Après avoir décroché le jackpot en janvier 2003, lors de la sortie du jouissif "In Abstentia", oeuvre de son groupe Porcupine Tree, et offert tout son talent pour la production de l'énorme "Damnation" d'Opeth, Steven Wilson nous balance aujourd'hui Blackfield, son nouveau projet parallèle. Pas très éloignée des sphères progressives de nos porcs-épics anglais, la musique de Blackfield s'avère savamment déstructurée, hallucinogène, tantôt proche d'un Radiohead ou de certaines oeuvres des anglais de Hawkwind. Des balades diaphanes, des titres plus rock mais rarement heavy, des envolées progressives stratosphériques et l'organe vocal de Wilson, superbe et fragile, donnent à ce Blackfield toutes les qualités qui ont fait le succès de "Lightbulb Sun", à ce jour l'album le plus sombre et le plus intimiste de Porcupine Tree. Steven Wilson est un génie, au même titre que Devin Townsend, dans un registre différent, et les dix compositions gravées sur ce petit bijou riche en émotions prouvent définitivement que le rock mutant dont il est le géniteur est sans équivalent dans la mouvance psychédélique. Des titres tels que "Scars", "Summer", Cloudy Now" et le poignant "The Hole in me" touchent le coeur et l'esprit. La musique est intense, même si les guitares se font discrètes et sont souvent dénuées de distorsion. Reste à savoir si Blackfield restera un projet éphémère ou si le Sieur Wilson lui donnera une suite dans le futur...