New Brutalism de 087 à 089…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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The Swell Season

Un shoot de mélancolie positive

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« The Swell Season », c’est le titre de l’album éponyme composé et interprété par Glen Hansard et Marketá Irglová. C’est également le patronyme choisi par ce duo. Ainsi que la BO du film « Once », parue en 2007. Un film musical dans lequel nos deux musiciens sont les protagonistes. Ma première écoute de cet album remonte à cet été. Un ami attentif m’avait alors envoyé un lien pour écouter « When Your Mind’s Made Up », morceau qui m’a littéralement scotché à l’écran de mon portable!

J’ai repassé le clip au moins trois fois. Quand la musique vous submerge et vous procure de telles sensations d’envoûtement, on a cette impression d’avoir des ailes qui vous poussent dans le dos. A ma surprise, en écoutant les autres plages de l’opus, le plaisir s’est prolongé. Il ne se limitait pas à un seul single susceptible de me faire vibrer ! Non, parce que la majorité des plages sont un appel à la douceur et à la relaxation de l’esprit.

Quel enchantement ! Quelques clics plus tard, je me procure donc une place pour le concert. L’opportunité de me rendre au Handelsbeurs à Gand. Salle splendide, propice à la rencontre de Glen et Marketá.

Juste avant de m’y rendre, j’appréhendais un peu ce concert. Peur d’être déçue et que le concert soit court. Qu’ils s’en tiennent uniquement aux plages de leur album. Il revenait à Mark Geary de chauffer la salle. Ce troubadour dégage un sacré ‘capital sympathie’, sans même devoir gratter sa guitare ! Quelques enchaînements, une belle dose d’humour et 40 minutes plus tard, la salle n’attend qu’une chose, l’arrivée du binôme tchéco-irlandais.

L'entrée en scène de The Swell Season est discrète. Les titres s’enchaînent facilement. Glen prend soin d’introduire chacun d’entre eux. Il est plutôt bavard et aime l’échange avec son public. Un public qui, au fur et à mesure, se lèche les babines de plaisir… Le mélange des deux voix caresse nos oreilles… Assise derrière son piano, Marketá envoûte. Sa guitare autour du cou, Glen captive et anime.

Evidemment, ils n’ont pas oublié d’interpréter les inévitables « When Your Mind’s Made Up et « Falling Slowly », ainsi que d’autres titres de l’elpee. Membre du groupe The Frames, Glen nous a également réservé quelques tubes issus de leur répertoire. Un set qui, rappel compris, aura duré 2h.

Rares sont les concerts aussi longs ! Ce soir, j’ai pris une dose de folk-rock de qualité premium. C’était du très bon ! D’ailleurs, la soirée s’est terminée au bar, où Mark, Glen et le batteur sont venus se mêler aux assoiffés que nous étions tous.

Organisation Handelsbeurs

 

Bullet For My Valentine

Une énergie communicative…

Écrit par

Il y a déjà un bout de temps que le concert de Bullet For My Valentine était annoncé à l'AB. Je suis toujours sous le charme de leurs deux albums. Et j’avais eu la chance d’assister à leur set accordé à Paris. A l'Olympia, très exactement. Aussi, comme je les avais loupés au Graspop cette année, il n’était pas question de manquer leur prestation de ce mercredi, en Belgique. Au départ l’affiche était libellée ‘Bullet For My Valentine (AKA B4MV) + Lacuna Coil & guests’. Lacuna Coil est une formation dont je ne connaissais que le nom. Et en mon for intérieur, je craignais fort devoir me farcir un ensemble du style Within Temptation ou autre Nightwish, deux combos dont les envolées lyriques des chanteuses et les riffs plutôt lents et basiques ne me bottent pas trop.

Deux jours avant la date du concert, le détail du programme est enfin dévoilé. Il y aura donc quatre groupes : Black Tide, Bleeding Through, Lacuna Coil et B4MV. Dès l’ouverture des portes, à 17h30, une horde d'ados se précipite pour pénétrer dans l’AB. Honnêtement, je dois avouer, qu’à cet instant j’ai pris un coup de vieux. Mais en même temps, j’étais rassuré de voir qu’une nouvelle génération d'‘headbangers’ était dans la place.

Il est 18h45 lorsque les premiers accords de Black Tide retentissent. A cet instant, la salle est à moitié pleine (NDR : ou à moitié vide, si vous préférez). Oscillant entre heavy metal et hard rock, les morceaux proposés par ce band issu de Miami ne sont pas très originaux. Mais je suis frappé par le jeune âge de ces musiciens. Et vu la maîtrise de leurs instruments, ils méritent le respect. Gabriel a commencé à chanter et jouer de la guitare vers l’âge de 8 ans. Aujourd’hui, il en a quinze. Et tant sur son manche que de la voix, il impressionne. Une question me traverse quand même l’esprit : ‘Gamin, y'a pas école?’. Zakk, le plus âgé, vient de fêter ses vingt printemps. Lors de cette tournée, justement. Leur périple, ils l’accomplissent en compagnie de B4MV. Sur scène, ils libèrent une énergie très contagieuse. Entre ados (les artistes et le public), le courant passe instinctivement. Honnêtement, j’estime quand même que leur musique manque d’originalité et d’inspiration. Bref, ce n’est pas génial ! Bien sûr, très souvent, un premier groupe souffre de l’approximation des balances. En outre, il faut avouer que le son manque singulièrement de puissance. Maintenant, il est aussi possible que mes capacités auditives se soient encore détériorées. Alors, Black Tide, un groupe prometteur ? Certainement. Pourvu que ses musicos n'attrapent pas le melon et se forgent un style vraiment personnel. 

C’est en parcourant leur page MySpace que je me suis quelque peu familiarisé avec la musique du deuxième combo, proposé à l’affiche de la soirée : Bleeding Through. Dès les premiers accords dispensés sur cette plateforme du net, j'avais déjà envie d'ôter les écouteurs de mes oreilles. A cause de l’omniprésence des synthés couvrant les riffs et la voix hardcore. Pas que je sois allergique aux synthétiseurs ; mais il est rare qu’un tel instrument apporte un plus chez un groupe de métal. A la limite pour soutenir une rythmique ou enrichir la solution sonore de samples. Un sentiment de déception m’a même envahi ; car finalement, le reste était quand même de bonne facture. Ce qui explique pourquoi, je n’ai même pas pris la peine de consulter la bio de la formation. M’enfin, comme le jour du concert, c’était compris dans le prix, je ne me suis pas trop tracassé. Et puis, fallait quand même jeter un œil sur le set, pour pouvoir en relater un commentaire. Finalement, j’ai pris une bonne décision en ne restant pas accroché au bar. A contrario des titres issus de l'album "Declaration", proposés en écoute libre, le synthé est bien moins présent. Résultat des courses, les compos passent beaucoup mieux la rampe. Attention, c’est le son du clavier qui est moins présent. Pas la claviériste. Car visuellement, Marta Peterson en impose… Tatoué et ne tenant pas en place une seule seconde, Brandan Schiepati s’est procuré la panoplie full-option du vrai chanteur hardcore : gueulante et rythmique magistrale… Les sonorités consommées par Brian & Jona sont puissantes. Tantôt véloces, tantôt lourdes, elles véhiculent des accents ‘Dimebagdarelliens’ (Pantera - R.I.P.) ou ‘Kerrykingiens’ (Slayer). A charge de la rythmique, constituée par Ryan (basse) et Derek (drums) de solidifier l’ensemble. Au sein du public, c’est l’affolement. Les spectateurs commencent à se bousculer. Un ‘circle pitt’ –débonnaire– se forme. Mais un type plus âgé, vêtu d’un t-shirt frappé des lettres ‘Hardcore Championship’ entame des mouvements de boxe/savate française. Le public plus jeune s’interroge et s’écarte du personnage, craignant de se prendre un ‘high kick’ dans la mâchoire et de devoir justifier l'hématome quand papa viendra les chercher… Personnellement, j’estime que ce groupe californien était la première bonne surprise de la soirée.

Juste le temps, d'étancher sa soif en compagnie de mon pote Bernard (NDR : allez donc jeter un coup d’œil sur ses superbes clichés !) et d'assouvir un besoin en nicotine (ouais je sais…) et c'est déjà l'heure de Lacuna Coil. Hormis Cristian et Andrea –les vocalistes portent une chemise blanche et un gilet noir– tous les autres musiciens sont vêtus de la couleur des ténèbres. Le son est excellent. Et dès l’ouverture de leur show, on se rend compte que la machine est bien huilée. Les oreilles commencent à siffler. Le sextet milanais épingle quelques titres de son dernier opus "Karmacode". Il enchaîne par « Swamped », « Our Truth, Within Me » et s’offre un petit break en s’autorisant une excellente cover du "Enjoy the Silence" de Depeche Mode. Les spectateurs chantent et commencent à manifester davantage d’animation. Faut dire que la petite Cristina parvient, à elle seule, à occuper tout le poidum. On en oublierait presque le rôle de sa partenaire aux vocaux, Andrea. Les autres musiciens assurent. Que ce soit Cristiano et ‘Maus’ aux guitares, CriZ à la batterie ou Marco à la basse. Ils donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Et dans les amplis…  A cet instant, une réflexion me traverse l’esprit : ‘VinZzzz t'es un vrai loser…’ Parce que mes préjugés venaient d’être complètement balayés. Lacuna Coil ne se le limite pas à une soprano qui chante sur 4 accords de guitare et un rythme ternaire (genre valse). Ce qu’il propose, c'est du bon ; du très bon même ! L’aspect gothique ne noie jamais l’ensemble. Leur métal tient la route. Il est contagieux et repose sur une rythmique sans solo.

Après avoir savouré la prestation des rossignols milanais, j'étais donc impatient de revoir enfin Bullet For My Valentine. Ce jeune groupe gallois jouit d’une excellente réputation chez les médias spécialisés (Kerrang, Metal Hammer,…) C’est même devenu un nouveau symbole dans l’univers du metal insulaire. Pourtant, à leurs débuts (NDR : c’est-à-dire vers 1997), ils se contentaient d’adapter des standards de Metallica et Iron Maiden. Leur premier opus, "The Poison", paraît fin 2005. Il est suivi par un Dvd live, l’année suivante. Un Dvd immortalisant un concert accordé au sein du mythique Brixton Hall de Londres. Notons encore qu’ils ont assuré la première partie d'Iron Maiden lors de leur périple opéré outre-Atlantique et de Metallica pendant leur tournée européenne. Et puis, début 2008, ils gravent leur second opus, "Scream, Aim, Fire". Paradoxalement, les influences de Metallica et de Maiden sont beaucoup plus évidentes que sur leur premier essai. A la limite, je me demande même si Metallica n’aurait pas eu intérêt à leur demander quelques conseils avant de concocter son dernier opus. (NDR : ne pas frapper, ne pas frapper !) Entretemps, signe de reconnaissance, Matt Tuck, le charismatique chanteur/guitariste a vu son talent de guitariste récompensé par la marque Jackson. Et pour cause, elle a créé un modèle de râpe portant sa signature! Lors de leur prestation accordée l’Olympia, j’avais quand même déploré leur manque de contact avec le public. Et puis une carence en énergie scénique.

Les portes de la salle sont encore grandes ouvertes. Et on entend les premiers accords consacrés à l'intro du groupe. Le temps d’arriver sur les lieux et on peut observer la mise en scène. Les draps noirs ont cédé leur place à un énorme backdrop représentant la couverture de leur dernier album. La batterie est au centre du podium. A chaque extrémité, se dresse un mur d'enceintes de marque Mesa Boogie. Vu le matos, je m’attendais à être propulsé au fond de la salle, dès le premier accord de guitare. L'intro exécuté par Moose à la batterie prélude "Scream, Aim, Fire" (NDR : le morceau d'ouverture du dernier album). Et surprise, le son est réduit à sa plus simple expression. On entend à peine chanter Matt et les gueulantes de Jay. La ligne de basse est plus présente ; mais l’emprise de la section rythmique nous fait presque oublier que Matt et Padge tricotent comme des fous sur leur gratte. Il faudra attendre le troisième morceau ("The Poison") pour retrouver l’intensité du son, conforme à nos attentes. Faut croire que l’ingé avait enfin retiré retirer les croquettes enfoncées dans ses oreilles. Entre chaque colonne de haut-parleurs, des lignes de ‘leds’ lumineuses alimentent un light show tout bonnement exceptionnel. Les musiciens se libèrent. Le public est réceptif. Et on le sait, au plus le public donne, au plus le groupe restitue. Parmi cette équipe de showmen, Matt se réserve le premier rôle. Les soli de guitare de Padge sont parfaits ; et lorsque Matt vient le soutenir à la quinte ou à la tierce, on ne peut s'empêcher de penser aux exercices de style pratiqués par Maiden. Les morceaux s'enchaînent. Les ‘circle pitts’ aussi. Lorsque Matt annonce "Tears Don't Fall", le premier hit single du groupe, l’audience se déchaîne et reprend le refrain en chœur. Décidément, ce concert n'a rien à voir avec celui de l'Olympia. Ils sont dans leur trip. Leur énergie est communicative. Un véritable régal ! Paris n’était donc qu’un passage à vide. Après avoir opéré un périple européen, terminé des sessions d’enregistrement, sur une période de trois mois, le groupe était donc sur les rotules. En outre, et pour une fois, soyons un peu chauvin, le public belge s’est montré ce soir à la hauteur de sa réputation. On n’ira pas jusqu’à prétendre que le public hexagonal était un peu mou. Quoique… Une chose est sûre, l’audience de ce soir est parvenu à faire la différence ; et le groupe l'a bien senti. Le show s'est achevé par "Forever & Always", c'est-à-dire le dernier titre de l’elpee, "Scream, Aim, Fire", encore une fois repris en chœur par le public…

Playlist.

Scream, Aim, Fire
Eye of the Storm
Breaking the Demon
The Poison
Take It Down On Me
Last To Know
4 Words
Say Goodnight
Tears Don't Fall
Last To Know
All This Things I Hate
Forever & Always  

Organisation AB 

 

Black Tide

Contaminé par le métal dès le berceau…

Écrit par
Il y a déjà un bout de temps que le concert de Bullet For My Valentine était annoncé à l'AB. Je suis toujours sous le charme de leurs deux albums. Et j’avais eu la chance d’assister à leur set accordé à Paris. A l'Olympia, très exactement. Aussi, comme je les avais loupés au Graspop cette année, il n’était pas question de manquer leur prestation de ce mercredi, en Belgique. Au départ l’affiche était libellée ‘Bullet For My Valentine (AKA B4MV) + Lacuna Coil & guests’. Lacuna Coil est une formation dont je ne connaissais que le nom. Et en mon for intérieur, je craignais fort devoir me farcir un ensemble du style Within Temptation ou autre Nightwish, deux combos dont les envolées lyriques des chanteuses et les riffs plutôt lents et basiques ne me bottent pas trop.

Deux jours avant la date du concert, le détail du programme est enfin dévoilé. Il y aura donc quatre groupes : Black Tide, Bleeding Through, Lacuna Coil et B4MV. Dès l’ouverture des portes, à 17h30, une horde d'ados se précipite pour pénétrer dans l’AB. Honnêtement, je dois avouer, qu’à cet instant j’ai pris un coup de vieux. Mais en même temps, j’étais rassuré de voir qu’une nouvelle génération d'‘headbangers’ était dans la place.

Il est 18h45 lorsque les premiers accords de Black Tide retentissent. A cet instant, la salle est à moitié pleine (NDR : ou à moitié vide, si vous préférez). Oscillant entre heavy metal et hard rock, les morceaux proposés par ce band issu de Miami ne sont pas très originaux. Mais je suis frappé par le jeune âge de ces musiciens. Et vu la maîtrise de leurs instruments, ils méritent le respect. Gabriel a commencé à chanter et jouer de la guitare vers l’âge de 8 ans. Aujourd’hui, il en a quinze. Et tant sur son manche que de la voix, il impressionne. Une question me traverse quand même l’esprit : ‘Gamin, y'a pas école?’. Zakk, le plus âgé, vient de fêter ses vingt printemps. Lors de cette tournée, justement. Leur périple, ils l’accomplissent en compagnie de B4MV. Sur scène, ils libèrent une énergie très contagieuse. Entre ados (les artistes et le public), le courant passe instinctivement. Honnêtement, j’estime quand même que leur musique manque d’originalité et d’inspiration. Bref, ce n’est pas génial ! Bien sûr, très souvent, un premier groupe souffre de l’approximation des balances. En outre, il faut avouer que le son manque singulièrement de puissance. Maintenant, il est aussi possible que mes capacités auditives se soient encore détériorées. Alors, Black Tide, un groupe prometteur ? Certainement. Pourvu que ses musicos n'attrapent pas le melon et se forgent un style vraiment personnel.  

C’est en parcourant leur page MySpace que je me suis quelque peu familiarisé avec la musique du deuxième combo, proposé à l’affiche de la soirée : Bleeding Through. Dès les premiers accords dispensés sur cette plateforme du net, j'avais déjà envie d'ôter les écouteurs de mes oreilles. A cause de l’omniprésence des synthés couvrant les riffs et la voix hardcore. Pas que je sois allergique aux synthétiseurs ; mais il est rare qu’un tel instrument apporte un plus chez un groupe de métal. A la limite pour soutenir une rythmique ou enrichir la solution sonore de samples. Un sentiment de déception m’a même envahi ; car finalement, le reste était quand même de bonne facture. Ce qui explique pourquoi, je n’ai même pas pris la peine de consulter la bio de la formation. M’enfin, comme le jour du concert, c’était compris dans le prix, je ne me suis pas trop tracassé. Et puis, fallait quand même jeter un œil sur le set, pour pouvoir en relater un commentaire. Finalement, j’ai pris une bonne décision en ne restant pas accroché au bar. A contrario des titres issus de l'album "Declaration", proposés en écoute libre, le synthé est bien moins présent. Résultat des courses, les compos passent beaucoup mieux la rampe. Attention, c’est le son du clavier qui est moins présent. Pas la claviériste. Car visuellement, Marta Peterson en impose… Tatoué et ne tenant pas en place une seule seconde, Brandan Schiepati s’est procuré la panoplie full-option du vrai chanteur hardcore : gueulante et rythmique magistrale… Les sonorités consommées par Brian & Jona sont puissantes. Tantôt véloces, tantôt lourdes, elles véhiculent des accents ‘Dimebagdarelliens’ (Pantera - R.I.P.) ou ‘Kerrykingiens’ (Slayer). A charge de la rythmique, constituée par Ryan (basse) et Derek (drums) de solidifier l’ensemble. Au sein du public, c’est l’affolement. Les spectateurs commencent à se bousculer. Un ‘circle pitt’ –débonnaire– se forme. Mais un type plus âgé, vêtu d’un t-shirt frappé des lettres ‘Hardcore Championship’ entame des mouvements de boxe/savate française. Le public plus jeune s’interroge et s’écarte du personnage, craignant de se prendre un ‘high kick’ dans la mâchoire et de devoir justifier l'hématome quand papa viendra les chercher… Personnellement, j’estime que ce groupe californien était la première bonne surprise de la soirée.

Juste le temps, d'étancher sa soif en compagnie de mon pote Bernard (NDR : allez donc jeter un coup d’œil sur ses superbes clichés !) et d'assouvir un besoin en nicotine (ouais je sais…) et c'est déjà l'heure de Lacuna Coil. Hormis Cristian et Andrea –les vocalistes portent une chemise blanche et un gilet noir– tous les autres musiciens sont vêtus de la couleur des ténèbres. Le son est excellent. Et dès l’ouverture de leur show, on se rend compte que la machine est bien huilée. Les oreilles commencent à siffler. Le sextet milanais épingle quelques titres de son dernier opus "Karmacode". Il enchaîne par « Swamped », « Our Truth, Within Me » et s’offre un petit break en s’autorisant une excellente cover du "Enjoy the Silence" de Depeche Mode. Les spectateurs chantent et commencent à manifester davantage d’animation. Faut dire que la petite Cristina parvient, à elle seule, à occuper tout le poidum. On en oublierait presque le rôle de sa partenaire aux vocaux, Andrea. Les autres musiciens assurent. Que ce soit Cristiano et ‘Maus’ aux guitares, CriZ à la batterie ou Marco à la basse. Ils donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Et dans les amplis…  A cet instant, une réflexion me traverse l’esprit : ‘VinZzzz t'es un vrai loser…’ Parce que mes préjugés venaient d’être complètement balayés. Lacuna Coil ne se le limite pas à une soprano qui chante sur 4 accords de guitare et un rythme ternaire (genre valse). Ce qu’il propose, c'est du bon ; du très bon même ! L’aspect gothique ne noie jamais l’ensemble. Leur métal tient la route. Il est contagieux et repose sur une rythmique sans solo.

Après avoir savouré la prestation des rossignols milanais, j'étais donc impatient de revoir enfin Bullet For My Valentine. Ce jeune groupe gallois jouit d’une excellente réputation chez les médias spécialisés (Kerrang, Metal Hammer,…) C’est même devenu un nouveau symbole dans l’univers du metal insulaire. Pourtant, à leurs débuts (NDR : c’est-à-dire vers 1997), ils se contentaient d’adapter des standards de Metallica et Iron Maiden. Leur premier opus, "The Poison", paraît fin 2005. Il est suivi par un Dvd live, l’année suivante. Un Dvd immortalisant un concert accordé au sein du mythique Brixton Hall de Londres. Notons encore qu’ils ont assuré la première partie d'Iron Maiden lors de leur périple opéré outre-Atlantique et de Metallica pendant leur tournée européenne. Et puis, début 2008, ils gravent leur second opus, "Scream, Aim, Fire". Paradoxalement, les influences de Metallica et de Maiden sont beaucoup plus évidentes que sur leur premier essai. A la limite, je me demande même si Metallica n’aurait pas eu intérêt à leur demander quelques conseils avant de concocter son dernier opus. (NDR : ne pas frapper, ne pas frapper !) Entretemps, signe de reconnaissance, Matt Tuck, le charismatique chanteur/guitariste a vu son talent de guitariste récompensé par la marque Jackson. Et pour cause, elle a créé un modèle de râpe portant sa signature! Lors de leur prestation accordée l’Olympia, j’avais quand même déploré leur manque de contact avec le public. Et puis une carence en énergie scénique.

Les portes de la salle sont encore grandes ouvertes. Et on entend les premiers accords consacrés à l'intro du groupe. Le temps d’arriver sur les lieux et on peut observer la mise en scène. Les draps noirs ont cédé leur place à un énorme backdrop représentant la couverture de leur dernier album. La batterie est au centre du podium. A chaque extrémité, se dresse un mur d'enceintes de marque Mesa Boogie. Vu le matos, je m’attendais à être propulsé au fond de la salle, dès le premier accord de guitare. L'intro exécuté par Moose à la batterie prélude "Scream, Aim, Fire" (NDR : le morceau d'ouverture du dernier album). Et surprise, le son est réduit à sa plus simple expression. On entend à peine chanter Matt et les gueulantes de Jay. La ligne de basse est plus présente ; mais l’emprise de la section rythmique nous fait presque oublier que Matt et Padge tricotent comme des fous sur leur gratte. Il faudra attendre le troisième morceau ("The Poison") pour retrouver l’intensité du son, conforme à nos attentes. Faut croire que l’ingé avait enfin retiré retirer les croquettes enfoncées dans ses oreilles. Entre chaque colonne de haut-parleurs, des lignes de ‘leds’ lumineuses alimentent un light show tout bonnement exceptionnel. Les musiciens se libèrent. Le public est réceptif. Et on le sait, au plus le public donne, au plus le groupe restitue. Parmi cette équipe de showmen, Matt se réserve le premier rôle. Les soli de guitare de Padge sont parfaits ; et lorsque Matt vient le soutenir à la quinte ou à la tierce, on ne peut s'empêcher de penser aux exercices de style pratiqués par Maiden. Les morceaux s'enchaînent. Les ‘circle pitts’ aussi. Lorsque Matt annonce "Tears Don't Fall", le premier hit single du groupe, l’audience se déchaîne et reprend le refrain en chœur. Décidément, ce concert n'a rien à voir avec celui de l'Olympia. Ils sont dans leur trip. Leur énergie est communicative. Un véritable régal ! Paris n’était donc qu’un passage à vide. Après avoir opéré un périple européen, terminé des sessions d’enregistrement, sur une période de trois mois, le groupe était donc sur les rotules. En outre, et pour une fois, soyons un peu chauvin, le public belge s’est montré ce soir à la hauteur de sa réputation. On n’ira pas jusqu’à prétendre que le public hexagonal était un peu mou. Quoique… Une chose est sûre, l’audience de ce soir est parvenu à faire la différence ; et le groupe l'a bien senti. Le show s'est achevé par "Forever & Always", c'est-à-dire le dernier titre de l’elpee, "Scream, Aim, Fire", encore une fois repris en chœur par le public…

Organisation AB

Lacuna Coil

Chasser ses préjugés…

Écrit par

 

Il y a déjà un bout de temps que le concert de Bullet For My Valentine était annoncé à l'AB. Je suis toujours sous le charme de leurs deux albums. Et j’avais eu la chance d’assister à leur set accordé à Paris. A l'Olympia, très exactement. Aussi, comme je les avais loupés au Graspop cette année, il n’était pas question de manquer leur prestation de ce mercredi, en Belgique. Au départ l’affiche était libellée ‘Bullet For My Valentine (AKA B4MV) + Lacuna Coil & guests’. Lacuna Coil est une formation dont je ne connaissais que le nom. Et en mon for intérieur, je craignais fort devoir me farcir un ensemble du style Within Temptation ou autre Nightwish, deux combos dont les envolées lyriques des chanteuses et les riffs plutôt lents et basiques ne me bottent pas trop.

Deux jours avant la date du concert, le détail du programme est enfin dévoilé. Il y aura donc quatre groupes : Black Tide, Bleeding Through, Lacuna Coil et B4MV. Dès l’ouverture des portes, à 17h30, une horde d'ados se précipite pour pénétrer dans l’AB. Honnêtement, je dois avouer, qu’à cet instant j’ai pris un coup de vieux. Mais en même temps, j’étais rassuré de voir qu’une nouvelle génération d'‘headbangers’ était dans la place.


Il est 18h45 lorsque les premiers accords de Black Tide retentissent. A cet instant, la salle est à moitié pleine (NDR : ou à moitié vide, si vous préférez). Oscillant entre heavy metal et hard rock, les morceaux proposés par ce band issu de Miami ne sont pas très originaux. Mais je suis frappé par le jeune âge de ces musiciens. Et vu la maîtrise de leurs instruments, ils méritent le respect. Gabriel a commencé à chanter et jouer de la guitare vers l’âge de 8 ans. Aujourd’hui, il en a quinze. Et tant sur son manche que de la voix, il impressionne. Une question me traverse quand même l’esprit : ‘Gamin, y'a pas école?’. Zakk, le plus âgé, vient de fêter ses vingt printemps. Lors de cette tournée, justement. Leur périple, ils l’accomplissent en compagnie de B4MV. Sur scène, ils libèrent une énergie très contagieuse. Entre ados (les artistes et le public), le courant passe instinctivement. Honnêtement, j’estime quand même que leur musique manque d’originalité et d’inspiration. Bref, ce n’est pas génial ! Bien sûr, très souvent, un premier groupe souffre de l’approximation des balances. En outre, il faut avouer que le son manque singulièrement de puissance. Maintenant, il est aussi possible que mes capacités auditives se soient encore détériorées. Alors, Black Tide, un groupe prometteur ? Certainement. Pourvu que ses musicos n'attrapent pas le melon et se forgent un style vraiment personnel. 

C’est en parcourant leur page MySpace que je me suis quelque peu familiarisé avec la musique du deuxième combo, proposé à l’affiche de la soirée : Bleeding Through. Dès les premiers accords dispensés sur cette plateforme du net, j'avais déjà envie d'ôter les écouteurs de mes oreilles. A cause de l’omniprésence des synthés couvrant les riffs et la voix hardcore. Pas que je sois allergique aux synthétiseurs ; mais il est rare qu’un tel instrument apporte un plus chez un groupe de métal. A la limite pour soutenir une rythmique ou enrichir la solution sonore de samples. Un sentiment de déception m’a même envahi ; car finalement, le reste était quand même de bonne facture. Ce qui explique pourquoi, je n’ai même pas pris la peine de consulter la bio de la formation. M’enfin, comme le jour du concert, c’était compris dans le prix, je ne me suis pas trop tracassé. Et puis, fallait quand même jeter un œil sur le set, pour pouvoir en relater un commentaire. Finalement, j’ai pris une bonne décision en ne restant pas accroché au bar. A contrario des titres issus de l'album "Declaration", proposés en écoute libre, le synthé est bien moins présent. Résultat des courses, les compos passent beaucoup mieux la rampe. Attention, c’est le son du clavier qui est moins présent. Pas la claviériste. Car visuellement, Marta Peterson en impose… Tatoué et ne tenant pas en place une seule seconde, Brandan Schiepati s’est procuré la panoplie full-option du vrai chanteur hardcore : gueulante et rythmique magistrale… Les sonorités consommées par Brian & Jona sont puissantes. Tantôt véloces, tantôt lourdes, elles véhiculent des accents ‘Dimebagdarelliens’ (Pantera - R.I.P.) ou ‘Kerrykingiens’ (Slayer). A charge de la rythmique, constituée par Ryan (basse) et Derek (drums) de solidifier l’ensemble. Au sein du public, c’est l’affolement. Les spectateurs commencent à se bousculer. Un ‘circle pitt’ –débonnaire– se forme. Mais un type plus âgé, vêtu d’un t-shirt frappé des lettres ‘Hardcore Championship’ entame des mouvements de boxe/savate française. Le public plus jeune s’interroge et s’écarte du personnage, craignant de se prendre un ‘high kick’ dans la mâchoire et de devoir justifier l'hématome quand papa viendra les chercher… Personnellement, j’estime que ce groupe californien était la première bonne surprise de la soirée.

Juste le temps, d'étancher sa soif en compagnie de mon pote Bernard (NDR : allez donc jeter un coup d’œil sur ses superbes clichés !) et d'assouvir un besoin en nicotine (ouais je sais…) et c'est déjà l'heure de Lacuna Coil. Hormis Cristian et Andrea –les vocalistes portent une chemise blanche et un gilet noir– tous les autres musiciens sont vêtus de la couleur des ténèbres. Le son est excellent. Et dès l’ouverture de leur show, on se rend compte que la machine est bien huilée. Les oreilles commencent à siffler. Le sextet milanais épingle quelques titres de son dernier opus "Karmacode". Il enchaîne par « Swamped », « Our Truth, Within Me » et s’offre un petit break en s’autorisant une excellente cover du "Enjoy the Silence" de Depeche Mode. Les spectateurs chantent et commencent à manifester davantage d’animation. Faut dire que la petite Cristina parvient, à elle seule, à occuper tout le poidum. On en oublierait presque le rôle de sa partenaire aux vocaux, Andrea. Les autres musiciens assurent. Que ce soit Cristiano et ‘Maus’ aux guitares, CriZ à la batterie ou Marco à la basse. Ils donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Et dans les amplis…  A cet instant, une réflexion me traverse l’esprit : ‘VinZzzz t'es un vrai loser…’ Parce que mes préjugés venaient d’être complètement balayés. Lacuna Coil ne se le limite pas à une soprano qui chante sur 4 accords de guitare et un rythme ternaire (genre valse). Ce qu’il propose, c'est du bon ; du très bon même ! L’aspect gothique ne noie jamais l’ensemble. Leur métal tient la route. Il est contagieux et repose sur une rythmique sans solo.

Après avoir savouré la prestation des rossignols milanais, j'étais donc impatient de revoir enfin Bullet For My Valentine. Ce jeune groupe gallois jouit d’une excellente réputation chez les médias spécialisés (Kerrang, Metal Hammer,…) C’est même devenu un nouveau symbole dans l’univers du metal insulaire. Pourtant, à leurs débuts (NDR : c’est-à-dire vers 1997), ils se contentaient d’adapter des standards de Metallica et Iron Maiden. Leur premier opus, "The Poison", paraît fin 2005. Il est suivi par un Dvd live, l’année suivante. Un Dvd immortalisant un concert accordé au sein du mythique Brixton Hall de Londres. Notons encore qu’ils ont assuré la première partie d'Iron Maiden lors de leur périple opéré outre-Atlantique et de Metallica pendant leur tournée européenne. Et puis, début 2008, ils gravent leur second opus, "Scream, Aim, Fire". Paradoxalement, les influences de Metallica et de Maiden sont beaucoup plus évidentes que sur leur premier essai. A la limite, je me demande même si Metallica n’aurait pas eu intérêt à leur demander quelques conseils avant de concocter son dernier opus. (NDR : ne pas frapper, ne pas frapper !) Entretemps, signe de reconnaissance, Matt Tuck, le charismatique chanteur/guitariste a vu son talent de guitariste récompensé par la marque Jackson. Et pour cause, elle a créé un modèle de râpe portant sa signature! Lors de leur prestation accordée l’Olympia, j’avais quand même déploré leur manque de contact avec le public. Et puis une carence en énergie scénique.

Les portes de la salle sont encore grandes ouvertes. Et on entend les premiers accords consacrés à l'intro du groupe. Le temps d’arriver sur les lieux et on peut observer la mise en scène. Les draps noirs ont cédé leur place à un énorme backdrop représentant la couverture de leur dernier album. La batterie est au centre du podium. A chaque extrémité, se dresse un mur d'enceintes de marque Mesa Boogie. Vu le matos, je m’attendais à être propulsé au fond de la salle, dès le premier accord de guitare. L'intro exécuté par Moose à la batterie prélude "Scream, Aim, Fire" (NDR : le morceau d'ouverture du dernier album). Et surprise, le son est réduit à sa plus simple expression. On entend à peine chanter Matt et les gueulantes de Jay. La ligne de basse est plus présente ; mais l’emprise de la section rythmique nous fait presque oublier que Matt et Padge tricotent comme des fous sur leur gratte. Il faudra attendre le troisième morceau ("The Poison") pour retrouver l’intensité du son, conforme à nos attentes. Faut croire que l’ingé avait enfin retiré retirer les croquettes enfoncées dans ses oreilles. Entre chaque colonne de haut-parleurs, des lignes de ‘leds’ lumineuses alimentent un light show tout bonnement exceptionnel. Les musiciens se libèrent. Le public est réceptif. Et on le sait, au plus le public donne, au plus le groupe restitue. Parmi cette équipe de showmen, Matt se réserve le premier rôle. Les soli de guitare de Padge sont parfaits ; et lorsque Matt vient le soutenir à la quinte ou à la tierce, on ne peut s'empêcher de penser aux exercices de style pratiqués par Maiden. Les morceaux s'enchaînent. Les ‘circle pitts’ aussi. Lorsque Matt annonce "Tears Don't Fall", le premier hit single du groupe, l’audience se déchaîne et reprend le refrain en chœur. Décidément, ce concert n'a rien à voir avec celui de l'Olympia. Ils sont dans leur trip. Leur énergie est communicative. Un véritable régal ! Paris n’était donc qu’un passage à vide. Après avoir opéré un périple européen, terminé des sessions d’enregistrement, sur une période de trois mois, le groupe était donc sur les rotules. En outre, et pour une fois, soyons un peu chauvin, le public belge s’est montré ce soir à la hauteur de sa réputation. On n’ira pas jusqu’à prétendre que le public hexagonal était un peu mou. Quoique… Une chose est sûre, l’audience de ce soir est parvenu à faire la différence ; et le groupe l'a bien senti. Le show s'est achevé par "Forever & Always", c'est-à-dire le dernier titre de l’elpee, "Scream, Aim, Fire", encore une fois repris en chœur par le public…

Organisation AB


 

 

 

Bleeding Through

Un goût de sang dans la bouche…

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Il y a déjà un bout de temps que le concert de Bullet For My Valentine était annoncé à l'AB. Je suis toujours sous le charme de leurs deux albums. Et j’avais eu la chance d’assister à leur set accordé à Paris. A l'Olympia, très exactement. Aussi, comme je les avais loupés au Graspop cette année, il n’était pas question de manquer leur prestation de ce mercredi, en Belgique. Au départ l’affiche était libellée ‘Bullet For My Valentine (AKA B4MV) + Lacuna Coil & guests’. Lacuna Coil est une formation dont je ne connaissais que le nom. Et en mon for intérieur, je craignais fort devoir me farcir un ensemble du style Within Temptation ou autre Nightwish, deux combos dont les envolées lyriques des chanteuses et les riffs plutôt lents et basiques ne me bottent pas trop.

Deux jours avant la date du concert, le détail du programme est enfin dévoilé. Il y aura donc quatre groupes : Black Tide, Bleeding Through, Lacuna Coil et B4MV. Dès l’ouverture des portes, à 17h30, une horde d'ados se précipite pour pénétrer dans l’AB. Honnêtement, je dois avouer, qu’à cet instant j’ai pris un coup de vieux. Mais en même temps, j’étais rassuré de voir qu’une nouvelle génération d'‘headbangers’ était dans la place.


Il est 18h45 lorsque les premiers accords de Black Tide retentissent. A cet instant, la salle est à moitié pleine (NDR : ou à moitié vide, si vous préférez). Oscillant entre heavy metal et hard rock, les morceaux proposés par ce band issu de Miami ne sont pas très originaux. Mais je suis frappé par le jeune âge de ces musiciens. Et vu la maîtrise de leurs instruments, ils méritent le respect. Gabriel a commencé à chanter et jouer de la guitare vers l’âge de 8 ans. Aujourd’hui, il en a quinze. Et tant sur son manche que de la voix, il impressionne. Une question me traverse quand même l’esprit : ‘Gamin, y'a pas école?’. Zakk, le plus âgé, vient de fêter ses vingt printemps. Lors de cette tournée, justement. Leur périple, ils l’accomplissent en compagnie de B4MV. Sur scène, ils libèrent une énergie très contagieuse. Entre ados (les artistes et le public), le courant passe instinctivement. Honnêtement, j’estime quand même que leur musique manque d’originalité et d’inspiration. Bref, ce n’est pas génial ! Bien sûr, très souvent, un premier groupe souffre de l’approximation des balances. En outre, il faut avouer que le son manque singulièrement de puissance. Maintenant, il est aussi possible que mes capacités auditives se soient encore détériorées. Alors, Black Tide, un groupe prometteur ? Certainement. Pourvu que ses musicos n'attrapent pas le melon et se forgent un style vraiment personnel.  

C’est en parcourant leur page MySpace que je me suis quelque peu familiarisé avec la musique du deuxième combo, proposé à l’affiche de la soirée : Bleeding Through. Dès les premiers accords dispensés sur cette plateforme du net, j'avais déjà envie d'ôter les écouteurs de mes oreilles. A cause de l’omniprésence des synthés couvrant les riffs et la voix hardcore. Pas que je sois allergique aux synthétiseurs ; mais il est rare qu’un tel instrument apporte un plus chez un groupe de métal. A la limite pour soutenir une rythmique ou enrichir la solution sonore de samples. Un sentiment de déception m’a même envahi ; car finalement, le reste était quand même de bonne facture. Ce qui explique pourquoi, je n’ai même pas pris la peine de consulter la bio de la formation. M’enfin, comme le jour du concert, c’était compris dans le prix, je ne me suis pas trop tracassé. Et puis, fallait quand même jeter un œil sur le set, pour pouvoir en relater un commentaire. Finalement, j’ai pris une bonne décision en ne restant pas accroché au bar. A contrario des titres issus de l'album "Declaration", proposés en écoute libre, le synthé est bien moins présent. Résultat des courses, les compos passent beaucoup mieux la rampe. Attention, c’est le son du clavier qui est moins présent. Pas la claviériste. Car visuellement, Marta Peterson en impose… Tatoué et ne tenant pas en place une seule seconde, Brandan Schiepati s’est procuré la panoplie full-option du vrai chanteur hardcore : gueulante et rythmique magistrale… Les sonorités consommées par Brian & Jona sont puissantes. Tantôt véloces, tantôt lourdes, elles véhiculent des accents ‘Dimebagdarelliens’ (Pantera - R.I.P.) ou ‘Kerrykingiens’ (Slayer). A charge de la rythmique, constituée par Ryan (basse) et Derek (drums) de solidifier l’ensemble. Au sein du public, c’est l’affolement. Les spectateurs commencent à se bousculer. Un ‘circle pitt’ –débonnaire– se forme. Mais un type plus âgé, vêtu d’un t-shirt frappé des lettres ‘Hardcore Championship’ entame des mouvements de boxe/savate française. Le public plus jeune s’interroge et s’écarte du personnage, craignant de se prendre un ‘high kick’ dans la mâchoire et de devoir justifier l'hématome quand papa viendra les chercher… Personnellement, j’estime que ce groupe californien était la première bonne surprise de la soirée.

Juste le temps, d'étancher sa soif en compagnie de mon pote Bernard (NDR : allez donc jeter un coup d’œil sur ses superbes clichés !) et d'assouvir un besoin en nicotine (ouais je sais…) et c'est déjà l'heure de Lacuna Coil. Hormis Cristian et Andrea –les vocalistes portent une chemise blanche et un gilet noir– tous les autres musiciens sont vêtus de la couleur des ténèbres. Le son est excellent. Et dès l’ouverture de leur show, on se rend compte que la machine est bien huilée. Les oreilles commencent à siffler. Le sextet milanais épingle quelques titres de son dernier opus "Karmacode". Il enchaîne par « Swamped », « Our Truth, Within Me » et s’offre un petit break en s’autorisant une excellente cover du "Enjoy the Silence" de Depeche Mode. Les spectateurs chantent et commencent à manifester davantage d’animation. Faut dire que la petite Cristina parvient, à elle seule, à occuper tout le poidum. On en oublierait presque le rôle de sa partenaire aux vocaux, Andrea. Les autres musiciens assurent. Que ce soit Cristiano et ‘Maus’ aux guitares, CriZ à la batterie ou Marco à la basse. Ils donnent tout ce qu’ils ont dans le ventre. Et dans les amplis…  A cet instant, une réflexion me traverse l’esprit : ‘VinZzzz t'es un vrai loser…’ Parce que mes préjugés venaient d’être complètement balayés. Lacuna Coil ne se le limite pas à une soprano qui chante sur 4 accords de guitare et un rythme ternaire (genre valse). Ce qu’il propose, c'est du bon ; du très bon même ! L’aspect gothique ne noie jamais l’ensemble. Leur métal tient la route. Il est contagieux et repose sur une rythmique sans solo.

Après avoir savouré la prestation des rossignols milanais, j'étais donc impatient de revoir enfin Bullet For My Valentine. Ce jeune groupe gallois jouit d’une excellente réputation chez les médias spécialisés (Kerrang, Metal Hammer,…) C’est même devenu un nouveau symbole dans l’univers du metal insulaire. Pourtant, à leurs débuts (NDR : c’est-à-dire vers 1997), ils se contentaient d’adapter des standards de Metallica et Iron Maiden. Leur premier opus, "The Poison", paraît fin 2005. Il est suivi par un Dvd live, l’année suivante. Un Dvd immortalisant un concert accordé au sein du mythique Brixton Hall de Londres. Notons encore qu’ils ont assuré la première partie d'Iron Maiden lors de leur périple opéré outre-Atlantique et de Metallica pendant leur tournée européenne. Et puis, début 2008, ils gravent leur second opus, "Scream, Aim, Fire". Paradoxalement, les influences de Metallica et de Maiden sont beaucoup plus évidentes que sur leur premier essai. A la limite, je me demande même si Metallica n’aurait pas eu intérêt à leur demander quelques conseils avant de concocter son dernier opus. (NDR : ne pas frapper, ne pas frapper !) Entretemps, signe de reconnaissance, Matt Tuck, le charismatique chanteur/guitariste a vu son talent de guitariste récompensé par la marque Jackson. Et pour cause, elle a créé un modèle de râpe portant sa signature! Lors de leur prestation accordée l’Olympia, j’avais quand même déploré leur manque de contact avec le public. Et puis une carence en énergie scénique.

Les portes de la salle sont encore grandes ouvertes. Et on entend les premiers accords consacrés à l'intro du groupe. Le temps d’arriver sur les lieux et on peut observer la mise en scène. Les draps noirs ont cédé leur place à un énorme backdrop représentant la couverture de leur dernier album. La batterie est au centre du podium. A chaque extrémité, se dresse un mur d'enceintes de marque Mesa Boogie. Vu le matos, je m’attendais à être propulsé au fond de la salle, dès le premier accord de guitare. L'intro exécuté par Moose à la batterie prélude "Scream, Aim, Fire" (NDR : le morceau d'ouverture du dernier album). Et surprise, le son est réduit à sa plus simple expression. On entend à peine chanter Matt et les gueulantes de Jay. La ligne de basse est plus présente ; mais l’emprise de la section rythmique nous fait presque oublier que Matt et Padge tricotent comme des fous sur leur gratte. Il faudra attendre le troisième morceau ("The Poison") pour retrouver l’intensité du son, conforme à nos attentes. Faut croire que l’ingé avait enfin retiré retirer les croquettes enfoncées dans ses oreilles. Entre chaque colonne de haut-parleurs, des lignes de ‘leds’ lumineuses alimentent un light show tout bonnement exceptionnel. Les musiciens se libèrent. Le public est réceptif. Et on le sait, au plus le public donne, au plus le groupe restitue. Parmi cette équipe de showmen, Matt se réserve le premier rôle. Les soli de guitare de Padge sont parfaits ; et lorsque Matt vient le soutenir à la quinte ou à la tierce, on ne peut s'empêcher de penser aux exercices de style pratiqués par Maiden. Les morceaux s'enchaînent. Les ‘circle pitts’ aussi. Lorsque Matt annonce "Tears Don't Fall", le premier hit single du groupe, l’audience se déchaîne et reprend le refrain en chœur. Décidément, ce concert n'a rien à voir avec celui de l'Olympia. Ils sont dans leur trip. Leur énergie est communicative. Un véritable régal ! Paris n’était donc qu’un passage à vide. Après avoir opéré un périple européen, terminé des sessions d’enregistrement, sur une période de trois mois, le groupe était donc sur les rotules. En outre, et pour une fois, soyons un peu chauvin, le public belge s’est montré ce soir à la hauteur de sa réputation. On n’ira pas jusqu’à prétendre que le public hexagonal était un peu mou. Quoique… Une chose est sûre, l’audience de ce soir est parvenu à faire la différence ; et le groupe l'a bien senti. Le show s'est achevé par "Forever & Always", c'est-à-dire le dernier titre de l’elpee, "Scream, Aim, Fire", encore une fois repris en chœur par le public…

Organisation AB

Keziah Jones

Elles n’avaient d’yeux que pour lui…

Écrit par

Double affiche ce samedi 15 novembre, puisqu’elle réunissait le chanteur/compositeur/guitariste nigérian Keziah Jones et Patrice Bart-Williams alias Patrice, un musicien de reggae né de mère allemande et de père sierra-léonais (NDR : pas n’importe qui, puisque c’est l’écrivain activiste Gaston Bart-Williams). Et c’est un concert sold out qui accueille les deux artistes à l’AB. 

Place tout d’abord au phénomène Keziah Jones. La guitare claque immédiatement ; mais il faudra quelques accords avant de s’en rendre compte, tant le visuel accapare les regards féminins. Fascination incontournable face à l’éphèbe métisse, torse nu et tout sourire, nonchalant et sensuel. Le chapeau vintage et le pantalon ethnique taille (très) basse plus que suggestif, et voilà que tombent les dernières résistantes. Si la majorité est probablement venue avant tout pour Patrice, le spectacle visuel de cette première partie n’essuiera aucune déception. Les jeunes filles se déchaînent, la température grimpe, les musiciens sont en confiance et le reste suit sur des chapeaux de roues. Keziah Jones manipule sa guitare avec une dextérité qui laisse perplexe ; même portée derrière en aveugle, elle garde ce rythme franc et déterminé qui fait le charme unique du blue funk. « Blue funk is a fact » disait le premier album. Depuis, peu de choses ont changé. Malgré une discographie légèrement inégale, le style Keziah Jones est intact. Certes, les anciennes chansons trouvent plus d’écho. « Rythm is love » provoque d’ailleurs un raz-de-marée (justifié). Mais les compositions de « Nigerian Wood », si elles n’ont pas l’âme et la mélodie des débuts, sont accueillies sans réserve. Une critique plus en profondeur pourrait bien dénoncer l’allure brouillonne et bien d’autres imperfections ; mais l’heure est au bouillonnement incontrôlé. La critique tombe dans un gouffre béant et il n’y a plus qu’à se laisser envoûter.

La passion reprend de plus belle dès l’entrée en scène de Patrice. Là encore, les scepticismes ne trouvent pas à qui parler. Les sourires s’étendent jusqu’aux oreilles et chacun plonge corps et âme dans ces formes reggae chaloupées. Chaque morceau suscite l’ovation et le public est plus que réceptif. Aucune résistance sur les gestuelles lancées en modèles par les musiciens, qu’elles frôlent ou non le ridicule. Rien n’est de trop. « When I walk in my room » atteint les sommets de l’agitation ; même serrés, les corps se meuvent au possible, les mains applaudissent sans répit et le refrain chanté en chœur ne compte sans doute pas un dissident. Même dix ans plus tard, même plus orientées soul et hip hop, les compositions de « Free Patriation » ont force de conviction. Ce quatrième album serpente sans trop de problèmes parmi les tubes, forcément plus attendus. En somme, la conquête est totale ; voire indescriptible. Patrice est adulé et le rend au public. S’élève alors majestueusement un début légendaire « Everyday is gonna be alright », que Patrice reprend de sa voix tremblante d’émotion en lui substituant des paroles improvisées dans un français maîtrisé: ‘Je voulais vous dire que cette après-midi, j’avais la mélancolie, les soucis, mais là, vous me donnez toute cette énergie et je veux vous dire merci parce que je revis, merci, pour votre énergie, merci. Je suis heureux, merci’. On voudrait critiquer ces interludes fleurs bleues mais la sincérité est troublante. Plus l’emportement du public est manifeste, plus Patrice se laisse aller à des improvisations charmantes tant elles sont décomplexées. Pour terminer en feu d’artifice, le rappel s’achève par une percée dans la foule en sueur où, le micro à la main et accompagné d’un percussionniste, il achève de faire fondre les dernières neiges.

Org: Greenhouse Talent, Gand

Patrice

L’art de faire fondre les cœurs…

Écrit par

Double affiche ce samedi 15 novembre, puisqu’elle réunissait le chanteur/compositeur/guitariste nigérian Keziah Jones et Patrice Bart-Williams alias Patrice, un musicien de reggae né de mère allemande et de père sierra-léonais (NDR : pas n’importe qui, puisque c’est l’écrivain activiste Gaston Bart-Williams). Et c’est un concert sold out qui accueille les deux artistes à l’AB. 

Place tout d’abord au phénomène Keziah Jones. La guitare claque immédiatement ; mais il faudra quelques accords avant de s’en rendre compte, tant le visuel accapare les regards féminins. Fascination incontournable face à l’éphèbe métisse, torse nu et tout sourire, nonchalant et sensuel. Le chapeau vintage et le pantalon ethnique taille (très) basse plus que suggestif, et voilà que tombent les dernières résistantes. Si la majorité est probablement venue avant tout pour Patrice, le spectacle visuel de cette première partie n’essuiera aucune déception. Les jeunes filles se déchaînent, la température grimpe, les musiciens sont en confiance et le reste suit sur des chapeaux de roues. Keziah Jones manipule sa guitare avec une dextérité qui laisse perplexe ; même portée derrière en aveugle, elle garde ce rythme franc et déterminé qui fait le charme unique du blue funk. « Blue funk is a fact » disait le premier album. Depuis, peu de choses ont changé. Malgré une discographie légèrement inégale, le style Keziah Jones est intact. Certes, les anciennes chansons trouvent plus d’écho. « Rythm is love » provoque d’ailleurs un raz-de-marée (justifié). Mais les compositions de « Nigerian Wood », si elles n’ont pas l’âme et la mélodie des débuts, sont accueillies sans réserve. Une critique plus en profondeur pourrait bien dénoncer l’allure brouillonne et bien d’autres imperfections ; mais l’heure est au bouillonnement incontrôlé. La critique tombe dans un gouffre béant et il n’y a plus qu’à se laisser envoûter.

La passion reprend de plus belle dès l’entrée en scène de Patrice. Là encore, les scepticismes ne trouvent pas à qui parler. Les sourires s’étendent jusqu’aux oreilles et chacun plonge corps et âme dans ces formes reggae chaloupées. Chaque morceau suscite l’ovation et le public est plus que réceptif. Aucune résistance sur les gestuelles lancées en modèles par les musiciens, qu’elles frôlent ou non le ridicule. Rien n’est de trop. « When I walk in my room » atteint les sommets de l’agitation ; même serrés, les corps se meuvent au possible, les mains applaudissent sans répit et le refrain chanté en chœur ne compte sans doute pas un dissident. Même dix ans plus tard, même plus orientées soul et hip hop, les compositions de « Free Patriation » ont force de conviction. Ce quatrième album serpente sans trop de problèmes parmi les tubes, forcément plus attendus. En somme, la conquête est totale ; voire indescriptible. Patrice est adulé et le rend au public. S’élève alors majestueusement un début légendaire « Everyday is gonna be alright », que Patrice reprend de sa voix tremblante d’émotion en lui substituant des paroles improvisées dans un français maîtrisé: ‘Je voulais vous dire que cette après-midi, j’avais la mélancolie, les soucis, mais là, vous me donnez toute cette énergie et je veux vous dire merci parce que je revis, merci, pour votre énergie, merci. Je suis heureux, merci’. On voudrait critiquer ces interludes fleurs bleues mais la sincérité est troublante. Plus l’emportement du public est manifeste, plus Patrice se laisse aller à des improvisations charmantes tant elles sont décomplexées. Pour terminer en feu d’artifice, le rappel s’achève par une percée dans la foule en sueur où, le micro à la main et accompagné d’un percussionniste, il achève de faire fondre les dernières neiges.

Org: Greenhouse Talent, Gand

 

Bensé

Raconte-moi une histoire…

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D’abord, il était passé par l’AB. Il était venu chanter en avant-première de Tryo. Ensuite, deux jours plus tard, Bensé est revenu pour nous présenter « Album », son premier opus. Cette fois-ci, c’est à la Rotonde du Botanique que la magie s’est opérée… Précédé de Jill is Lucky ainsi que de Claire Denamur, la soirée sera bohème et 100% intimiste.

Jill is Lucky. Jill, c’est le petit frère de Bensé… Jill, il joue sa musique à lui. Une musique plutôt pop/rock. Une musique originale qu’il chante en anglais dans un style franco/british particulier. Le violoncelliste et le guitariste portent des lunettes en cœur de couleur bleue. Jill a les cheveux en pétard. Leur look est étonnant. La formation propose tour à tour six morceaux doux et plus fougueux… Ils sont bons. Dommage. C’était l’avant-première. On aurait bien aimé une prolongation !

Quel est le dénominateur commun entre Bensé et Claire Denamur ? Ils ont tous les deux joués en première partie de Renan Luce. Armée de sa guitare, Claire est seule sur scène. Un petit bout de femme qui, malgré un public venu en petit nombre, semble dans un premier temps manquer d’assurance. Timide et discrète, elle réussit pourtant à éveiller le public. Les paroles parlent d’hommes et d’amour. Des titres comme « Le Prince Charmant » ou « Mon bonhomme » sont d’ailleurs évocateurs. C’est léger et moelleux. Personnellement, j’aurais sans doute aimé l’une ou l’autre chanson un peu plus rythmée pour varier le tempo…

Accompagné par ses amis et fidèles musiciens Les Troubadours, Bensé est avant tout un artiste-compositeur-interprète qui charme de ses mots. Ses textes sont doux, intimistes et racontent des histoires. Des moments de vie, des états d’âmes et des portraits de ceux qu’il aime. Il nous les conte en musique.

Sur scène, il est à l’aise et enchaîne en douceur les titres de son album. « Sa peau », « Angela », « Buvons »… et « Mon frère » une chanson délicate qui illustre parfaitement son humilité et l’amour qu’il porte à son frère, Jill. Le concert va durer une heure. Soixante minutes à la rencontre de ce nouvel artiste issu de la scène française. C’est touchant. Le groupe dégage une certaine empathie. La prestation manque cependant peut-être un peu de fougue…

Au moment des remerciements, Julien Bensé salue le public et nous dit : ‘J’espère être de retour très vite sur ces terres, en conquérant’. On lui souhaite, en tout cas, beaucoup de plaisir pour ses prochaines dates.

Bensé + Claire Denamur + Jill is Lucky

Coprod. UBU

 

Skatalites

Les vétérans du ska ont toujours la pêche !

Écrit par

C'est dans le cadre de ‘Now Series’ que les Skatalites se produisaient pour la énième fois en Belgique. Sans être un fan absolu du groupe, 15 ans après les avoir découvert sur les planches, pour la première fois au VK, j'essaie néanmoins de les revoir régulièrement. Même si ce n'est pas sold out, le thème de cette édition a attiré pas mal de monde. Les fans de musique jamaïcaine et autres amateurs de world music ont fait le déplacement.

Sympa, comme concept, ce ‘Now Serie’, qui permet de programmer 4 groupes dans un ensemble musicalement cohérent. Malheureusement, les 250 places de l'AB Club se révèlent un peu ‘limite’ pour celles et ceux qui souhaitent changer de décor sans se farcir l’attente d’une longue file. Finalement, c'est pour les Skat's que je suis venu. Tant pis, je ferai l'impasse sur le club.

Au terme d'un interminable sound check, les vétérans du ska montent sur scène. Bon, les véritables vétérans commencent à se faire rares. Ainsi, plus de trace de contrebassiste qui figurait au sein du line up, 15 ans plus tôt, lors de leur passage à la même Ancienne Belgique. C’est vrai qu’il semblait déjà ne tenir debout que grâce à son instrument. Mais dommage qu’il soit disparu de la circulation : je m'étais promis de lui tirer le portrait. Les seuls vétérans encore à la barre sont le batteur et le saxo. Les deux personnages adoptent une attitude caractéristique : regard qui tue pour le premier, grand sourire et petits pas de danse pour le second. Les autres membres ne détonnent cependant pas dans l'ensemble : le second saxo se charge de présenter les morceaux, le trompettiste joue les showmen, le trombone a repris le rôle de dragueur du groupe, le bassiste –imperturbable sur son tabouret– remplace le contrebassiste. Quant au guitariste et au claviériste (NDR : seul Européen de la bande), ils semblent un peu en retrait, à l'extrême gauche de la scène.

Rituellement, les Skatalites ouvrent les hostilités par des ‘classiques’ de leur répertoire ska (dont, rappelons-le, ils sont les pionniers), avant d'inviter leur chanteuse, autre membre original de la formation, à venir les rejoindre pour un set dont l'ambiance vire maintenant au reggae. Il n'en faut pas plus au public, déjà bien remuant, pour se mettre à danser frénétiquement, jusque dans les gradins. Leur style, mêlant habilement le ska, le dub, le reggae et la musique de fanfare fait mouche comme à chaque fois. Plus d'une heure et demie de concert ne rassasient pas l’auditoire qui aimerait voir cette fête se poursuivre encore. C'est la tête encore remplie des rythmes jamaïcains que je quitte l'AB avec la certitude que je serai encore au rendez-vous lors de leur prochain passage en Belgique.

Les photos de ce concert sont bien entendus en ligne dans la rubrique ‘Live Photos’.

Organisation AB

 

Tryo

Climat tropical à l’AB. Tryo est passé par là…

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Salle comble à l’Ancienne Belgique ce mercredi 12 novembre. Tryo, groupe français engagé et véritable phénomène auprès d’une génération entière de jeunes en quête d’une musique épurée, rythmée, et profondément militante est de retour ! Les murs de la salle ont vibré au son des six hommes de scène. Les quatre membres du groupe, accompagnés pur la tournée d’un violoncelliste (Fred Deville) et d’un percussionniste (Pablo Mendez), ont rencontré un franc succès auprès du public belge venu en masse pour écouter leur dernier album « Ce que l’On Sème ».

En première partie, Bensé. Nouveau venu sur la scène française. Un séducteur entouré de quatre musiciens. Il charme nos âmes en racontant des histoires de vie tantôt joyeuses, tantôt cyniques… L’accueil du public à son égard est plutôt encourageant. Après un bref set de trente minutes, Bensé nous salue et quitte la scène. Il reviendra nous voir, c’est certain (le 14/11 au Bota) !

Le public les acclamait ; et c’est par une chanson de leur dernier album qu’ils ouvrent le bal. Suivie de « G8 », une incontournable de l’album « Grain de Sable ». Dès les premières notes, la fureur de la foule semble étonner nos musiciens ; mais ils se délectent de l’énergie libérée par cette ferveur. Christophe Mali clamera même qu’on pourrait transformer toute cette euphorie en une ‘Tryouze’ géante.

Sans aucun doute, Tryo n’a plus à faire ses preuves ! Le groupe est adopté et chéri par ces auditeurs qui connaissent les paroles sur le bout des doigts. Tout autour de moi, on chante, on sourit, on est heureux. J’ignorais la popularité et le franc succès que rencontre Tryo. Plus de dix ans de carrière, quatre albums studio et des centaines de dates. Du reggae métissé à des musiques d’ici et ailleurs ; des sons parfois plus indiens ou carrément brésiliens pour quelques plages du dernier album. « Marcher Droit » est par contre la seule compo plus rock répertoire de cette prestation. On s’y donne à cœur joie, et les cordes vocales vibrent à l’unisson : « Pompafric », « Désolé pour Hier Soir », Jocelyne… ! Même les deux percussionnistes nous font une démonstration ‘solo’ des plus détonantes.

Ca swingue, ça fait même réfléchir. Des sonorités pourtant toujours semblables… même si les morceaux se distinguent tous, les uns des autres ; dans l’ensemble, il faut admettre que le tempo ne varie guère et est même susceptible, à la longue, de lasser. Heureusement, l’échange du groupe avec son public rythme le concert et ajoute une chaleur humaine très forte.

Sous les ovations de cet impressionnant rassemblement, nos militants tirent leur révérence sur « L’hymne de nos Campagnes », single le plus notoire du groupe. Une dédicace particulière à Greenpeace qui partage la tournée avec eux. L’engagement ne se limite pas qu’aux textes. Non ! Tryo, c’est conséquent de la plume au support CD, fabriqué à l’aide de matériaux qui respectent la terre. Si vous les avez manqués cette fois-ci, soyez rassurés, ils reviendront le 13 mai 2009 à Forest National.

Organisation : AJA concerts