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Eosine

L'éclosion d'une belle rose aux épines vénéneuses...

En marche vers un succès qui semble d'ores et déjà acquis, Eosine, le groupe de shoegaze originaire de Liège, fêtait, au Botanique (Bruxelles), le 'release' de son premier Ep paru chez Mayway Records, “Liminal”. Dans une Rotonde pleine à craquer, la formation emmenée par la talentueuse Elena Lacroix a, non seulement confirmé l'essai mais, en outre, a montré qu'elle possède une énorme marge de progression...

Dans la setlist, on retrouve, bien sûr, les 4 titres issus de “Liminal” : “Digitaline”, “Plant Healing”, “UV” et “Progeria” ; cependant, et c’est une surprise, tous les autres morceaux sont inédits. Et, pour être franc, ils sont époustouflants. L’expression sonore évolue toujours dans un style combinant shoegaze, post punk, dream-pop et inspiration mystique et/ou celtique mais le spectre musical est clairement en expansion grâce à des touches prog, krautrock, grunge et, par moments, carrément 'doom'.

Pour ce nouvel avatar d'Eosine, Elena est accompagnée de Dima Fontaine, qui militait auparavant au sein du groupe liégeois Naked Passion. Guitariste et chanteur, il apporte une palette musicale très riche et renforce parfaitement le travail vocal d'Elena. A leurs côtés, Benjamin Franssen à la batterie et Guillaume Van Ngoc à la basse, constituent une excellente section rythmique.

Ce qui frappe le plus, c'est la puissance de plus en plus affirmée du groupe en ‘live’. Le côté shoegaze éthéré est rehaussé, sur les planches, par une énergie brute et une maîtrise étonnante des pulsions et des flux. La formation alterne les moments aériens et les envolées rythmiques les plus féroces.

“Digitaline” est un bel exemple de cette versatilité. Joué à la fin du set accordé au Cinquantenaire, en juin dernier, le morceau est ici placé en lever de rideau et il permet de découvrir le registre du combo. Il se termine par une diatribe vocale hallucinante d'Elena, éructant comme une possédée au bord de la scène. L'ange habillé de blanc s'est déjà transformée en démon. Le tout, devant un public médusé, enthousiaste et hypnotisé. Après un seul morceau, la messe est déjà dite... On sait que l'ambiance va être torride !

Première compo inédite, “Limewood” reflète l’incontestable évolution. Tous les musiciens portent des tenues immaculées mais les tonalités sont de plus en plus sombres. Elena confiera plus tard qu'elle se met à nu dans ses nouvelles chansons. Les émotions qu'elle éprouve sur les planches l'entraînent parfois dans des moments de violence et de souffrance, au cours desquels elle part en transe et écartèle sa voix jusqu'à en tirer de véritables ‘grunts’. Son amour de la musique 'doom' (sludge, post-metal,...) est ici révélée au grand jour! Et puis, quelques secondes plus tard, elle abandonne sa Fender pour danser avec douceur et sensualité tandis que le rythme ralentit pour introduire “UV”. De toute évidence, le quatuor a mis à profit ses récentes résidences pour peaufiner les enchaînements et la mise en place de son show.

Pendant “Cherry Pink”, encore une nouvelle composition, Pyo, alias Karel Piot, le musicien bruxellois qui avait assuré la première partie, rejoint Elena sur le podium afin de partager un duo vocal endiablé. Après le très beau “Progeria”, le moment est venu de redécouvrir ce morceau inédit (NDR : bien qu’il ait déjà été interprété lors de précédents concerts) et très ambitieux : “Incantations”. Il démarre dans une forme de douceur shoegaze qui évoque Slowdive mais, très vite, Elena se remet à trembler et on devine qu'elle va, à nouveau, entrer en transe. En effet, les guitares explosent et la ‘succube’ se remet à cracher son venin, avec une violence indescriptible. On croirait entendre un morceau de Lethvm, le groupe de post-metal belge de Bois-de-Villers, avec lequel Elena a collaboré. Ensuite, le climat retourne au calme et elle quitte la scène, tandis que Dima Fontaine chante une mélodie apaisante. Mais c'est de courte durée, car la belle revient en courant depuis les coulisses, comme une furie, pour crier au-devant de la scène, sans micro... Un moment d'une rare intensité...

Cependant, l'apothéose doit encore arriver. Un dernier inédit, “No Horses”, va mettre tout le monde sur les genoux. Plus expérimental, il est tout d'abord calme, dans l’esprit de Björk et Cocteau Twins ; mais, suivant un format désormais bien établi, le chaudron entre petit à petit en ébullition avant une nouvelle éruption ! Elena scande frénétiquement ‘I am Lost and Found’ en criant de plus en plus fort, pour finalement se lancer carrément dans un ‘stage diving’ ! Un moment inoubliable !

Finalement, le concert n'a duré qu'une heure mais il a libéré une puissance phénoménale ! Le premier album du groupe est attendu impatiemment. Il paraîtra l'année prochaine sur Mayway Records, qui héberge déjà les excellents Haunted Youth. Passionné par le monde végétal, Eosine est une plante en pleine croissance et ce soir, on a assisté à l'éclosion d'une belle rose aux épines vénéneuses...

Pour consulter les autres articles (interviews, chroniques de disques, etc.) consacrés au band, cliquez sur le nom de l’Artiste dans le cadre ‘Informations complémentaires’, ci-dessous.

Si vous souhaitez écouter les interviews en podcast dans l'émission ‘WAVES’, c’est ici pour Eosine et pour le projet solo d’Elena, Tokyo Witch.

Setlist :

Digitaline
Plant Healing
Limewood
UV
Cherry Pink
Progeria
A Scent
Incantations
Above
No Horses

(Organisation : Botanique)

Crédit photo : Christophe Dehousse

ARXX

Une pop rafraichissante, teintée de punk garage…

Écrit par

Imaginez que Taylor Swift ait écouté Nirvana… c'est ainsi que ARXX décrit sa musique. Le groupe vit une période faste. Après avoir sorti son dernier single, « Trouble », et surtout assuré le supporting act de Taylor Swift à Wembley, le duo vient de sortir son deuxième album, « Good Boy », ce 4 octobre. Audacieux et sans complexe, caractérisé par un son rétro, riche en synthétiseurs, ARXX y transforme ses expériences extrêmement personnelles en un disque indéniablement accrocheur.

La salle n’est pas comble, mais bien remplie.

Grandma’s House, c’est le titre d’une série télévisée britannique burlesque, mais c’est également le nom du band qui assure le supporting act. Un quatuor féminin originaire de Bristol. Si cette scène y est en ébullition, les mouvements féministes et LGBTQ le sont tout autant. Ainsi, le band se revendique ‘queer’.

Le combo puise ses influences chez Idles, Heavy Lungs, LICE, Repo Man et même les Irlandais de Fontaines D.C., alors que les harmonies vocales correspondent davantage aux standards féminins insulaires incarnés par les contemporains Nova Twins et Big Joanie ainsi que des figures historiques comme les Slits. 0n pourrait également ajouter Joan Jett et L7, mais ces formations sont américaines.

A ce jour, la formation n’a pas encore sorti d’album, mais plusieurs singles et deux Eps, dont le dernier, « Who am I », est paru en mars 2023.

Le quatuor implique une drummeuse (NDR : qui joue sur le kit de batterie d’ARXX), une guitariste/chanteuse, une seconde sixcordiste et une bassiste, plutôt jolie, par ailleurs. 

« No Place Like Home » ouvre le set. Il évoque la perte de repères d’une Angleterre post-Brexit. Tout en ironie et sarcasme, « Always Happy » traite d’anxiété sociale, aboutissant à un hymne capable de fédérer tous les timides et paumés.

Si Grandma’s House ne réinvente pas la roue, son post punk ‘dark’ bien électrique et énergique libère une intensité menaçante dont on prend plaisir à se délecter… (page ‘Artistes’ ici)

Setlist : « Slaughterhouse », « Desire », « Nothing Special », « Haunt Me », « Screw Up », « D.O.G. », « Body », « Devil’s Advocate »

Place ensuite à ARXX. En toile de fond, sur une tenture noire, des leds reproduisent le patronyme du combo. La drummeuse, Clara Townsend, grimpe sur son estrade, plantée à gauche du podium. Un MPD est calé à droite des charlestons et de la caisse claire. Elle a les cheveux coupés à la garçonne.

Un peu enveloppée, la chanteuse/guitariste Hannah Pidduck est tatouée des pieds à la tête. Elle dispose également d’un clavier et d’un micro susceptible de transformer ou vocoder sa voix. A ses pieds, traîne une drôle de machine pleine de boutons qui déforme également sa voix et les sonorités de sa sixcordes.

Ces deux artistes ont enfilé des shorts de couleur bleue et des chemises blanches à col officier. Ce sont également les leadeuses du band.

Quel plaisir d’assister à un concert au cours duquel les musicos ont constamment la banane, plaisantent entre elles et interagissent en permanence avec un public multigénérationnel ! En outre, leur bonne humeur est communicative. Elles font partie du genre queer (LGBTQIA+), mais ça, on s’en fout. L’important, c’est la qualité du show et de la musique ! Et sa pop rafraichissante, teintée de punk garage, l’est assurément.

Les harmonies vocales sont soignées et tout particulièrement la voix d’Hanni. Superbe, elle a connu quelques soucis. On lui a détecté des polypes sur les cordes vocales, mais opérée avec succès, elle a récupéré l’intégralité de sa voix.

Le set s’ouvre par « Trouble », un single extrait du second album (en écoute ). D’ailleurs toutes les plages de cet LP sont des hits en puissance.

« The Last Time » baigne dans le trip hop. Les synthés submergent la compo avant que puissants, les drums ne les rejoignent.

La reprise du « Murder On The Dancefloor » de Sophie Elise Baxter fait grimper la température de quelques degrés. Et dans la fosse, ça danse et ça saute de partout. La setlist inclut des morceaux issus du premier long playing, « Ride Or Die », paru en 2023, dont les pépites « Deep », The Last Time » et « Ride Or Die », qui clôture le rappel entamé par « Crying In The Carwash », dont le climat empreint de nostalgie pourrait facilement servir de B.O. pour un film de John Hughes.

Pour votre serviteur, c’est un des meilleurs concerts auquel il a assisté, cette année.

Setlist : « Trouble », « Deep », « The Last Time », « Like Hell », « Swim », « Murder On The Dancefloor », « Call Me Crazy » - « Forgive And Forget », « Easy », « God Knows », « Dublin », « All Night », « Whyd », « Love Me Again », « Good Boy ».

Rappel : « Crying In The Carwash », « Ride Or Die ».

(Organisation : Ancienne Belgique)

John Maus

Une cérémonie cathartique d'une intensité rare...

John Maus est ce qu’on peut appeler un artiste culte. Il est titulaire d’un doctorat en sciences politiques, décroché à l’Université d’Hawaï. Né en 1980, il est originaire d’une petite ville du Minnesota, et a commencé sa carrière musicale à Los Angeles, après avoir rencontré Ariel Pink. Depuis, il a sorti sept albums.

Sa musique est inclassable et navigue quelque part entre minimal synth, darkwave, indie-pop, lo-fi et synth-pop ; et le tout se distingue par une approche typiquement Punk / Garage / DIY. Un ‘melting-pop’ unique qui évoque tour à tour Suicide, The Velvet Underground, Fad Gadget, Dead Can Dance, John Foxx ou Nick Cave.

Ce soir, il est de retour en Belgique, sept ans après son dernier passage, aux Ateliers Claus. Et c'est une Orangerie du Botanique pleine à craquer qui a la chance de recevoir ce génie méconnu. Seul point négatif, il se produit seul sur les planches, chantant sur une bande qui reproduit les parties instrumentales et, parfois également, sa propre voix. Il va falloir franchement être attentif à cette fâcheuse tendance qu'ont les artistes de jouer en playback, une tendance de plus en plus visible depuis le ‘con-vid’. Mais en ce qui concerne Maus, on lui pardonne tout, d'autant que le point focal de ses concerts est, quelles que soient les circonstances, l'extraordinaire intensité de sa propre prestation.

Dès le premier morceau, “Castles in the Grave”, il entre comme d’habitude, dans une frénésie inimaginable, pratiquant un ‘headbang’ à s'en décrocher la tête, se frappant le cœur et le front avec le poing, une transe qui se poursuivra plus ou moins tout au long du spectacle.

Au niveau vocal, il chante parfois, mais la plupart du temps, il éructe véritablement les mélodies, déclenchant l'enthousiasme du public. Les morceaux de l'Américain prennent souvent la forme d'une synthpop spacieuse et quasi-mystique. Sa poésie est dystopique et surréaliste, voire dadaïste, l'artiste se laissant porter par la sonorité des mots davantage que par leur signification. Un chant fantomatique, qui se déploie à la perfection dans des joyaux tel que “Quantum Leap”, “... And The Rain” ou encore “The Combine”.

Affirmer qu'il est un artiste magnétique est un euphémisme ! On ne peut tout simplement pas le quitter des yeux tant il domine la scène. Après quelques titres, sa chemise est déjà trempée de sueur et l'incroyable ambiance qui règne au sein du public, à fond dans la folie du moment, a de quoi étonner.

Pendant “Just Wait Til Next Year”, on perçoit une filiation harmonique et mélodique évidente avec “Golden Brown” des Stranglers. L’artiste a d'ailleurs avoué sa passion pour la new-wave ainsi que les musiques médiévales et baroques. Après une petite accalmie et deux titres inédits, “Cop Killer” fait remonter la température de l'Orangerie, suivi par deux autres brûlots : “Time to Die” et “Pets”.

Le rappel se limite uniquement à “Believer”, et c'est trempé de sueur et échevelé que John Maus quitte finalement le podium, exténué. L’auditoire revient alors peu à peu sur terre, après une cérémonie cathartique d'une intensité rare.

Pour en savoir plus, écoutez l'interview réalisée dans l'émission de radio bruxelloise WAVES, au cours de laquelle John aborde des sujets aussi variés que la musicologie, la philosophie, la psychanalyse, la composition assistée par ordinateur, l'influence de la musique médiévale sur la new wave, etc. Le podcast est disponible ici 

Setlist
Castles in the Grave
Quantum Leap
(Unknown)
...And the Rain
Streetlight
The Combine
Keep Pushing On
Bennington
Rights for Gays
Do Your Best
Maniac
(Unknown)
Cop Killer
Just Wait Til Next Year
(Unknown)
Time to Die
Pets
Encore :
Believer

En première partie, Hun Hun, un projet de musique électronique expérimentale basé à Bruxelles, a séduit grâce à son univers fusionnant des paysages sonores ambiants, des rythmes techno et tribaux et des textures lo-fi. Le duo a présenté un aperçu exclusif de son prochain album ‘Midi Temple' dont la sortie est prévue pour 2025.

(Organisation : Botanique & LiveNation)

Photo : David LaMason

Puggy

Un excellent concert, mais qui sentait quand même le ‘réchauffé’…

Écrit par

C’est le retour triomphal de Puggy qui s’était accordé une petite pause de 7 ans pour souffler et avait permis à Matthew Irons de participer au Jury de ‘The Voice’ à 3 reprises ainsi qu’à celui de ‘The Voice Kids’. Mais également à Romain et Egil ‘Ziggy’ de produire les albums d’autres artistes, et notamment de Juicy, Lous And The Yakuza, Yseult, Adé et Angèle (NDR : ce qui n’a pas empêché Matthew d’apporter son concours aux mises en forme). Ils ont également composé plusieurs musiques de films, collaboré avec des orchestres symphoniques et accompagné de nombreuses personnalités sur la voie du succès. Des activités –pour la plupart– opérées au sein de leur studio ‘Radio Kitchen’. Et « Radio Kitchen » est ainsi devenu le titre du dernier Ep qui a enfin ressorti le trio de l’ombre.

L’Ancienne Belgique organise la deuxième édition du KETCLUB, c’est-à-dire, un concert spécialement destiné aux enfants ! Au Botanique et à l’Aéronef de Lille, ce type de spectacle existe depuis belle lurette, mais ils se déroulent l’après-midi. Bref, un vrai show pour les petits… et les grands, mais en version plus courte, tout en prenant soin d’adapter le volume pour protéger les fragiles oreilles. L'idée, c'est de faire découvrir la musique d’une manière amusante et originale, tout en passant un super moment en famille. Ce qui est encore plus sympa, c’est que Puggy a décidé de verser la recette du spectacle à KickCancer, une association qui aide les enfants atteints d’un cancer, mais également soutient la recherche contre cette maladie.

Le concert réservé aux têtes blondes se déroule ce dimanche 29 septembre. Il fait suite à celui accordé la veille, destiné aux aficionados.

Ils ne se sont pas foulés pour la setlist. C’est la même qu’hier sans la nouvelle compo « Murder », qui avait été interprétée en rappel. Coup de mou ? On va vérifier sur place !

Non seulement l’AB affiche complet, mais l’auditoire est composé d’un mix transversal de générations : petits, grands, filles, garçons, enfants, jeunes et adultes âgés. Et pourtant, il est chaud-boulette. Ce qui promet pour le reste de la tournée dont les concerts sont quasi-complets partout.

Le supporting act est assuré par David Numwami. Armé de sa guitare, sa loop machine magique et son ordinateur, il est seul sur les planches pour dispenser sa musique et ses beats sculptés dans les pecus et les basses qu’il chante en français ou en anglais. Il ne tarde pas à ôter sa veste et prend régulièrement des bains de foule, au sein de laquelle il se hisse même sur un fly case pour chanter.

Son melting pot de r’n’b et d’électro pop est à la fois épuré, synthétique et organique, doté de respirations poétiques, de claviers à la fois kawaii et lo-fi, de moult éléments percussifs et de sèche qu’il possède depuis son enfance, cabossée comme il se doit, mais au son qui touche en plein cœur. La foule apprécie et l’applaudit chaleureusement (page ‘Artistes’ ici). 

Place ensuite à Puggy. Comme d’habitude Romain (basse), se plante à gauche, Ziggy (drums, MPD), au milieu et Matthews (chant, guitare), à droite. Les trois musicos se servent également et épisodiquement d’un clavier. D’énormes projecteurs montent ou descendent suivant les circonstances et inondent de lumières, le band et l’auditoire. Parfois ‘PUGGY’, formé par des leds, en lettres capitales, apparaît en grand, derrière les musiciens.

Le set s’ouvre par deux plages issues de l’Ep « Radio Kitchen », « Age Of Wonders » et « Numbers ». Puis enchaîne par une série de ses anciens tubes, dont « When You Know », « To Win The World », « How I Needed You ». Entre le premier couplet et le refrain, Matthew s’interrompt même pour apprendre au public à frapper dans les mains en rythme.

Plus paisible et particulièrement cool, « Simultaneously » constitue le troisième extrait du nouvel Ep. Matt module sa voix alors que Ziggy adopte un ton plus grave. Un délice ! Charles (NDR : elle avait remporté une édition de ‘The Voice’ alors qu’elle figurait dans l’équipe de Matt) débarque pour assurer les chœurs, auprès de Matt et Ziggy, tout au long de « Lost Child ». Pas de trace du dernier morceau de l’Ep, « Sad Enough ». Puggy en revient ensuite à ses veux standards… bien électriques.

En rappel, le combo va nous accorder trois compos donc une cover d’Iliona, « Reste », au cours de laquelle Irons présente l’artiste comme un ami. Et sa voix très soul apporte un plus. Puis un extrait du premier elpee, « Dubois Died Today », « Dubois », avant d’achever la prestation par le premier single de « Radio Kitchen », « Never give up ».

On aurait aimé un peu plus de nouveautés dans la setlist. Il est vrai que le dernier Ep ne compte que 6 pistes. Mais également un peu de variation. Bien sûr, il est chouette de retrouver les anciens hits qui plaisent toujours, mais pour votre serviteur, si le concert était excellent et fort en intensité, il sentait quand même le ‘réchauffé’…

Setlist : « Age Of Wonders », « Numbers », « Give Us What We Want », « Something You Might Like », « Lonely Town », « Simultaneously », « Last Day on Earth (Something Small), « Lost Child » (avec Charles), « How I Needed You », « Insane », « To Win The World », « Teaser », « Change the Colours », « Goes Like This », « When You Know ».

Rappel : « Reste (Iliona cover) (+ Iliona), « Dubois », « Never Give Up »

(Organisation : OD Live Productions SPRL)

 

Joe Jackson

La machine à remonter le temps de Joe Jackson…

Écrit par

Le Cirque Royal est blindé pour le concert de Joe Jackson qui est en pleine tournée ‘Two Rounds Of Racket’. « What a racket » (Mr. Joe Jackson Presents Max Champion in 'What a Racket !' », c’est d’ailleurs le titre de son dernier opus, paru en novembre 2023 

Pas de première partie, c’est Joe Jackson qui s’en charge. En mode piano/voix. Au cours de ce premier acte, il va nous proposer 11 morceaux dont 8 versions de ses plus grands succès et 3 reprises de titres signés The Kinks, Harry Fragson (*) et enfin Albert Chevalier (**)

Le rideau rouge est fermé et Joe Jackson débarque en costard bleu/violet sur chemise blanche. Il s’installe en avant-scène et est déjà chaleureusement applaudi, avant même d’entamer son récital. Le public est suspendu à ses lèvres. L’artiste ouvre hostilités par « Dave », une plage issue de son elpee paru en 2019, « Fool ». Il enchaîne par « Take It Like A Man » (Volume 4 ». Manifestement, il remonte le temps. Chaque chanson interprétée est plus ancienne que la précédente. « Stranger Than Fiction » (« Laughter and Lust ») nous replonge dans les 90’s et « Real Men » ainsi que « Steppin' Out », extrait de son disque phare paru en 1982, « Night and Day », dans les 80’s. Et sa version cool et originale de cette compo de power pop aux influences jazz fait mouche auprès de l’auditoire. Votre serviteur en a des frissons partout.

En deux temps trois mouvements, Joe revient aux 70’s, épinglant des compos tirées de son second long playing gravé en 1979, « I'm the Man ». Mais, et c’est remarquable, Joe exprime son envie de continuer à se servir de sa ‘time machine’, bien que nous ayons atteint, alors, les premiers jours de sa production enregistrée. Il retourne dès lors aux sixties à travers sa cover très bien accueillie de « Waterloo Sunset » des Kinks, racontant une histoire sur la façon dont il se rendait souvent à la gare de Waterloo à Londres lorsqu'il était enfant. De mieux en mieux ! Le coup d’œil dans le rétroviseur de Joe passe alors par le cinéma, s’inspirant de sa contribution au film de 2005, « The Greatest Game Ever Played », où il apparaît dans le rôle d’un pianiste, en 1913. On imagine alors les rouages tourner dans l'esprit du musicien ingénieux alors que les fils commencent à s'entrelacer. Joe adapte le comique « Hello, Hello, Who's Your Lady Friend ? », attribué à Harry Fragson, une chanson entraînante de cette période qui s’est muée en hymne de marche populaire pendant la Première Guerre mondiale ; mais elle est surtout interprétée par Jackson avec beaucoup d’humour. Il abrège cependant les couplets les plus coquins et n’en conserve que deux ou trois. De toute évidence, le public aurait aimé une interprétation intégrale de ce morceau.

Zappant l’entracte, Joe ouvre le rideau de la scène pour nous accorder un set à l'ancienne, du style ‘London Town’ (période victorienne), mais sous une configuration DeLorean du professeur Emmett Brown dans la série ‘Retour Vers le Futur’. Et soudain apparait un groupe de 10 musiciens.

Opérant comme directeur musical, Daniel Mintseris prend la place de Joe aux ivoires qui s’installe au centre du podium. Doug Yowell (batterie), Richard Hammond (contrebasse), Susan Aquila (violon), Lourdes (Lou) Rosales (alto), Ricky Roshell (flûte, piccolo), Christa Van Alstine (clarinette, clarinette basse), Jackie Coleman (trompette) et Sam Kulik (trombone et tuba) complètent le line up. 

Habillés de costumes d’époque, les musicos procurent style et savoir-faire à ce spectacle de style ‘music-hall’ anglais du début du XXème siècle. Talentueux, ils apportent couleur et vitalité à cette partie de concert constituée de neuf morceaux entièrement revisités par Jackson, qui s’est ouverte par « What a Racket ! », le titre maître du concept album, et s’est achevée par « The Sporting Life » de Max Champion, une ode amusante à l'abandon du sport. D’ailleurs, lorsque le public ne danse pas sur place, il rit de l'inventivité et de l'humour de Joe.

Au grand complet, la formation accorde un rappel de deux titres, dont le morceau phare « Is She Really Going Out with Him », issu du premier album de Joe, datant de 1979, « Look Sharp ! », et « Worse Things Happen At Sea », une autre composition futée de Max Champion (***). Mais certains micros sont tombés sur les planches, un problème technique qui va retarder cette interprétation. Néanmoins, fidèle, la foule attend patiemment que tout rentre dans l’ordre, afin de profiter au max de tout ce que Joe pourrait lui réserver…

Photos Vincent Dufrane ici

Setlist : Partie 1 - En solo piano/voix (45 minutes) : « Dave », « Take It Like A Man » (Joe Jackson Band song), « Stranger Than Fiction », « You    Can't Get What You Want (Till You Now What You Want) », « Real Men », « Steppin' Out », « It's Different For Girls », « On Your Radio », « Waterloo Sunset » (The Kinks cover), « Hello, Hello, Who's Your Lady Friend ? » (Harry Fragson cover), « My Old Dutch » (Albert Chevalier cover).

Setlist : Partie 2 - The Music of Max Champion : « (Ouverture) : Why, Why, Why ? », « What A Racket ! », « The Bishop And The Actress », « Health & Safety », « Think of the Show ! - A Thespian's Lament », « Dear Old Mum - A London-Irish Lament », « Monty Mundy (Is Maltese) ! », « Never So Nice in the Morning », » The Sporting Life »

Rappel : « Is She Really Going Out With Him ? », « Worse Things Happen At Sea »

(*) Léon Philippe Pot, dit Harry Fragson, né à Soho (Londres) le 2 juillet 1869 et mort à Paris 10e le 30 décembre 1913, est un auteur-compositeur-interprète belge qui a connu le succès tant en langue française qu’anglaise.

(**) Albert Chevalier (souvent cité comme Albert Onésime Britannicus Gwathveoyd Louis Chevalier) ; (21 mars 1861 – 10 juillet 1923), était un comédien de music-hall, chanteur et acteur de théâtre musical anglais. Il s’était spécialisé dans l'humour cockney basé sur la vie de marchand de rue à Londres à l'époque victorienne. Vu ses aptitudes et sa capacité à écrire des chansons, il est devenu connu de son public comme le ‘lauréat des marchands de rue’.

(***) Max Champion est un chanteur de Music-Hall de l’époque victorienne qui a connu un certain succès, dans le Londres profond, avant la guerre 14-18). Il aurait enregistré vers 1911-1913, selon certaines ources. Le personnage a été perdu, probablement tué pendant la Première Guerre mondiale, et sa musique a été ‘oubliée’ jusqu'à ce que Joe dépoussière la partition et enregistre son ‘hommage’.

(Organisation : Live Nation)

 

Julie Rains

Julie sans Sasha…

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Après une longue et intense collaboration avec Sasha Vovk au sein du duo bruxellois Juicy, la multi-instrumentiste Julie Rens a décidé d’explorer son univers musical personnel à travers un nouveau projet, sous le pseudo Rains. Ce spectacle est programmé dans le cadre du traditionnel Marni Jazz, festival qui s’étale sur 10 jours. Le concert est prévu dans un théâtre qui dispose d’un bar et de 2 salles. Le show qui nous concerne se déroule dans la plus grande, agrémentée de gradins. Sold out, il accueille plus ou moins 250 spectateurs.

Julie n’est pas uniquement impliquée chez Juicy, elle a également assuré les vocaux au sein d’Oyster Node avec Dorian Dumont, accompagné Akro pour « Bruxelles Plurielle », participé aux voix d’Hishinka et remplacé Veronika Harcsa dans Next.Ape pendant le repos d’accouchement de la chanteuse hongroise. Ses parents sont tous deux professeurs de musique. Elle baigne dans la musique depuis l’âge de 3 ans.

Julie Rains débarque et s’installe devant son MPD et ses claviers. Elle est soutenue par un sextet de flûtistes, Ensemble Vibration (*). Après avoir salué la foule, elle signale qu’un de ces instrumentistes est toujours sur la route, coincé dans les embouteillages, quelque part à Bruxelles (NDR : il faut avouer que depuis l’instauration du plan ‘good move’ et les travaux qu’il nécessite, la circulation y est devenue inextricable).

Réunissant Pascale Simon, Myriam Graulus, Audrey Ribaucourt, Lydie Thonnard, Fabien Bogaert, Philippe Laloy et Éric Leleux, ce collectif va prendre une place assez importante lors du concert de Julie. Les morceaux auxquels ces musicos participent ont été réarrangés par le papa de Julie, chef d’orchestre et professeur de musique (NDR : la bio est disponible ).

Julie est également entourée de Lou Wery aux claviers et aux chœurs, du bassiste Lennart Heyndels, également préposé aux machines, et du drummer Olivier Penu. Les morceaux sont retravaillés en étroite collaboration avec Rowan Van Hoef.

Lou Wéry ne reste pas en place derrière son synthé, elle est perpétuellement en mouvement derrière son instrument et insuffle de nombreux beats électro et parfois techno/house à l’aide d’une petite machine placée à sa droite. Sa participation aux chœurs est permanente. La batterie est ultra présente. Lennart joue de la basse en slap/tap, un peu comme chez Level 42.

Sa comparse Sasha Vovk n’est pas loin. Assise aux premiers rangs, elle se lève et s’installe derrière un clavier pour interpréter deux morceaux du répertoire de Juicy.

Annoncé jazz/électro, le concert s’autorise une certaine forme d’expérimentation, s’aventurant même dans l’électro, la techno/house et le jazz/rock, mais dans l’esprit de ECHT. Dans la langue de Molière, les textes expriment une période de rupture amoureuse et de questionnement.

Pourtant, paradoxalement, Julie serine souvent les mêmes phrases (NDR : dans une interview, elle reconnaît avoir recours à de nombreuses phrases répétitives pour permettre à l’auditeur d’ouvrir l’interprétation et le sens).

Julie a d’ores et déjà annoncé qu’elle accorderait un autre concert dans le cadre du même projet, mais en compagnie d’autres musiciens. Le duo Juicy a toujours cherché à proposer des spectacles différents. Et en solo, Julie adopte les mêmes préceptes (NDR : au cours d’une autre interview, elle a déclaré que Juicy était en pause, à cause de la maternité de Sasha, mais que lors de la reprise, la musique du duo sera différente).

(Organisation : Théâtre Marni)

(*) Le répertoire de l'Ensemble Vibrations –dont le nom est tiré d’une composition pour 10 flûtes et percussions de Jean-Marie Rens– s’enrichit continuellement d’œuvres originales ou transcrites.

 

 

 

BlackBerry Smoke

Ce sont bien les fils spirituels de Lynyrd Skynyrd…

Écrit par

Dans le cadre de sa tournée internationale, BlackBerry Smoke était de retour ce lundi septembre à l’Ancienne Belgique. Il est venu défendre son 8ème elpee, « Be Right Here », paru en février dernier. Un disque qui sent bon le rock old school, la country et le blues. 

Originaire d’Atlanta, en Georgie, Blackberry Smoke est parfois considéré trop country pour le rock et trop rock pour la country.

Le combo s’est formé en 2 000. Mais au fil du temps, le line up a changé. Le drummer, Brit Turner, le frère de bassiste Richard, est décédé en mars dernier, après une bataille de deux ans contre un cancer du cerveau. En outre, en avril, le percussionniste Preston Holcomb a annoncé qu'il arrêtait les tournées.  

Et bien sûr, le concert est sold out.

Le supporting act est assuré par Bones Owens. Issu de Nashville, le power trio (batterie, basse, guitare) a pu jouer les prolongations et a ainsi accordé un set de 45 minutes. Il est bien plus heavy que sur ses enregistrements audios, au cours desquels il se révèle particulièrement soigné.

Au cours de sa prestation, il va nous réserver de larges extraits de son dernier et second long playing intitulé « Love Out Of Lemons ». Un show énergique, métallique et groovy qui a enchanté l’auditoire alors déjà présent (page artiste ici).

Les musicos de BlackBerry Smoke grimpent sur les planches dans le calme, alors que l’intensité du light show s’atténue. L’approche visuelle est d’ailleurs minimaliste.

Puis le sextuor attaque l’explosif « Workin' for a Workin' Man ».

Starr veille à ce que les instrumentistes ne disparaissent pas dans l'ombre. Il permet à chacun d’entre eux de s'exprimer en les sollicitant à différents moments. A l’instar du guitariste et choriste Paul Jackson. Non seulement sa prestation est très électrique, mais c’est un fameux showman. Il joue sur l'énergie du public, pointe du doigt les spectateurs qui dansent et lance des médiators dans la foule qui l’acclame.

La voix de Stare passe des graves aux aigus, avec une facilité déconcertante.

De nombreux solos sont dédiés à Jackson et au bassiste Richard Turner, ce qui confère au concert une atmosphère improvisée tout en restant fidèle aux enregistrements du band.

Si la musique de Blackberry Smoke navigue quelque part entre la country et le rock, l'accent mis sur la guitare démontre qu’elle est davantage rock sudiste que country avec une influence rock. Finalement, ce sont bien les fils spirituels de Lynyrd Skynyrd…

L'utilisation d'éléments visuels par le groupe reflète l'attention qu'il porte à la musique. Au lieu de projections numériques, le groupe se sert d’une seule image fixe (le logo représentant un papillon) et le light show est destiné à varier les ambiances. Sur le paisible « Azalea », par exemple, l'arrière-plan s’assombrit pour attirer l'attention sur le projecteur braqué sur Starr alors qu'il chante cette mélodie mélancolique. Mais pendant les morceaux plus axés sur la guitare, de petits faisceaux de lumière variables transforment le fond coloré de papillons en une mosaïque psychédélique. Les paroles floues se marient bien aux effets visuels trippants, même s'ils ne sont produits que par la simple utilisation de l'éclairage de scène.

La seconde partie du concert va se concentrer sur la discographie la plus entraînante du groupe, épinglant notamment le titre emblématique « You Hear Georgia » ainsi que le tube « Sleeping Dogs », et rallume ainsi la flamme au sein de la foule.

Lors du rappel, Charlie Starr dédie le tube « Ain't Much Left of Me » à tous ceux qui doivent écrire des chèques de pension alimentaire sur le tableau de bord de leur Ford ; un clin d'œil ironique aux stéréotypes country auxquels la formation se livre parfois. Starr met tout son cœur dans cette chanson que l'on pourrait qualifier de magnum opus du band, déversant de l'émotion derrière des paroles apparemment désespérées. Mais les sourires contagieux de Blackberry Smoke communiquent un sens plus large et moins angoissant de la compo : ‘Eh bien, je tiens toujours bon, et il ne me reste plus grand-chose...’   

Setlist : « Workin' for a Workin' Man », « Good One Comin' On », « Hammer and the Nail », « Pretty Little Lie », « Like It Was Yesterday », « Hey Delilah », « Waiting for the Thunder », « Restless », « Rock and Roll Again », « You Hear Georgia », « Sleeping Dogs », « Azalea », « Medicate My Mind », « The Whippoorwill », « Sanctified Woman », « Ain't Got the Blues », « Run Away From It All », « One Horse Town », « Little Bit Crazy ».

Rappel : « Dig a Hole », « Ain't Much Left of Meer »

(Organisation : Live Nation)

 

Mingawash

Sous le regard des elfes et des petits gnomes…

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Ce vendredi 6 septembre, Mingawash se produisait à la Verrerie de Braine-le-Comte, un ancien bâtiment industriel reconverti en endroit de rencontre autour de l’Art, un lieu atypique qui accueille tout au long de l’année des expos, des événements, etc.

Il y a une salle d’une jauge de 250 personnes au rez-de-chaussée, entièrement équipée pour les concerts et un théâtre au premier étage capable d’accueillir entre 40 et 200 personnes pour des représentations théâtrales ou des prestations musicales intimistes.

Mais un peu d’histoire, tout d’abord. Témoin du passé, cet ancien site industriel possède une valeur patrimoniale à préserver.

La ‘S.A. Verreries-Gobeleteries de Braine-le-Comte’ a été fondée en 1905. Cette verrerie jadis importante se situe à proximité de la gare et disposait d’un accès au chemin de fer, ce qui facilitait l’approvisionnement en charbon et en matières premières. En 1964, on dénombrait 150 ouvriers. L’essor sera de courte durée ; en raison de la récession économique provoquée par la crise pétrolière, la société sera contrainte de fermer ses portes en 1975…

A ce jour, Mingawash a publié deux elpees, « Imposteur », en 2018 et « Capharnaüm », en février dernier. La formation sort d’une résidence d’une semaine afin de préparer ce set dans les meilleures conditions.

Originaire d’Ath, Mingawash est drivé par le chanteur/percussionniste/mandoliniste, Martin Moreau (chant, percussion, mandoline). Il se plante au milieu du podium, en avant-scène. Le line up implique également deux guitarises, Valéry Granson et Maxime Deplasse, le drummer Théo Vynckier, installé en retrait sur une estrade, le claviériste/percussionniste Christopher Cansier le bassiste François Hantson et enfin, le second vocaliste, Clément Williem. Barbu et chevelu, une capuche sur la tête empêche de voir son visage. Plus de panda sur les planches, ni de danseuses/choristes, rien de des mecs burnés ! Manifestement les musicos ont atteint la maturité.

Le set s’ouvre par « Instinct ». La voix screamée de Clément s’impose.  Très gutturale, elle semble émaner du fond des ténèbres. A cet instant, l‘expression sonore évoque The Hu, un groupe de métal mongol issu d’Oulan Bator, responsable d’un ‘nomadic folk metal’, tout en incluant dans les vocaux, du khoomii (*).

Martin entame « Mathématique » à l’aide de sa mandoline. Puis la compo s’enfonce dans le métal tribal aux tonalités orientales. C’est puissant et riche en percus, percussions d’ailleurs omniprésentes tout au long du show.

Caractérisé par ses sonorités arabisantes, « Tombeau » est abordé dans l’esprit de Robert Plant & The Band of Joy, avant que la voix screamée nous replonge dans les flammes éternelles de l’enfer. En fait, hormis l’insertion de deux covers et d’un inédit, la setlist respecte l’intégralité du nouvel opus dans l’ordre chronologique des plages.

On aura quand même droit à un nouveau morceau, « Poussière ». Graisseuses, les sixcordes libèrent toute leur agressivité, alors que les vocaux sont inévitablement screamés.

Au cours du set, Mingawash s’est autorisé deux audacieuses versions métalliques. Une du « Vesoul » de Jacques Brel et l’autre de « Chic et pas cher » d’Arno. Fallait oser ! Ah oui, il faut le préciser, toutes les paroles sont chantées dans la langue de Voltaire.

Après un tel show, on a l’impression d’avoir exploré le cœur des fjords nordiques, battus par la tempête, sous le regard des elfes et des petits gnomes…

Setlist : « Instinct », « Mathématique », « Tombeau », Le Reste », « Horrifié », « Poussière », « Vesoul », « De La Terre A La Terre », « Capharnaüm », « Ensorceleuse », « Visage Pâle », « Héréditaire Energie », « Pornographie », « Chic Et Pas Cher », « Génie Du Mal », « Joujou ».

(*) Le khoomi est un type de chant diaphonique ancestral qui consiste à reproduire des sons naturels comme l'écoulement de l'eau, le souffle du vent, l'écho des montagnes, le grondement du tonnerre, le chant des oiseaux, etc.

Le chant diaphonique se caractérise par une technique vocale qui permet de produire plusieurs notes simultanément au moyen d'un seul organe vocal en combinant divers types de voix et divers positionnements de langue ou des lèvres. Ainsi, l'interprète utilisera sa gorge pour émettre un bourdon continu et profond, tandis qu'en se servant de sa langue pour contrôler l'air soufflé.

(Organisation : Centre Culturel de Braine-le-Comte)

Elbow

La maîtrise d’Elbow…

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Elbow est sans conteste l’un des groupes majeurs de la scène musicale internationale. Depuis 22 ans, le quatuor de Manchester en impose par un style touchant, intelligent et intrépide. Et son retour est un véritable régal pour nos oreilles.

Destinée à défendre son 10ème elpee studio, « Audio Vertigo », sa tournée internationale s’achevait ce 11 septembre dans l’intimité du Cirque Royal. L’amour entre Elbow et la Belgique a toujours été considérable et réciproque. Depuis la sortie de son plus grand succès, « The Seldom Seen Kid », le groupe britannique sembler y avoir acquis un statut plus important que dans son propre pays. Ses prestations live sont à chaque fois de vraies claques musicales, que ce soit en salle ou en festival. A l’issue de son premier passage à Rock Werchter en 2006 (NDR : auquel votre serviteur assistait), au cours duquel il a accordé un set incroyable et historique, le public belge ne les a plus jamais lâchés.

Le concert est sold out depuis bien longtemps…

C’est Guy Garvey en personne qui, vers 19h40, vient présenter le supporting act qu’il annonce brillant. Il s’agit de Peter Alexander Jobson qui se produit en solo depuis la dissolution de son band, I Am Kloot.

Seul devant ses ivoires et d’une voix caverneuse et profonde, il nous emporte au sein d’un univers plutôt atypique. Une voix hantée par celle de Léonard Cohen et de Lou Reed. Dans un chanté/parlé, il nous raconte la vie de tous les jours avec un certain humour et un léger désenchantement qui fait aussi son charme. La chanson titre de son album « Burn The Ration Books Of Love », qui sortira fin novembre, est vraiment impressionnante. Une prestation intimiste de toute bonne facture !

Sur les planches, le chateur Guy Garvey, le claviériste/guitariste/percussionniste Craig Potter, le sixcordiste Mark Potter, le bassiste Pete Turner et le drummer Richard Jupp (perché sur une estrade à l’extrême-droite) sont soutenus par 6 musicos. En l’occurrence une section de 3 cuivres et autant de choristes/violonistes. De quoi enrichir la solution sonore du combo. Tout le monde est habillé de noir.

« Things I’ve Been Telling Myself For Years » et « Lover’s Leap » ouvrent le bal. Des compos particulièrement accrocheuses. Guy Garvey interagit quasiment entre chaque chanson et son humour décalé fait mouche.

L'excentrique « Lovers' Leap » est mitraillé en intro par des interventions de cuivres et souligné de rythmes grinçants. « The Bones Of You » suscite une première vague d'enthousiasme au sein de l’auditoire alors que le plus paisible « Mirrorball » séduit grâce à son jeu de lumière. Car hormis lors des morceaux les plus calmes, le light show est aveuglant.

A plusieurs reprises, Guy se consacre à la guitare. Et sa dextérité sur les cordes n’est plus à démontrer. Enfin lorsque les trois grattes électriques entrent en action, l’intensité est à son comble.  

Atmosphères extatiques, sonorités pleines, textes forts, sens du détail, Elbow maitrise son art à merveille.

L’excellent « Fly Boy Blue/Lunette » mêle rock et jazz nerveux avant de se clôturer dans un climat atmosphérique. La choriste Jesca Hoop et Guy Garvey échangent un duo intimiste tout au long de « Dexter And Sinister ». Une ambiance reproduite sur le bouleversant « Puncture Repair ». Mais Elbow n’a guère baissé le tempo pendant le concert. De nouvelles compos comme « The Picture », l’exubérant « Balu », dominé par les synthés et au superbe refrain, ainsi que « Good Blood Mexico City », au cours de laquelle les sonorités de guitare passent du climat ensoleillé (Fela Kuti ?) au plus lourd du heavy metal, sont intelligemment insérées dans la setlist, afin de ne pas dissiper l’attention de la foule.

Et le show de s’achever par l’époustouflant « Grounds for Divorce ». En rappel et sous forme d’apothéose, Elbow nous a réservé « Lippy Kids » et « One Day Like This ». Bref, un excellent concert, bien construit, parfaitement équilibré entre ancien et nouveau répertoire et qui n’a laissé personne de marbre…

Setlist : « Things I've Been Telling Myself For Years », « Lovers' Leap », « The Bones Of You », « Mirrorball », « Charge », « Fly Boy Blue, Lunette », « The Picture », « Dexter & Sinister « (with Jesca Hoop), « Balu », « The Birds », « Puncture Repair », « Kindling », « Good Blood Mexico City », « Station Approach », « My Sad Captains », « Magnificent (She Says) », « Grounds For Divorce ».

Rappel : « Lippy Kids », « One Day Like This ».

(Organisation : Live Nation)

Lauren Daigle

L’évangile selon Sainte Lauren…

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Auteure-compositrice-interprète de musique (chrétienne contemporaine évangéliste), Lauren Daigle comptabilise plus d’un milliard de streams sur la toile et continue à accorder des concerts dans le monde entier. Elle se produisait ce 9 juillet à l’Ancienne Belgique, pour la circonstance, en configuration ballroom, devant 900 âmes…

Conjointement à ses performances musicales, Lauren participe activement à l’éducation musicale, au travail avec des jeunes à risques et à la prise en charge des enfants, des personnes âgées et dans le besoin par l’intermédiaire de The Price Fund, une organisation qu’elle a fondée en 2018. À ce jour, elle a fait don de plus de 2,5 millions de dollars à 42 associations à but non lucratif dans le monde entier. Une personne charitable, dans le sens le plus noble du terme. Née en 1991, Lauren a été élevée dans une famille évangéliste à Lafayette, en Louisiane, mais également au son du cajun, du blues et du zydeco. Elle se met à rêver de partir en tournée au cours de laquelle elle sera entourée de la foule, venue la voir chanter ; mais à l’âge de 15 ans, elle est contrainte au confinement chez elle pendant 2 ans après avoir contracté une maladie. Elle se met alors à lire la Bible. Elle l’affirme encore à ce jour que c’est la meilleure chose qui lui soit arrivée. Pourtant, elle ose depuis peu quelques chansons d’amour en faisant le pari de conquérir un public plus large.

Elle a emporté dans ses bagages Benjamin William Hastings, afin d’assurer le supporting act. Et c’est également un homme de foi. Il sera d’ailleurs pas mal question de religion, au cours de cette soirée…

Ce chanteur/compositeur nord-irlandais a grandi dans les rues de Belfast mais a passé la majeure partie de son adolescence à Sydney, en Australie. Il a milité au sein de Hillsong United, formé en 1998, qui a publié 6 elpees composés essentiellement de chants religieux. Il est le cerveau poétique derrière les productions les plus grandioses du collectif, telles que « So Will I (100 Billion X) », « Seasons » et « Highlands (Song Of Ascent) ». Ce soir il se produit en solo. Sa voix, sa guitare, son banjo, son piano et son MPD. Il possède une bonne bouille, un superbe organe vocal et un élégant toucher de cordes.

Dès le début du set, il déclenche son MPD qui lance des beats électro, empoigne un banjo et demande au public s’il se sent bien.

Sa voix est ample. Puissante, elle évoque celle de Bon Jovi, mais elle est aussi capable de virer à la soul ou au gospel. En bref, elle séduit ou arrache littéralement les tripes. Outre sa dextérité derrière les ivoires, il a le bon goût de soigner l’aspect mélodique. Il prêche quand même, parlant de Jésus, la religion, mais heureusement sans nous infliger un bourrage de crâne. D’ailleurs, une belle interaction s’établit avec le public, et se maintiendra tout au long de son récital (voir sa page 'Artistes' ici)

Une tenture est tendue en arrière-plan. Elle représente un tapis de bandelettes multicolores digne du carnaval de Rio. Sept musicos déboulent sur les planches, soit une section de cuivres constituée d’un préposé au trombone à coulisse et un autre à la trompette, un guitariste et sur une estrade en retrait, un drummer, un bassiste/claviériste et un choriste. Sans oublier Lauren Daigle. Elle est vêtue d’un ensemble chemisier-pantalon, sur lequel sont imprimés des carrés de teinte vive, et coiffée d’une casquette brune (qu’elle a retournée) enfoncée sur sa longue chevelure de couleur geai. Et lorsqu’elle débarque sur le podium, elle est vivement acclamée.

Rayonnante, un grand sourire aux lèvres, elle nous remet un ‘bonjour’ en parfait français. En ouverture, elle nous balance son premier skud, « These Are The Days », un hit imprimé sur un tempo enlevé. Elle déménage littéralement sur la scène et entre régulièrement en duel vocal, avec son remarquable choriste. Elle manœuvre la foule habilement, qui réagit au quart de tour. Les cuivres sont omniprésents et changent au gré des compos. Ainsi, bugle et saxophone relaient régulièrement trombone à coulisses et trompette. Et leurs interventions font grimper la température dans la salle.  

C’est sous les ‘hourras’ de l’auditoire que « Look Up Child » et « Trust In You » sont accueillis. Logique, ce sont les chansons préférées des fans. Lauren nous réserve neuf plages de son dernier opus, un éponyme paru ce 8 septembre 2023. A mi-parcours, la troupe prend place sur des tabourets de bar, en ligne, au bord du podium, et dispensent toute une série de compos et de medleys religieux, sous une forme acoustique, dont « Thank God I Do », « Saint Ferdinand », « Everything » et « Valuable ».

Retour à l’effervescence ensuite, grâce aux énergiques « O' Lord », « Turbulent Skies » et « Still Rolling Stones ». Et le public de jumper ou d’applaudir à tout rompre…

Lors de l’intimiste « Thank God I Do », sablé, le timbre de Lauren, vire à la soul voire au gospel. Pas étonnant que sa voix ait été souvent comparée à celle d’Adèle…

Avant de clôturer son concert par « How Can It Be ». Lauren accorde « You Say » (NDR : un méga tube six fois disque de platine), mais sa voix est alors noyée par celle de la foule qui la reprend en chœur. 

A l’issue du rappel accordé sous la forme d’« Inherited », 120 minutes d’un show coloré venait de s’écouler. Et parfois on a eu l’impression d’assister à un défilé de rue animé à la Nouvelle-Orléans, lors d’un carnaval ou une procession…

Setlist : « These Are The Days », « Waiting », « Look Up Child », « Trust In You », « Be Okay », « Hold On To Me », « Kaleidoscope Jesus », « Salvation Mountain », « Rescue », « Thank God I Do », « Saint Ferdinand », « Valuable    », « To Know Me », « O' Lord », « Ego », « Still Rolling Stones », « You Say », « How Can It Be ».

Rappel : « Inherited »,

(Organisation : Greenhouse Talent)

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