L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

logo_musiczine

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de sincérité et d’émotions brutes. Entre coups de cœur, coups de gueule et coups de blues, il continue de chanter la vie comme personne, avec cet amour immuable pour sa…

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

dEUS - 19/03/2026
Hooverphonic

Les Nuits Botanique 2013 : dimanche 12 mai

Écrit par - Adrien Fassotte + Eric Ferrante -

Ce dimanche de semi-gueule de bois, entre relents de biture frénétique et heures de sommeil faussement réparatrices, je trace. Direction la capitale. J’y ai rendez-vous avec le jeune Irlandais Mmoths et les Canadiens psychotiques de Blue Hawaii, le tout dans le cadre idyllique du Botanique, au Museum, pour être plus précis.

19h30 : arrivée sur place, une bouteille de vin sucré dans le gosier et une excitation à peine cachée, avant d’assister aux prestations pour lesquelles je me suis déplacé.

Récit de voyage d’un illuminé, catapulté dans les étoiles …

Première note, première escapade onirique, confortablement installé à quelques mètres seulement de Mmoths et son band, dans un fauteuil rouge sang. Incapable de regarder ces trois génies trop cokés s’affairer sur le podium, c’est la tête balancée en arrière et les yeux fermés que je contemple le spectacle. Mes membres fatigués sont tiraillés entre spasmes et frissons, à mesure que les rythmes saccadés défilent.

Coup d’œil furtif à ma gauche, à l’instant où retentit la genèse de « THNX », ma comparse a reconnu l’air, un sourire discret mais heureux traduit un certain apaisement… ses yeux sont clos, elle nage probablement dans un océan de délire poétique, non loin du mien.

Mais le voyage est trop court, trop beau aussi ; une demi-heure de rêverie et le réveil, douloureux, la lumière agressant mes pauvres yeux. Je l’aperçois vider les lieux, sans un mot, sans un geste, tête baissée, laissant comme seuls souvenirs ses machines et instruments entassés.

Une blonde houblonnée et sa fidèle compagne Cancerette sont nécessaires pour retrouver pleinement ses esprits. Quelque part, assis sur les marches, l’esprit encore à moitié perdu dans les nuages, on essaye de mettre des mots sur ce qui vient de se produire. Mais il est trop tôt pour établir ce genre de constat, la seule chose qui ressort de ce semblant de conversation est un émerveillement exprimé sous forme d’onomatopées, quelque chose entre ‘waow’ et ‘ouf’.

Second round émotionnel en compagnie de Blue Hawaii. Les débuts sont psychédéliques, enivrants et majestueusement touchants. Vissé sur ma chaise en bois, je me délecte de ces mélodies enivrantes, portées par la voix gracieuse et fluette de Raphaelle. Visiblement à l’aise sur les planches, la demoiselle communique énormément avec son audience, lui confiant des anecdotes de tournées, quelques états d’âme et ressentis timidement annoncés.

Exhortant le public à se lever, le duo opère un revirement club aussi surprenant qu’impressionnant. Le résultat met du temps à se propager dans les travées ; et il faudra 3 morceaux supplémentaires pour que le public n’explose de joie, délaissant les doux fauteuils du Museum.

Le résultat donne une version alternative et intimiste du « Gnanmankoudji » que Laurent Garnier avait laissé éclater à Pleyel. Le temps d’un rappel en apothéose et le groupe s’en va, le devoir accompli, ayant indéniablement marqué et touché l’assemblée du Botanique.

Un nouvel arrêt houblonné s’impose avant de quitter le Bota, pour récupérer physiquement et psychologiquement. Je croise les deux Canadiens préparant le stand ‘merchandising’ et, incapable de résister à l’envie de leur dire un mot, je demeure bloqué, comme subjugué, incapable d’articuler autre chose qu’un ‘merci’ à peine murmuré. Je reçois en guise de réponse un timide mais sincère ‘Thank you for coming’ de la souriante chanteuse. Il ne m’en fallait pas plus pour repartir le cœur léger, leur LP sous le bras mais surtout la tête pleine de souvenirs, ceux d’une soirée majestueuse que je risque de revivre à maintes reprises lors de mes rêveries, qu’elles soient éveillées ou dans les bras de Morphée.

Adrien Fassotte

(Organisation : Botanique)

Mmoths + Blue Hawaii


Ne perdons pas de temps à tâcher de convaincre les pisse-froids qui hurlent au népotisme ou à convertir l’élite néo-folkeuse venue rechercher la perle rare alternative lors de cette onzième édition des Nuits Botanique. Dimanche soir, Lou Doillon était venue jouer ses morceaux artisanaux composés dans l’intimité de sa cuisine et inspirés de ses chagrins d’amour. Sans aucune prétention de génie artistique, la chanteuse française avait choisi les planches d’un Cirque Royal archi-complet pour revisiter l’intégralité de ses « Kitchen sing dramas » issus de son premier long-playing produit par Etienne Daho et mixé par le Cassius Philippe Zdar. « Places » (2012), un album intimiste folk-rock influencé par les sons de son enfance.

Certes, à travers cette nouvelle expérience, l’actrice, comédienne, mannequin tente d’effacer cette image qui lui colle à la peau. Celle d’une hit girl, d’une ‘modeuse’ branchée, d’une ‘jet setteuse’ qui transite entre Paris et Londres. Pourtant, un concert déjà complet lors de sa prestation à l’Orangerie du Botanique, accordé le mois de décembre dernier, nous avait déjà convaincu qu’elle pouvait compter sur un public fidèle. Maintenant, reste à savoir si celui du Cirque Royal était venu en masse pour voir l’égérie de Givenchy et de Karl Lagerfeld ou pour découvrir l’univers musical de cette jeune auteure-compositrice-interprète de 30 ans au parcours atypique.

C’est un Cirque Royal plongé totalement dans le noir et illuminé d’une très belle scénographie qui attendait Lou Doillon et ses quatre musiciens. Cinq lampes vintage en arc formant un C de taille XXL planté au-dessus de chaque acteur sert de décor. Un décor original et judicieux pour éclairer les premières notes de la ballade poignante, « I.C.U ». Pas un mot dans la salle. Le public reste scotché à chaque inflexion vocale, à chaque souffle. Le timbre plaintif mais décidé, autoritaire mais vulnérable, s'égare dans l'air et invite le spectateur, accroché à chaque syllabe, à des rêveries douces-amères chantées dans son anglais maternel. Lou Doillon possède cette espèce de sauvagerie douce qui intrigue et s’accorde à merveille au genre musical qu’elle a choisi d’embrasser ce soir. Un folk aux ambitions aériennes et traversé d’influences universelles, communes et ensorceleuses.

Progressivement, ses talents d’oratrice réchauffent la salle. Un don naturel de communication qui séduit rapidement l’auditoire. Tantôt malicieuse, tantôt charmeuse, elle nous raconte son concert comme un roman autobiographique chargé de complaintes, de drôleries et de confidences. C’est alors que la comédienne reprend le dessus et nous inflige quelques plaisanteries croquignolettes en introduction de « Hushaby », morceau qu’elle aime écouter au volant de sa voiture les yeux fermés ou de « Devil Or Angel » où Lou Doillon s’amuse à imiter le cri du loup et invite le public à la suivre. Why not !? Bref, toute une mise en scène qui régale l’assistance et en ferait presque oublier la musique.

Le répertoire tantôt folk, tantôt country, tantôt soul, et plutôt facile, revisite les standards du rock et s’architecture autour de compos souvent trop légères. Une femme sous influence qui jouerait à réinventer les tubes ensorceleurs de Marianne Faithfull, Patti Smith ou encore Lou Reed, qui ont bercé son enfance.

Ne soyons pas trop sévère. Plusieurs standing ovations et plusieurs rappels (quatre !) nous confirment que le pari musical de Lou Doillon est plus que réussi. Le public est ravi et l’artiste ne veut plus quitter l’estrade.

Répertoire épuisé et public affamé, l’actrice reconvertie se doit d’improviser. Et tout d’abord, sur une reprise ‘originale’ de Clash qui arrive à point nommé. Accompagnée par le guitariste François Poggio, la folkeuse de l’Hexagone entame  « Should I stay or Should I go » comme si c'était un standard made in Nashville.

Rassurée par sa prestation, la chanteuse se lance sur la scène pour quatre longs rappels. D’abord, seule, guitare acoustique entre les mains, jouant sa première composition sur deux accords. Sa maladresse à la six cordes est presque touchante. On pense à la fin d'un repas de famille. Ce moment délicat, un peu gênant, où la petite dernière vient réciter le poème appris à l'école. Ne soyons pas cynique car, si la guitare ne sonne pas, la voix fait des merveilles. Enfin, une dernière reprise plus étonnante : « I go to sleep », chanson écrite par Ray Davies pour le Kinks, en 1964, que populariseront Chrissie Hyde et les Pretenders, en 1981. Et, plus récemment, subtilement réarrangée par la chanteuse britannique Anika, en 2010.

Amateur ou non, le public franchit les portes du Cirque Royal, le sourire aux lèvres, heureux d’avoir partagé l’univers musical de la nouvelle songwriter française.

Eric Ferrante

Lou Doillon

(Organisation Botanique)

Voir notre section photos ici

Informations supplémentaires

  • Date: 2013-05-12
  • Festival Name: Les Nuits Botanique
  • Festival Place: Museum
  • Festival City: Bruxelles
  • Rating: 0
Lu 1212 fois