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Un clip d’animation pour le nouveau single d’Σtella

L'artiste grecque Σtella dévoile son nouveau single intitulé « Belinda ». Cette nouveauté s'accompagne d'un clip officiel au format visualizer, dont les illustrations sont nées sous la plume de la chanteuse elle-même, complétées par les animations de Yokanima…

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Editors
Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 09 mai 2014 21:30

Hate your friends (réédition)

« Hate your friends » constitue le tout premier long playing des Lemonheads. Nous sommes alors en 1987, et le trio, alors constitué d’Evan Dando, de Ben Deily et Jesse Peretz, aidé pour la circonstance par Doug Trachten, pour une grosse moitié de l’album, pratique un punk rock directement influencé par Hüsker Dü et les Replacements. Si Jesse Peretz se concentre uniquement sur la basse, Evan et Ben se réservent les vocaux, jouent de la guitare ou des drums quand le quatrième larron ne siège pas derrière les fûts. Les trois compères s’étaient rencontrés au Commonwealth School de Boston où ils avaient d’abord fondé Whelps. Au départ limité à 13 titres, cette réédition a été enrichie de 17 bonus tracks, dont la plupart ont été immortalisés à l’Emerson College de Boston, en 1987. Parmi les titres gravés en studio, seul « Don’t tell yourself it’s OK » laisse entrevoir le futur plus pop des Lemonheads. Le reste est plutôt brut de décoffrage. Y compris le ‘live’, mais en plus brouillon. Une seconde exception qui confirme la règle, « Mod lang ». Cette piste qui figurait sur la compile « Crawling from within’, lorgne vers Elvis Costello & ses Attractions qui auraient été privés de claviers…

 

vendredi, 09 mai 2014 21:29

Creator (réédition)

Paru en 1988, sous la forme du format vinyle et réédité en 1992, en compact disc, « Creator », constitue le second opus des Lemonheads. Et il s’inscrit dans la lignée du premier, « Hate your friends », même si les cordes de guitares sont parfois plus distinctes (« Sunday »). Ben Deily et Evan Dando se partagent les vocaux, mais le premier nommé braille plus qu’il ne chante.

La première version ne comptait que 13 plages et le cd 15, plus une interview. Cette réédition nous en propose 24, dont 10 bonus tracks également immortalisés à l’Emerson College de Boston, mais en 1988 ; cependant, pas de trace de la reprise du « Luka » de Suzanne Vega ni de « Mallo cup ». Par contre on y retrouve bien le « Your Home Is Where You're Happy » de Charles Manson et le « Plaster Caster » du chanteur/bassiste de Kiss, Gene Simmons. Deux compos acoustiques quand même, « Your home is where you’re happy » et « Postcard » ainsi qu’une plus pop, « Come to the window ». Pour info, sur le dernier titre de la plaque, Juliana Hatfield vient poser sa voix, mais elle chante carrément faux, alors que paradoxalement, les gratteurs tentent vainement de rectifier le tir…

 

vendredi, 09 mai 2014 21:28

Somewhere beautiful

Fondé en 1980, The Chills compte à ce jour une vingtaine de line up différents. Seul Martin Phillipps, le membre fondateur, est toujours au poste. C’est également le chanteur/guitariste et le principal compositeur. Au début des 90’s, il a mis son projet entre parenthèses, suite à des problèmes de santé, avant de reprendre le collier en 1995. The Chills, c’est aussi et surtout une formation néo-zélandaise issue de Dunedin qui relevait du label Flying Nun, une écurie qui a hébergé des artistes ou des groupe aussi incontournables que The Verlaines, 3D’s, Chris Knox, The Clean, Bats, Bailter Space, Able Tasmans, et j’en passe…

Le dernier véritable long playing des Chills remonte néanmoins à 1996 (« Sunburnt »). Depuis, la formation a publié un mini elpee baptisé « Stand By » et fait l’objet de l’une ou l’autre compilation.

« Somewhere beautiful » n’est pas, non plus, un nouvel opus, mais une session d’enregistrement privée, immortalisée lors d’un anniversaire accordé en 2011, à Central Otago, au sud de la Nouvelle Zélande. Il est découpé en 20 plages ! Et si le son n’est pas vraiment exceptionnel, l’elpee tient parfaitement la route, car on y retrouve toutes les caractéristiques qui ont forgé la notoriété du groupe. Oscillant du post punk (ces cordes délicieusement discordantes !) au garage, en passant par le psychédélisme et la pop, les compos sont également susceptibles de succomber à la mélancolie, sentiment accentué par la voix fragile de Phillips, ainsi que par les accords de piano sonores ou encore épisodiquement, un violon grinçant. Des titres à épingler ? Le single « Pink frost », le titre d’entrée « Night of chill blue », deux morceaux manifestement influencés par le Velvet Underground. « Part Past Part Fiction », digne des Fleshtones. Les ‘Remesques’ « Wet Blanket » et « Heavenly pop hit » (NDR : ce dernier avait d’ailleurs atteint la deuxième place des charts néo-zélandais, en 1994). Un « February » plus Buzzcocks que nature. Sans oublier l’incisif « Canterbury go ! » qui lorgne carrément vers les Stranglers, et pas seulement à cause de ses chœurs. Un seul bémol, la cover du « Matthew and son » de Cat Stevens, pas vraiment transcendante. Sans quoi, les nostalgiques des Chills devraient se régaler…

 

vendredi, 09 mai 2014 21:26

The third eye centre

Le dernier opus de Belle and Sebastian, « Write About Love » remonte à 2010. Il serait donc temps que le groupe se décide à publier un nouvel opus studio. Pour tenter de nous faire patienter, il vient de sortir une compile qui couvre la période oscillant entre 1997 et 2002. Soit la moins intéressante de leur carrière. D’autant plus que la plupart des plages sont des chutes de studio, et la moitié d’entre elles ne sont même pas chantées par Stuart Murdoch. Néanmoins, sur les 19 pistes, on relève quand même quelques morceaux intéressants, dont un remix du « I’m a cuckoo » par The Avalanches, subtilement parcouru de percus et de chœurs afro, et un autre particulièrement dansant de « Your cover’s blown », opéré par Miaoux Miaoux. Un véritable inédit ! Enfin, après l’allègre et contagieux « Suicide girl », le caribéen « Love on the March » et une perle de folk/pop soyeuse intitulée « (I believe in) travellin’ light », on peut tirer le rideau. Pas que les compos sont de mauvaise facture, mais elles font un peu pâle figure par rapport à l’œuvre de Belle and Sebastian.

On épinglera quand même le magnifique digipack qui habille le disque. Une des rares raisons qui pourrait pousser les aficionados à se le procurer…

 

vendredi, 09 mai 2014 21:25

Victory parts (édition deluxe)

AC Acoustics est une formation écossaise née en 1990. Issue de Glasgow très exactement. Séparée en 2003, elle nous a légué 9 singles et 4 albums, dont ce « Victory parts » qui vient d’être réédité et remasterisé. Une nouvelle mouture qui inclut 3 bonus tracks –excellents par ailleurs– mais aussi enrichie d’un second cd enregistré ‘live’ dans le cadre du festival de Reading, en 1996. « Victory parts » était paru en 1997, et avait reçu d’excellentes critiques de la part de la presse spécialisée. Malheureusement, il n’a jamais récolté le succès mérité. Au fil du temps sa musique est devenue plus complexe ; ce qui ne leur a certainement pas permis d’inverser la tendance…

A l’origine, AC Acoustics était surtout influencé par Spacemen 3, Jesus & MaryChain et Pavement, dispensant une expression sonore qu’on pourrait qualifier de noisy rock et qui a manifestement influencé les débuts de Placebo et de Smashing Pumpkins. Suffit d’écouter les compos de cet opus pour s’en rendre compte. Des chansons qui bénéficiaient, en outre, des lyrics poétiques et cryptiques de leur leader, Paul Campion. Dont le seul défaut était sans doute de ne pas avoir de voix transcendante pour le style. Et c’est encore plus flagrant en live (les 9 morceaux de « The silver exho and the golden echo » en sont une belle preuve). Car quand on écoute le noisy rock d’AC Acoustics, on en conclut qu’il serait à nouveau bien d’époque dans le cadre du revivalisme shoegazer que nous vivons actuellement ; et que, ma foi, certains groupes contemporains n’ont strictement rien inventé, mais simplement réchauffé une recette savoureusement électrique qui n’avait alors pas goûté, 20 ans plus tôt…

Une réédition qui vaut de l’or…

 

vendredi, 09 mai 2014 21:22

Sjätte Vansinnet

Scraps of Tape et une formation suédoise, issue de Malmö, très exactement et « Sjätte Vansinnet » constitue son cinquième elpee. Un quintet qui aurait pu émarger au post rock, s’il n’y avait la présence d’une voix. Encore que ces interventions vocales frémissantes, tantôt claires ou en falsetto (Paul Smith ?), n’émergent que ponctuellement. Mais un post rock qui aurait été contaminé par le post metal. Différence de boîte aux lettres… Des références ? Mogwai, Joan of Arc, Logh, Isis et le King Crimson circa « Larks’ tongues in aspic ».  

Pétillantes, scintillantes, incisives, sauvages, parfois torturées et chargées de feedback, les guitares se taillent la part du lion au sein d’une musique vivifiante, constamment agitée par les drums particulièrement amples, dont la subtilité rappelle les maîtres de la scène prog rock.

Bref, ce « Sjätte Vansinnet » est un disque de bonne facture, mais personnellement, j’estime que la carence en parties vocales rend l’ensemble un peu trop linéaire.

 

mercredi, 28 février 2001 00:00

La scène de Manchester n’a jamais existé…

Issus de Handforth, dans le Cheshire, les Doves ne sont plus tout jeunes. Même s'ils n'en sont qu'à leur premier album. Ils ont vécu la scène new wave du début des 80's aux côtés des Smiths ou de New Order. A Manchester. Mais c’est en 1991 que leur carrière a vraiment débuté. A l'époque, ils répondaient au patronyme de Sub Sub et avaient même décroché un hit intitulé « Ain't no love, ain't no use ». Outre les frères jumeaux Jez (batterie et chant) et Andy Williams (guitare et chant), le groupe implique Jimi Goodwin. Et ce dernier, préposé au chant et à la basse, n'est sûrement pas un nostalgique de cette époque, car il ne verse même pas une larme sur la mythique ‘Hacienda’, l'endroit de ralliement à l'époque, qui a été transformé en appartements.

« C'est peut-être triste, mais tout a une fin. L'Hacienda n’était pas éternelle et en plus, il ne faut pas s'imaginer que c'était un paradis! Le club était confronté à des problèmes de violence et de drogue. On y a vécu de bons moments, mais aujourd'hui, il faut regarder vers le futur... » Les Doves n’aiment d'ailleurs pas trop les références à leur ville d'origine et encore moins l'évocation de la scène ‘Madchester’... « Ni les Happy Mondays, ni les Charlatans n'ont eu la moindre influence sur nous. On les a adorés, il y a dix ans, mais c'est tout. D'ailleurs, on n'a jamais cru à l'existence de cette scène baggy. Elle a était montée de toutes pièces par la presse. Il n'existe aucun groupe de chez nous qui passe son temps à regarder dans l'assiette de son voisin : New Order ne sonne pas comme les Smiths, les Smiths pas comme les Buzzcocks, les Buzzcocks pas comme The Fall et les Doves n'ont rien à voir avec Joy Division. La scène de Manchester n’a jamais existé… »

Pour en revenir au style du groupe, on dira qu'après avoir digéré des références house, les Doves en sont revenus à une instrumentation rock, influencée par la dance, mais qui va beaucoup plus loin... L'enregistrement de ‘Lost Souls’ a duré trois ans dans un studio... qui ne comportait aucune fenêtre! « Tout simplement pour éviter que les cambrioleurs ne viennent dérober le matériel… » De leurs contemporains, les Doves affirment apprécier Baldly Drawn Boy, avec lesquels ils sont partis en tournée. « On a participé à l'enregistrement de leur album et on est même devenus amis. » Ils estiment également Shack, mais davantage pour des raisons de sensibilité musicale. Enfin Embrace les a beaucoup impressionnés, en ‘live’. Mais Jimi respecte aussi une foule de groupes issus du passé. Il avoue ainsi un faible pour le King Crimson de l'époque ‘Discipline’ et ne s'en cache pas. « Je ne suis pas du style à brûler ce que j'ai adoré. Et tous ceux qui adoptent cette attitude sont des hypocrites… »

(Article paru dans le n° 89 du magazine Mofo de Février 2001)

 

En 1987, Billy Joel exporte son ‘Bridge Tour’ en Russie, pour y accorder quelques concerts historiques. Un quart de siècle plus tard, Columbia Records et Legacy Recordings s’apprêtent à immortaliser cet épisode en publiant « A Matter of Trust - The Bridge to Russia ».

Ce double album (« The Music ») recèle plusieurs titres inédits ainsi que divers bonus et le DVD (« The Concert ») des prises restaurées et remasterisées du ‘Live In Leningrad 1987’, le film du concert entier qui n’a pas été vu depuis sa sortie en VHS.

Sur l’édition Deluxe, vous y retrouverez également « A Matter of Trust - The Bridge to Russia: A Documentary », documentaire réalisé par le célèbre Jim Brown. Pour visionner le trailer, c’est ici 

http://www.billyjoel.com/

http://www.legacyrecordings.com/

 

Le mercredi 21 mai prochain, les étudiants du Certificat en Production musicale clôturent leur saison IAD MUSIC 2014 par un concert ‘Chanson Française’. Ce concert se déroulera à la  Ferme du Biéreau (LLN), avec à l'affiche : Antoine Chance et Nicolas V.O.

Le fils du dessinateur-humoriste Philippe Geluck s’est donc lancé dans la chanson. Il a emprunté le pseudo d’Antoine Chance et vient de sortir son premier album. Intitulé « Fou », il navigue à la croisée des chemins de Radiohead, Michel Polnareff, les Innocents et Travis tout en dévoilant une poésie romantique qui craint pour sa santé mentale…

Le premier opus de Nicolas V.O. est paru en mars 2013. Quoique pop « Dans l’air » est surtout caractérisé par des textes engagés, sociaux, parfois cyniques. Quant aux influences de Nicolas, elles oscillent de Bashung à Radiohead, en passant par Souchon, Gainsbourg, Brel, Waits, Saez, Pearl Jam, Biolay, Hawley, Cabrel et Johnny Cash…

Et vous pouvez gagner 5 x 2 places pour cette soirée en participant au concours ici

http://www.facebook.com/619489221462140

 

 

jeudi, 01 mai 2014 01:00

Roots & Roses 2014 : jeudi 1er mai

Pour la troisième année consécutive, votre serviteur avait choisi de couvrir le ‘Roots & Roses’, festival convivial, dont les concerts se déroulent sous deux chapiteaux. Heureusement, car à cette époque de l’année, le temps peut rapidement se dégrader. C’est d’ailleurs ce qui s’est produit en fin d’après-midi… 

Nous débarquons à 16 heures pile, soit juste au moment où Rusty Roots entame son set. Il revenait à la formation belge de remplacer The Excitements, qui avait déclaré forfait, suite au décès de la maman du leader. Le quatuor limbourgeois vient d’enregistrer son quatrième opus, sous la houlette du drummer de Triggerfinger, Mario Goossens. Et compte déjà plus de 10 années d’existence. Sur les planches, on se rend compte que les musicos sont de bons instrumentistes. Mais hormis le chanteur/guitariste, ils manquent manifestement de charisme. Un vocaliste dont la voix fait immédiatement penser à John Forgety de Creedence Clearwater Revival. Musicalement, leurs compos baignent dans un blues/rock légèrement teinté de pop. Et le band de bénéficier d’une audience record, puisque dehors, l’orage fait rage (?!?!), libérant des vannes d’eau tout au long de leur set. Une aubaine, puisque personne (ou presque) n’a eu envie de vider les lieux avant la fin de leur prestation, final au cours duquel, une choriste viendra poser timidement sa voix...

En sortant du chapiteau, la pluie a cessé, mais le site est gorgé d’eau. Et au fil des heures, il va devenir de plus en plus boueux. Pas encore comme le célèbre cloaque de Dour, mais s’il encaissait une seconde averse, c’était le marécage. Davantage dans l’esprit du swamp que du grunge, même si les plus proches crocodiles étaient quand même recensés à un peu plus de 20 km.

Place ensuite à Dream Syndicate, que Steve Wynn a eu le bon goût de reformer. Au départ pour se produire ponctuellement, et en particulier, au cours du mois de décembre 2013, dans le cadre de 3 concerts réunissant des figures de proue du mouvement Paisley Underground, dont The Rain Parade, The Bangles et Three o’Clock. Puis la mayonnaise a repris, et le quatuor s’est lancé dans une tournée mondiale. Très électrique, le set m’a néanmoins paru manqué de constance. D’abord, ce sont les compos les plus mélodieuses qui ont vraiment fait la différence. Car si je suis friand d’envolées psychédéliques, je les apprécie beaucoup moins lorsqu’elles massacrent les tympans. Et lorsque les boules-Quiès s’imposent, il faut alors reconnaître que le mélomane perd les tonalités les plus aigues et surtout les plus les subtiles. Et pas seulement parce que le band californien nous réserve quelques morceaux plus garage/punk. En fin de parcours, le combo immortalise un surprenant arrêt sur image qui va se prolonger une bonne minute, avant qu’il ne reprenne le fil du concert. Il va également adresser un clin d’œil au « Who do you love » de Bo Diddley, en insérant ce thème au beau milieu d’une des dernières compos…

Fred Lani a donc reformé ses Healers, même si sa section rythmique implique deux nouveaux musicos. Il sont tous les trois de noir vêtus, même si le bassiste, chauve (NDR : ou la tête rasée, si vous préférez) porte une curieuse chemise, sous sa veste (NDR : qu’il enlèvera au milieu du set), dont les motifs affichent des roses et des têtes de mort. Pourquoi pas ? Non seulement Fred possède une technique irréprochable, mais les notes qu’il dispense libèrent un fantastique feeling. Et à la slide, il maîtrise parfaitement son sujet. Après quelques minutes, je ne peux m’empêcher de penser au légendaire Rory Gallagher, disparu en 1995. Peut-être même de sa période Taste. La setlist privilégie les morceaux du dernier elpee de Fred & The Healers, au titre alambiqué « Hammerbeatmatic », dont le fameux « Roots & Roses », composé pour le festival. Une chanson au cours de laquelle Fred fait participer le public en lui demandant de reprendre en chœur le refrain, de taper dans les mains ou carrément de pogoter. Lors de « Lover's boogie », inévitable boogie, il démontre qu’il a tout appris de John Lee Hooker. Probablement le meilleur concert du festival, même si je regretterai une nouvelle fois cette démesure dans le son, qui finalement ne sert pas le groupe.

Fallait les voir ! Ils sont neuf sur les planches, la plupart arborant un collier de gris-gris autour du cou, dont un claviériste (au Hammond ?), un guitariste, un bassiste, un percussionniste, un drummer qui ressemble étrangement à Robert Wyatt, et une section de 3 cuivres qui ont endossé une cape plutôt kitsch. Et puis King Khan, qui après une intro dispensée par son backing group, débarque coiffé d’un chapeau de plumes aztèque (NDR : ou maya ?) Il a également revêtu une cape qui laisse apparaître un bedon et puis surtout un tatouage de serpent sur la poitrine. Il se sert également régulièrement d’une six cordes ; mais c’est surtout sa voix et son show qui impressionnent. Une voix qui campe un hybride entre BB King et James Brown, et qu’il ponctue régulièrement petits cris perçants. Le set démarre sur les chapeaux de roue et le public se délecte des frasques de Khan. Qu’elles soient gestuelles ou orales. Parfois, il me fait penser à Screamin’ Jay Hawkins. En plus dérangé, c’est dire ! Le collectif a l’air de bien se marrer, et la foule semble apprécier le spectacle, puisqu’elle se met à réagir et même à danser sur ce mélange de r&b, de funk et de garage, opéré dans un esprit autant vaudou que burlesque. Mais sur l’estrade, c’est carrément le bordel. Tant chorégraphiquement (?!?!) que musicalement. Le guitariste décide de sauter dans la foule et manque de se prendre une pelle magistrale. Et le claviériste va même monter sur les haut-parleurs ! Ben manifestement, les musicos n’ont pas bu de l’eau bénite avant leur prestation. Ce qui ne va pas empêcher King Khan & The Shrines d’aller jusqu’au bout de son parcours et même de se voir réclamer un rappel. Le boss revient alors en calebar, mais a pris soin de remettre sa coiffe. Un peu de décence quand même… Un grand moment de spectacle, assurément, mais pour la musique…

Pokey Lafarge, c’est le nouveau protégé de Jack White. Vêtu d’un costard trois pièces, il reflète l’image de sa musique très années 30. Il est soutenu par un backing group constitué de véritables virtuoses. Un guitariste à la dextérité impressionnante qui n’hésite pas à jouer en surf et un percussionniste au matos minimaliste (une caisse claire, deux mini-cymbales et une cloche), également préposé à l’harmonica (un souffleur exceptionnel !) et à la planche à lessiver. Ces deux personnages très filmiques, coiffés de superbes chapeaux de cow-boys, auraient d’ailleurs pu figurer dans un épisode de ‘La petite maison de la prairie’. Puis un contrebassiste, un trompettiste, tiré à quatre épingles, une casquette vissée sur la tête, qui joue à l’aide d’une sourdine, et une clarinettiste/saxophoniste de petite taille, une fleur plantée dans les cheveux et vêtue d’une longue robe aux motifs colorés. Leur mélange de western swing, de folk, de country, de jump blues, de be-bop et de dixieland tient parfaitement la route. Et on se rend compte que le problème de son ne provient pas de la table de mixage, mais bien des artistes qui ne parviennent pas à s’adapter aux conditions du ‘live’. Car pour Pokey Lafarge et sa troupe, il est vraiment nickel. Pokey possède une très belle voix, légèrement chevrotante, versatile, un peu comme Jeff Buckley, mais sans en avoir l’amplitude. Et au cours de ce show particulièrement agréable à écouter, même si un peu trop à la mode ‘vintage’, Dom Flemons va venir rejoindre la troupe sur l’estrade pour y jouer des claves.

Nous étions quand même curieux de voir ce qu’un groupe constitué de vétérans comme les Sonics avait encore dans le ventre. Il ne faut pas oublier que fondée en 1960, la formation compte trois membres originels dont l’âge doit approcher les 70 balais ! Dont le claviériste Gerry Roslie, le saxophoniste Rob Lind et le guitariste Larry Parypa. Qui assurent également le chant à tour de rôle. Et les deux autres musicos ne dénotent certainement pas dans l’ensemble, puisque présent au sein du line up depuis 2012, le drummer Dusty Watson a notamment milité au sein du backing group de Dick Dale, alors que le bassiste Freddie Dennis, a sévi chez Freddie and The Screamers et les Kingsmen. Ce dernier participe également aux vocaux. Il possède d’ailleurs une voix impressionnante, qui évoque à la fois Little Richard, dont le combo reprend l’un ou l’autre titre, et Jello Biafra (Dead Kennedys). Et ce quintet d’hommes aux cheveux gris a toujours la pêche. Bien sûr, les membres ne bougent plus tellement sur les planches. Mais leur musique est puissante et sauvage, sans pour autant casser les tympans. Leur setlist va alterner ancien répertoire, reprises (dont celle du « Louie Louie » de Richard Berry, popularisée –tiens tiens– par les Kingsmen en 1955 !) et nouvelles compos. Finalement, il faut féliciter les organisateurs d’être parvenus à programmer une telle légende, toujours vivante, mais pour combien de temps encore… Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi Jack White, Rudi Protudi (Fuzztones), Peter Zaremba (Fleshtones), Joss Homme (Eagles of Death Metal), Nicholaus Arson (The Hives) et bien d’autres sans oublier les défunts Kurt Cobain, Lux Interior (The Cramps) et Seve Bators (Dead Boys) considèrent ou considéraient les Sonics comme une influence majeure…

(Organisation Roots & Roses)   

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