L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

logo_musiczine

Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Epica - 18/01/2026
giaa_kavka_zappa_08
Concerts

Godflesh

Monstre bicéphale et autres mutants en marge du BIFFF

Écrit par

Dans cette chronique vous allez constater que les créatures les plus étranges ne se rencontrent pas qu'au fameux BIFFF mais également à L'Avenue du Port.
Certainement moins démonstratives qu'au Bal des Vampires, elles n'en créent pas moins des univers fascinants et surnaturels laissant loin derrière elles la réalité ou tout au moins la vision que la plupart de nous en ont.

Prenons par exemple FUJAKO, fondé par Niko Esterle (aka Ripit, Solar Skeletons) et Jonathan Uliel Saldanha (HHY & The Macumbas, Soopa), il reste  probablement le secret le mieux gardé de l'underground bruxello-portugais.

En effet ses concerts belges se déroulent le plus souvent dans la capitale, à l'exception de quelques dates dans la partie flamande du pays (organisateurs wallons avisés si vous nous lisez...) Ce qui ne l'empêche toutefois pas de se produire au Berghain (temple des nuits berlinoises branchées) ou de partager l'affiche aux côtés de Moon Duo ou encore Gazelle Twin, lors de ses escapades en terres étrangères.

Et donc késako FUJAKO? Des sorciers de l'onde sonore qui trafiquent les basses fréquences comme les plus hautes sur des beats claudicants dont l'apparente maladresse n'est qu'un subterfuge destiné à embrouiller les pas de danse hésitants d'un public encore un peu clairsemé ce soir. Hip hop ? Dub ? Expérimental ? C'est un peu tout ça à la fois, mais en dépassant les étiquettes toutes faites ; ça joue dans la marge et ça intrigue les oreilles en quête de nouvelles sensations. On regrettera juste l'absence de MC's (dont ils ont l'habitude de s'entourer en studio) pour donner peut-être davantage de présence à leur live ou en tout cas un élément qui permette de ‘lier la sauce’, tant il est vrai que démarrer une soirée à 20 heures par ce genre de performance n'est pas forcément chose aisée. Mais si les fans de Godflesh les moins ouverts se sont peut-être interrogés sur la pertinence de cette première partie, ceux qui connaissent mieux les différentes facettes de leur leader Justin Broadrick –et plus particulièrement Techno Animal– auront peut-être plus aisément établi le lien avec les nappes de sons abstraites, les infrabasses sourdes et les ambiances claustrophobes que l'on retrouve également chez Fujako.

Penchons-nous à présent sur le cas Godflesh, monstre bicéphale dont vous avez peut-être aperçu le nom sur un t-shirt porté par un des membres de Ministry, Fear Factory, Pitch Shifter ou qui sais-je encore? Contrairement à ceux-ci et bien que cité comme influence par des artistes au compte en banque autrement mieux garni, leur musique ne leur a jamais rempli les poches... Pas de justice dans le show-biz me direz-vous? Pas faux... sauf qu'une petite dizaine d'années après la dissolution du groupe, à l'aube d'une tournée américaine, JK Broadrick décide de réactiver sa créature hybride nous laissant espérer le meilleur. Et après un premier crochet par cette salle en 2013 pour rejouer essentiellement l'album "Streetcleaner", devenu culte depuis sa sortie en 1989, ils revenaient cette fois-ci défendre un nouvel opus précédé lui-même d'un Ep des plus prometteurs. Deux oeuvres dans lesquelles ils puiseront abondamment pour établir la set list de ce soir.

Leur live commence par un long drone qui s'étire en attendant qu'apparaissent les projections et que le laptop en bord de scène daigne émettre un son. Si celui-ci finit par obtempérer, l'écran vidéo restera quant à lui désespérément 'blanc'. Qu'à cela ne tienne, le contretemps est oublié quand résonne "New Dark Ages", la plage d'ouverture du dernier opus, "A world lit only by fire". A une époque où l'on semble régresser plus qu'évoluer, où l'obscurantisme fait des ravages dans les esprits gagnés par la peur du lendemain, il fallait au moins un brûlot de cette envergure pour rallumer nos âmes. Extrêmement puissant et suffocant, le son du duo de Birmingham m'électrise d'emblée mais c'est à partir du 3ème morceau que je prends réellement mon pied grâce à "Shut me Down" une sorte de funk metal mutant hyper lourd, menaçant, dont le putain de groove est capable de décoiffer les chauves! Dire que j'avais fait la fine bouche à l'écoute de leurs dernières compos, il fallait les voir prendre vie sur scène pour laisser tout doute de côté. Après avoir égrené nombre de leurs titres les plus récents, ils s'attaquent aux ‘vieux classiques’ pour le plus grand plaisir d'une audience assez réactive. Les imparables "Christbait Rising", "Streetcleaner" ou "Like Rats" mais aussi "Brand new Spite", devenu un involontaire précurseur du néo-métal (sic!) à cause de son mélange de guitares lourdes et de rythmes hip-hop, sans oublier "Crush my Soul", caractérisé par ses pulsations electro-indus. Et puis histoire que la boucle soit parfaite, c'est par un drone que s'achève cette excellente prestation, en tout cas leur meilleure qu’il m'ait été donné d'assister et pas la dernière j'espère!

(Organisation Magasin 4)

La Smala

Tout s’accélère… on dirait pas non !

Écrit par

Actif depuis 2007, La Smala, groupe de hip-hop bruxellois, a choisi la mythique salle de l’Ancienne Belgique pour venir présenter son deuxième album, « Un Cri dans le Silence ». Un nouvel opus sorti le 10 avril, soit… le jour du concert ! C’était un pari osé pour le crew bruxellois, mais réussi : le concert affichait sold out 15 jours avant la date.

Sur le coup de 20h, c’est le rappeur JeanJass qui, dans un premier temps, assure le tour de chauffe, par quelques sons de « Goldman », son premier projet solo. Même si la qualité du set de l’artiste carolo est au rendez-vous, la température grimpera de quelques degrés dès l’entrée en scène de Caballero.

Le plus Bruxellois des Espagnols va nous accorder un show très énergique, entamé tout en finesse par « Le Plus Fin ». Même si les extraits de son récent projet, « Le Pont de la Reine », sont très présents dès le départ, Caballero régalera les spectateurs par quelques titres issus de son premier elpee, « Laisse-nous faire », comme « Foume ça » ou encore « C’est aussi simple que ça ».

Cette première partie de très bonne qualité est suivie d’un documentaire d’une dizaine de minutes, présentant les différents membres de La Smala et permettant ainsi d’occuper de manière utile et agréable le temps nécessaire pour installer le décor en arrière-plan. Une bonne initiative qui permet de ne pas altérer l’ambiance, et de susciter l’attente côté public.

Les scratches de DJ Xmen, perché sur son estrade entre deux grands tableaux représentant les pochettes des deux opus du groupe, viennent rompre l’attente des fans juste à la clôture du documentaire. L’enchaînement de « Hold Up » et « All In », dont le refrain est repris par une bonne partie de l’auditoire, lance de la plus belle des manières la soirée. Le concert débute sur un rythme effréné, notamment par le populaire « Je dirais pas non », précédant un extrait du nouvel LP « Vague à l’âme ». Au travers de ce titre beaucoup plus mélancolique, les 5 MC’s  (F.L.O., Seyté, Shawn-H, Senamo et Rizla) font part de leurs états d’âmes respectifs ; une vraie réussite.

Néanmoins, c’est surtout grâce à son passé que le crew bruxellois va enflammer pour de bon une AB pleine à craquer et survoltée, qui a explosé sur « Tout s’accélère ». La Smala nous réserve encore quelques pépites de son dernier long playing, entrecoupées d’extraits des trois volumes de « On est là là » (projets gratuits), avant de clôturer par « Une poignée de Punchlines », où chaque MC y va de son solo. James Deano, dont la notoriété n’est plus à faire, viendra supporter la formation, le temps d’une chanson, accompagné par JeanJass et Caballero. 

DJ XMen embrase une nouvelle fois l’auditoire avant de rappeler les rappeurs pour un final déchaîné, qui se clôture par les très rythmés et non moins connus « Ca fait Boum » et « Yes Mani », avant de prendre la pose devant leurs fans pour immortaliser sur photo cette soirée mémorable.

Durant presque 1h30, La Smala nous a régalés d’un set alliant bon son, exercices de styles, flow et textes sensés, le tout dans une excellente ambiance. Le collectif, très proche de son public, a manifesté de beaucoup de professionnalisme et d’énergie sur les planches, afin de nous accorder le meilleur ; on ne peut que le ressentir tout au long du show. Cette proximité se prolongera même après le spectacle, le groupe allant même à la rencontre de ses fans pour une séance de photos et de dédicaces.

La Smala a démontré que le travail finit toujours par payer. Seuls quelques groupes de rap belges sont parvenus à remplir l’Ancienne Belgique jusqu’à présent.

C’est bien la preuve qu’il a du talent, mais aussi le potentiel pour devenir une valeur sûre du hip-hop belge.

(Organisation Ancienne Belgique)

Fyfe

Pas un seul hic, au sein de cette électronique… érotique…

Écrit par

Ce vendredi soir, la météo est au beau fixe. Les Bruxellois sont en vacances et il émane de la métropole, une onde de quiétude presque idyllique. Il y a beaucoup moins de monde dans les rues que d’ordinaire, et une envie de flâner sans but et sans horaire vous envahit. Sans être confronté au stress. Mais cette soirée ne pouvait laisser indifférent votre serviteur. Et pour cause, Fyfe se produisait au Botanique ; c’est-à-dire le nouveau projet de Paul Dixon, depuis que le Londonien a mis fin à l’aventure de David’s Lyre.
Il faut quand même être attentif à l’horaire, car le concert débute à 20 h au Witloof Bar. En attendant, on enfile quelques décilitres de houblons sur les marches du Bota, on s’imagine une absence de circulation environnementale, on flâne visuellement entre les allées et les réverbères. Il y a juste un parc, du soleil et le moment est savoureux. On hésite presque entre rejoindre les caves de l’institution ou s’abandonner à la farniente. Ne pas y descendre aurait été une erreur… grave. Car le vrai bonheur de la journée allait éclore. Pendant 45 minutes. Il ne fallait pas en louper une seconde.
A première vue, programmer un tel génie de l’electro/pop dans une si petite salle me semblait étonnant. Quand on a pris plusieurs claques à l’écoute de ses singles, dispensés parcimonieusement sur la toile, et une magistrale lors de la sortie de son LP « Control », paru début mars, on imagine le personnage haranguer la foule, tel un gourou, de son timbre de voix hypnotique. Ce ne sera pas le cas. Et puis, perso, je le voyais programmé à l’AB voire à l’Orangerie ; donc je cherchais à comprendre.

Bref, ni foule ni espace sous ces voûtes de briques, mais un public clairsemé quoique heureux, discret et passionné. Tant mieux pour entretenir le climat intimiste.

L’Anglais démarre son set à 20h15. Pas de supporting act.

Un drap noir est tendu en arrière-plan sur lequel sont cousues les 4 lettres du band. Un trio sur les planches et on va en prendre plein la tronche.

Au cours des trois-quarts d’heure de prestation, le combo va dispenser la quasi-intégralité de l’album. Depuis « Holding On » à « In Waves », en passant par « Polythene Love » et le magnifique « Solace ». Les cordes vibrent. La reverb baigne dans la douceur et la volupté. Les corps frissonnent, se dandinent, ondulent. L’auditoire est très attentif. Et pourtant, un parfum d’érotisme se met à planer.

Cristalline, précise, accrocheuse, charismatique ou atmosphérique, la voix de Dixon touche au sublime. Synthétiques, les beats s’enroulent sur les courbes des arcades. Les accords sont minutieux, profonds, millimétrés, chirurgicaux même.

Cette extrême perfection, c’est sans doute ce que l’on pourrait reprocher à l’expression sonore, jusqu’alors. Pas un seul écart, pas un seul dérapage susceptible de différer de la version studio. A tel point que le set épouse parfois une forme aseptisée. Mais heureusement, la suite va prendre une dimension nouvelle. A travers « Solace », tout d’abord. S’autorisant un petit coup d’impro. Et puis surtout tout au long de « For You », théâtre d’un duel entre l’un des musicos et le chanteur, balisé par une gratte sauvagement torturée. Démontrant ainsi que Fyfe est quand même humain.

Et en rappel, « Lies, Pt. II » sera interprété a capella, clôturant le spectacle en beauté, pour ne pas dire en apothéose.  

Le concert de Fyfe, il ne fallait le manquer sous aucun prétexte. Et selon l’adage, les absents ont eu tort…

(Organisation Botanique)

Mountain Bike

Sans complexe…

Écrit par

A l’issue de la conférence de presse qui dévoilait l’affiche du PaCRocK (le 25 avril 2015, à Pont-A-Celles), Mountain Bike se produisait dans les locaux de la brasserie Eden à Charleroi.

Outre l’heure ingrate (grosso modo l’heure de l’apéro), les gaillards ont fait fi des ersatz festifs de la veille et ont livré un (trop court) show case de trois titres enjoués : « Japanese Guitar », « Is that all about money? » et l’excellentissime « Torture ».

On regrettera l’absence d’« I Lost My Hopes (In Paradise) », sans doute un rien plus pop!

C’est donc cheveux hirsutes, regard ténébreux et bâillements intempestifs, que Mountain Bike (amputé aujourd’hui d’un de ses comparses), plutôt stylé garage rock, a présenté aux journalistes couvrant l’événement, un échantillon de son premier opus éponyme (publié sur le label belge Humpty Dumpty Records).

Dans les bacs depuis avril 2014, ce long playing, sans révolutionner le genre, apporte tout de même une sacrée dose de dynamisme et d’énergie. L’idéal afin d’accompagner le retour du beau temps !

Formé en juillet 2012, le line up est aujourd’hui constitué de Kinkle (chant et guitare), June Moan (guitare et chant), Billie Joe (basse et chant) ainsi que Nerveux (batterie).

Si leurs visages ne sont plus inconnus, c’est parce vous les avez déjà vus au sein de différents projets tels que Thee Marvin Gays, Warm Toy Machine, Billy Joe ou encore June Moan. Leurs influences oscillent de Beck à Ty Segall en passant par Deerhunter, Mikal Cronin ou même encore Grandaddy.

Distillant un son électrique et enragé, parfois saturé, la formation noir jaune rouge, se crée aujourd’hui, à force de travail et de persuasion, une place de choix au creux de la tentaculaire et dispersée scène musicale ! 

Les vocalises éraillées et le phrasé désinvolte de Kinkle, ne sont pas sans rappeler, ici et là, un certain Julian Casablancas (The Strokes). Et cette nonchalance décomplexée fait mouche !

Décidément, ces joyeux lurons méritent bien qu’on s’y attarde !

(Organisation Eden, Charleroi)

The Districts

Just rock’n’roll, no bullshit…

Écrit par

On est en droit d’être lassé par ces artistes qui jouissent d’une aussi soudaine que suspecte couverture médiatique, avant même la sortie de leur second album. Et c’est un peu le sentiment qui dominait avant que The Districts ne débarque ce jeudi, à la Rotonde du Botanique. Par contre, plus possible de douter de leur sincérité après leur prestation tout en sobriété et pur esprit rock’n’roll… Si les dérives du marketing qui entraîne le band sont très susceptibles d’exaspérer, sa musique, elle, ne peut être taxée d’opportuniste. On s’étonne tout de même de cette faculté qu’ont les Américains à enfanter autant d’excellent groupes de rock comme The Strokes, Two Gallants ou The Walkmen, dont The Districts partage d’ailleurs dans le même ordre : nonchalance rock, blues crasseux et électricité classieuse.

Le quatuor philadelphien débute son set pied au plancher. D’emblée le son est dense et puissant. Rob Grote affiche une tignasse digne de Cedric Bixler voire d’Omar Rodríguez (At the Drive-In). Il se consacre au chant et à la guitare. Par Cassidy, le second gratteur, est vêtu d’une marinière. Plus réservé, Connor Jacobus est préposé à la basse. A contrario, Braden Lawrence martèle ses fûts comme un malade. Avare en mots, mais libérant une belle énergie, The Districts distribue les morceaux de bravoure issus d’« A Flourish and a Spoil », un elpee produit par John Congleton, leur deuxième opus, dont les imparables « Peaches » et « 4th & Roebling ». Les guitares consomment un blues très électrique. La voix de Rob Grote libère une belle palette d’émotions, qu’il communique à l’auditoire. Un auditoire venu en masse qui reprend en chœur les refrains. Nonobstant son évidente authenticité, The Districts ne pourra plus longtemps préserver ses hymnes de ‘grand petit groupe’ dans des salles de cette capacité ! Ce n’est peut-être qu’une question de mois… Après une heure de concert varié et classique à la fois, entre folk électrique (« Suburban Smell ») et climax mélodiques (« Hound »), les jeunes musiciens quittent l’estrade, avant de revenir pour un rappel limité à un seul titre. Mais de 10 minutes ! Soit le flamboyant « Young Blood » au cours duquel Rob Grote entre en transe et se métamorphose en rock star comme on n’en fait plus beaucoup aujourd’hui… Les gars de The Districts ont commencé leur aventure au collège, en interprétant des reprises ; mais leur show magistral accordé ce soir a démontré qu’ils ont pris de la bouteille sur les planches, tout simplement en accumulant les concerts. Just rock’n’roll, no bullshit… Le buzz était donc mérité !

(Organisation Botanique)

Sick Of It All

Des vétérans qui ont toujours bon pied bon œil…

Écrit par

Ca va déménager ce soir au Club de l’Aéronef. Au programme, quatre groupes : The Heretic Process, Tagada Jones, Angel Du$t et Sick Of It All. En fait, la salle principale est adaptée en mode Box, comme à l’AB. Le balcon est condamné, et d’immenses tentures isolent l’ensemble. Ce qui réduit l’auditoire à une capacité de 400 à 500 personnes. Peu de monde, en début de parcours, car le premier groupe se produit très tôt, soit vers 17h00.

Pas de Heretic Process (NDR : issus de Hénin-Beaumont, ce sont un peu les régionaux de l’étape), pour votre serviteur, puisqu’une interview est prévue au même moment, en compagnie de Tagada Jones. L’entretien terminé, je redescends des loges, pour assister au set d’Angel Du$t. Une formation qui implique les Baltimoriens Justice Tripp (Trapped Under Ice) et Daniel Fang (Mindset/Praise/Turnstile), renforcés pour la circonstance par des membres de The Heretic Process. Leur style ? Du mathcore'n'roll ! Les musicos remuent pas mal sur les planches, mais leurs compos sont un peu brouillonnes et je préfère donc faire l’impasse… Le menu qui va suivre est suffisamment copieux.

Tagada Jones est un quatuor breton qui compte plus de 21 ans de carrière. A son actif, quelque 1 700 concerts, spectacles qui lui ont permis de visiter plus de 24 pays.

Nico, le chanteur/guitariste a la rage. Steph, l’autre gratteur, balance des riffs bien graisseux et huileux. Constituée du bassiste Waner –on doit lui avoir greffé les mêmes pattes de kangourou que Fred Lani– et du drummer Job, la section rythmique est particulièrement solide. A travers leurs compos, le band veut faire passer un message. Chantés dans la langue de Voltaire, leurs lyrics sont réalistes et prônent le respect, la liberté ou l’écologie. En outre, ils critiquent la mondialisation, les manipulations, le ‘capitalisme sauvage’, le fanatisme ou encore le sexisme et l’intolérance (Source : Wikipédia). Suite à la tragédie qui a endeuillé Charlie Hebdo, le combo a enregistré « Je Suis Démocratie », un single dont les bénéfices seront intégralement reversés à Reporter International. Et cette compo, le quartet va l’interpréter en fin de parcours. Une setlist qui va s’ouvrir par « De L'Amour Et Du Sang » et s’achever par « Karim Et Juliette », puisant dans toute sa discographie, dont évidemment son dernier opus, « Dissident », paru en 2014.  Un show très pro et pêchu que votre serviteur a bien évidemment apprécié. Et qui a permis de chauffer l’ambiance, avant la tête d’affiche.

Près d’un quart de siècle que Sick Of It All roule sa bosse. Un ensemble de NYHC (New York Hardcore) issu de la scène punk/hardcore de la Grosse Pomme, qui a surtout sévi de Brooklyn à Manhattan, en passant par le Bronx et Harlem, fin des eighties et début des nineties. Et ce soir ces vétérans vont nous démontrer qu’ils ont toujours bon pied, bon œil. Véritable bête de scène, le bassiste, malgré un âge certain, fait encore des ciseaux avec ses gambettes. Le chanteur (un véritable frontman !) n’hésite pas à grimper sur les baffles comme s’il avait encore 20 ans. Le combo est, bien sûr, venu défendre son dernier elpee, « Last Act Of Defiance ». Mais il va nous livrer 23 titres en 60 minutes. Un set hautement énergique dispensé par des musicos qui ont constamment le sourire aux lèvres. De quoi déclencher moult Mosh et Circle Pits, ainsi que jumps débridés. Et le show, aussi bien sur le podium que dans la salle, s’est achevé à 22 heures pile !

(Organisation: L'Aéronef)

Tagada Jones

Dissident et engagé, chez Tagada Jones, rien n’a changé…

Écrit par

Ca va déménager ce soir au Club de l’Aéronef. Au programme, quatre groupes : The Heretic Process, Tagada Jones, Angel Du$t et Sick Of It All. En fait, la salle principale est adaptée en mode Box, comme à l’AB. Le balcon est condamné, et d’immenses tentures isolent l’ensemble. Ce qui réduit l’auditoire à une capacité de 400 à 500 personnes. Peu de monde, en début de parcours, car le premier groupe se produit très tôt, soit vers 17h00.

Pas de Heretic Process (NDR : issus de Hénin-Beaumont, ce sont un peu les régionaux de l’étape), pour votre serviteur, puisqu’une interview est prévue au même moment, en compagnie de Tagada Jones. L’entretien terminé, je redescends des loges, pour assister au set d’Angel Du$t. Une formation qui implique les Baltimoriens Justice Tripp (Trapped Under Ice) et Daniel Fang (Mindset/Praise/Turnstile), renforcés pour la circonstance par des membres de The Heretic Process. Leur style ? Du mathcore'n'roll ! Les musicos remuent pas mal sur les planches, mais leurs compos sont un peu brouillonnes et je préfère donc faire l’impasse… Le menu qui va suivre est suffisamment copieux.

Tagada Jones est un quatuor breton qui compte plus de 21 ans de carrière. A son actif, quelque 1 700 concerts, spectacles qui lui ont permis de visiter plus de 24 pays.

Nico, le chanteur/guitariste a la rage. Steph, l’autre gratteur, balance des riffs bien graisseux et huileux. Constituée du bassiste Waner –on doit lui avoir greffé les mêmes pattes de kangourou que Fred Lani– et du drummer Job, la section rythmique est particulièrement solide. A travers leurs compos, le band veut faire passer un message. Chantés dans la langue de Voltaire, leurs lyrics sont réalistes et prônent le respect, la liberté ou l’écologie. En outre, ils critiquent la mondialisation, les manipulations, le ‘capitalisme sauvage’, le fanatisme ou encore le sexisme et l’intolérance (Source : Wikipédia). Suite à la tragédie qui a endeuillé Charlie Hebdo, le combo a enregistré « Je Suis Démocratie », un single dont les bénéfices seront intégralement reversés à Reporter International. Et cette compo, le quartet va l’interpréter en fin de parcours. Une setlist qui va s’ouvrir par « De L'Amour Et Du Sang » et s’achever par « Karim Et Juliette », puisant dans toute sa discographie, dont évidemment son dernier opus, « Dissident », paru en 2014.  Un show très pro et pêchu que votre serviteur a bien évidemment apprécié. Et qui a permis de chauffer l’ambiance, avant la tête d’affiche.

Près d’un quart de siècle que Sick Of It All roule sa bosse. Un ensemble de NYHC (New York Hardcore) issu de la scène punk/hardcore de la Grosse Pomme, qui a surtout sévi de Brooklyn à Manhattan, en passant par le Bronx et Harlem, fin des eighties et début des nineties. Et ce soir ces vétérans vont nous démontrer qu’ils ont toujours bon pied, bon œil. Véritable bête de scène, le bassiste, malgré un âge certain, fait encore des ciseaux avec ses gambettes. Le chanteur (un véritable frontman !) n’hésite pas à grimper sur les baffles comme s’il avait encore 20 ans. Le combo est, bien sûr, venu défendre son dernier elpee, « Last Act Of Defiance ». Mais il va nous livrer 23 titres en 60 minutes. Un set hautement énergique dispensé par des musicos qui ont constamment le sourire aux lèvres. De quoi déclencher moult Mosh et Circle Pits, ainsi que jumps débridés. Et le show, aussi bien sur le podium que dans la salle, s’est achevé à 22 heures pile !

(Organisation: L'Aéronef)

Asaf Avidan

L’AB en folie !

Écrit par

Il n’est que 18h15 et la file est déjà longue. Elle s’étire même jusqu'au coin de la Rue des Pierres. Ce soir l’AB accueille deux talentueux artistes à la voix merveilleuse. Asaf Avidan se produit au rez-de-chaussée. C’est sold out depuis longtemps. Alors que Selah Sue présente son nouvel elpee, en showcase plus que privé. Et pour cause, il est réservé aux gagnants d’un concours organisé par la RTBF. Votre serviteur est accrédité pour le set de l’artiste israélien. Et il s’installe juste en face du claviériste, à gauche d'Asaf.

Tamar Eisenman est une compatriote d’Avidan. Elle est chargée d’assurer le supporting act. Jeune, jolie, la longue chevelure de couleur anthracite, son look et sa voix me font penser à une autre concitoyenne, mais d'origine yéménite, Noah, aka Achinoam Nini. Elle est armée d’une guitare électro-acoustique et d’une loop machine. Et elle va faire un malheur en dispensant un folk/rock teinté de blues. En fin de set, elle empoigne sa gratte et la pose contre sa bouche pour y chanter dans un microphone qui y est intégré, profitant de cette caisse de résonance pour littéralement nous bluffer. Et en à peine 20 minutes ! A revoir, c’est une certitude.  

Le plus gros succès d’Asaf Avidan remonte à 2013. C’est un remix de « One Day/Reckoning Song », opéré par le DJ allemand Wankelmut. Un hit qui va truster les charts de nombreux pays. Et faire le buzz sur la toile. Mais c’est en 2006, que l’artiste a démarré sa carrière. D’abord en compagnie d’un backing group, baptisé The Mojos, puis sous son propre nom.

Je me souviens du premier concert d’Asaf Avidan auquel j’avais assisté. C’était également à l’AB. En 2013. J’avais été surpris par sa voix. Plus féminine que masculine. Elle ne collait pas du tout au personnage et me faisait vraiment penser à celle de Janis Joplin. Enfin, pas tout à fait, car son amplitude évoquait également Jeff Buckley et même Robert Plant.

Selon un rituel classique, les musicos montent d’abord sur le podium. Mais avec 20 minutes d’avance sur l’horaire prévu. Ils sont chaleureusement applaudis par la foule. Asaf déboule à son tour sur l’estrade. Il est vêtu de son costume trois pièces de couleur sombre, laissant transparaître un marcel de teinte noir, plus classieux que le blanc qu’il porte habituellement. Il est venu défendre son nouvel opus solo, « Gold Shadow », paru en janvier 2015. Il est flanqué des mêmes musiciens qu’en 2013. Dont trois filles habillées en robe charleston. Deux claviéristes. Tout d’abord Flora, aka Liron Meshulan. Elle s’est plantée en arrière-plan, à gauche. Puis Michal Bashiri, à droite, juste devant votre serviteur. Et une guitariste. Chevronnée. Ronan Kenan. Elle s’est installée à droite. Le groupe implique une section rythmique, soit le bassiste Dan Zeitune et le drummer Haggai Fershtman.

Asaf alterne entre six cordes acoustique et électrique. Androgyne, ample, écorchée, sa voix est reconnaissable entre mille, une voix qu’il maîtrise parfaitement. Ses compos sont belles et authentiques. Elles reflètent le plus souvent des émotions provoquées par des déceptions amoureuses. Original, son rock est parfumé de jazz, de blues, de soul et parfois de funk. Il a pris de la bouteille et il entretient une interactivité permanente avec son public.

« Over My Head » ouvre le bal. Une nouvelle chanson. Asaf est à la sèche. Sa voix est soutenue par des harmonies vocales féminines limpides. Le climat est feutré et rétro, en même temps. Les interventions de glockenspiel sont épatantes. « Let's Just Call It Fate » est un autre titre récent. Empreint d’une grande sensibilité, il nous transporte sur la planète étoilée d’Avidan.

Amorcé par des chœurs féminins, « Ode To My Thallamus » est talonné par de subtiles contributions produites par les claviers électro. La diva charme l’auditoire, à l’aide de sa gratte et de ses vocaux. « Her Lies » est un extrait de « The Reckoning », un opus qu’il avait enregistré en compagnie des Mojos ; ce morceau est électrique, davantage énergique, un rock au cours duquel il pousse ses cordes vocales dans les graves. Sculpté dans le folk, « Different Pulses » baigne dans une extrême tendresse. Il s’agit de plage maîtresse de son premier elpee. « The Jail That Sets You Free » opère un retour sur le dernier long playing. Pas de guitare, mais des clappements de mains pour épauler la voix d’Asaf qui prend la pose la main appuyée sur le pied de micro, tout en regardant son batteur. Avidan adresse régulièrement des regards complices à ses musicos. On sent d’ailleurs l’équipe particulièrement soudée. « Little Parcels Of An Endless Time » s’ébroue sur des sifflements, et se poursuit par des sonorités électro ; un moment choisi par Asaf pour se dandiner sur les planches.

‘Unplugged’, « Cyclamen » vous glace littéralement le sang. Caractérisé par ses ‘la la la’ ravageurs, « Conspiratory Visions Of Gomorrah » est une superbe ballade au cours de laquelle l’auditoire et le band sont en entière osmose. Place ensuite à 3 autres pistes du nouvel LP: « The Labyrinth Song », « Gold Shadow » et « My Tunnels Are Long And Dark These Days ». A plusieurs reprises, Tamar Eisenman vient seconder Asaf au micro et à la gratte. Il pousse sa voix dans ses derniers retranchements sur « A Parth Of This », « Bang Bang » et « Hoist Up The Colors », trois compos qui trempent dans le rock/blues. Rockabilly nerveux, « Growing Tall » clôt le set en beauté.

Mais on devine que le spectacle n’est pas terminé. Asaf Avidan est généreux et aime son public. Il reviendra en solitaire, armé de sa six cordes, pour attaquer « Reckoning Song ». Magique ! A la demande de l’auditoire, il nous livre une version fascinante et tout en délicatesse de « Maybe You Are », à la sèche et l'harmonica. Toute la troupe revient pour aborder « Love It Or Leave It ». Crooneuse, la voix devient ‘dylanesque’.

Lors du second rappel, il nous réserve d’abord « One Day ». Puis Asaf invite les spectateurs assis au balcon à se lever et à jumper sur « Hangwoman ». C’est l’apothéose ! L’Ancienne Belgique entre alors en folie (voir ici)

Et encore un concert à marquer d’une pierre blanche, pour votre serviteur, en 2015…

Organisation : Greenhouse Talent

(Voir aussi notre section photos )

(The) Nits

Dans la machine à remonter le temps…

Écrit par

The Nits, c’est un peu le groupe qui a donné le goût de la musique, à votre serviteur. Inconsciemment d’ailleurs. C’est une certitude. Car les Bataves figuraient parmi les petits favoris de mon paternel, qui ne cessait d’écouter leurs nombreux albums, durant mon enfance. Aussi, lorsque je me suis penché davantage sur la discographie du band, il y a six bons mois, la plupart de leurs chansons, je les connaissais. En outre, j’éprouvais un grand plaisir à les réécouter. Une magnifique redécouverte. Et j’ai ressenti une irrésistible envie d’aller revoir la formation en concert. Comme elle se produisait à Ath, l’occasion était donc belle... Un concert programmé dans le cadre d’une tournée, mise sur pied, peu de temps après avoir soufflé ses 40 bougies. C’était en 2014.

Le Palace est d’ailleurs copieusement garni ce vendredi 3 avril. Mais je dois rapidement constater que je suis le plus jeune dans la salle. Enfin presque, car à l’instar de mon paternel, début des années 2 000, lors de leur passage à l’AB, des parents ont également emmené leur progéniture. Je prends donc place au troisième rang, en espérant voir rejaillir certains souvenirs. D’habitude, je n’aime pas trop m’asseoir pour assister à un concert ; mais ce soir, c’est obligatoire. Il faudra donc s’adapter.

Aucune première partie n’est prévue ; et vers 20h10 les Amstellodamois montent sur l’estrade et attaquent « dA dA dA ». Une chanson qui date du début des années 90 et qui lève le voile sur l’orientation de la set list, très rétro, alors que le trio vient de publier un nouvel elpee, en 2012. Mais c’est après les premières notes du superbe « Nescio » que le public se rend enfin compte du voyage qu’il va effectuer dans le temps. Les acclamations sont vives et le morceau, chanté en italien, rappelle à quel point les Nits sont doués pour innover. Aucun album ne sonne comme un autre. Et ils en ont gravé une vingtaine. Pour de nombreux morceaux, le jeu opéré par Henk Hofstede sur les langues, en est une des preuves les plus flagrantes. Et si au départ, le band surfait sur la vague de la new wave, au fil des années, sa palette sonore s’est considérablement enrichie.

Mais revenons à nos Oranges. Les trois compères sont radieux. Aucune lassitude ne se lit sur leurs visages. Henk aime toujours autant se poser entre deux titres, afin de raconter une anecdote, souvent croustillante ; ce qui provoque régulièrement de petits éclats de rire, parmi l’assistance.

Manière originale d’encourager la participation de leur audience, les Nits proposent, plusieurs fois durant le spectacle, le choix entre deux chansons de leur répertoire. C’est ainsi que des compos comme « The Bauhaus Chair » ou mon petit préféré, « Adieu, Sweet Bahnof », trouvent finalement leur place dans la set list.

Dommage quand même cette pause d’une demi-heure, imposée en plein milieu du show. Si on peut comprendre cet entracte, nécessité par l’âge des musiciens, il m’a complètement sorti du concert ; et j’ai éprouvé les pires difficultés à m’y replonger. Ne parvenant d’ailleurs plus à apprécier la suite, de la même manière… 

Après 1h45 de prestation et 30 minutes de break, le combo se retire, avant de revenir pour interpréter deux titres-phares oubliés jusqu’alors : « In The Dutch Mountains » d’abord et « JOS Days » pour conclure.

Nous avons accompli un voyage de deux heures, dans la machine à remonter le temps, en compagnie des Nits. De quoi convaincre l’auditoire qui leur a réservé une longue ‘standing ovation’ de plus de cinq minutes. Malgré leurs 4 décennies de carrière, leur public est demeuré fidèle. Et après ce spectacle, la situation n’est pas prête de changer…

(Organisation CC Ath)

Steel Panther

Des bêtes de sexe, peut-être… de scène, sûrement !

Écrit par

Après avoir écumé les bars américains à coups de reprises de Glam Metal des années 80, les amis d’école de Metal Skool décident de composer leurs propres morceaux et deviennent, en 2008, les Steel Panther. Reconnus pour leur humour franchement décalé, portant essentiellement sur leur côté festif, la drogue et le sexe à outrance, les Américains ont la réputation de dispenser des shows explosifs et totalement déjantés. Ils avaient mis une fameuse ambiance, lors de leur dernier passage en Belgique, au Graspop Metal Meeting, en 2014 ; mais quid de leur première date à l’Ancienne Belgique ? Immersion au cœur des paillettes et du troisième degré en dessous de la ceinture.

Alors que je m’attendais à croiser un public plus âgé, nostalgique de l’âge d’or du Glam Metal de la fin des 70 et du début des années 80, marquées par Twisted Sister, Mötley Crue ou encore W.A.S.P., c’est au contraire un public majoritairement dans la vingtaine qui a répondu ce soir à l’appel des glammers. Deuxième surprise : il y a très peu de monde à l’ouverture des portes. Impossible pourtant que la foule ne se soit pas déplacée pour applaudir les Yankees potaches… La raison procède peut-être de l’absence d’une première partie ‘consistante’. D’ailleurs, le public va affluer progressivement jusqu’à finalement transformer le show en spectacle sold-out. Mission réussie.

Sur l’estrade, sont disposées deux toiles tendues sur des armatures métalliques. Sur l’une d’elle figure l’inscription ‘The Lounge Kittens’ en lettres néon multicolores ; sur l’autre, les initiales ‘TLK’, toutes aussi bariolées. Trois femmes montent sur les planches, vêtues d’une tenue moulante rayée verte et noire. Seul un petit piano trône sur l’estrade. Et là… surprise : sur une rythmique digne d’un twist complètement déjanté, les trois demoiselles vont reprendre pendant une demi-heure des classiques du Metal ; depuis Slipknot à Iron Maiden, en passant par Metallica, Limp Bizkit, Papa Roach, System of a Down, mais aussi Queen, Bob Marley ou encore Prodigy. De véritables ovnis. Se réappropriant totalement les chansons, toutes trois ont chauffé l’ambiance à coups d’humour, de stéréotypes et de folie, le tout dans un style cabaret décalé. Une ouverture de show atypique, dont la sauce a peut-être eu du mal à prendre au début tant ce genre d’‘opening act’ est unique en son genre. Mais au final, un bon moment de bonne humeur. De quoi mettre en appétit avant un show qui va glisser directement à la troisième vitesse, en matière de facéties décalées.

Un voile bleu, similaire à de la soie, cache l’ensemble de la scène de l’Ancienne Belgique. La fosse, mais également les gradins, sont à présent bien remplis. La salle est plongée dans le noir lorsque retentit « Runnin’ with the Devil » de Van Halen. L’ambiance monte crescendo, atteignant son apogée à la fin du morceau, lorsque retentissent des coups de batterie. Les premières notes de « Pussywhipped » s’envolent et font tomber le voile, laissant apparaître les membres du band en grande forme. Vous voyez Slayer ? Faites-en un cliché en négatif et vous obtiendrez l’image qui correspond le mieux à Steel Panther. A la virilité exacerbée à coups de laque, pantalon moulant, lifting et gestes obscènes à outrance, les membres n’hésitent pas à stéréotyper et à amplifier le mouvement Glam. Tout sourire et les yeux un peu plus ouverts que la normale, vêtu d’un pantalon noir ultra serrant étoilé et d’un t-shirt à tête de chat, Michael Starr enflamme directement le public. Et le band d’attaquer « Party Like Tomorrow Is the End of the World », issu de son dernier opus, « All You Can Eat » (qui est en outre l’appellation de la tournée). Michael exécute ses mimiques, en triturant son micro, tel un phallus en érection. Le bassiste, Lexxi Foxx, le plus efféminé des rockers, se dandine dans son cuir pailleté et lance des regards appuyés à la foule, tenant sa bouche en cul de poule. Satchel, quant à lui, le guitariste musclé, légèrement vêtu d’un treillis déchiré de partout, manie sa guitare vigoureusement, tout en lançant des clins d’œil aux premiers rangs, pour le bonheur de ces dames médusées. Plus discret, le puissant Stix Zadinia, bandeau autour de la tête pour tenir ses cheveux, se contente de marteler les fûts de sa batterie, élevée sur un podium.

Les Steel Panther sont également reconnus pour leurs blagues commises pendant leur show, prenant le temps de se vanner l’un l’autre tout le long du set. Exprimant la plupart du temps des propos à connotations sexuelles, ils se plaisent à évoquer la taille de leur sexe, se rappeler qui ils ont baisé la nuit dernière ou encore savoir qui s’est envoyé la mère, la fille ou la grand-mère des filles qu’ils ont connues. Finesse, quand tu nous tiens. Une part belle du concert sera consacrée à leur second LP, paru en 2009, « Feel The Steel », à travers les tubes tels que « Asian Hooker », « Eyes of a Panther » ou encore « Death to All but Metal ». Récemment questionné pour savoir si, vu leur renommée importante, le groupe allait enfin écrire des chansons un peu sérieuses, la réponse de Michael Starr avait été très explicite : ‘Non ! On veut uniquement se marrer et on va toujours plus loin. On a décidé qu’on prendrait toujours notre pied et qu’on ne se prendrait jamais au sérieux’. Du fun à la Steel Panther, c’est aussi inviter un maximum de filles sur le podium lors du morceau évocateur « 17 Girls in a Row », où les plus aventureuses (et plantureuses) se sont ruées sur la stage afin de rejoindre, parfois de manière très proche, les Américains. Les plus échauffées ont atteint Michael Starr, s’y frottant de manière suggestive avant de dévoiler leur poitrine, pour le plus grand plaisir des mâles, dans la fosse. Le chanteur va même comparer les nichons des deux nanas, présentant l’une comme la version post-chirurgie esthétique de l’autre. Une attitude stéréotypée qui s’assoit parfois sur le respect et glorifie pompeusement le machisme, mais ne semble pas affecter les donzelles montées sur l’estrade.

Steel Panther ne manque également pas de régler ses comptes avec le rappeur Kanye West. Car ce dernier leur aurait manqué de respect lors de la remise d’un Grammy Awards. Avant de démarrer le morceau « Kanye », les artistes invitent la foule à entonner en chœur un ‘Fuck Kanye’ tout à fait suggestif. Cette revanche passée, les glammers poursuivent par « Weenie Ride » ou encore « Why Can’t You Trust Me », issus de leur elpee « Balls Out », au cours duquel Michael Starr s’amuse à lancer son chapeau que rattrape au vol Stix Zadinia, de sa baguette. Les filles de The Lounge Kittens –qui terminent le supporting act de la tournée Steel Panther, ce soir– sont conviées à rallier la tête d’affiche pour attaquer « Girl From Oklahoma », et de poursuivre par la reprise du « Ain't Talkin' 'Bout Love » de Van Halen.

‘You’re absolutely amazing tonight, Belgium. I must admit, it’s the best show of our career’. Bon, on continuera à prendre sa déclaration au troisième degré, en évitant de penser que le frontman doit certainement avoir le même discours lors de chaque prestation. La scène est plongée dans le noir, seul le backflag à l’effigie du band reste éclairé par des spots de couleur bleue. Les spectateurs en redemandent, hurlant un ‘We want more’ avant de reprendre tel un seul homme le refrain de « Party All Day (Fuck All Night) ». Après un long moment d’attente, Michael Starr et Satchel finissent par réapparaître et abordent « Community Property », puis leur tube réclamé par la foule pendant le rappel, laissant un auditoire désormais rassasié après quasi deux heures de show explosif. Vu le niveau des lyrics et l’attitude qu’on qualifiera sans limite dans l’obscénité, ce type de projet n’aurait jamais dû dépasser le stade de la reconnaissance locale. Mais comme les membres de Steel Panther sont de redoutables musicos, ils parviennent à relever le défi d’enchaîner les bêtises et les blagues potaches en se servant de compositions puissantes et accrocheuses. Personne (ou du moins, peu de monde) ne peut vraiment confirmer qu’ils sont, comme ils le prétendent, des bêtes de sexe. Mais toute l’Ancienne Belgique a bien conclu, jeudi soir, que les Steel Panther étaient définitivement des bêtes de scène. (Voir aussi la section photos ici)

Tracklist : Pussywhipped, Party Like Tomorrow Is the End of the World, Fat Girl (Thar She Blows), Tomorrow Night, The Shocker, 17 Girls in a Row , Gloryhole , If I Was the King, Ten Strikes You're Out, Kanye, Weenie Ride, Stripper Girl, Why Can't You Trust Me, Girl From Oklahoma, Ain't Talkin' 'Bout Love, Asian Hooker, Eyes of a Panthers, Death to All but Metal, Community Property, Party All Day (Fuck All Night)

(Organisation : Ancienne Belgique)

Page 61 sur 132