Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Bernard Dagnies

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vendredi, 09 novembre 2012 02:00

Les Inrocks 2012 : vendredi 9 novembre

Il est 19h30, et on dénombre encore moins de monde qu’hier à l’Aéronef. Heureusement, tout comme la veille, la salle va se remplir progressivement, n’atteignant cependant, en fin de soirée, que les deux-tiers de sa capacité. Faut dire aussi que l’affiche ne propose pas de hype comme The Vaccines. Tant pis ou tant mieux, on aura ainsi tout le loisir de faire des découvertes.

The Bots est un duo californien (NDR : de Los Angeles, très exactement) qui réunit deux frères, Mikaiah en Anaiah Lei. Le premier, c’est le plus jeune. Il est âgé de 15 ans et se réserve les drums. Le second en à 18. Il se charge de la guitare et accessoirement des bidouillages, à l’aide d’un mini-pupitre (NDR : c’est la mode !) Le plus amusant dans l’histoire c’est que si le batteur arbore une coiffure digne de Jimi Hendrix, c’est le gratteur qui semble hanté par le ‘sixcordiste’ mythique. La prestation est solide, mais Anaiah n’utilise pas suffisamment ses grosses cordes, comme Jack White. Et le résultat est bien trop aride pour vraiment convaincre. Moralité, il leur faudrait un bassiste… On épinglera quand même la performance de l’éclairagiste qui est parvenu à communiquer une impression de flamme aux rampes verticales du  light show. …

La jeune chanteuse Natalie Bergman et son frère Elliot, multi-instrumentiste, forment l’ossature de Wild Belle, une formation chicagolaise qui pour sa tournée à engagé un drummer, un bassiste et un claviériste/guitariste plutôt doué. C’est d’ailleurs souvent ce dernier qui va marquer la prestation de son empreinte. Mais on ne peut pas dire que les autres vont lui emboîter le pas. Blonde, Natalie est très jolie. Elle a une voix très douce, mais elle est mortellement statique. Son frère Elliot, joue aussi des claviers et du saxophone. Il a de très longs cheveux et des lunettes fumées, mais ce n’est pas John Helliwell. Encore que lors des premiers morceaux, j’ai parfois eu l’impression de replonger dans l’univers le plus pop de Supertramp. Ce n’est qu’en milieu de parcours que le band va enfin trouver sa vitesse de croisière, en dispensant une forme de reggae/dub bien plus convainquant. M’enfin, pas de quoi fouetter un chat, même sauvage…

Willy Moon, alias William Sinclair, est néo-zélandais. Il est né à Wellington, mais vit à Londres depuis quelques années. Son look est stupéfiant. Sa taille impressionnante. Costard noir en tergal, chemise blanche, il a les cheveux gominés. Il possède une voix de crooner très fifties. Et ce soir, il est accompagné d’un drummer, d’un préposé au (large) pupitre et d’une guitariste. Vêtue de noir, le pantalon hyper moulant, Marlies Dekker affiche une beauté mystérieuse, sensuelle, lunaire (?!?!), presque gothique. Sa guitare est par contre de couleur blanche. Tout un jeu de contrastes qui sied bien à leur musique, fruit d’un mélange improbable entre rockabilly et hip hop. Encore que ce hip hop soit dispensé de manière très judicieuse voire parcimonieuse. Au cours de son set, Willy nous propose une version plutôt malsaine de son hit, « Yeah Yeah », et puis un cover du célèbre « I put a spell on you » de Screaming Jay Hawkins. Confortant mon idée que ce show est quelque part hanté par les Cramps. Bref, la bonne surprise de ce festival et un artiste que je retournerai certainement voir en concert.

Michael Kiwanuka est chanteur/compositeur britannique. Sur scène, il s’accompagne à la guitare. Sèche ou électrique suivant les circonstances. Il est soutenu par un backing band extrêmement solide et talentueux. Il possède une voix remarquable. Taillée pour la soul. Et de soul, il en sera question tout au long de son set. Même quand il reprend le « May this be love (waterfall) » de Jimi Hendrix, musicien qu’il cite volontiers comme source d’inspiration. Encore que Bill Withers et Otis Redding me semblent des références plus évidentes chez cet artiste. Quant aux interventions rognées de l’orgue du claviériste, elles nous renvoient manifestement chez Booker T. Ce sont d’ailleurs les moments que j’ai le plus appréciés. Au vu de la réaction du public, les amateurs du style ont sans doute dû avoir vécu un concert de rhythm and blues, sous sa forme la plus pure. Mais difficile d’accrocher quand on est peu réceptif à la soul… (Setlist : « I’ll get along”, “Tell me a tale”, “Worry walks”, “Bones”, “May this be love”, “I’m getting ready”, “Rest”, “New tune”, “Home again”, “If you’d dare” + “Extra song”)

(Organisation : Les Inrocks et l’Aéronef)

Voir aussi notre section photos ici

 

 

mercredi, 07 novembre 2012 18:39

Come of Age

Ce quatuor londonien est devenu la nouvelle coqueluche de l’Albion. Fondé en 2010, il vient de publier son deuxième album, « Come of age ». Un disque qui a bénéficié de la mise en forme d’Ethan John (King of Leon, Emmylou Harris).

Si la formation puise ses influences majeures chez les Ramones, The Strokes et The Jesus And Mary Chain, c’est souvent aux Libertines et à Arctic Monkeys qu’elle est comparée. Normal, puisque ces deux groupes sont nés en Grande-Bretagne.

Des références qui semblent de mieux en mieux digérées sur leur nouvel opus. Parfois pour laisser un peu de place à d’autres. Une chose est sûre, les cordes de guitares sont toujours bien présentes. Surf, tintinnabulantes, déchiquetées, saignantes ou pétillantes (NDR : sur l’allègre « All in vain », elles gémissent même comme la Rickenbacker de feu George Harrison) elles balisent la plupart des compos. Depuis le ‘strokesien’ « No hope », au cours duquel Young emprunte un timbre vocal ‘dylanesque’ à « Lonely world »’, une ballade britpop hymnique qui aurait pu figurer au répertoire d’Oasis, en passant par le menaçant (The Cramps ?) « Ghost town », trempé dans le psychobilly, « Aftershave ocean », une compo mid tempo dont le sens mélodique lorgne vers Ash, « Weirdo », secoué par une ligne de basse trépidante (Pixies ?) et bercé par une voix détachée (Pastels ? Belle & Sebastian ?), le rugueux et hypnotique « Bad mood », fruit d’une rencontre hypothétique entre Jesus & Marychain et The Arctic Monkeys et le superbe « I wish I was a girl », une plage imprimée sur un tempo new wave. La panoplie de rythmes développés par le drummer est également un des atouts des Vaccines. Il adopte même le célèbre 4/4 des Ramones sur « Teenage icon ».

Les Vaccines se produiront ce 8 novembre 2012 à l’Aéronef de Lille, dans le cadre du festival des Inrocks.

 

mercredi, 07 novembre 2012 18:38

Tempest

« Tempest » constitue déjà le 35ème album studio du Zim. Eponyme, son tout premier était paru en 1962, soit il y a exactement 50 ans ! Pour enregistrer cet opus, il a pu compter sur son plus fidèle collaborateur, en l’occurrence le bassiste Tony Garnier, du drummer G. Receli, du gratteur Stu Kimball et du multi-instrumentiste Donnie Herron (steel, banjo, violon, mandoline). Mais également du guitariste Charlie Sexton, de retour après une bonne décennie d’absence ainsi que de David Hidalgo (Los Lobos), notamment à l’accordéon.

« Tempest » est le plus long titre de cet elpee. 14 minutes au cours desquelles, Dylan développe sa vision personnelle du naufrage du Titanic. Une valse country, tourmentée par des interventions de violon, qui finit par lasser. Cette compo, « Pay in blood », sorte de r&b trempé dans la pop, et « Roll on John » qui rend hommage à Lennon, sont incontestablement les points faibles de l’opus. Parce qu’il en recèle de très forts. Tout d’abord le morceau d’entrée « Duquesne Whistle ». Un western swing (dixieland ?) au cours duquel, sa voix ravagée ressuscite le fantôme de Louis Armstrong. Ensuite « Narrow way », un blues percutant découpé dans des riffs décapants, et imprimé sur un tempo hypnotique, irrésistible. Un autre blues ensuite, « Early roman kings ». Il y restitue carrément le célèbre riff du « Like a Rolling Stone » de Bo Diddley. Et le résultat est probant. Mais aussi l’éblouissant « Scarlet town ». Sans oublier l’envoûtant « Tin angel » (NDR : cette ligne de basse vibrante, mugissante), où il n’y manque que des bruitages insolites, pour s’imaginer au sein de l’univers de Tom Waits. Deux plages au cours desquelles il démontre qu’il est bien la référence ultime quand on parle de renaissance du mouvement folk/rock. Bien sûr, on n’oubliera pas ses lyrics. Poétiques, énigmatiques, féroces, ténébreux et peuplés de fantômes. A l’instar de « Soon after midnight », une chanson au cours de laquelle il traite de l’amour, de ses tourments et de la cruauté que ce sentiment peut engendrer.

 

mercredi, 07 novembre 2012 18:37

Gauntlet Hair

Gauntlet Hair nous vient de Lafayette, dans le Colorado. Un duo réunissant Andy R. (guitare, chant) et Craig Nice (batterie) qui se connaissent et partagent leurs goût musicaux, depuis l’âge de 15 ans. Certains médias comparent déjà leur musique à celle d’Animal Collective. Pour la créativité, peut-être. Et le recours à la technologie moderne, sans doute. Mais certainement pas pour les vocaux, Andy les dispensant constamment en reverb. Propulsé par les drums, mais aussi toute une panoplie de percus et de basses synthétiques, les rythmiques sont puissantes, pulsantes, palpitantes. Les cordes de guitare, bringuebalantes, tintinnabulantes, elliptiques, un peu comme chez Vini Reilly (Durutti Column), mais davantage écorchées voire déchiquetées.

Paru fin de l’année 2011, cet opus est éponyme. Il recèle neuf plages qui baignent dans une forme de noisy contemporaine. Expérimentale aussi ; mais sans jamais sombrer dans l’intellectualisme à tout crin, Gauntled Hair parvenant à baliser toutes ses compos sur une trame subtilement mélodique. A découvrir !

 

mercredi, 07 novembre 2012 18:35

Every day is like the first day

Malka Spigel était la chanteuse et la bassiste du groupe mythique israélien Minimal Compact. La formation a essentiellement sévi de 81 et 88, et si elle s’est reformée en 2003/2004, c’était uniquement pour accorder quelques concerts. Faut dire que tous les musicos ont depuis leurs propres projets.

Malka est également l’épouse de Colin Newman, le frontman de Wire. Ensemble, ils participent d’ailleurs à l’aventure de Githead. Mais elle se consacre aujourd’hui surtout à la photographie et à la vidéo. Il lui arrive cependant de tenter l’aventure en solitaire. A l’instar de ce nouvel elpee, « Everyday is like the first day », qui n’est que son quatrième publié sous son propre nom. Enfin, en solo, c’est vite dit, puisque lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de son époux, de Johnny Marr ainsi que de quelques autres. Des sessions qui se sont déroulées sous la houlette de Ronald Lippok, Teho Teardo et Gil Luz, tantôt à Berlin, Rome ou Tel Aviv. Le tout après avoir dégrossi les compos à Londres, en compagnie d’Andy Ramsay (Sterolab, High Llamas, Add N to (X)), et surtout pu se servir d’instruments insolites ou vintage, tels que le bouzouki, le vibraphone ou les synthés analogiques).

En résulte un album découpé en 12 plages inégales. Lorsque les compos glissent excessivement vers l’électro/ambient, on a l’impression d’entendre du Stereolab sous prozac (« Lost in sound », « Dream Time », « After the rain » et même « European weather », malgré la présence de drums). A contrario les morceaux les plus vivifiants nous replongent dans un post punk digne de Wire, mais dynamisé par les interventions de basse pulsantes de Malka. A l’instar du tempétueux titre maître, du magnétique « See it sideways », de l’hypnotique « Finding you », caractérisé par ces accords de gratte presque en boucle, des accords encore plus saturés sur les excellents « Chasing shadows » et « Two dimensions in a single frame », cette dernière plage jouant parfaitement sur le contraste entre la section rythmique nerveuse et la voix éthérée de Malka. De l’opus, j’épinglerai encore « Ammonite », une mélopée ténébreuse, enrichie d’arrangements de violon, dont la progression de cordes tout en subtilité me rappelle quelque part Bel Canto ; et puis enfin l’énigmatique « Back in the old city », piste hybride réussie, à cause de l’équilibre parfait entre instrumentation organique et électronique. 

 

Pour fêter ses 27 ans d'existence, !K7 Records propose, en téléchargement gratuit, des morceaux exclusifs de son catalogue sous forme d'EP! Dépêchez-vous le 16 octobre, c’est déjà fini…

Pour plus d’infos : http://www.k7-27.com/tracks

 

 

samedi, 06 octobre 2012 20:45

Ben Harper et Charlie Musselwhite en duo !

Ce 29 janvier 2013 paraîtra le premier album de Ben Harper pour Stax Records, un disque enregistré en compagnie de la légende du blues, Charlie  Musselwhite. Intitulé « Get Up! », il a été enregistré à Los Angeles. Il s’agira du 12e album elpee de Ben, un long playing qui fait suite à « Give Till It’s Gone », publié en 2011.

Pour écouter le titre I Don’t Believe a Word You Say c'est ici

http://www.benharper.com

 

www.facebook.com/benharper

 

vendredi, 05 octobre 2012 14:00

Une affaire de cœur…

Apparemment Mark Eitzel a définitivement refermé la page de l’histoire d’American Music Club. Il en est donc revenu à son aventure en solitaire. Enfin, pas tout à fait, puisque Vudi, son fidèle guitariste, est toujours au poste et que pour enregistrer son nouvel opus solo, ‘Don’t be a stranger’, il a reçu le concours de quelques collaborateurs. Au cours de l’année dernière, Mark a vécu deux épreuves. Tout d’abord, il a été victime d’une crise cardiaque. Dont il s’est apparemment bien remis. Puis appris que Tim Money, drummer d’AMC de 1994 à 2004, était décédé des suites d’un problème semblable. Mais a ensuite vu le sort lui être bien plus favorable. Aussi, avant d’entamer notre entretien, je propose à Mark de compléter une grille du Lotto. Six croix, je lui précise. Il a l’air perplexe, mais s’exécute consciencieusement. Ce qui me permet d’entrer dans le vif du sujet.

En fait, l’enregistrement de ‘Don’t be a stanger’, son nouvel opus solo, a été financé par un multimillionnaire. Ce qui méritait quand même une explication. Après avoir posé cette question, le franc est tombé : « Le gagnant avait décroché le jackpot ! 11 000 000 de dollars. On n’avait plus un rond. On a donc enregistré les démos sur mon portable, mais le résultat était merdique. Comment allais-je donc faire pour convaincre un label avec cette merde ? Et comment choisir la bonne personne pour pouvoir organiser les sessions, quand tu es fauché ? Un pote connaissait très bien ce lauréat. C’était un de ses copains. Et il l’a convaincu de financer le projet. Mais on l’a déjà remboursé ! »

Pourtant, ce disque était, au départ, destiné à American Music Club. Alors pourquoi avoir changé d’avis ? « En fait, je ne voulais plus de cette ligne de conduite revivaliste. Etablir un record de longévité ? Pas vraiment mon truc ! En outre, hormis Vudi, tous les autres musiciens ont été remplacés. J’avais envie d’aller de l’avant. C’est ma nouvelle philosophie. Et puis Vudi s’en fout complètement… »

Les sessions d’enregistrement se sont déroulées sous la houlette de Sheldon Gomberg, un producteur dont la carte de visite mentionne la mise en forme d’albums de Rickie Lee Jones, Ron Sexsmith, Ben Harper et bien d’autres. Parmi les invités figurent le drummer d’Elvis Costello, Pete Thomas et le pianiste de jazz, Larry Golding. De toute évidence, ils ont été sollicités par Gomberg. « Ben oui ! Comment veux-tu que je parvienne à dégoter de tels collaborateurs ? Pour lui, c’est facile ; il décroche le téléphone et en deux temps trois mouvements, il a l’accord de son interlocuteur… » Les interventions de Golding au piano sont superbes. Sonores, limpides, profondes, spontanées… Parfois on se demande même si ce n’est pas de l’impro. « Quand il a débarqué, il n’avait jamais entendu la moindre compo. Il les a écoutées une fois. Il a pris quelques notes. Il les a jouées à trois reprises et la troisième, c’était extraordinaire. Il est incroyable ! Il s’est parfaitement fondu dans l’esprit des chansons… » Une section de cordes s’est également intégrée dans l’ensemble. Plusieurs musiciens s’y sont investis ou est-ce le fruit d’arrangements ? Mark confesse : « Ce sont des arrangements. Il n’y avait qu’un seul violoniste. Mais il ne souhaitait pas que son nom figure dans les ‘credits’. Sinon le syndicat lui aurait intenté un procès. En fait, il bosse pour PIXAR ; tu sais cette boîte qui réalise de films stupides mettant en scène des animaux… »

L’an dernier Eitzel a été victime d’une crise cardiaque. Ce qui l’a forcé à se reposer. Mais qu’a-t-il fait au cours de cette convalescence ? Se consacrer à la composition de nouvelles chansons ? Ecouter de la musique ? Réfléchir sur la signification de l’existence ? Il raconte : « Non, je n’ai rien fait du tout. J’étais terrifié à l’idée que cette crise se produise à nouveau. J’ai quand même passé pas mal de temps à communiquer avec ma compagnie d’assurances. Et j’ai regardé beaucoup de films. En fait, j’étais la plupart du temps, cloué au lit. Quand j’essayais de marcher, il fallait que je m’asseye constamment, pour récupérer. J’étais incapable de bouger. Mais en quelque sorte, j’ai appris à ne rien faire. J’ai passé trois jours à l’hôpital, puis mis un bon trimestre pour me rétablir. Après un mois, j’ai pu me rendre au parc, près de mon domicile. C’était un moment bizarre, mais en même temps j’en ressentais une fierté… depuis cet incident, je dois prendre des pilules (il les cherche dans son sac…) »

Tim Money, l’ex-drummer d’AMC a eu moins de chance. Il est décédé l’an dernier. A 53 ans. C’est-à-dire au même âge que Mark. Evidemment, vu les circonstances, ce décès doit certainement le toucher davantage. « Effectivement. Pour être clair, je ne lui avais plus parlé depuis 7 ans. Pourtant on était amis. Et j’ai toujours pensé qu’on allait se revoir un jour. Quand j’ai appris sa disparition, j’ai pris un coup sur la tête. En fait, il avait déjà eu une petite alerte ; mais il n’en avait parlé à personne. Il aurait dû le signaler à sa femme ou à son médecin. Il a succombé à une rupture d’anévrisme. Et la faculté en a conclu, ensuite, que c’était la conséquence de ses problèmes cardiaques. C’était un mec branché, cool de chez cool. Fumant la cigarette. Il avait piqué la plaque qui rendait hommage à James Dean, posée à l’endroit où s’était tué, pour la mettre chez lui. C’était son petit trésor caché. Il était stylé. Et il appartenait à cette catégorie d’êtres humains qui ne jugent personne. Je me considère comme un écervelé. Mais il ne me critiquait jamais. C’est ce que j’appréciais le plus chez lui… »

‘Don’t be a stranger’ aurait dû s’intituler ‘The bill is due’. Ce morceau figure également sur l’album. Cette compo évoque les promesses non tenues, la fuite du temps et de l’argent ainsi que la peur du futur. On aurait pu croire qu’il l’aurait écrite pendant sa convalescence. Mais pourquoi avoir changé le titre de cet elpee ? Mark argumente. « J’ai écrit cette chanson bien avant mon attaque. J’en ai bien composé quelques unes au sujet de la crise cardiaque. Mais je les ai écartées. Je les réutiliserai peut-être plus tard. Dans 10 ans, pourquoi pas ? Faudra bien que j’attende une aussi longue période pour savoir comment je me sentais à ce moment-là ; car pour l’instant, je ne le sais pas… On aurait pu l’appeler ‘Knife in my wrist’ (Trad : couteau dans le poignet) ; mais finalement ’Don’t be a stranger’ était moins déprimant que ‘The bill is due’… » ‘All my love’ est apparemment une chanson d’amour (NDR : ou de cœur, si vous préférez…) Mais Eitzel lui réservait un autre destin. Il s’explique : « Elle véhicule l’idée qu’on se fait de l’état euphorique dans lequel on est lorsqu’on est amoureux. C’est une bonne chanson, mais j’ai toujours pensé qu’elle aurait pu servir de support musical pour un clip publicitaire. J’avoue que de manière secrète, j’escomptais qu’elle soit rentable, car j’ai besoin d’argent… » A contrario, ‘I love you, but you’re dead’ est davantage cynique. Mark partage cet avis: « En fait, c’est une véritable histoire. En 1979, j’avais découvert un groupe punk qui répondait au nom de Destroy All Monsters. Au sein duquel militait Ron Asheton, l’ancien guitariste des Stooges et Michael Davis des MC5. A l’époque, j’avais 19 ans. J’étais super enthousiasmé. Ils étaient géniaux. Il y avait une femme dans le line up. Et je souhaitais qu’elle me dédicace un poster. Elle y a mentionné ‘I love you, but you’re dead’. ‘Allons-nous faire foutre. Et disparaissons !’ C’est le sens de la chanson. Très rock’n’roll ; même si ce n’est pas du tout du r’n’r. C’est trop lent pour en être… » ‘Oh Mercy’ est une chanson qui se penche sur la liberté d’expression aux States. Il commente : « En fait, elle me met en scène quand je participe à l’une ou l’autre fête. Et au cours desquelles, j’ai un verre dans le nez. Moments les plus propices pour la discussion. En général, les gens racontent n’importe quoi. Ils sont peu informés. Ne lisent pas suffisamment. Je tire mes informations de toutes mes lectures. Ce qui m’autorise à leur dire qu’ils ne comprennent rien à rien. Mais cette attitude me rend impopulaire. Vous avez probablement entendu parler de ces scientifiques qui travaillent pour le FBI. Ils ont conçu tous les algorithmes de la guerre froide. Vous savez, les algorithmes mathématiques utilisés pour traquer le peuple, surveiller ses activités. Et bien on est en train de faire la même chose aux States. On élabore une véritable infrastructure dans l’Etat de l’Utah, à cet effet. Les Etats-Unis sont occupés de devenir le plus grand pays totalitaire du monde. Dans 10 ans, cet objectif sera atteint, j’en suis sûr ! Vous savez, il y a des gens très riches et de très pauvres. Et ce sont les riches qui gouvernent. Les multinationales. C’est le chemin inéluctable. J’aime beaucoup Obama. C’est le meilleur président que l’on puisse avoir. Mais Guantanamo est toujours ouvert. Les services de sécurité sont de plus en plus vicieux ; et quand on est arrêté, on est photographié, on prend nos empreintes et on se retrouve sur une liste. Et toute cette procédure a été mise en route sous la présidence d’Obama ! Aujourd’hui les flics peuvent faire tout ce qu’ils veulent. L’Habeas Corpus (NDR : le fondement de la démocratie : on ne peut détenir quelqu’un de manière arbitraire, sans jugement) a été supprimé aux USA. Merci Mr Obama ! Enfin, on a construit un mur entre la Californie et le Mexique. Mais où toutes ces mesures vont-elle nous mener ? C’est le symptôme d’un énorme désespoir. Et cette situation me met en colère » 

On termine cet entretien par une note plus musicale. En parlant des goûts musicaux de Mark. De ses coups de cœur, si vous préférez… Qui hésite entre ‘Harvest’ de Neil Young et le ‘Five leaves left’ comme l’album qu’il emporterait sur une île déserte ; mais choisit, in fine, celui du Canadien. Et puis il nous parle des crooners qu’il adore. Tels que Frank Sinatra et surtout Jimmy Scott (NDR : considéré comme le chanteur américain le plus injustement ignoré, il était atteint du syndrome de Kallmann, ce qui lui avait permis de conserver sa voix d’enfant), dont il me fait découvrir un extrait via sa tablette tactile…

(Merci à Vincent Devos)

Mark Eitzel : ‘Don’t be a Stranger’ (album paru ce 2 octobre 2012)

 

En concert :

18-01-2013    Het Depot, Louvain
20-01-2013    Vooruit, Gandt

 

 

 

 

vendredi, 05 octobre 2012 12:39

Live at Melweg

Cet enregistrement ‘live’ remonte au 24 mars 2001. Il avait été immortalisé au Melkweg d’Amstedam, dans le cadre de la sortie de l’album « Dog in the sand ». Frank Black & The Catholics est un épisode de la carrière de Charles Thompson, qu’il a vécue entre 1997 et 2003, une aventure concrétisée par la publication de 6 albums. Après la sortie de « Show Me Your Tears », les Pixies vont se reformer. Et en écoutant ce disque, on se rend compte que ce come-back cogite dans la tête de Black ; car si la setlist réunit une majorité de titres issus du répertoire de FB&TC, il épingle également plusieurs morceaux du quatuor mythique bostonien. A l’instar de la plupart de ses concerts accordés sous cette formule, Black est généreux. Il lui arrive de jouer pendant deux heures de suite. Et cet enregistrement en public, dont 17 titres ont été sélectionnés, en est une belle démonstration. Outre l’excellente qualité sonore de cet elpee, on retiendra les interventions fréquentes de Rich Gilbert à la pedal steel, et bien sûr la voix unique de Frank qui propage une frénésie communicative à l’ensemble des compos interprétées lors de ce concert…

 

vendredi, 05 octobre 2012 12:38

Anastasis

Seize longues années que Lisa Gerrard et Brendan Perry n’avaient plus enregistré d’album ensemble. Ils s’étaient séparés en 1998, pour embrasser chacun de leur côté, une carrière individuelle. Hormis le ‘Golden Globe’, décerné pour la musique du long métrage ‘Gladiator’, écrite en compagnie du compositeur Hans Zimmer, et malgré plusieurs collaborations opérées avec Klaus Schulze ainsi que de nombreuses participations à des B.O. de films, son aventure en solitaire n’a pas vraiment été couronnée de succès. Et à l’exception du remarquable « Ark », publié en 2010 et de ses multiples coopérations (menées en particulier auprès de feu Hector Zazou), Brendan n’a pas davantage réussi son parcours en solitaire.

« Anastasis » constitue le 8ème opus de Dead Can Dance. Une œuvre partagée en 8 pistes, au cours de laquelle les ex-époux ne se partagent le chant qu’à une seule reprise. Soit sur le celtique « Return of the she-kin ». Mêlant arrangements symphoniques et électroniques à l’instrumentation organique exotique (dulcimer, yangquin, etc.), l’elpee recèle une majorité de compos visionnaires, cinématiques. Et notamment en début de parcours. A l’instar de « Children of the sun », dont les lyrics dénoncent les dérives de la société moderne, une plage somptueuse, enrichie de cuivres énigmatiques et d’interventions de clavecin. Des plus spirituels et orientaux « Anabasis », « Agape » (Natacha Atlas ?) et « Kilo », trois morceaux magnifiés par le contralto éthéré de Lisa. De son côté, le baryton de Perry s’impose sur la valse enlevée et mystique « Opium » et tout au long d’« Amnesia », compo pourtant plus accessible, élégante, mais ténébreuse et envoûtante, abordée dans l’esprit du dernier long playing solo de Brendan. Ainsi que lors du final indolent, planant, « All in good time », au cours duquel il monte la voix. « Anastasis » est un mot grec signifiant ‘Résurrection’. Le titre de cet album ne pouvait pas être mieux choisi…