Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Dernier concert - festival

Kreator - 25/03/2026
Hooverphonic
Concerts

Erlend Øye

Un automne norvégien

Le ciel est bas et plombé au dehors. L'obscurité de l'hiver s'est glissée sur Bruxelles. Unique convive : la pluie. Le froid glace le sang. La mélancolie s’installe. Pourquoi ne venez-vous pas à l'intérieur? Allez, amusez-vous!

Quand un musicien de la trempe d’Erlend Øye, ancien membre de Kings Of Convenience et collaborateur régulier chez Röyksopp, revient sur le devant de la scène après 5 ans d’absence, forcément, on y jette une oreille attentive. Et on découvre un album enthousiasmant, à peu près aussi jouissif et audacieux que son premier effort, le déjà très surprenant « Unrest ».

À titre purement informatif, Legao, le deuxième essai du jeune Norvégien, a été enregistré entre 2013 et 2014 au studio Hljóðriti à Reykjavik en Islande aux côtés du groupe de reggae Hjálmar. Un choix singulier mais somme toute assez cohérent lorsqu’on écoute les nouveaux morceaux du Norvégien. À commencer par « Fence Me In », un petit bijou d’indie-pop lumineuse assez éloignée des tendances affichées dans le passé par Kings Of Convenience, si ce n’est dans cette façon de mélanger la légèreté à la gravité, de varier les esthétiques et les genres musicaux. Cette fois, c’est dans des tonalités mid-tempo, des sonorités exotiques et  des rythmes presque dub qu’Erlend Øye est allé puiser les arrangements souples et élégants de ses chansons efficaces.

L’inclassable Erlend Øye se met alors en scène. Artiste atypique à la silhouette d’adolescent dégingandé, au visage flanqué de lunettes époque Brejnev et fan absolu de ‘Data Pop’. Jeune extraverti qui arpente volontiers le monde blasé de l’électronique et de la culture club. Un concert plutôt ensoleillé.

Pourtant, l’ennui s’immisce rapidement. L’Orangerie est comble, l’auditoire suffoque dans la moiteur qui laisse peu de place et guère de confort pour accueillir votre hôte comme il se doit. Après 27 minutes d’attente pour commander un soda. 14 minutes de file devant les portes de l’Orangerie, l’angoisse vous étreint. La fatigue et la foule gagnent sur le concert. Un choix  s’impose : supporter ou le revoir. Après 4 morceaux, c’est la seconde solution qui s’invite et décide. Impérieusement. À bientôt Erlend Øye. Pas ici, pas maintenant.

(Organisation Botanique)

 

Avi Buffalo

Section rythmique défaillante…

Écrit par

Avi Buffalo est une formation californienne qui a publié son premier elpee en 2010. A l’époque, son leader, Avi Zahner-Isenberg, n’avait que 19 ans. Depuis, hormis l’un ou l’autre travail de production, il s’était montré plus que discret. Le combo vient donc de graver son second opus. Et manifestement, le songwriter n’a rien perdu de son art à torcher des pépites pop-rock. L’opus a d’ailleurs reçu d’excellentes critiques de la part de la presse spécialisée. Et deuxième bonne nouvelle, l’Américain se produisait, ce mercredi 15 octobre, dans l’intimité de la Rotonde du Botanique…

Après une première partie assurée par une jeune Belge répondant au nom de Leonore, place à la tête d’affiche. Le backing group d’Avi réunit une drummeuse, un claviériste et un bassiste. Armé de sa guitare, Zahner-Isenberg s’installe au centre du podium. A vue de nez la moyenne d'âge du combo de doit pas dépasser les 25 printemps. Pourtant, les musicos ont l'air à l'aise et dès leur entrée en scène, n’hésitent pas à discuter avec leur public. Malheureusement, les deux premiers morceaux sont perturbés par une sonorisation pas encore au point. Les claviers sont trop mis en évidence alors que la guitare et la voix passent quasi inaperçues. Et même si au fil du set, le son va s’améliorer, il ne sera jamais totalement parfait. Pourtant, au bout d’une vingtaine de minutes, Avi a déjà démontré ses talents de guitariste. Ses doigts se baladent sur le manche avec une aisance impressionnante. C'est d'autant plus flagrant lorsqu'il entame en solo un morceau de son premier opus (« Summer Cum ») sur lequel un arpège d'une efficacité remarquable est exécuté. Il attaque ensuite deux titres à la sèche, uniquement épaulé par son claviériste. Mais le charme n’opère pas et on est finalement  heureux de voir revenir les autres membres du band. La set list se consacre essentiellement au dernier elpee ; et peu à peu, l’auditoire commence à ressentir une certaine frustration. Pas que la qualité des titres soit en cause. D’ailleurs les mélodies son solides, et Avi maîtrise parfaitement son sujet. Par contre, hormis le claviériste –qui impressionne par sa dextérité sur les touches de son instrument– la section rythmique fait un peu pâle figure. Le bassiste n’est pas un prodige, mais il assume plus ou moins correctement son job. C’est plutôt la drummeuse qui est à la traîne. Désinvolte, lymphatique, elle se contente de caresser ses fûts. Résultat des courses, elle ne parvient pas à communiquer le moindre dynamisme aux compos. Ses acolytes ont beau se décarcasser, rien n'y fait, la mayonnaise ne prend pas et l’auditoire perd progressivement son enthousiasme.

Quand on quitte la salle, on reste sur un sentiment mi-figue, mi-raisin, convaincu que les morceaux –excellents sur disque, je le rappelle– auraient pu atteindre une autre dimension, si le backing group avait été à la hauteur. On réécoutera volontiers la discographie d’Avi Buffalo, mais on réfléchira à deux fois, avant d’aller le voir en concert. Ou tout au moins, on se renseignera sur les musicos qui accompagnent Zahner-Isenberg…

 

(Organisation : Botanique)

 

Camera

Motorikissime

Écrit par

Les Berlinois de Camera entamaient ce mardi leurs trois dates belges à Liège. Un concert que votre serviteur attendait impatiemment, suite à la sortie de leur formidable nouvel album, "Remembre When I Was Dioxide Carbon" (voir rubrique chronique de notre site). Leur premier passage à Liège, dans le cadre du Microfetival 2013, m'avait laissé un peu sur ma faim. Le groupe, de fort mauvaise humeur suite, semble-t-il, à un conflit interne et des soucis techniques, n'avait pas vraiment justifié sa réputation de brillant performeur. JauneOrange avait alors promis de les inviter une nouvelle fois, à la première occasion. Ce nouveau rendez-vous a par contre amplement répondu à mon attente. Camera a démontré de la plus brillante manière qu'il est bel et bien une machine motorik exceptionnelle rôdée par des années de concerts sauvages dans les lieux publics berlinois et une tournée dans le monde entier quasi ininterrompue depuis 2012.

Mais commençons par évoquer la prestation du trio liégeois Back to Whitworth. Né sur les cendres d’Eté 67, le band n’a pourtant rien en commun avec le groupe de pop champêtre. Si le début du set peut rappeler la musique cosmique des années 70, en particulier les sonorités spatiales de l'orgue vintage, le propos se muscle progressivement et évolue vers des compositions plus math-rock saupoudrées de stoner. Agréablement surpris au départ, cette évolution me parle moins. Le son métallique de la batterie est agressif et cet instrument prend trop de place. On peut louer la technicité mais elle finit par lasser. Difficile de trouver un fil conducteur dans les courts morceaux finaux. Surtout quand on n'a jamais été grand fan de ce style. Ceci expliquant sans doute cela.

Chez Camera aussi, la batterie tient la place centrale. Motorikissimes, les rythmes de Michael Drummer (apparemment ce n’est pas un pseudo ; de quoi croire en la prédestination) sont l'élément moteur (fatalement) de la transe qu'impose progressivement le groupe. A côté de lui, sérieux comme Joseph Ratzinger, Timm Brockmann distille quelques drones sur son laptop mais surtout des sonorités synthétiques tournoyantes. Les deux compères sont accompagnés par un guitariste dont on n'apercevra le visage qu'à la fin du concert. Penché sur son instrument, les cheveux ballotant dans l'air rare de La Zone, il livre les accords cosmiques bouclés propres au krautrock.

D'interaction avec le public, il ne sera pas question. Pas un mot, pas un regard, pas un geste. Une froideur toute teutonne qui pour votre narrateur n'a pas d'importance mais peut-être, explique en partie le manque de réaction d'un public nombreux mais majoritairement amorphe voire même peu concerné.

Et pourtant, cette musique est terriblement excitante. Transique, psychédélique, faite de répétitions évolutives, elle passe de moments d'accalmie à des passages ébouriffants d'une rapidité extrême au gré du tempo des rythmes tribaux de Drummer.

Le premier morceau dure 15 minutes, le second 20. Enormes, hallucinants. On est entraîné sur les montagnes russes des percussions, le corps en ébullition et le cerveau déconnecté. On voudrait qu'ils nous emportent encore plus loin, on espère les mélodies synthétiques de l'album, des envolées de guitare. Elles ne viendront pas. Qu'importe. La scène semble pour Camera un monde à part où la transe prime, engendrée par les variations d'énergie et la répétitivité. Et tant pis pour ceux qui voulaient une copie conforme de leur remarquable travail en studio. Aucun morceau ne semble familier. C'est le royaume de l'improvisation maîtrisée. La dernière saillie, un peu plus brève et sans doute un rien moins intéressante donne à nouveau la part belle aux rythmiques. Drummer est vidé. Rideau.

Ce concert a provoqué en moi ce que seules certaines musiques africaines traditionnelles ont réussi à engendrer. Une déconnection quasi spirituelle, un état modifié de conscience. Pourtant, en y repensant, je suis certain de ne pas avoir assisté à la plus grande performance de Camera ce mardi soir. Mais je sais que la prochaine fois, l'expérience qu'ils me proposeront sera totalement semblable et complètement différente. Le propre du Krautrock. L'essence d'un grand groupe.

(Organisation JauneOrange)

Irma Pany

Un grain soul irrésistible dans la voix…

Écrit par

La première fois que j’ai entendu parler d’Irma Pany, c'était en 2011. Elle venait de poster son futur tube « I Know », sur la toile. Les internautes lui ont ensuite fait confiance et ont financé son premier album, « Letter To The Lord », via la plateforme participative 'My Major Company'. Et l’elpee est rapidement devenu disque de platine. Son premier concert, elle l’accorde à l’Ancienne Belgique, en première partie de Stromae. Coiffée d’un bonnet, armée d’une sèche, et tirant parti d’une loop machine, elle s’y produit en solitaire. Et tout en démontrant déjà son immense talent, sa superbe voix fait déjà la différence. Quelques mois plus tard, elle foule les planches de l’Orangerie, devant un auditoire sold out, pour y livrer un set empreint d’une grande sensibilité.

Irma est depuis soutenue par un backing group. Elle se charge du chant, de la sèche et des percus. Des percussions auxquelles se consacre entièrement Claire Pastor. Le line up est complété par le drummer Nicolas Dacunha, la bassiste Elise Blanchard, le guitariste Gautier Vizioz ainsi que Nicolas Liesnard au piano et synthétiseurs. Agée de 26 printemps, la Camerounaise possède un grain soul particulièrement émouvant dans la voix. Et difficile de ne pas y succomber. Sur les planches, sa frêle silhouette et son instrument font littéralement corps. Que ce soit la guitare, le piano ou les percus, qu’elle alterne avec le même bonheur. Son second album « Faces », est paru début juin. Elle l’a enregistré aux States. Elle est donc venue le défendre. L'Orangerie du Botanique est en configuration assise comme il y a deux jours pour Adam Cohen.

L’estrade est complètement dégagée au centre. A gauche sont concentrés la bassiste (également préposée aux synthés), le guitariste, et sur une estrade, la percussionniste. A l'extrême droite, le drummer jouit d’un emplacement de choix, sur un petit podium. A ses pieds, s’est installé le claviériste. Le concert va débuter. La scène est balayée d’un light show aux couleurs jaunes/orangées. Manifestement, un événement va se produire. Effectivement, Irma déboule depuis de fond du décor, alors inondé de lumière. Elle a abandonné son bonnet, mais pas sa six cordes. Elle entame le set par le single qui a précédé la sortie de son dernier opus, « Hear Me Out ». Sa voix est douce, enchanteresse. Progressivement, elle l’amplifie avant de lui donner toute sa puissance, sous un tonnerre d’acclamations. Je suis déjà conquis. Et j’en attrape déjà des frissons partout. Première constatation, les percussions ont pris une plus grande place dans l’expression sonore, communiquant davantage de couleurs aux compos. « Letter To The Lord » et « Their Truth » ne manquent pas de charme. Irma demande de balancer les épaules et de se les tenir. Pas évident quand on tien un appareil photo en main. Mais on se plie au jeu. Le public et l’artiste sont entrés en parfaite communion. Et elle sera permanente. Pour « Save Me », elle a empoigné une mandoline, un r&b qui ne manque pas de groove. Les cordes acoustiques guident « Where Do You Go ». Une formule qui a fait son succès. Et qu’elle exploite ici, à fond.

Percus et applaudissements accompagnent la voix d’Irma tout au long de « Watching Crap On Tv ». Elle en profite pour retrouver toute la magie des sonorités de sa loop machine. Et on se délecte des « Street Lights », « Ain't Easy » et « Everything Comes And Goes ». « Trouble Maker » rend un hommage appuyé à Michael Jackson. Elle ose un pas de danse qui devient presque envoûtant. On a envie de la rejoindre, mais c’est interdit. Elle nous réserve une autre reprise, mais de Justin Timberlake, toujours aussi dansante. Pour « Love Me », elle participe activement aux percussions. Et la belle va même au charbon. Chaleureux, l’auditoire l’accompagne en tapant dans les mains. Une envie irrésistible de quitter son siège vous envahit, mais la sécurité veille au grain. Les consignes sont strictes. Restez assis, vous pouvez vous agiter, mais modérément. Elle n’oublie pas son hit « I Know », qui lui a permis de faire sa place sur la scène musicale. « Catch The Wind » n'est pas une reprise de Donovan. Ou je me trompe. Mais c’est surtout une chanson qui incite au recueillement. En fermant les yeux, on entre dans le monde du rêve…

« Unconditional » constitue le dernier titre du concert. Enfin, celui pour lequel elle est soutenue par ses musicos. Car elle revient pour un petit rappel, mais en solitaire. Elle s’assied sur le bord de l’estrade pour interpréter « End Of The Story ». Bouleversant ! Et nous réserve une version acoustique, empreinte de tendresse, d’« I Know ». Votre serviteur a passé deux soirées d'exception en trois jours dans cette Orangerie en configuration assise : Adam Cohen et Irma. Deux artistes talentueux, mais qui sont demeurés humbles. Et qui respectent leur public…

(Organisation : Botanique)

James Vincent McMorrow

Une valeur sûre de l'électro/folk indie…

Écrit par

Il y a trois ans, James Vincent McMorrow se produisait en première partie de Thomas Dybdahl, au Botanique. Et en début d'année, il faisait son retour à l'Orangerie, devant un auditoire comble. Huit mois à peine se sont écoulés et le songwriter revient déjà à Bruxelles. Mais pour la circonstance, au Cirque Royal. Et si la salle n’est pas comble, elle est bien garnie, preuve que le succès de l’Irlandais est en pleine phase ascendante. Un succès entièrement mérité, lorsque l'on écoute son deuxième album intitulé "Post Tropical", sorti il y a peu.

Pour assurer sa première partie, le natif de Dublin a fait appel à l’un de ses compatriotes, Rhob Cunningham, un artiste qui a déjà assuré, dans le passé, le supporting act de Lisa Hannigan et d’Alela Diane. Son folk est assez classique et plutôt sympathique. Idéal avant d’accueillir le maître de cérémonie. (Pour les photos, c'est ici)

James Vincent McMorrow monte sur l’estrade 20h45. Il est accompagné de trois musiciens : une bassiste (qui double aux claviers et aux guitares), un drummer et un claviériste (également préposé à la flûte traversière). Le podium est parsemé de petits cônes lumineux qui évoquent symboliquement la forêt. Arborant comme à son habitude une barbe, vêtu d’une chemise au col ouvert pour accentuer son allure plutôt décontractée, il se plante derrière ses claviers et entame le concert. Quand il n’en joue pas, il se consacre à la gratte, qu’il change de temps en temps. Dès les premières notes, on se rend compte que cet individu transpire la classe. Le son est parfait et lorsque les premières paroles sortent de sa bouche (ou gorge), on ne peut que succomber sous le charme. Plusieurs démonstrations vocales seront d’ailleurs chaleureusement applaudies par le public. Le décor et l’éclairage permettent aux titres de son dernier elpee de prendre une dimension davantage lyrique (« Red Dust », « Post Tropical », ...) McMorrow s’autorise l’un ou l’autre exercice de style en solitaire. Et à la perfection (« And if my heart should somehow stop »). Au bout d’une heure et demie, il termine le spectacle par une nouvelle démonstration vocale, sans avoir avant oublié de présenter ses musicos.

Après avoir publié deux albums, James Vincent McMorrow nous a démontré qu'il est déjà devenu une valeur sûre de électro/folk indie. Et au vu de la performance accordée ce soir elle ne peut que monter en flèche... (Et pour les autres photos, c'est )

(Organisation Botanique)

 

Adam Cohen

Quelle belle soirée !

Écrit par

Ce samedi 11 octobre, l’Orangerie du Botanique accueille le fils de Léonard Cohen, Adam. La salle est en configuration assise. A ce jour, il a publié quatre elpees, dont le dernier, « We go home », est paru ce 15 septembre. Initialement, le spectacle devait se dérouler à la Rotonde. Vu le succès des réservations, il a été transféré dans la grande salle. Et le supporting act est assuré par la Belgo-suisse Stéphanie Blanchoud, dont la sortie du prochain opus est prévue pour le début 2015.

Dès 2005, Stéphanie Blanchoud s’était illustrée en gravant un premier LP intitulé « A Coeur Ouvert », un disque bien accueilli par la critique musicale, en Belgique. La jeune artiste décroche de nombreux prix et tourne pas mal. Elle participe notamment au ‘Coup de Cœur Francophone’ à Montréal, aux ‘Francofolies’ de Spa, aux ‘Découvertes’ à Mautauban ainsi qu’aux ‘Jeux de la Francophonie’ à Niamey. Elle rencontre Jean François Assy, le violoncelliste d’Alain Bashung, qui lui écrit la plupart des titres de l'album, « Insomnies », long playing qui paraît  en 2009. Ce deuxième essai lui ouvre de nouvelles perspectives et lui permet d’assurer les premières parties de Benabar, Yodelice, Jane Birkin et Maurane. Cette dernière l’invite à participer à son périple ‘Nougaro’ pour plusieurs dates, dont celle de l’Olympia à Paris, en mai 2010.

Stéphanie part ensuite aux Etats-Unis, l’année suivante, pour mettre en boîte un Ep, dans le cadre de son projet ‘Blanche’, sous la houlette du producteur Jack Johnson. Et début 2015, elle devrait livrer un nouvel elpee davantage imprégné des sonorités anglo-saxonnes. Empruntées, notamment à T-Bone Burnett. Pour le concocter, elle a bénéficié du concours de Marcello Giuliani (Sophie Hunger, Erik Truffaz, Lou Doillon) à la mise en forme. Et puis du chanteur Daan, lors d’un duo.

Le set de Stéphanie baigne au sein d’un climat feutré. Elle est épaulée par deux musicos. Un guitariste/mandoliniste/percussionniste (David Piedfort) et un violoncelliste/bassiste (David Piedfort). Elle possède une très belle voix, chaude, sensuelle, passionnée, qu’elle souligne de sa gratte électro-acoustique.

En une demi-heure de prestation, elle va nous dispenser quelques jolies chansons dans la langue de Molière, pistes qui figureront sur son prochain long playing. Et une dans celle de Shakespeare, vraiment superbe. Manifestement, la musique de l’artiste a pris une coloration nettement plus anglo-saxonne ; et l’instrumentation n’est pas étrangère à ce phénomène.

Setlist : "Tout au bout du monde", "A quoi ça rime", "Oops" (cover de Britney Spears), "Les beaux jours", "Perdre la douleur", "Mes bonnes manières". Rappel en solo : "Déjà ça"

Adam Cohen s’était produit, il y a un peu plus de deux ans, dans le cadre du Brussels Summer Festival, sous le dôme du Magic Mirrors. L'artiste était parvenu à charmer son auditoire, grâce à des compos issues de son troisième long playing, « Like A Man ». Un disque qui me fait penser à deux formations que j’apprécie énormément, Mumford And Sons et The Lumineers. A l’instar d’Adam, ils pratiquent une folk dépouillée, illuminée par des instruments à cordes, et dont les mélodies vous prennent carrément aux tripes. Des chansons à savourer devant un bon feu de bois, par une froide soirée d'hiver. J'étais donc impatient de revoir le fils de Léonard en concert…

Il est venu défendre son quatrième LP, « We Go Home ». Il présente chacune de ses chansons, tantôt en anglais, tantôt en français. Sur les planches, il est soutenu sur sa gauche par la guitariste Trish Robb ainsi que son ami et multi-instrumentiste (percussions, piano, basse et guitare) Michael Chaves. Et deux charmantes violonistes ainsi que la violoncelliste Mai Bloomfield, circonstanciellement préposée aux claviers, s’installent derrière lui. Adam est âgé depuis peu de 42 ans. Il ressemble à son père. C’est frappant ! Et puis il ne se prend pas la tête et semble prendre son pied sur scène. Il a un excellent contact avec le public, un contact qu’on pourrait qualifier d’interactif.

Le spectacle s’ouvre en douceur par « Too Real ». Trish a placé sa guitare horizontalement et en joue en mode 'pedal steel'. Adam possède des inflexions vocales proches de celles de son paternel. Aussi chaude, sa voix peut se faire grave et légèrement rocailleuse. Et il la maîtrise parfaitement. A la gratte, il tire parfaitement son épingle du jeu. Il existe une grande complicité entre l’artiste et ses musicos, principalement de sexe féminin. A l’instar du dernier opus, les compos sont généreusement enrichies d’instruments à cordes et de chœurs. Le sens mélodique est irrésistible. Les textes sont soignés. A plusieurs reprises, Adam demande aux spectateurs la raison de leur présence. Les réponses sont empreintes d’émotion, ce qui aura le don de toucher le poète au grand cœur. A l’écoute de « Put Your Bags Down », on ne peut que fermer les yeux. Contagieux, le titre maître du dernier LP incite la foule à reprendre le refrain en chœur. « What Other Guy » est un extrait de « Like A Man », une chanson douce, soulignée de chœurs, qu’Adam interprète d’un timbre paisible. Il embraie par « Don't Crack », tiré du dernier long playing, et « Like A Man », titre maître de l’opus paru en 2011. Le duo échangé entre Tris et Adam pour « Sweet Dominique » constitue un moment fort du concert. La connivence entre les deux musicos est totale. Le public le ressent. Pour « What Kind Of Woman », issu du nouvel opus, Adam utilise un cornet de téléphone vintage, afin de nous transmettre son message positif. Un titre de toute beauté, bercé par des cordes omniprésentes…  

Adam siège derrière le piano pour « Love Is ». Les musiciens claquent des doigts et l’auditoire embraie, avant d’applaudir généreusement. On sent une parfaite communion entre ce public et les artistes. Le set s’achève par « Beautiful », un dernier morceau du long playing précédent. Mais cette belle soirée, chargée d’émotion, intense et intimiste à la fois, ne peut se terminer ainsi. La foule en redemande. 

Après tant d’acclamations, la troupe revient sur l’estrade et le rappel va nous réserver des instants comme je les apprécie tout particulièrement. Plus de micro. Plus d’électricité. Et c’est totalement ‘unplugged’, que le band nous réserve trois perles, « So Much To Learn », « Uniform » et en finale, « Fall Apart ».

Le temps est passé trop vite. Mais quelle belle soirée !

(Organisation : Botanique)

Allah-Las

Le passé recomposé

Écrit par

Arrivé plus tôt que prévu, j’assiste à une scène pour le moins intrigante : Miles Michaud et Matthew Correia, soit respectivement le chanteur et le batteur du groupe, font le mur pour passer du côté rue du Botanique.
Un mur de deux mètres cinquante surplombé d’une barrière hérissée de pointes acérées. Les fugitifs sont chargés d’encombrants bagages en tout genre (vieilles valises, sachets en plastique et autres sacs à dos de randonnée).
Ciel ! Les Allah-Las se feraient ils la malle ?
Alors que je m’interroge, le reste du groupe arrive paisiblement par la porte principale, et après avoir rangé leur joyeux bordel dans le van, ils reviennent tranquillement et me saluent poliment.
Fausse alerte ! Peut être un manque d’exercice. Cependant, pas décidés à se dérober, les jeunes Californiens s’éclipsent pour mieux revenir quelques heures plus tard.
Profitant de cette fin de journée ensoleillée, prémisse à un voyage dans le temps, je m’arrête devant la vitrine d’une boutique, sise juste en face.
Truffée d’objets des années 50, 60, et 70, elle fleure bon le vintage.
Une petite jeune fille aux escarpins rouge à pois vient déposer dans ma main une carte de visite. Au verso, la typo me renvoie à un site web.
Je réfléchis au contraste amusant entre l’aspect rétro de ces objets et leur immersion heureuse dans le monde actuel. Et j’établis le corollaire avec les Allah Las, qui eux, recyclent à leur manière le patrimoine musical en y incorporant une subtile dose de modernité.
Levant les yeux au ciel, un oiseau passe et me demande :
- ‘Alors, voyageur du temps, es-tu en place ?’
- ‘Et comment !’

Petits protégés de Nick Waterhouse, les Allah-Las peuvent paraître passéistes (le son, le style, voir même la dégaine de ses membres), ils n’en restent pas moins un groupe novateur à sa façon.

Par touches délicates, ils ont ce talent, cette facilité déconcertante de rendre hommage à une époque sans tomber dans la révérence nostalgique.

De fait, le public ici présent est loin de se limiter à des Bobos quadragénaires (il y en a bien sûr), mais brasse dans différentes catégories d’âge.

Preuve s’il en faut que le combo n’est pas une caricature du genre.

Pendant une heure quart, il revisite donc la côte ouest en version Instagram, filtre ‘Earlybird’ vissé à la caméra 8mm et guitare en bandoulière.

Difficile de résister.

Les pieds dans le sable, le regard accroché au soleil, on s’évade en (bonne) compagnie de ces jeunes gens fort sympathiques.

Nettement plus surf que Psyché à mon sens, la musique des Allah-Las séduit et semble mettre tout le monde d’accord.

« Catamaran » et « Tell Me (What’S On Your Mind) » avaient tracé la route du succès pour le groupe de Los Angeles.

Il est fort à parier que leur second album, « Worship The Sun », sorti en mai dernier, ne fera qu’enfoncer le clou dans le bitume qui les mène doucement vers un semblant de notoriété.

Finalement, il est sage de voir le groupe préparer ses chansons dans une vieille marmite, parce que la sauce prend vraiment bien !

Du coup, tout, tout le monde semble heureux d’être (Allah) là.

S’échangeant de temps à autre les rôles derrière le micro et les instruments, chacun des éléments apporte son équilibre à un ensemble séduisant.

Nettement plus à l’aise que quand je les avais vus la première fois (Pukkelpop 2013), alors qu’ils m’avaient déjà séduits, ils enchaînent les titres comme autant de perles sur un collier.

Un rappel plus tard, ce sont eux qui remercient l’auditoire pour l’enthousiasme non feint dont celui-ci fait montre au final de la dernière note.

En quittant la salle, on aperçoit les musicos hilares qui observent le public s’échapper par les portes de sortie, le sourire figé aux dents.

Voici donc un groupe sur lequel on peut compter.

Ce soleil là n’étant pas près de se coucher !

(Organisation : Botanique)

 

 

Caribou

Le déluge sonore a brisé mon élan…

Écrit par

Le Botanique a pris une coloration canadienne ce soir. Aussi bien à la Rotonde qu’à l’Orangerie. La grande salle devrait vibrer aux sonorités électro de Caribou. Et la Rotonde trembler sous les décibels de Death From Above 1979. Votre serviteur remplace au pied levé un collaborateur empêché pour le concert de Daniel V. Snaith et sa bande. Il y a énormément de monde pour les deux concerts. Ils sont même sold out. La soirée sera donc chaude, mais pas exceptionnelle.

Jessy Lanza est également canadienne. Elle sert de supporting act pour Caribou. Elle va sauver ma soirée. Née en 1985, cette chanteuse/musicienne est issue de Hamilton, dans l’Ontario. Elle est considérée comme une des découvertes les plus marquantes, au pays de l’érable, en 2013. Perso, je la découvre également. Elle a reçu une formation jazz, mais avoue pour influence majeure, le r'n'b. Et apprécie notamment des artistes comme Missy Elliot et Timbaland. Son premier elpee, « Pull My Hair Back », est paru en 2013. C’est d’ailleurs des extraits de ce disque qu’elle va interpréter lors de son set. Elle est seule sur les planches, entourée de ses synthétiseurs et machines. Douce, troublante et sensuelle, sa voix colle parfaitement à son électro. Jessy est cependant timide et ne communique guère avec le public, pourtant attentif à sa prestation. Le son est presque parfait. Et à l’issue de son show, d’une durée de 30 minutes, elle est chaleureusement applaudie. Malgré le bref laps de temps qui lui a été imparti, il faut reconnaître que l’artiste a laissé entrevoir un énorme potentiel. A revoir certainement, mais en tête d'affiche. Quelque part, elle me fait penser à M'Michèle, véritable surprise électro, lors des dernières Francos…

Caribou, c’est le projet de Dan Snaith. Un multi-instrumentiste, producteur, chanteur, arrangeur et compositeur qui fait un véritable tabac sur la scène contemporaine. L’animal doit être beau et impressionnant pour recueillir un tel crédit. Faut dire qu’il compte –en tenant compte de ceux de Daphni et Manitoba– 7 albums à son actif. Précédé par le single « Can't Do Without You », son dernier LP, « Our Love », est paru ce 6 octobre. Et en ‘live’, il est soutenu par 3 collaborateurs.

Les quatre acolytes sont disposés en cercle, un peu comme chez BRNS, pour démontrer leur cohésion. Dan se charge des percus et des synthés. Deux batteries se font face. Les autres musicos se partagent machines et autres synthétiseurs. Lorsqu’il monte sur l’estrade, Smith est acclamé par une foule venue spécialement pour lui. Mais dès le départ, je constate que le son est de qualité médiocre. Les synthés saturent et les retours de basse sont excessifs. J’ai beau changer de place, le résultat est identique. Même près de la table de mixage. C’est peut-être un choix du leader qui souhaite probablement noyer l’auditoire dans son déluge sonore. Mais perso, je préfère rester la tête hors de l’eau. Dès que le son est de piètre qualité, je suis mal à l'aise et je finis par vider les lieux. Avant même la fin du concert. Comme ce soir. Une seule chanson fera exception à la règle, plus paisible également, et paradoxalement celle au cours de laquelle Dan va inviter Jessy à le rejoindre sur le podium.

Notre rédac’ chef néerlandophone assistait au concert de Death From Above 1979 à la Rotonde. Il a débarqué à l’Orangerie à deux reprises, me signifiant que la musique de Caribou était superbe. Sur disque, certainement. Bon, comme le justifiait Johan, elle n’est peut-être pas adaptée aux petites salles et prend, paraît-il, une autre dimension lors des festivals. C’est à vérifier…

(Organisation : Botanique)  

Voir aussi notre section photos ici

 

 

Détroit

D’étroits liens noués à jamais…

En préambule à la messe de ce soir, première des deux soirées dévouées au culte d’un homme devenu à la fois ange et démon, se déroule à l’étage une séance d’écoute de l’album « Tostaky ».
Ici, loin du brouhaha médiatique, nous demeurons presque solennellement assis dans une nef, face à un autel où trône une platine.
Comme une chapelle ardente dont le chœur vibre d’une même voix.
Celle de la musique.
Car ici, il n’est question que de ça.
Loin de tout parti pris, nous nous retrouvons dans cette pièce pour la meilleure des raisons qui soit.
Tout à la dévotion d’une œuvre, plutôt qu’à un homme, tout dieu soit-il.
Le son rêche des cordes qui s’extirpent de la masse. « Here It Comes Slowly ».
C’était en 1992.
L’album n’a rien perdu de sa superbe.
Hors du temps, hors contexte.
Frondeur et saillant sous tous les angles.
Là, sous la voûte, un ange passe.

Revenus comme autant d’Ulysse, sombres héros de l’amer, de cette salvatrice immersion, prêts à pénétrer serein le détroit qui sépare les mers de l’oubli, nous voici plongés à présent dans la fosse, emportant comme seul bagage notre foi sacrée en l’immortalité de nos cœurs jouvenceaux.

Imprégnés d’une aura électrique, scintillants d’excitation.

Tout autour, se répand l’effervescence d’un public impatient.

C’est une de ces nuits mémorable qui s’avance à grands pas !

Puis pénétrant la lumière, le groupe s’installe sur scène.

Pratiquement tous les yeux sont alors braqués sur un seul homme.

Celui qui a appris à vivre avec ces regards, et les autres aussi.

Celui qui a appris à vivre avec lui-même, aussi.

Puis, presque timidement, le groupe avance et se faufile dans chaque interstice.

« Ma Muse » en éclaireur, défrichant doucement le nouvel « Horizon ».

Peu à peu, l’atmosphère échange ses ions de chagrin et glane ici et là quelques électrons libres sous haute tension.

Le ciel se déchire, mais se refuse à pleurer.

« Ernestine » est le premier titre de Noir Désir interprété ce soir.

Passent les nuits.

Le chant des cimes est accessible ou pas.

Mais impossible de résister à l’appel de cette voix, charriant d’indicibles douleurs et d’éternels combats.

S’enchaînent les titres d’hier et ceux d’aujourd’hui, effaçant la frontière invisible que dessine la cicatrice du temps. Juste l’espace d’un instant. Mais un instant renouvelé chaque soir, comme un baume  contre le mauvais souvenir, tel un remède opiacé où se réfugier.

Comme une attelle aidant Bertrand Cantat à progresser, à se relever, à se révéler à nouveau.

Car il ne fait aucun doute que cette étincelle de vie retrouvée, cette joie réelle de partager, de se trouver là, sur scène, parmi les siens, devant nous, il la doit à cette muse qu’on nomme création et qui s’exécute docilement sous ses doigts, se glissant dans sa voix.

Sans elle, Cantat ne serait plus. Et depuis longtemps déjà.

Mais cette force, elle est belle et bien présente.

Tangiblement ancrée comme des fers à ses poignets.

Sensiblement nouée au creux de sa gorge.

La première partie touche à sa fin. On croit approcher l’apothéose.

Mais celle-ci s’offre généreusement pendant près d’une heure.

Une heure de rappels !

Détroit bouscule l’organisation sans faille de l’AB.

Ses organisateurs sentent le moment historique, ce moment où décidément, il se passe quelque chose qu’on n’est pas en passe de revivre avant longtemps.

Et dont on parlera encore longtemps.

Bertrand Cantat inflige une gifle, musicale et magistrale, oublie ses détracteurs, oublie même d’oublier, car il n’est plus qu’un magnifique Icare qui tutoie le soleil et plonge droit sur lui.

Ce trou béant de lumière au milieu du noir et du désir.

De ce mariage improbable naît un Phoenix qui, en pleine renaissance, entre en communion presque charnelle avec la foule, cette foule, sa foule.

Cette masse compacte de chair et d’os, de larmes et de sueur qui s’agite ici bas.

Détroit n’est pas pour autant un simple faire-valoir.

C’est une entité à part entière.

Plus que la suite de Noir Désir, c’est une des ramifications de Noir Désir.

On croyait l’arbre mort, et soudain surgit le mystère.

Puis, le bourgeon a éclos, jusqu’à devenir fleur.

Et quelle fleur !

Fragile, et couverte d’épines.

Les nouveaux arrangements de « Un Jour En France » ou de « Tostaky » peuvent sembler gonflés à l’hélium, ils n’en restent pas moins des fers de lance incontournables.

Relecture audacieuse d’un répertoire non figé, qui lui aussi peut encore évoluer.

Symphonie syncopée d’une certaine histoire de la révolution made in Rock.

Échos de la rage contenue, flagellant la désolation, fustigeant la réaction.

Enfin, au second rappel, vient l’heure de l’union sacrée entre le public et le band.

Où l’émotion prend la place qui depuis le début, lui est octroyée.

Et quand se termine « Comme Elle Vient », comme la vague irrésolue, les paroles du refrain, reprises par l’assistance, viennent s’échouer sur le devant de la scène, emplissent l’espace et gonflent le cœur de Bertrand Cantat, encore et encore.

Comme en mai dernier, comme chaque soir peut-être, mais toujours avec autant de foi et d’amour fusionnel entre cet artiste qu’on dit poète maudit, et son public.

Un public, qui l’a compris, vient de passer un moment unique.

C’est simplement beau et grand, et il y a des lustres que nous n’avions pas vu pareille ovation.

Et si aujourd’hui n’a sans doute pas la force d’effacer hier, dans chaque instant, infiniment présent, il dessine les contours de demain.

(Organisation : Live Nation)

(Voir aussi notre section photos ici)

 

Clap Your Hands Say Yeah

‘Clap Your Hands’ ! Sans ‘Yeah’…

Écrit par

Clap Your Hands Say Yeah (CYHSY) est une formation pionnière en matière de diffusion et de promotion sur le net. Des précurseurs qui ont exploité le potentiel de la toile, au lieu de transiter par un label. Une formule devenue aujourd’hui habituelle. Ces ex-stars des blogs sont également les premiers à avoir causé des ravages sur MySpace (NDR : vous vous en vous souvenez encore ?). Le combo se produisait, ce mardi 7 octobre, à l’Orangerie du Botanique. Et il n’était donc pas étonnant d’y croiser un public de trentenaires, relativement clairsemé, accueillir ces Philadelphiens qui étaient parvenus à faire chavirer les cœurs des fans d’indie, en 2005, grâce à leur irrésistible premier album…

Les lumières sont toujours allumées dans la salle, lorsque les 4 musicos montent sur le podium. Au premier instant, on imagine qu’il s’agit de roadies encore occupé à régler le matos. En fait le band, évolue à des années-lumière du star-system. Les artifices ne les intéressent pas. Et encore moins le racolage. Le show sera donc épuré. Le combo est venu défendre son dernier et quatrième opus, « Only Run », paru il y a quelques mois. Du line up initial, il ne reste plus que le bassiste/producteur Matt Wong et le chanteur/compositeur/guitariste Alec Ounsworth. Ce dernier est manifestement le leader ; et son emprise sur la bande est indiscutable.

Clap Your Hands Say Yeah débute pied au plancher. Le son est puissant et dense. Pas besoin de réglage ni de rodage. Nasillarde, la voix d’Ounsworth, me fait penser à celle de Gordon Gano (Violent Femmes), mais circa 2000. C’est également le principal atout de la formation. Cependant, la solide ligne de basse, le drumming aride et rigoureux, la surprenante boîte à rythmes ainsi que les claviers à coloration 80’s, apportent une autre envergure aux compos, pas toujours évidentes à cerner sur l’elpee. Dommage que le chef de bande manifeste aussi peu de sympathie et donne l’impression de n’accomplir que son job –si l’on excepte un morceau interprété seul sur l’estrade– car ses acolytes sont à la fois souriants et énergiques… Néanmoins, le set de CYHSY regorge de perles indies, telles que « Satan Said Dance », « Maniac », « Over and Over Again », « Upon This Tidal Wave of Young Blood », « Is This Love » ou leur hit incontournable, « The Skin of My Yellow Country Teeth », tout en surfant imparablement sur la mélancolie allègre. Après un peu plus d’une heure de show, les Américains quittent la scène sous les applaudissements du public, avant de revenir pour un court rappel exécuté, malheureusement, sans passion ni enthousiasme. Malgré l’évidente qualité de leurs compos, il manque au band ce petit grain de folie qui permet de passionner les foules. ‘Clap Your Hands’ ? Mais sans ‘Yeah’ !

(Organisation Botanique)

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