman de Matheson, Jim White est quasi une légende. Il est unique, et c’est la raison pour laquelle on l’aime.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

The Fire Is Warmer On The Inside

Le post-rock est partout : cette fois il s’attaque aux Pays-Bas, et menace nos tympans en osant nous refaire le coup des montagnes russes et des explosions surprises. Vehicle : quatre types qui connaissent la chanson, surtout sans paroles… Larsens et montées d’adrénaline, lentes combustions et samples cinéphiles (« Twin Peaks » et « 2001 » sur « Twinlings ») : c’est sûr, on a déjà entendu ça quelque part. L’atlas Larousse à la main, on feuillette les cartes du monde à la recherche d’indices plus concrets : Espagne (Migala), Texas (Explosions in the Sky), Canada (GY !BE), Belgique (Sweek) ? En plein examen géographique, ces riffs entêtants nous donnent le tournis : heureusement qu’on n’a pas consulté notre mappemonde, on serait déjà par terre à vomir nos tartines. « The Fire Is Warmer On The Inside » : avec un bon Motilium ©, ça passe en un quart d’heure. Après on est tout froid dedans, mais au moins on n’a plus la nausée. Alors Vehicle, toujours partant ?
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

The Runaway Found

Le chanteur de ce nouveau groupe anglais glapit comme celui de Starsailor, racle sa gorge comme celui des Stereophonics. Deux énormes défauts qu’il aura bien du mal à nous faire avaler, parce qu’il faut bien le dire : Starsailor et Stereophonics sont les deux pires groupes que la pop anglaise a enfanté ces cinq dernières années. Dommage : si monsieur n’entonnait pas ses hymnes pompiers avec l’intonation d’un ténor plein de tics et pour qui le pathos est une marque de grandeur, on aurait pu passer l’éponge. Encore que : y ajouter des montées de fièvre pleines de violons et des explosions lyriques à la U2 ne fait pas non plus trop notre affaire. Il y a des limites que la bienséance nous empêche de franchir. Après une heure de gémissements pédants et de mélodies à l’emphase titanesque, c’est sur les cuvettes qu’on se soulage de cette grosse colique, qui pue trop le lyrisme de bas étage.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Van Hunt

A l’instar de Cody ChesnuTT, Van Hunt flatte nos plus bas instincts en miaulant tel un Curtis Mayfield en rut. Ses baisers volés qui sentent bon la cannelle se dévorent à pleine bouche : douze mignardises nu-soul qui se dégustent jusqu’au dégoût, mais sans sucre ajouté. C’est qu’il faut l’entendre susurrer ses histoires d’amour et de sexe, dans un style moelleux qui rappelle le meilleur de la soul des années 70 (Marvin Gaye, Shuggie Otis, Sly Stone). Van Hunt, en plus, joue presque tous les instruments, parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Et ce qu’il nous réserve, au fil de ses ballades langoureuses et chaloupées, c’est du tout cuit, de l’or black en barre, du stupre en format de poche. « Dust », « Down Here In Hell (With You) », « Out Of The Sky » : devant tant de maîtrise vocale et musicale, on reste bouche bée. Et même lorsque Van Hunt s’essaie à la pop de cabaret (« What Can I Say », à la Ed Harcourt, Rufus Wainwright), il tape dans le mille (au cœur, au point G). Surtout ne pas se fier à la pochette et à son design de lupanar r’n’b : « Van Hunt » est sans aucun doute un des albums soul de l’année, et son auteur un petit génie. Du travail d’orfèvre, appelé à la postérité.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Look Mom… No Hands

Vast Aire est un des membres du collectif Cannibal Ox, qui en 2002 marqua d’une empreinte indélébile le hip hop de son « The Cold Vein », album dantesque et défricheur. On attendait donc beaucoup de Vast Aire en solo : manque de bol, cet album est loin d’être fantastique. Alors qu’on espérait du MC la même ardeur en solitaire à sauter les barrières et conquérir de nouvelles terres, on se retrouve nez à nez face à une quinzaine de morceaux décevants, old school, mais dans le mauvais sens du terme. Vast Aire semble n’avoir mis en branle pour cet album que le strict minimum de ses talents, pourtant réels. Il y a certes du beau monde en guest : Camu Tao, Aesop Rock, RJD2,… Mais seuls MF Doom et Madlib, comme d’habitude, sauvent le rappeur du naufrage, sur quatre titres sulfureux plus proches du jazz et du funk seventies que du rap futuriste à la Cannibal Ox. On croyait que ce disque allait nous surprendre : il nous laisse au mieux indécis, au pire vraiment déçu. Un coup solo… dans l’eau.
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

Switch 6

Tous les trimestres Studio Brussel sort sa compile Switch, un condensé génial de l’émission du même nom, qui parle à nos jambes chaque week-end, avant qu’on enfile notre marcel et qu’on fasse le mariole sous la boule à facettes. Pas la peine de chercher midi (plutôt minuit) à quatorze heures : il y a comme d’habitude de sacrés tueries dancefloor sur ces deux disques. En bref le meilleur de la house, du breakbeat, de l’électro et de la techno de ces derniers mois, qu’on entend partout mais qu’on trouve rarement chez nos disquaires. Revue des troupes : d’abord la crème de la techno dite ‘minimale’ (Playhouse, Poker Flat, Kompakt), avec Mathew Johnson (« Decompression »), Superpitcher (l’énorme « Happiness », remixé ici par Michael Mayer), Steve Bug (« Houze »), puis du poumtchak qui tape (Joris Voorn, Vitalic), quelques relents acid (Roman Flügel, d’Alter Ego), cold wave (Kiki, Swayzak, The Hacker), et des tubes (le remix de « Girls » de Prodigy par Rex The Dog : un gars à suivre, et Chromeo, Miss Kittin, Märtini Brös, Greens Keepers, Unit 4, Mocky, le « Safari » d’André Kraml,…). Que demande le peuple ? La suite, parce qu’une fois que le beat s’immisce dans le corps, il ne le lâche plus. Un must pour tout apprenti DJ en manque de plaques qui déchirent !
vendredi, 31 décembre 2004 02:00

The Gearhead Records – ThingMaker

‘Gearhead : the FUN label’ : fun, si on aime le punk rock (cfr. review The Washdown). Autrement dit une certaine idée du truc un peu couillon, qui suinte la crétinerie assumée. Des noms ? The Dragons, Lazy Cowgirls, Million Dollar Marxists, The Dukes of Hamburg, Rock’n’roll Soldiers, Turbo A.C.’s,… Tout est dit, ou presque. Il s’agit donc de punk rock. Ou de rockabilly. Voire de surf (The Hypnomen). Souvent, c’est plutôt bâtard. Comme si les Dead Kennedys avaient forcé sur la bouteille et pondu un refrain braillard entre deux rôts bien acides. Burp. Au concours de pets, les plus forts sont sans doute les Wildhearts. Talonnés de près par les New Bomb Turks, qui n’en ratent pas une quand il s’agit de rocker plus fort que les autres. Et puis il y a ceux qui, comme toujours, font les malins : The Dukes of Hamburg, qui se prennent pour les Stones, et les Hellacopters, sans doute les plus balèzes. Parfaite en fond sonore lors d’un match de foot arrosé à la Guiness, cette compile ravira tous les amateurs de « punkabilly » fier-à-bras et déconneur. A main, à bouche, à cul !
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