L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Grégory Escouflaire

Grégory Escouflaire

lundi, 27 février 2006 02:00

The Path We Tread

« For those who believe » : spéciale dédicace donc aux cathos qui écoutent du hardcore, même s’ils ne doivent pas être nombreux. Du moins les pratiquants, puisque les jeunes gars de Looking Forward, eux, vont sans doute à la messe chaque dimanche. C’est notre petit doigt qui le dit, à en lire les paroles de ce disque, plus sec que le linceul de Turin. Ca ne dure pas trente minutes (le temps d’une grosse prière), mais entre deux raclements de gorge on entend bien les mots « God », « Straight » « Prayer », « Faith » et « Lord ». Eh oui ! Du ‘christian hardcore’, qu’on écoute pendant l’homélie avant de faire son signe de croix. Amen ? Certes, mais là il s’agit d’un autre groupe, qui au lieu du Saint Père bouffe des grenouilles de bénitier tous les matins, au petit déjeuner. Alors on se demande comment l’on concilie un genre musical qui se veut colérique et criard (le hardcore, etc.) et la fameuse pensée du Christ, sans tomber dans ce genre de critique qui se veut ironique. Sur un tempo rapide qui ne s’arrête jamais, ces ricains prêchent donc avec tonus la bonne parole divine. On ignore ce qu’en pense Ratzinger, mais on suppose qu’il écoute ça en lavant sa vaisselle. La messe est dite, allez en paix dans le meilleur des mondes.

lundi, 06 février 2006 02:00

Microcosme

Du metal qui fume, et qui ne craint pas le ridicule : heureusement d’ailleurs qu’il ne tue pas, sinon ces types de Valenciennes seraient déjà morts. Adepte d’un metal à la limite du progressif, Lopsided n’a donc pas peur de pousser les V.U. dans le rouge, en tricotant des soli qui n’en finissent jamais. Quatre titres, 20 minutes, et l’on ne parle pas de montagnes russes : plutôt de train-train metal-rock, entre grunge (Alice in Chains pour la voix, Pearl Jam pour les plans seventies) et fusion (cfr la pochette, affreuse). Ce n’est pas joli joli, mais ce n’est qu’un début.

lundi, 20 mars 2006 02:00

Lords Have Mercy

Du rock’n’roll qui pétarade sans demander son reste, et qui sue des aisselles en tentant de mimer l’Iguane : la tête gigote sur le beat bâtard, les doigts s’accrochent vigoureusement au manche, et les santiags tapent en cadence. Non, il ne s’agit pas d’un film de boules, mais ce disque les fout. On se croirait presque en 69, à l’époque des Stooges, d’où la chanson, et la position. Le sexe, le rock’n’roll, tout ça c’est du pareil au même, et quand elle crie (« She Cried »), c’est qu’elle aime ça. Sur ce disque les Seigneurs d’Altamont crient leur amour du riff débraillé, qui gicle de toute part. On pense aux Seeds et à leur « Web of Sound », le Rhodes en fait des tonnes et ça groove sec sur le linoléum. Un groupe Nuggets en 2006 ? Il y a du « TV Eye » dans le morceau « Let’s Burn »… et de l’Iggy partout ailleurs, en plus garage sixties. Les Lords of Altamont nagent donc en plein délire nostalgique, mais ils y croient tellement que c’en est sympathique. Ayez pitié pour eux, vous les croiserez peut-être en enfer.

mardi, 28 novembre 2006 02:00

To Hell With The Lords

« Lords Have Mercy » : il y a quelques mois on priait le Saint-Rock’n’Roll qu’il sauve notre âme, dévergondée à force d’écouter gueuler Jake Cavaliere et ses amis bikers, baptisés « Lords of Altamont » dans un hommage douteux aux Stones et à leurs potes des Hell’s Angels. 1969, fin de la mythologie hippie : après le drame d’Altamont, plus rien ne sera jamais pareil. 2006, Fargo réédite le premier album des Lords, sorti il y a quatre ans sur le label Sympathy For The Record Industry. La bonne nouvelle ? C’est qu’il n’y en a pas, puisque les Lords of Altamont ne savent rien faire d’autre que jouer du rock garage à fond les manettes, sans regarder dans leur rétroviseur. C’est là qu’on distingue un bon groupe de rock garage d’un mauvais groupe de rock garage : le bon groupe de rock garage ne se renouvelle pas, et se fout bien des modes et du temps qui passe inexorablement. Le mauvais groupe de rock garage ne se renouvelle pas non plus, sauf dans la médiocrité. Nuance. So quid ? Eh bien si vous aimez les Sonics et les Cramps, vous aimerez les Lords of Altamont, qui manient avec entrain l’orgue et les guitares fuzzzzzzz. Dans le cas contraire, passez votre chemin : de toute façon les Lords n’en ont rien à caler, ils vivent dans un monde où les iguanes chantent et les prunes sont électriques.

 

lundi, 06 février 2006 02:00

Faya

On n’avait plus de nouvelles du Suédois depuis son premier disque, « Songs From A Two-Room Chapel », paru il y a quatre ans. Il aurait beaucoup voyagé, surtout en Amérique, qu’il connaît bien pour y avoir grandi. Rien d’étonnant dès lors à ce qu’il jongle si bien avec les codes de l’americana, le country-rock, ce genre… Songwriter bien connu de ses compatriotes, Christian Kjellvander continue donc son petit bonhomme de chemin sur les terres désolées de l’acoustique en berne (cfr Thomas Dybdahl, Kristofer Aström, Nicolaï Dunger). Enregistré dans une école abandonnée à Skane, dans le sud de la Suède, et mixé par Craig Schumacher (Giant Sand, Calexico,…), « Faya » compte 11 chansons aux ambiances un peu tristes. Manque plus que le rocking-chair et le plaid en peau de bête pour que tout le monde chiale (« Juanita », « Union Lake », « Chose The City »), mais heureusement il y a Nina Persson des Cardigans. Elle chante les chœurs sur « Roaring 40’s », et ça réchauffe un peu. Sous le plaid en peau de bête avec Nina Persson ? Un instant : je fais chauffer du thé.

lundi, 30 janvier 2006 02:00

Terraformer

A les entendre, on croirait que ces Helvètes s’ennuient ferme dans leur patelin, et qu’il faut bien jouer du metal pour passer le temps et chasser ses démons, à défaut d’autre chose (le bouquetin, c’est moins drôle). Après deux albums aux ambiances à la Neurosis/Isis/Todd, Knut enfonce le clou, jusqu’à taper dessus pendant des heures. En fin de compte, le metal et ce qui s’en suit, c’est de l’ordre du T.O.C. (bientôt à « Ca se discute » ?) : on martèle sans arrêt la même chose, comme si gueuler servait à quelque chose. Et je t’en fous plein la gueule, moi, de mes vocaux hirsutes, de mes riffs qui t’agressent, de mes drones qui t’abattent ! Chose étrange, seuls les titres 2-3-4 s’avèrent pourvus d’un semblant de cordes vocales. Après c’est de l’instru, parce que Didier Severin, le leader de Knut au patronyme d’attaché-case, avait peut-être mal à la gorge… Toujours est-il que ça ressemble à Neurosis, mais en moins inspiré. La Suisse, pays de la neutralité : un peu chiant tout de même, surtout quand on se croit méchant.

 

mardi, 28 novembre 2006 02:00

IBM 1401, A User´s Manual

Après avoir concocté deux opus pour le compte du label anglais Touch (« Englabörn » en 2002 et « Virthulegu Forsetar » en 2004), l’Islandais Johann Johannsson ose l’album concept : une histoire d’intelligence artificielle, d’ordinateur capable de jouer de la musique sans soutien extérieur, bref de machine et d’âme, à la « 2001 », avec à la place de HAL l’IBM 1401, l’un des premiers ordinateurs importés en Islande, dans les années soixante. A l’époque l’ingénieur chargé de sa maintenance s’appelait Johann Gunnarsson… le père de Johann Johannsson. C’est lui qui se rendit compte du potentiel musical de l’IBM 1401, avant qu’il ne devienne obsolète et soit détruit en 1971. En hommage à son père et à son travail de technicien mélomane, Johannsson s’est donc amusé à juxtaposer réminiscences électroniques de l’IBM 1401 et strates orchestrales qui rappellent Gorecki et Gavin Bryars. Le résultat sonne comme une longue pièce mélancolique qui laisse rêveur, malgré les interférences désuètes d’une voix digitale supposée d’un autre âge (« Printer », « The Sun’s Gone Dim And The Sky’s Turned Black »). Ballet mécanique aux confins de la musique contemporaine et de l’ambient électronique, ce ‘manuel de l’utilisateur’ est à manier prudemment. S’il évoque la fameuse thématique de l’ordinateur capable de réfléchir sans l’aide de l’être humain, il n’en reste pas moins un disque composé par l’homme, pour l’homme. 2006, odyssée de l’espace RAM ? Un petit back up et la vie continue !

 

 

mardi, 30 mai 2006 03:00

Maelstrom

C’était il y a trois ans, on se prenait « Ride Paranoia » en pleine gueule, et ça faisait du bien quand tout autour de nous le rock se proclamait ‘de retour’ même s’il n’était jamais parti -la preuve par JR Ewing. Depuis 1998, ces Norvégiens enfoncent le clou d’un punk-rock abrasif, limite hardcore dans ses épanchements criards. Après ‘être farci « Ride Paranoia » (sorti sur G.S.L., le label de Mars Volta) nos tympans étaient bons pour l’acouphène, et nos nerfs pour la crise : ça faisait mal comme un bon vieux Converge (« Jane Doe »), sans oublier Refused, les parrains rock de cette scène scandinave. « Maelstrom », malheureusement, ne supplantera pas le bruit et la fureur de son illustre prédécesseur… En cause un son surproduit, qui perd en puissance ce qu’il gagne en clarté (aux desks Mike Hartung, qui a déjà bossé avec Gluecifer, Jaga Jazzist et Shining), bref qui perd de sa hargne au profit de concessions FM (la cover de « Big Exit » de PJ Harvey en bonus). Certes, c’est toujours du post-hardcore à la Blood Brothers, plein de guitares survoltées et de vocalises épileptiques (Perry Farrell vs. Dillinger Escape Plan), mais au final le ‘maelström’ tant attendu sonne davantage comme le gargouillement d’une cuvette de WC attaquée par le calcaire. C’est d’autant plus dommage que les JR Ewing viennent de décider de jeter l’éponge, après 8 ans de carrière somme toute exemplaire. « I’m Sorry, You’re Sorry, We’re All Sorry », titre l’un des morceaux de ce disque d’adieu : c’est l’épitaphe d’un groupe qui méritait davantage de succès, dont on se souviendra avec plaisir.

mardi, 28 novembre 2006 02:00

In the Fishtank 14

Quatorzième volume des sessions In The Fishtank, dont l’objectif est d’inviter dans un studio des musiciens d’horizons (plus ou moins) différents, qui se doivent ensuite d’écrire des morceaux ensemble, a priori pour le meilleur (mais parfois pour le pire). On aurait pu croire qu’entre les Américains d’Isis et les Anglais d’Aereogramme le ton allait vite monter et donner naissance à un monstre… Pas de bol : ces vingt minutes de collaboration s’avèrent plutôt mid-tempo, comme si les types de Konkurrent avaient versé du Xanax dans leur thermos pour éviter que l’enregistrement vire au pugilat metal. Les trois titres ici présents sonnent donc comme du post-rock à peine atrabilaire, qui peine à décoller malgré les vocalises de Craig B. (« Low Tide ») et d’Aaron Turner (« Delial »). S’ils n’y allaient pas de leurs envolées quasi lyriques on aurait d’ailleurs beaucoup de mal à discerner qui a fait quoi, tant l’univers respectif de chacun des deux groupes semble s’être effacé au profit du collectif. C’est bien là le principe d’In The Fishtank, et on ne va pas s’en plaindre. Dommage qu’ici le résultat soit si vaseux et l’ennui bien palpable : au lieu de se chercher des poux et de se pousser l’un l’autre dans leurs pires retranchements, Isis et Aereogramme ont préféré opter pour le consensus mou. Dommage.

 

 

mardi, 31 octobre 2006 02:00

In The Absence Of Truth

On pourrait dire, certes, qu’Isis est un groupe de 'metal' qui pourrait plaire aux filles. Sous cette chape de riffs lourds et d’'harsh vocals' qui plombent gentiment « In The Absence Of Truth », se trame peut-être quelque chose d’étrangement féminin. C’est presque romantique, ce mélange de post-rock épique et de doom 'priapique'. Son écoute peut se révéler, au lit avec une femme, d’une étonnante ductilité. 'Qui peut être allongé, étendu, étiré sans se rompre' : sous la couette les éléments se déchaînent, jusqu’à l’essoufflement post-coïtal. C’est ce qu’on écrivait à propos d’Isis, il y a deux ans. Depuis lors de l’eau a coulé sous les ponts, et l’on se dit que le nouvel album d’Aaron Turner et de ses potes pourrait encore bien davantage plaire aux filles. Parce que les filles aiment Tool quand elles n’aiment pas le 'metal', et que ce disque s’en approche (« 1000 Shards »), tout en sonnant de plus en plus post-rock. « In The Absence Of Truth » pourrait bien être ainsi l’album le plus accessible d’Isis, autrement dit le moins atrabilaire. D’autant que Turner, quand il évite de cracher ses poumons, chante comme… Layne Stanley, l’ex-(feu) chanteur des bouseux grunge d’Alice in Chains. Autant dire que ça vous casse un morceau de la trempe de « Dulcinea », qui malgré sa puissance rythmique et sa furie heavy donne juste envie de ressortir le T-shirt de Cobain en bramant les paroles de « Would ? ».

Certes, chacun des neuf morceaux de cet album (le quatrième) fait montre d’une technicité jamais mise à mal, d’un sens de la construction a priori inébranlable… Mais qui finissent par ennuyer à force d’être sans cesse dupliqués, un peu comme à la chaîne. Chaque titre se voit ainsi divisé en autant de parties calmes/brutales. Turner chante puis hurle, et ainsi de suite : autant dire qu’à la fin on sait d’avance ce qui va se passer, et c’est là que le bât blesse. Le parfait disque anti-climax, puisqu’il sonne comme bloqué sur la touche 'repeat'. Vous avez raté la chanson 2, en plein assoupissement ? Pas grave : écoutez donc la chanson 7 ! Isis, ou le metal Duracell. Que ceux qui le décrivent comme 'progressif' achètent un dictionnaire.

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