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Liam Gallagher

Liam le conquérant…

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La commune de Forest a donc décidé d’instaurer une zone de parking payant, 1 km autour de la salle, au tarif de 5€ l’heure. Prohibitif ! Conclusion, votre serviteur a décidé de garer sa voiture à Uccle et d’emprunter le tram. Temps de parcours : 5 minutes ! Liam Gallagher se produit donc à Forest National. Il y a deux jours, il avait déclaré forfait à Hambourg, suite à des problèmes de voix. Mais hier, à Amsterdam, il a accordé un concert d’anthologie au Ziggo Dome. Toutes les conditions sont donc réunies pour que le bad boy remette le couvert, ce samedi 8 février…

Twisted Wheel assure la première partie. Il a été formé en février 2007 par deux ex-The Childrens, le chanteur/guitariste Johnny Brown et le bassiste Rick Lees. Ils ont ensuite été rejoints par le batteur Adam Clarke. Le groupe a emprunté, pour patronyme, le nom du club légendaire qui, de 1963 à 1972, a été l'épicentre de la scène mod mancunienne avant de devenir le lieu de naissance de la scène Northern Soul. Paul Weller et Liam Gallagher en sont devenus fans, raison pour laquelle ce dernier l’a choisi pour assurer le supporting act de sa tournée.

Votre serviteur débarque au beau milieu du set. Sur les planches, le trio est soutenu par un deuxième gratteur. Inspirée par Oasis, la musique trempe dans la britpop, mais en y injectant le punch de Franz Ferdinand. Le set recèle de bonnes compos, parfois chantées par le public, mais le groupe manque, malgré 13 années d’existence, encore d’identité. Une dernière condition, sans doute, pour pouvoir bientôt prétendre à un statut de stadium band… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Nomad Hat », « She's a Weapon », « Black and Blue », « DNA », « You Stole the Sun », « We Are Us ».

La dernière fois que Liam Gallagher s’est produit en Belgique, c’était à l’AB, dans une salle archicomble. Et ce soir, FN l’est également. 

Barbu, vêtu d’un imper de couleur jaune, Liam et sa troupe grimpent sur l’estrade à 21 heures. Il est soutenu par 9 musicos ; en l’occurrence un trio de jolies choristes, 3 guitaristes dont Bonehead, un drummer, un bassiste et un claviériste (synthés, hammond et orgue). Il ne manquait d’ailleurs plus que les cuivres pour donner une coloration néo-orléanaise à l’équipe.

Grâce à un gigantesque mur de leds derrière lui, Liam affiche immédiatement son rôle : celui d’une véritable ‘Rock‘ N ’Roll Star’. Il est, en outre, indiqué derrière le piano, planté sur une estrade, à gauche du drummer, ‘Rock’n’roll’. C’est d’ailleurs par la piste d’ouverture de « Definitely Maybe » qu’il ouvre le set. Après cette reprise d’Oasis, la formation enchaîne 5 plages issues de son dernier elpee solo, « Why Me ? Why Not », dont "Shockwave" et "Once", repris en chœur par la foule. Hymnique, ce dernier aurait d’ailleurs pu figurer au répertoire du défunt combo. Liam se sert régulièrement de cymbalettes ou de maracas. Un grand écran projette des images des musiciens ou de l’auditoire ; mais c’est "Morning Glory" qui va enflammer la foule. En outre, malgré le contrôle strict de la pyrotechnique, un feu de Bengale éclate. On imagine alors facilement assister à un match de foot à Manchester, alors que les chants des supporters montent dans les tribunes et que et la bière coule à flots dans les gosiers, quand elle n’est pas projetée dans les airs…

Les meilleurs titres d’Oasis ont été retenus. Bonne idée d’avoir laissé de côté les morceaux les plus ringards et d’avoir osé en sélectionner des moins notoires. A l’instar de « Columbia ».

Son fils a été invité à jouer du tambour sur "The River". Bonhead s’est particulièrement illustré, par son jeu raffiné et tendu sur les cordes, tout au long de « Supersonic ».

‘Y a-t-il des Britanniques ici ?’ balance Liam. Mais les applaudissements ont été plus nourris lorsqu'il a demandé s'il y avait des Belges. ‘Je suppose que nous sommes toujours en Europe alors’, s’est-il alors empressé d’ajouter. Une remarque à l’égard du brexit ? « Acquiesce » s’est transformé en exercice de karaoké. Liam ne peut clairement pas gérer les notes élevées de Noel, aussi le public l’a suppléé. Mais à une seule reprise, Liam évitant soigneusement de s’y frotter aventureusement. Bien sûr, il n’a pas manqué de ressortir sa critique à l’égard de son frère et de Bono : des branleurs ‘Fokkin’. Typiquement Liam ! C’est peut-être aussi la raison pour laquelle il est si apprécié (?!?!)…

On imaginait que le show allait s’achever en douceur, suite à la version dépouillée de « Champagne Supernova », lors du rappel. Mais il s’est conclu en apothéose par un « Cigarettes et alcool » rugissant et explosif, titre au cours duquel on a de nouveau eu droit à un solo de gratte éclatant de Bonehead. Chapeau au groupe pour la précision et sa fluidité de ses interventions. Il fallait le souligner ! Puis Liam a vidé les lieux en remettant sa capuche sur la tête.

De toute évidence, les propres chansons de Liam s'intègrent parfaitement au répertoire d’Oasis, même si ce sont ces dernières qui ont mis le feu à la salle. Ce qui explique, sans doute pourquoi, il gagne certainement en popularité par rapport à son frère.

Une réunion est-elle envisageable ? Tous les aficionados l’espèrent. En attendant, Liam Gallagher se produira dans le cadre de l’édition 2020 du festival Rock Werchter (voir notre section photos )

Setlist : « Rock ‘n Roll Star » (Oasis), « Halo », « Shockwave », « Wall of Glass », « ComeBack To Me », « For What It’s Worth », « Morning Glory (Oasis), « Columbia (Oasis) », « Stand By Me » (Oasis), « Once », «  Why Me? Why Not », « The River», « Gas Panic! » (Oasis), « Live Forever » (Oasis), « Acquiesce » (Oasis), « Roll with It » (Oasis), « Supersonic » (Oasis), « Champagne Supernova » (Oasis), « Cigarettes & Alcohol » (Oasis)

(Organisation : Live Nation)

The Inspector Cluzo

Un festin gascon

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Ce n’est pas la première fois que The Inspector Cluzo se produit en Belgique. Mais, ce mardi 4 février, c’est dans le cadre d’une tournée unplugged. La première en douze années de carrière ! Et justement, la paire est venue défendre son septième elpee, « Brothers In Ideals - We The People Of The Soil - Unplugged », un LP enregistré sous la houlette de Vance Powell (Stapleton, Raconteurs), à Nashville, en mai 2019. En fait, il s’agit d’une version acoustique de son précédent opus, « We The People Of The Soil ».  

Ce soir, Malcom (Laurent) Lacrouts et Phil Jourdain sont soutenus par trois musiciens issus de Nashville. Au piano, violon et violoncelle. Soit le claviériste Charles Treadway, et deux jolies dames, la violoniste Eleonore Denig et la violoncelliste Austin Hoke (NDR : comme on colle aux affiches !). La beauté au service de la musique et de ses cordes envoûtantes…

The Inspector Cluzo compte plus d’une centaine de concerts à son actif et a l’art de faire bouger les foules… Bien sûr, vu les circonstances, le concert sera moins nerveux que d’habitude et ne sera pas ponctué par un lancer de cymbales. Il sera donc plus paisible…

« A Man Outstanding In His Field » ouvre le bal. Charles se charge du préambule aux ivoires, dans un style bien jazzyfiant. Puis nos deux gentlemen farmers grimpent sur le podium. Suivant un même rituel, ils se tournent de gauche à droite en levant les mains, pour exécuter leur salut gascon. Michel Laborde a même droit à sa chanson. Aussi à l’aise sur le tracteur Massey Ferguson de 1963, bottes aux pieds, que le long de la Route 66 dans une grosse limousine américaine, santiags aux pieds, ils sont prêts à en découdre avec le blues et l’americana à la mode Johnny Cash, tout en se prêtant au jeu du funk. Lacrouts a une voix de tueur tout au long de "The Sand Preacher," un morceau dont le côté glacial et étrange est accentué par les interventions du violon et surtout du violoncelle, tout particulièrement lors de l’intro. Plutôt graveleuse, la voix de Lacrouts, proche de celle du mythique songwriter, élime plusieurs morceaux. Le light show est limité à de simples ampoules économiques. Jimi Hendrix signalait : ‘Le blues, si facile à jouer, si difficile à ressentir…’ Sorciers d’un blues déchiqueté, The Inspector Cluzo déclenche l’orage sur leur Far West à eux : le Sud-Ouest, les Landes, la ferme Lou Casse où, quand les hommes partent sur les routes, c’est pour attendre patiemment boucs, canards, oies et jars féroces. Mais l’appel des States et du large est plus important aujourd’hui. D’ailleurs, "Globalisation Blues" évoque un vieil enregistrement réalisé dans un bar au fin fond des States. En outre, on aura ainsi droit à quelques réminiscences empruntées à la musique des westerns spaghettis de Sergio Leone, un peu dans l’esprit de la Talisco. Sans oublier l’excellente cover du « Hey Hey My My » de Neil Young. A vous flanquer des frissons partout ! Pas d’excitation dans la fosse, le peuple est attentif. Cet exercice de style a quelque chose d’émouvant. La foule en réclame encore, et le rappel sera long. Très long même, débordant largement sur l’horaire prévu. Mais pour le plus grand bonheur de l’auditoire qui s’en est retourné rassasié, après un tel festin gascon….

Setlist : « A Man Outstanding In His Field », « The Sand Preacher », « Cultural Misunderstanding », « Ideologies », « The Run », « Lost In Traditions », « Fishermen », « Globalisation Blues », « The Best,We The People Of The Soil », « Hey Hey My My » (cover Neil Young), « Brothers In Ideals », « No Deal At The Crossroads », « Little Girls ».

(Organisation : Botanique)

Nick Cave

Conversations with Nick Cave : une soirée surréaliste et émouvante…

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Trois mois avant son passage prévu (et déjà complet) au Sportpaleis, en compagnie de ses Bad Seeds, Nick Cave nous gratifiait d’un double spectacle plus intimiste, baptisé ‘Conversations with Nick Cave’, au Bozar. Un concept que l’Australien avait déjà présenté chez nous, à de Roma, fin mai 2019. Une prestation alternant récital et jeu de questions et réponses (parfois farfelues), clôturée par une séance de dédicaces. Le tout pendant 3 bonnes heures. Compte-rendu d’une soirée émouvante et parfois surréaliste.

Il s’agissait d’arriver bien avant l’heure afin de frayer un passage à travers les couloirs du Bozar, ce vendredi soir. Et aussi se laisser guider, à plusieurs reprises, par des hôtesses pour trouver son siège. En effet, une bonne dizaine d’entrées (non fléchées) s’ouvrent sur cette salle Henry Le Boeuf. Un auditoire d’une capacité de 2 000 places (toutes assises), réparties entre plusieurs balcons, deux parterres (légèrement superposés) et une grande scène sur laquelle des tables étaient dressées afin d’accueillir une petite centaine de privilégiés.

Après une intro préenregistrée, Nick Cave opère une entrée sobre sur les planches et s’installe derrière son piano pour interpréter une version originale de « Papa Won't Leave You, Henry », bien que moins enragée que de coutume.

Tel un maître de cérémonie l’artiste va ensuite expliquer les règles de la représentation. Il nous précise qu’il s’agit de la toute dernière de cette thématique consacrée à ‘Conversations’. Lancées après un événement tragique (NDR : la disparition de son fils de 15 ans), ces soirées lui ont servi de thérapie. Et une occasion pour les fans de témoigner leur affection après l’ouverture du blog The red hand files.

Ce soir, les questions des spectateurs sont relayées via une dizaine de stewards répartis dans la salle, et équipés de bâtons lumineux. Steward que pointe ensuite Nick Cave lorsqu’il veut choisir un spectateur (et une question).

Il garde une certaine distance avec les groupies, en précisant qu’il refusera les demandes de photos ou les envahissements de podium, mais réservera du temps, en fin de parcours, pour accorder des autographes.

Une demande bafouée dès la première question, par un spectateur qui lui demande directement de le rejoindre sur l’estrade. La réponse est sans équivoque : ‘No’. Ou encore une autre sollicitation d’une dame qui lui propose de l’accompagner au piano. Proposition qu’il décline également. Un peu plus tard, une autre spectatrice insiste pour lui offrir des fleurs. Il accepte cette fois-ci, mais décline la bise associée. Un peu plus tard encore un autre audacieux retente sa chance en demandant un autographe. Nick accepte mais précise que ce sera ‘the last one’.

Après les plus lourdingues, place ensuite aux questions plus profondes, comme cette d’un fan qui précise écouter sa musique dans ses périodes de spleen, et demande si c’est aussi une façon pour l’auteur d’atténuer sa tristesse ? ‘Ma musique m'amène à un point plus haut. Je laisse souvent place à mes sentiments. Et je travaille beaucoup, chaque matin en essayant de les ressentir au mieux’ répond-t-il dans les grandes lignes. Un interlude (im)prévu se déroule ensuite (NDR : il a été préalablement approuvé par Cave). En l’occurrence une demande en mariage sur l’estrade. Nick précise que le futur marié doit ramener sa promise dans ses bras. Lequel, n’aura pas froid aux yeux, et s’exécutera sous une salve d’applaudissements.

Et on n’a guère le temps de s’ennuyer car les compos s’enchaînent également, dont le toujours émouvant « Into my arms » et le plutôt rare « Where's the Playground Susie ? ».

Une spectatrice surprend ensuite l’auditoire (qui ne sait trop comment réagir) en prétendant avoir vu Jésus et s'être sentie dans une autre dimension. Elle demande si Nick a déjà entendu ce genre de témoignage. Au début, l’Australien tourne la situation en dérision et le public s’en amuse. Mais elle garde son sérieux et prétend l’avoir réellement aperçu, jetant un peu un froid dans l’auditoire. Nick retrouve alors son flegme, en citant l’importance des convictions. La foule applaudit alors poliment.

Autre moment particulier, ce témoignage d’une veuve qui a accompagné son mari jusqu’à la mort (avec comme chanson culte « The ship song »). Suite à quoi le chanteur montre beaucoup de compassion en parlant de l'absence d’un être aimé. Et enchaîne directement et judicieusement par cette compo, soutenu par le public sous le coup de l’émotion.

D’autres questions plus classiques s’invitent au cours de la soirée comme celles relatives à ses inspirations pour les compositions de son dernier elpee. Suite logique, il attaque ensuite « Waiting for you », interprété comme lors d’une cérémonie religieuse.

Une personne handicapée dans la foule, s'exprimant difficilement, l’interpelle ensuite. Elle lui signale être née le même jour que lui, et lui propose, de manière touchante, de prendre un verre après le concert. Un autre moment chargé d’émotion vu la spontanéité manifestée par les deux interlocuteurs.  

Durant la soirée, outre la déprime et la mort, il aura aussi été beaucoup question de mariages, et de chansons qui s’y rapportent. Et dans ce contexte, « Are you the one I've been waiting for ? » est logiquement exécuté.

Notre homme rend aussi hommage au peintre grec Stefanos Rokos qui a réalisé, il y a 17 ans, pas moins de 14 peintures associées à l’album « No more shall we part ». A propos, une exposition est toujours ouverte à Anvers (Bernaerts Gallery) jusqu’au 9 février. Signalant au passage que ces compositions peuvent grandir auprès de chaque mélomane qui la comprend à sa façon.

Le timing semble ensuite dicté par un manager (aussi garde du corps par moment) en sentinelle sur le côté de la scène. Celui-ci n’hésite pas à signaler au leader de se lancer dans ses chansons ou de débuter l’encore. (NDR : dommage, car sans ces contraintes, Nick aurait encore laissé davantage libre cours à ces échanges).

Le rappel va cependant réserver de belles improvisations, et quelques inédits comme « Palaces of Montezuma » (Grinderman) ou encore « Shivers » (NDR : de ses jeunes années passées au sein de Boys Next Door).

Vu la durée du spectacle (plus ou moins 3 heures quand même), on peut affirmer que les spectateurs en ont eu pour leur argent (NDR : même si le prix des entrées était plutôt exorbitant). Et à ce titre, rappelons quand même l’intervention, sans langue de bois, de Cave, en début de set. Il était scandalisé en apprenant que des personnes situées au niveau de la scène avaient dû payer un supplément. Et que d’autres qui devaient s’installer à cet endroit s’étaient vues relégués sur des sièges en parterre au dernier moment. Promettant au passage de discuter avec le promoteur d’un éventuel remboursement.

Enfin pour être complet, saluons aussi la patience manifestée par l’artiste lors d’une séance de dédicaces depuis le podium qui s’est prolongée pendant un bon quart d’heure après la fin du show…

Setlist : « Papa Won't Leave You, Henry », « God Is in the House », « The Mercy Seat », « Avalanche », « Into My Arms », « Where's the Playground Susie? », « The Ship Song », « Waiting for You »,« Jubilee Street », « (Are You) The One That I've Been Waiting For? », « Sad Waters », «Love Letter ».

Rappel: « Fifteen Feet of Pure White Snow », « Palaces of Montezuma », « Shivers », « Stranger Than Kindness », « Skeleton Tree ».

(Organisation : Bozar)

Kevin Morby

Aussi à l’aise au sein d’un groupe qu’en solitaire…

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Kevin Morby a marqué l’année 2019 de son empreinte, en gravant un superbe cinquième album intitulé “Oh my God”. Depuis, le Texan d’origine enchaîne les concerts en Europe et aux USA. Ce mardi soir, dans la nouvelle salle cosy du Grand Mix, Morby entame sa nouvelle tournée française. Pour la circonstance, il a laissé son backing group à la maison. Le public français (et belge) a répondu présent, puisque le club est comble.

Pour assurer la première partie, Kevin Morby a embarqué l’une de ses connaissances ; en l’occurrence Justin Sullivan (NDR : ne pas confondre avec le chanteur/guitariste et leader du New Model Army), aka Night Shop. Ce n’est autre que l’ex-drummer de The Babies, la formation au sein de laquelle Morby s’est fait connaître avant d’intégrer Woods. L’ancien batteur s’est donc concerti en songwriter. Justin grimpe sur les planches vers 20h30. Il est seul armé de sa sèche et va nous livrer des ballades bien folk. Ses morceaux baignent ainsi dans un style, il fallait s’en douter, qui rappelle Kevin Morby, mais dont les influences oscillent entre le Velvet Underground et Bob Dylan. Une parfaite entrée en matière pour cette soirée.

Vers 21h, les lumières s’éteignent. Vêtu d’un costume blanc floqué dans le dos du titre de son dernier opus, Kevin Morby monte seul sur l’estrade sous les applaudissements de la foule, et s’installe derrière son clavier. Et entame son set par “Oh My God”. Dès la chanson terminée, il enfourche sa guitare pour interpréter ses derniers tubes, dont “Congratulations”, “Hail Mary”, “Savannah” ou encore “Nothing Sacred/All Things Wild”. L’artiste parvient à contrebalancer le minimalisme instrumental par une imposante présence scénique. En outres ses compos sont d’une efficacité redoutable. Le natif de Lubbock prend manifestement plaisir à jouer de la gratte et sa joie est communicative. Après plus d’une demi-heure de récital, alors que l’atmosphère, au sein du club, est à son point culminant, Justin Sullivan, son ancien compère, le rejoint et s’installe derrière les fûts. Kevin Morby entame alors un survol de sa discographie en réservant notamment à l’auditoire des titres tels que “All of my Life” ou encore le superbe “I Have Been to the Mountain”. Au bout d’une heure de concert, les deux musiciens tirent leur révérence. Mais quelques minutes plus tard, ils reviennent sur le podium, pour accorder, en guise de rappel, “Harlem River”.

En un peu plus d’une heure, Kevin Morby a démontré qu’il était aussi à l’aise au sein d’un groupe qu’en solitaire. En outre, la richesse de son répertoire et ses qualités de musicien prouve qu’il figure parmi les meilleurs songwriters de sa génération…

(Organisation : Le Grand Mix)

Beak>

Un excellent concert… mais on n’a rien vu…

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Dans le cadre du vingtième anniversaire de l’Aéronef, les organisateurs ont eu l’excellente idée de programmer Beak> pour la modique somme de trois euros. A ce prix-là, pas étonnant que les places se soient écoulées rapidement. Ainsi, ce mercredi soir, le trio de Bristol investissait la salle lilloise (seule la moitié de la salle était accessible) alors qu’il n’a rien sorti depuis son excellent album simplement intitulé “>>>”, en 2018…

C’est TAU qui se charge d’ouvrir les hostilités. L’Irlando-allemand Sean Mulrooney est le leader de cette formation qui implique quatre autres musiciens et propose une forme de folk-rock psychédélique qu’elle enrichit de chants chamaniques, de percussions tribales, tout en laissant transparaitre des influences irlandaises… Le cocktail est surprenant et a le mérite d’attirer l’attention du public. Le groupe quitte la scène après une petite heure de set…

Il est 21h20 lorsque les lumières s’éteignent. La salle est comble. Geoff Barrow (ex-Portishead) est installé derrière ses fûts sur la gauche de la scène. Au centre, assis sur un siège, Billy Fuller se charge de la basse, alors que Matt William se plante à droite, derrière son synthé. Vu la hauteur insuffisante du podium, les opportunités de pouvoir apercevoir les musiciens sont plutôt minces. A moins d’avoir la taille d’un basketteur… Il faudra donc se contenter des quelques lumières ajustées sur les amplis et de la musique. Heureusement, en la matière, les trois Anglais excellent. Leur son est parfait et reconnaissable entre mille. Le band parvient à mêler subtilement électro et krautrock. Bien que n’ayant pas accès au spectacle visuel, le public semble transporté et nombreux sont les fans à se dandiner. A l’aide de riffs de basse tantôt hypnotiques, tantôt incisifs, une batterie précise et des claviers alternant les ambiances atmosphériques et les rythmes de club, Beak> parvient à subjuguer le public. Il enchaîne des titres d’une efficacité redoutable tels que « Wulstan II », « Brean Down » ou encore « Allé Sauvage ». Les Anglais se montrent même affables avec l’auditoire, en souhaitant, par exemple, un joyeux anniversaire à l’Aéronef ou en regrettant le Brexit à venir. Seule ombre au tableau, une petite altercation entre les musicos et un spectateur apparemment trop bavard lors de l’introduction de « When we fall II ».

Si la scène avait été réhaussée de quelques dizaines de centimètres, on aurait pu décréter une soirée parfaite. Néanmoins, il faut avouer que musicalement, Beak> évolue dans les hautes sphères du rock britannique…

(Organisation : Aéronef)

Ottla

Du jazz pour grand public…

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Issu du Nord de la Belgique Bert Dockx est un musicien hyperactif. Depuis de nombreuses années, il s’illustre à travers d’innombrables concerts et en soignant sa discographie. Dans un style qui oscille entre noise, jazz, blues, rock et folk. Que ce soit au sein de Flying Horseman ou de Dans Dans, le natif d’Anvers n’a jamais déçu. On avait dès lors hâte de découvrir son projet baptisé Ottla, un projet que l’artiste avait monté lorsqu’il était encore étudiant au conservatoire de Bruxelles. Une formation qu’il a ressuscitée pour le bonheur des aficionados. Si l’Anversois jouit d’une certaine notoriété sur la scène jazz/rock, il faut bien constater que ce mercredi soir, la Rotonde n’accueille qu’un public plutôt clairsemé.

Il est près de 21h15 lorsque les membres de Ottla grimpent sur les planches. Soit deux saxophonistes, un contrebassiste et deux drummers, outre Bert à la guitare. Et bien évidemment, c’est lui qui mène la barque. D’emblée, on se rend compte que les différents musicos possèdent de remarquables qualités techniques. D’ailleurs, jamais à l’abri d’improvisations opérées par le chef d’orchestre, ils suivent les échanges impeccablement. Les morceaux défilent et passent rarement sous les dix minutes. La contrebasse imprime un motif hypnotique sur lequel les saxophones et la guitare viennent se greffer pour lui donner du relief, tout en s’autorisant quelques coups de griffe. Les musiciens alternent moments paisibles et passages sublimes, tout en puissance. Ce qui ne les empêche pas, comme tout jazz band qui se respecte, de se réserver des intermèdes expérimentaux, laissant parfois l’auditoire totalement médusé. En une bonne heure, non seulement ils ont démontré la parfaite maîtrise de leurs instruments, développé de superbes riffs, prouvé que le jazz peut se révéler abordable et qu’il n’est pas uniquement réservé à une ‘élite’...

Si vous avez manqué ce concert, rassurez-vous, Bert Dockx sera de retour au Botanique au sein de son Flying Horseman, le 2 mai dans le cadre des Nuits Botanique.

(Organisation : Botanique)

The Colorist Orchestra

Une collaboration aventureuse qui ne manque pas de couleur…

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The Colorist Orchestra feat. Gabriel Rios

The Colorist Orchestra est un collectif dont la mission principale consiste à adapter le répertoire d'un artiste bien spécifique. A l’instar d’un coloriste pour un film ou une bande dessinée. Ce qui crée de nouveaux arrangements aux compositions existantes, dont le remix acoustique ou le karaoké inversé. Au cours des dernières années, la Brésilienne Cibelle, la Suédo-japonaise Sumie Nagano, l’Islandaise Emiliana Torrini (CCHA, 2015), l'Irlandaise Lisa Hannigan ou encore l'Américain Howe Gelb, lors de concerts inspirants et étonnants accordés sur de nombreuses scènes belges et internationales, ont participé à ces expérimentations. De projets initiés par les percussionnistes Kobe Proesmans et Aarich Jespers (NDR : les 2 chevilles ouvrières de Zita Swoon) mêlant des artistes pour lesquels ils ressentent une grande affinité. En concertation avec l'invité (NDR : ce soir, il s’agira de Gabriel Rios), ils se servent d'une gamme atypique d'instruments pour apporter de nouvelles nuances sonores aux compos… Il s’agit du deuxième concert réunissant le groupe et Rios ; le premier ayant été accordé à Malines…   

Keto assure le supporting act. De son véritable nom Leah Sanderson, cette jeune Britannique est responsable d’une musique folk plutôt classique, qu’elle interprète en s’accompagnant à la gratte électrique ou semi-acoustique, jouée en picking. Atmosphérique, sa voix constitue un tremplin pour l’élévation de l’âme, un peu dans l’esprit de Low, Aldous Harding, Julia Jacklin ou Simone Felice. Et empreint de mélancolie, son univers sonore est de toute beauté. Bref, si le set de Keto –d’une durée de 30 minutes– n’était pas de nature à dynamiter la soirée, il était propice aux rêves les plus étoilés… 

Place ensuite à The Colorist Orchestra et son projet le plus récent, opéré en compagnie du très distingué Gabriel Rios. Son pouvoir narratif comme auteur-compositeur et sa recherche constante de défis musicaux l’entraîne régulièrement entre Porto Rico, Gand, New York et Amsterdam, et finalement constitue le point de départ de cette collaboration aventureuse. Talentueux, Rios se sent aussi à l'aise dans l'électro/pop que dans les chansons dépouillées, sobrement accompagnées au piano, à la guitare, au violoncelle et/ou à la contrebasse.

Outre les multi-instrumentistes Kobe Proesmans et Aarich Jespers, qui se servent de percussions insolites, le line up implique Wim De Busser (piano, synthé, Hammond), Tim Vandenbergh (guitare, contrebasse), la leader d’Amatorski, Inne Eysermans (synthés, machines et programmations), ainsi que Jeroen Baert et Karel Coninx (violons). Gabriel, Aarich et Be Busser se plantent en ligne, devant les autres musicos. Le light show dirige ses faisceaux depuis le fond de la scène, communiquant un climat mystérieux, voire mystique, au spectacle. Bien équilibrée, la setlist mêle judicieusement ancien et nouveau répertoire.

L’adaptation de « Gold » est une véritable perle. Mais une perle à vous glacer le sang, voire à vous flanquer des frissons partout. La concentration est maximale au sein de la foule et le public féminin est prêt à craquer. Dans la fosse, on entendrait même une mouche voler. Quand Rios se limite au chant, sa gestuelle à la Joe Cocker impressionne. Et ses déhanchements autour du pied de micro sont proches de l’envoûtement. Il s’absente pendant de « Swing Low » et « Dreamlands », deux morceaux qui pourraient servir de B.O. à un film. Plus ancienne compo, « Angelhead » est probablement la version la plus proche de l’originale. Percus, clochettes et basse ronflante alimentent régulièrement l’expression sonore. Mais on sent bien que Proesmans et Rios jouent régulièrement ensemble. Caractérisé par son groove infectieux, le particulièrement ludique « Skip The Intro » déride l’auditoire. Rios brille tant au chant (NDR : il possède vraiment une voix unique) qu’à la gratte semi-acoustique. Et en rappel, Rios interprète deux titres en espagnol. Un idiome qui colle parfaitement à ses compos. On aimerait d’ailleurs que le Portoricain chante plus souvent dans sa langue natale… Le meilleur concert auquel votre serviteur ait assisté depuis le début de cette année…  

Setlist : « Madstone », « King », « Burning Son », « Apprentice, « Good World », « Angelhead », « Gold », « Skip the Intro », « Let the Gods Grow Jealous », « Straight Song », « Impediment », « Swing Low ».

Rappel : « Dreamlands », « Ausencia », « El Raton ». 

(Organisation : Ancienne Belgique)

While She Sleeps

Une véritable machine de guerre…

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Triple affiche, ce soir, puisque vont se succéder Vein, Everytime I Die et en tête d’affiche, While She Sleeps. Fondé en 2006, W.S.S est issu de Sheffield, en Angleterre. A l’origine, il réunissait 5 potes d’école, mais le chanteur, Jordan Widdowson, a été remplacé par Lawrence ‘Loz’ Taylor, en 2009. A son actif, quatre elpees, dont le dernier « So what », est paru en mars 2019, un album jugé par la critique, comme celui de la maturité. A l’instar de Bring me The Horizon, il est considéré comme un des acteurs majeurs du metalcore. Et la soirée est sold out…

Issu de Boston, Vein est chargé d’ouvrir les hostilités. Il est 19 heures, et il se produit face à un parterre plus que clairsemé. Le quintet réunit le chanteur Anthony DiDio, le drummer Matt Wood, le bassiste Lhaubouet ainsi que les guitaristes Jeremy Martin et Josh Butts. Il est venu défendre son dernier opus, « Errorzone », paru en 2018. Son style ? Un cocktail entre punk, metalcore, hardcore, qu’il a baptisé mathcore. « Ideation : Self-Destruct » ouvre le set, une compo au cours de laquelle les riffs des six cordes entretiennent un climat angoissant. Hurlé, le chant n’est guère mélodique. Bien que les gratteurs et le vocaliste déménagent sur les planches, la qualité médiocre du son n’est pas de nature à dynamiter le show… et surtout pousse votre serviteur à prendre l’air… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Ideation : Self-Destruct », « Demise Automation », « Rebirth Protocol », « Heretic », « Progenitor ».

Every Time I Die embraie, Un combo fondé à Buffalo, dans l’Etat de New York, en 1998, par les frères Keith (chant) et Jordan Buckley (guitare). Depuis sa création, le line up a vécu de nombreux changements. Si la fratrie est toujours bien au poste, ainsi que le second gratteur Andrew Williams, il implique aujourd’hui le bassiste Stephen Micciche et le drummer Daniel Davison. Son dernier et huitième long playing, « Low Teens », remonte quand même à 2016. La formation va nous livrer un concert d’honnête facture sans plus. Pourtant, les musicos font le max pour faire la différence. De timides ‘circle pits’ se forment d’ailleurs dans la fosse, mais faute de light show, le set ne décollera jamais… (voir notre section photos )

Le grand rideau qui masque l’estrade s’ouvre sur While She Sleeps. « Anti-Social » entame le bal ; et dès le départ, on se rend compte qu’Adam Sauvage sert de carburant à une véritable machine de guerre. Que ce soit derrière ses fûts, aux claviers ou au MPD. Et son drumming libère une puissance phénoménale. Taylor a coupé ses cheveux et sa barbe, mais quand il pousse sa voix dans ses derniers retranchements, elle passe bien la rampe. Bref, il s’est manifestement bonifié dans l’exercice vocal. Constamment en contact avec son auditoire, il se vide littéralement les tripes, lorsqu’il ne se laisse pas porter par la foule. L’ambiance est électrique. Moshpits, wall of deaths, circle pits et crowdsurfing éclatent dans la fosse et ne cesseront qu’au bout du show. Les sonorités de grattes sont torturées, huileuses. La section rythmique est parfaitement soudée. Les interventions à la basse d’Aaran McKenzie sont vrombissantes ou dispensées en slap. Les riffs de 6 cordes se révèlent souvent écrasants et hypnotiques, mais toujours bien en phase avec les backing vocaux. Et les jeux de lumières impressionnants, quoique aveuglants, sont dignes de ceux proposés par Bring Me The Horizon. Moment intimiste quand même, le classique "Four Walls", au cours duquel la foule reprend le refrain en chœur. Bref, Les gourous du metalcore ont encore frappé… (voir notre section photos ici)

Setlist : « Anti-Social », « I'Ve Seen It All », « Inspire », « Civil Isolation », « Tropkies Of Violence », « Brainwashed », « Set You Free », « Fakers Plague », « Empire Of Silence », « Death Toll », « Four Walls », « The Guilty Party », « Hurricane ».

« Haunt Me », « Silence Speaks », « You Are We »

(Organisation : Ancienne Belgique)

Videoclub

Débordant de passion, comme au plus bel âge…

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Videoclub est un duo electro/pop français. Originaire de Nantes, il réunit Adèle Castillon et de Matthieu Reynaud. Actrice, lycéenne et Youtubeuse (plus de 600 000 abonnés et 18 millions de vue pour ces clips), Adèle est née en 2001. Digne représentante de la génération Z, parfaitement à l’aise dans son époque, elle dévoile ses questionnements et ses conseils avec autant d’ironie que de spontanéité. En 2017, La jeune vidéaste joue dans le film « Sous le même toit », aux côtés de Louise Bourgoin et de Gilles Lellouche. Matthieu Reynaud compose et réalise les arrangements des morceaux. Leur histoire est toute simple : ils se sont rencontrés grâce à un ami commun à l’école... Ce soir, la paire se produit à l’orangerie du Botanique, et le concert est sold out. Et si le couple n’a pas encore sorti de disque, son succès est phénoménal…

Ana Diaz assure le supporting act. Agée de 27 printemps, elle est chanteuse, auteure, compositrice et interprète. Si ses racines sont hispaniques, elle a grandi à Bruxelles. Ce qui explique pourquoi la fougue qui coule dans ses veines se mêle à un franc-parler. Elle a d’ailleurs déclaré : ‘Tous les genres sont permis’. Elle nous entraîne au cœur d’un univers à la fois introspectif et sociétal tout en restant positive sur des sujets parfois sensibles et tristes. Son premier Ep « REC_FINAL », inspiré par sa vie, ses expériences et celles de son entourage, est paru le 13 septembre 2019 ; des compos signées Iliona Roulin. Il a été enregistré dans le studio L'Oeil Ecoute Laboratoire, à Bruxelles.

Sur les planches, Ana se consacre aux claviers et au chant, des compos qu’elle interprète tour à tour en français ou en anglais, mais aussi en galicien (« Terra De Meigas »). De son dernier Ep, « REC_final », elle nous réserve deux morceaux, « Mon amour » et « Allo ». Mais aussi deux inédits sans titre et à peine aboutis. Une forme de test face à son auditoire. Et le résultat est plutôt réussi. Sa musique est le fruit d’un cocktail entre électro, rap, jazz et nu-soul. Les arrangements sont particulièrement soignés, et dans le style, quelque part, elle me fait penser à Juicy. Noyé sous les accords de claviers, « Lost Friends » navigue quelque part entre r&b et électro…

Setlist : « Lost Friends », « Redlight », « Drunk », « Bonnie », « Terra De Meigas », « Mon Amour », « Desolé », « Allo ».

Avant que Videoclub ne grimpe sur l’estrade, les techniciens détectent un problème au synthé. Le temps de le remplacer, et quelques minutes plus tard le set peut commencer. Dès les premiers accords de « Suricat », Adèle s’agite comme une sauterelle impossible à capturer. Elle signale que public belge est toujours chaud-boulette, mais veut vérifier si cette réputation tient la route. Et cette foule jeune, enthousiaste, majoritairement féminine et boutonneuse va le démontrer en mettant ambiance de feu. Il tente même de reprendre en chœur les refrains. Le duo est à l’aise sur les planches. Les interventions à la gratte de Matthieu sont précises. Le son est nickel ! Plaisant, « What Are You So Afraid Of » trempe dans l’électro/pop. Tout comme la reprise d’« Un autre monde » de Téléphone. Un style qui navigue à la croisée des chemins des univers fréquentés par Cléa Vincent, The Pirouettes ou encore Claire Laffut. « Amour plastique » et « En nuit » constituent les moments forts du concert. Ce couple fusionnel célèbre la jeunesse éternelle et les amours adolescents dans une ambiance rétro. Une chose est sûre, il déborde de passion, comme au plus bel âge. C’est beau la jeunesse ! Si on pouvait y retourner. En tout cas, votre serviteur a adoré la fraîcheur de ce show pétulant, rafraîchissant et chargé d’émotion et. En espérant revoir bientôt Videoclub en concert. Et pourquoi pas dans le cadre des Nuits Botanique ?  

Setlist : « Suricat », « Petit Monde », « Roi », « What Are You So Afraid Of », » En Nuit », Un Autre Monde » (Cover Téléphone), « Shadow », « Amour Plastique », « Euphorie », « Mai ».

(Organisation : Botanique)

Last Train

Aussi efficace qu’à Lille, mais en plus condensé…

Écrit par

Après avoir accordé un remarquable concert à l’Aéronef de Lille, en octobre dernier, Last Train, se produisait à la Rotonde du Botanique, ce jeudi 19 décembre. Votre serviteur n’est pas trop enthousiaste de revoir un même artiste ou groupe dans un laps de temps aussi court ; mais comme il était prévu de rencontrer la formation alsacienne dans le cadre d’une interview, juste avant le show, il semblait logique d’y assister. D’ici une quinzaine de jours, vous pourrez d’ailleurs découvrir cet entretien dans ces colonnes. Mais place au compte-rendu.

Il revient à Elvyn Birds d’assurer le supporting act. Il s’agit du projet solo de Renaud Ledru, le chanteur/compositeur du duo Alaska Gold Rush. Il va nous proposer des chansons poétiques incitant au voyage et à la réflexion, en s’accompagnant à la sèche qu’il joue le plus souvent en picking. Et parfois, il souffle dans un harmo posé sur un rack. En outre, il ne manque pas d’humour, en s’adressant à l’auditoire. Mais le plus étonnant procède de ses inflexions vocales qu’il emprunte régulièrement à Bob Dylan. Il termine son set par un morceau relatant le parcours des réfugiés qui traversent la Méditerranée au péril de leurs vies. Le set tient la route, mais trop confiné à l’univers du folk, il devient progressivement monocorde. Suffirait cependant du soutien d’un violoniste et/ou d’un violoncelliste pour que l’expression sonore prenne une autre dimension. Enfin, ce n’est qu’un avis personnel…

Place ensuite à la tête d’affiche. Le « The lonely shepherd » du célèbre flûtiste roumain Gheorge Zamfir sert d’intro. La scène est plongée dans un décor en noir et blanc. Le quatuor grimpe alors sur l’estrade sous les applaudissements de la foule. C’est sold out, ce soir ! Jean-Noël balance un premier ‘Bonsoir Bruxelles’, avant d’attaquer « All Alone ». Déjà les trois gratteurs déambulent de long en large droite sur le podium, comme ils vont très souvent le faire au cours du show. Ceux-ci incitent la foule à frapper dans les mains, tout au long de « House on the moon ». Plus élaboré, « On our knees » s’ébroue sur un tempo plus lent. Une compo atmosphérique qui subit quelques déflagrations électriques, avant le retour au calme, moment choisi par les trois guitaristes pour faire face au batteur. Puis le drumming devient martial et conduit à l’explosion finale. « One side road » est imprimé sur un tempo bien carré. Les six cordes vibrent comme à l’époque du Creedence Clearwater Revival. Puis Jean-Noël descend dans la fosse, la traverse, monte les marches, va taper dans la main de l’ingénieur du son, derrière sa table de mixage. Et quand il remonte sur le podium, le band est prêt à attaquer « Between wounds ». Lors des refrains, la foule chante. Jean-Noël tourne le micro vers la fosse. Ce qui n’empêche pas la compo de multiplier les déflagrations sonores. Et le groupe de d’embrayer par un instrumental décapant, au cours duquel la foule est à nouveau invitée à frapper dans les mains. De petites mélodies sont échangées entre les deux guitares tout au long de « Disappointed ». Caractérisé par cette ligne de basse bourdonnante, percutante, ce titre est manifestement hanté par Muse. Entre accalmies et explosions sonores, la foule reprend les lyrics de « Fire » en chœur, et Jean-Noël présente encore son micro à l’auditoire. Il empoigne un tambourin avant d’aborder « Leaving you now », le dernier morceau du set, puis quelques secondes plus tard, le jette en coulisses. La fin du show est à nouveau très électrique, presque psychédélique, et lorsque le combo se retire, la foule réserve une belle ovation au band. Elle en veut encore. L’attente est longue. En remontant sur l’estrade, le vocaliste remercie tout son staff, puis décrète que ce sera la dernière chanson du concert. En l’occurrence, « The big picture ». Un spectateur lui répond alors qu’il en veut davantage. Et qu’après ce morceau, il en faudra un deuxième, puis un troisième, et pourquoi pas un quatrième. Et qu’il sait où le groupe a garé son véhicule… Ce qui déclenche l’hilarité dans le public mais aussi chez les musicos. La foule reprend de nouveau les paroles en chœur pendant ce morceau. Enfin, sauf quand les musiciens se déchaînent sur leurs instruments. Jean-Noël jette son pied de micro sur les planches. Le soliste s’autorise un long feedback, alors que Jean-Noël brandit sa guitare d’une seule main bien levée vers le ciel, un peu comme un sportif qui exhibe son trophée. Et avant de prendre congé, comme à l’Aéronef, les musicos de Last Train vont se serrer dans les bras, visiblement heureux d’avoir conquis l’assemblée. Un concert aussi efficace que celui accordé à Lille, mais en plus condensé...

(Voir aussi notre section potos ici)

Setlist :

All Alone, Way Out, House on the Moon, On Our Knees, One Side Road/Between Wounds, Disappointed, Fire, Leaving You Now

Encore:

The Big Picture.

(Organisation : Odessa Maison d'artistes)

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