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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 23 mai 2014 10:49

Driftwood

« Driftwood » constitue déjà le quatrième opus de The Imaginary Suitcase, le projet solo de Laurent Leemans, également impliqué chez Ceili Moss, depuis 1996. Pas un néophyte sur la scène belge, puisque avant de se lancer dans ces deux aventures, il a milité au sein de La Vierge du Chancelier Rolin. De 1992 à 1999. En fait Laurent, est plutôt prolifique et ses compos les plus tourmentées, il les réserve à sa valise imaginaire.

Découpé en 11 plages, « Driftwood » baigne au sein d’une expression sonore mélancolique, qu’on pourrait qualifier de dark folk. L’elpee s’ouvre par le titre maître, une plage caractérisée par de superbes arpèges abordés dans l’esprit de Sophia. Et glisse vers « Three sisters » dans un même climat, avant de nous entraîner dans un délire apocalyptique à la 16th Horsepower, la voix de Laurent optant même pour un mode incantatoire à la David Eugene Edwards. C’est encore en picking que « Full moon lullaby » s’exprime, talonné par un glockenspiel, un morceau sur lequel Cecile Gonay (Seesayle) assure les chœurs. Une des compos s’intitule « Like rain », de quoi vous donner une petite idée du climat automnal qui règne tout au long de la chanson.

L’elpee recèle deux reprises. Deux titres que l’artiste apprécie particulièrement. Tout d’abord, une version minimaliste du « Bring on the dancing horses » d’Echo & The Bunnymen ». Qu’il ne parvient malheureusement pas à se réapproprier. Ensuite du « Ashes to ashes » de Bowie. Sur laquelle on se rend compte qu’il ne suffit pas d’avoir une bonne voix pour réussir un tel challenge, mais aussi et surtout une capacité à changer naturellement de registre, comme David Robert Jones est capable de le faire. Cette voix chaude et bien timbrée, il la met cependant en exergue tout au long de « Before I knocked », un poème de Dylan Thomas, qu’il chante a cappella.

Introduit par un harmonium (Nico ?), « Holy water » campe une valse autant latente qu’insolite. Et l’elpee de s’achever par « A plausible lie », un titre de folk punk qui aurait pu figurer sur un album de Ceili Moss.

Petite remarque quand même, le tracklisting du disque ne correspond pas du tout à celui mentionné sur la pochette. C’est ce qu’on appelle brouiller les pistes (?!?!?)

 

vendredi, 23 mai 2014 10:48

Histoires d’écailles et de plumes

Ce projet commun réunit deux amis, prénommés Guillaume. Ledent et Duthoit. Le premier est surtout connu pour son répertoire destiné aux enfants. Le second, alias Guillemot, c’est le chanteur de Thibor et de Coïncidence, formation au sein de laquelle militait Yves Barbieux, avant qu’il ne fonde Urban Trad. Il a également décidé de tenter une aventure en solitaire. Les deux artistes ont donc réuni leurs efforts sous un même (superbe) coffret en l’intitulant « Histoire d’écailles et de plumes ». Et en baptisant leur disque, respectivement « Marcher sur les murets » et « Je vole sous l’eau ». Mais le plus intéressant procède de la participation des deux artistes aux sessions d’enregistrement respectives. Tout en y impliquant les mêmes collaborateurs. Si l’album du premier est plus concret, il est plus difficile à cerner, car puisant au sein d’une multitude de références. Quant à celui du second, s’il est davantage porté vers l’imaginaire, son fil conducteur est paradoxalement plus palpable.

Découpé en 8 plages, l’opus de Guillaume Ledent s’ouvre par le titre maître, une compo allègre, imprimée sur un tempo new wave et s’achève par « Un escroc », un morceau qui colle davantage au répertoire destiné au jeune public, pour lequel l’artiste recueille, en Wallonie, un franc succès. Deux pistes sont construites sous la forme de ritournelles. Tout d’abord, « Nous », au sein de laquelle on retrouve un peu de prog, du rock et aussi du funk. Puis « Où est passé ma chanson », caractérisée par des interventions de guitare gémissantes. Rhodes et mélodica épicent « L’homme caméléon », un titre imprimé sur un tempo syncopé. Plus intimiste voire minimaliste, « Maddy in June » bénéficie d’une jolie mélodie, une compo champêtre, acoustique, traversée imperceptiblement par une flûte. Hymnique, balisé par des accords de piano élégants, « Adèle » semble plutôt hanté par Jean-Louis Aubert. Mais le meilleur titre de l’elpee est certainement, « Lulu bibulle ». Enrobé de chœurs soignés, éthérés, il met en exergue une prose récréative, volontairement badine, que ne renierait pas Richard Gotainer. Un moment précis au cours duquel il adopte même les inflexions du chanteur-humoriste français. Et dans cet exercice de style, il est particulièrement convaincant.

L’album de Guillaume Duthoit comporte 9 pistes. Au cours duquel on constate qu’il adore jouer sur les mots tout en nous plongeant dans le monde du fantastique. Mais abordons l’aspect musical. Première constatation, le rythme et le ton peuvent changer au cours d’un même morceau, sans que cela puisse nuire à l’homogénéité de l’opus. Certaines plages sont même assez complexes. A l’instar de « Charpie » ou de « Histoires de fapille », plage dont il partage un duo en compagnie de l’autre Guillaume. Un morceau au climat médiéval, caractérisé par des cordes de guitare ou de mandoline. Tout comme sur « Sam ». Des cordes très souvent pincées, en picking si vous préférez, qu’on retrouve tout au long de l’œuvre. Le disque s’ouvre par « Je vole sous l’eau », soit le titre maître. Une compo filmique, soulignée de choeurs angéliques, abordée dans l’esprit d’Ennio Morricone. Il règne d’ailleurs parfois une ambiance cinématographique et même énigmatique sur certaines chansons. Comme sur « Blanc comme neige », réverbérant des sonorités de xylophone, un peu comme dans un épisode de « Harry Potter », malgré ses éclats de saxophone. « Isodore » constitue probablement le meilleur titre de l’opus. Une ritournelle balisée par un banjo et enrichie de chœurs, et à nouveau parcourue d’interventions de mellotron. Le long playing s’achève par « Solitude », titre bien choisi, puisqu’il se résume à l’artiste, sa sèche, quelques chœurs et un sansula (NDR : piano à pouces). Guillemot a, en outre, une superbe voix, qui régulièrement évoque William Sheller, tant dans le timbre qu’au niveau des inflexions. Ce qui colle vraiment bien à son style de troubadour de l’imaginaire…

 

vendredi, 23 mai 2014 10:46

Croz

David Crosby est surtout connu pour avoir participé à l’aventure des Byrds et du supergroupe Crosby, Stills, Nash avec ou sans Young. Il a également publié l’un ou l’autre opus en duo, soit en compagnie de Stills ou Nash, puis milité au sein de CPR, à partir de 1996, un projet impliquant son fils, James Raymond ; mais en solo, il n’a gravé que quatre albums à ce jour. Et encore le précédent remonte à vingt longues années. Mais il est surtout responsable d’un long playing intemporel, « If I Could Only Remember My Name », une oeuvre incontournable pour laquelle il avait reçu le concours de toute la crème de la scène West Coast de l’époque.

Agé de 73 balais, David n’a pas eu une existence tranquille. Toxicomane, alcoolique, dépressif et paranoïaque, il a moisi quelques mois en taule pour détention d’arme prohibée. Il a également subi une transplantation du foie, financée par un certain Phil Collins, et plus récemment, une opération du cœur, qui l’a forcé à repousser sa tournée…

Pour enregistrer « Coz », il a de nouveau bénéficié du soutien de son fils, James Raymond. Mais également de quelques grosses pointures. A l’instar de Mark Knopfler, sur le titre maître. Et ses interventions sophistiquées, sculptées dans le blues, font merveille. Puis de Wynton Marsalis. A la trompette. Sur « Holding on to nothing ». Une plage empreinte de nostalgie, finalement assez proche de CS&N. Et enfin, Steve Tavaglione. Au saxophone, lors du final particulièrement élaboré, « Find a heart ». Des cuivres, qui entretiennent un climat jazzyfiant, sur ces deux morceaux. Un climat jazzyfiant finalement très présent sur l’opus, que ce soit à travers les ivoires ou la ligne de basse, même si ce feeling peut se révéler très subtil.

La voix de David Crosby est toujours aussi claire et atmosphérique, et les harmonies vocales (NDR : ces contre-voix !) sont d’une limpidité inégalable. Les cordes, acoustiques, semi-acoustiques ou électriques conjuguent élégance et sensibilité. Et le backing group est particulièrement solide. On aurait pu décerner un prix d’excellence à ce long playing, si à partir du 8ème morceau, le ton n’était pas devenu aussi mollasson. Pas que le reste soit de mauvaise facture, la dernière piste, s’abandonnant même au jazz rock, mais il finit par nous plonger dans un ennui certain.

 

vendredi, 23 mai 2014 10:45

Out among the stars

Encore un album posthume pour Johnny Cash. Quoique ! En fait, il s’agit de compositions enregistrées entre 1981 et 1984 qui auraient dû alimenter un long playing de l’artiste, intitulé « Out among the stars ». Et paraître entre « Johnny 99 » et « Rainbows ». C’est même Billy Sherill qui s’était chargé de la mise en forme, à Nashville. Mais Cash n’avait pas voulu le publier, car il l’estimait trop pop. Et puis, le label n’était pas davantage emballé, car à cette époque, la mode (?!?!?) était aux synthétiseurs. Bref, c’est son fils, John Carter, qui a retrouvé les bandes, dans les archives de son paternel et estimé qu’il méritait une gravure sur support.

Caractérisé par un son manifestement plus propre, sans pourtant tomber dans le formatage, cet opus se distingue également par le ton plus allègre de l’ensemble des compos. A l’instar des trois duos qu’il échange avec trois voix féminines. Deux auprès de son épouse June Carter : « Baby ride easy » et « Don’t you think it’s come our time », un bluegrass vraiment irrésistible. Un en compagnie de Waylon Jennings, pour « I’m movin’ on », une reprise du classique de Hank Snow, paradoxalement hantée par l’esprit d’Elvis Presley et des Beatles originels. Tout comme le judicieusement intitulé « Rock and roll shoes ». Quoique profond, le baryton de Johnny est chargé de nuances, ce qui rend les plages également beaucoup moins monocordes. L’opus recèle d’inévitables pistes country & western, enrichies par les interventions de banjo, de pedal steel, d’harmonica, et même des chœurs gospel sur « Tennessee ». On y rencontre également une valse (« After all ») et l’une ou l’autre ballade. Un bonus track. Soit une version terriblement contemporaine de « She used to love me a lot ». Une piste retravaillée par Elvis Costello et Steven Mandel, en 2013. Et ma foi, même si les puristes risquent de ne pas trop apprécier cette approche, le résultat est aussi étonnant que réussi…

 

dimanche, 31 décembre 1995 00:00

The Very Best Live

Alan Parsons a fait ses débuts comme assistant aux célèbres studios Abbey Road de Londres. Particulièrement doué comme technicien, il devient rapidement ingénieur du son, et participe à l'enregistrement de l'album des Fab Four qui porte le nom du célèbre studio. Puis collabore avec McCartney, les Hollies, le London Symphony Orchestra et surtout le Pink Floyd, pour lequel il reçoit un ‘Grammy’. Passé producteur, il fignolera les disques d'une multitude d'artistes, parmi lesquels figurent Steve Harley, John Miles et Al Stewart. Il crée enfin l'Alan Parsons Project en compagnie du parolier Eric Woolfson, et commence à accumuler les hits internationaux. Et sans s'en rendre compte précipite le prog rock à sa propre destruction...  Cette compile implique des tubes, et rien que des tubes en version (grand?) public. "Old and wise", "Don't answer me", "Even in the sky", "The Raven", etc. Un morceau de plastique exclusivement réservé aux nostalgiques du pop rock atmosphérique des seventies (NDR : qui a dit aux baba cools?)

 

dimanche, 31 décembre 1995 00:00

The Story of the Pebles 1964-1994

Premier groupe pop professionnel en Belgique, The Pebbles avait été, dès 1969, approché par le célèbre label des Beatles, ‘Apple’ ; mais il n'avait pu y souscrire pour raisons contractuelles. "Get around", "Seven horses in the sky", "24 hours at the border", "To the rising", "Beggar beggar", etc., rien que des hits sur cette compile qui donnera, sans aucun doute, un pincement au cœur à tous ceux et toutes celles qui étaient aficionados d'une certaine formule ‘J’...

 

mercredi, 21 mai 2014 16:51

Peter Murphy a mangé du lion…

Le contenu du prochain album de Peter Murphy (Bauhaus), « Lion », peut être pressenti à travers le premier single officiel, « Hang up », dont le clip peut être visionné ici

Un opus dont les ambiances électro-rock contemporaines ont été mises en forme par Youth (Killing Joke).

Les amateurs du précédent long playing, « Ninth » ne devraient pas être déçus, même si les compos de « Lion » adoptent un format plus heavy et technologique.

Album trailer : https://www.youtube.com/watch?v=N8ne6prvamA

Interview : http://www.billboard.com/articles/news/1563115/bauhaus-peter-murphy-working-on-new-album-lion-hunting-2014-release

Tracklisting

01. Hang up
02. I am my own Name
03. Low Tar Stars
04. I'm on your Side
05. Compression
06. Holy Clown
07. The Rose
08. The Ghost of Shokan Lake

09. Eliza
10. Loctaine
11. Lion

 

 

dimanche, 31 décembre 1995 00:00

Turbulent Indigo

Bien que responsable de dix-sept albums à ce jour, Joni Mitchell, née Roberta Joan Anderson, s'est surtout distinguée sur la scène musicale entre 1967 et 1975. Une époque au cours de laquelle, elle apportera sa contribution à l'immortalisation du rêve hippie (Woodstock). Son meilleur elpee remonte d'ailleurs à 1971. "Blue". Un disque raffiné à la poésie austère. Par la suite, elle se tournera vers un style de composition plus complexe, plus sophistiqué, profilé sur le blues, la musique classique ou le jazz. Aujourd'hui, Joni a de nouveau des choses intéressantes à dire. Et elle nous les confesse tout au long de son dernier album. Jadis, elle croyait que ses chansons pouvaient changer le monde. Aujourd'hui, elle constate avoir prêché dans le désert. "Turbulent Indigo" reflète ce cri de désespoir. Un opus, puissant, coléreux et amer dont le titre maître retentit comme le credo de sa vie artistique, alors que le remarquable "Sex kills" diffuse un message lourd de signification...

 

vendredi, 09 mai 2014 21:34

Honey Locust Honky Tonk

Franchement, Robert Pollard est tellement prolifique, qu’il devient de plus en plus difficile d’y retrouver ses jeunes. « Honey Locust Honky Tonk » constituerait son 38ème album si on ne tient compte que de ceux publiés sous son nom et de Guided By Voices. En englobant ses multiples projets, il doit en avoir gravé plus de 80 !

Que nous réserve son nouvel essai ? 17 plages en tout pour un peu moins de 38 minutes, dont quelques unes semblent inachevées. Ce qui n’est pas nouveau dans son chef. Même si les thèmes abordés sont souvent pertinents. Notamment lorsqu’il affronte celui de l’indifférence qui se manifeste aujourd’hui entre les êtres humains ou de l’angoisse face à la mort…

Côté guitare, Robert se sert d’une sèche, d’une semi-acoustique et bien sûr d’une électrique pour accompagner son chant. Mais penchons-nous plutôt sur la quintessence de cette œuvre. Toujours aussi lo fi. Qui adresse l’un ou l’autre clin d’œil à REM. A l’instar de « No requested things » ou de « I killed a man who looks like you ». Deux compos à la mélodie particulièrement contagieuse. Mais également à David Bowie. Comme sur « She hides in black » (ces infexions vocales !) et « It disappears in the least likely hands (Me may never not know) », rémniscente de « Heroes » voire de « The next day ». Et si l’inévitable « Tommy » du Who hante rituellement « Circus green machine », « Who buries the undertaker » nous entraîne dans le sillage de Wire. A cause de ces des jaillissements d’électricité hypnotiques. Enfin, « Drawing a picture » plonge dans le psychédélisme sydbarrettien. Et le reste ? Correct, mais souvent embryonnaire, certaines pistes n’atteignant même pas la minute. Bob n’avait sans doute pas le temps de les parachever. Trop occupé. D’ailleurs, depuis la sortie de ce long playing, il a certainement déjà publié deux ou trois nouveaux albums…

 

vendredi, 09 mai 2014 21:31

Lick (réédition)

« Lick », c’est le troisième opus de Lemonheads. Paru en vinyle, dès il a été réédité sous la forme d’un compact disc et enrichi de deux bonus tracks, en 1992. Qui figurent bien sur cette nouvelle mouture. A nouveau doté de titres supplémentaires. 10 en tout, dont l’interview évincée de Creator ». Et du tracklisting originel, on retrouve cependant la reprise électrique, mais bien balancée (Bob Mould ?) du « Luka » de Suzanne Vega ainsi que le « Mallo cup » oubliés sur la réédition du second long playing. Ce dernier morceau ouvre d’ailleurs le long playing, et augure une œuvre bien plus mélodieuse et maîtrisée. Illusions rapidement perdues. Car hormis le très pop « Circle of one », bercé d’accents mélancoliques à la Kurt Cobain (NDR : pensez à « In utero »), le reste nous replonge dans la sauvagerie des deux premiers opus. Seul le son de la batterie semble avoir bénéficié d’une meilleure mise en forme. Parmi les bonus tracks, figurent évidemment plusieurs enregistrement opérés ‘live’, deux au WERS et trois aux Pays-Bas ; et puis les quatre pistes du premier Ep éponyme, « Laughing all the way to the cleaners ».

Pour en revenir aux sessions d’enregistrement, elles ne se sont pas déroulées dans un climat paisible, puisque et Dando et Peretz ont alternativement claqué la porte, avant de revenir terminer le boulot, ce dernier quittant finalement la formation lors de leur tournée européenne. Ce qui explique pourquoi plusieurs musicos de studio sont venus en dépannage, afin de pallier les absences alternatives des deux leaders.