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Gabriel Rios

7 sur 7 !

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Il s’agit de la septième fois que votre serviteur assiste à un concert de Gabriel Rios. Ce soir, son backing group réunit les musicos qui l’épaulent depuis un bon bout de temps. En l’occurrence Amber Docters van Leeuwen au violoncelle ainsi que Ruben Samana à la contrebasse, au piano et chant. Un set (NDR : le n°7 ?) en version semi acoustique. Et c’est sous cette forme que j’apprécie le plus la musique de cet artiste, pro jusqu'au bout des ongles.

La première partie est assurée Katell Keineg. Une Bretonne qui va nous réserver un récital de trente minutes. Elle chante en s’accompagnant à la sèche. Pas vraiment transcendante, sa prestation sera, en outre, gâchée par l’auditoire. Le bruit des conversations va créer un tel brouhaha, qu’on n’entend pratiquement rien du concert. Pourtant sa voix est puissante, mais quand elle tente de monter dans les aigus, on sent qu’elle coince.

Le dernier opus de Gabriel, « This Marauder's Midnight », vient de sortir chez Sony Music. En octobre 2013, Gabriel avait décidé de publier un nouveau single chaque troisième lundi du mois. Un projet destiné à alimenter un nouvel elpee, un an plus tard. Et il a tenu parole.

Le parcours étonnant de Gabriel Rios débute en 1998. Il participe alors au Humo's Rock Rally, en compagnie du groupe The Nothing Bastards. Mais c’est en 2004 qu’il publie son premier album solo, « Ghostboy ». Après avoir rencontré Jo Bogaert (Technotronic). Le single « Broad Daylight » rencontre un immense succès et permet à Rios de dépasser les frontières de la Belgique. Musicien talentueux, chic et sexy, Gabriel séduit aussi bien sur disque que sur scène. Faut dire que, fruit d’un mélange détonant de swing, de rock et de funk et parfois de jazz, sa musique ne manque pas de charme. Il décroche de nombreuses récompenses belges et internationales. En 2007 il grave son deuxième opus, « Angelhead », qui squatte à nouveau la tête des charts, durant de longues semaines. Devenu alors une star de la pop, il décide d’en revenir à une formule plus intimiste. En solitaire ou en se limitant à un minimum de collaborateurs, comme Jef Neve et Kobe Proesmans.

Gabriel entame chaque fois ses shows par le « Voodo Chile » de Jimi Hendrix. Seul, à la gratte. Un titre qui figure sur « Angelhead ». Un rituel que semble apprécier le public. Conquis dès ce premier morceau. Un public en compagnie duquel il aime parler. Entre chaque titre, évidemment. Et il ne change pas de fusil d’épaule. Ce soir, le Cirque Royal n’est rempli qu’aux trois-quarts. Le décor est simple. La pochette de « This Marauder's Midnight » est projetée en toile de fond, à gauche. Gabriel est au centre. Au bord du podium. A sa gauche, Ruben. A sa droite, Amber. Judicieux, le light show met bien en exergue les trois musicos, même si Gabriel est davantage sous le feu des projecteurs, notamment à travers les lumières qui convergent vers la foule. Ce soir, le line up est enrichi d’une section de trois cuivres (trompette, trombone et cor d'harmonie), qui participent aux compos, suivant les morceaux. Et manifestement, ce concours apporte un plus à l’ensemble.

Après « Straight Song », un extrait de l'album « The Dangerous Return », le combo attaque les plages du nouvel elpee, « This Marauder’s Midnight ». « Skip The Intro » d’abord. Subtils, les instruments à cordes soutiennent à merveille la voix de ‘sérial lover’ de Gabriel. Les compos défilent : « City Song », un morceau au cours duquel les cordes montent en puissance, « Angelhead », « Madstone » et « Burning Song ». Souvent apaisante, la voix de Rios est susceptible de monter dans les aigus. Et ces envolées sont absolument divines. Gabriel nous signale que son père est dans le public. Plus dansant, « Broad Daylight » est issu de « Ghostboy », son premier LP. Une chanson qui figurait dans le soundtrack du film « 06/05 » de Theo Van Gogh, long métrage qui relate l'assassinat du leader nationaliste hollandais Pim Fortuyn. Le Gantois d'adoption revient alors à des pistes issues de son nouvel essai ; soit « Song n°7 », « Work Song » et le très médiatisé « Gold ». Un filet de guitare guide les cuivres et canalise la voix sucrée de Gabriel. Ruben frappe sur sa contrebasse, suppléant ainsi parfaitement l’absence de percussions. Katell Keineg rejoint Rios au chant, pour attaquer « Swing Low », un titre au cours duquel, il se consacre aux ivoires. Le concert est terminé. Il est passé trop rapidement.

En rappel, nous aurons droit à « El Carretero » du Buena Vista Social Club, collectif que votre serviteur avait pu voir, la semaine dernière, à l’AB. J’en ai d’ailleurs encore des paillettes dans les yeux. La cerise sur le gâteau, nous viendra de « Police Sounds ». Bouleversant ! Gabriel Rios signale que son grand-père chantait cette chanson. Une superbe fin pour cet excellent spectacle. A l’issue duquel, à l’instar de nombreux aficionados, votre serviteur s’est rendu au stand merchandising. Rien de tel pour clore la soirée en beauté…   

(Organisation : Live nation)

The Magic Numbers

Des chevelus très sympathiques…

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Le retour des Magic Numbers en Belgique, c’est toujours un moment que votre serviteur attend impatiemment. Les Londoniens prennent, en effet, un place particulière dans mon cœur, vu qu’ils figurent parmi les groupes qui ont révélé mon amour pour la musique durant ma jeunesse. Autant dire que quand je vois un nouvel album et une tournée qui suit, je suis pris d’un énorme élan nostalgique. Ce vendredi 24 octobre, le rendez-vous au Botanique à Bruxelles était donc incontournable.

Il revenait à Goldheart Assembly d’assurer la première partie. Il s’agit d’une formation de rock alternatif qui mise beaucoup sur les harmonies vocales. Mais au lieu des cinq membres habituels, seuls les deux leaders et leur guitare sèche sont présents sur scène. Un peu léger pour une assemblée… Peut-être se sont-ils expliqués à ce sujet en début de représentation ; malheureusement les embouteillages sur l’E42 et l’E19 ne m’ont pas permis d’assister aux dix premières minutes du spectacle. Plus de deux heures pour le trajet Mons-Bruxelles ; il fallait le mériter ce concert… Bref, les deux amis étaient bien sympathiques sur les planches ; mais leur musique était peu intéressante.(voir photos ici)

Une grosse demi-heure plus tard, les Magic Numbers entament leur set par la chanson qui ouvre leur nouvel et quatrième opus, « Alias ». « Wake Up » réveille toute la salle qui s’impatientait de voir débarquer leurs poilus préférés. Le quatuor réunit deux paires de frères et sœurs et comme d’habitude, portent de longs cheveux et des barbes monumentales (pour les hommes seulement, rassurez-vous…) Si la salle est aussi bien remplie, c’est parce qu’au-delà de la qualité évidente de leur songwriting, ce quatuor est vraiment ultra-sympathique. Romeo, le chanteur, a une bouille toute ronde et transpire la gentillesse durant tout le concert. Le leader du groupe adore en effet partager ses impressions avec le public et le faire participer. Près de dix ans après leur premier elpee à succès, les fans entonnent encore les hymnes célèbres avec le même entrain. Les vieux titres comme « Forever Lost » ou « I See You, You See Me » semblent prendre une quatrième jeunesse. Et au lieu de tomber dans la facilité, le band s’essaye à une version froide de leur chanson la plus célèbre : « Take A Chance ». Une belle réussite qui rappelle la célèbre reprise de « Get Lucky » des Daft Punk par Daughters. Michele Stodart, la bassiste, interprète également  une plage de « Wide-Eyed Crossing », son LP solo paru en 2012. La jeune femme semble d’ailleurs avoir pris énormément de confiance grâce à cette aventure individuelle et sa présence scénique est un vrai plaisir à regarder. Energique, « Love Me Like You » clôture la première partie du spectacle. Les visages sont radieux autour de moi, tout le monde passe un très bon moment.

Les chevelus refont leur apparition et nous offrent quatre nouvelles compos dont une cover du « Harvest Moon » de Neil Young, morceau pour lequel ils reçoivent le concours de Goldheart Assembly. Le final sur ma chanson préférée du groupe, « Mornings Eleven », clôture un concert très agréable. Pour le plus grand bonheur des fans, le combo passera par la suite plusieurs dizaines de minutes à signer des autographes et à poser sur les photos.

Les Magic Numbers ont prouvé ce vendredi qu’ils avaient encore une énorme envie de jouer et que leur aventure n’est pas encore finie, loin de là. C’est en tout cas une des formations les plus sympathiques actuellement et je me réjouis déjà de la sortie du prochain disque, synonyme de nouvelle tournée.(voir photos là)

(Organisation Botanique)

Les R’tardataires

A prendre au second degré…

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Les R'tardataires sont toujours à l'heure. Pas vraiment, puisque si leur set était annoncé pour 20h00 pétantes, il a débuté à 20h30 précises. Vu la maigre assistance je crains alors le flop. Heureusement, dès que les musicos montent sur le podium, le public va commencer curieusement à affluer. Dont de nombreux Liégeois. Venus en car, pour la plupart, ils sont restés coincés dans les embouteillages (NDR : sommet européen oblige). Et lorsque le reste de la foule est arrivée, plus moyen de bouger le petit orteil. Donc, contrat déjà rempli avant le début du concert. Ne restait plus qu’aux artistes à faire le reste. Et ils vont se montrer largement à la hauteur. Un show de 110 minutes, sans la moindre pause. Tout comme lors des Francos 2014, les Les R’tardataires vont nous mettre un feu d'enfer.

Le crew est mené de main de maître par deux Mc's : Max (Maxime Lacroix) et Ced (Cédric Chiappe). Ils sont épaulés par quatre musicos : Benoît Lesage à la basse, Andréa Monticciolla aux claviers, Aurelien Wynant aux drums, Sébastien Hogge à la guitare et Dj Nsk aux platines. Ils l'avaient annoncé via les réseaux sociaux : la soirée allait être particulière est chargée de surprises. Et pour cause, quelques invités vont participer à la fête, dont 'Daddycookiz' d'Atomic Spliff and The Rebel Dubz et le gratteur Chicos y Mendez. Sans oublier Terence Deepijan, un grand rigolo plutôt talentueux, préposé aux congas, qui avait participé aux sessions d’enregistrement de leur dernier elpee.  

Après une petite intro, Max et Céd déboulent sur les planches. Ils ont l'air particulièrement en forme. De suite, ils chauffent le public et font monter la pression. Ils sont incapables de rester en place une seule seconde et vont littéralement mouiller leur chemise, tout au long du show. Qui s’ouvre par « En Retard ». Ce n'est pas le cas. « Onanaoo » embraie, dans un climat digne de Kingston. Une compo aux lyrics plutôt cocasses. Et la foule jumpe ‘sec’. « C'est Grillé » baigne dans une atmosphère reggae. Il n’y manque plus que le ganja. Max et Céd se rapprochent du bord de l’estrade afin de nous raconter une petite histoire : « Les Escargots-DF ».

Retour back stage avant de revenir masqués pour « Martiens ». Les paroles sont à prendre au second degré. Et elles sont vraiment drôles. « Zion » évoque inévitablement Bob et ses Wailers. Après « Interlude Lucky Peterson », Max et Ced vident les lieux. Mais on s’en doute, ils préparent une descente de police dans l’hémicycle. Les deux flics réapparaissent alors, revêtus de leurs gilets pare-balles, sur lesquels est mentionné le mot 'Poulet', afin d’attaquer « Chopons Les/22, Fais Tourner ». Cocasse ! Et c'est la folie sur le dancefloor. Place ensuite à la cover du « Kiss » de Prince. Andréa s'époumone. Il est soutenu par Dj Nsk aux platines. Des images de pendules dont les aiguilles tournent sont projetées sur des écrans ronds, situés sur le dôme, au-dessus de la scène. Les 'deux furieux' ont enfilé des tee-shirts signés 'B'. J’ignorais qu’ils bossaient à la SNCB. Daddy Cookiz rejoint la troupe sur le podium, pour un « Good Vibes » décapant. Cap une nouvelle fois vers Kingston. A travers une chanson de l’artiste invité. L’ambiance monte encore d'un cran dans la fosse. Le public est de plus en plus bouillant.

Pas étonnant, car le retour des deux Mc’s se précise et se concrétise à travers une version dantesque de « La Folie Des Glandeurs ». Ils ont enfilé des pyjamas et des peignoirs bleus. Et chaussé des charentaises. C’est un morceau qui fait également l’objet d’une vidéo hilarante (voir ici). Elle raconte le parcours d’un être humain délaissé qui se laisse aller. A prendre au second degré, bien sûr. Mais qui reflète parfaitement la dure réalité de la vie. Changement de déguisement pour Max et Ced qui font leur come-back. Ils portent maintenant des lunettes fumées. « A la pêche aux moules » ? C’est une chanson d’amour proposée sous la forme d’un rap consistant. « P'tit Dylan » opère une petite incursion dans l'univers manouche de Django Reinhardt. Et ils sont doués les musicos. Ils sont même capables de mettre n’importe quel style musical à la sauce rap. Ce qui explique sans doute pourquoi, leur musique touche un large public. C’est au tour de Chicos Y Mendez aka David Méndez Yépez de faire son apparition. Pour deux pièces de résistance. Tout d’abord « Rien De Nouveau Sous la Pluie », un titre à la coloration latino étonnante. Qu’il chante. Et puis « Di Llo Mas Fuerte », au cours duquel, il joue de la guitare. Dans un climat réminiscent de Rodrigo Y Gabriela, des Buenas Ondas voire de Manu Chao. La fin du set approche. Un p'tit ska pour la route ? C’est « Natural ». D’autant que cette chanson raille les filles qui se maquillent ou ont recours à la chirurgie esthétique. Et « C'est Bon » clôt le concert. Au départ, j’avais du mal à accrocher. Aujourd’hui, je la digère plus facilement.  

Pour le rappel, Les R’tardataires reviennent déguisés en curés. Une belle chorale. « Mamy Blues » nous entraîne dans le delta pour conter l'aventure d'une petite vieille oubliée à la maison de retraite. Un message terriblement réaliste.

Et le set de s’achever par « Soirée Mousse », contexte idéal pour une distribution de 'pt'ites chopes'. Le concert est passé très vite. Les gars ont assumé 'grave'. On sent qu’ils on pris de la bouteille et sont prêts à faire les grandes scènes.

(Organisation : Le Botanique)

Lee Fields

Collective Dreamwish of Upperclass Elegance

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James Brown is dead. Long live à Lee Fields! La comparaison ne date pas d’hier, mais lorsque l’on voit ce dernier se démener sur scène, on ne peut la remettre en question tant Lee Fields est à la Soul ce que James Brown a été au funk : un pur génie. Et une Rotonde pleine à craquer avait l’honneur d’accueillir celui que l’on surnomme ‘Little JB’, ce mercredi 22 octobre.

Dehors, il fait dégueulasse. Mais ce soir à la Rotonde, la température va instantanément monter d’un cran. « All I Need » ouvre le bal sur le coup des 21h. The Expressions, le band attitré de Truth & Soul Records qui l’accompagne depuis « My World », publié en 2009, le devance sur les planches. Belle entrée en matière. Et son entrée, Lee Fields ne l’a pas ratée ! Une ovation plus tard, les neuf hommes en costard enchaînent sur un bon vieux « My World » et les plus récents « Standing By Your Side », « Don’t Leave Me This Way », extraits de l’excellent « Emma Jean ». Un disque qui se taille la part du lion, ce soir. Les cuivres dégoulinent sur un « It Still Gets Me Down » sensuel à souhait tandis que le chanteur se déhanche pour les demoiselles de l’assistance.

D’ailleurs, les demoiselles en auront eu pour leur argent, le Soul Man leur dédiant la plupart des morceaux et plus particulièrement « Ladies », of course. Mister Fields se trémousse et se démène sans relâche, transpirant à grosse gouttes. Le set arrive brutalement à sa fin sur l’intense « Faithful Man », suivi d’une acclamation retentissante. La Rotonde est euphorique et le fait savoir au roi de la Soul, qui rapplique pour un rappel entamé par un petit instrumental de The Expressions. Le retour de Fields est chaudement accueilli pour un « Honey Dove » qui sonne ensuite la fin des festivités. Un tour de chant et puis s’en va. On en voudrait plus ! Au moins un petit « Magnolia »… 1h20, ça paraît court, vu la carrière du bonhomme. Mais après ce qu’il a envoyé, on se contente de lui tirer le chapeau et belle révérence. 

(Organisation : Botanique)

Orquesta Buena Vista Social Club

‘Adios Tour’ featuring Omara Portuondo, Guajiro Mirabal, Barbarito Torres y Jesús ‘Aguaje’ Ramos

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Ce soir l’AB est archi-comble pour accueillir l’Orquesta Buena Vista Social Club. On va donc vibrer aux sonorités cubaines de la guajira, du danzon, du bolero, du cha-cha-cha et de la rumba. Entre autres. C'est la tournée d'adieu du Buena Vista Social Club. Elle a d’ailleurs été baptisée 'The Adios Tour'. Et la nouvelle mise en scène devrait permettre au répertoire, pourtant classique, de prendre une nouvelle dimension.   

Le Buena Vista Social Club est à l'origine, une mythique boîte de nuit située dans la banlieue de La Havane, à Cuba. A l’issue de la révolution cubaine de 1959, ce night club a disparu. Cinquante ans après sa fermeture, le nom a été repris pour baptiser un projet musical imaginé par Nick Gold de la maison de disques World Circuit et le guitariste américain Ry Cooder. L'idée de ce projet était de réunir dans un même enregistrement des musiciens cubains ‘campesinos’ (soneros légendaires des années 1930, 40 et 50) et d'Afrique de l'Ouest. Retenus à l'aéroport de Paris, les Africains n’avaient pu rejoindre Cuba. Finalement l'enregistrement de l'album sera réalisé sans eux. Intitulé « Buena Vista Social Club », il va rencontrer un tel succès que le groupe sera invité à se produire sur scène. D’abord à Amsterdam, en 1998 ; puis pour une série de concerts au Carnegie Hall de New York. Le cinéaste Wim Wenders sera même sollicité pour filmer ces événements. Il va en réaliser un documentaire, en ajoutant des interviews accordées par plusieurs musiciens, à La Havane. Et le film va même porter le même titre, 'Buena Vista Social Club'.

Avant le spectacle, l’impatience est palpable dans la grande salle de l'Ancienne Belgique. L’auditoire est constitué essentiellement de quadras et de quinquas pour cet avant-dernier show. A 20h30 pétantes, les lumières s'éteignent. Rolando Luna se dirige vers son piano, placé à l’extrême gauche du podium. Il est seul pour rendre un premier hommage. A Ruben Gonzales, décédé en 2003. En interprétant « Como Sento Yo ». Tout au long de ce récital, une vidéo consacrée à Ruben défile en arrière-plan, sur un écran. Bouleversant ! Le combo déboule ensuite sur les planches, sous la houlette du tromboniste Aguaje Ramos. Pour cet ‘Adios Tour’, il a entraîné dans le périple, plusieurs musiciens qui avaient participé à la confection de l’opus ainsi qu’au film, il y a plus de 15 ans. Et tout particulièrement Eliades Ochoa, le guitariste au chapeau de cow-boy, le trompettiste Guajiro Mirabal et le virtuose du laud, Barbarito Torres. Ils sont soutenus, ce soir, par de nombreux musicos qui les ont rejoints au cours de l'aventure, dont le vétéran Papi Oviedo, particulièrement dynamique à la guitare 'tres', le jeune pianiste –un virtuose !– Rolando Luna, et une fameuse section rythmique composée du contrebassiste Pedro Pablo et des percussionnistes Andres Coyao (congas), Filiberto Sánchez (timbales) et Alberto 'La Noche' (bongos). Sans oublier le trio de trompettiste drivé par Luis Allemany et le célèbre chanteur de 'son', Carlos Calunga. Chef d’orchestre, Jesús 'Aguaje' se consacre également au chant. Il y est secondé, par la très belle Idania Valdés.

Le second hommage est réservé au contrebassiste Israel ‘Cachao’ López, disparu en 2008. Et c’est évidemment Pedro Pablo qui donne le ton, tout au long de « Tumbao », alors qu’en arrière-plan, ce sont les images de Cachao qui sont projetées. On en arrive donc à « Santa Lucia ». Là en fermant les yeux (NDR : surtout si on a vu le film), on se sent transporté à la Havane, dans la rue, où défilent devant vous des vieilles bagnoles américaines rafistolées. « Rincon Caliente », « Carretera » et « Trombon Majadero » permettent d’entretenir ce voyage. Comme son titre l’indique, « La Percusion » va démontrer tout le talent du trio de percussionnistes, installés sur une estrade, au fond de la scène. Après « El Ruisenor », on a droit à un troisième hommage à travers « Bruca Manigua ». Il s’adresse à Ibrahim Ferrer qui s’est éteint en 2005. Votre serviteur avait eu la chance d’assister à un concert de ce personnage, physiquement frêle, mais grand pas son talent de vocaliste, un an avant son départ. Je regarde donc attentivement les images qui défilent sur l’écran. Et un quatrième est dédié au guitariste Manuel Galbán, qui nous a quittés en 2011, lors de l’interprétation de « Marieta ». Après « Batanga », j’assiste à l'arrivée triomphale d'Omara Portuondo. Ce moment est particulièrement attendu par l’auditoire. Car, cette jeune fille n’a que 84 ans. C’est l'une des dernières icônes vivantes de la grande 'Musica Cubana'. Et quand elle déboule sur les planches, c’est pour mettre le feu. Tout d’abord lors des trois premières chansons qu’elle interprète. Omara et le Rolando Luna sont très complices. Et « Mulata En Cha Cha Cha », « 20 Anos » et « Quizas Quizas » en sont de belles illustrations, des compos au cours desquelles, la voix de Mrs Portuondo vous prend littéralement aux tripes. Elle s’éclipse alors sous un tonnerre d'applaudissements. Deux ans, que je n'avais pas vu la grande diva et je dois vous avouer jubiler de bonheur en revivant de tels instants magiques. Sa voix vous fait fondre comme un glaçon au soleil.

« Chan Chan » constitue le cinquième hommage. Il s’adresse à Compay Secundo, un remarquable guitariste décédé en 2003. Lui et Ibrahim formaient un duo infernal. Les images nous feraient presque croire que Compay est présent parmi nous. Le sixième concerne Pio Leiva, la voix de Buena Vista Social Club. Il a rejoint l’autre monde en 2006. Idania Valdés et Carlos Calunga saluent divinement sa mémoire, à travers « El Cuarto De Tula ». Le concert est fini. Mais ce n’est pas la fin...

Omara, la grande dame, est de retour. Mon coeur frétille comme un gardon avant même qu’elle ne se mette à chanter. « Dos Gardienas » et « Candela » constituent assurément les cerises sur le gâteau des 95 minutes de ce fabuleux spectacle. Que je n'oublierai pas de si tôt. En finale, on retiendra encore les exercices de style de Guajiro Mirabal et les pirouettes de Barbarito Torres, qui va même jouer de son laud, dans le dos.  

(Organisation : Ancienne Belgique + Jazztronaut)

Voir aussi notre section photos ici  

 

Attila

Attila à la conquête de l’Europe…

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C’est par Anvers que qu’Attila avait décidé de faire un crochet en Belgique pour le début de sa tournée européenne. Une centaine de personnes les attendaient au Kavka, petite salle de concert en plein cœur d’Anvers. Chauffé en première partie par Knives To a Gunfight et Heart Of A Coward, le public a répondu présent au Metalcore teinté de Hip-Hop des Géorgiens.

Les hostilités ont tout d’abord commencé par Knives To a Gunfight. Originaire d’Anvers, il va délivrer un Metalcore pêchu, précis et sans concession. Il joue sur ses terres, cela se sent. Les fans sont là. Ils jouent des coudes pour s’emparer du micro et chanter à l’unisson avec le chanteur charismatique (et tatoué jusqu’au visage!), Mick. On se bouscule et on laisse la place à quelques mosh-pits au centre de la salle. Vu l’agencement réduit des lieux, inutile de préciser que la promiscuité est vite de rigueur. L’intensité monte d’ailleurs d’un cran lorsque le combo annonce que le concert est entièrement filmé afin d’en réaliser prochainement un clip. Il ne compte certes que deux années dans les jambes mais fait preuve d’une expérience certaine de la scène. Bonne découverte.

Le temps de se rafraîchir le gosier et ce sont les Anglais de Heart Of A Coward qui prennent possession de la scène et attaquent ‘Killing Fields’, titre aux chants clairs en fin de compo, n’ayant pas manqué de faire vibrer dangereusement les tympans. Ce type de voix n’est en effet apparemment pas le point fort de Jamie Graham, chanteur de la formation. Elle nous promet ensuite une montée en puissance au fur et à mesure des morceaux. Pas faux. Mais le set ne décolle pas et les titres s’enchaînent selon une linéarité quelque peu monotone. « Around a Girl (in 80 days) » clôture la prestation en une envolée de fausses notes vocales. Passons. Il est temps de refaire le plein en houblon afin d’accueillir la tête d’affiche.             

Première constatation : les Américains d’Attila ne sont que quatre sur scène. Nate Salameh, le soliste, manque à l’appel. Le band n’y fera d’ailleurs pas mention ni allusion pendant son show. On apprendra le lendemain, via le compte Facebook de Nate, que les quatre autres musicos et lui ont décidé de converger vers des chemins différents, le guitariste ayant désormais opté pour ‘un style de vie différent en ne consommant plus d’alcool ni de drogues ; ce qui s’avérait impossible comme membre du groupe’.

Le concert s’ouvre par un « Middle Fingers Up » qui met directement l’ambiance : le quatuor invite à jumper et le public suit sans broncher. Attila prend visiblement du plaisir à exécuter ses titres, malgré le format réduit des lieux. Alors qu’il rencontre un beau succès outre-mer, atteignant presque les deux millions d’écoutes sur Spotify, il doit encore faire ses preuves en Europe. ‘C’est vrai que nous ne venons pas souvent chez vous, mais c’est promis, on reviendra’ lance Fronz, le chanteur, en guise de promesse au public. La setlist reprend essentiellement des plages de leur dernier opus, « About that Life », reconnu unanimement par les critiques comme un succès. ‘Il y a la barrière de la langue, mais je vois qu’on se comprend quand même’. La confrontation des cultures européennes et américaines est en effet parfois palpable. Il peut paraître un peu surprenant de voir une formation profiter d’un break entre deux morceaux pour apercevoir qui, parmi le public, porte un t-shirt ou une casquette à leur effigie, tout en invitant ensuite chaleureusement les personnes présentes dans la salle à dépenser quelques deniers au stand marchandising. Il suffit de suivre quelque peu le groupe sur les réseaux sociaux pour se rendre compte que leur facette ‘business’ occupe une part toute aussi importante que celle musicale. Par chance, il a préféré ranger dans ses tiroirs les chaînes (à l’exception du batteur) et autres bagues ‘bling-bling’ arborées dans le clip « About That Life ». C’est d’ailleurs par ce titre, lors du rappel, qu’Attila clôture un show propre, percutant et fidèle à l’énergie insufflée dans leur dernier LP. On regrettera cependant la durée du spectacle : à peine moins d’une heure. Un combo incontestablement habitué à fouler les scènes dont la percée en Europe ne pourra qu’aller crescendo au fur et à mesure des prestations. Prochain rendez-vous lors des festivals d’été ?

Setlist : Middle Fingers Up – Hellraiser - Party With the Devil - Callout, - Sex, Drugs, & Violence - Break Shit - Shots for the Boys - Temper - Payback - Rage *** Rappel : About That Life                               

Do or Die

Un samedi soir sur la terre, en mode HxC.

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Stand For Truth et Do Or Die, la tête d'affiche, ont fait trembler la cité du doudou ce samedi 18 octobre. L'épicentre : l'Alhambra de Mons. Do or Die est une formation montoise née en 1999 qui reconnaît pour influences majeures, Machine Head, Sepultura, Slayer, Pantera, Metallica, Madball ou encore Cannibal Corpse. A son actif, 5 elpees studios, dont le dernier "The Downfall of the Human Race", remonte à 2011.

Reach The Shore était également au programme. Arrivé trop tard, j’ai manqué leur prestation.

Stand For Truth a vu le jour en 2010 et nous vient de Tournai. La formation, dont le nom apparaît de plus en plus à l'affiche des festivals, attirait mon attention depuis un moment.

Cet été 2014, elle a, notamment, participé à l'Antwerp Metal Fest et enchaîné au Dour Festival, pour défendre son premier album, "Game is over".

Ce soir, bien que le son n'ait pas joué en leur faveur durant les dix premières minutes, l'énergie dégagée a fait bonne impression.

Le problème réglé, le groupe confirme, alors, qu'il n'est pas là par hasard. J’ai bien fait de rester sur place.

Parmi les titres interprétés, je reconnais "Injustice for all" et "I'll make you pay" ; compos dont les vidéos ont pas mal circulé sur la toile.

Un Ep 6 titres devrait sortir au mois de mars 2015. En exclusivité, "Hope for the hopeless" nous a été présenté. Très prometteur, je pense.

A suivre !

Une petite demi-heure plus tard, Do Or Die, la tête d'affiche, investit les planches. Au sein du line up, on remarque la présence d’un nouveau batteur, Jonathan Chiarenza.

Pour ne pas déroger à la règle, c'est sur les chapeaux de roues que le show démarre. Et la surprise est de taille, puisqu’il s’ouvre par un nouveau morceau, "Crows".

L’aptitude du band à se réinventer est sa marque de fabrique. Pas étonnant que "Crows" fasse mouche, à l'unanimité.

Trois autres nouvelles compos, d'un futur sixième elpee, alimenteront la setlist, qui en comptabilisera dix-sept au total. Rien que ça !

Ils s'agit de : "Bella Famiglia soldiers", "Off with their head" et "You fucked us once, We kill you twice !"

Elles seront jouées avec un enthousiasme débordant et sans appréhension. Un professionnalisme exemplaire. Le public appréciera !

Finalement, tout semble facile pour ces ‘monstres’ de la scène hardcore belge et européenne.

Prouesses d'interprétation, vocales, techniques, rythmiques et même physiques seront au rendez-vous pour le plaisir des cinq sens ; voire six pour les plus férus d'entre-nous.

Un moment précis va marquer ma soirée. Chris Michez (chant), aujourd'hui orphelin de ses grands-parents, leur rendra hommage, en guise de remerciements pour l'homme qu'il est devenu, tout au long de la chanson "Heart full of pain".

L'altruiste qu'il est n'oubliera pas de la dédier à nos disparus, aussi.

C'est l'index levé vers le ciel qui donne le coup d'envoi.

Le concert se termine par  un classique et une reprise de Sepultura ; respectivement "Bella Famiglia" et "Roots bloody Roots".

Sachant que la salle est très difficile à dompter quand il s'agit d’acoustique, terminer cette chronique sans mettre en exergue l'ingé-son du band serait une erreur.

C'est très surpris et humblement qu'il m'a donné son nom. Jérôme Sanna, membre à part entière du combo, était donc aux manettes.

Une longue tournée s'est achevée, ce soir.

Résumé de la conversation réalisée en compagnie le Chanteur Stéphane Frocheur, à l’issue de leur prestation.

Do Or Die se prépare à sortir, pour mars 2015, son 6ème opus. Des négociations seraient en cours auprès de plusieurs labels, dont certains d'envergure.

Le mixing sera opéré du côté de Dallas, aux USA, par un certain Sterling Winfield (Pantera, Hellyeah, ...)

Quant à la production, elle sera assurée par Mikey Doling, guitariste cheez Snot, Soulfly et Channel Zero.

Ça va barder !

(Organisation Alhambra)

 

Rustie

Never Become Emotionally Attached to Man, Woman, Beast or Child

Écrit par

Russell Whyte, plus connu sous le nom de Rustie, déposait ses platines sur les planches du VK, ce jeudi 16 octobre pour y présenter « Green Language », un second LP en demi-teinte mais imprégné de bonnes grosses basses bien lourdes, à l’image de ce concert, qui en aura laissé plus d’un sur sa faim.

Pour son troisième passage sur une estrade bruxelloise (1ère fois en 2009 à l’AB, 2ème au Bozar Electronic Weekend en 2011), le DJ/producteur écossais a convié en première partie Yarin Lidor, DJ israélien qui explore le même terrain, un genre hybride et inclassable de Bass Music, Hip Hop et électro. L’homme propose un DJ Set sans grandes étincelles. Et des étincelles, cette soirée n’en produira pas énormément. Heureusement, il y a le bar.

Habitué aux retards de la salle molenbeekoise, c’est sur le coup des 21h que je débarque dans un VK quasi vide. Un rideau réduit l’espace de l’auditoire de moitié. Derrière le voile, un parterre clairsemé. Ce n’est décidément pas un succès de foule pour le jeune producteur de Glasgow. En attendant l’arrivée de ce dernier, Yarin Lidor fait timidement danser quelques clubbers du jeudi soir sur un set qui semble s’allonger indéfiniment.

Plus qu’une impression, puisqu’il a fallu attendre 21h45 pour que Rustie daigne rejoindre ses platines pour le ‘Live VJ Set’ annoncé. Derrière lui, l’écran diffuse des variations d’une seule et même image : celle de flamands roses illustrant la pochette de « Green Language » et le vidéoclip de « Raptor ». Le set démarre lentement sur quelques extraits de son dernier labeur. Pas content le Rustie ? Ou juste amorphe ? Le jeune homme affiche une mine fermée, résolument tournée vers ses machines. OK, vu le matériel déployé, les manips demandent certainement une bonne dose de concentration. Mais, sourire oublié en coulisse, l’Ecossais preste sans communiquer la moindre émotion. La salle gigote sur les « Lost », « Attak », « Surph », « Ultra Thizz » et autres capsules empruntées à ses collègues de Warp, comme le génial « Chimes » de Hudson Mohawke, qui sera le point culminant de la soirée. Et, à contrario d’un DJ set, pour que ce soit le titre d’un autre qui se révèle être le point culminant du show live d’un artiste, ce dernier a de quoi remettre en question sa prestation. Au bout d’une petite heure, le mecton lâche ses manettes et se barre sans se retourner. Allez, si, un petit rappel riquiqui et puis s’en va. Et je fais de même, assez déçu du résultat, malgré quelques passages pourtant prometteurs.

(Organisation : VK)

Erlend Øye

Un automne norvégien

Le ciel est bas et plombé au dehors. L'obscurité de l'hiver s'est glissée sur Bruxelles. Unique convive : la pluie. Le froid glace le sang. La mélancolie s’installe. Pourquoi ne venez-vous pas à l'intérieur? Allez, amusez-vous!

Quand un musicien de la trempe d’Erlend Øye, ancien membre de Kings Of Convenience et collaborateur régulier chez Röyksopp, revient sur le devant de la scène après 5 ans d’absence, forcément, on y jette une oreille attentive. Et on découvre un album enthousiasmant, à peu près aussi jouissif et audacieux que son premier effort, le déjà très surprenant « Unrest ».

À titre purement informatif, Legao, le deuxième essai du jeune Norvégien, a été enregistré entre 2013 et 2014 au studio Hljóðriti à Reykjavik en Islande aux côtés du groupe de reggae Hjálmar. Un choix singulier mais somme toute assez cohérent lorsqu’on écoute les nouveaux morceaux du Norvégien. À commencer par « Fence Me In », un petit bijou d’indie-pop lumineuse assez éloignée des tendances affichées dans le passé par Kings Of Convenience, si ce n’est dans cette façon de mélanger la légèreté à la gravité, de varier les esthétiques et les genres musicaux. Cette fois, c’est dans des tonalités mid-tempo, des sonorités exotiques et  des rythmes presque dub qu’Erlend Øye est allé puiser les arrangements souples et élégants de ses chansons efficaces.

L’inclassable Erlend Øye se met alors en scène. Artiste atypique à la silhouette d’adolescent dégingandé, au visage flanqué de lunettes époque Brejnev et fan absolu de ‘Data Pop’. Jeune extraverti qui arpente volontiers le monde blasé de l’électronique et de la culture club. Un concert plutôt ensoleillé.

Pourtant, l’ennui s’immisce rapidement. L’Orangerie est comble, l’auditoire suffoque dans la moiteur qui laisse peu de place et guère de confort pour accueillir votre hôte comme il se doit. Après 27 minutes d’attente pour commander un soda. 14 minutes de file devant les portes de l’Orangerie, l’angoisse vous étreint. La fatigue et la foule gagnent sur le concert. Un choix  s’impose : supporter ou le revoir. Après 4 morceaux, c’est la seconde solution qui s’invite et décide. Impérieusement. À bientôt Erlend Øye. Pas ici, pas maintenant.

(Organisation Botanique)

 

Avi Buffalo

Section rythmique défaillante…

Écrit par

Avi Buffalo est une formation californienne qui a publié son premier elpee en 2010. A l’époque, son leader, Avi Zahner-Isenberg, n’avait que 19 ans. Depuis, hormis l’un ou l’autre travail de production, il s’était montré plus que discret. Le combo vient donc de graver son second opus. Et manifestement, le songwriter n’a rien perdu de son art à torcher des pépites pop-rock. L’opus a d’ailleurs reçu d’excellentes critiques de la part de la presse spécialisée. Et deuxième bonne nouvelle, l’Américain se produisait, ce mercredi 15 octobre, dans l’intimité de la Rotonde du Botanique…

Après une première partie assurée par une jeune Belge répondant au nom de Leonore, place à la tête d’affiche. Le backing group d’Avi réunit une drummeuse, un claviériste et un bassiste. Armé de sa guitare, Zahner-Isenberg s’installe au centre du podium. A vue de nez la moyenne d'âge du combo de doit pas dépasser les 25 printemps. Pourtant, les musicos ont l'air à l'aise et dès leur entrée en scène, n’hésitent pas à discuter avec leur public. Malheureusement, les deux premiers morceaux sont perturbés par une sonorisation pas encore au point. Les claviers sont trop mis en évidence alors que la guitare et la voix passent quasi inaperçues. Et même si au fil du set, le son va s’améliorer, il ne sera jamais totalement parfait. Pourtant, au bout d’une vingtaine de minutes, Avi a déjà démontré ses talents de guitariste. Ses doigts se baladent sur le manche avec une aisance impressionnante. C'est d'autant plus flagrant lorsqu'il entame en solo un morceau de son premier opus (« Summer Cum ») sur lequel un arpège d'une efficacité remarquable est exécuté. Il attaque ensuite deux titres à la sèche, uniquement épaulé par son claviériste. Mais le charme n’opère pas et on est finalement  heureux de voir revenir les autres membres du band. La set list se consacre essentiellement au dernier elpee ; et peu à peu, l’auditoire commence à ressentir une certaine frustration. Pas que la qualité des titres soit en cause. D’ailleurs les mélodies son solides, et Avi maîtrise parfaitement son sujet. Par contre, hormis le claviériste –qui impressionne par sa dextérité sur les touches de son instrument– la section rythmique fait un peu pâle figure. Le bassiste n’est pas un prodige, mais il assume plus ou moins correctement son job. C’est plutôt la drummeuse qui est à la traîne. Désinvolte, lymphatique, elle se contente de caresser ses fûts. Résultat des courses, elle ne parvient pas à communiquer le moindre dynamisme aux compos. Ses acolytes ont beau se décarcasser, rien n'y fait, la mayonnaise ne prend pas et l’auditoire perd progressivement son enthousiasme.

Quand on quitte la salle, on reste sur un sentiment mi-figue, mi-raisin, convaincu que les morceaux –excellents sur disque, je le rappelle– auraient pu atteindre une autre dimension, si le backing group avait été à la hauteur. On réécoutera volontiers la discographie d’Avi Buffalo, mais on réfléchira à deux fois, avant d’aller le voir en concert. Ou tout au moins, on se renseignera sur les musicos qui accompagnent Zahner-Isenberg…

 

(Organisation : Botanique)

 

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