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Concerts

Anders Trentemøller

L’art de se fondre naturellement dans un ensemble…

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A l’instar de son homologue James Lavelle et pléthore d’artistes contemporains, Anders Trentemøller n’est toujours pas parvenu à choisir entre veine Electro ou Rock. Il préfère brasser et piller allègrement divers genres, mélanger savamment différentes sonorités et s’accaparer le génie d’autrui pour nourrir son propre talent.
En résulte des albums audacieux et captivants qui ont révélé le bonhomme à la face du monde et ont propulsé le timide lascar au-devant de la scène.
Lieu de tous les dangers, alors, quand il est question de retranscrire, réadapter et réinterpréter en ‘live’, des morceaux préalablement conçus dans une seule et même caboche, assistée par des machines asservies à sa vision.
Reste alors à définir la configuration de ses shows, entre confort rassurant de programmations, et samples lui permettant de s’abriter derrière une façade austère ou prise de risque en groupe, hautement plus audacieuse.
Ayant privilégié la deuxième option, bien plus excitante il est vrai, il débarquait à Bruxelles ce vendredi, veille de long week-end, se proposant de nous faire vibrer à l’unisson.

Si les impératifs et les contraintes de la semaine avaient eu raison de mon début de soirée, il est heureux que je sois arrivé pile poil à l’heure pour le début du concert de Trentemøller. J’ai donc loupé la première partie.

De la prestation accordée par Den Sorte Skole, responsable d’un savant et étonnant mélange de cultures, il faudra que je me contente du téléchargement gratuit proposé sur leur site (http://densorteskole.net), avant d’éventuellement retrouver ces résidents de Copenhague à l’occasion de l’un ou l’autre festival.

Quand Anders débarque sur les planches accompagné de ses musiciens, derrière un épais rideau de fumée, il est bien difficile de le repérer tant l’homme s’efface derrière son collectif.

Si Trentemøller est la musique d’un seul homme, rehaussée de pertinentes collaborations vocales en studio, sur les planches, elle prend forme au travers d’un groupe tout acquis à la cause de son maître.

Et l’on en vient à oublier l’existence de celui-ci.

Car hormis quelques timides avancées en bord d’estrade, on ne peut vraiment pas dire que notre ami Anders tire la couverture à lui.

A l’abri des regards, derrière ses claviers et machines, il laisse le soin aux autres musiciens d’assurer le spectacle.

Au point que sa présence en devient anecdotique.

Reste que le show est rondement mené par ses hommes… et ses deux représentantes de la gente féminine, qui loin de n’apporter qu’une touche bienvenue de sensualité, sont l’équilibre parfait dans une composition scénique balancée entre une section rythmique précise et la quasi-invisibilité de leur leader.

Principalement assurées par l’une de celles-ci, les voix à l’origine campées par diverses personnalités, prennent vie dans une seule cage thoracique.

Une voix qui se fond parfaitement dans l’ensemble et qui, si elle n’imite pas les artistes impliqués sur disque, donne corps et âme à ce concert.

Entre Electro et Rock, le set propose une relecture des morceaux sans chambouler quoi que ce soit à l’univers de Trentemøller.

Ainsi, s’il prend certains risques en studio, Anders propose en live ce que le public est venu chercher.

Ce qui confère au show un côté un peu trop propret ; et pour cause, l’essentiel est assuré de manière largement conventionnelle.

Mais sans excès non plus.

On a donc droit à un light show modeste mais respectueux de l’esthétique, grâce à de très beaux luminaires qui auraient belle allure au plafond de n’importe quel salon, mais à cinq mètres de hauteur.

Une chorégraphie robotique simple mais suffisamment distrayante que pour conquérir le public.

Et bien sûr, quelques montées d’adrénaline bien senties à des moments clé, au détour de ses morceaux phares.

Les premières notes de « Lullaby » de cure amorcent la fin du concert.

Enfin, bien entendu, le groupe revient sur le podium, pour accorder un rappel pressenti, un ‘encore’ qui s’achève sous une avalanche de bulles de savon tandis que nos musicos déboulent sur une vague Surf destinée à réveiller quelque peu l’apathie de l’auditoire (« Silver Surfer, Ghost Rider Go!!! »)

Un concert réussi, professionnel et parfaitement maîtrisé, mais sans surprise…

(Organisation : Live Nation)

 

Gaëtan Roussel

En toute simplicité

Écrit par

Gaëtan Roussel se produisait ce vendredi, à Liège, pour défendre son nouvel album, "Orpailleur", sorti fin septembre. 3 à 400 spectateurs attendaient l'ex-chanteur de Louise Attaque et Tarmac. Un public un peu timide, en majorité du même âge que l'artiste, qui ne semblait pas encore avoir tout à fait digéré le nouvel elpee. Il est vrai que Roussel n'est pas un grand entertainer, ses interventions entre les chansons se limitant à de pudiques ‘comment çà va?’. Les applaudissements les plus nourris sont donc arrivés en fin de parcours, lorsque Roussel a proposé des versions longues des tubes de "Ginger". Mention spéciale au décor plutôt poétique, le groupe jouant devant un mur de sphères de toutes tailles et derrière une sorte de moustiquaire géante sur laquelle étaient projetés, de temps en temps, des faisceaux lumineux.

Gaëtan Roussel entame son set par le single "Eoliennes", sans doute le titre le plus proche de "Help Myself". Deux percussionnistes entourent deux choristes, un guitariste, un bassiste et un claviériste. Ces rythmiques mises en avant tranchent avec la boîte à rythmes généralement utilisée sur l'album et confèrent fatalement une autre dimension aux morceaux.

Le groupe enchaîne les plages d'"Orpailleur". Le morceau éponyme puis "La Poésie", sorte de trip-pop sur lequel une femme de lumière projetée sur la moustiquaire danse nonchalamment. C'est au tour de la pochette de tournoyer sur le mur transparent lorsqu’une version plutôt rock de "Cha Cha Cha" est interprétée. "Matrice" reste dans les mêmes contrées électrisées. La première incursion dans "Ginger" nous viendra de "Clap Hands", tout en percussion. L’auditoire semble enfin se lâcher un peu et se met même à se déhancher légèrement sur le reggae lent de "Par dessus tes épaules".

Le concert prend alors un autre dimension sur une convaincante version electro pop du titre de Bashung et Gainsbourg "J'envisage". Assurément un des grands moments du show et un bel hommage de Roussel à son ami. Toujours sur un tempo élevé, la formation se lance dans un "Inside / Outside" rebondissant avant de proposer une version de dix minutes de "Help Myself" que n'aurait pas renié Pigbag. Les deux batteurs s'en donnent à cœur joie et la foule se dandine béatement sur ces longues montées instrumentales.

"La barbarie" nous ramène au calme, le meilleur texte d'"Orpailleur" (le seul qui n'est pas de lui diront les mauvaises langues) avant de se fendre, lors du rappel, d'une reprise du "Road to Nowhere" de Talking Heads qui se marie plutôt bien au timbre de sa voix.

J'assiste rarement à des concerts d'artistes français. Je ne suis pas fan à la base de Gaëtan Roussel et je ne le suis pas devenu à l’issue de ce spectacle, mais il était plutôt plaisant. L'artiste français dégage une modestie agréable. Il reste un honnête artisan dispensant des mélodies efficaces et des textes accrocheurs. C'est sans doute la raison pour laquelle son public lui est fidèle depuis tant d'années. Tout simplement.

Organisation : Les Ardentes

 

Gaëtan Roussel

Drôle d’idée, cet intermède électro…

Écrit par

Jeudi dernier, le Botanique affichait complet. A la Rotonde, Gold Panda, prodige anglais de l’électro avait réussi à faire salle comble, tandis qu’à l’Orangerie, Gaëtan Roussel y parvenait presque. Autant dire que le bar a dû bien tourner tout au long de la soirée. Quoi qu’il en soit, votre serviteur s’était déplacé au Botanique pour assister au concert de l’ex-leader de Louise Attaque et de Tarmac. Originaire de Rodez (NDR : c’est dans l’Aveyron) le Français était venu présenter son dernier album sorti en septembre, « Orpailleur ».

En pénétrant dans la salle, vers 20h15, j’éprouve de grandes difficultés à me frayer un passage au sein de la foule. Et la température qui règne au sein de l’Orangerie est déjà particulièrement élevée. Le supporting act a déjà entamé son set. Il est assuré par Christine and The Queens. Sur les planches, une jeune dame est entourée de deux danseurs. Pas de trace d’instruments, cependant. Héloïse de Nantes interprète ses textes sur une bande son, un peu comme lors d’un karaoké… Son électro-pop est d’une insipidité consternante. Aussi, quand ces danseurs vident les lieux –en fait après le premier morceau– on a intérêt à circuler, car il n’y a strictement plus rien à voir. Elle avoue ne pas être l’aise sur l’estrade. Mais on a du mal à croire ce qu’elle nous raconte, surtout quand on sait qu’elle a suivi une formation d’art dramatique. A mon humble avis, j’ai l’impression qu’elle n’est pas capable de défendre son album ; il n’y a d’ailleurs rien à défendre…   

Après une courte pause, Gaëtan Roussel monte sur le podium. Si, pour l’écriture, le Français travaille en solitaire, en concert, c’est loin d’être le cas. En ‘live’, il est généralement flanqué d’un backing group. Pour la circonstance, il est soutenu par deux choristes, deux batteurs, un bassiste, un guitariste. Rapidement, et pour le plus grand bonheur du public, il attaque les plages les plus notoires de son répertoire, dont les excellents « La simplicité » et « Eolienne ». Rien qu’à travers ces deux chansons, on prend conscience du talent de ce compositeur. De son professionnalisme aussi ! Et pour cause, le son est vraiment impeccable. Enfin, Gaëtan semble totalement épanoui. Arborant le sourire aux lèvres, il communique avec son public…

Soudain, un rideau de tulle s’élève. Le groupe interprète alors plusieurs morceaux tandis que des animations liées à l’artwork de la pochette sont projetées sur cette toile. Pas de doute, visuellement, ça en jette. Malheureusement, si le côté ‘électro-folk’ du Français me botte, sa  face ‘électro-dance’ me gonfle. A l’instar de son dernier single, « Orpailleur », qui évoque un certain Plastic Bertrand ! Mais c’est lorsque le groupe s’est lancé dans une espèce de techno rudimentaire que je me suis le plus consterné. Un intermède qui a duré un bon quart d’heure et au cours duquel il a fallu se farcir un bombardement de grosses basses et une atomisation des lignes de claviers. Or, Gaëtan Roussel n’est pas Gold Panda ! C’était comme si on s’était replongé en pleine Rave Party au beau milieu des 80’s. Heureusement le groupe est finalement parvenu à retomber sur ses pattes en enchaînant par « Help myself (nous ne faisons que passer) ». Au bout d’une heure et demie de prestation, au cours de laquelle il nous a quand même réservé une reprise de Gainsbourg et une autre de Talking Heads, la troupe vide les lieux…

En sortant du Bota, la foule semblait satisfaite du concert. Malgré cet exercice de style électro aussi expérimental qu’inutile. Une chose est sûr Gaëtan Roussel s’est livré corps et âme ce soir ; et en plus, avec le sourire. Mais personnellement, je le préfère armé d’une guitare acoustique que derrière des machines. Chacun son truc…

(Organisation : Botanique)

 

Gold Panda

Travelling Without Moving

Écrit par

Après une flopée d’Eps, un DJ-Kicks et un premier LP publiés entre 2009 et 2012, Gold Panda balançait début 2013 le formidable « Trust EP » suivi de six mois plus tard de « Half Of Where You Live », une nouvelle galette IDM, tout en subtilité. Le taciturne Londonien se produisait à guichets fermés ce 7 novembre à la Rotonde du Botanique.

Fini le costume de Panda arboré par le mec-dont-personne-ne-connait-le-vrai-nom, à ses débuts. C’est en toute sobriété que Gold Panda se faufile derrière ses platines devant une Rotonde pleine à craquer. Et le voyage IDM peut commencer. « We Work Nights » se paie l’entame d’un set quasi sans faille. En un peu plus d’une heure, le musicien nous traîne aux quatre coins du monde (« Brazil », « My Father in Hong Kong 1961 », « An English House », « Same Dream China »…) à travers sa console analogique. Malgré la discrétion du gars, le public est plutôt réceptif et se balance sur des « Vanilla Minus » et autres « Junk City II » autrement plus remuants qu’en version studio.

Le point d’orgue de la soirée nous viendra finalement de « You », le fameux beat récupéré par les dents longues de Charli XCX. Après une interprétation XXL de son tube, le british panda balance d’un air affligé son MacBook, branché sur sa console à peine deux minutes plus tôt et manifestement en plein bug. Un petit souci technique qui serait passé inaperçu sans l’amusante réaction du bonhomme. Au final, Gold Panda a déployé un set standard mais tout à fait captivant, parfait pour oublier les petits problèmes du quotidien l’espace d’une petite heure et des poussières…   

(Organisation : Botanique)

 

Austra

La Déesse de la Lumière plongée dans le 'dark'…

Dans la mythologie lettone, Austra est le nom de la Déesse de la Lumière. Originaire de la rive orientale de la mer Baltique, Katie Stelmanis, la chanteuse qui dirige la formation canadienne, mélange à la perfection cette lumière nordique et l'obscurité, le côté sombre des émotions et des atmosphères. Après avoir récolté un véritable triomphe au Vk*, en juin 2012, et accordé une prestation intimiste à Gand, au cours du même mois, mais un an plus tard, Austra revient ce soir dans une salle, comble, celle de l'Orangerie du Botanique, pour défendre son nouvel opus, "Olympia".

La scène est plongée dans une lumière bleutée. Des parasols blancs sont disposés à différents endroits du podium : éclairés de l'intérieur, ils constitueront l'élément de light show le plus notable, à côté de l'image de montagnes reproduisant celle de la pochette d'"Olympia », projetée à l'arrière-plan.

Sur les accords de "What We Done?", les musiciens entament donc le set. Ils sont tous habillés de blanc, sauf Maya Postepski, vêtue d’une blouse dorée. A côté de Katie Stelmanis, on reconnaît le bassiste et membre permanent Dorian Wolf ainsi que le claviériste Ryan Wonsiak. Grande surprise, les jumelles Sari et Romy Lightman qui assurent, en général, le rôle de danseuses et chanteuses 'backing vocals', sont absentes. Stelmanis avait prévenu qu'elles ne participeraient pas à toute la tournée, vu leur implication au sein de leur projet indie-folk Tasseomancy. Malheureusement, cette défection va se faire cruellement sentir tout au long de la prestation. Leur look très particulier de gitanes en costumes folk alternatifs et surtout leur présence scénique constituait, en effet, un atout incontestable lors du spectacle octroyé au Vk*. Un nouveau musicien figure par contre au sein du line up : un tromboniste ; sans doute Ewan Kay, qui a participé aux sessions d’enregistrement d’"Olympia".

La setlist est consacrée, à parts égales, aux deux long playings du combo. "Painful Like" et "Forgive Me", deux singles issus d'"Olympia", apportent une jolie impulsion de départ et Stelmanis est resplendissante dans sa robe blanche en satin. Elle glisse spontanément du micro, placé à l'avant de la scène, à son clavier Nord Stage, en virevoltant comme une petite fille. Elle l'a souligné dans une interview, les concerts de ce nouveau périple incluent beaucoup plus de parties interprétées en live, la programmation en Ableton leur permettant de modifier avec une plus grande flexibilité les séquences et les interventions des différents musiciens.

D'une façon générale, le son est bien équilibré et la batterie est assez discrète dans le mix, laissant une large place à la voix de Stalmanis. Celles des soeurs Lightman sont prises en charge par Maya Postepski, soutenue circonstanciellement par les backing tracks. Après "The Choke", un autre extrait du premier elpee déclenche les premières réactions d'enthousiasme au sein du public : "The Villain". Encouragée, Stelmanis vient s'agenouiller au-devant de l’estrade. Très concentrée sur son chant, elle accompagne chaque phrasé par des gestes des bras et des mains ; une technique qu'elle doit à sa formation. Rappelons que dans son jeune âge, elle a suivi des cours de piano classique et appartenait au Chœur d'Enfants de l'Opéra canadien. Malheureusement, au fur et à mesure que le concert évolue, on constate des problèmes de justesse, surtout sur "Lose It". Mais je me suis laissé dire qu'elle était malade, ce qui excuse tout à fait ces petites imperfections. De plus, elle a précisé en interview que sa voix est aujourd'hui légèrement plus grave qu'auparavant : elle devrait peut-être chanter "Lose It" un ou deux tons plus bas?

La belle ballade "Home", très bien accueillie par le public, ouvre le volet central, plus calme, de la prestation. Pour ceux qui ne la connaissent pas, la musique d'Austra est d'une intensité rare, croisement entre le lyrisme noir et mélancolique de Stelmanis et les rythmes tour à tour electro-dance, trance ou expérimentaux. Pour la voix, on pense à Kate Bush, Björk et Natasha Khan de Bat For Lashes, mais aussi aux chanteuses 'dark' comme Zola Jesus, elle aussi américaine originaire d'Europe de l'Est, Chelsea Wolfe ou Florence Welsh. Les arrangements évoquent tour à tour à New Order, Glasser, Anne Clark, Radiohead ou The Knife.

Les deux dernières compositions du set permettent au groupe de faire remonter la pression: "Lose It" déclenche des cris dans le public, surtout au moment où Stelmanis effectue la vocalise lyrique qui a rendu ce titre reconnaissable entre mille. Enfin retentissent les premiers sons électro de "The Beat And The Pulse" et par déduction, on imagine que la fin de parcours sera chaude... En effet, les fans sont en extase, les mains en l'air, pendant ce hit électro –en version longue– qui a cartonné sur les dance floors alternatifs du monde entier. Regardez la vidéo de ce moment unique ici 

Lors du rappel, Austra ne nous réservera pas "Annie (Oh Muse, You)" comme indiqué sur la setlist, mais bien l'excellent "Spellwork", suivi du lancinant "Hurt Me Now".

En quittant l'Orangerie, un sentiment mitigé nous envahit. Car la prestation a été, dans l'ensemble, moins puissante, moins irrésistible que celle accordée au Vk*, notamment à cause de l'absence des soeurs Lightman et surtout, de la nature, moins electro, de beaucoup de nouveaux morceaux. Austra n'en reste pas moins une formation exceptionnelle, offrant une musique d'une beauté désarmante, en tous points magique.

(Voir notre section photos ici)

La première partie était assurée par Crime, un duo berlinois composé de Mika Risiko (Sissters) et Sarah Adorable (Scream Club). Leur synth-pop expérimentale s’appuie sur leur Ep "Epiphany". Sur les planches, la carrure transgenre de Risiko impressionne. Sa voix, sorte de croisement entre Alison Moyet et Brian Molko, est étrange. Adorable est plus discrète. Tant aux claviers qu’au chant. Mais révèle, lorsqu’elle en a l’occasion, un joli timbre. Une prestation décalée, résolument originale, qui a autant intéressé les uns que franchement déçu les autres… (Et pour les photos, c'est )

Organisation: Botanique

 

Föllakzoid

Space Chili

Écrit par

Ce concert, on en parlait depuis des semaines dans la petite communauté d'amateurs de musique cosmique liégeois. Chacun y allait de son petit commentaire sur les réseaux sociaux pour tenter de convaincre. ‘Ne ratez pas ces Chiliens, l'album est formidable’. ‘Des Chiliens?...’ ‘Oui des Chiliens qui pratiquent le kraut-rock comme Can et en plus, ils sont sur Sacred Bones, un des meilleurs labels du monde’. Le lobbying semble avoir fonctionné. La salle (on devrait plutôt parler de pièce puisque il s'agit d'un living aménagé) est copieusement garnie pour accueillir Föllakzoid et sa première partie, les Gaumais d’Umungus.

Le trio Umungus constitue le parfait supporting-act. Il a récemment assuré la première partie des vétérans d’Acid Mother Temple, au Magasin 4, une formation légendaire du psychédélisme. Il nous plonge directement dans des atmosphères qui fleurent bon le psyché rock des années 70. Oscillant entre passages lents aux relents jazz-rock et chevauchées électriques, on est bluffé par la maîtrise technique. Plus Gong que Can, il offre en tout cas un solide set jamais indigeste. Le guitariste s'en donne à coeur joie et n'est pas avare en petits effets psyché de tous genres indispensables à ce style, mais suffisamment maîtrisés pour ne pas devenir superfétatoires. On apprécie également le travail du batteur sur les cymbales. Pas de réelles longueurs lors de ce set qui augure un bel avenir aux Luxembourgeois. Allez faire un petit tour sur leur page Bandcamp, vous ne serez pas déçus si ce type de musique recueille vos faveurs.

Quatre Chiliens chevelus à la mine un peu fatiguée s'installent alors sur scène. Follakzoïd a certainement publié un des albums kraut/space rock de l'année ("II") et se produit donc à Liège, au milieu d'une longue tournée européenne comptant une soixantaine de dates. Ils figurent également à l’affiche du Yellowstock Winterfest qui se déroulera le 30 novembre à Geel en compagnie, entre autres, de Dead Skeletons et Naam. Remarqués par ces grands talent scouts de Sacred Bones en 2009, suite à leur prometteur premier long playing, le combo a tout de suite trouvé sa place parmi leurs éminents collègues de label (Moon Duo et Psychic Ills notamment pour citer les plus proches musicalement, sans oublier leurs compatriotes d'Holydrug Couple).                                  

Le set démarre en douceur. Quelques minutes atmosphériques avant de se lancer dans les compositions les plus clairement kraut-rock du quatuor de Santiago ("Trees", "99"). Le fantôme de Can hante ces morceaux aux rythmiques et à la basse métronomiques. La voix spectrale, style Moon Duo, du chanteur/guitariste se pose sur cette autobahn musicale. On est à Cologne. En 72 ! Quelques notes de guitares, fatalement pleines d'écho, peuvent également évoquer Spacemen 3. Kraut-rock, space-rock, cosmic music, peu importe finalement. La musique plane sec et devient même presque dansante à l'apogée de ces très longues et évolutives plages.

Puis, curieusement, le groupe replonge dans des climats plus méditatifs et hypnotiques. Le public est moins attentif. Logique, c'est presque ennuyeux.

Certainement délectable au coin du feu mais pas franchement folichon à ce moment. Un dernier morceau mid-tempo ne parvient à nous replonger complètement dans la transe. Fin. Il n'y a pas de rappel. Les guitares sont déjà dans les housses. On regrettera donc un peu cette trame où le paroxysme est venu un peu tôt et où la fin était sans doute un rien mièvre ; mais on ne parlera pas pour autant de concert moyen. La plupart des gens présents ont apprécié et iront, si ce n'est déjà fait, jeter une oreille sur l'album. On aurait juste aimé que les parties plus débridées et expérimentales s'étirent un peu plus. En ce sens, le dernier morceau a offert un final explosif mais extrêmement court au regard de sa durée. En fait, on aurait apprécié que la formation propose un peu plus qu'une simple copie de "II", opus formidable mais finalement assez domestique. Vu leurs têtes à la fin du concert, il n'en avait peut-être tout simplement pas l'énergie. A revoir dans un cadre moins feutré, peut-être.

(Organisation : Jungle)

 

Josh Ritter

Josh le bienheureux…

Écrit par

Déjà responsable de 5 albums à ce jour, Josh Ritter, petit gamin de Moscow dans le très Midwest Idaho, a bien grandi et évidemment pris de la bouteille… C’est donc une salle copieusement garnie qui accueille ce chantre de l’Americana, le mardi 5 novembre, à l’Orangerie du Botanique. Peu médiatisée dans nos contrées, cette plume inspirée est pourtant, depuis quelques années, l’auteur d’une multitude de morceaux folk-rock racés de haute tenue, des compos qui récoltent un certain succès bien mérité dans son pays d’origine mais aussi en Irlande (où il était le protégé de Glen Hansard) et en Ecosse !

C’est sous une formule trio, accompagné de ses musiciens Zack Hickman et Austin Nevins, que Josh Ritter entame son show. Il affiche un large sourire qui ne le quittera pas de la soirée. Son groupe, modestement baptisé ‘The Royal City Band’, est impressionnant de justesse. Faut dire que dès les premières notes, on se rend compte que la sonorisation est absolument parfaite. Une entrée en matière idéale donc ! Zack Hickman affiche un look vintage. Ou old school, si vous préférez. A cause de sa moustache, mais également de son costard. Ses interventions à la contrebasse parviennent irrésistiblement à faire swinguer les compos, pendant qu’Austin Nevins, véritable virtuose, jongle aisément entre mandoline, banjo et guitare acoustique ou électrique. Josh communique énormément avec son public. Il avoue être lassé des concerts noyés dans l’électricité et se tourne volontiers vers les versions épurées de ses quelques hits folks, tels que « Snow is Gone », « Wings » ou « Me & Jiggs ». Un retour à la simplicité qui le pousse même à interpréter plusieurs morceaux ‘a capella’, juste devant la foule. L’artiste laisse transparaître toute sa bonne humeur à travers ses ballades americana **** étoiles. Rarement le public aura rencontré une brochette de musiciens si humblement heureuse de se produire au Botanique. Une bonne humeur tellement communicative qu’aucun spectateur ne verra passer l’heure quarante de prestation partagée entre émotion et joie de vivre !

Pour clôturer la soirée, un rapide rappel débute par un étrange morceau solo signé par le contrebassiste Zack Hickman, nous racontant l’histoire d’une pieuvre au don mimétique pourtant plongée dans la solitude (…) et se termine par une nouvelle version ‘a capella’ de « Kathleen », compo au cours duquel il est accompagné de ses musiciens et de Tift Merritt, la chanteuse de country américaine qui avait ouvert pour lui en première partie. Un ‘feel good’ concert de haute tenue !

(Organisation Botanique)

 

Suede

Epique…

Écrit par

Suede, vieille gloire britpop est de retour, ce vendredi 1er novembre, à l’Ancienne Belgique. Le groupe, qui avait été gratifié d’un prestigieux ‘Meilleur groupe anglais’ par feu le Melody Maker, en 1991, alors qu’il n’avait gravé qu’un single, s’était séparé de son guitariste, Bernard Butler en 1994, après la sortie de « Dog Man Star », somptueux album, considéré comme un classique des nineties. Richard Oakes avait ensuite rejoint le line up. Suede a cependant splitté en 2003, le temps de laisser à leur charismatique leader, Brett Anderson, de commettre 4 albums solo et de partir en tournée, dans la foulée. La formation décide néanmoins de se reformer en 2010, uniquement pour se produire sur les planches. C’est au départ, ce qui est prévu. Elle participe aux festivals et visite les salles entre 2011 et 2012 ; et finalement entre en studio. Alors que les Pixies et Blur peinent à concevoir un single, Suede 2.0 publie « Bloodsports » début 2013, un elpee particulièrement bien reçu par la critique, un disque digne des premiers long playings.

L’AB est pleine à craquer, ce soir de Toussaint. Le concert affiche sold-out depuis quelques mois. Le combo envisage d’immortaliser ce set sur un disque ‘live’, ce qui nous autorise à penser que la prestation sera épique… Et elle le sera…

Le show s’ouvre par « Europe is our Playground », une compo qui baigne dans une douceur presque sensuelle. « Barriers » opère le lien entre l’ancien et le nouveau répertoire. Une manière de bien équilibrer le tracklisting. Qui aligne ensuite des titres du dernier long playing. Des morceaux aux rythmes plus marqués. Le public est extatique. Brett danse de façon frénétique. « Snowblind » constitue le premier moment de grâce de la soirée ; et les ‘hoo hoo hoo’ résonnent majestueusement dans la salle. Quand retentit « It starts and ends with you », notre cœur se met à battre plus vite, et l’auditoire communique son enchantement en sautillant sur le parquet. « Filmstar », « Trash », « Animal Nitrate » s’enchaînent sur un rythme endiablé. Brett Anderson n’hésite pas à prendre l’un ou l’autre bain de foule. Le climat devient incandescent. On sent venir la petite mort, lorsque les paroles de ‘We all watch them burn’, tirées de « We are the pigs », se transforment en litanie hypnotique. « He is gone » rend hommage au père de Brett, décédé en 1989. Un moment de recueillement judicieux en ce 1er novembre. « Still Life » nous réservera le deuxième moment de grâce. Et Suede de clore les débats par une trilogie de morceaux incontournables, dont « So Young » et « Metal Mickey », qui figurent sur le premier opus (NDR : éponyme !) et « Beautiful Ones », extrait de « Coming up ». La foule entre alors en plein délire, jouissant pleinement du moment présent. Suede ne concèdera cependant qu’un seul rappel ; en l’occurrence « Hit Me », deuxième single issu du dernier LP.

J’ai rarement vu un public entrer dans une telle transe, à l’AB. En général, il reste statique ; mais pour la circonstance, il bondissait en cadence, fustigé par un Brett Anderson plus entertainer que jamais, un Brett se livrant même carrément à son auditoire, en allant plusieurs fois à sa rencontre, tout en continuant à chanter. On sent qu’il aime ce qu’il fait, qu’il aime être là. Une vraie belle soirée et assurément un des concerts à épingler pour cette année 2013…

(Organisation Live Nation)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

 

MS MR

La petite soeur de Florence...

Florence Welsh (Florence + The Machine) compte désormais une petite sœur ! Lizzy Plapinger et Max Hershenow forment le duo MS MR (prononcez ‘Miss Mister’). Elle et la célèbre Florence possèdent une voix aussi puissante et profonde, qu’elles magnifient au sein d’un univers à la fois sombre et lumineux... La musique de MS MR affiche cet aspect typiquement 'dark' et solennel, mais lorgne aussi du côté du trip-hop voire même de la pop commerciale. Originaire de New-York, MS MR compte à son actif un Ep mais il est surtout responsable d’un premier elpee, "Secondhand Rapture", dont la sortie a fait grand bruit, en mai 2013.

Près d'un an après s’être produite dans le Witloof Bar, la formation revient au Botanique, mais pour la circonstance, dans la grande salle, et à guichets fermés s'il vous plaît. ‘Last year we played in the basement, and this year, we're playing in the main hall: it's an upgrade for us!’ précise Lizzy Plapinger en début de set. Cette date est la première de leur tournée européenne. Elle fait suite à une série de concerts accordés en Amérique du Nord.

Ce sont évidemment les chansons de "Secondhand Rapture" qui constituent la majorité de la setlist, une setlist enrichie de deux reprises, soit un morceau des Arctic Monkeys ("Do I Wanna Know") et une compo de LCD Soundsystem ("Dance Yrself Clean"). D'emblée, nous sommes impressionnés par la présence scénique et le rayonnement naturel de Lizzy Plapinger. Sa chevelure teintée de bleu indigo et sa blouse noire ornée de broderies dorées scintillent dans la lumière et son sourire est comme un rayon de soleil. Dès le début, elle séduit grâce à son extraordinaire voix mais aussi par le sentiment de complicité qu'elle crée avec son public.

"Bones" constitue la tout première chanson composée par le duo et elle ouvre donc logiquement le spectacle. ‘Dig Up the Bones but Leave the Soul Alone’ s’avère déjà un refrain culte, immédiatement mémorisable, et toute la compo baigne au sein d’une sublime ambiance très symphonique, quasi tribale. On pense bien entendu à Florence + The Machine mais aussi à Lana Del Rey et à HAIM.

Sur les planches, Lizzy (MS) est épaulée par son partenaire, Max (MR), qui se réserve les claviers et 'backing vocals' ainsi que Zach Nicita à la batterie. Je n'ai pas reconnu le bassiste. Une chose est sûre, il ne s’agissait pas de Curtis Nystrom. Quant au son, il est tout simplement impeccable et la voix est parfaitement mise en valeur dans le mix ; ce qui est très important pour un groupe comme MS MR.

Après "Bones", "No Trace" prolonge l'ambiance symphonique tandis que "Salty Sweet" se distingue par ses accents soul et bluesy. La belle Lizzy se déhanche sur les rythmes endiablés de Zach Nicita et le public réagit avec entrain! "BTSK" marque la première pause du concert et le duo interprète cette touchante ballade côte à côte. "Fantasy" et "Think of You" révèlent ensuite le côté ouvertement 'mainstream pop' du duo et par moments, on pense à Katy Perry ou même Taylor Swift. Après la reprise des Arctic Monkeys et le très engageant "Head Is Not My Home", les New-yorkais nous réservent le très émouvant "This Isn't Control". Les sonorités de glockenspiel et de cordes synthétiques forment un écrin magique pour la très belle et mystérieuse mélodie. "Dark Doo Wop" et "Ash Tree Lane" prolongent la magie et révèlent toute la richesse des arrangements de MS MR.

Pendant la cover de LCD Soundsystem, Max Hershenow quitte son poste derrière les claviers et vient esquisser un pas de danse auprès de sa compagne au-devant de la scène, pour le plus grand bonheur des fans. ‘We have kept the best for the end’, annonce ensuite Lizzy, avant d’attaquer "Hurricane" (pour voir l'interprétation 'live' de ce titre, c'est ici), sans doute la plus belle composition du duo. Un rythme très syncopé, des harmonies délicieusement 'dark' et une mélodie lumineuse : c'est un hit imparable, tout en retenue et intelligence. Le groupe, qui n'accorde jamais de rappel, se retire ensuite définitivement, au grand dam des fans.

Au final, on a assisté à un superbe concert, chargé d'émotion et illuminé par un sincère plaisir de jouer. Seul petit bémol : le côté visuel était un peu pauvre surtout quand on sait que le duo accorde une grande importance à ses clips et au design. Enfin, la prochaine fois que ces petits génies reviendront à Bruxelles, il y a fort à parier qu’ils se produiront dans une très grande salle et pour un super show !

Malheureusement, je suis arrivé trop tard pour la première partie : Outfit, un groupe de Liverpool qui pratique une pop psychédélique très inspirée des 80’s et en particulier de Pink Floyd.

(Organisation : Botanique)

 

Mark Lanegan

Feutré, sombre et intimiste…

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Ces mercredi 30 et jeudi 31 octobre, l’Ancienne Belgique et Flagey organisaient un double concert, pour accueillir, comme il se doit, Mr. Mark Lanegan. Une très bonne idée ! Le très prolifique songwriter a sévi (et parfois sévit encore) au sein d’une multitude de formations (Screaming Trees, Soulsavers, Mondo Generator et Queens of The Stone Age), outre ses innombrables collaborations (Kurt Cobain, Isobel Campbell, Melissa Auf Der Maur, …) Il se produisait donc au sein de la capitale pour défendre ses albums solos. Récemment, le natif d’Ellensburg (Washington), a pondu deux long playings. En un peu plus de 6 mois de temps, pour être plus précis. Un disque de reprises logiquement intitulé « Imitations » (NDR : il ne restera certainement pas dans les annales) et un autre en compagnie de Duke Garwood, « Black Pudding ». Ses derniers essais studios personnels remontent à 2012 (« Blues Funeral ») et 2004 (« Bubblegum »). Secrètement, on espérait qu’il puiserait sa tracklisting, au sein de ces deux oeuvres…

Pour assurer la première partie de Lanegan, le crooner à  la voix ‘bourbonnée’ avait invité, tout naturellement, le multi instrumentiste Duke Garwood, mais également le Bruxellois Lyenn. Cependant, il faut bien l’avouer, le public est clairement venu pour applaudir Mark Lanegan. Et il débarque vers 21h30.

Contrairement à ce qui avait été annoncé, le set de ce soir ne sera pas exclusivement unplugged. Certes on remarque la présence d’instruments à cordes (violoncelle et violon), mais Lanegan est également soutenu par un guitariste électrique et un bassiste. Si la salle n’est pas un havre de rock’n’roll, son acoustique est parfaite. L’ambiance est feutrée, sombre et intimiste. Tous les musicos sont vêtus de noir. Ce qui finalement n’est guère surprenant. Mark Lanegan porte des cheveux mi-longs et arbore sa traditionnelle barbichette. Dès qu’il empoigne son micro et se met à chanter, il éclabousse le spectacle de sa classe. Et son début de parcours est vraiment impressionnant. Il revisite une grande partie de sa carrière individuelle, nous réservant de superbes versions de « The Gravedigger’s Song » ou encore « When Your Number Isn’t Up », mais replonge également dans un passé plus ancien, à l’instar de « Halo of Ashes », morceau signé à l’époque de Screaming Trees (NDR : au sein duquel il a milité de 1994 à 2000), ainsi que celle vécue au sein de Soulsavers (« Can’t Catch the Train »). Il rend également hommage à feu Lou Reed, en interprétant notamment son « Satellite of Love ». Le public semble apprécier la performance. Et si on peut regretter que les plages de « Blues Funeral » m’ont paru avoir perdu en puissance, d’autres morceaux ont manifestement gagné en profondeur.

En organisant cette tournée, Mark Lanegan a voulu se démarquer de ses racines grunge et blues. C’est sa voix, pourtant reconnaissable entre mille, qu’il a mis en exergue ; et par là même sa facette la plus intimiste. Bien sûr, les amateurs de rock électrique auraient préféré un set plus énergique, mais ils ne peuvent lui contester un talent rarement égalé…

(Organisation : Ancienne Belgique et Flagey)

 

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