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Jean-Claude Mondo

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lundi, 31 décembre 2001 01:00

Back on the Scene

Aaron Thibeaux Walker est né en 1910 au Texas, à Linden très exactement. Très jeune, il acquiert le surnom de T-Bone (pour Thibeaux). A l'instar de Charlie Christian de l'orchestre de Benny Goodman, et d'Eddie Durham du Count Basie Band, il est un des premiers à amplifier sa guitare. T-Bone, c'est sans aucun doute l'une des figures majeures de la guitare blues. Il nous a quittés en mars 72. Cet album reprend des témoignages live immortalisés en 1966, au Texas. Tout particulièrement à Houston et à Pasadena. Si à cette époque, le meilleur de sa créativité était déjà derrière lui, force est d'avouer que le blues qui se dégage de ces bandes est tout à fait envoûtant!

L'album débute par "Good boy" ; un superbe blues, très swamp dans la démarche, soutenu à l'arrière par le chromatique (NDR : indispensable dans le style !) d'Harmonica Fats. "Natural ball" campe un style West Coast que Walker a porté sur les épaules pendant de longues années. Les plages lentes sont réellement émouvantes. Son T-Bone blues vous possède. La sensibilité qui se dégage de "Please come back to me" est tout à fait saisissante. T-Bone n'est entouré que d'une section rythmique et de l'orgue de Willard "Piano Slim" Burton. 1966 était la grande époque du blues blanc. Du british blues tout particulièrement. Une époque au cours de laquelle beaucoup d'Européens ont fait connaissance avec le blues. Entendre le T-Bone d'alors ne peut que nous amener à saluer ce seigneur. Lorsque le tempo s'accélère, sa guitare se libère dans un flot de notes dévastateur. A l'instar de " She's my old time used to be ". L'approche des cordes sur "Back on the scene" reflète tout le blues qui habite l'artiste. La finale "Afraid to close my eyes" nous donne le dernier frisson. Ce n'est sans doute pas le meilleur enregistrement de T-Bone Walker, mais le blues est bien présent de la 1ère à la dernière seconde.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

I tried to hide from the blues

John Weston n'est pas un débutant. Il est d'ailleurs né en 1927. A Lee County, dans l'Arkansas. Proche de la scène d'Helena, il n'a pas oublié Sonny Boy Williamson. Pourtant, s'il aime le blues, il avoue aussi certaines affinités pour le jazz et la musique country. Il a tenu son juke joint de 67 à jusqu'en 1992. C'est à dire lorsque son bistrot est parti en fumées.

John a enregistré son 1er album en 1992 : " So doogone blues ", sur Evidence. A l'âge de 65 ans ! "Got to deal with the blues", le suivant, est paru en 97, sur Midnight Creeper. John joue de la guitare et aussi de l'harmonica chromatique.

Il chante un merveilleux "Gotta deal the blues". Chaque note tirée de ses cordes ou de l'harmo transpire de feeling ; et son un chant passionné rappelle fort Charlie Musselwhite. Il chante avec énormément de passion, de sensibilité et de cœur "Pretty, pretty woman". Pour aborder le splendide "Monkey on my back", il concède encore un peu plus de dépouillement. Ecorché vif, tous les pores de sa peau noire exsudent ses émotions. Une véritable leçon de blues ! Absolument seul dans le studio d'Oxford, il s'acquitte de "Blinded fool", à la manière d' Elvis Presley ; mais le King de l'époque où sa voix faisait chavirer les cœurs de ses auditoires. Il aborde le classique "Key to the highway" avec la même sobriété. Il y est secondé par la voix de Carla Robinson. Une Robinson qui assure, par ailleurs, les percussions de l'album. L'émotion, toujours minimaliste, ne nous quitte guère sur "You're the same". Sa voix demeure proche de Musselwhite. Une même intimité envahit "Of all the girls in the world". Un fragment au cours duquel nous entendons des chiens aboyer à l'extérieur du studio, entre deux phrases d'harmonica. La beauté de cette musique est même belle à pleurer sur "Phony woman", au cours duquel il échange un nouveau duo au chant, avec Carla. Et cette petite merveille de discrétion, d'efficacité et de tendresse soutenue se termine par "Bubba's blues"…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Do you get the blues?

Jimmie est sur la route du blues depuis 1969. A cette époque, il fonde Texas Storm, une formation soul/blues que son jeune frère Stevie vient rejoindre, un peu plus tard, pour jouer de la basse. Vers 1975, il monte les Fabulous Thunderbirds, en compagnie de l'harmoniciste Kim Wilson. Une route jalonnée de succès, qu'ils partageront en huit albums et durant une quinzaine d'années. En 1990, il enregistre l'album " Family style " flanqué de son frère Stevie Ray. Mais quelques semaines avant la sortie de l'elpee, Stevie périt lors d'un accident d'hélicoptère. Jimmie reprend alors son aventure en solitaire ; et commet " Strange pleasures " en 94 et " Out there ", en 98.

" Do you get the blues ? " constitue son troisième opus en solitaire. Un disque qui s'ouvre par l'instrumental " Dirty girl ". Epaulé par Bill Willis à l'orgue Hammond et ce bon vieux Georges Rains à la batterie, il se prend pour Steve Cropper du Booker T and the MGs et prend la direction des studios Ardent de Memphis. Et c'est tout à fait ça ! Le shuffle modéré opéré sur " Out of the shadows " marque un retour dans les studios d'Austin. Le rythme est paresseux, la guitare immédiatement saisissable, le son trempé, les notes découpées au couteau. Du grand Jimmie ! " Deep end " baigne au sein d'une ambiance plus feutrée et roots. Appuyé par l'harmonica de James Cotton, Jimmie saisit un bottleneck acoustique. Il s'attaque, tout en picking, à un blues lent évocateur : " Power of love ". Il y partage un duo indélébile en compagnie de l'héroïne locale d'Austin et ancienne compagne, Lou Ann Barton, bien en voix pour la circonstance. Son fils Tyrone tient la guitare rythmique sur l'intimiste " Without you ", qu'il chante d'une voix chaleureuse, très laidback, proche d'un Eric Clapton. Sa voix dépourvue de puissance fait merveille sur le R&B funky, très Vaughanien " Let me in ", au cours duquel la basse porte la guitare tout en rythmique qui se permet de décoller le moment opportun! Même salut pour " Don't let the sun set ", mais pour une fusion de R&B et de jazz. La voix véhicule tellement de sensibilité qu'elle cristallise l'émotion du chanteur devant une flûte et une guitare acoustique. Nouveau shuffle texan, " Robbin' me blind " consacre l'union de la guitare et de l'orgue Hammond, pendant que la voix flirte avec les choeurs. Le souffle du sax de Greg Piccolo est aussi brûlant que les sables du Sahara sur le bien nommé " Slow dance blues ", un instrumental très classique. Nous connaissions déjà le duo magique échangé entre Jimmie et Lou Ann Barton. Il se reproduit tout au long " In the middle of the night ", atteignant même la perfection dans la communion. Ce titre figurait sur le dernier opus de Double Trouble. Cet excellent album de blues romantique, comme le qualifie Jimmie, se referme par " Planet songs ". Sur des accents jazz et swing, les notes lacérées fusent devant une rythmique soutenue par l'Hammond de Willis. Superbe !

 

"A new perspective on the blues", annonce Chris Millar le patron du label Fedora. Curieuse, cette nouvelle perspective du blues ! D'autant plus que cette collection se veut pionnière pour transporter le blues dans un nouvel univers. Une fusion voulue de primitivisme et de futurisme mise en boîte (canned) pour vous. Une intégration au blues d'éléments avant-gardistes, électroniques, et de sons d'origine volontairement trafiqués. Ces expérimentations me font immédiatement penser à leurs cousins innovateurs du Mississippi, le label Fat Possum. Mais ici elles enlèvent encore un peu plus du caractère immédiat du blues, et poussent encore plus loin l'introduction de sonorités inhabituelles.

Etabli à Fresno, en Californie, Fedora présente un catalogue volontiers réservé à de vieux bluesmen caractérisés par leurs accents primitifs, tels qu’Harmonica Slim, Hosea Hargrove, Robert Walker, Arthur Williams ou Hosea Leavy. Le premier cité est certainement celui qui est le plus sollicité par Chris Millar et le producteur, John Wilson. Entrée en matière très réussie, "Talkin' Tupelo Blues" met en exergue la voix narrative de Harmonica Slim, mais aussi le chant et l'harmonica de l'énigmatique bluesman disparu, Ollie Watkins. Les voix sont intégrées à la guitare de Frank Goldwasser ainsi qu'aux percussions et autres sons synthétiques. Proches du son originel de John Lee Hooker, les cordes de Paris Slim sont particulièrement bien ciselées. "Slow down train" nous conduit tout naturellement (NDR : si on peut dire!) sur la voix (voie ?) ferrée, écorchée et agressive de Hosea Leavy. Elle glisse sur la slide de Frank et rejoint des percussions qui viennent de l'au-delà! "Out to California" me laisse plus perplexe. Le hautbois de Sara Thompson enrobe les voix d'Harmonica Slim et Johnny "Da-Doo" Wilson. La manipulation est plus osée, plus contemporaine. Mais est-il judicieux de le blues à Stockhausen ou au cosmic krautrock d'il y a 30 ans? Et l'effet est identique, quoique saisissant, lorsque les cordes du Quartet Indigo empiètent sur "Lester Parker's farm"! "Long long time" est un autre exercice d'intégration entre la voix fantomatique d'Ollie Watkins et la sorcellerie de John Wilson. Boogie synthétique "Bring me my shotgun" est bien meilleur. La sonorité de l'harmonica est aussi frêle que celle adoptée naguère par Alan Wilson. Un soupçon d'émotion nous étreint. Hanté par un piano électrique omniprésent, "Highway 49/Wooden spoon" conserve le son de cet harmonica. "Opium Harvest" et le chant oriental "Ba-Wa" sont tout à fait dispensables. Face aux vraies percussions de Chris Millar, le dialogue chanté d'Harmonica Slim (avec lui-même?) force le respect sur "Slow walkin' man". Tout au long de "Coal black mare", une guitare déchirée et largement réverbérée traverse la rythmique hypnotique et tragique, avant d'épouser la voix d'Harmonica Slim. Cet album interpelle. Il se résumera à une supercherie pour les uns ou procurera une nouvelle perspective pour perpétuer le blues aux autres. A vous de vous faire une opinion!

 

John Smith Hurt est né en 1893 à Teoc, dans le Mississippi. Mais à l'âge de deux ans, toute sa famille se fixe Avalon. Son premier enregistrement remonte à 1928. Une expérience qu'il ne poursuit pas, préférant se terrer sa maison d'Avalon. Il sera redécouvert en 1963 par deux jeunes musiciens. Ce qui lui permettra d'avoir juste le temps de se produire et d'enregistrer, jusqu'à sa mort en 1966. Chanteur/guitariste particulièrement versé dans le style ‘finger picking’, il mérite assurément le statut de légende du country blues.

Quinze artistes différents on participé à cet hommage très respectueux en accordant à ce recueil de très belles adaptations. Alvin Youngblood Hart joue seul de tous les instruments sur "Here am I, Oh Lord, send me". Ben Harper reprend "Sliding Delta". Peter Case (NDR : également producteur de l'album il était, voici 20 ans, le leader d'un groupe de power pop qui répondait au nom des Plimsouls) et Dave Alvin (NDR : le Blaster bien connu) forment un excellent duo pour accomplir la cover de "Monday morning blues. Mark Selby nous propose sa version du "Make me a pallet on your floor" ; Beck (Hansen), "Stagolee" ; (NDR : c'était alors ses débuts en 1994) ; John Hiatt, "I'm satisfied" ; Chris Smither, "Frankie & Albert" ; et Victoria Williams nous plonge dans une ambiance ethnique à travers un émouvant "Since I've laid my burden now"…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Coo-Coo

T-99 nous vient des Pays-Bas. Un trio constitué du chanteur guitariste Mischa den Haring, du bassiste Thijs Gorter et du batteur Henk Punter. Tout au long de ce " Coo-coo ", il mêle ses propres compositions avec des références héritées de Chicago. Caractérisé par une section rythmique très en avant, leur son est très personnel, très sale. Et la responsabilité en incombe certainement à la production du leader des Seatsniffers, notre Walter Broes national.

L'album démarre par un "Your fool too long", au riff venu tout droit du Delta du Mississippi. La guitare libère un son métallique. Invité pour assurer les parties de saxophone, Arend Bouwmeester épouse un son très Sniffers. Boyd Small est aux backing vocals. Sur "Let that eagle fly", la section rythmique porte à nouveau la guitare et la lapsteel de Richard Van Bergen. Le son de T-99 se libère de la guitare de Mischa. Ses accords sont plaqués vigoureusement, nerveusement. Une technique qui revient sans cesse tout au long de l'album. Et en particulier sur "One man down" ; ou encore sur la reprise de "I wanna love you" d'Eddie Taylor. Mon titre favori est sans doute "Evil eye". Le rythme imprimé est proche des Caraïbes. Dépouillée, la section rythmique laisse tout le loisir à la guitare de créer un décor très coloré. La tonalité bien dégagée, lumineuse, rappelle même le meilleur d'Otis Rush. Une réussite incontestable ! Et cette guitare sait se faire inventive, empruntant même des phrases à Albert King, sur "Double eyed whammy". La reprise du "What have I done" de Jimmie Rogers est un condensé parfait de leur son. Sans doute le titre " carte de visite " de T-99. "Do the do" de Willie Dixon sonne le retour dans le Delta. Van Bergen est à la mandoline. L'inspiration Chicago reste chez " Round and round " de JB Lenoir. L'esprit trace un axe nord sud, entre inspiration primitive du Delta et sonorité urbaine tr ès électrique. Les cordes torturées de Mischa ont le mal de vivre et emportent tout sur leur passage. Ce " Coo-coo " est assurément un bon départ, pour une formation capable de se faire proche des Paladins. A l'instar de "So many times", ou encore du "Evil eye" déjà cité. Ecoutez cet opus de T-99, vous ne serez pas déçus!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Sinner street

Jimmy est né à Pittsburgh en 1953. Sa vie a changé lorsqu'à 17 ans, il est allé voir un concert de Buddy Guy. Dès 1974, il rejoint les célèbres Nighthawks de Washington DC. Fatigué des 300 concerts annuels, accordés par le groupe à l'époque, il les quitte en 1987. Il forme alors les Assassins. Mais après avoir commis 3 albums, la formation splitte, en 91. L'année suivante, il fonde son trio, les Drivers, et signe chez le label Blind Pig. Il aligne alors successivement les elpees "Empty arms motel" en 92, "Trouble man" en 94, "Wild night out" en 95, "Drive to survive" en 96 et "Switching gears" en 98. " Sinner street " constitue donc le 6ème album des Drivers, pour lequel la production a de nouveau été confiée à Jim Gaines.

Jimmy est aux commandes, Mark Stutso à la batterie, Ken Faltinson à la basse et Jimmy Carpenter au saxophone. L'opus s'ouvre de manière royale par "Grab the rafters". La voix éraillée et puissante de Thackery domine son sujet. Le R&B puissant est appuyé par une section rythmique sans faille, pendant que le sax est suspendu aux riffs de la guitare. "Bad news" swingue avec beaucoup de retenue. Jim y signe un superbe solo. La plage titulaire est instrumentale. Une page de surf music, sur laquelle guitare et sax s'entrelacent avec bonheur. Elle aurait pu figurer sur une bande musicale des Blues Brothers. "Lovin' my money" est un rock accrocheur. Le riff funky et dévastateur de "Chained to the blues line" emporte la mise. Thackery y joue de manière très relax des lignes de guitare d'une pureté étonnante ; une performance lorsqu'on sait que l'homme est plutôt du style extraverti. Dans le même registre, "Never enough" se révèle tout aussi séduisant. Au cours de cette claire invitation à la danse, l'homme rocke et rolle comme un dieu sur ses cordes. C'est d'ailleurs le moment qu'il choisit pour négocier l'instant le plus dur du disque, "Detroit Iron". L'acier de Detroit, n'inspire guère la douceur, n'est-ce-pas? "Hundred into ones" consomme un blues pur, délicatement rythmé. Toute bonne composition, "Havin' a heart" autorise le retour d'une grande guitare en fin de parcours. Cet opus s'achève dans la chaleur langoureuse de l'instrumental "Blues 'fore dawn", un titre qui pu figurer au répertoire de Ronnie Earl. Un très bon album!

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Howlin´ the wolf

Le Stud est de retour ; mais il a changé de label. John Grimaldi est né en 52 à Chicago. Tout jeune, son plus grand plaisir était de manger les véritables sandwiches au corned beef dans Maxwell Street. C'est là aussi qu'il tombe sous le charme du blues, à l'écoute de l'harmoniciste Big John Wrencher. Sa 1ère voiture est une Studebaker Lark. Vous aurez donc facilement deviné l'origine de son surnom.

Il y a bientôt 30 ans qu'il mène son groupe ; et " Holin'the wolf " constitue son 8ème album. Un disque qui ne réunit que des compositions personnelles. Sorti sur Blind Pig, son dernier opus, "Time will tell", date déjà de près de 4 ans. Inspiré par Hound Dog Taylor et J.B Hutto, John se partage entre l'harmonica et la slide guitare.

En ouverture, "Burned by love" fait immédiatement mouche. L'orgue de Pat Brennan colle à la section rythmique pendant que John sort un bijou de solo sur sa guitare. Tout d'abord de manière classique, puis en finale lorsqu'il ajoute son fidèle bottleneck. "End to the lies" s'inspire de l'une de ses références, Otis Rush. A la rythmique, Joe Zaklan donne un maximum de réverbération à ses cordes. Stud sort enfin son harmonica chromatique pour entamer son "Juke joint jump". Un fragment largement inspiré par Little Walter. Très jump dans la démarche, l'exercice est brillant. Sur "Nothing to nothing", la section rythmique trace un tempo ralenti, menaçant. John y libère un harmonica tout à fait ravagé. "Harpology" est un excellent exercice instrumental, une nouvelle fois abordé dans l'esprit des grands souffleurs de Chicago. Il est décidément insatiable sur "Don't take it", un morceau délicieusement rock'n'roll, au cours duquel Brennan est passé au piano. Mais c'est sans aucun doute à la guitare que l'artiste fait la loi. Nouvelle occasion donnée à la slide de s'extérioriser, "Rich man" adopte un son très métallique, inspiré par Hound Dog. Une rythmique très rock parraine le très dense "Don't know what you do". Tous les doigts de pied frétillent d'aise ! Le paresseux "Lock & chain" laisse transpirer l'émotion des grands sliders d'hier. J'apprécie beaucoup Studebaker John ; et ce n'est pas ce nouvel album qui me fera changer d'avis.

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Bad Juju

Jim est un solide guitariste de la banlieue de Dallas. Un spécialiste de la slide. Il compte déjà plusieurs albums à son actif : "Radio Mojo" en 93 et "Shake" en 95 ; sans oublier deux œuvres issues de collaborations différentes. La première menée sur "Let the dogs run", en compagnie de Mike Morgan. Et tout dernièrement celle qu'il a réalisée avec Alan Haynes, sur "Live at Blue Cat Blues". Il est également devenu, depuis plusieurs années, le 2ème guitariste des Destroyers de George Thorogood. Il a d'ailleurs participé au "Live in '99". Et cela s'entend !

La production est signée Jim Gaines. Suhler débute par "Deja Blue". La présence de l'accordéon de Tim Alexander, invité de marque, lui confère un son très tex-mex. Dopée par une rythmique qui porte le tout, ce titre fait mouche. "Don't do it" donne un coup d'accélérateur. Tim est passé au piano prodiguant des accents boogie à cette solide composition. La rythmique du Monkey Beat est en acier. Paul Hollis, qui a joué dans le Crawl de Mike Morgan, est aux drums, et Carlton Powell (un ancien du Smokin' Joe Kubek Band) est à la basse. "Bad stretch of road" manifeste une même intensité de rythme. Jim a enfin sorti son bottleneck. La slide commence à rugir. Sa manière de jouer la slide est assez violente, le plus souvent sur un rythme élevé. Son chant dialogue avec les glissements du bottleneck. Une technique qui me rappelle le regretté Irlandais Rory Gallagher, et qu'il applique sur "Restless soul". Je n'ai donc pas été surpris de voir mentionner que cette plage est effectivement dédiée à la mémoire de Rory, sur les notes de pochette. Tout au long de "Scattergun", la slide arrache. Primaire, elle dégage tout sur son passage, rappelant au passage le grand Hound Dog Taylor. Un exercice de style parfaitement réussi ! Jim a réalisé un album varié. Le côté tex-mex se rappelle à notre bon souvenir sur "Evangeline". Il est aussi capable de ralentir son tempo. Comme sur la ballade "Prayin' for rain" et surtout sur le superbe blues lent, "Sure as the sun rises". Un titre mené à la manière du Stevie Ray Vaughan des grands jours. Cet opus s'aventure également dans la rock music. Notamment sur le percutant "Lover's curse" qui, trempé dans l'orgue Hammond, ne navigue pas tellement loin du monde de Carlos Santana. "Bad Juju" se referme par "I.O.U". Un blues acoustique typiquement delta. Jim Suhler vient de commettre, à ce jour, son meilleur album. Et rien que sa maîtrise à la slide sur "Under the gun", vaut le détour ! Aux dernières nouvelles, il aurait mis en boîte un album acoustique…

 

lundi, 31 décembre 2001 01:00

Shoot that thang

James ‘Super Chikan’ Johnson est âgé de 50 ans. Il est né dans le Mississippi et y vit toujours. A Clarksdale, très exactement. Il a toujours été fasciné par les poules que ses parents élevaient. C'est ainsi qu'il fut baptisé Chikan Boy. Il réserva la plus grosse partie de son existence à conduire des taxis, des camions et à labourer les champs sur un tracteur. Aujourd'hui, James chante, joue de la guitare, du piano, de l'harmonica, et puis surtout compose avec beaucoup d'humour, des chansons dont les lyrics traitent le plus souvent de ses chères poules. Il est accompagné par Dione et Harvell Thomas des Fighting Cocks, à la section rythmique.

Son 1er album remonte à 1997. Il est sorti sur Rooster Blues, et s'intitulait "Blues come home to roost". Le second, "What you see" est paru en 2000, sur Fat Possum. Les compositions sont imprimées sur un rythme obsessionnel. James chante d'une voix bien assise et distille des phrases découpées au couteau. Sans être trop amplifiée, la guitare possède suffisamment d'écho et de réverbération. Elle donne d'excellents résultats sur "Guilty man" et "Don't mess with the blues". "Mennonite blues" concède une 1ère pause dans le rythme. Un blues lent assez déroutant. "Bus-train-rain" n'est pas vraiment un blues. La batterie reproduit le tempo du train. Les interventions de guitare sont assez surprenantes. Le rythme hypnotique, légèrement funky, envahit "Staingy wid it". Les petits motifs gallinacés reviennent régulièrement. A l'instar de "Could have been me" ou de "Junky trunk". Super Chikan passe au piano sur "Marry me". Un changement judicieux qui traduit la variété de l'album. Il chante ainsi le rock'n'roll boogie, seul devant son piano, à la manière d'un Jerry Lee Lewis. Pour aborder "Wrong to sing the blues", il souffle dans son harmonica. La basse dessine un motif simple. Elle soutient la guitare qui peut ainsi libérer des motifs très bien construits. L'album se referme par plus de 8' de boogie. C'est également la plage titulaire…