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Tom McRae

Un nouveau concierge à l’Archiduc…

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Le très sympathique Tom Mc Rae se produisait, ce 18 mai, à l'Archiduc, dans le cadre des cafés-concerts, pour défendre son nouvel album « Did I Sleep And Miss The Border ». Un showcase proposé en guise de release party, devant une quarantaine de personnes. L'Archiduc est situé à deux pas de la Bourse. C’est un endroit très ‘classe’ que fréquente régulièrement Arno.

Votre serviteur s’installe à droite de l'entrée, bien calé dans un fauteuil qui a déjà bien vécu. Il est aux premières loges, face à un podium improvisé qui occupe a moitié du bistrot. Heureusement, une partie de l’auditoire peut également assister, confortablement assis, au spectacle, du balcon. Olli Cunningham siège derrière un immense piano à queue. A sa droite, se plante le bassiste, Richard Hammond, et juste à côté de lui, le guitariste Brian Wright. Sans oublier le drummer David Walsh, en retrait. The Standing Band. Tom occupe le centre de l’estrade.

Qui présente d’abord ses musicos. Soit The Standing Band. Puis remercie le public et le patron du zinc. Etonnant, dès que l’un ou l’autre client se présente à la porte d'entrée, Tom lui ouvre la porte et l’invite à entrer dans l'établissement, pour participer à la fête

Et on est parti pour une heure de concert. Qui s’ouvre par « The Dogs Never Sleeps ». Balisée par les drums, l’instrumentation est puissante. Régulièrement, Tom tourne le dos à l’auditoire, pour observer ses musicos. Le son est excellent. Armé de sa gratte semi-acoustique, Tom embraie par « We Are The Mark ». Au beau milieu de la chanson, Tom interrompt le spectacle et fixe la porte d’entrée. Un dernier arrivé souhaite pénétrer au sein de la taverne. McRae lui ouvre et lui signale qu’il est le bienvenu, s’il fournit l’assemblée en cocaïne. Fou rire général. Le client entre discrètement et s’installe au bar, alors que Tom reprend le fil de la compo, le plus naturellement possible. Franchement, c’est vraiment un type qui a le sens des relations humaines… et de l’humour…

Armé de sa gratte, il aborde, quasi en solitaire, « Expecting The Rain », une ballade uniquement soutenue par quelques battements de caisse claire. Tom McRae utilise un peu sa voix comme un instrument. Il souffle dans son harmo pour attaquer « Let Me Grow Old With You ». De plus en plus grave, sa voix monte en intensité, alors que la section rythmique brille de mille feux. Ce qui déclenche les acclamations nourries du public. Tom a empoigné sa guitare électrique pour interpréter « Christmas Eve, 1943 », un titre empreint de charme et de tendresse qui prend toute sa dimension en live. A cause de ces chœurs religieux qui engendrent une forme de recueillement, au sein de l’auditoire. Le set s’achève par « What A Way To Win A War », un morceau acoustique au cours duquel les musicos et le public participent aux clappements de mains. Un chouette showcase. De quoi patienter, en attendant le retour de l’artiste, à l'Ancienne Belgique, en octobre prochain.

(Organisation : Gentle Promotion + Archiduc)

Swans

Mi-dieu, mi-bête…

Écrit par

Côté pile ou côté face, un concert des Swans recèle toujours une part de mystère...
Selon l’humeur de son mentor ou du mélomane, mais également les circonstances qui entourent le déroulement de la soirée, le résultat peut s’avérer une expérience transcendante ou une épreuve physique et douloureuse (surtout pour les tympans délicats).
Mais ce qui est certain, c'est qu'il se passe toujours quelque chose.
Au moment où la pièce de monnaie voltige dans les airs, incertaine de la face qui échouera sur le sol, les premières grappes de spectateurs s'avancent solennellement vers l'autel où Michael Gira et les siens transformeront l'atmosphère en une matière palpable et l'air en un incandescent magma en fusion.

Mais avant le déluge, place à la montée des eaux...

Okkyung Lee, est seule sur l’estrade.

En vérité, non. La jeune artiste est accompagnée de son violoncelle.

Elle et son instrument font totalement corps pour livrer une prestation déconcertante.

Qui en aucun cas ne peut laisser indifférent.

Ses soli dressent une cartographie imaginaire de l'émotion à fleur de peau.

Grinçants pour certains, électriques pour d'autres, ses incessants va-et-vient le long de son manche sont vertigineux et libèrent une intensité indescriptible.

Si une totale immersion en solitaire est nécessaire pour pénétrer l'univers de cette artiste, c’est après avoir atteint le cœur de sa musique organique, que la magie peut exercer ses charmes. Mais pour parvenir à atteindre cet état de conscience, il faut également être hermétique à toute distraction extérieure (ce qui dans le cas de votre serviteur s'avère délicat, ce soir).

Expérimentale, marginale et abstraite, son expression sonore a le pouvoir de convertir celles et ceux disposés à oser une telle plongée en apnée.

Son archet ciselant l'épine dorsale jusqu'à en tirer l'essence du frisson.

À contrario, pour celles et ceux restés au pas de la porte, cette musique évoque tour à tour le chant du bourdon dans une bouteille de verre ou encore la lente agonie d'un brame engoncé dans une gorge rocailleuse.

Elle n’est guère accessible et exige un minimum d'abandon.

Perso, distrait par de nombreux éléments extérieurs, je n'ai pas autorisé la demoiselle à pénétrer mon esprit, déjà tourné vers le noir ramage des oiseaux nocturnes.

Au vingt et unième coup d'horloge, le gong retentit.

Par vagues successives, la vague sonore ondule et envahit l’espace.

Telle la marée montante, qui bientôt nous submergera.

Lentement, mais sûrement.

Après plus de vingt minutes essentielles au conditionnement, le set commence à s'articuler autour de Michael Gira, plus shaman que jamais (et diva me souffleront certains).

"Frankie M" suit donc ce déluge en s’infiltrant lentement, insidieusement, dans nos ouïes, nos esprits et nos âmes.

Une rythmique hypnotique, lourde et puissante assiège sournoisement nos remparts, rejetant toute forme de complicité maligne…

Physique, âpre et rugueuse, la bête envahit tout l’espace.

Haletante, elle nous pousse dans nos derniers retranchements.

Sa puissance est monstrueuse, mais sa sensibilité est à fleur de peau...

Orchestrant tel un rituel, le chaos organisé autour de lui, Gira exige autant du public que de son groupe ou de toute personne impliquée dans le processus.

Son attitude despotique a depuis longtemps forgé son image, voire son mythe, et il semble prendre un certain plaisir à en jouer.

Impassibles et rôdés aux desseins de leur maître, les autres membres s’exécutent autour de cette ossature et dirigent le son exactement où le dieu Gira l'exige, soit vers des cimes ténébreuses et tourmentées où la pleine conscience se brise sur des versants saillants.

Exigeant, voir intransigeant, seul maître à bord d'une embarcation frayant au travers du tumulte, Michael Gira est LA figure de proue de Swans, quitte à laisser les autres comme de simples faire-valoir.

Pourtant, inutile d'êtres devin pour constater que Swans ne serait pas ce qu'il est actuellement, sous une autre configuration.

Derrière cet effacement, qui semble parfois confiner à l'ennui –suffit d’observer Kristof Hahn, délégué au pedal steel, qui mastique un chewing-gum– se cache en fait le secret de Swans ; soit une harmonie parfaite au sein d'une hégémonie indiscutable.

Cinglant l'air de ses bras, exhortant sa troupe, l'homme au stetson (absent de son chef, ce soir) dirige donc l'auditoire vers le gouffre tendu comme une gueule affamée.

L'écume aux lèvres, la créature nous happe.

Rares sont celles et ceux qui s'échappent ou font mine de vouloir y échapper.

Après plus de deux heures de célébration, la messe est dite.

En communion avec leur public, les cygnes tirent leur révérence.

Majestueux.

Les tympans déchirés mais l'esprit libéré, la foule peut alors se retirer.

Dehors, la nuit est douce.

Les premiers avis s'échangent sur le parvis.

Au bout de l'expérience, résonne pour un long moment encore l'écho de Swans.

(Organisation Reflektor)

 

 

Recorders

Pas un grain de sable, dans cette belle mécanique…

Écrit par

Le 15 mai, Broadcast Island et Birdy Hunt assuraient le supporting act d’un des groupes les plus en vogue sur la scène belge, à savoir Recorders.
C’est dans l’enceinte de l’Alhambra, salle charismatique située en plein cœur de la Capitale Européenne de la Culture, que se déroulait l’événement du jour. Si le son était de mauvais à moyen au fur et à mesure du déroulement des différents spectacles, l’ingénieur son s’en est plutôt bien tiré lors de la troisième prestation ! L’endroit souffre en effet de l’effet désastreux de trop nombreux échos difficiles à maîtriser, semble t-il…

Place à Broadcast Island. Autant le dire, même s’ils manquent ici et là d’un peu de précision dans le jeu, que les quatre gaillards, à l’allure juvénile, ont livré un show bien croustillant et percutant !

Passionnés de musique, les Bruxellois se sont déjà forgé une solide expérience. Intitulé « Everyone say Yeah ! », leur Ep leur a permis de pénétrer au sein de la jungle musicale. C’était en 2012 et le band militait alors sous le patronyme de Hey Yeah.

Après six ans d’existence, il a tout simplement décidé d’en changer. Comme une envie de se reconstruire, faire fi des erreurs du passé et embrasser de nouvelles ambitions.

Convaincant à souhait, BI enchaîne les dates et se voit même proposer le circuit tant envié de salles plus importantes telles que l’AB Club (en 1ère partie de Minéral, projet du guitariste d’Archive, Craig Walker), le Botanique (de Strypes), le Belvédère (d’Intergalactic Lovers) ou encore dans le cadre du BSF. C’est dire l’engouement dont il fait alors l’objet !

Etrangement, la voix du singer n’est pas sans rappeler un certain… Morrissey. Ce mimétisme bien involontaire trouble parfois !

Leur fer de lance ? Le rock ‘rentre dedans’ ! Ils sont jeunes, talentueux et en ont dans le pantalon. J’ai hâte de les revoir lorsqu’ils auront pris quelques années de bouteille !

C’est ensuite au tour de Birdy Hunt de titiller nos récepteurs auditifs. Et c’est un euphémisme… Ces Parisiens ont partagé une même affinité musicale commune lors d’une soirée festive.

Très vite, les répétitions s’enchaînent et donnent naissance à une salve de titres pêchus !

S’ensuit une tournée d’une quinzaine de dates en Angleterre, terre promise du bon son. Le retour sur investissement est immédiat. Les gars se forgent rapidement un nom dans ce milieu très fermé !

Cette escapade les entraîne dans les studios londoniens de Denmark Street. Un premier album est gravé en 2008. Malheureusement, il restera inédit !

La véritable consécration arrive en 2011. Des concerts à gogo, une participation à la sélection SFR Jeunes Talents pour le Printemps de Bourges et les ‘Avant Seine’ de Rock en Seine.

Finaliste du prix RLM l’année dernière, Birdy Hunt publie « Shoplift ». Une claque !

Proposant une expression sonore sise à mi chemin entre les Killers et Bloc Party, le set prend la forme d’une thérapie de groupes aux dépressifs qui auraient eu la bonne idée de se fondre dans la fosse !

Ces gamins, poseurs, arrogants, mais très professionnels sont taillés pour le ‘live’ ! Ils ont assuré comme des grands ! Quelle prestation !

La cohésion entre les musiciens en dit long ! Ici, pas de place pour l’individualisme !

L’enseigne lumineuse placée au fond de la scène et les LED à l’intérieur des fûts du drummer communiquent même des réminiscences seventies. Grandiose !

Recorders avait l’honneur de clôturer ce mini festival. Adoptant une ligne de conduite plus commerciale que ses deux prédécesseurs, le groupe cultive une pop mélancolique assez classique, mais aux accents pop/rock issus de l’Oncle Tom, le tout stimulé par des beats métronomiques et balayé de nappes de synthé atmosphériques.

Gordon, le leader du band, fonctionne au diesel ! Quoique formé en 2006, le premier album ne tombe dans les bacs qu’en 2014. Mixé par Tony Hoffer (M83, Phoenix, Air, Beck, The Fratellis), à Los Angeles, et financé partiellement grâce au Crowdfunding, « Above The Tide » permet au groupe de décrocher plus ou moins 70 dates (dont une mini tournée en Angleterre) et s’assurer de l'airplay sur Pure FM et Studio Brussel, depuis 2012.

Propulsés au rang médiatique par le clip « Purple and Gold » qui a recueilli plus de 50 000 vues dès la première semaine, Gordon Delacroix, Alexandre Meeus, Arnaud de Ghellinck et Florian Donnet (il fêtait ses 25 printemps) s’étaient grimés le visage comme d’habitude. Une manière comme tant d’autres d’affirmer une identité un peu tribale. Seul Pierrick Destrebecq, le drummer, ne s’était pas livré à ce rituel. Comme pour se distancer des autres…

Durant près d’une heure, le combo va balancer une salve de titres tous plus festifs et entraînants les uns que les autres, oscillant de « Kelly » à « Someone Else's Memory », en passant par « 85 MHP » et « Colorimetic ». La tristesse et l’amertume n’ont pas leur place dans la setlist.

Le batteur s’en est livré à cœur joie tout au long de « Wolf Drums ». Son drumming est d’une précision incroyable ! Il percute sans vergogne fûts, caisse claire, grosse caisse et diverses cymbales de manière incisive et sans la moindre hésitation ! La maîtrise de cet instrument de musique ne s’improvise pas ! A bon entendeur…

La formation a interprété un titre du prochain elpee qui sortira tout prochainement, histoire de goûter le dessert avant le menu principal, en quelque sorte. La patte sonore est toute aussi reconnaissable. Ce qui n’est pas de nature à augurer des surprises… Wait and see !

En guise de clôture, « Beach » a rappelé qu’il était temps de se dire au revoir. Le marchand de sable n’était en effet plus très loin, même s’il n’a jamais enrayé du moindre grain, cette belle mécanique…

(Organisation : Alhambra)

Sylosis

La maîtrise de la puissance

Écrit par

En ce jeudi 14 mai, ce n’est pas vers un ciel quelconque, mais bien dans la petite ville flamande de Vosselaar que l’Ascension du jour s’est déroulée. Tout comme la figure mythique du grand barbu qui change l’eau en vin (NDR : pour la circonstance, la bière aurait été plus appropriée), c’est un Sylosis ressuscité qui est apparu ce soir sur les planches du Biebob. En effet, fin septembre 2013, les Anglais, alors en supporting act de Trivium et DevilDriver, sont proches d’y laisser leur peau, suite à un accident de voiture. Profondément marqués par cet évènement, les artistes sortent, au début de cette année, telle une catharsis, l’album « Dormant Heart ». Déclinaison par la scène.

C’est sous un crachin indigne d’un mois de mai que votre serviteur débarque devant le Biebob. Quelques badauds, adossés à la façade, bravent la pluie et grillent une cigarette. Une porte dérobée sur le côté permet d’entrer dans cet espace hybride, à mi-chemin entre le bar et la salle de concert. Ambiance intimiste assurée. La maigre affluence est probablement la conséquence de ce jour férié. On ne peut pas dire qu’on se bouscule. Mais bon, finalement, rien de tel pour profiter du spectacle à son aise.

Tout droit venu de San Diego, Wovenwar grimpe sur le podium. Quoique responsable d’un seul elpee à son actif, paru l’année dernière, la formation californienne n’est pourtant pas inconnue sur la scène Metal. Et pour cause, elle implique le chanteur de Oh, Sleeper. Et puis des membres du combo de Metalcore As I Lay Dying qui, pour pouvoir poursuivre leur job –vu que leur vocaliste s’est fait coffrer pour avoir payé un tueur à gages, afin de liquider sa femme– ont donc décidé de changer de crèmerie. Wovenwar joue ici davantage la carte du Heavy Metal, malgré une image quelque peu hétéroclite. Tel un Gaulois à la moustache plus que fournie et voluptueuse, Jordan Mancino siège derrière les fûts. Nick Hipa, le guitariste, pourrait être un cousin germain de Chuck Billy. Et Josh Gilbert, casquette à l’envers vissée sur le front, se consacre à la basse. Un étonnant tableau ! Mais il faut reconnaître que la prestation musicale est moins éclatante. Le groupe est en effet loin de bénéficier, ce soir, d’une balance de son optimale. La belle voix de Shane Blay est étouffée et les parties de guitares sont à la fois confuses et uniformes. Ce qui n’empêchera pas le quintet de donner ce qu’il a dans le ventre. Pour un public qui va se montrer réceptif et enthousiaste. Neuf des quinze plages de leur LP seront exécutées pendant ce set, au cours duquel le frontman va s’armer de sa six cordes, pour trois d’entre elles. Tous les ingrédients étaient bien présents, et il en a fallu de peu pour que la sauce prenne.

Les roadies débarrassent ensuite le matos afin d’installer celui de Sylosis. Les Anglais ne s’embarrassent apparemment pas de décors superflus. Seuls deux petits amplis Marshall (au fond orange flanqué d’un ‘S’ entouré d’un cercle noir) évoquent l’imagerie du band. La petite salle anversoise est à peine plongée dans le noir que retentissent les premières notes de l’épique « Wheres the Wolves Come to Die ». Les artistes apparaissent un à un sur l’estrade, mais le vocaliste Josh Middleton rencontre des problèmes avec sa gratte. Très calmement, un roadie vient à son secours et l’aide à enfourcher une nouvelle, pendant que s’écoule petit à petit l’inquiétante introduction du morceau. Middleton finit par s’en sortir et y replonge sans aucune difficulté. Il rejoint son micro et commence à s’époumoner. Force est de constater que les soucis techniques rencontrés par Wovenwar ne sont plus ici du même ordre. Ce n’est certes pas encore parfait mais désormais tout à fait acceptable. Bien qu’en tournée pour la promotion de son dernier elpee, « Dormant Heart », Sylosis n’oublie cependant pas d’intégrer de plus anciennes compos, la setlist épinglant deux morceaux de chacun de ses précédents opus. 

Les Britanniques ne sont pas du style à arpenter la salle dans tous les sens. Tout le monde reste à sa place et se concentre sur l’exécution des morceaux, tissant petit à petit une bulle qui graduellement va englober l’auditoire. Pas la peine de mentir, ce n’était pas l’affluence des grands soirs. Seule la moitié de la petite salle était remplie. N’empêche que les metalheads qui assistaient au show savaient pourquoi ils étaient venus, écoutant tantôt presque religieusement certains passages lancinants et hypnotiques (« Leech », « Mercy ») mais donnant également de la voix quand la situation s’y prêtait, se lançant même timidement dans un circle-pit et un ‘wall of death’, à la demande des artistes.

L’aspect le plus impressionnant de cette soirée a sans doute été de pouvoir ressentir physiquement l’aspect technique des compos, mais également des émotions aussi diverses que variées en notes. Tout en parvenant à contenir intérieurement cette puissance presque jouissive, quoique insidieuse. Bien palpable, elle n’est jamais dévoilée au grand jour. Elle pointe juste le bout de son nez, de temps à autre. Une intensité que le band parviendra à entretenir tout le long du set qui, au final, aurait pu durer un peu plus longtemps. Une heure de spectacle, comme tête d’affiche, ce n’est pas le minimum syndical mais on n’en est pas loin. A moins d’être forcé de marcher un caillou dans la chaussure, Sylosis a donc encore de belles années devant lui.

P.S. : le 20 décembre 2014, la chronique de l’album « Dormant Heart » s’achevait par la phrase suivante : ‘(…) à voir si le band parviendra à transcender de la même manière son public, quand il montera sur les planches ». Pari gagné!’

Setlist : Where the Wolves Come to Die - Fear the World - Dormant Heart - To Build a Tomb - Mercy - Teras - Servitude - Leech - All Is Not Well - Altered States of Consciousness - Empyreal - Conclusion of an Age (rappel).

(Organisation : Biebob concerts)

Arsenal

Une véritable fête à la musique…

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Un fameux évènement s’est produit à l'Ancienne Belgique, au cours de ce mois de mai, puisqu’un même groupe (Arsenal) est parvenu à aligner 6 dates, toutes sold out. Côté records, seuls Channel Zero est parvenu à en faire autant (6) et Puggy un peu moins (4). Arsenal a donc voulu fêter sous cette forme, ses 15 années d’existence. La formation aurait pu remplir quatre fois de plus la grande salle, sans problème. Lors de ces soirées, le band a eu le bon goût d’offrir un cadeau à chaque spectateur, en l’occurrence un code qui lui a permis, pendant 24 heures, de télécharger l'enregistrement de vos cris et applaudissements pendant le show et le concert dans son intégralité.

Le grand rideau rouge est fermé. Fait plutôt rare à l’AB. Un piano, des machines et des samplers entourent un micro et un siège. Lydmor assure la première partie d'Arsenal et elle dispose de très peu d’espace pour son récital. Très jolie, cette Danoise nous vient plus précisément des Iles Féroé. Sa musique est électronique, mais aussi et surtout étrange. Une expression sonore qui soutient sa voix très particulière. Un chant hanté, passionné. Malgré le peu de surface disponible, elle parvient à danser. Et même à parcourir la fosse de long large, avant de s’écrouler presque aux pieds de votre serviteur. Pour son plus grand bonheur… Du public aussi, totalement conquis par sa prestation, il faut le préciser. Dans le passé, elle a déjà participé aux concerts de la bande au chanteur/guitariste John Rohan et claviériste/bidouilleur Hendrick Willemyns…

Arsenal n’est pas encore monté sur les planches, et l’ambiance est déjà fiévreuse. Le rideau rouge s'ouvre et laisse apparaître une forêt de grands arbres, illuminé par l’arrière. Une roue de spots à leds trône juste au-dessus d'Hendrick. A sa gauche, David Donnat (Suarez) se charge des percus. Et juste devant lui, s’est glissée la choriste Charlotte Adigéry. Bruno Fevery, le second gratteur, s’est planté à l'extrême gauche, et Mirko Banovic (Arno), le bassiste, à l'extrême droite, les deux sur une même ligne. Dirk Loots, le drummer est installé entre Mirko et la futaie. Sans oublier la très sexy et sympathique Léonie Gysel. Lors d’un concert d’Arsenal, il y a de la musique, de la danse, mais surtout une grande fête à laquelle communie l’auditoire. En 120 minutes, elle va nous conduire au 4 coins du monde, à travers différents climats reflétés par leurs albums publiés à ce jour.

Le set s’ouvre par « Angola » (NDR : extrait du premier LP, « Oyebo soul »), une compo qui baigne dans une atmosphère afro. Polyglotte, John la chante en dialecte africain. Dynamisée par les percus, la musique est largement métissée. Et puis, la plage intègre des chants d’oiseaux, un peu comme si cette nature était bien vivante.

« The Coming » est un extrait du second elpee, « Outsides », paru en 2005, titre au cours duquel on retrouve souvent Gabriel Rios, comme invité. Il n’est pas de la partie ce soir. Issu du même long playing, « Switch » est découpé par des guitares incisives et balisé par la section rythmique. « Mister Doorman » et « Amelaka Motinga » opèrent un retour au premier LP. Deux morceaux funkysants et colorés, propices à la danse. Et croyez-moi, la foule gigote allègrement dans toute la fosse.

John, Léonie et Shawn Smith (NDR : guest, il n’en est pas à sa première participation lors d’un spectacle d’Arsenal) chantent « Pacific » (NDR : qui figure sur « Lokemo »). Cap vers le Brésil pour « Saudade Pt 1 et 2 » (« Outsides »). Estupendo », c’est la plage d’ouverture de « Lotuk », gravé en 2008. Une compo un peu particulière pour Didier. Sa préférée, en quelque sorte. John pousse sa voix dans les aigus sur « High Venus » et « Not Yet Free », deux compos atmosphériques particulièrement synthétiques…   

Léonie transcende sa voix pour interpréter « Longee ». Elle en profite également pour exécuter quelques pas de danse africaine en compagnie de sa collègue Charlotte. John et Léonie sont partout sur les planches. Ils interagissent constamment avec l’auditoire. Si tu souffres du dos ou des jambes, il est inutile de te rendre à un concert d’Arsenal. Car tu vas en faire de l'exercice sur le dancefloor.

Lydmor débarque sur l’estrade. Elle vient poser la voix sur « Temul ». Puis c’est au tour de Shawn Smith de poser la sienne aux côtés de celles de John et Léonie pour « Lotuk », qui clôt le spectacle. Les artistes s'éclipsent. Mais on sait qu'ils vont revenir.

On installe un piano à l'avant de la scène. Shawn se le réserve pour adapter « Either ». Lydmor se consacre une dernière fois au micro sur « Sharp Teeth ». Et « Melvin » constitue le point d’orgue de cette véritable fête à la musique. Si vous n’avez jamais eu le loisir d’assister à un show d’Arsenal, je vous le conseille vivement. Leurs spectacles sont chaque fois différents et vous y passerez un excellent moment festif.

(Organisation : Live nation)

And So I Watch You From Afar

De vraies piles électriques !

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Ce mercredi 6 mai, le Vk* accueille en son sein And So I Watch You From Afar (ASIWYFA). Originaire de Belfast, la formation vient de publier son nouvel opus. Il s’intitule "Heirs". Et elle est venue le défendre. Fidèle au public noir-jaune-rouge, elle se produit en Belgique, quasiment tous les quadrimestres. D’ailleurs, celles et ceux qui ont manqué le set de ce soir, pourront revoir le band dans le cadre du festival de Dour, le 19 juillet prochain.

Pour assurer le supporting act de sa tournée européenne, le groupe a choisi Henry Kohen aka Mylets. Un artiste américain qui est hébergé sur le même label, Sargent House. Et c’est une excellente idée. Ce prodige de la guitare a publié récemment son premier elpee. Un disque dont la musique oscille entre noise et post math rock. Il monte sur l’estrade vers 20 heures. Malgré ses 20 printemps, il ne semble pas du tout impressionné par un auditoire à moitié rempli (ou vide selon). Pendant une heure, il va tenir public en haleine grâce à des compos bien ficelées et bluffantes de maîtrise. Et celle sur sa six cordes l’est tout particulièrement. Une excellente découverte pour une soirée qui débute parfaitement.

Vers 21h, les lumières s’éteignent. Le Vk est à présent bien garni et on sent la température monter de quelques degrés. Les deux gratteurs prennent place aux extrémités du podium, tandis que le bassiste (un barbu imposant par sa stature), s’installe au centre, devant le batteur. Dès les premières notes, pas de doute, le son est toujours aussi caractéristique. Et ce math/rock caoutchouteux fait instantanément mouche. Le headbanging peut commencer… ASIWYFA livre d’abord plusieurs morceaux tirés de son dernier LP. Et franchement, ils tiennent la route. Les Irlandais du Nord n’ont rien perdu de leur fougue et de leur énergie. Les guitaristes seraient-ils atteints d’hyperkinésie ? Une chose est sûre, lorsqu’ils ne bondissent pas, ils courent d’un côté à l’autre de la scène tout en enchaînant les solos. De vraies piles électriques ! On se demande également comment le batteur parvient à pilonner ses fûts à une cadence aussi frénétique. Et parfois pendant dix bonnes minutes. En outre, il crée une interactivité avec la foule, notamment lorsque les compos recèlent des chœurs, des exercices de style qui correspondent parfaitement au contexte. Pendant l’heure et demie de concert, l’intensité ne faiblira jamais. Toute personne normalement constituée se serait effondrée après 60 minutes de combat. Au cours duquel tous leurs meilleurs titres y passeront. Et si les spectateurs en ont eu pour leur compte, ils en réclament encore…

And So I Watch You From Afar possède la classe des groupes capables de transcender ses compos en ‘live’. Et le combo a bien compris ce que les mélomanes attendent d’eux sur les planches…

(Organisation Vk*)

Voir aussi notre section photos ici

C.W. Stoneking

Le présent conjugué au passé…

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Il s’agit de la troisième soirée passée d’affilée, par votre serviteur, à l'Ancienne Belgique. Il y a 37 ans qu’il la fréquente, soit depuis l’âge de 16 ans. Et il s’en est déroulé des concerts d’anthologie, sous ses yeux et les oreilles grandes ouvertes. Ce soir, le spectacle est intégralement consacré à des découvertes. Soit C.W. Stoneking et en supporting act, Fernando Gonzalez. La salle est en mode flex (théâtre assis)

Fernando Gonzalez est un guitariste qui pratique le finger-picking. En Belgique, Jacques Stotzem et Antoine Goudeseune en sont également de dignes représentants. Chiliens, ses parents et grands-parents étaient des guitaristes professionnels. S’il a choisi la nationalité belge, ce sixcordiste talentueux est à la fois inspiré par le classique et le flamenco. Il est également professeur au Conservatoire d'Anvers.

Sur les planches, Fernando est soutenu par un pianiste. Pas courant d’assister à ce type de spectacle à l’AB. Il prend place sur un siège, à droite du podium. Il tient sa gratte un peu à la manière de Django. Il signale qu'il va interpréter de la musique classique et latine. Le concert s’ouvre en duo par une superbe reprise d'Astor Piazzola. De Vivaldi à Marco Pereira, les adaptations sont superbes. Le set baigne dans une ambiance latine. La guitare devient carrément agressive pour « La Vie Est Brève » de Manuel Falla (NDR : ce pianiste espagnol a bossé en compagnie de Claude Debussy et Maurice Ravel). L’artiste a perdu sa setlist. Un petit moment de silence suivi rapidement de l'hilarité générale au sein de l’auditoire. Ouf, Fernando l’a retrouvée et peut poursuivre le concert qu’il achève par un titre signé par l'Argentin Abel Flery. Grâce à sa technique, Gonzalez nous a carrément bluffés. Une belle entrée en matière…

Place ensuite à Christopher William aka C.W. Stoneking. Très particulière, sa voix s’adapte parfaitement à son répertoire. Perso, je pensais qu’il était issu du Sud des States, tellement il a un accent à couper au couteau. Mais non, il est australien. Peut-être existe-t-il, au pays des kangourous, un Delta et un Bayou, tellement sa musique est contaminée par le blues et le roots.

Le podium est parsemé de plantes exotiques. Un squelette trône devant la batterie et une perruque blanche sur un présentoir. C.W. monte sur l’estrade. Il est armé de sa gratte et se plante juste devant le drummer, Jacob Kinniburgh. Deux charmantes choristes vêtues de robes charleston, prennent position à gauche. Il s’agit de Maddy et Memphis, aka The Kelly Sisters. Andrew Scott, le contrebassiste/bassiste, choisit le côté droit. Stoneking joue du blues, mais un blues qui oscille du plus classique à celui des années 30, et qu’il teinte de swing, de jazz, de roots et de gospel. Ce n’est pas le premier show de l’artiste en Belgique. Son fan club est assez conséquent. Et on va s’en rendre compte au cours du show.

« How long » ouvre le bal. C’est un extrait de son nouvel opus, « Gon' Boogaloo ». Les sonorités de gratte (une Fender jazzmaster - Firemist de 1965) sont vintage et lo fi. On a l’impression de déambuler au sein des rues de Détroit pour ce titre très années 40. Chœurs gospel et grosse caisse font pétiller l’ensemble. Le décor roots est planté. La voix de CW est impressionnante. Andrew a opté pour la contrebasse sur « I'm The Jungle Man ». C.W. a davantage recours au spoken word qu’au chant et il est remarquablement secondé par les voix féminines. Le swing est omniprésent, mais il manque de cuivres. Des aficionados commencent à jumper, à droite de l’auditoire. Gospel/soul, « The Love Me Or Die » (NDR : tiré de « Jungle Blues »), nous entraîne dans un vieux club de jazz enfumé, pour y siffler un tord-boyaux, comme à l’époque de la prohibition. Suranné et langoureux, « Mama Got The Blues » est beau à pleurer. Idéal pour danser un slow. Les choristes ont rejoint les loges. La suite du spectacle sera plus festive…

« The Thing I Done » passe en revue flamenco, roots, reggae et même ska (la section rythmique !) On a franchement envie de danser. Tout comme pour « The Jungle Swing ». De vieilles perles remises au goût du jour et qui enchantent. Le présent conjugué au passé. Pas de cuivres ni de banjo pour « Jungle Blues », un morceau qui pourrait servir de bande sonore à un film muet. Les filles opèrent leur retour pour « Good Luck Charm », une compo à l’atmosphère ‘philspectorienne’ qui nous rappelle les sixties et tout particulièrement The Ronettes et The Crystals. « Tomorrow Gon' Be Too Late » est un blues ténébreux et poignant.

« He's Been A Shelter For Me » est une cover de The Soul Sirrers datant de 1961. Bien épaulé par la chorale soul, C.W. épate la galerie. « Get On The Floor » est un rockabilly endiablé, « The Zombie » un titre plus sombre et « Talking Lion Blues », une chanson récréative. Le set s’achève par une brillante interprétation du titre maître de son dernier opus, « We Gon' Boogaloo », un rock’n’roll enflammé réminiscent de Jerry Lee Lewis. Le dernier album est passé dans son intégralité à la moulinette.

Tout au long du show, C.W. interagit avec l’auditoire. Mais excusez-moi l’expression, mais putain, j'ai passé une belle soirée ! Dur, dur de revenir dans notre siècle. Je pense ne pas emprunter la DeLorean du Professeur Emmett Brown, mais m’exiler dans le Mississipi australien.

(Organisation : Ancienne Belgique)

 

 

Life Of an Owl In Alaska

Nom d'un hibou, comme c'était chouette !

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Life Of An Owl In Alaska est un trio guitare/basse/batterie qui trouve son équilibre dans l'émotion, la mélancolie et cette saine colère à laquelle nous avons tous droit. Il pratique du post-rock et fréquente principalement le milieu underground. A son actif, un Ep paru le 19 avril dernier, chez God Hates God Records. Il s’intitule "My first Kill" et ses trois titres adoptent des noms de ville : « Paris », « San Marino » et « Kiev ».

Les mélodies sont principalement produites par la guitare électrique.

Elles reposent sur des suites d'arpèges dont les notes, tantôt caressées, tantôt attaquées vigoureusement s'entrechoquent et s'harmonisent sur des nappes d'échos habillement poussées aux extrêmes.

D'un point de vue rythmique, basse et batterie s'accordent parfaitement et se greffent subtilement aux compositions de leur acolyte.

Mention spéciale au batteur.

Il ne joue pas les morceaux, il les vit, les transpire et leur permet de prendre une troisième dimension.

Visuellement, il s'agit là d'un atout non négligeable quand on se partage les planches à trois.

Une diffusion vidéo pour les ‘live’ serait la bienvenue. Sans doute les musicos y pensent-t-ils.

Et puis, ce nom de groupe : Life Of An Owl In Alaska (La vie d'un hibou en Alaska)

Rien que ça les amis !

Mais tout est dit ! Enfin presque.

En quelques mois d'existence, le combo a déjà accordé quelques concerts.

Le premier s’est déroulé à Lille le 9 avril 2015. Et les suivants, à Sedan, Mons, Dour et Honnelles.

Il se produira ce 16 mai du côté de Jumet, à l'Open Fest.

Une aventure outre-Manche est programmée, mais on n’en sait pas plus.

Polar Polar Polar Polar était programmé dans la foulée. Il a également fait un tabac, mais dans un style différent. Quoique toujours post rock. C’est-à-dire, sans chanteur…

Un samedi 9 mai, j'ai entendu de la musique, j'ai poussé la porte et je suis entré... 

(Concert privé)

Lightnin' Guy

A l'instinct et au feeling !

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Ce soir à l'Ancienne Belgique, il y a du peuple. Dans la grande salle c'est sold out pour le set du quatuor ostendais The Van Jets ; et au Club également, pour la release party et la première date de la tournée européenne de Lightnin' Guy Verlinde. Pour votre serviteur, c'est le second spectacle à l'AB en 2 jours.

Lightnin' Guy est un jeune bluesman belge issu du Nord du Pays. Il est d’ailleurs né le 22 mars 1976 à Aartrijke, un village situé à proximité de Bruges. Très connu et apprécié en Wallonie, il est hébergé par le label français Dixiefrog, une écurie au sein de laquelle on retrouve Beverly Jo Scott, Bjorne Berge, Dom Flemons, Duke Robillard, Joe Louis Walker, Fred Chapellier, Lucky Peterson et j'en passe. Depuis le début de ce millénaire, il accorde une centaine de concerts par an aux Pays-Bas et en Belgique ; en outre il a déjà été programmé dans les principaux festivals tels que le légendaire Blues Peer ou le Gouvy And Blues. Il vient de publier « Better Days Ahead ». Avant de se lancer dans une carrière individuelle, il avait gravé 7 elpees, au sein de The Mighty Gators, One Man Band et Hound Dog Taylor. Il a même enseigné le blues à l’école, en compagnie de Tiny Legs Tim, dans le cadre du projet éducatif ‘Blues In Schools’. Il a joué en compagnie d’Ina Forsman, le représentant de la Finlande lors de l’édition 2014 de l'European Blues Challenge, qui s’était déroulée à Riga. Déjà en 2013, lors de la présentation de l'album « Inhale My World », il avait séduit et conquis un AB Club comble. Il a également assuré la première partie du show mémorable de John Mayall, en 2014. Pour l’anecdote, ce vétéran (NDR : il a 82 balais), y avait accueilli son public à l’entrée, puis vendu ses cds au merchandising avant et après le spectacle. Et Guy avait également joué en première partie de cette légende, au Blues Café (Classic 21) de Francis Delvaux. C’est là que je l’avais découvert.

Arrivé sur place vers 19h15, Guy traverse la salle en saluant chaque spectateur. Il vient tester une de ses trois guitares fétiches, dont une Dobro (NDR : sa carcasse métallique explique sa résonance très particulière) et puis disparaît derrière la scène, pour se diriger vers les loges.

Le concert démarre à 20h30 précises. Pas de supporting act. Et on est parti pour 120 minutes de set. Rares sont encore les artistes qui dépassent le cap d’1h30 de prestation. Une belle forme de respect vis-à-vis du public et des aficionados. Le Club est blindé ou en mode boîte à sardines, si vous préférez. Guy squatte d’abord seul sur le podium. Ses trois musicos sont adossé contre le mur, à droite. Après un petit discours bilingue, ponctué d’un sourire ravageur, il attaque « Grinnin' In Your Face », a capella. Il s’agit d’une cover de Son House, un des premiers pionniers du Delta blues. L’auditoire est déjà sur le cul.

Guy empoigne sa Dobro et s’attaque à « Don't You Cry », un extrait de « Blood For Kali », opus paru en 2012. Un gospel poignant qui raconte l'exode des ‘boat people’. Son backing group, The Mighty Gators, le rejoint sur l’estrade. S’installe à gauche, le guitariste Toon Vlerick, à droite, le bassiste Karl Zosel, et derrière ses fûts, Thierry Stiévenart. Le plus lessinois des quatre qui a emmené avec lui son fan-club.

Guy chante d’une voix proche de Bertrand Lani (NDR : le petit frère du leader de Fred and The Healers) « Sacred Gound », une compo qui trempe dans l'americana pur jus. Ou dans le bluegrass, selon. « Heaven Inside My Head » est un extrait du nouvel opus, un blues électrique presque hard, caractérisé par des interventions de grattes huileuses, graisseuses. Guy ne respecte pas la setlist. Elle est même aléatoire. Il joue à l'instinct et au feeling. Un mot ou un geste, un peu dans l’esprit du Boss, et les musicos embrayent. Le combo parvient à sublimer le « What A Wonderful World » de Louis Armstrong, sans avoir recours aux cuivres. Balayé par des guitares lancinantes, « Feel Alive » est un boogie teinté de rhythm’n’blues qui se mue, fin de parcours, en americana. Les sixcordistes écrasent leurs pédales wah wah sur le plus sauvage « Into The Light ». Un régal ! La température vient de grimper de quelques degrés. A ma droite, quelques mamies sont au bord de l'évanouissement.

Toon excelle à la slide tout au long de « No Time To Waste », tiré de « The Banana Peel Sessions », un long playing paru en 2010. Dommage qu’il n’y ait pas de cuivres. Nouvelle compo, « Call On Me » replonge dans le bluegrass et la country. « Inhale My World » est une ballade empreinte de tendresse. C’est aussi le titre maître d’un LP gravé en 2013. Guy plaisante avec les spectateurs des premiers rangs. Il leur déclare habiter Gand, mais être originaire du point le plus haut de Bruges, à une altitude de 52 mètres. Il faut le croire sur parole. Impossible de vérifier ses propos. Encore un titre récent, « Wild Nights ». Guy nous réserve sa première intervention à l'harmonica. Et elle est splendide ! Place à « Me And My Blues », un slow blues crapuleux, au cours duquel les mamies ne se tiennent plus. Le concert est presque terminé. Après un « Mr Maxwell Street », qui permet au public de jumper, il achève le set par le classique « Bon Ton Roulet ». Chanté en acadien et adapté par les plus grands, il se traduit en français par « Laissez les bons temps rouler ».

Lors du rappel, le quatuor aborde le titre maître du dernier elpee, « Better Days Ahead ». Très pro, Guy Verlinde est une véritable bête de scène, mais également un type très sympa.
En outre son talent ne l’empêche pas d’entretenir un contact permanent avec son public. En tout cas, très énergique son show était vraiment superbe. Que demande le peuple ?

(Organisation : Ancienne Belgique)

Charlie Winston

Quel showman !

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Ce soir, tout le monde croise les doigts pour que le concert ne soit pas encore reporté à une date ultérieure, comme déjà, précédemment, à deux reprises. Charlie Winston était attendu à l'Ancienne Belgique le 24/11/2009. Malade, il avait fait faux bond. Le show avait cependant été reporté à Forest National ; et il avait été magique. Pour son deuxième passage à l’AB, prévu le 26/03/2012, dans le cadre de la présentation du 2ème LP, victime d’une hernie discale, il avait à nouveau dû déclarer forfait. Le spectacle avait été également reporté au 08/04/2012. En débarquant à l’AB, pas d’affiche d’annulation. Ouf ! C’est une bonne nouvelle. Je me place donc dans la file, en attendant l'ouverture des portes. Adulé en Belgique et dans l’Hexagone, Charlie Winston est pourtant méconnu en Grande-Bretagne. Et pourtant, il est né dans les Cornouailles et chante dans la langue de Shakespeare. Le spectacle est sold out !

 C’est en 2007 que Charlie rencontre Peter Gabriel. Ce dernier l’invite à assurer la première partie de sa tournée européenne. Deux ans plus tard, il publie son premier long playing, « Hobo », qu'il étrenne sur tous les continents. En 2011, il embraie par « Running Still ». Considéré comme un tournant dans une carrière, son troisième, « Curio City », vient de paraître. Sur son propre label. Enregistré au sein de son studio londonien, il est celui de la maturité. Charlie s’est chargé de toute l’instrumentation, sauf des drums. Il en a assuré également la production. Mixé par Ruahdri Cushnan (Ed Sheeran, Mumford And Sons), l’LP marque un virage électro.

Le supporting act est assuré par le nouveau batteur de Charlie, Sam Walker. Un homme-orchestre, qui se réserve la guitare électrique ou acoustique, les percus, le synthé et le chant. Il est venu défendre son premier elpee, « Point ». C’est Charlie en personne qui vient présenter son musicien, appelé à squatter le podium toute la soirée. Sympa ! 30 minutes de set qui démarrent à 19h45. Après avoir interprété un premier titre paisible, l’artiste commence à mettre du rythme dans ses compos. Sa voix est assez particulière et il excelle tant à la gratte acoustique qu’électrique. Il est assis sur un cajon, pas seulement pour s’en servir comme siège, mais pour le marteler du pied à l’aide d’une pédale de grosse caisse. Il parle à la foule entre ses compos ; et en français !

Sam s’accompagne à la fois aux claviers et aux percus sur la jolie ballade « This Is The Blues » ; et s’en sort parfaitement. Plage d’ouverture de son opus, « Dreamtime », permet à la voix et la six cordes de s’envoler graduellement. Dominé par les claviers, « Blood Cells » baigne davantage dans l’électro. Pas mal du tout ! Sa palette de styles est variée. Elle est même diablement capable de se colorer de folk, de bluegrass ou de rockabilly.

C'est la troisième fois que Charlie affronte le public de l'Ancienne Belgique. Le backing group de Charlie a été renouvelé. Plus de Ben Edwards à l’harmo, ni de Medi à la batterie, remplacé, bien sûr, par Sam Walker. Le line up est complété par un bassiste chevelu, et surtout talentueux ; et d’un claviériste, qui harangue constamment la foule. Hobo est vêtu d'un costume trois pièces à damiers verts pailletés et coiffé d’un chapeau mou neuf de la même couleur que le costard. Il se plante au milieu de la scène, sur une estrade surélevée et lumineuse. En arrière-plan, juste derrière le drummer, 8 rangées d'immenses miroirs vont se mouvoir en fonction du light show.

Pendant l’intro, la scène baigne dans les lumières bleues. Charlie est précédé par ses trois musiciens, pour monter sur le podium. Le set s’ouvre par « Too Long », une plage issue du nouvel elpee. La setlist épinglera d’ailleurs 9 autres pistes de ce disque : « Evening Comes »,« Truth », « Lately » , « Wilderness », « Say Something », « Another Trigger », « Just Saying », « A Light (Day) » et « A Light (Night) », morceau qui termine le show.

L’auditoire écoute religieusement ses compos les plus paisibles. Puis prend manifestement plaisir à écouter ses nouvelles chansons au profil davantage électro. A l’instar de « Just Saying » et « A Light (Day) », deux pistes découpées dans les guitares funkysantes qui invitent à rejoindre le dancefloor. Et même « In Your Hands » a subi le même traitement. Charlie en profite pour faire son jogging dans la fosse qu’il termine en hauteur sur un fly-case, juste à gauche de la table de mixage. Il va également saluer sa maman assise au troisième rang du balcon.

Le fond de commerce de Winston demeure bien sûr ancré dans le folk/pop. Des chansons contagieuses qu’on se surprend à fredonner sous la douche. Caractérisé par son sifflotement, « Lately » en est un parfait exemple.   

Charlie pousse la chansonnette sur « Saint-Claude » de la Reine Christine et embraie par le bouleversant « I Love Your Smile ». Un grand moment du concert au cours duquel le public donne de la voix. A la sauce électro, « Like A Hobo » enflamme littéralement l’auditoire, avant qu’« A Light (Night) » n’achève le show en douceur.

Lors du premier rappel, on a droit à trois titres. D’abord « Constant Sorrow / Speak To Me » que votre serviteur découvre pour la première fois. Puis une cover surprenante et chargée d’émotion du « Back To Black » d'Amy Winehouse, qu’il dédie à deux amis décédés. Et enfin « Kick The Bucket », au cours duquel il danse comme un automate, alors que le light show monte du dessous de la petite estrade, sur lequel Charlie est érigé.  

Second rappel sous les applaudissements, avant que Charlie Winston n’attaque « My Life As A Duck », a capella. Showman hors pair, il nous a accordé un excellent concert, ce soir. Sa voix, la richesse de l’instrumentation et l’excellent son, même si la basse me paraissait légèrement vrombissante, ont fait le reste…

Setlist :  Intro – Too Long (Jump On The Back)– Evening Comes – Truth –Lately – Wilderness – Say Something – Suburbs– Another Trigger– Hello Alone – In Your Hands – Saint-Claude (Christine and The Queens cover ) / I love Your Smile – A Light (Day) – Just Saying – Generation Spent – Like a Hobo –A Light (Night)

Rappel 1 : Constant Sorrow / Speak To Me – Back To Black (Amy Winehouse cover) – Kick The Bucket

Rappel 2 :  My Life As A Duck (a capella)

(Organisation: Live Nation)

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