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Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

jeudi, 29 décembre 2016 13:13

Dignes, dingues, donc

C’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes. Enfin, selon l’adage ! Arborant fièrement 67 printemps, l’icône de la chanson française pose une nouvelle fois ses vocalises sur un tout nouveau format.

Propulsé par le single "Et je l'appelle encore", vibrant hommage à sa mère disparue dix ans plus tôt, ce nouvel opus était donc espéré par les fans qui ont patiemment dû attendre durant six longues années depuis le dernier exercice de style, « Plusieurs lunes ».

L’artiste a bien bourlingué depuis ses débuts ! Elle a traversé les âges et les modes, affrontant ci et là les tumultes de la vie.

« Dignes, dingues, donc … » synthétise, quelque part, la carrière de l’artiste. Plutôt éclectique, il recèle toute une palette de titres épurés et émouvants où piano et cordes se mêlent à la syntaxe vocale et le phrasé si particulier.

Eloignée des années sombres, la grande dame y parle, sans équivoque, de ses thèmes de prédilection sous une double angulaire, à mi-chemin entre légèreté et gravité.

Pop/rock, le titre maître avait été écrit juste avant les attentats ; et il traite de la religion, non sans un certain degré d’humour décomplexé. « Des X et des I grecs » tire un trait sur un passé alcoolique. Plus sombre, « L’écume des jours » relate une histoire d’amour qui s’est envolée, une plage qu’elle partage en duo avec Thomas Dutronc. Et le fils à Jacques participe également au plus léger, mais chargé de swing, « Zéro de conduite ». Enfin, « S’il était une fois » baigne au sein d’un climat latino. Une fin de parcours qui dénote cependant dans l’ensemble, flirtant même inopportunément avec une certaine variété…

Véronique Sanson est certainement un monument de la chanson française. Et vu son parcours, on peut même affirmer que sa carrière est solide comme le roc(k). Mais si ce quinzième album studio devrait ravir les inconditionnels de l’artiste, les mélomanes risquent fort de rester sur leur faim, espérant toujours aussi impatiemment une œuvre du calibre de celles publiées au début des années 70 (« Amoureuse », « De l’autre côté de mon rêve », …)

jeudi, 29 décembre 2016 13:12

Mystère

Quand on évoque l’étrange patronyme La Femme, on pense à une icône plantureuse aux formes généreuses. Et pourtant, à l’origine, le projet était réduit à deux hommes, Sacha Got et Marlon Magnée.

Après avoir goûté à différents styles, la jeune fille est passée de l’adolescence à l’âge adulte. On pourrait même ajouter, en deux temps trois mouvements ! Elle a non seulement grandi (le line up recèle cinq gars et une fille, aujourd’hui), mais elle a surtout gagné en maturité. Surtout depuis la publication de son premier essai, « Psycho Tropical Berlin ». Ce qui lui a valu une récompense aux Victoires de la musique, dans la catégorie ‘album révélation de l’année’.

Depuis, on peut dire que le combo est sur le velours. Il nous propose un nouveau format. Qui s’intitule « Mystère ».

Verdict ? Un condensé de compos décomplexées, insouciantes, délurées et fêtardes qui bouleversent les codes figés de la chanson française. Anti-thèses d’un Dominique A ou d’un Miossec, elles lorgnent plutôt vers Philippe Katerine !

Des chansons qui baignent au sein d’une forme de cold wave synthétique. Un brin rétro, elles sont saupoudrées, ci et là, d’un zeste de punk spasmodique…

Le mélomane lambda aurait tendance à se laisser bercer par une absurdité rafraîchissante où se mêle vrai/faux second degré. Le plus averti devrait y déceler en filigrane un message plus profond, davantage psychanalytique.

La syncopée est tonitruante et envoie valser au placard cette sinistrose ambiante qui nous dévore au fil d’une actualité guerrière bien trop présente. Cette gonzesse à six têtes est certes désinvolte, mais possède le don de plonger les aficionados dans une dimension schizophrène.

Les thématiques parlent du quotidien avec une légèreté frémissante, mais sans langue de bois. On y parle de tout et de rien à la fois. Sans jamais être grossier, ni graveleux. « Septembre » évoque la fin de l’été, « Elle ne t’aime pas » brosse une histoire d’amour compliquée – comme souvent–, « Sphynx » aborde le sujet de la drogue, sans pourtant en faire l’apologie. Si tout le monde prenait de l’acide, un jour dans sa vie, le monde serait peut-être davantage en paix. Mouais…

Ce long format risque fort d’éprouver d’énormes difficultés à séduire les pontifes de la pop. Et vu les diktats et les formatages imposés par les radios, il ne devrait pas y trouver davantage de place dans ses programmations.

Dommage ! Parce que derrière, s’y cache une vraie musicalité et des thématiques qui naviguent à mille lieues de l’univers ‘prout prout’ d’un Patrick Sébastien. Comme quoi, la culture musicale a encore des chaumières à visiter !

La soirée du 90ème anniversaire de Tony Bennet a eu lieu devant une audience en direct au Radio City Music Hall à NYC le 15 septembre 2016 et présente des performances d'Andrea Bocelli, Billy Joel, Elton John, Michael Bublé, Rufus Wainwright, Kevin Spacey et Diana Krall. K.d.lang, Lady Gaga et Stevie Wonder.

Ecoutez « Who Cares » ici ! L’album sort le 16 décembre 2016

LA révélation de cette année, Jain, présente la réédition de son album « Zanaka », agrémenté de 5 titres bonus dont 3 inédits. Inclus les hits « Come » et « Makeba » !

Jain sera en concert à l’Ancienne Belgique 25 février 2017.

 

lundi, 26 décembre 2016 14:43

"Les Choses Défendues" selon Cali !

« Les choses défendues »,  le nouvel album de Cali, produit par Edith Fambuena (Bashung / Higelin / Zazie …), présente l'artiste dans un style pop revigoré, moderne, mettant parfaitement en valeur tout son talent d’écriture au profit d’une production ambitieuse! Inclus les singles « I want you » et « Je ne peux pas pleurer plus que ça ».

A cette occasion, Cali vous a laissé un petit message. Ecoutez-le en cliquant ici .

Retrouvez Cali en concert :

05/02 – Festival Parole d’Hommes (Malmedy)

17/03 – Théâtre Royal de Namur

18/03 – Maison de la culture d’Arlon

19/03 – Théâtre Royal de Mons

20/04 – Centre Culturel d’Ath

 

lundi, 26 décembre 2016 14:09

"Encore un soir" avec Céline Dion !

Dès aujourd’hui, vous pouvez vous procurer le repack du nouvel album de Céline Dion, « Encore Un Soir ». Cette nouvelle édition limitée contient 15 titres, ainsi qu’un calendrier 2017 avec des photos live de la dernière tournée.

Inclus le hit « Encore un soir », ainsi que le nouveau single « Si c’était à refaire ».

Découvrez l’EPK de l’album via ce lien .

 

Le média français LesInrocks a présenté en exclusivité la magnifique session de Zimmerman, réalisée par Bruxelles Ma Belle dans la cathédrale Saints-Michel-Et-Gudule à Bruxelles : http://bit.ly/2fy9AcD.

Dès aujourd’hui, vous pouvez trouver l’intrigant album « The Afterglow » de Zimmerman dans les magasins, en versions CD et vinyle. Ce premier projet solo de Simon Casier (Balthazar) est déjà disponible sur iTunes et Apple Music: https://lnk.to/TheAfterglow.

lundi, 26 décembre 2016 13:19

Dick Annegarn “Twist” again !

Avec un disque lumineux, allègre et profond. « Un disque du matin », dit-il. Le matin pour l’élan, le souffle, l’envie, le grand « allons-y » de la joie. Même quand il évoque une noirceur, les pieds bougent et le corps vibre. C’est une affaire de pulsion ; de pulsion de vie. Il confesse avoir été bouleversé par le « Vous n’aurez pas ma haine » d’Antoine Leiris après le 13 novembre, alors Dick Annegarn a voulu qu’ils n’aient pas non plus son angoisse, son stress, sa rage. À la place, ce sera Twist, l’album le plus souriant de sa carrière.

Avec Philippe Avril à la console, l’album s’est enregistré dans cette tranquillité-là au studio Ferber. Autour de lui, des musiciens qui partagent son envie de simplicité, d’élasticité, de rebonds : Jean-Pierre Soules à la trompette, Christophe Cravero au violon et au piano, Olivier Koundouno au violoncelle. L’ami Raphaël est venu pour un duo.

Le nouveau clip "Le Marché des Mandiants" est disponible ici .

 

 

jeudi, 15 décembre 2016 02:00

Un come-back pas tout à fait… innocent…

La notoriété de la ville de Binche n’est plus à étayer ! Elle dépasse allègrement la sphère belge !
On y célèbre, en effet, chaque année un carnaval qui attire de plus en plus de visiteurs issus des quatre coins de la planète ; et surtout depuis qu’il a été reconnu, en 2003, par l'UNESCO, comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité.
Votre serviteur s’y rend ce jeudi 15 décembre. Pas pour y récolter ni ramasser des oranges dans la tronche ou fêter les soumonces ! Non ! Juste assister au concert des Innocents.
Direction donc, la salle Saint-Ursmer. Pas facile à trouver, l’endroit semble un peu miteux ! Mais il est situé à une encablure de la Grand-Place.
Période de Noël oblige, une kyrielle de chalands s’y est installée. Les badauds s’y promènent entre les nombreux stands. On rit, on s’amuse et on ingurgite ici et là des boissons chaudes. Etonnant, quand on sait qu’il y règne une température quasi-printanière. Le climat belge est décidément bien capricieux !

Mais venons-en aux Innocents. En 2000, peu après la sortie du quatrième opus, Sieur Urbain décide de voler de ses propres ailes. La formation implose et l’aventure se termine aussi abruptement qu’elle a commencée…
Il faudra attendre une quinzaine d’années pour que les chevilles ouvrières se croisent à nouveau au détour de l’enregistrement d’une compilation confectionnée sous la forme d’un ‘best of’ et se réunissent sous un line up minimaliste. Il devient alors duo !
Entre-temps, JP s’accorde une parenthèse et entame une carrière solo. La critique salue cette œuvre, mais la défection d’une partie du public lui laissera un goût amer…
Le come-back du tandem n’était donc pas tout à fait innocent…

Le supporting act est assuré par Beautifull Badness. Il s’agit d’un jeune groupe belge. Des trentenaires. Gabriel Sesboué en est la tête pensante.

Si habituellement le band se produit sous la forme d’un quintet ; ce soir, il est également réduit à une paire. Et se résume à un gars et une fille ! Pas étonnant, l’estrade est minuscule et pratiquement impossible d’y mettre plus de monde ou d’instruments.

Le mâle, plutôt beau gosse, arbore sous son veston, un marcel digne d’un ancien belge. Les poils hirsutes grisonnants dépassent allègrement du haut de son torse. Il prend place derrière un clavier. Il assure aussi les vocalises.

La gonzesse, ravissant minois, est vêtue d’une robe noire aussi jolie que sexy et chaussée de souliers brillants de couleur rouge. Elle se charge des cordes électriques et du violon. Accessoirement, elle participe aux chœurs.

D’emblée, les premières notes feutrées subjuguent la salle ! Il plane une atmosphère propice à la douceur. Le jeu de lumières tamisées y est sans doute pour quelque chose.

Les frissons suivent une courbe de Gauss au fur et à mesure de l’avancement du set.

Les yeux deviennent vite embués, les larmes ne tardent pas à couler. Ce spleen envoûtant tient pour beaucoup à la voix éthérée de l’ange Gabriel.

La musicalité est onirique, ouatée et transcendante. Une gamme de notes simples, mais pas simplistes qui s’écoutent paupières fermées. Manque plus que le sofa moelleux, verre de whisky dans une main et joint roulé dans l’autre.

Les compositions sont aussi percutantes que profondes. Les lignes guitares, ‘floydiennes’.

Question émotion, on n’a pas fait mieux depuis "Hallelujah", version Jeff Buckley. La meilleure ! De nombreux couples se rapprochent amoureusement. Des baisers s’échangent ! La musique adoucit les mœurs, paraît-il !

"A Sunny Morning" clôt cette trop courte prestation. Et elle est magistrale. Cocasse, cette version est née d’un précédent concert joué il y a quelque temps dans la tour bétonnée du plan incliné de Ronquières. La caisse de résonance a dicté cette nouvelle lecture en quelque sorte…

Place ensuite au plat consistant ! Les quelques pelés encore attablés au bar, ont rejoint le cœur de la salle chope à la main.

Le parterre est maintenant bien rempli. Un voile brumeux assombrit les sunlights.

On peine à se mouvoir. Les coups de coude sont légion. Mais paradoxalement, l’ambiance est on ne peut plus détendue.

La faune est diverse et variée. La pyramide des âges est bien représentée. On y croise aussi bien une bobonne, cheveux gris et adepte de Parkinson que de jeunes enfants d’à peine sept ou huit ans. Sans oublier les fans insulaires quinquas dégarnis ou les curieux venus pour entendre des tubes. Et puis les autres…

Les groupies piaffent d’impatience. Faut dire que Les Innocents (aujourd’hui recentré sur Jean-Christophe Urbain et Jipé Nataf) a connu les glorieuses entre 1989 et 1999. Un succès couronné de singles platinés, passages radios, tournées à guichets fermés et récompenses aux Victoires de la musique. Les ‘Innos’ ont marqué cette décennie par des standards pop comme « L'autre Finistère », « Fous à lier » ou encore « Colore ».

Il est 21h15. JC est le premier à fouler les planches. Vêtu sobrement, sourire aux lèvres, il salue le parterre, sèche en bandoulière. Nataf, cernes marqués par des nuits blanches supposées et barbe noire mal entretenue, lui emboîte le pas. Il alternera six cordes acoustiques ou électrifiées.

Les titres s’enchaînent à une cadence folle. Finement arrangé et verbe singulier, le scénario musical laisse pas mal de place à l’improvisation.

Sans frime ni préméditation, les gars s’amusent comme des gamins ! Des regards complices s’entrecroisent. Si ces deux-là n’étaient pas de vrais amis dans le passé, la connivence qui les lie aujourd’hui fait plaisir à voir !

La palette du duo est influencée par la pop anglo-saxonne. Mais, le fer de lance de leurs compos reste le français qu’ils utilisent et manient avec dextérité pour ciseler des textes qui dépeignent un univers métaphorique, empreint de vérité et de véracité au potentiel de classiques.

La set list de ce soir explore un passé pas si lointain ! L’angulaire contemporaine dépoussière les poncifs du genre et apporte un raz-de-marée de fraîcheur ! Tout est millimétré et exercé avec beaucoup de souplesse. Un travail d’orfèvre ! Les pédales d’effets sont utilisées à bon escient. L’exercice est suffisamment intéressant pour permettre la découverte ou la redécouverte de morceaux anthologiques qui ont fait les beaux jours du band.

L’enveloppe sonore est en tout cas profondément nostalgique. Elle demeure fortement imprégnée par la patte solitaire du leader !

JP est de très bonne humeur ! Le show est ponctué d’anecdotes ! Il aime rappeler par exemple qu’il a accompli de nombreux voyages entre les loges et le marché tout proche. Il avoue à demi-mot qu’il apprécie nos bons produits du terroir ! Ou encore que le Belge est réputé pour être bon client vis-à-vis des formations issues d’outre-Quiévrain !

La seconde partie du show est transcendée par une hyperactivité soudaine ! A la stupéfaction de tous, JP s’accorde même un pas de danse de Sioux pour le moins contorsionniste ! Un condensé de Twist et de Polka ! Delirium ?

Sympa, mais risqué pour le service trois pièces ; fallait voir l’étroitesse du falzar ! La gente masculine compatira…

A faire le mariole, il se prend une gamelle monumentale, lorsque, debout sur les retours sons, il perd l’équilibre et se termine guibolles en l’air !

Histoire de briser la fine couche de glace qui persiste, les blagues ponctuent ci et là le show. Qu’elles soient rigolotes ou ringardes (façon Carambar), le gars est complètement décomplexé et se fiche totalement de ce que les gens pensent !

Il a bien raison ! Après tout, on est là pour se vider la tête et passer un moment agréable !

Bref, une heure vingt d’un scénario déjanté, tout en couleur et rythmé sur fond de feedback incessant !

Il est temps de se dire au revoir ! Les cris hystériques s’élèvent ! Le rappel est annoncé ! « Jodie » et « Un homme extraordinaire » s’uniront pour le meilleur et pour le pire, coupables d’un amour sans foi ni loi !

Dans certains pays, le 24 novembre se fête ; on y célèbre les récoltes et on rend grâce des bonheurs reçus pendant l’année. C’est la ‘Thanksgiving’ !
Au pays des Collines, ce jour rencontre une toute autre signification ! On y savoure le deuxième anniversaire des ‘Jeudis Oui’ ; soirées organisées sur fond d’afterwork bobo !
Direction donc Frasnes-lez-Anvaing et plus précisément son magnifique cadre de la Cense de Rigaux, un ancien corps de ferme gracieusement réhabilité, avec goût et raffinement… Un Dj bien connu de la région (NDR : il est également membre du groupe Zénith) a la lourde tâche de mettre le souk. C’est le plat consistant.
Fort heureusement, la digestion de ce mets indigeste est facilitée par une entrée délicieuse. Et ce sera en supporting act. Rive sert donc d’hors d’œuvre.

 

A la tête de cette formation originaire de Bruxelles, un binôme. La belle, Juliette Bossé, d’un côté ; et la bête, Kevin Mahé, de l’autre.

La première est une jolie. Blonde, filiforme, elle est vêtue de noir pour la circonstance. Elle pousse la chansonnette (accessoirement) ! Et dans la langue de Voltaire s’il vous plaît ! Sa voix est éthérée et fragile ! Un brin torturée même…

Le second est coiffé d’une casquette. Son regard est étrangement fixe et hagard ! On dirait un zombie tout droit sorti de la série à succès ‘Walking Dead’ ? Chacun jugera… Son truc à lui, ce sont les rythmiques endiablées !

D’emblée, votre serviteur (batteur lui aussi !) examine cet homologue ! L’instrument est on ne peut plus épuré : charley, snare, grosse caisse, floor tom et une cymbale ride. Des loops intelligemment construits viennent heureusement remplir l’espace sonore.

Lorsqu’il se place derrière les fûts, ce gars est complètement habité par sa musique ! On dirait un autiste ! Ses frappes sont mesurées, calculées et ‘décibelées’ à outrance ! Tantôt, elles claquent sur les peaux, comme par réflexe communautaire ! Tantôt, elles sont posées sensuellement, comme les mains d’un homme caressant le corps fragile d’une femme ! A chaque mouvement, ses yeux se révulsent. L’orgasme ne devrait pas tarder…

La donzelle propage des nappes de synthé. Ses mains ondulent allègrement, lorsqu’elle les pose sur son clavier ! Plus rarement, elle pince les six cordes électriques.

Ce tandem s’est formé, il y a un an seulement. Et ils se sont vite fait remarquer, décrochant des prix au dernier Franc’Off de Spa et au Bota, dans le cadre du concours ‘Du F. dans le texte’…

Le duo est venu présenter un premier Ep (prometteur) intitulé « Vermillon ». Il devrait sortir, selon toute vraisemblance, début 2017. Il a été enregistré au Rare Sound Studio de Remy Lebbos (Nicolas Michaux, Great Mountain Fire).

La musique de Rive campe un hybride entre electro et dream pop. Les compos baignent au sein d’un univers qui navigue à quelques encablures d’Air et Sébastien Tellier. Mais évoquent plutôt Cats on Trees pour sa fraîcheur ainsi que la complicité qui s’établit entre les deux musicos. Comme si un lien fraternel les unissait. Beaucoup de regards sont échangés ! Une belle histoire s’y cache, très vraisemblablement…

Les morceaux s’écoulent paisiblement entre fond nostalgique et onirisme ! Le jeu et la présence scénique sont simplistes, certes ; mais empreints de charme et d’émotion.

Si le concept n’est pas neuf et a déjà été moult fois reproduit, il prend une dimension toute particulière ici ! Les causes en sont sans doute protéiformes ! L’implication du drummer ? La fébrilité de la vocaliste ? Le chant en français ? L’alchimie entre les comparses ? Peu importe après tout ! Ca fonctionne ! C’est l’essentiel !

Le duo est à la tête d’une huitaine de chansons. C’est insuffisant ! Le set, d’une durée de trente minutes à peine, laisse un goût de trop peu. De quoi susciter une certaine amertume chez les aficionados qui se sont laissés bercer par cette atmosphère paradoxalement douce et sulfureuse !

La dernière chanson se termine autour d’un piano quatre mains ! Une dernière touche qui sonne comme un sacré happy end !

Les applaudissements fusent de toute part ! Sûr qu’on devrait parler d’eux très prochainement ; et en bien !