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LaSemo 2025 : dimanche 13 juillet

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Clap de fin pour cette dix-huitième édition du LaSemo.

Un festival qui, bien que devenu grand, a gardé son âme d’enfant.

Une majorité qui signe un tournant dans l’histoire aussi, les organisateurs ayant obtenu l’accord de la Ville pour occuper le Parc d’Enghien durant encore au moins trois années, laissant entrevoir de belles surprises à venir.

De grands noms de la chanson française pop sont annoncés. Ce qui explique pourquoi il y a du monde, très tôt dans l’après-midi. Bien plus que lors des deux jours précédents.

Il fait très doux, les badauds déambulent à travers les nombreuses allées ombragées largement réparties sur le site.

Lorsqu’à 16 heures, votre serviteur arrive manu militari, deux artistes se produisent quasi en même temps, Vendredi sur Mer, côté prairie, et Coline BLF, côté guinguette. Le choix se portera vers l’endroit le plus rafraîchissant. Va donc pour la seconde option.

Comme de juste, de nombreux spectateurs ont envahi l’espace. Il fait noir de monde et se frayer un chemin n’est pas une sinécure.

La petite effarouchée se produit devant un parterre, davantage attiré par la soif que par l’artiste, avouons-le ! Mais, surprise, la demoiselle assure. Et son assurance a de quoi faire rougir les plus téméraires, alors qu’elle affiche à peine un quart de siècle.

Elle est originaire de Namur. L’univers musical aussi sein duquel elle baigne, oscille entre Bedroom pop et French pop.

Chantant seule dans sa chambre depuis son plus jeune âge, armée de sa guitare, ce n'est qu'à ses 18 ans qu'elle dévoile son goût pour le chant. Après une année passée en Californie, Coline se lance et travaille sur un premier Ep, « Blue Nostalgia », qui verra le jour en septembre 2022.

Sa musique vintage et solaire est d'abord influencée par King Krule, Clairo et Mac Demarco, mais aussi par de nombreux artistes francophones tels que Lewis Of Man ou encore Claire Laffut.

Ses compos sont parfaitement engagées. Elle s’interroge sur le monde et le devenir de la planète. Ses textes adoptent des opinions idéologiques, sociétaux et politiques. Elle ne mâche pas ses mots lorsqu’il s’agit de balancer du lourd, comme sur cette « Drôle d’Histoire », une compo subtilement chargée de mélancolie.

Parfois doux ou teinté d’une pointe rock, l’univers de Coline BLF sent bon l’été et l’herbe fraîche (celle que l’on sous nos pieds, pas celle que l’on fume). Quand il ne se transforme pas en véritable plaidoyer à l’égard de l’inaction des politiques, tout au long de ce « Feu », bouillonnant de colère et caractérisé par son refrain entêtant, au cours duquel elle clame ‘Soyons heureux avec que le monde brûle’, véritable hymne repris en chœur par l’auditoire.

Coline BLF appartient à cette catégorie rare d’artistes qui se servent de la musique comme son champ de bataille pour mener des combats, tout en promouvant un mode de vie épanoui et en phase avec les enjeux de notre époque.

Mais, elle sait aussi lâcher prise en dispensant des compos aux sonorités eighties, à l’instar de « Luna », personnage fictif qui invite le peuple à se déhancher.

Bref, Coline BLF est assurément une artiste au sens noble du terme qui mérite amplement que l’on s’y intéresse.

La scène du Château est à une encâblure d’ici. Et pourtant, il faut aller vite, le concert de Santa risque d’être pris d’assaut.

Inutile de préciser que l’icône de Hyphen Hyphen est attendue de pied ferme !

A moins d’avoir passé ces deux dernières années sur une île déserte, personne n’a pu échapper au succès fulgurant (presque inattendu) de Samantha Cotta (NDR : c’est son vrai nom !). Et confidence pour confidence, en solo, la demoiselle est impressionnante.

A 18 heures 30’ pétantes, des écrans de fumée envahissent la scène. Impossible de distinguer quoi que ce soit. S’ensuit presque immédiatement un décompte qui semble s’éterniser. Et lorsque ce ‘fog’ se dissipe, il laisse entrevoir une Santa, haute perchée, la tête en bas, pour descendre peu à peu, aidée de filins métalliques, entre des colonnes de feu qui jaillissent. Quelle richesse dans le souci du détail !

Après nous avoir bercé de sa douce ballade en mode piano-voix sur « Popcorn salé », une compo écrite dans l’urgence, presque par égarement, qui paraîtra sous l’impulsion et les encouragements de ses comparses Laura Christin, alias Line (basse, percussions), et Romain Adamo, aka Adam (guitare, synthé), la jeune dame s’émancipe et grave un premier album sobrement intitulé « Recommence-moi ».

Alors que la pop anglophone constituait jusqu’à présent sa ligne directrice, notamment au travers d’HH, la Niçoise prend un virage à 180 degrés en réalisant un très réussi premier essai solo, chanté dans la langue de Voltaire.

Toute de noire vêtue, elle est chaussée de grandes bottes qui lui confèrent un air très glamour. Soutenue par un batteur au drumming corrosif et une bassiste qui n’est autre que sa meilleure amie – Line, elle entame son tour de chant par un spectaculaire « Chanter le monde », une compo aux couleurs vives qui émeut par sa richesse sonore.

Vivant depuis peu de temps dans le plat pays, elle dit aimer se retrouver parmi les siens.

Multi-instrumentiste, elle alterne, au gré des compositions, piano et guitare, ses deux instruments de prédilection, qui viennent soutenir sa voix puissante. Qu’elle met parfaitement en exergue sur « Eva », une magnifique chanson qui s’impose sur fond d’appel à la résilience. Des cris d’amour fusent. Comme elle ne parvient pas à cerner leur origine, elle les rend, mais en plus fort encore.

Et comme le temps presse, elle lance, tout de go, sa gratte au crew (mot qui se traduit en français par ‘équipage’, ‘équipe’ ou ‘bande’, selon le contexte) posté à sa gauche. Le gars la rattrape in extremis à la grande surprise de tous et … surtout de l’artiste elle-même. Un risque démesuré…

Un concert ponctué de surprises ! Et tout d’abord lorsque, posée devant ce piano noir, elle entame « Les larmes ne coulent pas », qui a bénéficié, lors des sessions d’enregistrement, de la complicité de Christophe Willem, un artiste devenu aujourd’hui son ami. Il s’invite le temps d’une chanson, entre simplicité et fausse grandiloquence, lors d’un duo uni par des larmes amères. Mais n’y a-t-il pas larmes plus amères que celles qui ne coulent pas ? Quoiqu’il en soit, elle finit ce titre, le sourire et le regard sereins, debout sur les retours posés à front de scène.

Elle compte se jeter aujourd’hui à corps perdu dans un univers où règnent l’intime, la retenue et la douceur.

Pour ce faire, rien de tel que dénoncer « La différence », sorte de manifeste sur le bien vivre ensemble avec, en filigrane, cet espoir latent de tolérance, d’insouciance et de communion. Pour marquer le coup, elle enfile un drapeau dont les couleurs se réfèrent à l’arc-en-ciel, emblème de l'homosexualité. Le drapeau arc-en-ciel, créé par Gilbert Baker en 1978, est devenu un symbole international de la communauté LGBTQIA+. Il représente la diversité des orientations sexuelles et des identités de genre au sein de cette communauté. Chaque couleur du drapeau a une signification spécifique, comme le rouge pour la vie, le vert pour la nature, et le violet pour l'esprit.

Fidèle à son style unique et son spectre lyrique hors du commun, Santa se regarde ensuite dans le miroir avec introspection durant sa séance de « Popcorn salé » et le désir de recommencer son histoire, à l’instar d’une césure sur le temps. Entre ambition, espièglerie et qualité rare, l’artiste s’était essayée au métier de cascadeuse en interprétant ce premier titre, perchée à plus de 40 mètres de haut ! C'était à Bruxelles, sur la place de la Bourse. Un « Popcorn salé » à son apogée, en quelque sorte !

Et pour rappeler cette spectaculaire ascension, elle n’a rien trouvé de mieux que de jouer du piano en lévitation, grâce à un système de treuil, sous les yeux ébahis des spectateurs qui ont rarement vu un show rythmé digne de ce nom. C’est moins spectaculaire que dans la capitale, mais quand même…

L’émotion est grande. Elle en même oublie les paroles. Et pour se convaincre d’avoir encore toute sa tête, elle embraie dans un mashup, en associant le « Paradis blanc » de Michel Berger et Désenchantée de « Mylène Farmer ». Pour un résultat plus que convaincant !

Elle s’éclipse alors le temps de quelques secondes pour revêtir une cape de vampire. Assoiffée de sang, elle souffle le chaud et le froid lors d’un « Je brûle » qui n’est pas sans rappeler certaines sonorités pop/rock contemporaines qui ont fait les beaux jours de Hyphen Hyphen.

Et puis, dans une parfaite communion, les milliers de festivaliers se transforment en chorale parfaitement synchronisée, pendant « Dis-moi oui », une toute nouvelle compo annonciatrice, sans doute, d’un futur nouvel album. Un magnifique teaser !

Le set touche doucement à sa fin. Alors qu’elle s’apprête à s’éclipser pour une séance de ‘hugs’, des câlins posés délicatement à une poignée de chanceux, elle est vite portée par le public qui l’emmène, comme feuille portée par le vent, jusqu’à la régie, pour un « « Recommence-moi » tonitruant. Et en guise de ‘Happy end’ des canons propulsent des dizaines de milliers de confettis, rappelant les joyeusetés des festivités du carnaval.

Durant près d’une heure trente, Santa a une nouvelle fois démontré qu’elle méritait amplement la distinction du public et de la presse.

Dans l’univers de la chanson française, la jeune peut être assurément considérée comme une grande artiste. Et en livrant un concert d’une telle intensité et générosité, elle a emmené le public dans un tourbillon émotionnel et onirique d’une intensité rare.

MC Solar se produit à 22 heures 30’. Dans l’attente, il faut tuer le temps. Direction donc vers la scène de la prairie pour y découvrir Acid Arab.

Il s’agit d’un groupe français de musique électronique formé en 2012 par deux DJs, Guido Minisky et Hervé Carvalho, immédiatement rejoints par Pierrot Casanova et Nicolas Borne, puis par le claviériste Kenzi Bourras.

La formation est considérée comme pionnière de l'électro-orientale en France.

Vu son goût pour la musique électronique, votre serviteur préfère se nourrir, plutôt que de mourir… d’ennui.

La fin de soirée approche, la nuit a tiré son drap de lit pour s’endormir au côté d’un prodige de la chanson française, en la personne de MC Solaar.

C’est d’un pas résolu qu’il débarque sur l’estrade. Le podium est relativement épuré, une étoile géante trônant en fond de toile.

Vingt-six ans après avoir gravé « Bouge de là », la musique de Claude Honoré M'Barali n’a pas pris une ride et sa verve pointue et naturelle est demeurée intacte.

Son « Intronisation », plage titulaire d’un succulent elpee intitulé « Géopolitique » et dans lequel on entend une dame s’écrier ‘Mc Solar’, laisse entrevoir une musique solaire et positive où on apprend que ‘tout a commencé là-bas, dans la ville qu'on appelle ‘Maisons-Alfort/En jean, en short ou en djellabah’...

Alors qu’à « A dix de mes disciples » laisse dubitatif, « Qui sème le vent récolte le tempo » relève le tout. Ce titre issu du premier LP, paru en 1991, rappelle combien le flow transgresse le poids des âges…

Son obsession… textuelle laisse transposer des suggestions profondes et légères à la fois. Un véritable travail d’orfèvre pour ce… chercheur de phrases.

Mister Claude n’échappe pas à cette règle immuable. Il est également, lui aussi, une « Victime de la mode », comme sans doute les milliers de festivaliers amusés par la facétie de cette poésie urbaine. Dans un foutraque indéterminable, il scande haut et fort à un type « Bouge de là ». Pas une invective, mais une superbe chanson datant des débuts des années 90. Et afin de faire durer le plaisir, après une césure qui tombe à pic, la seconde partie du morceau mythique est jetée aux plus fervents.

Sa musique et la qualité littéraire de ses proses sont le fruit d'inspirations diverses, allant de Serge Gainsbourg – à qui il rendra hommage à travers « Nouveau western » et son sample mythique de Bonnie and Clyde - et aux musiques africaines (ivoiriennes, maliennes, tchadiennes), en passant par les classiques noirs américains (jazz et rap US).

MC Solar est un vrai « Dingue » et son « Da Vinci Claude », titres-phares, ravivent pas mal de souvenirs au sein de l’auditoire…

Alors que Bambi Cruz, de son vrai nom Gabriel Hoareau et par ailleurs rappeur lui aussi, « Ouvre les yeux », la douce et belle « Caroline » vient susurrer dans nos oreilles de jolis refrains pour le meilleur, pas pour le pire.

Le public semble ravi. Cependant « Solar pleure ». Des larmes de joie plus que d’amertume, sans doute. Car l’artiste n’a rien perdu de ces années. Sa plume est intacte, sa verve est plus tenance que jamais et ses textes sont d’une intensité rare.

Le spectacle s’achève, laissant des étoiles dans les yeux. On peut dire que ce soir, MC Solar était… solaire !

Après quatre jours de folie, de spectacles, de concerts d'anthologie et de détente, le festival familial et durable situé dans le parc d’Enghien se clôture ce dimanche soir.

Une édition marquée par un joli succès à tous niveaux. Une fois de plus, le LaSemo a tenu toutes ses promesses.

Gageons que l’édition 2026 sera, quant à elle, au minima aussi intéressante et riche que cette année. Les paris sont ouverts et les premières places déjà disponibles…

(Organisation LaSemo)

Informations supplémentaires

  • Date: 2025-07-13
  • Festival Name: LaSemo
  • Festival Place: Parc d’Enghien
  • Festival City: Enghien
  • Rating: 8
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