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Teethe : de la douleur au soulagement…

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La fuite d’Ellside

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Dépêché en dernière minute par la grâce d’un sms sur le coup de seize heures trente (et après avoir réalisé que l’événement avait lieu le soir même !), je m’engage donc dans la bouche fiévreuse de Bruxelles, remontant son reflux gastrique par le colon Montgomery pour arriver à l’ouverture des portes.
Si l’événement de ce soir mérite quelques chamboulements de dernière minute (exit la réunion des parents et bonjour l’étiquette de père indigne !), je peux me féliciter de m’être à ce point pressé, vu mon placement en première ligne.
Conditions idéales donc, s’il en est, pour revoir le groupe de Bristol, deux mois à peine après les Ardentes.
Premier constat : l’auditoire réunit presque exclusivement des quadragénaires ; une conséquence du coût déraisonnable des places. Mais à qui doit on en imputer la faute ???
C’est en tout cas une des raisons que mon esprit avance sur l’échiquier de l’analyse en préambule à ce concert à connotation unique. Unique, car il est fort à parier que le prochain passage du groupe se déroulera dans un espace bien moins agréable.
Jouissant du privilège d’invité, je m’abstiendrai donc de relancer la polémique sur la surenchère des prix de concerts et vais donc sagement me contenter de profiter pleinement du spectacle.
Et tout semble parfaitement en place pour celui-ci.

Vingt heures, la sono commence à diffuser les premières nappes de Dub, prévisible incursion vers les abysses lumineuses d’une Massive Attack.

S’y devinent, les sources d’inspiration du groupe qui ont, à l’aube des années 90, révolutionné le monde musical.

Au fil des minutes, certains spectateurs commencent à s’impatienter.

Près d’une heure plus tard, dans l’obscurité tapissée de fumigènes, presque sur la pointe des pieds, les silhouettes investissent le podium.

Ainsi débute la messe.

Pour concevoir l’entité du groupe précurseur du Trip Hop, il faut envisager le spectacle selon deux axes.

D’une part sa musique, bien entendu, mais aussi son visuel dans lequel les membres s’investissent largement.

Indissociables, l’un et l’autre forment une alchimie parfaite lors de leurs shows, renforçant l’impact de la prestation.

Les premières basses viennent s’écraser comme des lames de fond au-devant de la scène et en arrière, un gigantesque écran digital scindé en différentes sections, diffuse invariablement messages anti-propagandes et images de masse lobotomisantes.

Cette collision, loin d’être fortuite, génère un impact direct sur l’émotionnel et le ressenti de la partie musicale.

Mis de telle sorte en lumière, les morceaux de Massive Attack révèlent ainsi d’autant plus leur magnifique noirceur, mais aussi leur éclatante inventivité.

Bien sûr, rien n’est laissé au hasard, et si celui-ci s’invite à l’improviste sous la forme d’un grain de sable venu se loger entre les cordes vocales de Martina Topley-Bird ; lorsqu’elle interprète « Paradise Circus », il n’enraye pas pour autant la machine admirablement huilée.

Pourtant, cette quasi-perfection ne coule pas la performance du groupe dans un moule d’ennui.

Et si ses membres connaissent parfaitement leur partition numérique, ils semblent unis par une osmose interne les reliant les uns aux autres et leur permettant d’ajouter cette infime touche de magie noire qui fait la force de MA.

Tour à tour, Martina Topley Bird, Horace Andy et Grant Marshall (alias Daddy G) viennent prêter leurs voix aux différentes compositions qui se tissent comme autant de toiles lumineuses.

Ce à quoi un light show somptueux vient se superposer, de sorte à donner corps à l’âme du band qu’on peut apercevoir danser entre les faisceaux de lumière.

Manifestement incommodée par un léger refroidissement, la chanteuse semble jouer sur la réserve.

Qu’importe, puisque émane de sa gorge cette mystérieuse sensualité qui habille si bien les titres, s’appropriant avec grâce et élégance les morceaux chantés par d’autres sur disque.

Quant à l’icône du Reggae, fidèle à lui-même, il investit la scène de son aura intemporelle.

Ainsi se succèdent les hits du groupe, sans surprise, mais interprétés avec force et un savoir-faire qui semble décupler au fil des dates.

En guise d’aperçu de l’album à venir (et dont la date n’est pas encore avancée), quelques nouveaux titres se glissent dans la set list.

La méthode de travail a peut-être changé (Robert Del Naja évoquait récemment dans une interview aborder l’élaboration de ses morceaux de manière différente), mais le résultat reste tout aussi convaincant.

Avant un unique rappel, la troupe disparaît comme elle est apparue, soit en catimini.

Mais au final, après trois titres (dont l’incontournable « Safe From Harm » en apothéose) elle s’éclipsera sous les hourras de la foule, baigné dans une lumière crue, les révélant enfin, tous réunis, s’échangeant généreusement congratulations et embrassades sincères.

Fondamentalement, le concert de ce soir n’était pas très différent de leur prestation en festivals, mais dans ce contexte de perfection presque totale, était-il bien convenable de faire la fine bouche ?

(Organisation : Greenhouse Talent)

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Napalm Death

Quand le son est pourri, les oreilles trinquent…

Écrit par

En 2014, le Magasin 4 fête ses 20 ans ! De 1994 à 2014, plus de 3 300 groupes différents s’y sont produits. Tout d’abord au 4, Rue du Magasin ; et ensuite au 51B, Avenue du Port. Il s'agit d'une aventure humaine et artistique de plusieurs vies. Tout aurait été impossible sans les nombreux bénévoles, artistes, groupes, organisateurs ainsi que tous ceux qui ont contribué de loin ou de près à l’aventure de ce lieu à l'atmosphère unique.

En débarquant à 18h15, le Magasin 4 est déjà blindé. C'est bien la première fois que je vois autant de monde dans cette salle. Peut-être l'effet ‘anniversaire’. Je me faufile parmi les spectateurs et y croise pas mal de monde issu d’outre-Quiévrain. Il fait chaud et même très chaud dans la fosse. Mr Marcaille ouvre les hostilités. Un français assez bien constitué, en slip noir. Il est armé d’un violoncelle et se sert de deux grosses caisses, à l’aide de ses pieds. Ce 'One Man band, c'est un peu le Rémy Bricka du death metal ! Il se démène, triture son instrument et frappe sur ses toms, en même temps. Mais le son est tellement exécrable, que par réflexe, j’enfonce mes bouchons dans les oreilles. Avant d’aller prendre l’air. Je tente à deux reprises de revenir sur mes pas. Mais rien à faire, je n’entends que du bruit, et je retourne à l’extérieur.

Place ensuite à Vorax Virosus, un combo belgo/français. Un trio guitare/basse/batterie, ma foi, fort classique. Le son n’est toujours pas meilleur, même filtré par mes boules-Quiès. Je décide donc de faire l'impasse. Sorry les gars, j’espère vous revoir dans de meilleures conditions. Un petit conseil quand même, prévoyez un ingé-son compétent…

C’est au tour de Visions Of War d’investir les planches. Issu du Nord du pays, il pratique du thrash/crustcore. Il est actif depuis 1996. Dès le soundcheck, les musicos réclament un meilleur son dans les retours de scène. Et réitèrent leurs sollicitations dès le début du set. Apparemment, il est aussi pourri sur l’estrade que dans la salle. Le chanteur a pourtant une très bonne voix et les autres membres du groupe se dépensent sans compter. Je tente de me réfugier derrière la table de mixage (où le son doit être bon). Mais peine perdue. La soirée est plus que mal embarquée. Vu les efforts opérés par le band, j’assiste à l’intégralité de leur prestation, mais un peu à contrecoeur…

J’espère cependant, en mon for intérieur, que les problèmes seront résolus pour la tête d’affiche. Il s’agit quand même de la formation insulaire Napalm Death. Eh bien non, rien n’a vraiment changé. La set list est généreuse et réunit 26 titres. Le public est toujours aussi conséquent, mais la déception peut se lire sur les visages. Le chanteur Mark ‘Barney’ Greenway est pourtant en forme et bouge pas mal. Il s'époumone et chante à tue-tête. Je me suis planté derrière la console, où normalement, le son est censé irréprochable. Pas du tout ! Je recule jusque la sortie. Ce n’est pas mieux ! A la moitié du set, je décide alors de jeter l’éponge et de vider les lieux. Il est très rare que je quitte un concert au beau milieu de son parcours. Mais vu les circonstances, ma décision était inévitable. Car finalement, j’ai passé une mauvaise soirée…

(Organisation : Le Magasin 4)

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Von Magnet

Un rituel magique et magnétique…

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Pour fêter ses 20 années d’existence, le Magasin 4 a programmé toute une série de concerts aux affiches plus qu'alléchantes et dans des styles assez larges, de septembre à décembre.  Après avoir soufflé une première bougie en compagnie des increvables The Ex, L'Enfance Rouge, Gâtechien & co, une rentrée anticipée très réussie, il faut le souligner, l’organisation accueille le collectif multidisciplinaire et avant-gardiste Von Magnet, au sein de la sympathique salle de l'Avenue du Port.

Mais avant ce spectacle, on a droit à deux ‘one man band’ en guise d'échauffement. Tout d'abord l'Anversois Asthoreth dont je n'ai vu que la fin de la prestation tout en drones de guitare aux atmosphères quasi chamaniques et autres manipulations expérimentales. Ensuite Mongolito, un encombrant pseudo –tous ceux qui ont connu Priba 2000 acquiesceront, les autres iront faire une petite recherche youtubesque pour s'en convaincre– sous lequel milite le Bruxellois Marc De Backer. Il est en général coiffé d'un grand chapeau. Et surtout d'un masque de Guy Fawkes, popularisé plus tard par les Anonymous. Mais ce soir, il ne le porte pas. Sous cet alias et sur sa six cordes, il pratique une musique sombre voire macabre qui doit autant au doom (y compris en version acoustique) qu'à la dark ambient. Une six cordes donc, quelques nappes de sons et autres pulsations basiques et le décor est planté. Ajoutez-y des projections vidéo étrangement glauques et vous obtenez inévitablement une atmosphère délicieusement lugubre qui ne ravira toutefois qu'un public déjà conquis à cette cause.

Et puis Von Magnet, les cultissimes instigateurs d'un genre que l'on dénomme (ou dénommait) electro-flamenco, entrent en scène. 30 années d'existence et un chemin qui les a menés aussi bien sur les dancefloor des clubs londoniens, dans des squats et autres bâtiments désaffectés, qu'en haut de l'affiche de nombreux festivals internationaux. Ce qui aurait vraisemblablement dû rassembler la foule ; mais c'est pourtant devant une assistance assez restreinte que le spectacle va se dérouler. Moins d'une centaine de personnes, à vue de nez. Et le mot ‘spectacle’ ici prend tout son sens tant on est loin de la représentation habituelle d'un concert de rock ‘classique’. Danse, théâtre, chant lyrique et projections vidéo s’intègrent dans la musique ; et on est captivé par la performance dans la performance! A savoir le fait d'enchaîner ou de mêler ces actes artistiques avec un sens du rythme qui ne doit évidemment rien au hasard. Ils occupent donc le temps et l'espace adroitement et brillamment, changeant constamment de place voire même de rôle sur scène, quand ils ne la quittent pas pour créer une sorte d'enclos à l'aide d'un long fil tendu entre les enceintes et les barrières Nadar placées devant la régie. Le public ainsi enfermé dans une sorte de prison virtuelle est alors libre de choisir entre y rester cloisonné ou au contraire s’en échapper en soulevant simplement une ficelle... On pourrait s'étendre sur la symbolique de cette démarcation ; mais je laisserai à chacun son interprétation. A un autre moment, c'est le charismatique Phil Von qui entame littéralement une cavalcade effrénée avant de tomber, évanoui... Derrière toute cette scénographie et ces mouvements, n'oublions pas les compos musicales. Elles balaient aussi bien le flamenco, les orchestrations majestueuses qu'une electro indus pointue riche en basses et ondulations sonores, ondulations qui vont et viennent au gré des courants musicaux traversés/anticipés par le groupe. Car c'est aussi là sa force, être capable de s'adapter à son environnement urbain et sonore tout en conservant son identité propre, évoluer et se réinventer comme une troupe mutante des temps modernes. Et ces mutants nous ont offert, ce soir, une représentation digne d'un des plus beaux rituels pour l'émancipation de l'individu, la quête de la liberté et le refus de la compétition à tout crin... Je ne les en remercierai jamais assez.

(Organisation Magasin 4)

 

The Chills

Superbe, mais un peu court…

Écrit par

Dans le cadre du festival Boomtown, le Handelsbeurs accueillait le groupe culte The Chills, ce samedi 26 juillet. The Chills c’est avant tout Martin Phillipps qui drive la formation depuis 34 longues années, même si son aventure a été marquée par quelques interruptions. Et il doit avoir consommé plus d’une vingtaine de ‘line up’ depuis la formation de son band. L’an dernier, il avait gravé un elpee live, « Somewhere beautiful ». Car son dernier opus studio, « Sunburnt », remonte déjà à 1996. Depuis, le combo n’a sorti que des Eps, des compiles et des singles, dont « Molten gold », en 2013. Et bonne surprise, il va publier un véritable nouvel album, avec de nouvelles chansons dans un avenir très proche. Avant la fin de l’année, paraît-il. Bref, The Chills se produisant rarement sur le Vieux Continent (NDR : sa dernière tournée européenne doit remonter à une vingtaine d’années), votre serviteur ne pouvait manquer ce rendez-vous. Ah oui, pour les néophytes, The Chills est une formation néo-zélandaise qui a participé activement à l’épanouissement de la scène pop/rock de Dunedin, incarnée par le label Flying Nun. A l’instar de The Clean, JPS Experience, Tall Dwarfs, The Bats, Able Tasmans et consorts… En attendant de rencontrer Martin, pour une interview, nous assistons au soundcheck. Pas un soundcheck purement technique, mais au cours duquel, on aura droit à quatre chansons, qui seront interprétées ce soir. Un moment privilégié…

Le quintet monte sur les planches à 19h30 pile. Légèrement en retrait, le drummer est particulièrement expressif. Ses mimiques sont assez drôles et, parfois, il joue debout, courbé sur ses fûts. A gauche, vu son visage, James Dickson, le bassiste (NDR : il participe également aux choeurs) est certainement de descendance Maori. Et les sonorités de son instrument libèrent un groove monstrueux. En outre sa complémentarité avec le drummer, Todd Knudson, est impressionnante. Une section rythmique parfaitement solide qui balise les compos. Pas étonnant, quand on sait que le line up de The Chills s’est plus ou moins stabilisé depuis une dizaine d’années. Martin partage le centre de l’estrade avec la guitariste/violoniste/claviériste, Erica Stichbury, également préposée aux ‘backing vocals’. Il affiche une bonhomie rassurante, mais est particulièrement exigeant en matière de mise en forme. Il joue sur une guitare de couleur noire, et n’en changera jamais de tout le show. Enfin Oli Wilson, l’organiste/claviériste, s’installe à l’extrême droite de l’estrade. Il alterne sonorités vintage et synthétiques, mais équilibre judicieusement ses interventions. La voix de Martin n’est pas transcendante. Elle est même plutôt grave et monocorde, un peu comme celle Dean Wareham ; mais soulignée par les backing vocaux, elle passe parfaitement la rampe. Et pourtant, quand il la pousse, elle parvient à changer de registre. Etonnant ! Quant aux chansons, sculptées dans une pop contagieuse, mélancolique, illuminée par les accords de guitare tintinnabulants, chatoyants, surf ou légèrement psychédéliques, ils prennent une toute autre dimension, lorsque Erica y injecte ses interventions au violon, parfois aux tonalités celtiques. Le set s’ouvre par l’ondoyant « Night of chill blue ». Le tracklisting (voir ci-dessous) inclut 5 nouveaux titres qui figureront sur le nouvel opus. Il devrait s’intituler « Silver Bullets » (**). Mais surtout nous réserve une pluie de singles (*) dont l’allègre « Wet Blanket », le ‘REMesque’ « Heavenly pop hit », le post punk « I love my leather jacket », l’incontournable et épatant « Pink Frost » (NDR : paru en 1984, c’est également leur seul tube !) et le tout dernier, « Molten gold », sorti l’an dernier… Une heure de concert. Pas de rappel. Superbe, mais un peu court…   

Tracklisting

Night of chill blue (Brave Words)
House with a hundred rooms * (B
rave Words)
Part Past Part Fiction * (Submarine Bells)
Silver Bullets ** (Silver Bullets)
The Male Monster form the ID * (Soft Bomb)
Aurora Corona ** (Silver Bullets)
Molten Gold *
Wet Blanket * (Brave Words)
Warm Wave Form ** (Silver Bullets?)
February (Ep Stand By)
Pink Frost * (Kaleidoscope World)
Underwater wasteland ** (Silver Bullets)
Rain (Brave Words)
I can’t help you ** (Silver Bullets)
Effloresce and deliquesce (Submarine Bells)
Heavenly pop hit * (Submarine Bells)
I love my leather jacket * (Kaleidoscope World)

(Organisation Boomtown)

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My TV Is Dead

My Tv is Dead au pays de Coca(gne)…

Écrit par

Après le Molenzik, direction le Salon de Silly. Silly est à un jet de pierre de mon domicile. Comme la programmation est régulièrement intéressante, votre serviteur fréquente souvent les lieux. En collaboration avec l'ASBL 'Silly concerts', un spectacle gratuit est organisé dans le cadre des Fêtes de la Musique. Ladylo assure le supporting act et My TV Is Dead sert de plat de résistance.

My TV is Dead est né de la rencontre entre deux vieux renards de la scène belge : Amaury Massion aka Lylac et Joël Grignard de Monsoon. Leur collaboration remonte à 2011. Elle a donné naissance à un premier opus, intitulé « Freedomatic ». Le duo était d’ailleurs venu le présenter au Salon, cette année-là. Il vient de publier son second opus, « Gravity ». Un long playing bien accueilli par la critique musicale du plat pays.

Chez Lylac, Amaury se charge de la guitare et Thècle Joussaud (NDR : elle est de nationalité française et apporte également son concours à Oldelaf, les Fatals Picards et Syrano), le violoncelle. Un tandem qui pratique une forme de folk atmosphérique.  

A l’origine, Monsoon se résume également à un duo. Soit Joël Grignard à la basse et à la gratte ainsi que Delphine Gardin au chant. Qui ont finalement recruté un claviériste (Peter Vandenberghe), un second sixcordiste (Laurent Stelleman) et un drummer (Cédric Guffens).

Ce qui frappe d’abord, c’est la voix d’Amaury. Sorte d’hybride entre Thom Yorke, Eddie Vedder et John Stargasm, elle en impose. Les musicos de My TV is Dead sont soutenus par une section rythmique, au sein de laquelle on remarque la présence de Laurent Stelleman, à la basse. Et ce dernier est préposé à la guitare chez Cocoa (NDR : qui a dit Coca ?) Un combo qui avait assuré le supporting act de Noa Moon. Bon bref là j’arrête sinon on ne va plus s’y retrouver…  

Revenons à nos moutons. Le dernier elpee de My TV is Dead va être interprété dans sa quasi-intégralité. Les riffs de guitare sont incisifs mais finement ciselés. Les drums solides. Mais paradoxalement, ce sont les nappes de synthé qui fédèrent l’ensemble. « The Party In The Sky », « Hands Up », « In My Head », « What Is Wrong » et surtout « Paradise » –promesse d’une vie future au pays de cocagne– constituent des hits potentiels. Pour ne pas déconcerter le fan de la première heure, la setlist concède quelques extraits du premier opus : « Love In Stereo », « Riot love » et en finale, « Daydream ». Le public est nombreux mais exigeant. Il n'en a jamais assez pour son argent, même quand il n’a pas payé. Moralité, la formation remonte sur les planches. Et attaque « Lovers » ; une incitation à se déhancher comme sur le dancefloor. Denis semble boosté par son coca. Mais est-ce vraiment du coca ? Il entame une petite danse en compagnie de sa partenaire qui elle, ne semble ne pas avoir bu que du coca. Après tout, c'est la fête à la musique et puis on te souhaite un ‘bon anniversaire’ pour tes 30 printemps, ma jolie. Le rappel embraie par « When You Gone » ainsi que « Strange Fruit » et s’achève par « Thinking Of You ».

Bref, un excellent concert ! Désolé pour Ladylo, mais je suis arrivé à la fin de sa prestation. Ce sera pour une autre fois…

(Organisation ASBL Silly Concerts)

Peter Matthew Bauer

Mixing déplorable…

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C'est la fin de la saison au Botanique. Votre serviteur a assisté à l'un des derniers concerts. Il y a un bon mois que le Nuits se sont achevées. Mais j’avais programmé, pour ce mois de juin, le set de Peter Matthew Bauer. L'évènement se déroule au sous-sol du Bota. Soit au Witloof Bar. Un endroit parfait pour assister aux spectacles intimistes. Et tout particulièrement acoustiques. Le public est clairsemé pour accueillir Peter. Je recense tout au plus quarante personnes. Dommage, car et artiste mérite un tout autre crédit.

Peter Bauer, c’est le bassiste du groupe américain The Walkmen. Il a publié son premier elpee solo ce 16 juin ; un disque qui s’intitule « Liberation ». Pour l'occasion, il repris son nom de baptême : Peter Matthew Bauer. A l’âge de 35 balais et après avoir milité 13 ans chez The Walkmen, il a donc décidé de tenter une aventure en solo. Peter est très marqué par la religion. Il a d’ailleurs passé son enfance chez les āshrams. Et en a d’ailleurs conservé une certaine spiritualité. Tout au long de son opus, qu’on pourrait qualifier d’autobiographique, il aborde des tas de sujets qui oscillent du yoga à la scientologie, en passant par le dieu Shiva, la ville de Philadelphie (NDR : c’est là qu’il vit !) et de Varanasi (NDR : une des plus anciennes cités habitées du monde, elle est située sur la rive gauche du Gange, en Inde.) Il s’intéresse également au biologiste et éthologiste britannique Richard Dawkin, un vulgarisateur et théoricien de l'évolution humaine.

Skyler Skyjelset assure le supporting act. Ce guitariste milite également au sein du backing group de Peter. Mais son set ne suscite guère d’intérêt. Si bien qu’après un long solo d’une bonne quinzaine de minutes, il vide les lieux sans dire un mot…

La prestation de Bauer ne sera pas très longue, non plus. Quarante-cinq minutes. C'est peu. Faut dire qu’il n’a qu’un seul album à défendre. Le line up réunit six musicos : deux préposés à la gratte électrique, un bassiste, un drummer, deux jolies choristes et Peter également à la six cordes ainsi qu’au chant.

Dès le début du set, on se rend compte que quelque chose cloche dans le mixing. En fait, il a été confié à un stagiaire. Drôle d’idée. Il a beau faire de son mieux, mais on n’entend guère la voix du leader. Elle est couverte par les retours de la section rythmique, dont le volume sonore est excessif.

« Lock For Someone » ouvre les hostilités, une compo qui ne figure pas sur l’elpee. Et embraie par « Fortune Tellers ». Les tonalités de cordes trempent dans un americana contemporain. Et soutiennent parfaitement la voix envoûtante, très sixties de Peter, dont le timbre me fait étrangement penser à celui de Billy McCarthy, qui milite au sein du band new-yorkais We Are Augustines. Quoique caractérisé par sa superbe mélodie, « Irish Wake in Vaanasi (For Big Pete Devlin) » devient rapidement pénible vu la qualité du son. Et « Liberation », le titre maître du long playing, ne passe pas mieux. Après « Shiva The Destroyer », le band attaque « Full Moon », un autre inédit. Malheureusement, dès que le batteur s'emballe, on n'entend plus les parties vocales. Un titre garage : « I Was Born in An Ashram ». Puissantes, les guitares s’en donnent à cœur joie. La setlist nous réserve encore « Philadelphia Raga », « Latin American Ficciones » et « Miracle Mile ». Puis un rappel quand même consacré à « You Are The Chapel ».

Le potentiel de Peter Matthew Bauer est indéniable. J'espère le revoir dans d’autres conditions. Face à un public plus nombreux et sous la houlette d’un ingé son plus professionnel. En attendant, je me consolerai à l’écoute de « Liberation », un disque qui recèle plusieurs pépites. Un petit chef d'œuvre que je me suis d’ailleurs procuré en vinyle…

(Organisation Le Botanique)

 

Extreme

Généreux…

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C’est le magazine Rolling Stone qui l’écrit : ‘Les ancêtres du rock'n'roll sont sortis de leur retraite californienne dorée pour entamer une dernière tournée mondiale’. Les places du concert se sont d’ailleurs écoulées en quelques minutes. Et ils reviennent fin juin à Werchter. J’ignore cependant si c’est par passion ou pour regonfler leur portefeuille. Une chose est sûre, groupe-phare des années 80, Extreme vient donc de se reformer. Et il se produisait donc ce mercredi 18 juin, à l’AB de Bruxelles.

Fondé à Boston en 1985, Extreme s’est séparé en 1996, reformé en 2007, en profitant pour publier un nouvel elpee intitulé « Saudades de Rock », l’année suivante, et pour partir en tournée mondiale. Après une longue traversée du désert, alimentée par de fréquentes rumeurs de reformation, le combo s’est enfin décidé, début 2014, à refaire surface. Et de se lancer dans une nouvelle tournée mondiale. Un périple qui se focalisera sur l’interprétation de leur album incontournable « Pornograffitti », publié en 1990. Un elpee sur lequel figure la ballade « More Than Words », c'est-à-dire leur plus gros hit.

Après avoir visité le Japon à guichets fermés, le quatuor débarquait donc à Bruxelles pour leur  deuxième date européenne baptisée ‘Extreme Pornograffitti Live Tour 2014’.

La salle est en configuration Box, donc réduite à une capacité de 800 personnes. Grumpf est chargé de chauffer l’ambiance. Le public est alors clairsemé. La concurrence du Mondial explique certainement cette faible fréquentation. Les Anversois sont quand parvenus à faire grimper la température de quelques degrés, grâce à leur hard rock puissant et surtout de leur vocaliste, véritablement monté sur ressorts.

Extreme déboule sur les planches à 20h30. Tous muscles dehors, Garry Cherone arpente le podium de long en large. Il court, bondit et surtout chante. Il possède un jeu de scène comparable à celui de Steven Tyler, vocaliste d’un autre dinosaure du hard rock, Aerosmith. Les interventions de Nuno Bettencourt sont magistrales (NDR : officiellement, c’est toujours le guitariste officiel de Rihanna). Plus discret, mais efficace, Pat Badger est préposé à la basse. Et enfin, Kevin Figueiredo se révèle très appliqué pour marteler ses fûts. Le quatuor va interpréter « Pornograffitti », dans son intégralité et l’ordre des plages de l’elpee. On peut estimer l’auditoire à plus ou moins à 600 âmes. Le set s’ouvre inévitablement par « Decadence Dance ». Le rock pratiqué par Extreme est métallique, puissant et mélodique. Jusqu’au moment où deux roadies viennent installer deux sièges à l’avant du podium. Garry et Nuño attaquent alors en acoustique « More Than Words », le titre le plus notoire de la formation. Ce sera aussi le meilleur moment du concert. Tout au long de cette ‘fucking song’ (dixit Nuño) le duo entre en communion avec l’ensemble du public. Qui reprend en chœur les paroles de ce p***** de morceau. La prestation s’achève par « Hole Hearted », la dernière piste de « Pornograffitti ». Et bonne surprise, le combo nous réserve « Crazy Little Thing Called Love », une cover d'un autre monument qui a marqué l'histoire du rock, Queen.

 

Le concert est fini. Mais le public n’est pas rassasié et en redemande. Le band revient pour un rappel généreux, épinglant une plage de tous ses autres albums. Soit « Play With Me », « Am I Ever Gonna Change » et « Take Us Alive ». Avant que Nuño ne reprenne sa gratte acoustique lors d’un remarquable « Midnight Express ». Et enfin « Rest In Peace » et « Cupid's Dead » pour achever ce long set chargé d’intensité. Bref, un concert comme votre serviteur les aime. Manifestement, on avait administré l’Extreme onction un peu tôt au quatuor bostonien, alors qu’il n’était pas encore tout à fait mort…

(Organisation Live Nation)

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Wovenhand

La puissance d’un rite chamanique…

La première fois que votre serviteur a vu David Eugene Edwards, c’était lors d’un concert de  16 Horsepower, dans le cadre du festival de Dour, en 1998. Sa voix unique, habitée, incantatoire, quasi mystique m’a littéralement crucifié. Cette formation pratiquait un folk-rock tribal, teinté de sonorités amérindiennes. Pas étonnant, puisque du sang Cherokee coule dans les veines de David. Qui a monté un nouveau projet en 2001 : Wovenhand. Et dont il est également le chanteur et leader. Au fil du temps, le combo a considérablement durci son style ; devenu plus 'stoner', il est aujourd’hui dominé par les guitares électriques.

Dans une Ancienne Belgique quasi sold-out, Wovenhand a présenté son dernier opus  « Refractory Obdurate », au cours d’un concert intense, inspiré et chargé d'émotions. Le son s'est encore alourdi, par rapport au concert accordé à l'Eden de Charleroi, en 2012. Réunissant Ordy Garrison à la batterie et Gregory Garcia à la basse, la section rythmique impressionne par sa puissance. En outre, vrombissantes, les sonorités de basse dispensées par Garcia ont un long 'sustain'. A la guitare et aux 'backing vocals', Chuck French arbore son look amérindien habituel.

Mais tous les regards sont bien sûr tournés vers David Eugene Edwards. Il est coiffé de son indéboulonnable chapeau et arbore une croix païenne sur la poitrine. Il adopte une attitude de chaman. Quant il chante, il alterne entre un microphone classique Shure et un Neumann, de manière à obtenir un son plus compressé, comme issu d'un mégaphone. On le sait, ses concerts sont beaucoup plus que des concerts, ce sont des rituels. Sa voix vous emmène dans un monde pétri de spiritualité. Sa foi ouvertement déclarée en Dieu transcende sa musique. Il évoque Jim Morrison, mais aussi Neil Young et Nick Cave.

Au sein de la setlist figure des extraits de « Refractory Obdurate » et des morceaux plus anciens. La première partie est plus ‘stoner’ et dans certaines compositions, comme « Closer » ou « Maize », la musique devient même carrément ‘psyché’, voire même hypnotique. On pense parfois à Swans, tant l'atmosphère est intense. Au cours du show, Edwards va nous réserver une version quasi a capella et surtout bouleversante du « Horse Head Fiddle » de 16 Horsepower.

C’est la deuxième partie du concert qui va vraiment me plaire le plus. David Eugene troque alors sa Gretsch Tennessee rouge contre une très vieille mandoline en bois, une pièce vintage datant, paraît-il, de 1887. Le son est plus clair, moins bruyant. Tant « Corsicana Clip » et « Oburate Obscura », tous deux issus du dernier elpee, atteignent la perfection. Edwards chante de longues intros mêlant anglais et langues Lakota amérindiennes. Il captive totalement l’attention du public, qui semble ensorcelé par ses gestes et sa voix.

Le troisième volet du show sera, à mon humble avis, le moins intéressant. Les compos sont moins intenses et moins diversifiées. Le set se termine néanmoins par le puissant « Good Shepherd », rappelant quelque part The Black Angels.

Suivant la tradition, Wovenhand quitte la scène au son de chants amérindiens et le public crie dans le rythme pour rappeler le groupe. Et quand il revient sur les planches, c’est pour attaquer « Glistening Black » et surtout une version étonnamment musclée de "Kicking Bird" (issu de "Ten Stones").

Wovenhand confirme donc son évolution vers une musique plus puissante, plus 'stoner', aux accents ‘psyché’. Sans le vouloir, il bénéficie certainement de la vague 'revival' du psychédélisme qui s’est abattue sur la scène pop/rock depuis quelques années. Pourtant, il s’agit d’un des groupes les plus authentiques de la scène musicale. Leurs concerts constituent des cérémonies lumineuses, inoubliables et chargées d’une rare intensité... Tatanka!

En première partie, tout comme il y a deux ans, se produisait The Flying Horseman, le groupe du chanteur-compositeur anversois Bert Dockx. Leur musique est en parfait accord avec celle de Wovenhand. Certaines chansons évoquent également And Also The Trees, Joy Division, Nick Cave ou The Velvet Underground. Caractérisé par une profondeur émotionnelle touchante, leur style puise dans le post-folk et le blues. Outre Bert Dockx au chant et à la guitare, le line up du groupe implique deux chanteuses/claviéristes, un guitariste, un bassiste et un batteur.

(Organisation : AB)

 

Pat Metheny

La Pat’ d’un virtuose…

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Votre serviteur a vécu un grand moment, ce jeudi 4 juin, au 110 du Boulevard Anspach. S’y produisait le mythique guitariste Pat Metheny, soutenu pour la circonstance par The Unity Group, son backing band. Le public est venu assister en nombre à ce concert ; on peut d’ailleurs considérer que l'Ancienne Belgique est sold out. Pas de supporting act. Faut dire que le show va s’étaler sur trois heures. Partagé en trois parties, il va se focaliser sur les albums « The Unity Group », paru en 2012 et, « Kin », début de cette année ; et nous réserver des duos plutôt audacieux avec chacun de ses musiciens. Un spectacle organisé dans le cadre des VW Spring Sessions.

Patrick Bruce Metheny est né le 12 août 1954, à Lee's Summit, dans le Missouri, aux Etats-Unis. Guitariste de jazz, il se produit en concert, plus ou moins, deux cent fois par an. Le premier album de Pat Metheny est paru en 1976. Depuis, il en a publié une cinquantaine. Mais il a surtout acquis sa notoriété à travers ses multiples collaborations. Et notamment auprès de Herbie Hancock, Joni Mitchell, Chick Corea ainsi que David Bowie pour le tube « This Is Not America »…

Pat monte sur l’estrade. Et interprète en solo « Into The Dream/The Sound Of Water », en se servant d’une guitare à double manche. Apparemment, il s’agit d’une 18 cordes électro-acoustique. Et dès le départ, on est subjugué par sa maestria. On est entraîné dans un périple sonore empreint de douceur, au cours duquel le mélomane ferme les yeux pour mieux l’apprécier. Dès « Come And See », le Unity Group vient rejoindre Pat sur les planches. Un line up impliquant Ben Williams à la contrebasse et à la basse, Antonio Sanchez aux drums, Chris Potter au saxophone ainsi qu’à la flûte traversière et à bec ; sans oublier le multi-instrumentiste Giullio Carmassi. Que ce soit au buggle, à l’orgue ou à la trompette, ses interventions circonstancielles seront néanmoins remarquées. De ce premier volet d’une durée de 70 minutes, j’épinglerai « Roofdogs », « The Bat » et « James ».

Avant d’attaquer le second, Pat prend la parole et nous annonce qu’il sera consacré au long playing « Kin ». En fond de scène, on remarque la présence de six automates sortis tout droit du dix-neuvième siècle. Ces machines musicales sont pilotées électroniquement et elles sont destinées à enrichir la musique, pourtant déjà complexe de Metheny. Deux armoires recèlent des bouteilles de dimensions différentes. Elles ont également été remplies à des niveaux différents. Et vont servir de tuyaux d’orgue. Les autres automates contiennent des vibraphones aux mailloches qui bougent toutes seules, des clochettes, des cymbales ou encore des tambours. Outre le titre maître, « Rise Up », « Born » et « One Day » y sont interprétés, dans ce contexte.  

Le troisième volet est consacré aux duos. Pat et Ben pour « Bright Size Life », Pat et Chris pour « Bluesette » (NDR : soit dit en passant, un bel hommage rendu à Toots et à la Belgique), Pat et Giulio pour « Dream Of The Return » et enfin, Pat et Antonio pour « Go Get It ».

Ces exercices de style achevés, « Have Your Heard » nous invite à faire un bond d’un quart de siècle en arrière. Et pour cause, ce morceau date de 1989 ; c’est même un extrait de l’elpee « Letter From Home ». Pat casse une corde. Le temps de changer de gratte, et c’est reparti. Enfin, pas tout à fait, puisqu’il s’agit du dernier titre du concert. Pas trop le temps de gamberger, puisque 5 minutes plus tard, l’équipe au grand complet remonte sur le podium. Pour se frotter à « Are You Going With Me », une plage kilométrique qui figurait sur l’elpee « Off Ramp », gravé en 1982. Lors du second encore, Pat revient en solitaire. Armé uniquement de sa gratte, il va nous réserver un pot-pourri de ses succès « Phase Dance/Minuano(Six Eight)/As It Is/This Is Not America/Last train Home ».

A l’instar de Carlos Santana, Steve Vai, Eric Clapton, Marc Knopfler, Joe Satriani, Jeff Beck et Slash, Pat Metheny est une légende vivante de la guitare. Aussi, votre serviteur estimait qu’il était de son devoir d’être présent à ce spectacle. 180 minutes, c’est sans doute un peu long. Même si c’est un concert de jazz. Cependant, quand on assiste à celui de Metheny, ce n’est pas l’artiste qu’on regarde, mais ses doigts qui parcourent le manche de sa guitare. De ses guitares, qu’il change pratiquement après chaque morceau. C’est alors qu’on se rend compte de son immense talent. De sa virtuosité. Et que son statut de légende n’est pas usurpé.  

(Organisation Ancienne Belgique et Jazztronaut)

Damien Jurado

Minimaliste, mais efficace…

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Originaire de Seattle, Damien Jurado roule sa bosse sur les routes du globe depuis un bon bout de temps, n’emportant, pour seul compagnon, que sa guitare sèche. Effacé, mais reconnu dans l’univers hermétique des folkeux, l’Américain n’est jamais vraiment parvenu séduire un public plus large. Une notoriété qu’il mériterait pourtant amplement, vu ses compétences de songwriter. Surtout depuis qu’il s’est associé à Richard Swift, multi-instrumentiste chez The Shins, mais également producteur pour, notamment, Foxygen et Laetitia Sadier. Grâce à son soutien, Damien Jurado semble avoir déniché le relais qui lui permet de transcender ses mélodies et donc de rendre son folk plus accessible.

Prévu initialement dans l’AB Box, il y a quelques semaines, le concert a finalement été déplacé au Club. Trop peu de places vendues ? Peu importe, le côté intimiste du Club correspond finalement davantage à l’univers sonore de Damien Jurado. Et finalement, la salle affichait tout de même complet.

Vers 21h, l’artiste monte sur les planches. Et suivant le même rituel, il va interpréter ses chansons assis, en grattant sa sèche. Dans ces conditions, difficile de tricher ! Après avoir écouté ses derniers albums (produits par R.Swift), on peut légitimement se demander comment il va parvenir à proposer une version plus épurée de son répertoire.

Jurado ouvre, tout en douceur, son set par « Silver Donna », un titre issu de son dernier opus, « Brothers of Eternal Son ». D’emblée, on est scotché par sa voix, en tous points identique à celle de ses disques. Les yeux à moitié ouverts (NDR : ou fermés, selon), il est totalement absorbé par sa musique. Judicieusement utilisée, la reverb’ permet de donner du relief à son chant. Son jeu de guitare est tout simplement minimaliste mais efficace. Timide, et sous le coup d’un jetlag, il ne commencera à s’exprimer qu’après un bon quart d’heure. Hésitant, il se lance pourtant dans un discours relatif à ses influences, reconnaissant avoir été ému par Richie Havens ou encore marqué par l’aspect répétitif de la musique brésilienne. Il enchaîne alors par « Silver Timothy », morceau davantage ‘exotique’ également extrait de son dernier long playing. Au fil du temps, Jurado est plus à l’aise. Il semble avoir surmonté sa fatigue. Il est de plus en plus loquace, même bavard, et arrive à amuser le public. Il avoue ne pas être doué pour les séances d’accordage. Et finalement, l’Américain se révèle un réel boute-en-train. Son bagout donne finalement du rythme à son récital. Dont on perd même le fil, à plusieurs reprises, vu la succession de titres…

Cependant, Damien Jurado nous a  réservé un excellent concert. Une heure et demie au cours desquelles il va démontrer tout son talent de songwriter, de guitariste et de chanteur à la voix aussi belle que fragile, dans un contexte acoustique et dépouillé. Le mélomane lambda regrettera sans doute une trop grande sobriété dans l’instrumentation ; mais en ce qui me concerne, je dois avouer que ce set m’a permis de découvrir une personnalité particulièrement sympathique, dans un cadre intimiste, celui de l’ABClub…  

(Organisation AB)

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