Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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dEUS - 19/03/2026
Concerts

Jake Bugg

Avec le minimum, Jake Bugg fait le maximum…

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Jeune prodige, Jake Bugg est déjà responsable d’un quatrième elpee, à l’âge de 23 ans. Un disque paru en septembre dernier. Produit par Auerbach, le leader des Black Keys, il a été enregistré à Nashville. En 2012, il avait déjà montré tout son talent, en assurant le supporting act de Michael Kiwanuka. Ce soir, il se produit dans l’Ancienne Belgique en mode flex.

Issue de Nottingham, Georgie assure la première partie. Soul, sucrée, sa voix évoque tour à tour Stevie Nicks, Carole King ou Joni Mitchell. Elle joue de la guitare en picking. Et sa technique est imparable. Clairsemé lors du début de son set, le public va devenir de plus en plus conséquent. Plutôt dissipé il n’accorde que peu de crédit à sa prestation, pourtant parsemée de quelques superbes compos, dont les singles « Hard Times », « This Ain't Heaven » et la cover de Fleetwood Mac, « Landslide ». Pas très sympa ! (Pour les photos, c’est ici)

Le concert de Jake Bugg va se révéler aussi minimaliste. Et pourtant, on peut dire qu’il a pris de l’assurance. Enfin, d’un point de vue instrumental, car son attitude continue d’être gênée aux entournures. Pas de jeux de lumière, de décor, de costume ou de backing group. Il alterne différentes sèches. Quatre Gibson et une Martin’s. Qu’il joue en picking. Toujours assis sur un siège, un coussin moelleux amortissant son séant… Ample, sa voix peut devenir éraillée, notamment lorsqu’il conte ses histoires empreintes de vécu et d’émotions. Délicate elle évoque Gabriel Rios, une voix qu’il entretient parfois à l’aide de ‘gin tonic’.

Il entame son set par le très beau et dylanesque « Hearts That Strain », titre éponyme de son nouvel LP. « How Soon the Dawn » nous transporte à Nashville. Bucolique, « Saffron » démontre que les titres les plus paisibles collent parfaitement à son répertoire. Emouvant, « Strange Creatures » est un blues particulièrement épuré. Dans son style, « Country Song » l’est tout autant. Il y excelle à la gratte. Découpé en 21 plages, sa setlist alterne anciennes et nouvelles compos, dont 6 morceaux du dernier long playing. Tout au long de « Broken », l’auditoire est silencieux, respectueux et attentif. Impressionnant ! On se demande même parfois où l’artiste puise cette profondeur d’interprétation.

Plus dansantes et chaleureuses –assez rare quand même– certaines compos évoquent Ed Sheeran. D’autres s’autorisent quelques jolies envolées de guitares. A plusieurs reprises, il s’adresse à la foule et est manifestement à l’aise dans cet exercice. Le seul hic, c’est qu’il a un accent à couper au couteau, et que le spectateur lambda ne comprend qu’un mot sur deux de ses propos…

Il n’en n’oublie pas son dernier single, « Waiting », (NDR : qu’il interprète sur disque, en duo avec Noah Cyrus), une ballade qu’il chante à la manière d’un crooner. Avant de clore le set par « Lightning Bolt », un morceau hanté par un certain Johnny Cash. Ce soir, avec le minimum, Jake Bugg a fait le maximum. En outre, sa prestation a libéré énormément d’ondes positives. De quoi oublier les préoccupations de la vie quotidienne... (Pour les photos, c’est )

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

 

Iron & Wine

Un set en forme de best of…

Écrit par

Ce soir l’AB est en mode flex pour accueillir Sam Beam, un artiste dont le projet, Iron & Wine, sévit depuis plus de 10 ans. Son sixième opus, « Beast Epic », est paru en août dernier. Si vous appréciez sa musique, vous devriez également aimer celle de Bon Iver, Sufjan Stevens, The Tallest Man On Earth, Fleet Foxes, Nick Drake, Sun Kil Moon voire d’Elliott Smith. Sam s’était produit en compagnie de Jesca Hoop, en septembre 2016, à l’Orangerie du Botanique.

Le supporting act est assuré par un trio flamboyant issu de Brooklyn : Half Waif. Le line up réunit Nandi Rose Plunkett (chant, claviers), Zack Levine (drums, percussions électroniques) et Adan Carlo (basse). Pas de six cordes en vue. La formation est responsable d’un album, « Probable Depths », gravé en 2016, ainsi que de quelques Eps, dont le dernier, « Form/a » est sorti, il y a juste un an. Et elle va nous en proposer de larges extraits.

Les nombreux nuages qui surplombent les artistes préludent un show atmosphérique. Le light show projeté sur ce décor rend le concert à la fois intrigant et quelque peu mystique. La musique de Half Waif oscille entre pop électro et expérimentale, baptisée avant-pop. Voluptueuse, proche d’Agnès Obel, la voix de Nandi Rose ne manque pas de charme et hante des plages hypnotiques et spectrales comme « Severed Logic » ou l’élégant « Wave ». « Frost Burn » baigne au sein d’un psyché disco lumineux digne d’Arsenal. Caractérisé par son remarquable break au piano, « Night Heat » est à la fois minimaliste et sucré. Et le set de s’achever par le classieux « Cerulean »…  

Setlist : « Severed Logic », « Wave », « Parts », « Frost Burn », « Know Your Body », « Night Heat », « Back In Brooklyn », « Keep It Out », « Lavender Burning », « Tactilian », « Cerulean ».

1 200 spectateurs acclament Sam Beam, quand il grimpe sur les planches. Il est accompagné par un violoncelliste, un préposé à la basse, contrebasse et gratte semi-acoustique, ainsi que d’une claviériste et d’une drummeuse, deux jolies femmes qui vont également se charger des chœurs. On retrouve, dans le décor, ces fameux nuages (NDR : une trentaine). Ils s’assombrissent et s’électrisent lorsque l’expression sonore devient tempétueuse ou diluvienne, c’est-à-dire lorsque les cordes de Sam (NDR : il se sert égalent d’une gratte semi-acoustique) s’envolent ou que sa voix s’élève à la limite de la rupture, alors qu’il se colorent de bleu et de rose, lors des moment les plus angéliques. Une voix qu’il est capable de moduler à son gré.

« The Trapeze Swinger » ouvre le set. Les interventions au violoncelle sont fascinantes. Les sonorités de gratte sont empreintes de calme et douceur. Les clochettes que fait tinter la drummeuse flattent l’oreille. Les chœurs sont à la fois précis et finement ciselés. Dès la fin de cette compo, Sam remercie le public et réclame un peu de silence, car c’est son show. Faut dire qu’on entend des gobelets vides craquer aux  pieds des spectateurs. Il est cool est une complicité interactive s’établit naturellement entre l’artiste et la foule, réceptive et acquise à sa cause. Il est très attentif à son auditoire, et tous les 3 ou 4 titres, entame une petite conversation à bâtons rompus, en y communiquant sa bonne humeur teintée d’humour. Il boit régulièrement quelques gorgées de vin, dans un verre, placé sur un siège, à sa gauche.

En ‘live’, l’artiste ne se contente pas de restituer ses compos. Il prend des risques, revisite son répertoire, bouleverse son univers. C’est plus caustique, tout en restant poignant. La musique oscille du blues à la pop, en passant par le folk, la country, le bluegrass, l’americana et le jazz, sans oublier les influences africaines qui la dynamisent. Les claviers envoûtent. Les orchestrations sont soignées, léchées même. Mais Sam va également épater la galerie en solitaire, armé de sa gratte semi-acoustique, en s’autorisant quelques morceaux ‘unplugged’, dont une reprise folk du « Love Vigilantes » de New Order. La seule cover de sa setlist.  

« Last Night » adopte un profil théâtral et lyrique. « Passing Afternoon » et « Carousel » nous replongent dans les 70’s et peut-être même dans les 60’s. « Flightless Bird-American Mouth » se distingue par ses harmonies vocales sophistiquées. Tout au long de « Glad Man Singing », les cordes de guitare percutent alors que les clochettes continuent d’exercer leur pouvoir enchanteur. Un chouette concert, au cours duquel Iron & Wine s’est finalement fendu d’une sorte de ‘best of’ de son répertoire. Jugez plutôt :

Setlist : « The Trapeze Swinger », « Grace For Saints And Ramblers », « About A Bruise », « Last Night », « Flightless Bird / American Mouth », « Call Your Boys », « The Truest Stars We Know », « Glad Man Singing », « Carousel », « Love Vigilantes », « Song In Stone », « Passing Afternoon », « Call It Dreaming », « Bird Stealing Bread », « Winter Prayers », « Dearest Forsaken », « House By the Sea », « Someday The Waves », « Claim Your Ghost ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

Wolvennest

Le sombre hurlement des loups...

Vous ne connaissez pas Wolvennest ? C'est en quelque sorte un ‘super-groupe’, basé à Bruxelles, et constitué de musiciens chevronnés issus de la scène alternative. Ce soir, ils se produisent au sein de la grande salle de l'AB dans le cadre du mini festival ‘The Sound of the Belgian Underground’, organisé par l'Ancienne Belgique en coopération avec Subbacultcha.

Quand on pénètre dans l'antre des loups (« Wolvennest »), vers 19h15, l'atmosphère est déjà bien installée. Un crâne doré placé sur une table diffuse des volutes d'encens et la musique de fond concède des accents psyche, ambient et arabisants. Après une courte introduction prononcée par un des organisateurs, la meute prend possession des planches. Et il y a du beau monde ! Jugez plutôt : honneur aux dames, on retrouve tout d'abord Shazzula, artiste aux multiples talents, ex-Aqua Nebula Oscillator, grande prêtresse des nuits bruxelloises. Elle se consacre, pour la circonstance, au chant, au thérémine et aux effets sonores. Habillée tout de noir, elle arbore sa célèbre mèche sur le front. A droite, Marc DeBacker, coiffé d’un chapeau noir et chaussé de lunettes fumées (NDR : cet ex-Dog Eat Dog, puis 10000 Women Man a monté depuis son projet solo 'dark ambient', Mongolito) se réserve la ‘lead’ guitare. A gauche, les grattes rythmiques sont assurées par un duo infernal : Michel Kirby (Length Of Time, Arkangel, Deviate et La Muerte) et Von Burtle Corvus (Cult Of Erinyes). Sur les planches, le quatuor est soutenu par le bassiste John Marx (Temple Of Nothing) et le batteur Bram.

Dès les premières notes de « Partir », extrait de l'excellent premier opus, éponyme, de Wolvennest, on se doute que la musique sera puissante, hypnotique et sombre, ... très sombre. Dans un style qu’on pourrait décrire comme du post-metal psychédélique dont le côté répétitif s’inspire manifestement du 'krautrock'. Articulée autour d'un beat lent et d'un riff à l'orgue irrésistible, la composition s'étend sur plus de 9 minutes. Les guitares dressent un véritable mur du son tandis que Shazzula chatouille son thérémine pour en tirer de maléfiques bruitages.

Tout au long d’« Unreal », elle s'acquitte brillamment des parties vocales exécutées, sur le disque, par Marthynna, la chanteuse de la formation autrichienne Der Blutharsch and The Inifinite Church Of The Leading Hand. Mais c'est lors du troisième titre, « Out of Darkness Deep », en partie écourté, que Shazzula va se réveiller. La féline commence à onduler tout en scandant les mélodies telle une possédée. Il n'en faudra pas plus pour que Marc DeBacker se déchaîne également, arrachant de sa guitare et de sa pédale wah wah des hurlements sataniques, pour le plus grand plaisir d'un public pris au piège dans une sarabande démoniaque. 

Au final, ce casting de rêve s’est rendu coupable d’un concert d'enfer ! Trop court, bien sûr, festival oblige. Autour d'un verre, le groupe nous a confié que leur second LP est quasi prêt. Et la bonne surprise, c'est que cette fois, c'est Shazzula qui assurera les parties vocales. On est impatient de découvrir le résultat ! On savait qu'une louve baptisée Naya s'était introduite en Belgique... mais sous l’impulsion de Wolvennest, on peut s'attendre à l’invasion d’une meute !

Des vidéos 'live' du concert sont disponibles. Celle de « Partir » est ici et d'« Unreal »,

Notons que le mini festival a également permis de découvrir d'autres projets hautement intéressants : Sale Gosse, Afia, Christine Denamur, Vaal, Le77, Obsequies, Crowd Of Chairs (excellent hard post punk!), Air LQD et Golin.

Organisation : AB + Subbacultcha

Omar Souleyman

Bien loin de la guerre civile qui ronge la Syrie, depuis trop longtemps…

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La dernière fois qu’Omar Souleyman s’était produit en Belgique, c’était en 2015, au sein d’une ABBox bondée. Le phénomène syrien est de retour, mais à l’Orangerie du Botanique, et le concert et soldout depuis quelques mois. Omar est né en 1966, à Tel Amir, un village situé dans le nord-ouest de la Syrie. Un vrai phénomène musical à lui seul. Depuis le début de la guerre civile, il s’est installé en Turquie. Il a publié son quatrième album studio « To Syria, With Love », en juin 2017, un opus auquel ont contribué Four Tet, Gilles Peterson et Modeselektor. Tout en se concentrant sur des sonorités très orientées techno aux claviers, il y rend hommage à sa terre natale.

Le supporting act est assuré par Dj Gan Gah. Désormais établi à Bruxelles, ce jeune producteur a été biberonné aux rythmiques traditionnelles gnawas et berbères depuis sa plus tendre enfance, dans les faubourgs d’Agadir. Musicien accompli, il sévit depuis plusieurs années comme beatmaker sous d’autres pseudonymes. Proposant un astucieux mélange entre Club Music et musiques traditionnelles d’Afrique du Nord, son premier Ep, « Souktronics », constitue une déclaration d’amour à ses racines marocaines et à la musique électronique contemporaine.

Vêtu d’une djellaba de couleur noire, il monte sur l’estrade, ouvre son PC et commence à triturer les boutons de ses machines. Il faut bien 15 minutes avant de s’imprégner de cette expression sonore aux accents orientaux, fruit de la rencontre entre techno et électro. Mais il est particulièrement doué, et parvient à inciter la foule à sauter, applaudir et danser pendant une bonne heure, grâce à ses beats ensorcelants. Pourtant, il n’y a pas d’interaction entre l’artiste et la foule. Et il n’émet aucun commentaire. Ce qui ne va pas empêcher l’auditoire de lui réserver une belle ovation, à l’issue de sa prestation…

Les innombrables traditions musicales de l’Irak reflètent, dans la musique d’Omar, le melting-pot culturel d'un pays où cohabitent irakiens, turcs et kurdes en grand nombre. Les hymnes populaires sont traduits en frénésie techno-pop festive (le ‘dabkeh’, un style folklorique, mais proposé dans une version moderne) ou en chansons plus solennelles et contemplatives (l'ataba, une forme traditionnelle de poésie populaire, équivalent de la soul). Souleyman chante en ‘mawal’ sur des poèmes signés par son complice de longue date Mahmoud Harbi. Les soli arabisants de synthés opérés par Rizan Said (NDR : un musico d’origine turque) se mêlent à l'oud, au saz, aux percussions et aux youyous, pour un résultat tout à fait déconcertant…

Sut le podium Omar est uniquement accompagné de Rizan. Deux synthés sont plantés au milieu du podium et légèrement en retrait. Toutes les sonorités, même celles de l’oud, du bendi (clarinette arabe) et de tambourin ont été synthétisées. A 21h05, Rizan, Said s’installe derrière ses machines et aligne deux instrumentaux. De quoi faire démarrer la Dabka en mode électro. Mais tous les yeux et les smartphones sont rivés sur la gauche de la scène. Et pour cause, le public très multiculturel attend le roi de la musique syrienne. Keffieh rouge vissé sur le crâne, vêtu d’un dishdasha, moustache rutilante et lunettes noires scellées sur nez, Omar Souleyman déboule sur les planches. Il est chaudement applaudi par un public acquis à ce type de musique traditionnelle du Proche-Orient, mise à la sauce électro. Il tient son micro à la main et déambule de gauche à droite en incitant l’auditoire, à l’aide de gestes, à applaudir et à danser. Un jeu de scène résumé à sa plus simple expression. Plusieurs spectateurs tentent de grimper sur l’estrade. Mais le service de sécurité les en empêche. Dommage, à l’AB, Omar avait apprécié ces débordements bon enfant…

Tous les classiques vont défiler, depuis « Warni Warni » à « Bahdeni Nami », en passant par « Salamat Galbi Bidek », « Wenu Wenu » et « Leh Jani », des morceaux au cours desquels les 'yalla' (Trad : ‘allez !’) vont fuser aux quatre coins de la salle. Sans oublier le single qui a précédé le dernier LP, « Ya Bnayya », une compo qui nous transporte au cœur des déserts syriens. Il n’y manque que le sable brûlant et les tambourins arabes, ici samplés par les machines de Rizan.

D’une durée de 50’, le set était particulièrement propice à la danse. Votre serviteur a découvert une Syrie chaleureuse, souriante, dansante, aimant la joie de vivre. Qui sait faire la fête à la musique et aux humains bien loin de la guerre civile qui la ronge depuis trop longtemps…

(Organisation : Botanique)

Hannah Williams

Des moments a cappella tout bonnement magiques…

Écrit par

Depuis l'ouragan Amy Winehouse, la scène soul ‘made in UK’ n'en finit plus de révéler des artistes qui n'ont rien à envier à leurs cousin(e)s issu(e)s d’outre-Atlantique. Après Michael Kiwanuka, Alice Russell et Harleighblu, place à Hannah Williams. Vous ne la connaissez pas encore ? Ce ne sera bientôt plus le cas ; et pour cause, le gotha de la soul lui a promis une proche célébrité. Dont les regrettés Sharon Jones et Charles Bradley. Enregistré en analogique, son dernier elpee, « Late Nights & Heartbreak », est paru en 2016. Et elle va nous en proposer, ce soir, de larges extraits. Pas de supporting act, mais une salle bien remplie par un public multigénérationnel.

The Affirmations, le backing group de Mrs Williams, réunit deux choristes, Hannah Nicholson et Victoria Klewin et six musicos. Soit le claviériste (Hammond, synthé) James Graham, le guitariste Adam Holgate, le drummer Jai Widdowson Jones et le bassiste Adam Newton. Sans oublier la section de cuivres, Liam Treasure, au trombone à coulisse et John Pratt au sax baryton. Ils sont tous issus de Bristol !

Les instrumentistes entament le concert par le lent, jazzyfiant, mais particulièrement électrique « 7 AM To Seville ». Au bout de 3 bonnes minutes, Hannah, pieds nus, débarque en même temps que ses choristes. Elle déclare qu’il s’agit de son premier passage en Belgique. Le band embraie immédiatement par le single qui a précédé le dernier elpee, « Tame in the water ». Déjà on ressent l’empreinte viscéralement soul de la musique, même si elle est subtilement teintée de psychédélisme. Oscillant entre Sharon Jones, Janis Joplin et Adèle, la voix d’Hannah est remarquable. Lorsque les trois femmes les conjuguent, c’est tout bonnement magique (?!?!?). Et tout particulièrement lors des morceaux interprétés a cappella. Même que pendant « Another Sunrise », on a des frissons partout. Et tout en chantant, le trio brasse l’air à l’aide de ses bras, un peu à la manière de feu Joe Cocker.

Les cuivres sont à la fois rutilants et impériaux tout au long de « Fool ». Certains titres plus old school, comme « Fighting Your Shadow » se révèlent davantage nerveux voire rageurs. A contrario, « Your Luck Can Change » est empreint de délicatesse. Avant d’entamer le vaporeux « In Your Arms », Hannah Williams demande à l’auditoire s’il est amoureux. Il lui répond par l’affirmative, la banane aux lèvres. « Aint Enough » lorgne davantage vers le funk. Bien soutenu par la section rythmique et généreusement tapissé par l’orgue Hammond, l’expression sonore semble alors cependant hantée par Nile Rodgers (Chic). A cause de ces accords de gratte funky, très caractéristiques.  

« Dazed And Confused » est une plage signée par Jake Holmès, en 1967, et popularisée, deux ans plus tard par le Led Zeppelin. La nouvelle version est très électrique. Et c’est « Women Got Soul » qui achève le show tout en douceur. Avant un rappel inévitable de deux morceaux. A l’issue du spectacle, le stand merchandising a littéralement été pris d’assaut. Preuve qu’il s’agissait d’un excellent concert…

(Organisation : Ancienne Belgique)

The Van Jets

Des références bien rock’n’roll…

Écrit par

En 2004, The Van Jets remportait le Humo Rock Rally. Depuis, on peut affirmer que le quatuor ostendais a fait du chemin. Son cinquième elpee, « Future primitives », est paru en octobre dernier. Mais on se souviendra surtout de son tube, « The future », qui a littéralement squatté les ondes de Studio Brussel, au cours de l’année 2010. Un véritable hymne pour toute une génération issue du Nord de la Belgique.

Le supporting act est assuré par The Equal Idiots, un duo qui pratique du rock/garage énergique, à la croisée des chemins de The Experimental Tropic Blues Band, Mountain Bike et Black Box Revelation. Originaire de Hoogstraten, il a gravé son premier opus, « Eagle Castle BBQ », en juin dernier. Il implique le chanteur/guitariste Thibault Christiaensen et le drummer Pieter Bruurs.

Les sonorités de gratte sont instinctives, huileuses, graisseuses même. La frappe du batteur est à la fois primaire et métronomique. Pensez aux Ramones ! On aura cependant droit à une reprise étonnante du « Ca Plane Pour Moi » de Plastic Bertrand, une version qui reflète l’esprit bien punk du tandem. Et la prestation va s’achever par un « Put My Head In The Ground » sismique…

Johannes Verschaeve est coiffé de son éternel chapeau noir et chaussé de souliers de couleur rouge. Il se consacre à la guitare et au chant. Il est soutenu par son frère Michael, aux drums, le second gratteur Wolfgang Vanwymeersch et le bassiste Frederik Tampere. Ce soir, le line up est enrichi d’un claviériste, probablement engagé pour accompagner le quatuor en tournée. Tant derrière que devant, des toiles, de dimensions différentes, ont été tendues. Y sont reproduits, tantôt le titre du dernier long playing, un soleil, un revolver, des signes cabalistiques ou un majeur pointé vers l’avant.

Le musique de The Van Jets puise son inspiration à la fois chez Bowie, The Stooges, T. Rex, les Stones, et parmi les bands les plus contemporains, The Raconteurs et les Black Keys. Bref, pas de contestation, les références sont bien rock’n’roll, même si le tout est régulièrement assaisonné à la sauce électro. Et l’ensemble tient la route. En outre, charismatique, le vocaliste ne tient pas en place et arpente le podium, de long en large.

Issu du dernier LP, « 21st century boy » ouvre le concert. Incontestablement, malgré les boucles électro, c’est un clin d’œil adressé à Marc Bolan (NDR : ce titre !) Quatre autres plages de ce nouvel essai figureront dans la set list. « Rewild » d’abord. Un morceau caractérisé par ses cordes torturées à la manière de Jimi Hendrix, sur « Highway chile ». Puis le sémillant « Fiction vs Fiction », réminiscent des B52’s. Et encore le bondissant « Bang », moment choisi par Thibaut Chrisiaensen, le chanteur/guitariste de The Equal Idiots, pour rejoindre le band et se lancer (NDR : bondir ?) dans la fosse afin d’entamer un long exercice de crowdsufing. Puis enfin, cadencé par ses sonorités électro hypnotiques, « Days On Clouds », un titre qui donne pourtant libre cours à l’agressivité des six cordes. A cet instant, le volume sonore est vraiment à son paroxysme. Et pourtant, il faut avouer que si les compos sont sauvages, les mélodies restent soignées. Verschaeve ose également un petit plongeon dans la foule, pendant « Ready Made Wild Life »…

En rappel, le frontman interprète le bluesy « Here Comes The Light », alors que ses acolytes assurent uniquement les chœurs. Et bien sûr, c’est le hit « The future » qui clôt définitivement le show.  

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

Coely

Un Coely de fruits tropicaux…

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Issue du Nord de la Belgique, Coely est considérée comme la nouvelle voix du hip hop. Une voix plus que puissante capable de séduire l’assistance par son énergie explosive libérée sur les planches. Elle démontre ainsi que le rap noir-jaune-rouge peut aussi s’écrire au féminin. Son premier elpee, « Different Waters » est paru en mars dernier. Enfant prodige du hip hop old school, elle a fait ses premiers pas sur la scène européenne à l’âge de 22 ans…

Votre serviteur avait été littéralement scotché par sa prestation accordée aux Lokerse Feesten en août dernier. Ce soir, elle se produit pour la deuxième fois consécutive, dans la banlieue d’Anvers, là où elle a grandi. Point de chute : le Casino de Saint-Nicolas. Les deux spectacles sont sold out. La salle est superbe, le personnel accueillant et le son excellent. Que demande le peuple ?

C’est Amazuni qui assure le supporting act. Elle a été finaliste du concours ‘The Nieuwe Lichting » organisé par Studio Brussel, compétition remportée par Tamino. Gantoise, mais de souche népalaise, elle vient de graver un Ep intitulé « V For Venom », au sein duquel elle va puiser largement lors de son set. Sur les planches, elle est soutenue par un black aux platines et aux machines. Barbu et capuche sur la tête, il est impassible et froid devant son matos. De grande taille, voilée d’un châle noir (NDR : les vêtement des deux artistes sont de la même couleur !), qu’elle ôte dès qu’elle apparaît derrière son micro, Amazuni affiche un visage sur lequel une ligne… noire… est dessinée sous le menton. Le duo pratiquerait-il une musique sombre et industrielle ? Pas du tout, plutôt un rap très technique, chargé de groove et teinté de r&b et de drum&bass, sur lequel, elle pose un flow agressif, interactif et bien calibré. Bref, le son est vraiment unique en son genre. Le bassiste de Coely vient même prêter sa voix pour un titre.

Le Black Mamba est le nom d’un serpent noir particulièrement venimeux, dont la piqûre peut s’avérer mortelle, qui vit en Afrique. C’est également le patronyme d’une djette qui va tenter de conserver l’esprit des spectateurs en éveil. Peine perdue, l’auditoire préfère discourir…

Coely pratique un cocktail détonnant de hip hop old school, soul, r&b, gospel, funk et dance-hall. Ses vibes sont parfois très susceptibles de rappeler Laurijn Hill. Elle est capable de donner des coups d’accélérateur dans le style de Busta Rymes ou même d’assurer une séance de human beatbox. Elle rappe d’ailleurs comme une Américaine. En outre, elle peut compter sur ses potes, les Mc’s Dvtch Norris, dont la voix soul est particulièrement solide, ainsi que Darrell Cole, pour mettre le feu aux planches. Il y en aura même un troisième, pour un titre, au cours du spectacle…

C’est « Same Waters » qui l’ouvre, alors que l’espace scénique baigne dans la couleur bleue. Darrell Cole apparaît, micro en main, pour accueillir la princesse Coely. Elle a enfilé un jeans seyant, est chaussée de rangers de teinte noire et a recouvert le tout d’un long imperméable gris (NDR : comme le temps en Belgique). Ses dreads sont ramenés en deux chignons (NDR : pas trois comme sur la photo !) Outre les Mc’s qui participent circonstanciellement au show, elle est soutenue par un guitariste, un bassiste, un drummer ainsi qu’un préposé aux platines et aux machines ; ce dernier s’est planté à l’arrière.

Lorsque les deux Mc’s se produisent au même moment, ils dansent en parfaite synchro. Le flow est continu, efficace et dynamique. Coely demande au public de lever les mains. Il s’exécute instantanément. Le light show est passé au blanc et au rouge pour « Different Waters ». Tapissée par l’harmonium, cette compo se distingue par les claquements de la basse et le déchaînement du drummer sur ses fûts. On est proche du tsunami sonore, mais la princesse calme le jeu de sa voix soul, empreinte d’émotion. Néo soul ou r&b contemporain (NDR : les avis divergent !), « My Tomorrow » incite irrésistiblement à remuer l’arrière-train. Coely invite la foule à applaudir. Réaction immédiate. Les ‘boom, boom, ratata’ fusent aux quatre coins de la salle. Autre morceau soul, mais plus paisible, « Can’t get away » permet à tout le monde de reprendre son souffle. Mais la pause est de courte durée, car Coely vide littéralement ses tripes tout au long de « On My Own », un autre r&b. Elle y étale toute sa puissance vocale. Percutant, « Hush » agrège rap et dancehall. Et « Magic Carpet » clôt le set.

En rappel, « Wake Up Call » est interprété en mode ‘Old School’. Fruité et rafraîchissant ! Et le concert de s’achever par « The Rise » et « Celebrate », deux raps carrément incendiaires. Votre serviteur est rentré chez lui, la banane aux lèvres. Ce soir la prestation de Coely était tout bonnement tropicale…

(Organisation : De Casino)

LANY

Un bel LANY mâle…

Écrit par

Il est 19 heures, et un fort contingent de jeunes midinettes peuple les couloirs du Botanique. Normal, ce soit, quatre beaux gosses se produisent à l’Orangerie ; en l’occurrence LANY (acronyme pour ‘Los Angeles New York’), une formation qui comptabilise des millions de vues sur Youtube depuis 2014. Les filles adulent Paul Klein, un chanteur particulièrement charismatique et séducteur. En outre, non seulement l’identité visuelle du band est impeccable, mais les hits sont super catchy. La voie du succès est donc toute tracée. Il est d’ailleurs exceptionnel qu’il se produise dans de petites salles. L’an dernier, il a ainsi été programmé lors de grands festivals, dont celui de Rock Werchter… 

Ritual sert de supporting act. Un trio londonien, dont le premier Ep, « The Fall », est paru en 2014, et qui a longtemps entretenu le mystère sur l’identité de ses membres, qui préféraient préserver leur anonymat. Ainsi, aucun nom, ni aucun visage n’a jamais été révélé. Ce qui n’a pas empêché le groupe de faire les gros titres du Billboard, The Fader et The Line of The Best Fit.  

Les trois musicos se servent de synthés. L’un se consacre à la gratte semi-acoustique ou électrique et le deuxième à la basse. Le troisième –c’est également le plus grand– se réserve le chant. Bien que de couleur blanche, il possède une voix soul très black. Des vocaux enrichis par de multiples harmonies féminines et masculines, dispensées par des samples. L’expression sonore baigne au sein d’un climat post-dubstep, c’est-à-dire quelque part entre hip-hop ambiant, funk, folk et r&b. Les lyrics sont à la fois sensuels et tranchants. Les arrangements musicaux sont soignés et l’excellent feeling du préposé au micro favorise une belle interaction entre la foule et le combo. Un set cependant trop court pour se faire une idée exacte du potentiel de Ritual.  

Place ensuite à LANY. Trois estrades ont été dressées sur le podium. Celle de gauche est destinée au drummer. Du milieu, au pianiste. Et de droite, au guitariste. Ces deux derniers se consacrent cependant, d’abord, aux synthés. Derrière-elles on remarque autant de toiles immenses, tendues, sur lesquelles seront projetés vidéos et effets lumineux. Paul Klein occupe tout l’espace scénique. Il déambule, ondule, bondit et harangue la foule. Une véritable bête de scène (NDR : un bel Lany mâle ?) ! Il joue de la gratte électrique, du piano (NDR : un droit !) ou des claviers, parfois debout sur son siège. Il se prend même pour un équilibriste en grimpant sur la grosse caisse du drummer. A souligner : le son est parfait !

Lorsque des filles balancent des roses rouges et blanches sur les planches, Paul les renvoie généreusement dans la fosse. Sucré, « Pink Skies » provoque des gémissements au sein du public féminin. Paul a le don de l’apprivoiser. L’intensité monte au fil du set. L’euphorie de l’auditoire également. Lors des compos les plus paisibles, Paul siège derrière ses ivoires. A l’instar de « Walk Away », « 4 Ever ! », « Quit » et « Someone Else ». Un moment de pause avant que le show ne reprenne son cours normal ; c’est-à-dire endiablé. Tout au long de « The Breakup » le light show inonde la foule de ses couleurs. Enfin, pour clore le show, Paul revient derrière son piano pour interpréter un medley de covers signées Harry Styles, « Pancakes/Sign of the Times /Current Location ».

Et le rappel de s’achever par l’incendiaire « ILYSB », une compo qui les a fait connaître. A revoir lors des festivals d’été !

(Organisation : Botanique)

Triggerfinger

Rock’n’roll attitude !

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Les trois concerts de Triggerfinger programmés à l’AB, ces 14 et 15 décembre ainsi que celui de février sont sold out. Votre serviteur assistera à celui du vendredi, une prestation au cours de laquelle le groupe belge va proposer de nombreux morceaux issus de son dernier elpee, « Colossus ».

Hong Kong Dong assure le suppporting act, un trio réunissant un frère et une sœur, en l’occurrence Boris et Sarah Yu Zeebroek, ainsi que le guitariste Geoffrey Burton, un musicien qui jouit d’une solide réputation, et pas seulement au sein du Royaume, puisqu’il a notamment accompagné Arno, Alain Bashung et Iggy Pop. Finaliste du concours Humo Rock Rally, en 2008, la formation gantoise a publié son deuxième opus, « Kala Kala », en octobre dernier.

Non seulement Sarah possède une superbe voix, mais elle se consacre aux claviers et à la gratte. Elle se démène énormément sur les planches et n’hésite pas à haranguer les premiers rangs en affichant d’étranges mimiques qui ne sont pas sans rappeler celles de Satomi Matsuzaki, la vocaliste du band yankee, Deerhoof. Hybride, largement électronique, mais aventureuse, l’expression sonore navigue à la croisée des chemins de Kraftwerk, Métroland, Björk, Flaming Lips, Talking Heads, Sparks et… Deerhoof. Une excellente mise en bouche avant le plat de résistance…

En arrière-plan, une toile a été tendue, elle représente une fresque urbaine, œuvre de Sarah Yu Zeebroek. Comme d’habitude, quand ils montent sur le podium, les musicos de Triggerfinger sont tirés à quatre épingles. Une intro préenregistrée précède leur arrivée. Mario a opté pour un costume de couleur bleue. Tout comme celui de Ruben mais il est en cuir, et scintillant. En outre, il est chaussé de santiags. Celui de Paul est encore plus classe ; et pour cause, il est de couleur noire. Le combo est soutenu par un quatrième membre ; en l’occurrence le gratteur Geoffrey Burton, également impliqué chez Hong Kong Dong. On comprend mieux ainsi le choix de la première partie.

Dès qu’il grimpe sur son estrade, Mario assure le spectacle. Telle une rock star, il harangue la foule dès « Upstairs Box » et sollicite des applaudissements qui lui sont immédiatement décernés. Sa frappe sur ses fûts est sauvage, tribale aussi. A plusieurs reprises, il va pousser le bouchon jusqu’à percuter ses cymbales à l’aide de son crâne (NDR : lors d’un set accordé aux Lokerse Feesten, il en avait coincé une entre les dents). Le son est très puissant. D’ailleurs, tout au long du stoner « And There She Was Lying In Wait » (« By Absence of the Sun »), la voix de Ruben est quelque peu noyée sous l’instrumentation. Heureusement, dès « First Taste », elle devient stratosphérique, mais dans l’esprit de Robert Plant. Les deux grattes se déchaînent alors et libèrent des riffs aussi primaires qu’instinctifs.

« By Absence Of The Sun » est devenu un classique du band. Ruben dirige le manche de sa gratte vers le ciel, la colle contre un baffle, un ampli ou encore la couche sur les planches. Rock’n’roll attitude ! Geoffrey Burton a l’opportunité de démontrer son talent pendant « Flesh Tight » et « My Baby's Got A Gun » ; il vient même affronter Paul et Ruben en duel, à l’aide de sa gratte. Ruben a tombé la veste depuis un bon moment. Il s’adresse à la fosse, le temps d’une petite pause. Soit juste avant que Mario ne nous réserve un solo de drums dont il a le secret, et ce durant « All This Dancin' Around ». Un exercice de style de 5 bonnes minutes, au bout duquel Ruben et Paul vont participer aux débats en cognant à leur tour les cymbales, dont l’une va se crasher sur le plancher. A l’issue de cette démonstration, l’auditoire acclame le soliste, et chaleureusement. Le set s’achève par le titre maître de l’elpee « Colossus », une compo taillée pour le live. Satisfaits, les musicos saluent le public et se retirent.

Mais ont-ils tout donné ? Pas encore, puisqu’ils reviennent pour exécuter d’abord « Afterglow », puis une version plutôt décoiffante du « Man Down » de Rihanna et enfin une reprise bien burnée du « Funtime » d’Iggy Pop... 

Et lors du second rappel, le quatuor va finalement concéder « Let It Ride », un extrait de « All This Dancin’ Around ». Ce soir on a vécu un grand moment de rock’n’roll !

(Organisation : Live Nation + Ancienne Belgique)

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London Grammar

Le minimum syndical !

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C’est le second concert de London Grammar au Lotto Arena, en deux jours. La première date a rapidement été décrétée sold out ; les organisateurs ont donc décidé d’en ajouter une deuxième. Fondé en 2012, ce trio britannique réunit la chanteuse/pianiste Hannah Reid, le claviériste/percussionniste Dominic 'Dot’ et le guitariste Dan Rothman. Il pratique un cocktail d'electronica, de trip hop et de pop, qu’on pourrait situer à la croisée des chemins de Florence + The Machine, James Blake et The XX. Son nouvel opus, « Truth Is A Beautiful Thing », est paru en juin 2017, un disque pour lequel le groupe a reçu le concours de plusieurs producteurs prestigieux. La formation est ensuite partie en tournée pour le défendre. Un long périple dont c’est la dernière représentation ce soir…

Vu le retard accumulé, suite aux embouteillages sur la route, votre serviteur débarque à la fin de la prestation accordée par Lo Moon. Le temps de se faufiler afin de se dénicher une place idéale, le plus près possible du podium, et le set est terminé. Une indication quand même : la claviériste est plutôt jolie et possède une solide voix.

Place ensuite à London Grammar. Le light show est composé de trois immenses rampes de spots. Deux latérales et une frontale. Cette dernière réunit uniquement de petites leds. Dot se plante à droite, au milieu de ses claviers, ses congas et sa batterie, face à la foule. Hannah est calée entre son micro et son piano droit, placé de biais. Dan a opté pour la gauche, parmi ses claviers et près de sa gratte.

L’atmosphérique « Who Am I », ouvre le set. C’est un extrait du second opus. La fin de parcours de « Flickers / Help Me Lose My Mind  » se distingue par son rythme imparable. Hannah s’installe derrière les ivoires pour aborder « Nightcall ». Dot signale timidement qu’il s’agit de la dernière date de la tournée. On savait ! Pour le reste, on ne peut pas dire que les musiciens soient très bavards, sur les planches. Empreint de mélancolie, le registre vocal d’Hannah Reid est proche de celui d’Adèle. Et il impressionne tout au long du fabuleux « Hell To The Liars ». Les hits déclenchent l’enthousiasme au sein de la fosse, et particulièrement « Wasting My Young Years », « Hey Now », « Stay Awake  » ainsi que le superbe « Sights ». Elle épate à nouveau en interprétant « Rooting For You », a capella. Mais au fil du concert cette voix finit par lasser. Elle est sans doute exceptionnelle, cristalline, fragile, mais elle épouse constamment les mêmes modulations. On y cherche même de l’émotion. En outre, les musicos ne sont guère interactifs. L’expression sonore manque de relief. Le line up semble trop léger pour se produire en concert. Il y manque une section rythmique organique, de type basse/batterie. Et on ne peut pas dire que le son soit vraiment au point. Enfin, 70 minutes, rappel compris, c’est quand même peu pour une formation dont la popularité est croissante. C’est d’ailleurs ce qu’on pourrait qualifier de minimum syndical !   

(Organisation : Live Nation)

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