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Le rire de Will Paquin

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Enzo Porta

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lundi, 07 mai 2007 04:00

Blow your Whistle

Bongo à go-go. Les passionnés du label Vampisoul continuent leur entreprise de vulgarisation, en mettant à jour les premiers travaux de Chuck Brown, surnommé ‘The Godfather of Go-go’, du nom de ce style musical issu de Whasington Dc, mariant le hip hop au funk. La présente compilation résume les meilleurs moments de deux albums publiés au début des années 70 par les Soul Searchers. Des jams funky endiablées emmenées par le chant à moitié parlé de Chuck Brown. Les breaks de batterie sont légion (les fans de hip hop en reconnaîtront certains), les paroles hésitent entre les francs appels à la danse (le génial « Blow your whistle ») et des paroles un peu mystiques reflétant l’état d’esprit idéaliste de la période, pas encore tout à fait revenue de l’idéal hippie. Et en prime, une reprise du « Think » de James Brown ; soit le clin d’œil d’un ‘godfather’ à un autre. A la différence près que Chuck Brown est encore vivant et se consacre toujours de la musique. Oh my God that’s the funky shit !

 

lundi, 07 mai 2007 04:00

Resting My Case

Ancien compère de Pascal Deweze au sein de Metal Molly dans les années 90, Allan Muller pose sa voix de crooner sur ce premier disque solo, après avoir fait un peu parler de lui au sein des discrets Satellite City. Beaucoup plus lumineux et pop que les travaux de Deweze chez Sukilove, ce « Resting my case » ne prétend pas révolutionner la musique mais propose quelques très bons morceaux. Dont le sautillant et tubesque « Can’t stop now », plage rappelant le Boo Radleys de l’époque « Wake Up Booh ». La suite oscille entre ballades indie pop de bonne facture (l’accrocheur « If it’s good for you, it’s good for me ») et morceaux rock aux rythmiques ‘impaires’ que les musiciens flamands semblent apprécier particulièrement. Un boulot de qualité, fort bien joué (l’excellent guitariste de Das Pop, Reinhard Vanbergen, est de la partie) et bien mixé, mais ce son appartient peut-être trop à un glorieux passé proche pour séduire autre chose que les indécrottables nostalgiques.

 

 

samedi, 12 août 2006 03:00

Festival Rock the City 2006

Pour la deuxième édition du sympathique festival bruxellois, les organisateurs sont restés fidèles au joli cadre du parc de Woluwé qui, pour la circonstance, a été épargné par les incessantes pluies de ce début de mois d'août.

Les groupes se succèdent à partir de 13h00. Pour notre part, nous arrivons au moment où la formation gantoise Waldorf effectue son soundcheck. La foule est pour l'instant clairsemée, maigre fréquentation qu'on mettra sur le compte de ce temps gris rappelant la Toussaint. Auteur d'un album éponyme publié l'année dernière pour le compte du sympathique label gantois Kinky Star (NDR : il est également responsable des premiers efforts de Vive La Fête), ce combo pratique un rock fortement inspiré par les années septante. Un rock musclé mais sans imagination et encore moins d'humour. Les titres laissent peu de traces dans l'esprit et le volume sonore élevé provoque la fuite d'une bonne partie de l'audience qui décide alors d'aller se réfugier vers la portion de gazon la plus éloignée possible des diffuseurs.

Tandis que des petits malins ont trouvé le moyen d'assister au festival sans bourse délier, Montevideo investit à son tour la scène. Considéré depuis longtemps comme le secret mieux gardé de la capitale,  ces quatre jeunes gens ont écumé les scènes bruxelloises et wallonnes pendant quelques années, avant de voir leur réputation croître grâce à leurs concerts énergiques et ludiques. John Stargasm (chanteur de Ghinzu) les a tirés des limbes de l'underground pour produire leur premier album éponyme. Un disque paru début juin ! Comme d'habitude, leur disco-funk-punk-noisy démarre sur les chapeaux de roue et recueille l'adhésion du public présent. 45 minutes au cours desquelles, Jean Waterlot, chanteur particulièrement goguenard, communique à merveille avec le public entre les petites bombes rock dancefloor assénées par la formation : " Groovy Station ", " Sluggish Lovers ", " Liberation for Women " ou encore " Sunshine ". Malgré l'une ou l'autre petite baisse de régime, Montevideo est sûrement un des meilleurs groupes de scène en circulation de ce côté-ci de la frontière linguistique ; statut qui a également l'air de convaincre le guitariste de Das Pop, qui battra du pied pendant une bonne partie de la prestation des Bruxellois.

Il y a quelques années que Das Pop (NDR : encore des Gantois !) n'a plus donné signe de vie. Jusqu'ici, sa pop richement texturée a rencontré davantage de succès à l'étranger qu'à l'intérieur de nos frontières, où les choix esthétiques délibérément kitsch les ont un peu isolés du monde rock ; mais ne leur a toujours pas permis de toucher un plus large public. Réduit à un trio (Tom Kestens est parti fonder Lalalover), D.P. pratique une musique bien plus directe que dans le passé. Plus de pistes play-back ni de synthés eighties, éléments qui ruinaient substantiellement leurs prestations voici encore quelques années. Ils viennent présenter un nouvel album qui devrait paraître tout prochainement. Une plaque produite par les frères Dewaele (Soulwax, 2 many Dj's), frangins qui avaient déjà mis la main à la pâte sur le magnifique " Electronica for Lovers ", un des premiers single de Das Pop. C'est donc un public un peu plus consistant qui assistera à ce set mené tambour battant, entre nouveautés et classiques de la formation ; mais réarrangés sous une formule plus rock. Bent Van Looy chante et joue (très bien) de la batterie et son timbre vocal évoque toujours autant celui de David Bowie. Niek Meul et Reinhard Vanbergen assurant le tandem basse-guitare tout en se concentrant sur les secondes voix. Un beau concert, malgré une communication sommaire et l'impression que le groupe cherche à enchaîner les titres le plus vite possible.

C'est à Rhesus qu'incombe la lourde tâche de clôturer le festival. Peu connu en Belgique, ce trio français pratique un pop-rock constellé de tentations noisy qui font penser aux Pixies. En 2005, il a remporté le concours 'Ce qu'il faut découvrir', mis sur pied par les Inrockuptibles. Leur premier album " Sad Disco " est paru cette année chez Pias ; mais leur notoriété procède d'un pub consacrée à un cosmétique. Un spot au cours duquel ils apparaissent lors de l'interprétation de leur " Just Let Go ". Une chanteuse et un chanteur se partagent le micro sur des compos électriques qui hésitent entre sonorités sans concession et tentations pop-rock très (trop) classiques. L'ensemble mérite le respect ; mais on se demande quand même pourquoi ce band était tête d'affiche, alors que sa place se situait nettement plus bas…

 

dimanche, 10 juillet 2005 03:00

Cactus 2005 : dimanche 10 juillet

La troisième et dernière journée du sympathique festival brugeois débute par un temps splendide qui ne laisse augurer que le meilleur. Les Américains du Youngblood Brass Band et leur jazz teinté de hip hop se chargent d'ouvrir les hostilités. Un MC/batteur au style proche de Zack De La Rocha se charge de communiquer avec le public tandis que la large section cuivres (deux trombones, deux trompettes, un sax, un tuba) produit un son chaud et puissant rehaussé par une rythmique des plus efficaces. Le son (excellent) aide à faire passer un peu mieux les quelques improvisations jazzifiantes qui déforcent un peu le propos de cette formation originale.

Backstage, on aperçoit un vénérable Congolais d'une soixantaine d'années qui attend patiemment que les Youngblood aient enlevé leur matériel de la scène. C'est un des membres de Konono n°1, formation de Kinshasa qui va faire entrer le Minnewaterpark dans une autre dimension. Deux percussionnistes, un batteur (une caisse claire et une cymbale) et trois joueurs de caisses équipées de languettes métalliques amplifiées par des haut-parleurs de gare produisent une sorte de techno préhistorique galvanisée par les chants d'une chanteuse/danseuse et d'un chanteur qui exécute des chorégraphies étranges au moyen de deux tambourins et de son sifflet. Les énormes lignes de basses, les solos en distorsion et le groove produits par les musiciens impassibles (qui changent d'instrument lorsqu'ils commencent à s'ennuyer) vont enchanter, sans peine, l'assemblée qui réservera une belle séance d'applaudissement à un des concerts les plus étranges et radicaux auquel il nous ait été donné d'assister depuis longtemps.

Le concert de Wunmi, chanteuse/danseuse anglo-nigérienne, s'ouvre par une entrée fantomatique de cette dernière. Emballée de la tête aux pieds d'une tunique funèbre, elle exécute une danse sur un morceau de soul psychédélique exécuté par les musiciens hors pair (mention spéciale au guitariste et au batteur) qui composent son groupe. Après un début difficile, la chanteuse (NDR : elle a fait ses premiers pas chez Soul II Soul) fait monter la sauce. Lentement mais sûrement. Le show bascule progressivement dans une séance d'afro-beat fiévreuse qui se termine par la reprise du « Zombie » de Fela Kuti.

Lorsque le tour de Gabriel Rios arrive, on aperçoit des jeunes filles qui se ruent fébrilement vers la scène. Le temps de comprendre et il est déjà trop tard. Impossible de sortir des backstages, la foule est trop compacte et déjà en délire… C'est donc un peu en biais par rapport à la scène que nous sommes obligés de suivre le concert du Portoricain installé à Gand… Même s'il n'a pas encore franchi la frontière linguistique, Gabriel Rios a déjà écoulé en Flandre plus de 20 000 exemplaires de « Ghostboy », son premier album solo réalisé en compagnie de Jo Bogaert (Technotronic). Face à un public acquis à sa cause, le chanteur guitariste aligne des morceaux énergiques où le rock, les rythmes latins et des pointes d'électro se mélangent sans complexes. En espagnol et anglais dans le texte, l'homme nous réserve quelques très bons morceaux ; en outre, il est parvenu à s'entourer d'excellents musiciens, dont le guitariste des non moins excellents Fifty Foot Combo, qui ressemble à une version mexicaine de notre ami Christian Clavier. A côté de la scène, on aperçoit Balo (ancien MC de Starflam) qui s'apprête à aller balancer quelques unes de ces rimes acérées sur une des dernières chansons du set, au cours duquel on pourra aussi entendre une reprise iconoclaste du « Bad Card » de Bob Marley.

Lorsque Transglobal Underground arrive sur scène, on peut de nouveau arpenter la plaine, car le groupe anglais attire un peu moins les foules. Un batteur, une joueuse de sitar, un Mc/percussionniste et un claviériste qui ressemble à un des membres des Village People alignent leurs morceaux efficaces rehaussés par les rimes très rastafari et enflammées de leur chanteur. Leur mélange de dub, musique indienne et drum and bass manque malgré tout un peu d'âme et on s'ennuie quand même un peu… La faute peut-être à un usage un peu trop intensif de bandes sur lesquelles les musiciens jouent un peu mécaniquement et sans feeling.

Après un 'longuissime' et laborieux soundcheck, les quinze musiciens qui forment le nouveau groupe de Lauryn Hill commencent à balancer la sauce. Le set démarre fort par « That Thing », un des hits de son premier album, repris en chœur par la foule. Mais le son est mauvais. Heureusement, il s'améliore par la suite ; et la chanteuse américaine alterne les hits des Fugees, les nouveaux morceaux et les chansons issues de ces deux premiers albums solo. Les intervalles entre les morceaux sont longs. Lauryn Hill ne semble pas péter la forme et on a quelquefois l'impression qu'elle va se mettre à pleurer sur scène ; surtout lorsqu'elle joue ses très belles chansons à la guitare sèche. Coincées entre hip hop old school et les influences ragga, les nouvelles compos laissent cependant espérer la sortie d'un nouvel album assez intéressant. Le concert se termine assez vite, handicapé par les problèmes techniques et un groupe pas tout à fait en place. Lauryn Hill quitte la scène, les gens patientent encore un bon quart d'heure, en espérant un rappel qui n'arrivera jamais, tandis que les musiciens de la chanteuse exécutent derrière la scène une étrange chorégraphie avant de quitter les lieux. Une danse pour la pluie ? On espère que non...

 

vendredi, 09 novembre 2018 17:07

Un concert en demi-teintes...

C'est dans une ABBox clairsemée que la Brésilienne Cibelle est venue présenter son deuxième album. Intitulé « The Shine Of Dried Electric Leaves », il devrait bientôt atterrir dans les bacs des disquaires. Le single « London London », auquel a participé Devendra Banhart, commence à se frayer un chemin dans les playlists des radios nationales. Il est chargé de faire connaître un peu plus du grand public une chanteuse qui n'a jusqu'ici touché que les amateurs de nouvelle pop brésilienne.

Trois musiciens accompagnent la donzelle habillée de noir pour l'occasion : un batteur et deux guitaristes. L'un d'eux n'est autre que Mike Lindsay, préposé aussi à l'électronique et coauteur (avec Cibelle) de la majeure partie des titres du nouvel album. Certains d'entre vous en ont peut-être déjà eu un avant goût à l'écoute du quatre-titres « About A Girl », paru il y a quelques mois. Le concert débute par ce mélange d'avant-garde électronique et de bossa nova propre à la chanteuse, qui pour ce soir semble avoir du mal à entrer dans son concert. La faute peut-être à une salle un peu trop grande pour sa musique intimiste ou alors à l'éclairagiste de l'AB qui devait s'être endormi sur sa table pour ne laisser qu'une bien triste lumière blanche éclairer une bonne partie du concert, avant que Cibelle le prie gentiment de varier ses effets. La chanteuse lance des boucles vocales dans un de ses micros et se sert de ce tapis pour poser sa voix sur des chansons vaporeuses qui se disloquent aussi soudainement qu'elles sont apparues, renforçant l'atmosphère rêveuse déjà présente sur les disques. Les musiciens ne semblent pas être tout à fait à l'aise lorsqu'ils jouent sur les bandes pré programmées de Mike Lindsay. C'est quand l'électronique passe à l'arrière plan que la magie opère. La musique se simplifie alors dans des structures plus pop qui permettent à la magnifique voix de Cibelle de s'imposer, moments malheureusement un peu trop rares dans ce concert en demi-teintes…

Après un rappel expédié en vitesse, Cibelle laisse la place au groupe du percussionniste cubain Miguel 'Anga' Diaz. L'homme possède un solide cv : Irakere, Afro Cuban All Stars, et d'innombrables collaborations. Il vient défendre son album « Echu Mingua », paru en 2005 chez World Circuit. Une œuvre hybride où l'homme touche au funk et le marie aux éléments latins. Plus chaleureux et visiblement contents d'être là, les musiciens livrent une première partie de concert irréprochable. Dee Nasty, dj symbole du hip-hop français, est aux platines et balance des scratches inspirés tout au long du concert. Il en va de même pour les autres musiciens (chant, contrebasse, trompette, instruments traditionnels africains et congas joués par Baba Sissoko) qui se lanceront pendant une heure dans des joutes musicales jamais gratuites et pratiqueront du latin jazz de  tout premier ordre. Seulement voilà les personnes présentes sont quand même là pour danser et le groupe finira par se sacrifier à jouer des titres un peu plus accessibles ; loin d'être indignes, mais quand même beaucoup plus convenus.

 

 

vendredi, 09 novembre 2018 17:06

La main sur le coeur...

La foule déambulant, ce soir, dans les couloirs du Botanique est un peu plus hétéroclite que de coutume. Des b-boys accompagnés de leurs copines, des intellos curieux et des amateurs de jazz se sont rassemblés pour assister à l'étape belge de la tournée d'Abd Al Malik. Ce Strasbourgeois est le responsable d'un des meilleurs disques sorti cette année : le formidable " Gibraltar ".

L'orangerie est bien remplie pour accueillir les quatre mc's/slammeurs qui ouvrent cette soirée co-organisée par l'association bruxelloise 'Lezarts-Urbains'. Lyrical 44 ouvre le bal en posant ses rimes multilingues (wolof, français, anglais) sur des beats qui rappellent le hip hop hardcore du milieu des années 90, Wu-Tang en tête. Baloji (un des MC's de Starflam) continue avec trois textes slammés dont les thèmes s'articulent autour de son Congo natal, déchiré entre luttes fratricides et malaises postcoloniaux. Meemee & Veence Hanao clôturent cette petite séance slammée. Couple sur scène et à la ville, on ne connaissait guère la jolie Meemee ; mais son compère Vince a déjà été remarqué au sein du prometteur trio Festen. Esprit TTC, un certain second degré pas souvent prisé en hip hop. Le duo slamme avec un bonheur inégal sur les problèmes des couples mixtes " Une moutouf et un flamand ", la famille et les problèmes du quotidien.

Abd Al Malik investit la scène en compagnie de son beatmaker Bilal, qui, tel un membre de Public Enemy, se poste bras croisés derrière ses platines et samplers divers. Ils commencent le set en duo par " Soldat de Plomb ", comptine obsédante et une des meilleures tranches de hip hop entendues depuis bien longtemps. On continue sur « m'effacer », construit autour d'une boucle de Keren Ann et le single radio " 12 septembre ".

Abd Al Malik est décontracté, place quelques pas de danse chaloupés entre quelques rimes acérées et remercie le public à la musulmane, c'est-à-dire la main sur le cœur. Le pianiste Laurent De Wilde fait son entrée pour " La gravité ". L'homme est un jazzman aux oreilles attentives (collaborations en compagnie d'Ernest Ranglin, Eddie Henderson, Lee Konitz, André Ceccarelli) et aussi auteur d'un livre sur Thelonious Monk disponible chez Folio. Le reste des musiciens suit : Julien Charlet à la batterie, Manuel Marches à la contrebasse et Gerard Carrocci aux percus. Une énergie jazz très forte préside à une superbe version de " Gibraltar " mais le ton sait ce faire plus hip hop (" Rentrer chez moi ") ou funk (" Le grand Frère "). Le concert passe vite et bien. Pendant une bonne heure défilent ainsi la quasi-intégralité de l'album. Un artiste d'exception, à ne manquer sous aucun prétexte lors de son prochain passage en Belgique.

 

vendredi, 09 novembre 2018 15:34

Cérémonies funéraires dans la bonne humeur

Il y a des signes qui ne trompent pas… A la vue du nombre de personnes inscrites sur une liste d'attente, pour pouvoir assister au concert (complet) de Konono n°1, une conclusion s'imposait : la formation de Kinshasa à réussi à conquérir l'Occident. Avec ses traditionnels de cérémonies funèbres passés par le filtre d'une distorsion furieuse, ils ont réussi à réconcilier tout le monde : des rockers aux fanatiques de sonorités d'avant-garde en passant par les néo hippies en sandales, nonobstant le froid carnassier qui figeait encore Bruxelles. 

Cette faune se presse donc dans un Beurs rénové pour le meilleur et pour le pire, afin de vivre deux heures d'un set efficace et sans accroche. Les 3 likembes sont toujours amplifiés par deux haut-parleurs de gare, et les percussions diverses et bricolées dynamisent ce magma hypnotique dans une ambiance de carnaval de Rio, projeté en l'an 2085. D'une nonchalance sans faille, les musiciens s'échangent les instruments entre et pendant les morceaux, adressent des clins d'œil aux premiers rangs et rigolent avec des connaissances, tandis que le chanteur/ambianceur incite la foule à danser. Cette dernière coopère facilement et la salle se transforme progressivement en piste de danse. D'autres préfèrent agiter la tête à l'audition d'une musique qui malgré la réécoute reste toujours aussi mystérieuse. Au bout d'une heure et demie, les moins résistants se rabattent vers le bar, saoulés par l'énergie de la troupe, qui pourrait encore jouer des heures sans sourciller ou montrer des signes de fatigue. Un rappel est concédé sans peine. Chaque membre refait son entrée sur un pas de danse. Un riff de basse est lancé. Les percussions s'ajoutent une à une et tout le monde est reparti pour une bonne demi-heure de fête. Futé, le chanteur termine le spectacle par une bonne session d'auto promotion en brandissant le disque sorti l'an passé pour le compte du label belge Crammed. Opération réussie, retour au bercail.

C'est dans une ABBox clairsemée que la Brésilienne Cibelle est venue présenter son deuxième album. Intitulé « The Shine Of Dried Electric Leaves », il devrait bientôt atterrir dans les bacs des disquaires. Le single « London London », auquel a participé Devendra Banhart, commence à se frayer un chemin dans les playlists des radios nationales. Il est chargé de faire connaître un peu plus du grand public une chanteuse qui n'a jusqu'ici touché que les amateurs de nouvelle pop brésilienne.

Trois musiciens accompagnent la donzelle habillée de noir pour l'occasion : un batteur et deux guitaristes. L'un d'eux n'est autre que Mike Lindsay, préposé aussi à l'électronique et coauteur (avec Cibelle) de la majeure partie des titres du nouvel album. Certains d'entre vous en ont peut-être déjà eu un avant goût à l'écoute du quatre-titres « About A Girl », paru il y a quelques mois. Le concert débute par ce mélange d'avant-garde électronique et de bossa nova propre à la chanteuse, qui pour ce soir semble avoir du mal à entrer dans son concert. La faute peut-être à une salle un peu trop grande pour sa musique intimiste ou alors à l'éclairagiste de l'AB qui devait s'être endormi sur sa table pour ne laisser qu'une bien triste lumière blanche éclairer une bonne partie du concert, avant que Cibelle le prie gentiment de varier ses effets. La chanteuse lance des boucles vocales dans un de ses micros et se sert de ce tapis pour poser sa voix sur des chansons vaporeuses qui se disloquent aussi soudainement qu'elles sont apparues, renforçant l'atmosphère rêveuse déjà présente sur les disques. Les musiciens ne semblent pas être tout à fait à l'aise lorsqu'ils jouent sur les bandes pré programmées de Mike Lindsay. C'est quand l'électronique passe à l'arrière plan que la magie opère. La musique se simplifie alors dans des structures plus pop qui permettent à la magnifique voix de Cibelle de s'imposer, moments malheureusement un peu trop rares dans ce concert en demi-teintes…

Après un rappel expédié en vitesse, Cibelle laisse la place au groupe du percussionniste cubain Miguel 'Anga' Diaz. L'homme possède un solide cv : Irakere, Afro Cuban All Stars, et d'innombrables collaborations. Il vient défendre son album « Echu Mingua », paru en 2005 chez World Circuit. Une œuvre hybride où l'homme touche au funk et le marie aux éléments latins. Plus chaleureux et visiblement contents d'être là, les musiciens livrent une première partie de concert irréprochable. Dee Nasty, dj symbole du hip-hop français, est aux platines et balance des scratches inspirés tout au long du concert. Il en va de même pour les autres musiciens (chant, contrebasse, trompette, instruments traditionnels africains et congas joués par Baba Sissoko) qui se lanceront pendant une heure dans des joutes musicales jamais gratuites et pratiqueront du latin jazz de  tout premier ordre. Seulement voilà les personnes présentes sont quand même là pour danser et le groupe finira par se sacrifier à jouer des titres un peu plus accessibles ; loin d'être indignes, mais quand même beaucoup plus convenus.

 

jeudi, 08 novembre 2018 11:38

God Bless The Flaming Lips

Concertzaal du Vooruit, un dimanche soir. La soirée affiche 'complet'. Quelques promo boys tendent aux arrivants des singles gratuits de « Roscoe ». Le groupe Midlake, auteur de ce titre et d'un nouvel album intitulé « The Trials Of Van Occupanther », va bientôt entrer en scène. Leurs vidéos à l'esprit bricoleur et mélancolique sont prêtes à tourner et le groupe fait son entrée sur scène.

Pas facile d'ouvrir pour les Flaming Lips, mais ils s'en sortent bien. La scène est plongée dans l'obscurité. Les 5 membres du groupe sont quasi invisibles devant l'écran vidéo qui conte des histoires d'amours contrariées. Beaucoup de claviers aux sons aériens, un batteur simple mais efficace pour illustrer de longues plages pop psychédéliques plutôt belles, clairement influencées par les maîtres d'Oklahoma City, à qui Midlake dédiera un titre tandis que Wayne Coyne apprécie l'hommage en bord de scène. Le son en salle manque un peu de précision. Après une heure placée sous le calme et la contemplation, Midlake remercie le public pour son accueil chaleureux et quitte la scène. Bonne prestation, mais dommage que le groupe n'ait pas un peu plus de présence scénique.

La voie est libre pour les Flaming Lips. Ils arrivent pour placer leur complexe équipement musical et para-musical qui va transformer la soirée en dessin animé Walt Disney sous acides. Wayne Coyne, fringué classe dans costume beige, s'amuse à tester la caméra placée sur son micro, une caméra qui crée des images étranges sur l'écran derrière la scène. Il a l'air plutôt content d'être présent et adresse de grands signes au public.

Le concert s'ouvre par un instrumental. Wayne Coyne opère son entrée avec ses mains géantes tandis que l'écran vomit des images psychédéliques et multicolores qui nous rappellent que « Our life is a short blimp in an infinity of time and space ». Les ballons et les confettis envahissent le Vooruit et on a tous l'impression de retomber en enfance, le sourire aux lèvres. Les magnifiques cordes de « Race for the Prize » suivent, tandis que Wayne Coyne fait virevolter une lampe au-dessus de sa tête entre deux couplets.

Et entre les morceaux, il présente le groupe d'aliens et de santa claus postés aux deux côtés de la scène. Ils se livreront une bataille cosmique sur l'instrumental « Yoshimi ». Alors que Superwoman prend des photos, les classiques du groupe se succèdent, magnifiés par la scène et joués avec une énergie incroyable par un groupe qui existe depuis 1983 ( !). Quelques titres du tout neuf « At War With The Mystics » sont également interprétés aussi, mais « The Soft Bulletin » et « Yoshimi… » se taillent la part du lion. Quel que soit le morceau, la magie est omniprésente. Wayne Coyne demande au public de chanter son « She don't Use Jelly », joue avec ses marionnettes et invite les couples à faire leurs demandes de mariage : « Tom wil je met mij trouwen ? ». Il fait exploser des ballons gigantesques au milieu d'un jeu de lumière qui transforme la scène en enfer blanc stroboscopique. Le public participe à la fête et manifeste son approbation. Après quelques rappels et une reprise de Black Sabbath où Wayne Coyne tient à faire savoir au combien il pense que George Bush est un imbécile, le rideau tombe. Une heure et demie de pur plaisir qu'on n'oubliera pas de sitôt.

lundi, 07 mai 2007 05:00

Révérence

Après « Chambre avec vue », énorme succès concocté en compagnie de Keren Ann et Benjamin Biolay, l’attachant Henri Salvador revient avec ce « Révérence » tout aussi décontracté. Un opus enregistré entre le Brésil, les USA et la France. Bardé d’invités de marque (le percussionniste de Miles Davis, Mino Cinelu, au mixage, Gilberto Gil et Caetano Veloso pour des duos), l’atmosphère indolente de « Révérence » oscille en ballades jazzyfiantes et ambiances sud-américaines. Si l’instrumentation fait la part belle à l’acoustique, la production a mis les petits plats dans les grands : un grand-orchestre accompagne la petite formation jazz (guitare, piano, contrebasse, batterie) qui constitue l’ossature des chansons. Excepté l’énergique « L’amour se trouve au coin de la rue », couverts d’accents jazz chicagolais, le tempo général est très lent et renforce l’atmosphère mélancolique du disque dont l’apogée est atteinte sur le beau « Tu sais je vais t’aimer ». Moins crucial que son illustre prédécesseur, « Révérence » manque peut-être de chansons marquantes pour susciter une adhésion sans faille ; mais parvient malgré tout à faire passer un agréable moment en compagnie d’un artiste qui mérite le plus grand respect.

 



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