Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

logo_musiczine

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

dEUS - 19/03/2026
DEADLETTER
Concerts

Yo La Tengo

Figure de style

Écrit par

Avant la sortie de leur nouveau recueil, prévu pour septembre, Yo La Tengo s’autorise quelques pérégrinations ‘en roue libre’. La série de concerts–concept a transité, ce vendredi 12 juin, par une Orangerie bondée, configuration assise. Mais la réalité du projet était tout autre que celle relatée par la presse…

The Freewheeling Yo La Tengo’ avait, en effet, été présenté comme une série de concerts au cours desquels la formation n’interprèterait que des titres expressément sollicités par les fans, tout au long de la soirée. Après deux morceaux introductifs, Ira Kaplan met les choses au clair. Pas de ‘requests’ au programme. La formation, dans sa mouture ‘Freewheeling’, consent, en fait, à un jeu de questions-réponses entre chaque chanson. Le trio improvise ensuite la setlist selon ce que lui inspirent les questions soulevées par l’assistance. Et celle-ci se prend rapidement au jeu, bien que le style ‘conférence de presse’ du concept n’ait pas l’air de plaire à tout le monde.

Tandis que Georgia Hubley et James McNew brillent par leur discrétion, Ira répond aux questions du public. En montrant une belle ouverture d’esprit et en injectant à ses répliques une bonne dose d’humour. Il s’excuse cependant de ne pouvoir accomplir cet exercice de style que dans sa langue maternelle, apparemment conscient de la crispation d’une frange de la foule, peu familiarisée à la langue de Shakespeare. Tout à son honneur ! Pendant le show, certains petits malins ciblent leurs interrogations autour de l’une ou l’autre chanson qu’ils aimeraient entendre jouer ; mais le leader de la bande dévie systématiquement, mais intelligemment la conversation en formulant quelques anecdotes inspirées.

Des questions sur les Simpsons, Henry Rollins ou Daniel Johnston aboutissent sur une reprise de ce dernier, une autre de Black Flag et une version très psyché du thème des Simpsons. Le trio survole également sa discographie, de « Speeding Motorcycle » et « What Can I Say » tirés de « Fakebook » (1990) à « Mr. Tough », gravé dans le plus récent et incontournable « I’m Not Afraid Of You And I Will Beat Your Ass » (2006). Bien que la setlist soit indirectement influencée par le public, Yo La Tengo n’oublie pas son actualité en présentant tout de même quelques extraits de leur prochain ouvrage, intitulé « Popular Songs ». Ira, Georgia et James se retirent en toute humilité, après non moins de deux heures d’interaction généreuse avec un public en grande partie enthousiaste. Le ‘Freewheeling’ à la Yo La Tengo est un concept qui gagne définitivement à être adopté par d’autres artistes !

Organisation : Botanique.

Dan Deacon

Dan Deacon président !

Écrit par

En cette journée d’élection et après une bonne après-midi de dépouillement, c’est à la dernière minute que je débarque au Bota afin de découvrir la dernière sensation électro foutraque du moment, j’ai nommé Dan Deacon ! La présence de l’Américain à Bruxelles est la suite logique de l’accueil élogieux provoqué par son dernier album.

En compagnie des ses amis, qu’il a baptisé son ‘Ensemble’, il nous propose un étonnant show interactif ! Le public se voit tour à tour invité à participer à un concours improvisé de danse ou à agiter les bras en rythme. Plus tard, c’est un membre de l’Ensemble, déguisé en fraise (!!!), qui descend dans le public pour y exécuter quelques pas de danse. A douze sur scène et ce malgré un très bon son, le foutoir semble total ; mais le leader de la scène de Baltimore semble maîtriser ce joli bordel en organisant la troupe d’une main de maître. Dan Deacon est au centre de la scène. Casqués d’une tête de mort de couleur verte, trois batteurs se tiennent derrière lui. Les autre musiciens se partagent une multitude d’instruments dont trois claviers, des xylophones, une basse, une guitare et la liste est loin d’être exhaustive.

Dès son arrivée sur le podium, Dan nous invite à se placer face à un voisin en répétant ses paroles. L’effet est garanti. Et permet de rentrer directement dans le bain ! Ensuite le spectateur (NDR : qui a intérêt à être en forme et apprécier l’ambiance quasi Club Med) doit toucher la tête du spectateur devant lui ou participer à une farandole (deux farandoles en une année au Botanique après celle de La Chanson du Dimanche ; les temps changent ! A quand les danse des canards ?) jusqu’à l’entrée du Botanique. Dan Deacon joue avec son public, le manipule et semble prendre beaucoup de plaisir. Tout comme les spectateurs d’ailleurs, complètement acquis à sa cause. La musique n'est pas en reste et les morceaux hallucinants et déjantés de « Bromst » passent allègrement le cap de la scène.

Une soirée réussie et surprenante ! Ce soir, pour cette fois, mon vote ne sera pas secret ! Il y ira directement pour le parti de Dan Deacon. Dan Deacon président !!!

Organisation Botanique

 

Phoenix

L’herbe est toujours plus verte ailleurs…

Écrit par

Assister à un chouette concert avant d’entamer le week-end de bonne humeur, je vote pour ! Groupe à la page (NDR : effet Coppola ?) Phoenix se produisait au Botanique ce 5 juin pour présenter son magnifique nouvel album. Intitulé « Wolfgang Amadeus Phoenix », il allie simplicité et efficacité, comme un bon riff. Bizarre que personne n’y ait pensé avant… En commettant cet opus, la formation hexagonale vient de frapper un nouveau grand coup. Leur premier et imparable single « Lisztomania » passe d’ailleurs déjà en boucle sur les ondes.

Les quatre jeunes branchés montent sur le podium illuminé par le logo de leur nouvel opus. Il est 20h30. L'Orangerie est pleine à craquer et l'ambiance relativement chaude. Les fans sont bien présents et le manifestent. Le quatuor originel est accompagné par un drummer de tournée. Un Suédois, qu’ils ont rencontré lors d’un de leurs périples. Manifestement le combo est heureux d’être sur scène. Et pour cause, l’accueil du public bruxellois leur donne des ailes. En espérant qu’il soit l’avant-goût d’un futur et hypothétique succès dans leur pays. Car chez eux, à l’instar de Tahiti 80, ils sont incompris. ‘Big in Japan, big in the US, big in Norway but very little in France’. Pourtant, en un peu plus d'une heure, Deck D'Arcy et sa bande vont honorer plus qu’honorablement leur contrat en interprétant un par un les titres de leur dernier album, tout en n'oubliant pas de jouer leurs plus grands tubes comme « Too Young », « If I Ever Feel Better » et « Run Run Run ». Frank Liszt et Wolfgang seraient fiers d'eux. Les frères Mazalaï rivalisent d'aisance et de classe tandis que le chanteur s'érige en véritable leader du groupe. Leur musique est légère et rafraîchissante. De la pop sans prise de tête ; et d’une qualité irréprochable. Hormis Vampire Weekend et Ra Ra Riot, je ne vois pas beaucoup d’autres formations qui possèdent une évidence mélodique aussi naturelle.

Un petit bémol cependant, malgré leur enthousiasme, la formation versaillaise communique peu avec son public, se contentant de remerciements laconiques. Néanmoins, Thomas Mars et consorts peuvent continuer leur tournée sans souci. Elle devrait se solder par une grande réussite, si l'on tient compte l'engouement qui se crée autour du groupe et leur solidité sur scène. Comme l'avançait il y a peu mon cher collègue Redouane, Phoenix est probablement un des meilleurs groupes pop au monde et il l'a encore une fois prouvé à Bruxelles ! Faudrait maintenant que le public (NDR : surtout français !) en prenne conscience…

Organisation Botanique

Junior Boys

Les garçons de première classe

Écrit par

Troisième recueil, troisième passage au Botanique. Le chiffre ‘3’ sied parfaitement aux Canadiens de Junior Boys qui, pour la tournée de promo de « Begone Dull Care » se paient les services d’un troisième membre délégué aux grosses caisses. Un concours qui a apporté un relief inédit au set accordé part le duo, ce 4 juin, à la Rotonde du Botanique

Circlesquare se produisait en première partie de ses compatriotes. Riche d’un excellent troisième ouvrage, positivement accueilli par la presse et les bloggeurs de la planète, la formation menée par Jeremy Shaw a accordé une prestation à la fois froide et envoûtante. Dans la pénombre, Shaw interprète timidement les morceaux de son « Songs About Dancing And Drugs » devant une salle se remplissant au compte-goutte. Ce qui n’aura en rien empêché l’énorme « All Live But The Ending » de faire vibrer l’assistance déjà présente.

Originaire d’Ontario, Jeremy Greenspan et Matt Didemus sont considérés par la presse spécialisée comme les Hall & Oates du XXIème siècle (NDR : Jérémy jouant probablement le rôle de Hall et Matt Didemus, celui d’Oates. Fondé en 1999, le duo a choisi pour patronyme Junior Boys. Il vient présenter « Begone Dull Care », peut-être bien leur meilleur ouvrage à ce jour, sur les planches de la Rotonde du Botanique. Et s’installent à chaque extrémité du podium pendant que Dave Foster, le drummer de tournée, se plante au fond de la scène. Le trio se concentre immédiatement sur ses instruments et démarre son set par deux extraits de leur dernier bébé, « Hazel » et « Parallel Lines ». Le public est plutôt réceptif à la pop synthétique des ‘garçons de première’. S’ensuivent des extraits des deux premiers travaux (« Double Shadow », « Birthday », « The Equalizer ») rivalisant d’énergie et clairement bonifiés dans leur mouture ‘live’. Leur musique est impeccable, mélodique, et bénéficie, vu le concours du batteur, d’un groove particulièrement solide ; mais en même temps susceptible de s’infiltrer insidieusement dans l’esprit et le corps. Jérémy possède une superbe voix de crooner, dans la tradition des vocalistes de r&b. Et puis, Matt, préposé aux claviers, se charge des vibrations électro, souvent inspirées par les 80’s (NDR : pensez à OMD et Ultravox)

En guise de rappel, les Canadiens proposent au public belge un « FM » très rarement repris dans leurs setlists et porteront le coup de grâce sur un énorme et méconnaissable « Under The Sun », toutes guitares en avant. Après un set pareil, le prochain passage des Junior Boys mériterait bien une Orangerie à guichets fermés !

Organisation Botanique

Chris Cornell

Souvenir, souvenir !

Écrit par

Si vous avez connu la vague grunge qui a sévi au cours des 90’s, vous avez certainement toujours en mémoire des groupes comme Alice In Chains, Nirvana ou Pearl Jam. Nostalgie, nostalgie ! Issu du même mouvement, Chris Cornell s’est également illustré comme leader de Temple Of The Dog et puis surtout de Soundgarden (NDR : bien avant de fonder Audioslave). Au cours d’une agréable soirée entre amis, on se surprenait même alors à fredonner « Black Hole Sun» ou « Spoonman », en s’accompagnant –pourquoi pas– d’une bonne vieille guitare. C’est sous le ciel étoilé de l’ABBox, que Bruxelles accueillait donc cette si célèbre voix du rock. Et pourtant, la salle était loin d’être pleine. Faut croire que les anciens fans n’ont toujours pas fait le rapprochement entre la carrière solo de Cornell et son illustre passé. N’empêche, ce soir, il y avait de l’ambiance…

Il faudra un petit quart d’heure pour que les musiciens trouvent leurs marques. Le temps d’interpréter « Part Of Me » et « Time », deux morceaux plus récents de Cornell. Et puis, surprise, Timbaland entre en scène. Enfin, plus exactement, prend le contrôle des manettes. Le beat est lancé. De quoi déconcerter les rockers purs et durs. Néanmoins, le doigté très caractéristique de ce producteur à gros succès confère à la voix enivrante et sensuelle de Chris, un feeling nouveau, plus contemporain. Et finalement pas du tout désagréable à l’oreille. Mais le set ne va pas se cantonner uniquement dans ce style, heureusement. Nous faisant même revivre les débuts de Soudgarden », vécus en 1984 et nous invitant à partager ses multiples expériences sonores. A l’instar de « No Such Think ». Et puis du célèbre « You Know My Name » (NDR : bande originale du film « Casino Royal »), qui fait un véritable tabac. De quoi timidement, mais réellement commencer à réveiller les troupes. Cornell est vêtu tout simplement d’un sweater blanc et d’un jeans. Je jette un rapide coup d’œil autour de moi : le public semble toujours aussi scotché. Une version rock/blues de « Billie Jean » déclenche un frisson de ravissement. Le public apprécie. L’artiste met ses tripes au service de ses compos, il donne le maximum de lui-même ; et sans pudeur, invite les aficionados à partager ses émotions. Ce n’est pas du grand spectacle ; juste une passion musicale authentique qu’il cherche à communiquer à ses fans. Et la suite va enfin faire trembler les murs. Les vibrations de Soundgarden et d’Audioslave s’amplifient. La poudre s’enflamme. Les guitares électriques deviennent graves. Les drums accélèrent. Les musiciens déménagent sur toute la largeur du podium. Et l’audience jouit de ce retour aux sources. Plus de chichis. Du rock, du vrai, du tatoué ! L’audience entre en communion et se défoule. Enfin du piment à ce concert ! Les extraits des elpees « Pretty Noose » et « Gasoline » embrasent littéralement la foule. Avec en point d’orgue : « Scream ». Malgré la puissance du son, la voix de Chris Cornell passe bien la rampe et ne montre aucun signe de faiblesse. Retour au calme. Et à des mélodies plus douces. Un solo de guitare acoustique balaie le remarquable « Fell On Black Day », « Can’t Change Me » ou encore « Like A Stone ». On en a des frissons. Un moment de pur bonheur que la foule ne tardera pas à partager en reprenant les paroles en chœur. Et cette session intimiste s’achève par « Long Gone », une plage issue de son dernier album.

Nouveau coup de boost au tempo. Sans pour autant négliger la sensibilité mélancolique des mélodies. Faut dire qu’elles glissent constamment du côté paisible à celui obscur de la force… Les musiciens ont repris leur place pour attaquer « Cochise », une compo issue du répertoire d’Audioslave. Et « Watch Up » clôt ce chapitre particulièrement intense. Laissant la place à celui des reprises de classiques (NDR : parfois un peu délirantes). Au menu : Jimi Hendrix ; et puis surtout U2 pour une inoubliable cover de « Sunday Bloody Sunday ». L’imagination semble au pouvoir. Et les musiciens prennent un certain plaisir à nous la faire partager. Par contre, on aurait aimé assister à un duo entre Chris et Eddie Vedder pour interpréter « Hunger Strike », comme à l’époque de Temple of The Dog. On aurait ainsi eu droit à la cerise sur le gâteau. Mais cessons de rêver, car « Spoonman » va rapidement nous faire oublier ce petit détail. La foule est à nouveau déchaînée. Les têtes s’agitent de haut en bas. Les musiciens se réservent chacun un petit solo. L’énergie libérée est à son paroxysme. L’assistance en redemande. Tous les bras sont levés. Acclamation indescriptible ! 

Après deux heures de représentation, la voix de Chris commence à se fatiguer. Aussi, on n’aura droit qu’à un bref rappel ! Incluant notamment « Seasons ». De quoi raviver dans notre mémoire, le souvenir de ces sessions ‘unplugged’ diffusées par MTV, au cours des 90’s. Et puis avoir une pensée émue pour Kurt Cobain et Layne Staley (NDR : l’ancien chanteur d’Alice In Chains) qui nous ont quittés prématurément. Celles et ceux qui ont vécu cette symbolique vague du grunge, ont certainement dû, avoir un petit pincement au cœur… Seule la présence de Timbaland, responsable de la mise en forme du dernier opus de Chris, « Scream », nous a rappelé que nous étions bien en 2009…  

Organisation Ancienne Belgique

Les Wampas

Les Wampas : là où ils passent, la foule trépasse…

Écrit par

Une des raisons pour lesquelles j'apprécie tout particulièrement le Botanique, procède de la présence de sa terrasse en plein centre ville. Surplombant les jardins verdoyants, on y croise une grande variété d’individus : du bobo au gonzague, du discret à l'excentrique, du parfait inconnu à la star du soir, en personne. Ce jeudi 28 mai les quidams gravitant autour des tables en bois, nous poussent à une petite analyse sociologique savoureuse. Suivant le look affiché, on distingue clairement les penchants musicaux. A ma droite, à la Rotonde, se produit Deerhunter, un groupe pop/rock un brin intello. La tendance de ses fans est au NERD : slim, Halfcab et fluo à profusion. A ma gauche, l'Orangerie. Les mythiques Wampas y sont programmés. Leur apparence extérieure est moins léchée : bermuda, tatouages à gogo et t-shirt destroy. Ok, on va prendre à gauche et suivre le troupeau d'allumés.

Le show commence à 20h30. Que dis-je ? Le règne du Roi Didier. A l'avant, ça pogote déjà ferme sur les premiers accords du "Télégramme de Brest". Ca promet. Il fait vite moite, et les saturations des comparses ne viennent en rien alléger l'ambiance. S'étalant sur plusieurs albums, leur répertoire enchaîne les vieux classiques tout en balançant les dernières perles de leur elpee paru début de l'année : "Les Wampas sont la Preuve que Dieu Existe". Suivant son habitude, Didier Wampas se chauffe un peu avant de bondir vers son public. Il ne lui faudra que quelques chansons seulement. Coiffé d'un chapeau de cow-boy doré, il est en parfait accord avec son futal de la même couleur. Complètement moulant, ce vêtement nous dévoile avec une fausse pudeur, les attributs du chanteur. Vous avez dit bon goût ? Oubliez ce mot si vous décidez un jour d'assister à un concert des Français. Tout le spectacle est démesuré, exacerbé jusqu'à son paroxysme. Les guitares perforent nos tympans ; et il est d'ailleurs amusant de constater que derrière les quatre éternels accords du groupe, se cachent quand même trois guitaristes.

Pour soutenir les 18 cordes (+ les 4 de la basse), s’agite un préposé aux fûts. Il les maltraite comme c’est pas possible. Et puis, il y a Didier Wampas au chant, très fier de ne pas aligner deux accords justes. Les oreilles souffrent, mais l'énergie libérée au fur et à mesure du show, entretient dans la salle entière, une ambiance de malade dégénéré. Les valeureux guerriers de l'avant ne cessent de s'entrechoquer et de s’aventurer dans le stage dive. Quel que soit le morceau balancé, le public l'accueille dans la liesse. De "Les Bottes Rouges" à "I Hate Switzerland", en passant par "Touche Pipi", "Ce Soir, C'est Noël", "Kiss" ou "Elle est Ou ma Loge ?", Didou harangue sans cesse son audience. Il la fait vibrer et ne fait pas dans le détail. Il carbure au contact physique et à l'acrobatie, le vieux saligaud. Empilant les enceintes retour les unes sur les autres, il se construit une tour d'où il toise son peuple. Plus tard, il fait descendre un rack de transport en plein milieu du public pour y grimper. Il vient au contact. Il veut le voir de près, le toucher. Il se délecte rituellement de faire le tour salle en embrassant tout le parterre. C'est l'hilarité générale. Sa Sainteté Didier n’est plus aimé ce soir, il est adulé. Et c'est sur un trône improvisé en chaise plastique, qu’il recommence le circuit afin de saluer ses ouailles.

Les Wampas sont généreux. Autant dans l'énergie que la bonne humeur. Tout est pris à la dérision et l'irrévérence constante; ce qui est résolument la marque de fabrique du groupe. Les Wampas n'ont donc pas failli à la seule règle qu'il respecte : no rules ! A 22 h les lumières se rallument, après deux rappels quand même. On quitte la cour de récréation. Il y plane un parfum écœurant de fauve. C'est que si la bière à coulé à flots, la sueur n'avait rien à lui envier.

Organisation : Botanique

Yuko

Le charme de l’insolite…

Écrit par

Yuko compte parmi ces premières parties qui vous soufflent, vous renversent brutalement… Souffles qui vous plongent dans le magnétisme incontrôlable de tourbillons de douceur. Mélopées lentes et lugubres qui invitent à la lévitation. Un post-rock éthéré, vaporeux et  hautement atmosphérique à la silhouette islandaise dans laquelle les fans de Sigur Rós se retrouvent tout naturellement.

L’affiche et la pochette de leur premier opus hissent les drapeaux sans détour. L’Islande et l’Allemagne sont au menu du jour. Impossible, du reste, de ne pas remarquer la troublante ressemblance entre la couverture de « Takk » (Sigur Rós) et les corbeaux de Notwist qui rôdent, non loin, perchés sur un arbre. Difficile, également, de rester insensible au charme désolé, abstrait et dépouillé qui rompt le cercle trop parfait de la ronde entendue, de l’ode concertée et tente une musique qui s’ouvre vers l’ailleurs…

A aucun moment, cependant, Kristof Deneijs, leader du groupe, ne renie pas sa muse (Mùm, Bernhard Fleischmann, Mogwai, etc.) et marche d’un pas inspiré sur les traces de ses aînés avec une naturelle distinction.    

Sorti en 2008 chez le jeune label belge Debonair Recordings, l’excellent « For times when ears are sore » nous offre onze perles sonores inclassables. Complexité et diversité du son comparables à celles d’autres groupes comme Efterklang ou Notwist. Une voix passant de Markus Acher à Thom Yorke. Sans oublier des guitares shoegazing et des feedback loops à la Slowdive ou Ride. Bref, tout un programme proposé par le quatuor gantois qu’il restait à mettre en scène.

Première surprise : les quatre jeunes musiciens ne joueront que trois morceaux de leur unique elpee (« I Don’t Know What I Want But I Do Know It Won’t Come From You », « Don’t Drag Dogs Into Bed, They Carry Diseases », et « A Room For Two »). Preuve encore du potentiel créatif de Yuko et de la richesse de son répertoire à venir.

La seconde surprise procède du nombre et de la diversité d’instruments utilisés sur scène. Composé d’un chanteur-guitariste, d’un bassiste, d’une drummeuse et d’une bruiteuse (‘Madame Noise’), le quatuor mixte (deux femmes et deux hommes) bouscule son univers aux guitares aériennes, aux arpèges délicats et à la batterie léchée en y introduisant une multitude de sons insolites.

Ainsi, dès le deuxième morceau (« I don’t know what I want… »), on entendra le bruit d’un moulin à café. « Meal Mobil » s’accompagnera d’un verre à Leffe joué à l’archet. L’intro de « Lotte Bass » sera concertée par l’explosion minutieuse de papier à bulles pour inviter enfin une clarinette et un xylophone à entrer dans la danse. Le crissement d’un archet sur une boîte en carton viendra ouvrir et fermer « You’re better off ». Sans oublier l’utilisation de la scie et le merveilleux final à la latte. Tout support est prétexte à musique et les quatre musiciens arrivent à l’orchestrer de façon harmonieuse. Un désir irrépressible d’explorer le son habite les musiciens de Yuko et ils s’en donnent à cœur joie. L’architecture musicale résonne comme un défi : innovante et cohérente à la fois. Et c’est une réussite. Chapeau bas !

Le résultat ? Un inclassable mélange de genres qui se répondent et s’harmonisent à l’infini. 

A écouter et à voir au plus vite !

Organisation Botanique

Jason Lytle

Jusqu’au bout de l’ennui…

Écrit par

Ce samedi 23 mai 2009, l’ex-barbu de Grandaddy était l’invité d’honneur du Botanique à Bruxelles. Après 3 ans de retraite rurale, Jason Lytle s’évade des montagnes du Montana pour nous présenter son premier album solo « Yours truly, the commuter », sorti sous le label Anti-Records (Tom Waits, Nick Cave…) Très attendu par ses fans, le talentueux songwriter américain foule timidement les planches d’une Rotonde pleine à craquer. Le spectacle nous présentera, malheureusement, un artiste éteint et désabusé.

Personnage introverti, torturé, Jason Lytle n’aime pas jouer en public et ça se sent terriblement. Vous l’avez peut-être oublié, mais c’est la raison pour laquelle il avait prématurément quitté l’aventure Grandaddy. Sans remettre en cause son talent indéniable de musicien et sa voix formidable, le spectacle livré par les quatre musiciens souffre d’une éclipse d’âme et plonge le spectateur dans une profonde léthargie.

La formation enchaîne les morceaux avec une lassitude remarquable. Le groupe ne communique pas, ne communie pas. Le jeu de Jason Lytle est mécanique, désincarné, dépassionné. L’essence même du musicien est désormais exsangue ; ses qualités, sans âme. Jason Lytle s’ennuie, et cet ennui, il le communique très bien. Le spectateur a l’impression d’assister à une mauvaise répète de Grandaddy. Spectacle pitoyable pour un grand artiste qui, espérons-le, nous offrira un meilleur visage pour le futur.

Enfin, cette soirée aura quand même eu le mérite de nous faire découvrir une jeune et excellente formation gantoise : Yuko (voir review)

Organisation Botanique

 

Dan Auerbach

Keep It Live…

Écrit par

« Keep It Hid », première escapade solo de la moitié chantante des Black Keys, n’a pas entièrement convaincu la presse. Dan Auerbach file donc sur les routes pour tenter de remporter les suffrages du public. Mission accomplie ce 22 mai à l’ABBox !

‘Mais qui c’est ce gars qui vient de saluer la foule ?’ Regards perplexes. Le public accueille timidement un Dan Auerbach rasé de près, donc méconnaissable. Mais à peine se met-il à fredonner les premières notes de « Trouble Weighs A Ton » que le public réalise enfin ce qui se passe et accueille dignement le bluesman. Il est accompagné ce soir des « Fast Five », un backing band composé de cinq musiciens ; et pas n’importe lesquels. Les quatre membres de Hacienda et, surtout, Patrick Hallahan, batteur de My Morning Jacket. Grosse surprise, ce qui paraît incohérent sur disque fait la force de ce live qui transporte l’assistance dans un Sud ricain accueillant.

Affublé d’une affreuse chemise bleue assez kitsch, Dan Auerbach et ses compagnons affichent une bonne humeur contagieuse et maîtrisent leur sujet jusqu’au bout des doigts. La prestation est intense, quasiment hypnotique. Si l’ancien barbu voulait se distancer quelque peu de la discographie des Black Keys, le pari est plus que réussi. Les titres blues, roots ou country de son « Keep It Hid », scéniquement bonifiés, s’enchaînent à une vitesse folle. The Fast Five fait littéralement vibrer la scène, si bien qu’un Patrick Hallahan déchaîné envoie involontairement valser tout ce qui se trouve autour de lui, du triangle au micro en passant par une cymbale. En 1h20, Auerbach déballe l’entièreté de « Keep It Hid », entrecoupée d’une reprise fracassante du « Oh Carol, I’m So Sad » de Rockin’ Horse. Un set tout simplement impeccable.

Organisation : Ancienne Belgique 

Larkin Grimm

Spiritual Machine

Écrit par

Larkin Grimm est bien plus qu’une femme. Véritable entité spirituelle, elle se produisait ce 18 mai à l’ABClub, en première partie de DM Stith, pour y présenter son dernier pamphlet, « Parplar » paru récemment chez Young God Records.

D’une beauté intrigante, la jeune femme à la biographie atypique (NDR voir chronique de « Parplar ») a littéralement envoûté le peu de monde qui peuplait l’AB ce soir là. D’abord seule, Larkin Grimm démarre son set assise timidement sur sa chaise plongeant le public dans une douce torpeur. Mais il ne faut pas plus de dix minutes à la jeune femme pour enfin se détendre et dévoiler son côté excentrique en enchaînant les plaisanteries pour un parterre très réceptif. Soutenue ensuite par trois musiciens, Grimm parcourt son opus en long et en large, passant des graves aux aigus avec une aisance déconcertante. Elle dédicacera une chanson à Paris Hilton, aux habitant de la planète Parplar (NDR : of course !) ou encore à ses divinités imaginaires. En 40 minutes, la belle a conquis l’ensemble du public qu’elle rejoindra en toute humilité pour assister à la prestation de DM Stith, son compagnon de tournée.

Organisation : Ancienne Belgique