Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Priests

Une messe pas très catholique…

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Responsable d’un superbe second album, « The seduction of Kansas », paru en avril dernier, Priests se produisait ce lundi 20 mai au Witloof Bar du Botanique. Un site presque désert, puisque seul ce concert y était programmé. Issue de Washington D.C, la formation a été réduite à un trio suite au départ de la bassiste Taylor Mulitz, qui a rejoint Flasher. Et si Janel Leppin a collaboré aux sessions d’enregistrement du dernier elpee, elle ne participe apparemment pas aux tournées. Pratiquant une musique qui oscille entre punk et post punk, le band se signale également par des lyrics engagés, socio-politiques, mais également féministes…

Lorsque le combo grimpe sur l’estrade vers 20h15, il doit y avoir une petite centaine de fidèles dans la chapelle. Pour ce périple, le line up bénéficie du concours de la bassiste Alexandra Tyson. Vêtue de noir, y compris le pantalon en cuir, longue chevelure de jais, elle affiche une attitude particulièrement placide, presque mystique. Daniele Daniele, la drummeuse, s’installe en arrière-plan. Devant son tapis de pédales, lunettes épaisses et classiques sur le nez, GL Jaguar ressemble à Ahmed Laaouej, mais en taille XXL. Quant à la chanteuse Katie Alice Greer, on la verrait bien jouer le rôle de Marilyn Monroe, au cinéma. Très jolie et sexy, elle a enfilé une robe décolletée de teinte jaune canari, courte et moulante, en latex vintage. Ses bas-résilles sont retenus par des porte-jarretelles et elle est chaussée de demi-bottes de cow-boy. Et tout au long du set, aguichante, glamour, elle va se déhancher sensuellement. Lors de la communion, on lui donnerait bien le petit Jésus sans confession et sans se faire prier…

La célébration s’ouvre par « Pink white house » et déjà on est impressionné par la voix de Katie, qui pourtant, et elle le signalera, n’est pas au top car, confesse-t-elle, elle a une grenouille (NDR : de bénitier ?) dans la gorge, suite à des problèmes de santé. Alors imaginez le potentiel si cette voix était immaculée ! D’ailleurs, parfois on pense à Adèle, Patti Smith ou même Siouxsie Sioux. Son amplitude lui permet de chuchoter un instant et libérer toute sa puissance, le suivant. Tout au long de « Good time Charlie », la ligne de basse devient carrément cold, dans l’esprit du Cure. Et pour accentuer ce climat, les interventions de gratte adoptent alors un profil atmosphérique, célébré en son temps par Robert Smith, Dik Evans (Virgin Prunes) et surtout Tristan Garel-Funk (Sad Lovers & Giants) ; une impression qui va se confirmer à plusieurs reprises, lors de cet office. Le groupe reprend le « Mother » de Dantzig ; se réappropriant la chanson pour la transformer en ‘protest song’ en faveur des droits des femmes en matière de procréation. Katie et Daniele troquent leurs places pour le funkysant « I’m clean » et « 68 screen ». De petite taille, le pantalon bouffant, cette dernière possède également une superbe voix, qu’elle n’assurait jusqu’alors que pour les backing vocaux. Et entre les morceaux, elle tente de prêcher quelques mots en français. Sympa ! Mais si Katie est partie s’asseoir sur le siège derrière la batterie, elle n’en joue pas, se contentant de contempler pieusement la boîte à rythmes tout en assurant également la contre-voix. Elle revient alors à l’avant-plan pour « The seduction of Kansas », le titre maître du nouvel opus. Le drumming de Daniele devient carrément frénétique tout au long de l’enlevé « Carol ». Sommet du set, « Nothing feels natural » se révèle plus complexe, même dans les vocaux. Faux départ pour « Texas ». La gratte de GL est désaccordée. Quelques secondes plus tard, tout rentre dans l’ordre, et lors de ce titre, Daniele imprime un tempo new wave à la compo, en frappant sur ses fûts à l’aide de ses maracas. Elle revient prendre le lead vocal sur « No big bang, un titre post punk caractérisé par des vocaux déclamatoires, presque hip hop, alors que les accords de basse tournent en boucle, comme s’ils cherchaient à s’enfoncer religieusement dans votre conscience… Après le sauvage « Control freak », le show s’achève par le superbe single baptisé « Jesus son » ; et c’est sous la bénédiction de l’auditoire que Priests quitte l’autel… Adorable !

Tracklisting

Pink White House
Good Time Charlie
JJ
Mother
Youtube Sartre
I'm Clean
68 Screen
The Seduction of Kansas
Carol
Nothing Feels Natural
Texas
No Big Bang
Control Freak
Jesus Son

Pour lire ou relire la chronique de « The seduction of Kansas », c’est ici

Anne-Marie

A l’aube d’une grande carrière…

Écrit par

Nouvelle princesse de la pop anglaise, Anne-Marie Rose Nicholson (NDR : elle est originaire de l’Essex, en Angleterre) a le vent en poupe. Non seulement ses singles cartonnent (NDR : notamment « 2002 » écrit en compagnie d’Ed Sheeran, « Friends », pour lequel elle a reçu le concours de Marshmello, « Don’t Leave Me Alone », celui de David Guetta, « Let Me Live », de Rudimental et « Rockabye », Clean Bandit), mais elle se produit depuis deux ans dans des salles combles et même dans le cadre de grands festivals. En outre, elle a publié son premier album, l’an dernier, « Speak you mind ».

Le supporting act est assuré par Lennon Stella. Frangines, Lennon & Maisy sont chanteuses, musiciennes et actrices. Ces Canadiennes sont connues pour leurs rôles de Maddie et Daphné Conrad dans la série Nashville, diffusée sur ABC depuis 2012. Ce soir, Lennon se produit donc en solo, uniquement soutenue par un claviériste/guitariste (NDR : il a un bonnet enfoncé sur le crâne). Elle va nous proposer, de larges extraits de son Ep 5 titres « Love Me », paru en novembre de l’an dernier. Mais également son nouveau single « Bitch ». Alors qu’on aurait pu s’attendre à un concert de country, la belle Lennon nous livre une forme d’indie pop teintée d’électro, bien dans l’air du temps. Elle va cependant se consacrer à la gratte semi-acoustique pour une jolie ballade…  

Deux estrades ont été installées sur le podium. L’une est réservée aux deux claviéristes/guitaristes/bassistes, instruments qu’ils jouent, suivant les circonstances, et la seconde au drummer. En l’occurrence, l’ex-Rudimental, Beanie Bhebhe. Les baffles crachent « Bad Girlfriend », un morceau aux chœurs samplés, pendant 5 bonnes minutes. Puis les musicos s’installent. Anne-Marie débarque à son tour. Resplendissante, elle est toute de blanc vêtue, les cheveux blonds tressés vers l’arrière. Son sourire contagieux et ses mimiques pétillantes reflètent une personnalité chaleureuse et empreinte de sensibilité. Elle salue le public avant d’ouvrir le bal. Qui s’ouvre par « Cry ». La foule est participative, surtout le public féminin, particulièrement réceptif au discours de l’artiste. Le début de set baigne dans l’électro, le dubstep et le drum&bass. Beanie parvient à marier technique et sauvagerie dans ses interventions. Anne-Marie installe rapidement un climat intimiste, n’hésitant pas à se mettre son âme à nu à travers les lyrics, en évoquant ses ruptures amoureuses sur « Bad Girlfriend » qu’elle dédie à un ex-petit ami ou quand elle étale ses complexes su son physique, sur le catchy « Perfect » où elle clame assumer enfin ses formes. Elle a le discours facile et son charme naturel ne peut que faire mouche.

Les hits défilent, mais la set list nous réserve, bien sûr, des morceaux issus de son elpee, dont « Trigger », mais également l’explosif « Breathing Fire, un titre datant de décembre 2017. On aura droit aux inévitables illuminations des smartphones. Et après 70 minutes de prestation, la troupe va se retirer. Un show bref, mais solide qui démontre que la petite protégée d’Ed Sheeran est à l’aube d’une grande carrière….

Anne-Marie se produira dans le cadre de l'édition 2019 du Pukklepop ce samedi 17 août (infos ici et tickets )

Setlist : « Bad Girlfriend », « Cry », « Do It Right », « Heavy, « Perfect », « Trigger », « Cia Adios »,«  Can I Get Your Number »,« Don't Leave Me Alone » (cover David Guetta), « Alarm », « Then », « Rockabye » ( cover Clean bandit), « 2002  », «Friends » (cover Marshmello)

(Organisation : Live Nation)

 

Refugees For Refugees

Du Moyen-Orient à l’Himalaya…

Écrit par

Refugees For Refugees est un collectif qui a l'origine était à géométrie variable. Au fil du temps le line up s'est stabilisé et réunit aujourd'hui les 10 mêmes musiciens. Issus d’horizons différents, ils sont réunis par la musique, mais aussi et le plus souvent, par leur statut de réfugié. Tout d’abord, et ce sont les plus nombreux, de Syrie :  Tareq Alsayed Yahuo (oud), Souhad Nayme Tammam (kanun, une lyre orientale), Al Ramadan (flûte) et Fakher Madallal (chant). D’Afghanistan : Mohammad Aman Yusufi (dambura, une sorte de luth à long manche équipé de deux cordes). Du Pakistan : Asad Qizibash (sarod, un luth hybride). Du Tibet : Dolma Renqingi (chant) et Kelsang Hula (luth dramyen, mandoline, chant). Et enfin de Belgique Tristan Driessens (oud) et Simon Leleux (percus).

A ce jour, la troupe a publié deux albums, « Amerli » en 2016 et « Amina » en février dernier, un disque qu’elle est venue défendre ce vendredi, à la Ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve.

Organisé par l’ASBL Muziekpublique, une association dynamique qui promeut la world, tant à travers la danse que la musique, le concert est sold out et a attiré une majorité de quadras et de quinquas.

Les 10 musicos de Refugees for Regugees sont tous assis en demi-cercle, sur des sièges, face à l’auditoire. L’hétérogénéité des formations, des cultures, des langues et des histoires, souvent difficiles, exige de chacun un surcroît d’effort et d’attention pour tenter de composer avec les autres. Mohammad Aman Yusufi, grand interprète de dambura, un instrument à long manche équipé de deux cordes, a reçu une formation musicale issue de la culture rom afghane, tandis que le parcours de Tammam Al Ramadan, un flûtiste d’Alep, est plus classique. Ils sont plusieurs à avoir fréquenté les célèbres conservatoires le long de la route de la soie (Damas, Bagdad, Alep) ; d’autres sont des musiciens populaires. Chacun a sa culture différente à défendre et y va de sa petite compo, alors enrichie par les interventions instrumentales ou vocales des autres.   

« Punarjanm (Trad. de l’hindi : ’Renouveau’, une valeur hautement défendue par le collectif) ouvre le set. Yusufi chante et joue du dambura et Asad Qizibash, du sarod. Les interventions de Leleux aux percus sont élaborées. Essentiellement instrumental, ce morceau permet au mélomane de plonger dans l’ambiance. Chaque musicien ou chanteur a l’opportunité de prendre son billet de sortie. Le voyage s’opère en douceur et en profondeur. Chacun y participe, sans perdre la magie de son âme tout en faisant abstraction de certaines frontières que le déracinement partagé rend d’autant plus fragiles. Mohamed Aman Yusufi a dû laisser derrière lui sa compagne « Amina » qui donne le titre de l’album. Il a quitté son pays l’Afghanistan, pour errer au Pakistan, en Inde, avant d’aboutir au plat-pays. Dolma Renqingi (NDR : elle est originaire des montagnes de l’Amdo) chante debout. Sa voix est à la fois incantatoire et mystérieuse. Le mantra tibétain est déclamé a capella de manière chamanique et se réchauffe au son des oud, qui introduisent ensuite un chant soufi typiquement syrien. Le percussionniste semble servir de fil rouge. L’expédition nous conduit de la Palestine vers l’Orient. Le périple se poursuit naturellement à travers une intonation hazari afghane. Mais au fil du concert, on se rend compte que c’est Tristan qui sert de fil rouge. C’est d’ailleurs lui qui présente les différents titres. On se balade ensuite dans les campagnes afghanes, grâce au chant troubadour du poète Yusufi qui raconte les récits de vie qui s’y déroulent, à travers « Perahan ». Tristan y intègre ensuite les sonorités de son oud. Magique ! Et direction le soleil. Le chant de Usufi est chargé de mélancolie. Bien que dominée par les tambourins et la flûte, l’instrumentation implique tous les musiciens. La cerise sur le gâteau ! Chacun partage son bagage, ses affinités musicales, et son savoir-faire avec les autres membres du groupe. Cap vers la Syrie, en compagnie de la lyre magique de Souhad Nayme, une lyre colorée par les interventions des oud, des tambourins et de la flûte. La caravane travers le désert sous le soleil brûlant, mais l’oasis n’est plus très loin. Le Moyen-Orient dans toute sa splendeur ! Fakher Madallal se lève de son siège pour exécuter un chant soufi tout en délicatesse. Il invite les spectateurs à frapper des mains en cadence saccadée. Lorsque Dolma Renqingi se place en tailleur au milieu du podium, c’est pour dispenser ses incantations shamaniques en direction des plateaux de l’Himalaya, alors que de nouveau la lyre s’immisce furtivement dans l’ensemble. Et quand Souhad vient épauler la chamane au chant, le résultat est presque divinatoire.

Ce plaisir des oreilles, issu de ce brassage de différentes cultures, finit même par vous flanquer des frissons partout !

(Organisation : La Ferme du Biéreau, UCLouvain Culture et Muziekpublique)

Glen Hansard

A la gloire de la Saite-Trinité…

Écrit par

Né à Dublin le 21 avril 1970, Glen Hansard a fondé The Frame en 1990, un groupe responsable de 7 elpees à jour (NDR : dont « Longitude » en 2015, après un hiatus de plus de 10 ans). En 2006, il avait délaissé son band pour lancer un nouveau projet, The Swell Season, pour lequel il va publier trois long playings. Sa carrière en solitaire, il ne va réellement l’embrasser qu’en 2011. Depuis, ce chanteur, compositeur, guitariste et acteur irlandais, a sorti quatre albums solo, dont le dernier, « The wild willing », est paru en avril dernier…

Le supporting act est assuré par Joe Quartz, un duo réunissant Jeanne Suzin et Olivier Schlegelmilch. La première se consacre au chant, au piano et parfois au melodica, Le second, multi-instrumentiste, se réserve le violoncelle, les drums, et se transforme en human beat box, lorsqu’il reproduit le son de la trompette à l’aide de sa bouche. Etabli à Paris, le couple est responsable d’une expression sonore qui mêle jazz, musique classique et contemporaine. La chanteuse raconte que le tandem avait rencontré Glen, lors d’une jam, il y a un peu plus de 2 mois. Dans la foulée, Glen les a invités à assurer la première partie de sa tournée européenne. A ce jour, la paire a publié deux Eps, et un premier album, « Self Afraid », en 2018, un disque qui avait quand même bien marché. Elle va puiser au sein de ses deux derniers essais pour alimenter sa setlist. 

Le timing est bousculé ; et pour cause, Joe Quartz entame les hostilités dès l’ouverture des portes, devant une salle presque vide. Douce et claire la voix de Jeanne est susceptible d’envolées atmosphériques. Etonnant, Olivier est capable de cumuler en même temps interventions au violoncelle et à la batterie. Et il faut reconnaître qu’il est particulièrement doué dans ces exercices de style. Baignant au sein d’une pop frenchy, « The New World » est dynamisé par des rythmes endiablés qui sentent bon les plages de Kingston… 

Lorsque Glen Hansard et sa troupe grimpent sur l’estrade, le Cirque Royal est à la moitié de sa capacité. L’artiste est soutenu par 9 musiciens, dont un trio à cordes (deux violons et un violoncelle), un claviériste, également préposé aux backing vocaux, un drummer, un saxophoniste qui jongle entre baryton, basse et alto, quand il ne joue pas de la clarinette, un bassiste, deux guitaristes, dont celui à la sèche (NDR : il joue dans un style flamenco) double à l’oud et l’autre qui passe naturellement de la sèche à la semi-acoustique. Le décor est assez sommaire et le light show plutôt dépouillé.

Glen voue une grande admiration à Van Morrison, Dylan, et Cohen, légendes qu’il a d’ailleurs baptisées ‘La Sainte Trinité’. Il raconte avoir assuré une première partie de Dylan et qu’en back stage après avoir pris un verre ensemble, ils sont devenus amis. Dès « Fool’s Game », on se rend compte qu’une grande importance est laissée à l’improvisation. On y décèle également des influences orientales et notamment iraniennes qui transparaissent sur son dernier long playing en solitaire, disque sur lequel les frères Khoshravesh ont participé. Armé de sa gratte semi-acoustique, Glen susurre ses mots, d’une voix légèrement vocodée, sur ce morceau d’une durée de plus de 6 minutes. Les cordes des violons communiquent un climat mélancolique aux compos. Mais ce sont surtout les interventions délicates de l’oud et des ivoires qui apportent une coloration originale à l’ensemble. En fin de parcours, la voix de la préposée aux ivoires semble sortir des profondeurs de l’enfer. Deux autres plages du nouvel LP embraient, en l’occurrence « I’ll Be You, Be Me » et « Don't Settle », des compos particulièrement abouties. Boosté par les cordes et le cuivre, « Don't Settle » monte en puissance et en crescendo, alors que la voix de Glen semble hantée et émaner du fond de ses tripes…

Extrait de l’éponyme « The Swell Season », « My Little Ruin » et dominé par les ivoires. Excellent, le morceau impressionne par la maîtrise des musicos, les interventions au piano débordant sur le titre suivant, « When Your Mind's Made Up  ». Aux ivoires, Glen murmure paisiblement ses mots. Ces instants de quiétude permettent à Glen d’asseoir son interactivité auprès de ses fans. Une discussion s’engage ainsi avec une dame… Les arrangements sont parfaits, la combinaison entre cordes de violons et du violoncelle, de la guitare flamenco ainsi que du cuivre subliment la compo qui s’achève par une communion parfaite entre l’artiste et l’auditoire, ce dernier reprenant en chœur le refrain.

Plus folk, « Bird Of Sorrow » est empreint de délicatesse et d’émotion. Extraite du dernier opus, « Mary » est une ballade aux accents celtiques et orientaux à la fois. Une perle ! La setlist est bien équilibrée. Alimentés par des guitares percutantes et des cuivres somptueux, « Way Back In The Way Back When », « Lowly Deserter » et « Fitzcarraldo » libèrent toute leur puissance, alors que « Winning Streak » trempe dans un americana pur et dur. Avant d’attaquer « The Closing Door », Glen nous parle de Bob Dylan et de la conception de la chanson, inspirée de cette rencontre unique. Tout au long de l’unplugged « Grace Beneath The Pines », on n’entend même pas une mouche voler. Dans un même registre, Glen, seul à la semi-acoustique, nous réserve « Leave a light ».

Après « Her Mercy », Joe Quartz débarque pour participer à l’interprétation de « Fitzcarraldo », une adaptation limitée au piano, à la voix et à la contrebasse. Tous les musicos sont de retour et se placent en ligne pour aborder le « Passing through » de Pete Seeger, un final acoustique au cours duquel, Hansard va jongler entre sèche, mandoline et contrebasse, une cover a cours de laquelle chaque musicien va se réserver un couplet de cette composition.

En 21 chansons sur plus de 145 minutes, Glen s’est livré littéralement corps et âme à son public…

Setlist : « Fool’s Game », « I’ll Be You, Be Me », « Don't Settle », « My Little Ruin », « When Your Mind's Made Up  » (cover The Swell Season), « Bird Of Sorrow », « Mary », « One Of Us Must Lose », « Winning Streak », « The Closing Door », « Race To The Bottom », « Didn't He Ramble », « Leave A Light », « Way Back in the Way Back When », « Grace Beneath The Pines » ( en acoustique), « Falling Slowly » (cover The Swell Season), « Her Mercy », « Fitzcarraldo » (cover The Frames), « Good Life Of Song », « Song Of Good Hope »

Rappel : « Passing Through » (cover Pete Seeger)

(Organisation : Live Nation)

LP

Une personnalité forte et fragile à la fois

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Après avoir foulé les planches des festivals des Ardentes et de Ronquières ainsi que celles du Cirque Royal de Bruxelles, LP se produit pour la quatrième fois, en Belgique, ce samedi 4 mai. Pour la circonstance, en la salle de La Madeleine. Elle est venue présenter son cinquième album, « Heart To Mouth ». Une file de 100 m de long s’est formée à l’entrée de la salle, avant l’ouverture des portes. Le concert est bien sûr, sold out.

LP ce sont les initiales de Laura Pergolizzi, une chanteuse américaine androgyne (NDR : elle est native de l’Etat de New York) qui compte aujourd’hui quatre albums à son actif. Elle a donc choisi cet acronyme comme pseudo. Elle cartonne autant sur la toile que dans les charts. Avant d’embrasser une carrière solo, elle a prêté sa plume, notamment, à Cher, Rihanna, les Backstreet Boys et Christina Aguilera. Tout en empruntant les clichés du rock, de la pop ou de la soul, sa musique n’est pas facile à cerner, même si l’artiste puise ses influences majeures chez Jeff Buckley, Kurt Cobain, Chrissie Hynde, Joni Mitchell, Robert Plant ou encore Jim Morrison.

Powers assure le supporting act, un duo établi à Los Angeles. Fondé en 2014, il réunit le guitariste Mike del Rio et la bassiste Crista Ru. Aussi fusionnel que Rive, il pratique une musique qui mêle funk et électro. Une électro truffée de samples mais aussi de percus. Assez interactive, Crista pratique régulièrement le slap tap. Le duo s’affronte également manche contre manche, reflétant une belle complicité dans le couple. Qui ne va, bien sûr, pas oublier d’interpréter son single, « Georgie », gravé en 2017. Une bonne première partie…   

Particulièrement bien éclairée, la scène est surmontée de deux estrades de couleur blanche, des estrades sous lesquelles des faisceaux lumineux vont se focaliser sur LP. Elle est soutenue par un guitariste, un bassiste, un drummer et un claviériste, également planté sur une estrade à droite. Deux rampes d’escaliers situés de chaque côté du podium sont éclairées de petites leds rouges et blanches. LP descend la rampe d’escalier de droite, alors que, dans la fosse, les spectateurs allument les smartphones qui brillent de mille feux.

« Dreamcatcher » ouvre le bal. Puissante la voix de Laura campe un hybride entre P. J. Harvey et Patti Smith. De teinte noire, sa chevelure est bouclée comme celle de… Bob Dylan juvénile… ou alors d’Alain Souchon. Filiforme, elle a enfilé une veste blanche –veste qu’elle laissera rapidement tomber– sur une chemise ouverte noire et blanche qui laisse entrevoir des inscriptions tatouées sur le haut de son torse.

Lorsqu’elle empoigne une guitare ou un ukulélé, comme pour « When We’re High » et « Girls Go Wild », on dirait qu’elle affronte le public comme une guerrière. Elle le pointe souvent vers le public quand elle ne le braque pas d’un geste inquisiteur. Elle siffle instinctivement lors de certaines chansons. Elle est capable de pousser sa voix dans ses derniers retranchements, et notamment dans les aigus comme seules de très rares vocalistes sont capables d’y parvenir ; mais également de l’utiliser comme un instrument ou encore d’emprunter un timbre délicat. Elle possède une personnalité forte et fragile à la fois. Interactive, elle est partout sur le podium et dégage une fameuse aura. Elle se sert d’un micro sans fil, mais tient toujours, à sa droite, son pied de microphone, qu’elle ne quittera que très rarement. Elle adresse un signe aux spectateurs qui la suivent depuis longtemps.

Panne électrique pendant qu’elle interprète sa dernière chanson, « Shaken ». Laura improvise alors a capella avec une facilité déconcertante. Toute la troupe quitte ensuite le podium. LP revient vingt minutes plus tard pour accorder un set acoustique, limité à sa voix, ses sifflotements et son ukulélé. Et c’est sous cette forme qu’elle viendra interpréter trois titres lors du rappel, et notamment « Muddy Waters » et « Strange » de nouveau a cappella, avant d’achever la prestation par son hit qui l’a fait connaître, « Lost On You ».

Setlist : « Dreamcatcher », « When We’Re High », « Dreamer », « When I’m Over You », « No Witness », « The Power », « Died For Your Love », « Tightrope », » One Night In The Sun », « Girls Go Wild », « House On Fire », « Shaken ».

Rappel : « Muddy Waters », « Strange », « Lost On You ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Alan Parsons

Hanté par le spectre d’Eric Woolfson…

Écrit par

Lorsque l’Alan Parsons Project est à l’affiche près de chez vous, il ne faut pas rater l’aubaine, car il se produit rarement en concert. Le show est sold out. D’ailleurs toutes les places sont vendues depuis des lustres. L’APP est venu défendre son ‘Alan Parsons Live Project’. C’est en 1975 qu’Alan a imaginé ce concept, en compagnie d’Eric Woolfson (NDR : il est décédé en 2009). Alan Parsons a entamé son parcours pro comme ingénieur du son (NDR : depuis il est considéré comme un maître dans ce métier ; d’ailleurs, établi aujourd’hui à Santa Barbara, en Californie, il se sert aujourd’hui des dernières technologies, dont le format multipiste 5.1.). Il a participé à la mise en forme d’albums légendaires, comme « Abbey Road » et « Let it be » des Beatles ou encore le « Dark Side of The Moon » de Pink Floyd. Notamment. A cours de sa carrière, l’APP a vendu plus de 45 millions d’albums et décroché toute une série de hits, dont « Eye In The Sky », « Sirius », « Don’t Answer Me », « Games People Play », « Old and Wise », « Time », « Prime Time », « I Robot » et « Standing on Higher Ground » ; et paradoxalement, tout au long de cette période faste, la formation ne montera jamais sur scène…

A 20h00 pile, les lumières s’éteignent. La scène est divisée dans le fond en 3 estrades. Celle de gauche héberge le drummer, Danny Thompson, la centrale, équipée d’une rampe (NDR : âgé de 70 balais, il éprouve de petites difficultés de mobilité) et de droite, le claviériste Tom Brooks. Le line up est complété par le bassiste Guy Eros, les guitaristes Don Tracey et Jeff Kolmann ainsi que les deux chanteurs PJ Olson, épisodiquement gratteur, et Todd Coper, coiffé d’un stetson, ce dernier se consacrant également au saxophone et aux cymbalettes. Parsons alterne entre claviers et semi-acoustique.

Chaque musicien aura l’occasion de mettre son talent en exergue au cours du show.

Alan reste en retrait, il présente cependant « One Note Symphony », « Miracle » et enfin « As Lights Fall », mais aussi ses musiciens. Il nous parle aussi de sa longue carrière et demande, en français, aux spectateurs d’allumer les smartphones et de les éteindre lorsqu’il baissera le bras ; ce que l’auditoire va accomplir avec enthousiasme. Il se réserve quand même le lead vocal sur « Don't Answer Me », « As Lights Fall », « Prime Time » et lors du final, « Eye In the Sky », moment choisi pour descendre de son estrade et se planter face à la foule. Mais manifestement, sa voix manque d’assurance. Les interventions au micro des deux chanteurs principaux sont à contrario exceptionnelles ; celles de PJ Olson sont magistrales tout au long de « Damned If I Do » et « Don't Let It Show », et de Todd remarquables pendant « Breakdown » et « Limelight ». Pourtant, difficile d’oublier les voix de feu Eric Woolfson ou de Colin Blunstone. Au balcon, la sécurité rencontre quelques difficultés auprès de récalcitrants qui s’asseyent sur les escaliers alors que de bonnes places sont libres, ailleurs.

La setlist va puiser dans l’ensemble du répertoire de l’Alan Parsons Project. Le spectacle rencontre quand même quelques petits problèmes de balances, notamment lorsque le drumming étouffe les interventions des claviers. Pourtant, le préposé aux fûts s’acquitte remarquablement de rythmiques souvent assez complexes, avec précision et fluidité, se distinguant particulièrement sur la caisse claire, dont la sonorité est à couper le souffle. On en oublierait presque les accès frénétiques de guitare dispensés par Jeff Kollman, pour dynamiser une musique fondamentalement prog/rock.

Enfin, invité, Jordan Huffman vient poser sa voix lumineuse sur « I Can't Get There From Here ». Bref un concert qui a ranimé de nombreux souvenirs chez votre serviteur qui regrettait toutefois qu’Eric Woolfson ne soit plus de la partie ; mais son spectre a plané tout au long de la soirée… 

Setlist : « One Note Symphony », « Damned If I Do », « Don't Answer Me », « Time », « Breakdown, The Raven », « I Wouldn't Want to Be Like You », « Miracle », « Psychobabble. », « Luciferama », « Don't Let It Show », « Limelight », « Can't Take It With You », « As Lights Fall », « Standing On Higher Ground », « I Can't Get There From Here », « Prime Time », « Sirius », « Eye In the Sky ».

Rappel : « Old and Wise », « (The System of) Dr. Tarr and Professor Fether », « Games People Play ».

(Organisation : Greenhouse Talent)

Voir aussi note section photos ici

 

 

Lee Fields

La soul dans toute sa splendeur…

Écrit par

Lee Fields & The Expressions

Ce mardi soir, veille de la fête du travail, l’Aéronef accueille un vétéran (et précurseur) de la soul. Peu connu du grand public, Elmer ‘Lee’ Fields a quand même une carrière bien remplie. Outre sa ressemblance physique et vocale avec James Brown, le natif de Caroline du Nord a notamment bossé en compagnie de Kool and the Gang et B.B King. Il a également été samplé à de nombreuses reprises par des groupes de hip hop contemporain (NDR : dont A$AP Rocky et Travis Scott). Depuis le début de son parcours, entamé en 1969 (NDR : il n’a alors que 18 printemps), l’Américain n’a jamais cessé d’enregistrer. Il y a une dizaine d’années que les musiciens de The Expressions apportent leur collaboration à Lee Fields. Son dernier opus, « It Rains Love », constitue le cinquième de cette équipe. Dernier survivant de la scène ‘retro-soul’, depuis le décès de Charles Bradley, en 2017, il est devenu le parrain d’une nouvelle génération qui monte et au sein de laquelle Durand Jones and The Indications incarnent la relève. On ne pouvait donc rêver mieux d’assister au concert de Lee Fields and The Expressions en la salle lilloise…

Il est environ 21h lorsque les lumières s’éteignent. La salle est quasiment comble. Sur le podium, bien fringués, les musicos de The Expressions prennent leurs marques. Deux cuivres s’installent à droite, un guitariste et un bassiste de l’autre côté. Le line up implique également un batteur et pianiste. Au bout de quelques notes, Lee Fields entre dans l’arène. Il est vêtu d’une chemise dorée à paillettes. Dès les premières phrases, le public frissonne. L’Américain maîtrise son sujet. Et il peut s’appuyer sur un solide backing group qui manifestement réunit des musicos talentueux, à l’instar du bassiste dont les doigts se promènent littéralement sur son manche. Lee Fieds, malgré ses 69 balais, déborde d’énergie et ne manque pas de sex-appeal. Il arpente l’estrade sur toute sa longueur. Son expérience permet d’enflammer un auditoire qui réagit en se trémoussant, dansant et même en poussant des cris. Et au fil du set, l’ambiance est de plus en plus torride. Ce concert nous replonge plusieurs décennies dans le passé en nous servant toute la panoplie de la soul : une voix sensuelle, des cuivres chauds et du swing. Le tout sur des morceaux traitant de l’amour et la spiritualité sur des rythmes alternant moments langoureux et énergiques. La quasi-totalité de ses deniers morceaux y passent, notamment les excellents « Love Prisoner » et « Blessed with the rest ».

Après une bonne heure et demie, dont un rappel de deux morceaux, Lee Fields & Expressions quittent les planches sous les applaudissements d’un public épuisé mais aux anges. Quelques minutes plus tard, le vétéran de la soul est déjà occupé de signer des autographes. Une véritable star que l’on espère revoir au plus tôt…

(Organisation : Aéronef)

 

Tedeschi Trucks Band

Dans leur trip !

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Englué dans les embouteillages, votre serviteur débarque en retard, à l’Ancienne Belgique, pour assister au concert du Tedeschi Trucks Band. Faudra donc se contenter d’un emplacement au premier balcon. Dès lors si la situation n’est pas problématique pour écouter la musique, elle l’est davantage lorsqu’on souhaite observer les mouvements des artistes…

Le groupe a été fondé à Jacksonville, en 2010, par un couple, réunissant Susan Tedeschi and Derek Trucks. Ce dernier n’est autre que le neveu du batteur et membre fondateur de l’Allman Brothers Band. Agé de 39 ans, il y a d’ailleurs sévi de 1999 à 2014, année de fin de parcours du mythique band géorgien. Au sein de ce nouveau projet, il se consacre à la guitare. Tout comme son épouse, qui se charge des vocaux.

Sur les planches, la paire est soutenue par un collectif de 10 musicos. En l’occurrence, les drummers Tyler Greenwell et JJ Johnson, plantés sur leur estrade, en arrière-scène, le bassiste Brandon Boone (NDR : qui a remplacé Tim Lefebvre) et un préposé aux claviers (Hammond, …), qui semble sortir tout droit du Quartier Français de la Nouvelle Orléans. Sans oublier les trois choristes, dont un possède une voix proche de Joe Cocker, et un trio de cuivres constitué de Kebbi Williams à la trompette, Ephraim Owens à la trompette et Elizabeth Lea au trombone, cette dernière participant également aux chœurs.   

La voix de Susan est à la fois soul et sablée ; puissante, elle évoque même celle de Beth Hart. La setlist va nous réserver de nombreux extraits du dernier elpee du Tedeschi Trucks Band, « Signs », paru en février dernier, mais également cinq reprises de classiques signés Willie Nelson, Bob Dylan, Spooner Oldham, The Box Tops et Matthew Moore.

Oscillant entre blues, rhythm and blues à coloration 70’s, funk et americana, le répertoire est bien chargé de groove, concédant cependant certains morceaux plus langoureux. Bien que techniquement irréprochable, Derek est plutôt discret sur les planches. Son toucher de cordes rappelle qu’il a fréquenté le Berklee College of Music comme John Mayer et Eric Krasno. Il se produit le plus souvent aux côtés du claviériste, parfois quand même, près de son épouse, et se laisse même voler la vedette par ses musicos, qui vont même s’autoriser de nombreux solos. A l’instar de « Sweet Inspiration » de Spooner Oldham, au cours duquel chaque cuivre va y aller de son petit numéro. Le show va aussi permettre aux deux batteurs de mettre leur talent en exergue, démonstration soutenue par les choristes qui vont se muer en percussionnistes. On aura même droit à un moment plus exotique, fruit d’un cocktail entre musique indienne, rock, jazz et gospel, nous replongeant dans l’univers de Beatles sous influence…

Une constante quand même : on a l’impression que les musiciens vivent dans leur trip et ne se soucient guère de l’auditoire, celui-ci respectueux, se montrant pourtant très attentif. 

En rappel, la troupe va attaquer « Space Captain », une composition que Joe Cocker interprétait déjà chez Mad Dogs & Englishmen. La cerise sur le gâteau !

Setlist : « Shame », « High & Mighty », « Do I Look Worried », « Somebody Pick Up My Pieces » (cover Willie Nelson), « Down In The Flood » (cover Bob Dylan), « Don't Know What It Means », « The Letter » (cover The Box Tops), « Sweet Inspiration » (cover Spooner Oldham), « Let Me Get By », « Laugh About It », « When Will I Begin », « Midnight In Harlem », « Part of Me », « I Want More ».

Rappel : « Space Captain » (cover Joe Cocker)

(Organisation : Ancienne Belgique et Gracia Live)

 

Steve Hackett

Taking Belgium by the Sound...

Dans la liste des guitaristes les plus influents de l'histoire du rock, Steven Richard Hackett occupe une place toute particulière. Membre essentiel de Genesis pendant la période emblématique du combo (de 1971 à 1977), ce Londonien s’est forgé un style fluide, éthéré et hyper-mélodique, reconnaissable entre mille. Ce soir, il établit ses quartiers dans le Kursaal, à Ostende, pour présenter un nouveau spectacle solo, articulé autour de l'album culte de son groupe d'origine, « Selling England By The Pound »...

‘C'est le premier concert de la tournée ‘Genesis Revisited 2019’, annonce d'emblée le musicien après le premier titre. Vêtu très simplement de noir et arborant son inséparable écharpe en velours rouge, il est, suivant son habitude, d'un abord très discret, voire timide. On le sait, Steve Hackett ne porte pas de masque de renard ni de costume à motifs fleuris ; ce n'est pas Peter Gabriel ! Toute l'émotion est concentrée sur la musique et la sublime Les Paul dorée, dont il tire des sons cristallins, d'une beauté quasi-mystique.

La première partie du show est en quelque sorte un ‘panaché’, au cours duquel il interprète trois morceaux de son tout nouvel opus, « At The Edge of Light » : « Under the Eye of the Sun », « Peace » et « Fallen Walls and Pedestals » ; mais surtout six pistes de « Spectral Mornings », son chef-d'œuvre, qui fête ses 40 ans cette année. On se délecte ainsi de petites perles comme « Every Day », jouée en lever de rideau, « Tigermoth » en version instrumentale, « The Virgin and The Gypsy », taquiné à la douze cordes, suivies de « Clocks - The Angel of Mons », une évocation de l'ange qui, selon la légende, a protégé l'Armée anglaise lors de la bataille de Mons en 1914 et, enfin, la sublissime plage titulaire, fantomatique à souhait, probablement sa plus belle composition enregistrée en solo.

Fait étonnant, tant son dernier LP que « Spectral Mornings » traitent tous les deux de la vie après la mort. ‘A l'époque, en parler revenait à être traité de hippie’, ironise l'artiste ; ajoutant, ‘Aujourd'hui, la science s'est emparée du sujet et parle de phénomènes quantiques...’ Tiens, tiens, Sir Hackett serait-il également intéressé par les thèmes liés à l'élévation de conscience ?

Après une courte pause, place au plat de résistance du spectacle et ce n'est pas encore l’heure du souper (« Supper's Ready »), mais l'interprétation intégrale de « Selling England By The Pound », l'œuvre mythique de Genesis. Paru en 1973, « Selling... » constitue un des plus grands succès critiques, artistiques et commerciaux (numéro 3 en Angleterre) de la formation de rock progressif. Entre parenthèses : son titre revêt aujourd’hui une résonance particulière, à l'heure du Brexit...

En redécouvrant « Selling... » en live, on est frappé par l'incroyable richesse de cet elpee, tant au niveau des mélodies que dans les harmonies et les textures sonores. Mais, par-dessus tout, cette musique est d'une incroyable puissance. Elle vient, entre autres, de l'intensité du chant de Peter Gabriel, reproduit ce soir à la perfection par l'Américain Nad Sylvan (Agent of Mercy). Ce n'est plus Nicky Beggs, parti rejoindre Steven Wilson, qui se charge de la basse, mais bien le Suédois Ronald Reingold. Rob Townsend (flûte, saxophone et clarinette) et Roger King (claviers) sont, eux, de fidèles acolytes.... de voyage (hum...) pour Steve H. Par contre, pour Craig Blundell, qui milite également au sein du backing group de Steven Wilson, il s’agit d’une première car il vient juste de rejoindre le band afin de remplacer Gary O'Toole. Hackett se fendra d'ailleurs d'une petite remarque admirative pour l'efficacité manifestée par le musicien qui est parvenu à maîtriser le nouveau répertoire en si peu de temps.

Comme il fallait s’y attendre, « Firth of Fifth » constitue un des moments les plus magiques du concert. Un tour de force musical illuminé par un solo d'anthologie à la gratte. Pourtant, alors que déchirante, la mélodie suit son cours, soudain, le Maître oublie une note au passage ; ce qui n'a pas échappé aux oreilles de votre serviteur. Mais il se rattrape bien vite, entraînant le public dans un univers onirique, hallucinant de beauté. Au moment de la célèbre note qui reste perchée sur un long 'sustain', le spectre de Carlos Santana se met à planer. De quoi soutenir la thèse selon laquelle ce dernier a exercé une influence sur le jeune Steve, au début de sa carrière. Mais les guitaristes que Steve a, à son tour, influencés sont légion. Parmi ceux-ci figure Eddie Van Halen, qui a déclaré avoir développé sa technique de 'tapping' sur le manche après avoir vu Hackett en concert avec Genesis.

La partie finale du show nous permettra de découvrir un titre inédit de ce groupe légendaire, « Dejà Vu », une démo qui n'avait pas été retenue pour le tracklisting de « Selling... » mais que Hackett est parvenu à finaliser de nombreuses années plus tard, en 1996 très exactement, après avoir, précise-t-il, reçu ‘la bénédiction de Peter Gabriel’, qui avait composé l'ébauche originale. 

Avant que le rideau ne tombe, le public prend en pleine face « Dance On A Volcano », un brûlot extrait de « A Trick of The Tail ». Quant au rappel, il s'ouvre sur le très rythmé « Myopia », suivi du bien nommé « Los Endos », un instrumental idéal pour servir d’outro au concert... Le point d'orgue idéal pour une prestation en tous points exceptionnelle. No doubt, tonight, Steve Hackett has been 'taking Belgium by the Sound'....

Setlist

Set 1:

Every Day
Under the Eye of the Sun
Fallen Walls and Pedestals
Beasts in Our Time
The Virgin and the Gypsy
Tigermoth
Spectral Mornings
The Red Flower of Tachai Blooms Everywhere
Clocks - The Angel of Mons

Set 2 (Selling England by the Pound):

Dancing With the Moonlit Knight*
I Know What I Like (In Your Wardrobe)*
Firth of Fifth*
More Fool Me*
The Battle of Epping Forest*
After the Ordeal*
The Cinema Show*
Aisle of Plenty*
Déjà vu
Dance on a Volcano*

Encore:

Myopia / Los Endos / Slogans

Organisation: Live Nation

Roméo Elvis

Quand un rêve se réalise…

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Ce samedi 20 avril, Roméo Elvis se produit à Forest National. 8 500 personnes sont attendues. Le concert est donc soldout. Hier, il entamait sa tournée au Zénith de Paris. Roméo reconnaît d’ailleurs y avoir été impressionné, mais que, ce soir, il est chez lui à Bruxelles. Il vient de publier son véritable premier album, « Chocolat », il y a 8 jours à peine et il est déjà numéro 1 des ventes en Belgique et 3 dans l’Hexagone. Chouette initiative, le public bénéficie d’une distribution gratuite de chocolat, à l’entrée. 

L’Or du Commun et Lord Gasmique assurent les supporting acts.

Agé de 20 printemps, Stéphane-Antoine Eklou a choisi pour patronyme Lord Gasmique. Il est soutenu par un second Mc’s et un préposé aux manettes, planté derrière une table placée à droite. Pendant 20 minutes, il va parler d’or, inviter l’auditoire à lever les mains en l’air, devant une fosse encore dispersée, mais déjà bien en forme…

L’Or du Commun embraie. Un set plus court, mais dispensé dans le même esprit que celui accordé à l’AB, ce 12 avril (voir compte-rendu ici). Quelques moments forts : « Truman show » et surtout « Homosapiens » qui va encore mettre le feu à l’auditoire ; mais pas de smartphones ouverts pendant « Telephone », pour recréer le fameux tapis d’étoiles…  

Roméo Elvis s’est établi près de Forest et avait un jour imaginé qu’il allait remplir FN. Son rêve s’est donc réalisé.

Un grand rideau jaune masque l’arrière de la scène. Sous les cris, les applaudissements et les infrabasses qui résonnent derrière la tenture qui finit par tomber, Roméo crie ‘Bruxelles ‘. Il est attaché à un harnais, balance les pieds, et atterrit à l’avant du podium. Un immense écran de lumière inonde les planches. Ses musicos sont perchés sur deux estrades lumineuses. Celle de droite héberge le drummer Sammy Wallens et Victor Defoort à aux claviers. Celle de gauche, Lennard Vink (NDR : un Néerlandais) aux claviers et Benoît -Asian Rocky - Do Quang aux machines. Ces trois derniers se consacrent également, suivant les circonstances, aux grattes (basse ou guitare). Deux d’entre eux et Roméo vont même conjuguer leurs six cordes sur « Drôle de question ». 

Le titre maître de son elpee ouvre le show. Elvis nous réserve ensuite un « Dessert » gouteux et savoureux. Chaud-boulette, le public réagit au ¼ de tour. On est loin des petits concerts accordés en compagnie de ses potes de Motel, devant une centaine de personnes, et pour lesquels la setlist était calée dans un ordinateur. De gros moyens ont été mis en œuvre pour rendre ce concert exceptionnel (light show, vidéos, scène mobile rectangulaire manœuvrée par les fils métalliques depuis le plafond, susceptible de se transformer en écran ou rampes de spots). Pendant « Respirer », « Normal » et « Parano », calligraphiés, les titres s’inscrivent un peu partout sur les écrans en arrière-plan. Sur ce dernier morceau, le fils de Marca et de Laurence Bibot vient au bord du podium pour libérer son flow aux paroles poétiques. Le refrain de « Bébé Aime La Drogue » est repris en chœur par la foule. Premier invité, casquette blanche vissée sur le crâne, Zwangere Guy participe à l’interprétation de « Kuniditdoen (« We Zijn Overal »). L’union fait la force, vive la Belgique ! Le setlist recèle de larges extrais de « Chocolat », mais également des classiques issus des Eps « Morale », « Morale 2 » et « Morale Deluxe ». « Pogo » (NDR : une plage chantée en duo avec M, sur disque) provoque inévitablement cette danse virile dans la fosse. Génial ! Roméo se roule au sol, comme s’il se débattait pour échapper à des démons intérieurs. Sa sœur, Angèle, est bien sûr de la fête. Ils apparaissent, tous deux, en haut de la scène mobile. Elle et son frangin se partagent les vocaux sur deux compositions plus paisibles, « J’ai Vu » et « Tout Oublier ». La foule est alors aux anges.

Autre guest, Lomepal vient booster «1000 Degrés ». Et en rappel, « Malade » va littéralement retourner la salle. Pour votre serviteur, c’est le concert de l’année.

Setlist : « Chocolat », « Dessert », « Bébé Aime La Drogue », « Respirer », « Drôle de Question », « Les hommes Ne Pleurent Pas », « Kuniditdoen (« We Zijn Overal ») », « Normal », « Pogo », « J’ai Vu », « Tout Oublier », Lenita », « Dis-Moi », « Parano », « 300 », « 1000 Degrés », « Tu Vas Glisser », « Trois Etoiles », « Ma Tête »

Rappel : « Bruxelles Arrive », « Nappeux », « Malade ».

(Organisation : Back In The Dayz)

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