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Le jeu d’échecs de Vera Daisies

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dEUS - 19/03/2026
Concerts

Marka

Un concert saucissonné en deux parties et vingt tranches…

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Ce soir se déroule le onzième concert du Pango Tour organisé par l’équipe du Zik Zak. A l’affiche : Marka. De son vrai nom Serge Van Laeken, ce taulier de la scène belge compte plus de 40 ans de carrière. Avant d’entamer celle en solo, il a milité chez Allez Allez, groupe qui a rencontré un franc succès au cours de la première moitié des eighties, se produisant même au festival de Torhout/Werchter. Reformé en 2017, le combo a même rempli Forest National, à l’instar de ses enfants, Romeo Elvis et Angèle. Pourquoi a-t-il choisi comme pseudo Marka ? Tout simplement parce que dans sa jeunesse, vécue en pleine période punk, il portait régulièrement un tee-shirt publicitaire à l’effigie d’une tête de sanglier ; en l’occurrence celle d'un saucisson d'Ardenne…

Bien équilibrée, la set list va nous réserver tubes et nouvelles compos. Le concert est divisé en deux parties. Les 15 minutes d’interruption servant à passer le chapeau au sein de l’auditoire, pour rétribuer l’artiste.

Décontracté, Marka débarque en bras de chemises, armé de sa gratte semi-acoustique et s’installe sur un siège haut. Il est soutenu par un backing group impliquant son fidèle claviériste/guitariste Olivier Delescaille (NDR : il jouit également d’une solide réputation comme ingé-son), un bassiste et un drummer planté sur une estrade. 

Marka interagit régulièrement avec son public. Ses vannes imparables témoignent de son humour décalé. Et le mot est faible !

Il introduit sa première chanson, « Avant d’être moi », par un petit discours signalant qu’il était présent aux obsèques de Marc Morgan, lors de la réception où l’on mange un sandwiche mou. Puis une dame dans la foule l’interpelle. Mais la conversation devient surréaliste voire incompréhensible. Serge avoue qu’il est beaucoup de choses avant d’être lui ; ce qui déclenche un fou rire général. Il ajoute que cette situation pourrait être le titre d’une chanson. Allo la terre ! Et s’il y avait du sauciflard aux herbes sur le sandwiche mou ?

Les trois morceaux suivants sont également nouveaux. Marka réserve ses hits surtout lors du second acte.

Le 27 mai 2021, Marka fêtera son soixantième anniversaire dans la grande salle de l'AB par un concert en mode 'Family style'. Il sera entouré de ses proches et d’invités. Rendez-vous est pris !

Setlist 

Partie 1 : « Avant d’être moi », « Sois beau et tais-toi », « Amour Boxe », « Pour un flirt avec moi », « Le Daron », « Avant Après », « Eden Hazard », « Des Hauts, des bas », « Ne me le dites pas ».

Partie 2 : « Je parle », « Je prête à confusion », « Comment Te le dire », « La poupée barbu », « Caroline » (cover Claude Mc Solar), « Les mondains », « Accouplés », « L’hospice », « Si demain », « Tu es formidable », « Poulette »

(Organisation : Zik Zak et Rock Nation)

John Mary Go Round

Le bayou dinantais, fallait quand même oser !

Écrit par

John Mary Go Round, c'est le patronyme choisi par Michel Brasseur, le chanteur de Country Cooking, pour son projet solo, un projet qu’il a monté en 2016. L'idée lui est venue en traversant le sud de l'Amérique. ‘C'est là que j'ai eu la première fois l'occasion de jouer sur des ‘cigar box guitars’ (NDR : instruments primitifs fabriqués par les esclaves noirs, et dont la caisse de résonance est une boite à cigare’), explique-t-il. L'effet sera immédiat : ‘Je devais jouer de ces instruments sur scène’, ajoute-t-il.

Chapeau stetson rivé sur la tête, chaussé de lunettes fumées, vêtu d’un costume 3 pièces, dont un pantalon retenu par des bretelles larges du Kentucky et d’une chemise blanche, le Dinantais s’installe sur son siège. Il fait une chaleur caniculaire dans la salle ; faut croire que Michel a enfilé un costard climatisé. On distingue la présence de 5 grattes à sa droite et devant lui, la cymbalette à pieds et les cajons.

Le set sera divisé en 2 parties de plus de 50 minutes, entrecoupé par un entracte d’un quart d’heure, moment au cours duquel Michel va discuter avec le public. Un public apparemment de connaisseurs, aussi attentifs qu’attentionnés. C’est d’ailleurs ce qui fait le charme du Zik-Zak. Le son est excellent. Aux manettes : Olivier Delescaille, le sixcordiste de Beautiful Badness.

Michel ouvre son récital par le titre éponyme de son premier album solo, « Take a Ride », une compo qu’il interprète à la gratte et à l’harmo. C’est le premier saut dans les marais du bayou. A cet instant, on imagine les esclaves noirs victime de la ségrégation raciale qui fuyaient vers le Nord des States.

Lors des morceaux les plus sauvages, donc garage/punk/blues, on ne peut s’empêcher de penser au groupe liégeois, The Experimental Blues Band, mais également au Jon Spencer Blues Band.

Il embraie par « Old Friend ». Vu qu’il ne se débarrasse toujours pas de son costume, certains spectateurs commencent à avoir chaud pour lui. Votre serviteur, aussi. Puis, il aligne « Six Billions Flowers » et « You’re Right », en respectant l’ordre chronologique de son dernier elpee. Il nous réserve une superbe cover du « Sweet dreams » d’Eurythmics. Si Marilyn Manson en avait réalisé une interprétation burnée, on se souvient surtout de celle qu’Annie Lennox avait accordée sur la plaine de Werchter, en soutien-gorge de couleur rouge. Pour Michel c’est en costume-cravate-chapeau. Il attaque ensuite « I heard the wind ». On aurait préféré sentir son souffle !

Michel change de gratte entre chaque morceau, mais sa technique est irréprochable, sur les cordes. Les sonorités qu’il en extrait sont particulièrement métalliques, et tout particulièrement sur les cigar box et la dobro. Ses interventions à l’harmo sont à couper le souffle (!?!?). Son blues/roots lorgne parfois vers Seasick Steve. Chevrotante, graveleuse et filtrée par le micro américain, sa voix colle très bien à la tessiture des cordes de la cigar box.

En se servant de deux de ces cordophones, à 3 ou 4 cordes, d’un dobro, d’une Gibson, d’une cymbalette à pieds, d’un cajon et d’un micro américain, John Mary Go Round est parvenu à nous faire traverser le bayou (dinantais ?) de la Louisiane de long en large.   

Ce soir votre serviteur a passé la meilleure soirée de son année, depuis l’apparition du Covid 19. Le bayou dinantais, fallait quand même oser !  Vivement le prochain épisode ! Ce sera encore du blues, mais à la Madeleine. En occurrence Larkin Poe !

Setlist : « Take a ride », « Old friend », « Six billions flowers », « You ´re right », « Sweet dreams » (cover Eurythmics ), « I heard the wind », « I Play Alone », « 81 square feet », « Death walk blues », « Born along the river », « Walking through the back door », « I wanna hear », « Sandra blues »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

Antoine Goudeseune

Antoine Goudeseune plays The Beatles

Écrit par

Le Zik-Zak a entamé sa saison d’été le 3 juillet dernier par le concert de Fred and The Healers. Vu le déconfinement, les salles de moins de 250 personnes peuvent réouvrir leurs portes, bien-sûr en respectant la distanciation sociale et en autorisant un nombre limité de spectateurs. Soit un maximum de 60 âmes. Pour se déplacer, il faut porter le masque. Assis à une table, vous pouvez l’ôter. Dans la salle, il ne manque que Zorro et son fidèle étalon Tornado. Seul l’artiste qui se produit sur les planches n’est pas masqué. Ce vendredi 10 juillet, place à Antoine Goudeseune, un grand admirateur des Beatles. Une passion qu’il assouvit en interprétant leurs chansons à la guitare, en fingerpicking. Si en 2012, il avait intitulé son premier elpee, « Fingerpicking The Beatles », il a baptisé les deux suivants « Abbey Road » et « Let it be », parus respectivement en 2014 et en mai dernier, deux long playings enregistrés aux studios Abbey Road. Pour le premier, il avait reçu le concours de Mathias ‘IA’ Eklundh, du groupe Freak Kitchen, sur « Here come the sun », un LP exclusivement instrumental. Lors du deuxième il a bénéficié de la participation de Jacques Stotzem, de Fred Lani ainsi que de Julie Compagnon (si, si, celle qui faisait partie de l’équipe de l’émission ‘On n’est pas des pigeons » présentée alors par Sébastien Nollevaux), sur l’un ou l’autre titre…  

La première partie du set débute à 20h30 précises. Antoine Goudeseune s’installe sur son siège haut et salue le public. Il se sert d’une gratte semi-acoustique, d’un looper et d’un Mac.

Antoine relate avant de débuter chaque chanson, l’historique de chaque chanson et ce qu’il ressent, en l’interprétant. L’interactivité avec le public est parfaite.

Il entame sa prestation par « For You Blue ». Les sonorités de cordes sont fidèles aux originales. Puis embraie par « Come Together », en prenant soin de respecter les arpèges. « Don’t let Me Down » succède à « With a little help from my friends ». Antoine a décidé de puiser essentiellement dans ses deux derniers opus pour la setlist. On a l’impression de replonger un demi-siècle dans le passé. Pas de Fred Lani en chair et en os pour « One after 909 », mais bien sa partition à la ‘six cordes électrique’ qui émane du Mac.

Le concert est presque exclusivement instrumental, sauf sur deux morceaux, pour lesquels Julie Compagnon vient poser la voix. Soit la dernière chanson de la première partie, « The Long And Widing Road » et la dernière de la seconde, « Across The Univers ». Et ma foi, superbe et juste, sa voix est capable de monter très haut dans les aigus.  

Le second volet commence par une cover magistrale du tube « Ob-La-Di, Ob-La-Da », une piste qui figurait sur le « Double blanc », œuvre pourtant la plus expérimentale du quatuor. Oui, c’est vrai, la vie continue, comme nous raconte cette chanson bien de circonstance. Hymne à la nature, « Mother Nature’s Son » rappelle le séjour des Fab Four en Inde.  

Eric Clapton assurait la fameuse partie de guitare sur « While my guitar gently weeps » que chantait George Harrison. Ce dernier expliquait d’ailleurs que la présence d'un invité incitait toujours les Beatles à masquer les conflits ; car à l’époque, les tensions étaient très vives entre les quatre de Liverpool…

Finalement le temps a passé très vite. Un vrai régal pour les tympans délicats…  

Setlist partie 1 :

« For You Blue »,« Come Together », « With A Little Help from my friends », « Don’t Let Me Down », « I Want You », « Dig A Pony », « Two Of Us », « Penny Lane », « Strawberry Fields », « Here Come The Sun », « One After 909 » feat Fred Lani en virtuel, « The Long and Winding Road » feat Julie Compagnon

Setlist partie 2 :

« Ob-La-Di, Ob-La-Da », « Mother Nature’s Son », « While My Guitar gently weeps », « Helter Skelter », « Something », « Eleanor Rigby », « I Me mine », « I’Ve Got A Feeling », « Golden Slumbers / CTW», « Let It Be », « Across The Universe » feat Julie Compagnon. 

(Organisation : Zik Zak)

Fred & The Healers

Tous masqués, sauf Fred et ses Healers…

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Après un peu plus de 3 mois d’abstinence, c’est le retour des concerts. Le Coronavirus est cependant toujours d’actualité. Les salles d’une capacité moyenne de 250 personnes peuvent rouvrir, mais leur capacité est limitée à 65 personnes. Tout en respectant les mesures de distanciation sociale. Que ce soit à l’entrée, dans la file ou dans la salle, tout le monde est masqué. Et les dispositions sont parfaitement respectées. La Zik Zak a organisé un Pango Tour Summer 2020. Il est nécessaire de s’inscrire et de réserver pour participer aux concerts qui se dérouleront tous les vendredis de juillet et d’août. Et c’est Fred flanqué de ses Healers qui inaugure la formule, ce 4 juillet 2020. A ma connaissance c’est une des rares salles qui propose une programmation au cours de ces deux mois d’été…

Jacques de Pierpont, alias Pompon, retraité de la RTBF depuis deux ans, mais toujours actif dans l’univers de la musique, explique le concept de ces spectacles, avant que Fred et ses Healers ne grimpent sur l’estrade…

Fred Lani avait à peine 17 ans lorsqu'il a fondé la première mouture des Healers. C’était en 1994. Elle impliquait son père, Jean-Marie ‘Papy’, à la basse, et Marc Lhommel, à la batterie. A l’époque, le combo pratiquait du Texas blues, inspiré par Stevie Ray Vaughan et Johnny Winter. Mais également du blues/rock, dans l’esprit de Rory Gallagher et Jimi Hendrix. En 2003, sous l’impulsion d’un nouveau drummer, Bruno Castelluci, sa musique s’est alors écartée résolument des sentiers battus pour embrasser une musique plus personnelle et métissée, mélangeant le blues à la pop et au jazz. Une nouvelle orientation concrétisée par l’album "Red ". Mais en 2004, après dix ans d’existence, le combo splitte. Et Fred disparaît un peu des radars. A titre exceptionnel, le groupe se réunit, le samedi 5 juin 2010, à l'occasion du 15e anniversaire du Spirit of 66 à Verviers. Finalement, en 2012, le groupe ressuscite sous un nouveau line up, impliquant Nicolas Sand à la batterie et Cédric Cornez à la basse.

Le nouvel opus de Fred & The Healers, « Désiré », doit sortir depuis 1 an et demi ; et ce soir, le band va nous en proposer quelques titres. Le set est séparé en deux actes. Sur les planches, le line up est renforcé par la présence du frère aîné, Bertrand Lani, à la seconde gratte.

Assez équilibré, le tracklisting sera partagé entre standards du blues et compos personnelles.

Les accords dispensés par Fred sur sa Telecaster sont tour à tour envoûtants, tranchants voire sanglants. Très roots, la section rythmique est solide. Bertrand a été biberonné au blues de Chess, à la soul de Stax et au strass des Glimmer Twins. Et on le ressent dans ses riffs. Les deux frangins sont plutôt complices.

Tout au long d’« All Your Love » (NDR : signée Willie Dixon/Otis Rush, cette composition a été popularisée par John Mayall et ses Bluesbreakers, au sein duquel militait alors Eric Clapton), Fred est dans son trip et sa gratte prend son envol. Tout comme lors du « Messin’ With The Kid » de Junior Wells & Bonnie Raitt. Un slow crapuleux survitaminé.

Le band revisite « The Last Time » des Stones. Blues crasseux, doux et langoureux, « Thank You For The Snack » est un extrait d’« Electerrified ». Un morceau qui incite les couples à envahir le dancefloor… masqués. D’ailleurs, il y a des amateurs près de la table de mixage. Deux amoureux égarés s’embrassent goulûment (NDLR : avec ou sans masque ?). Et quand la solution sonore passe au funk, Bertrand semble se réincarner en Nile Rodgers.

Fred avait déclaré qu’il était capable de jouer 3 h40. Finalement, ce soir, il n’était pas loin de son record. Et à minuit, il était toujours en pleine forme. Ce soir, il a de nouveau démontré qu’il était un des meilleurs bluesmen de Wallifornie.

Après 3 mois sans concert, les aficionados du blues étaient ravis. La musique revit. Vive le rock ! Merci à tous les passionnés de partager cette drogue dure. La semaine prochaine, ce sera au tour d’Antoine Goudeseune de se produire au Zik Zak, pour un récital consacré aux adaptations des chansons des Beatles, en picking…

Setlist : « Easy Baby », « All Your Love »,« Messin’ with the kid », « The last time », « Same Old Blues », « It Hurts Me Too », « Back To Basics », « Sidetracked », « Dark Soul » (Désiré »), « Bad Luck And Trouble », « Lovers Boogie », « 130 Signs » (« Désiré »), « Thank You For The Snack », « Take A Step back » (« Désiré »), « The Pulse » (« Désiré »), « AVD », « Remedy », « Another Me » (« Désiré »), « The Best Thing »,« Watcha Wanna Do », « Doyle the hunter », « New Generation », « Red Gunhand », « How long », « Going Down », « Psycho Boogie », « Roots N Roses 3 », « Tore down »

(Organisation : Zik-Zak et Rock Nation)

The Score

Au bout de 50’, le score était acquis…

Écrit par

Véritable machine à tubes, The Score est un groupe new-yorkais considéré comme le digne successeur d’Imagine Dragons. C’est le titre « Oh my love » qui l’a révélé en 2015. A son actif, un seul album, « Atlas », gravé en 2017 ; et puis 6 Eps, dont le dernier, « Stay », est paru en août dernier. Certains de ses singles ont servi de B.O. pour des films, des campagnes publicitaires et également la série Netflix ‘Riverdale’.

L’ombre du Coronavirus plane sur la planète, mais il y a du peuple, ce soir, pour accueillir le duo réunissant le chanteur/guitariste Eddie Anthony et le claviériste (également producteur) Edan Dover.

Le supporting act est assuré par Carvel’, un quatuor helvète, issu de Bâle très exactement, impliquant un chanteur/guitariste, un bassiste/claviériste, un bassiste et un second gratteur. Tous les musicos sont barbus, donc, ils ne peuvent qu’être sympathiques. De petites lettres de couleur rouge projettent le patronyme du groupe sur le dos du synthé. La formation pratique une forme de pop qui se nourrit aussi bien de sonorités organiques qu’électroniques. Pas de setlist, les musiciens se concertent juste avant d’attaquer leurs compos, suivant l’ambiance qui règne dans la foule et leur inspiration. Des compos très dynamiques, funkysantes, balisées par une solide section rythmique, que chante le vocaliste dans la langue de Shakespeare. Tout au long du set, il va, en outre, distribuer gratuitement du merchandising, tout en faisant la promo de son Ep, « Polarity », un disque publié en septembre 2017. Sur les planches, il ne tient pas en place, et à l’instar d’un Ricky Wilson (Kaiser Chiefs) et n’hésite pas à fendre la foule pour grimper sur la table de mixage, le bar et même le présentoir du merchandising. Une chose est sûre, Carvel’ a pleinement assumé son rôle de chauffeur de salle…

Ce soir, The Score est soutenu par une section rythmique, basse/batterie. « In my bones » ouvre le set. Eddie s’exprime régulièrement entre les morceaux. Il confie être content d’être parmi nous. Il incite régulièrement le public à jumper, applaudir ou sortir les portables pour illuminer la salle. Il signale que le duo vit aujourd’hui à Los Angeles. Et le tout en français. Pourtant, il s’excuse de ne pas bien parler la langue de Molière. Franchement, il est vraiment modeste. Puissant et dominé par les claviers, « Run Like A Rebel » se révèle davantage électro. Le concert s’achève par le single « Unstoppable », un morceau extrait du long playing « Atlas », moment choisi par le drummer pour étaler toute sa technique et démontrer sa force de frappe.

En rappel, le band va nous réserver une excellente reprise du « Sex on Fire » de Kings Of Léon. Bref, ce soir, on a assisté à une brève (50’) mais très efficace prestation d’une formation manifestement prête à se produire dans les grandes salles et lors des festivals. Ou si vous préférez, face à une foule conséquente…

Setlist : « In My Bones », « Higher », « Born for This », « Who I Am », «Run Like A Rebel », « Bulletproof », « Strange», « Miracle », « Dreamin », « Revolution », «Rush », « Stay », « Unstoppable ».

Rappel : « Sronger », « Sex on Fire », « Legend. » 

(Organisation : Ancienne Belgique)

The Mission

Mission accompli(e)

Écrit par

Frère et sœurs, fidèles parmi les fidèles, tous s’étaient donné rendez-vous ces vendredi et samedi, à Saint-Nicolas, pour deux cérémonies célébrées par frère Wayne Hussey et ses disciples. Chaque concert du groupe originaire de Leeds s’apparente, en effet, à une grande messe. Et les deux soirées de ce week-end ne font pas exception à la règle, car les adeptes se sont donné rendez-vous dans la salle du Casino. Une enceinte et un light show qui cadrent bien avec ce côté cérémonial et classieux du groupe. A peine cinq mois se sont écoulés depuis les 3 dates solos accordées par Wayne Hussey, en Belgique (review à lire ou à relire ici). En fait, la thématique des doubles concerts de ce week-end est subordonnée à un principe : les titres des albums impairs sont proposés le premier soir (le premier LP « First Chapter », le troisième « Children », le cinquième « Grains of Sand », le septième « Neverland », le neuvième « Aura » et enfin le onzième « The Brightest Light »). Tandis que la soirée du samedi se consacre aux long playings pairs : (« God’s Own Medicine », « Carved In Sand », « Masque », « Blue », « God Is A Bullet » et « Another Fall From Grace »).

La première partie est assurée par Salvation. Une formation également originaire de Leeds, dont Dany, l’un des membres, a fait ses premiers pas chez Sisters of Mercy. Son premier opus a d’ailleurs été signé sur le label Merciful Release. Près de 30 ans plus tard, cette formation assure la première partie de bands cultes comme Fields of The Nephelim ou ce soir de The Mission. Bien qu’agréable à écouter son post punk a pris un sacré coup de vieux. La basse est omniprésente et les refrains pop/rock sont contagieux. Mais même si le quintet a du cœur à l’ouvrage, il faut reconnaître que sa musique est un peu datée… (voir notre section photos ici)

Il est 21h45 (NDR : oui, il ne fallait pas vouloir rentrer tôt chez soi, vu le timing) et les haut-parleurs crachent la B.O. du film britannique de guerre ‘The Dam Busters March’. The Mission déboule alors sur les planches et attaque « Beyond the pale », une compo dont l’intro reproduit des bruitages enregistrés dans une cour d’école, avant que Simon Hinkler ne fasse grincer sa guitare. Et le band d’embrayer par le tout aussi électrique « Hands across the ocean », un morceau interrompu par Wayne, qui rencontre des problèmes d’accordage de gratte, alors que l’auditoire continue à chanter. Qu’à cela ne tienne, finalement, le combo reprend le titre à zéro. Les ‘wouhouhou’ scandés par le bassiste Craig Adams sont repris en chœur par l’audience, tout au long du passionné « Naked ans savage ». Mais l’ambiance retombe d’un cran dès que la formation dispense des morceaux moins connus. C’est devenu une constante, le public plus âgé ne s’enthousiasme que sur les tubes. Pourtant « Dragonfly » et plus tard « Swan song » (NDR : l’un des seuls titres intéressants de l’elpee « The Brighest Light ») sont tout aussi hypnotiques que les compos les plus notoires. En rappel, on aura droit à quelques surprises dont le rare « The grip of disease » et la reprise du « Like a Hurricane » de Neil Young, qui ne figurait pourtant pas sur la set list de départ. « The Crystal Ocean » déclenche quelques (légers) pogos. Mais il faudra attendre le deuxième rappel et la version longue de « Tower of strength » pour voir les pyramides humaines, si traditionnelles, se former. Et Wayne Hussey de se lâcher en esquissant quelques pas de danse tout en n’oubliant pas de saluer une foule conquise et toujours aussi fidèle… (voir notre section photos )

NB : La deuxième soirée fait l’objet d’une review sur le Musiczine néerlandophone ; et elle est à lire ici

Setlist : “Beyond the Pale”, “Hands Across the Ocean”, “Over the Hills and Far Away”, “Naked and Savage”, “The Girl in a Fur Skin Rug”, “Wake”, “In Denial”, “Heat”, “Dragonfly”, “Raising Cain”, “Swoon”, “Swan Song”

Rappel: “The Grip of Disease”, “Like a Hurricane”, “The Crystal Ocean”

Rappel (2) : “Tower of strength”

Charlotte Dos Santos

Trop artificiel…

Écrit par

Charlotte Dos Santos se qualifie elle-même de nomade brésilo-norvégienne, puisqu’elle puise ses origines au sein de ces deux patries. Un métissage qui lui a apparemment inoculé la bougeotte, puisqu’elle a préféré les Etats-Unis à l’Europe ou à l’Amérique Latine. C’est en effet à New York –au Berklee College Of Music plus précisément– qu’elle a reçu une formation de chanteuse, compositrice et arrangeuse. Il lui a suffi d’un seul album pour faire chavirer le cœur de la critique musicale internationale, un disque de soul/jazz groovy intitulé « Cléo » et paru en 2017, sur le label Fresh Selects. Et « Harvest Time », un Ep 5 titres, sort ce 13/03/2019.

Aaron Taylor assure le supporting act. Un chanteur black légèrement grisonnant et barbu (NDR : donc sympathique). Il est 19h50 et il n’y a que 5 spectateurs dans la salle. Heureusement, l’ABClub va se remplir progressivement pour être comble vers 20h15. Aaron se produit seul en s’accompagnant au synthé qui reproduit cuivres, basse et guitare. Atmosphérique, capable de monter dans les aigus ou descendre dans les graves, sa voix est superbe. Il invite le public à le suivre dans ses envolées vocales, mais l’absence de véritables musicos gâche la prestation…

Setlist : « Tack », « Jaded », « You’Re The Reason Why », « Blue », « Shooting Star», « Redbone ( Gambino) », « I Thing I Love You Again », « Lesson Learnt », « Spaceship ».

Place ensuite à Charlotte Dos Santos. Même topo, elle est seule sur les planches et s’installe derrière son  synthétiseur. Elle est vêtue d’un ensemble pantalon blanc et body en dentelle blanche à mi-épaule. Elle signale qu’il s’agit de la première fois qu’elle se produit en Belgique et semble en être ravie. Il n’y a pas de setlist, mais elle va nous réserver plusieurs morceaux issus de son dernier Ep, dont le très cool « Josef ». La tessiture de sa voix est superbe, mais un peu trop monocorde. Si bien qu’après quelques minutes, le set commence à patiner. Et au bout des 60’ de concert, c’est un sentiment de déception qui envahit votre serviteur. Je me répète, mais si l’artiste avait osé s’entourer de véritables musiciens, le résultat aurait été totalement différent. La musique, c’est le fruit d’une création, une forme d’art, et pas seulement la reproduction de sonorités par l’entremise d’une machine…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Big Thief

Le charisme d’Adrianne Lenker

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Il y a un peu plus d’un an, la notoriété de Big Thief se limitait à un public plus ou moins averti. Tout a changé depuis les sorties, à quelques mois d’intervalle, de “U.F.O.F” et de “Two Hands”, deux opus qui ont propulsé la formation newyorkaise (de Brooklyn très exactement) sur le devant de la scène. Ainsi, il est rapidement devenu le groupe à suivre en 2019. Ses opus ont d’ailleurs intégré fort logiquement une grande partie des tops 2019. La majorité de ses concerts affiche complet (c’est d’ailleurs le cas ce soir) et il sera à l’affiche des plus grands festivals estivaux tels que Werchter (le 5 juillet en compagnie de System of Down, Michael Kiwanuka, GoGo Penguin, ...)

Il est près de 21h30 lorsque les lumières s’éteignent et que les quatre musiciens montent sur l’estrade. Adrianne Lenker (guitare/voix) prend place sur la gauche, Buck Meek (guitare/chœur) sur la droite, tandis que Max Oleartchik (basse) et James Krivchenia (batterie) se plantent à l’arrière. Dès les premiers morceaux, Big Thief donne le ton. Ce sont les guitares qui mènent la charge. Le son est particulièrement gras et incisif. Adrianne Lenker ne ménage pas son énergie et vit littéralement ses morceaux. Elle nous réserve quelques solos bruitistes dignes de Neil Young. La formation enchaîne ainsi différents tubes issus de ses différents long playings tels que “Masterpiece” ou encore “Not”. Et n’hésite pas à adapter le son aux conditions ‘live’. Les titres défilent. Tout au long de “Real Love”, les musicos affichent toute leur maîtrise. L’intensité et le timing de chaque note sont pesés. Plus que tout, c’est le charisme d’Adrianne Lenker qui éblouit la salle du Grand Mix. La jeune femme mène chaque morceau au gré de ses émotions qu’elle communique au public grâce à des trémolos dans la voix. Lorsqu’elle entame ses chansons les plus mélancoliques telles que “The Toy”, il est difficile de ne pas succomber. Après une heure et demie de concert sans interruption (seulement quelques remerciements), la formation quitte le podium sous des applaudissements mérités. Et l’auditoire quitte la salle conquis. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut assister au concert d’une formation aussi pointue que Big Thief et, surtout, de découvrir une artiste aussi charismatique qu’Adrianne Lenker.

(Organisation : Grand Mix)

Meute

Sans sabots, mais en fanfare…

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Depuis plusieurs mois déjà, la fanfare techno Meute poursuit sa campagne de séduction en tournant intensément ; des trottoirs les plus clinquants de Paris (matinale chez Radio Nova, fin d’après-midi chez Yann Barthès) aux vastes chapiteaux de Bavière. Champions du souper saucisse/compote/frites, qui alimente les fêtes de la bière, les Hambourgeois ont décidé de passer à la vitesse supérieure, en publiant un quatrième elpee intitulé « Tumult ».

Sur les planches, le collectif est une véritable machine à danser. Pas pour rien qu’il est programmé, cette année, au Rock Werchter.

Ce soir, le concert est sold out et c’est Ätna  qui assure le supporting act. Un duo teuton dont le premier elpee, « Mad Bad Desire », est paru en février dernier. Très fusionnel, il réunit le drummer Damian et la pianiste/chanteuse Inèz. Mais ce qui surprend surtout chez Ätna, c’est la voix de la vocaliste. Atmosphérique, surprenante, mystérieuse et envoûtante, elle est capable de monter dans les aigus, sans la moindre difficulté, même si pour y parvenir, un boîtier qu’on pourrait qualifier de magique lui apporte un coup de boost…

Fanfare des tempes modernes Meute n’est pas un orchestre comme les autres. Originaire de Hambourg, cette formation atypique, fondée en 2015 par le trompettiste Thomas Burhorn, a osé le pari fou de reprendre tous les classiques de la techno et de l’électro à sa sauce. De « The Man With The Red Face » (Laurent Garnier) à « You & Me » (Flume) en passant par « Araya » (Fatima Yamaha) ou encore « Miss You » (Trentemøller), leurs reprises sont nombreuses et superbes. Et elles cartonnent sur la toile. Réalisées uniquement à l’aide de percussions et de cuivres sans l’ombre d’un ordinateur, la joyeuse bande de 11 musicos prend un malin plaisir à casser les codes de la musique électronique tout en balayant les clichés sur les instruments organiques. En fait, elle pratique de la guggenmusik, un style rencontré surtout en Suisse, mais également dans les pays limitrophes, lors du carnaval….

Si le line up originel compte 11 musiciens, sur les planches, il passe à douze. Vêtus de leurs rituelles vestes rouges bardées d’une fourragère jaune d’apparat d’officier de cavalerie, ils sont manifestement tirés à quatre épingles. Parmi les instruments, pas de guitare, de basse ou de synthé, mais de nombreux cuivres (trompettes, trombones à coulisse, euphoniums, sousaphones, clarinette ainsi que saxophones basse et baryton) et plus traditionnellement des fifres et des percussions (batteries mobiles, grosses caisses, woodblock), sans oublier le ou les glockenspiels en forme de lyre…

L’estrade est immense et comme d’habitude divisée en 11 compartiments de différentes hauteurs. Le light show est destiné à accentuer l’effet de masse des artistes qui se regroupent par 5 ou 6 pour, suivant les morceaux. Tantôt c’est la trompette, le trombone à coulisse, le bugle ou le fifre qui est mis en exergue, mais il est toujours accompagné d’un ou deux éléments de percussions. Ce qui permet aux autres artistes de souffler et de se préparer pour la tempête suivante. La setlist est judicieusement partagée entre anciens morceaux et la quasi-intégralité de « Tumult ».

Le set d’ouvre par deux titres issus du dernier opus, « Unfolding et « Endling ». Pour le premier, la part belle est laissée aux caisses claires, avec cymbales, et aux joueurs de  glockenspiel, soit le droit et celui en forme de lyre. La combinaison est improbable, mais fonctionne. Le glockenspiel droit emprunte les pistes du synthé, le tuba se mue en basse pulsante et une grosse caisse simule un Roland TR-808. En général, les cuivres ont recours à des sourdines pour reproduire le son d'un filtre passe-haut. Ce n’est pas le cas ici. Le groupe tout entier s'immisce dans une pause, comme si un dj avait ajouté un effet d'écho. Le second morceau est plus calme et s’ouvre par des coups de baguettes sur le bord d’une caisse claire ; le sousaphone et le saxophone basse sont accompagnés d’un léger son de trompette à sourdine. La température grimpe graduellement et atteint rapidement une parfaite communion entre collectif et public. Les spectateurs se mettent à jumper et rapidement, dans la fosse, c’est le souk. Manifestement ce sont les deux trompettistes qui forment l’ossature du projet. Thomas en est l’instigateur, mais c’est Hans qui se charge des arrangements et semble remplir le rôle de chef d’orchestre. La révolution est en marche, le printemps revient également au galop accompagné de son prince carnaval. Meute en est la preuve flagrante mais en mode électro. Sans sabots mais en fanfare. Meute a mis le feu ce soir avec talent, humour, générosité et passion.

Setlist : « Unfolding », « Endling », « The Man With the Red Face (cover Laurent Garnier) », « Push », « Cygnus », « Purple Noise », « Holy Harbour », «What Else Is There », « Araya », « Slip », « Raw », « Rej », « Mental Help ».

Rappel 1 : « Panda », « Acamar »

Rappel 2 : « You & Me (cover Disclosure) ».

(Organisation Live Nation et Ancienne Belgique)

   

Mura Masa

Ce soir, à l’AB, on se serait cru au sein d’un vieux club underground londonien...

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Alex Crossan s’est inspiré d’un maître forgeron de sabres japonais, Sengo Muramasa, pour créer son nom de scène, Mura Masa. Une manière de déplorer que le Brexit a déchiré son pays pour renforcer ses frontières. Une chose est sûre, il ne sabrera pas le champagne pour célébrer cet évènement désastreux pour l’Europe et le Royaume-Uni. Il figure, en tout cas, parmi ceux qui estiment que toute tentative d’isolement est vaine, mais n’hésite pas à exprimer l’insatisfaction de la population de ce millénaire…

C’est cette musique de rébellion, hébergée sur des forums et des plateformes, qui a nourri son appétit au cours de sa jeunesse. Agé aujourd’hui de 23 ans, Il est devenu un producteur très prisé depuis qu’il a percé grâce au tube « Love$ick », enregistré en compagnie d’A$AP Rocky. En outre, il a levé bien des barrages pour que son electronic dance music (EDM) entre en symbiose avec la ‘Youth culture’ ; depuis la pop sophistiquée de Charli XCX à BTS, stars de la K-pop. Pour enregistrer son quatrième elpee, « R.Y.C. », il a reçu le concours de toute une volée de rappeurs et de chanteuses ; et pourtant, cet opus évoque surtout les hymnes à guitares qui ont bercé son adolescence à Guernesey

Il a baptisé sa nouvelle tournée, ‘Raw Youth Collage tour ‘, un périple qui transitait, ce 28 février, par l’Ancienne Belgique de Bruxelles. Initialement prévu au Lotto Arena d’Anvers, ce concert a été transféré à l’Ancienne Belgique. Et il est sold out.

Le supporting act est assuré par la très jolie Martha Da’Ro que l’on avait déjà pu croiser au concert de Mahalia au Botanique. Mieux connue dans l’univers du cinéma, elle a débarqué, un peu par hasard, dans la musique. La jeune Belge aux racines angolaises vient de graver « Cheap Wine & Paris », un Ep 5 titres qui affole la toile.

Tout de noir vêtue, Martha monte sur l’estrade flanquée d’une Djette, comme au Botanique. Si sa musique oscille entre hip hop et soul, tour à tour chaude, enfantine comme celle de Yolandi Visser du band sud-africain Die Antwoord, ou sableuse mais bien maîtrisée, sa voix est plutôt singulière. De son set, on épinglera « Ayuwe » et surtout en final, l’excellent « Fool ». Dommage ces bavardages dans la fosse qui parasitent souvent la prestation des premières parties…

Setlist : « Summer Blues », « Trippin », « Sugarman », « Ayuwe », « STFU », « Fool ».  

Le décor est cosy et recrée un petit salon sur des toiles tendues. De chaque côté du podium, sont plantés un fauteuil en cuir et un lampadaire vintage, de couleur blanche. La même teinte immaculée que le costard de Mura Masa qui entre alors en scène. Il est soutenu par un bassiste, une guitariste et un drummer, installé en arrière-plan, ainsi que deux chanteuses, plutôt sexy, qui se relaient suivant les morceaux.

« Raw youth collage », titre maître du nouvel LP, ouvre le set. Les interventions à la guitare sont frémissantes. La voix de Mura Musa semble décalée, mais elle assure. Tout au long de « I Don't Think I Can Do This Again », trois faisceaux blancs se focalisent sur chaque gratteur. Alex se révèle un brillant multi-instrumentiste, que ce soit aux claviers, aux percus ou à la six cordes. Noyé sous les feux des projecteurs, il s’accroupit, comme s’il était autour d’un feu de camp scout. La setlist reprend la quasi-totalité des titres du dernier long playing, mais également l’une ou l’autre compo plus ancienne, comme « Nuggets » et « 1 Night ». Des tubes qui mettent le feu aux premiers rangs, constitués essentiellement d’ados boutonneuses, même si les versions proposées sont moins dansantes. Mais ce sont « No Hope Generation » et ses accords de gratte punkysants, « Lotus eater », ainsi que la cover de Foals, « Night swimmer », qui vont constituer les points d’orgue du show. Non seulement Flisss, la vocaliste, a le bon goût d’interactiver auprès de la foule, et notamment tout au long de « Deal Wiv It », mais elle affiche ses étonnantes capacités vocales sur « Teenage Headache Dreams ». Trois titres en rappel, dont l’inévitable « Love$ick ». Finalement, ce soir, l’AB ressemblait plutôt à un vieux club underground londonien…

Setlist : « Raw Youth Collage », « I Don't Think I Can Do This Again », « Nuggets », «1 Night », « Complicated », «No Hope Generation », « Vicarious Living Anthem », «  Doorman (cover Slowthai) », «Deal Wiv It », «In My Mind », « Lotus Eater », «Hell », « Night Swimmers » (cover Foals), « Today », « Live Like We're Dancing », « What If I Go? », « Teenage Headache Dreams ».

Rappel : « Blu », « Love$ick », « Firefly ».

(Organisation : Live Nation et l’Ancienne Belgique)

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