Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

mardi, 22 août 2006 03:00

Fundamental

On l’a déjà écrit : les Pet Shop Boys, c’est la grande classe. Du type Depeche Mode, New Order, voire The Smiths. Un songwriting qui ne se dément pas sur ce neuvième album, le meilleur depuis « Nightlife ». Et un sens de la danse (dance) dont se revendiquent beaucoup d’électrons libres de la sphère techno actuelle (sur le disque bonus, des remixes de Michael Mayer, de Richard X, etc.). La preuve que Neil Tennant et Chris Lowe sont loin d’être des ringards, et que leur musique survivra, malgré les modes. Produit par Trevor Horn, les Pet Shop Boys reviennent ici à leurs premiers amours : les tubes synth-pop (« The Sodom and Gomorrah Show », « Minimal », « I’m With Stupid ») et les ballades douces-amères (« I Made My Excuses and Left », « Numb », « Luna Park »). Rarement Neil Tennant n’aura si bien chanté (cette voix, vespérale), d’autant qu’encore une fois les textes s’avèrent intelligents, sensibles, en lien direct avec leur temps (Tony Blair, sa politique d’immigration, le terrorisme et la paranoïa sécuritaire). Il y a plus de vingt ans que ça dure, et c’est toujours le même topo : longue vie aux Pet Shop Boys, à leur mélancolie, à leur aisance mélodique. Sans eux, Superpitcher, Air, Röyksopp ou The Knife n’existeraient peut-être pas. Imaginez comme la vie serait moche ! On l’a échappé belle.

mardi, 28 novembre 2006 02:00

Harps Old Master

Plus connus sous le patronyme de State River Widening (trois albums au compteur), Keiron Phelan et David Sheppard signent ici un nouveau disque de toute beauté, où s’entrechoquent visions bucoliques et frissonnements panthéistes. Guitares, contrebasse, synthés, flûtes, violon (Josh Hillman, de Willard Grant Conspiracy), trompettes, moog,… Une kyrielle d’instruments sert ici à la peinture d’une musique ambient-folk impressionniste, qui évoque à la fois Rothko et Caroline Ross (la voix d’Ines Naranjo, douce et cajoleuse), Savath + Savalas et Beach House, bref ces artistes précieux qui privilégient la réserve à la frontalité, l’atmosphère à l’impudence. Onze titres d’obédience acoustique qui invitent à la félicité : produit par Guy Fixsen de Laïka, « Harps Old Master » ne dévoile ses charmes qu’après de longues écoutes. Il faut l’apprivoiser, comme ces foyers qu’on attise doucement par crainte qu’ils s’éteignent... Mais une fois qu’ils crépitent, on peut s’y réchauffer sans se brûler le bout des doigts. C’est beau, un disque, la nuit : c’est encore mieux quand il s’agit de celui-ci.

 

 

lundi, 30 janvier 2006 02:00

Brigadoon

La quête de la chanson pop parfaite : chaque semaine, des filles et des garçons aux idées larges tentent de relever le défi, et se cassent les dents sur le ‘couplet-pont-refrain’ qui tue, comme à l’époque… ; enfin bref, il y a longtemps. L’Arlésienne de l’artiste lambda qui croit qu’un type nul lui a piqué ses idées est devenue un classique. Certains musiciens comme Sean O’Hagan ou Stephen Merritt sont encore et toujours à la recherche du Saint Graal, Don Quichotte pop des Temps Modernes. Indice : on l’aurait aperçu au Canada, chez les orfèvres de P:ANO, qui viennent de sortir un beau disque, du nom d’une comédie musicale de Vincente Minnelli, eh oui. Alors, forcément, ça le fait : 24 mignonnettes pleines de cuivres, de piano, d’orchestrations hors pair, comme à l’époque des Beach Boys, de Bergen White et des Mama’s & the Papa’s, enfin bref, il y a longtemps. C’est beau, et il y a de quoi faire, puisque rien ici n’est à jeter. Si Gene Kelly n’était pas mort, il pourrait faire appel à ces jeunes gens pour composer un joyeux chant du cygne. En attendant que Sufjan Stevens s’attaque à l’Alaska, « Brigadoon » restera bien au chaud au sommet de la pile de nos disques à chérir.

mardi, 30 mai 2006 03:00

Axis of Evol

Stephen McBean traîne ses savates de folkeux sous ‘amphets’ depuis belle lurette (Jerk With A Bomb), mais il y a seulement deux ans que le grand public est témoin de ses humeurs psychédéliques. D’abord chez Black Mountain, dont l’album éponyme sorti l’année dernière sentait bon le garage rock gonflé à l’EPO, puis avec ces Pink Moutaintops, projet plus serein, quasi à fleur de peau. « Axis of Evol » fait suite au disque tout rose sorti chez Jagjaguwar en 2004, et en moins d’une demi-heure convoque les fantômes du Velvet, des Sonics et de Jefferson Airplane. « Comas », c’est du folk sixties susurré d’une voix suppliante, une petite ritournelle qui n’a l’air de rien, et pourtant… Ca doit être ça, le talent : n’avoir ‘l’air de rien’ (être désinvolte ?), et réussir en quelques pincements de cordes une chanson qui vous hante le cerveau, tel un résidu d’acide. « Cold Criminals », c’est du V.U. pur jus, avec un ‘beep’ qui donne la cadence, comme si la boucle n’était jamais bouclée et qu’on était parti pour un trip infini, turbulent. « New Drug Queens », c’est du garage rock qui ‘fuzze’ et qui claque dans les doigts. Imaginez les Raveonettes en mieux (facile), du Primal Scream circa « Rocks » (et de fait, ça détonne). Puis arrive « Slaves », la pièce de résistance, huit minutes de stoner-folk tribal qui résume mieux la défonce que l’intégrale du bouquin de Tom Wolfe sur les Merry Pranksters (« Acid Test », pour rappel). Après ce trip fractal qui heureusement détend (on parle de langueur), une jolie ballade s’enquiert de Satan (« Plastic Man, You’re The Devil »). Il va bien, sa fête approche (le 6 juin prochain : le 06/06/06, 666, aaaargh !!!), d’où la bamboula qui s’empare de lui et de son pote Jésus. Ca s’appelle « Lord, Let Us Shine », et tout le monde chante en ouvrant grand ses bras. Mais toute fête a une fin, et c’est envahi de tristesse qu’on quitte Stephen McBean, qui s’interroge sur la liberté (« How We Can Get Free ») en murmurant comme au début. La liberté se conquiert-elle par la pensée, ou ne serait-ce qu’une utopie d’hippies, dont McBean serait le dernier des apôtres ? Laissons donc la musique parler, elle se débrouille très bien toute seule.

mardi, 19 septembre 2006 03:00

Greedy Baby

De Lemon Jelly à Pan American, de plus en plus d’artistes offrent en bonus de leurs disques, des DVDs d’illustration : on peut ainsi regarder la musique ou écouter des films, l’ambition revendiquée étant de créer chez l’auditeur/spectateur cette sensation de synesthésie qui se doit de le plonger dans un état de transe proche de l’épilepsie. Evidemment, la plupart du temps, c’est peine perdue. Que l’artiste vidéo Bob Jaroc et les deux Plaid aient collaboré de manière étroite, les images de l’un inspirant la musique des autres (et vice et versa), c’est une chose. Qu’ils pensent avoir ainsi atteint le choc audiovisuel tant espéré, c’en est une autre. D’autant que la bande sonore évoque ici l’électronica des années 90, bref un pot-pourri peu convaincant de ce qu’Autechre, The Black Dog (forcément…) et Orbital faisaient il y a belle lurette. « I Citizen The Loathsome » rappelle ainsi le « The Box » des frères Hartnoll, et « The Launching of Big Face » les débuts ambient de Sean Booth et de Rob Brown. Ailleurs on parle acid (« Super Positions »), électro-polka (« The Return of Super Barrio ») et bleeps ‘warpiens’ qui sentent le réchauffé. L’image en plus ne change rien à la donne : chez Plaid tout est affaire de nostalgie, qui rime avec ennui.

mardi, 22 août 2006 03:00

Impeach My Bush

« Impeach My Bush »… A lui seul le titre du troisième album de Peaches résume bien l’affaire : on parle ici de sexe, de pouvoir, de politique, mais sans tabous ni concessions. Au placard les bienséances, le temps est à la rébellion : face à l’ordre établi et aux culs-serrés qui nous dictent leurs règles et leurs doctrines, Peaches a trouvé la parade. C’est un mélange de rock lourd, de beats surpuissants et de doigts bien levés, pour dire « Fuck you », « Fuck me », du moment que ça gicle. C’est de l’électro-punk à la sauce queer, parce qu’il n’y a rien de pire que les normes, les genres et les frontières. Autrement dit c’est de la balle, que tu enfonces bien profond dans ta tête ou ton derrière, en attendant d’être soulagé du malaise dans lequel cette société te plonge. ‘I’d rather fuck who I want than kill who I am told to’ : tels sont les premiers mots de ce disque rageur, à la gouaille libidineuse, qui prêche le plaisir dans l’action. Enregistré à L.A. dans le studio de Jeff Pecaro (le batteur de… Toto), « Impeach My Bush » se veut donc à la fois une critique impudique de notre société et la dernière confirmation qu’il n’y a rien de tel dans la vie qu’une bonne partie de jambes en l’air. « Make love, not war », mais le sexe en plus, à deux, à trois, à plusieurs, et que ça rue dans les brancards jusqu’à l’orgasme salvateur. Pour vous y aider, Peaches a mis cette fois les bouchées doubles : les riffs de rock’n’roll sont énormes, la batterie également. Et on ne parle même pas des beats, d’une précision chirurgicale. Disque brut et brutal, sexuel et rebelle, « Impeach My Bush » sonne comme le meilleur de Peaches, puissance dix. Sans doute est-ce dû au fait que la brune s’est entourée d’un vrai groupe live. En l’occurrence Samantha Maloney (Hole, Motley Crüe, Eagles of Death Metal) à la batterie, Radio Sloan (Courtney Love band) à la guitare et JD Samson de Le Tigre aux synthés. Un groupe qui n’hésite pas à y aller franco question AC/DC et Kiss. En guest, on retrouve également Joan Jett, Josh Homme, Feist et Dave Catching, pour une orgie sonique qui vaut bien l’intégrale de Chuck Berry, de Kelis et de la chaudasse Katsumi. Entre « clit rock » (« You Love It », « Get It », « Giv ‘er ») et r’n’b minimaliste (« Tent In Your Pants », « Stick It To The Pimp »), « Impeach My Bush » laissera donc votre culotte toute mouillée. Mmmm, c’est bon.

mardi, 20 juin 2006 03:00

Peeping Tom

« For Fans Of : Faith No More, Fantomas, Mike Patton, Norah Jones, Massive Attack, Kool Keith, Tomahawk », peut-on lire dans la bio de presse accompagnant l’objet cartonné promotionnel. Cherchez l’erreur. Pour son nouveau projet gargantuesque (des années de labeur), Mike Patton a invité plein de gens : Odd Nosdam, Jel et Doseone du 'posse' Anticon, son vieux pote Dan the Automator (cfr. le chouette album « Lovage »), Amon Tobin, Kool Keith, Kid Koala, Dub Trio, et -plus surprenant- Massive Attack, Bebel Gilberto et Norah Jones. Ensemble ils s’amusent à donner quelques claques aux puristes de tous bords, version 'happy slapping ': ça n’a rien de méchant, tout le monde trouve ça drôle, et on se dit quand même que Mike Patton est un sacré comique. Evidemment, les fans du bonhomme ne trouveront rien à y redire, et ils continueront d’aller voir Fantomas puis leur médecin local. Et de trouver ça génial, et d’en parler comme si c’était le Messie, etc... Peu importe : qu’il dévergonde Norah Jones est déjà en soi une bonne nouvelle (l’entendre susurrer « Motherfucker » fait du bien aux oreilles). Et qu’il se prenne pour Stan Getz avec Bebel Gilberto, itou. Et puis pour une fois, il chante, sans simagrées vocales ni contorsions des amygdales. On croirait presque entendre du Faith No More, si la plupart des guitares n’étaient pas remplacées ici par des synthétiseurs. A part les deux titres faiblards commis en compagnie de Kid Koala et Amon Tobin, ce « Peeping Tom » convainc. De là à crier au génie… Que celui qui écoute le dernier Fantomas avant d’aller dormir lève la main, et tende la joue : une petite baffe et puis tout rentre dans l’ordre.

mardi, 28 novembre 2006 02:00

Exodus Into Unheard Rhythms

A l’instar de son funk soul brother Madlib, Oh No aime fouiller les greniers à la recherche de la perle rare, ces disques que personne n’écoute mais qui recèlent des pépites à sampler. Si son frère s’est déjà distingué dans le ‘crate-digging’ en sortant il y a trois ans l’exaltant « Shades of Blue » (un album à base de samples Blue Note), il s’agit d’une première pour Oh No, qui s’attaque quant à lui au patrimoine musical de Galt MacDermot. Le compositeur de la BO de « Hair » a dit ‘oui’ à Oh No, et voilà le résultat : 22 tracks groovy à mort, comme quoi c’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes. Alors que « The Disrupt », son premier album, faisait la part belle aux ambiances cafardeuses, « Exodus » sonne davantage uptempo. D’autant qu’au micro on retrouve une belle brochette d’invités de marque : Buckshot, Cali Agents, Vast Aire (en petite forme), Posdnuos (DE La Soul), MED, Wildchild, Dudley Perkins, Murs,… Qui font tous preuve d’un enthousiasme contagieux : une vraie fête foraine ! Personne ne sait s’ils ont maté ensemble cette histoire de provincial qui monte à New York pendant le Summer of Love et goûte aux joies du patchouli, mais peu importe : big up à MacDermot, et ‘let the sunshine in’ !!!

 

lundi, 30 janvier 2006 02:00

The Wedding

De ce septième album du trio de Brooklyn, on retiendra surtout l’étrange variété : de la pop aérienne, du krautrock, de l’acid folk, du post-punk, du stoner et du psychédélisme. Voilà donc un groupe inventif et pas con, qui pioche dans le dico du rock sans regarder l’index. La grande nouveauté, c’est qu’Oneida s’essaie cette fois à de vraies mélodies – celles qui restent dans la tête et peuvent même s’écouter entre amis. L’intro, « The Eiger », charme ainsi le quidam par ses belles rouflaquettes estampillées sixties, avant que « Lavender » et ses boucles ne l’emmènent dans l’espace, pour un voyage interstellaire. Drogues, cerveau, musique : au jeu des trois erreurs, il n’y en a pas. Tout fonctionne à l’envers à l’endroit, c’est sans dessus dessous, sauf que maintenant sur certains titres l’écriture est concise. Et ouais, et même qu’il y a du banjo, du xylo et du Black Sabbath (« Did I Die ») ! « The Wedding » aurait pu donc, dans le meilleur des mondes, faire parler de lui, et même plaire à un nombre plus grand. Le marketing sauvage en a décidé autrement. Le mieux c’est de s’en taper, évidemment, et d’écouter ces mantras en pleine indifférence : pour cela, se farcir le tiercé de fin de disque (« Heavenly Choir », « Leaves », et « The Beginning Is Nigh »), en expirant bien fort. Ca dégage les bronches, comme du Vicks à sniffer sous la douche. Attention : rien ne dit qu’écouter Oneida est une menace pour la santé mentale. Il s’agit simplement d’une musique hors-concours, mais qui reste accessible à qui veut bien l’entendre.

mardi, 22 août 2006 03:00

Chasing the Form

Epique, dans le bon sens du terme. Ce trio de Washington D.C. tire son nom d’un terme musical italien qui signifie : ‘fragment mélodique récurrent’, et ça ne nous avance guère. De la techno ? De la pop avec couplets/refrains ? Le premier titre convoque riffs pesants, voix timide et batterie ténébreuse. La suite est du même acabit, tel un mix rampant de Shipping News, d’Isis, de Codeine, de Pink Floyd (era « The Wall ») et de post-rock en berne. Intensité dramatique, catharsis électrique, dilatation nerveuse : l’esprit divague au fil de ces arpèges malsains, comme à chaque fois qu’un riff s’étire au-delà de la raison et gratte le cortex jusqu’à la débandade. C’est sensuel et violent, malingre et déroutant. En quête d’une forme musicale qui sans cesse se défile (du rock quasi instrumental), Ostinato vient de pondre un bon disque. Le troisième. Faites confiance à ces Américains : ils ne caressent pas leurs guitares dans le sens du poil, et ça donne des frissons.

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