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La fuite d’Ellside

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lundi, 10 juin 2024 18:28

Perfection salad (single)

Cloud Cafe est un quatuor amstellodamois dont le premier opus, « Gift horse », sortira ce 6 septembre 2024.

En 2022, il avait remporté le concours ‘Amsterdam Popprijs’, ce qui lui avait permis de signer sur le label Excelsior.

Mêlant folk noir, grunge, indie rock et shoegaze, sa musique ne recherche ni la friction, ni la brillance, mais les contrastes.

En attendant, il a publié le single « Perfection Salad », une compo amusante et pertinente qui aborde le thème du passage à l'âge adulte ainsi que des complexités de la recherche de la perfection dans un monde qui semble souvent inaccessible.

« Perfection salad » est disponible sous forme de clip

Podcast # 36 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

mardi, 04 juin 2024 17:57

Quand on prend le train en marche…

Issu de Leeds, Drahla est un groupe de post-punk dont le second elpee, « Angeltape », est paru ce 5 avril 2024. Il se produisait ce mardi 4 juin, à l’Aéronef de Lille précédé, en supporting act, de Sacrificial Chanting Mood et de Spill Gold. Malheureusement, Spill Gold a dû déclarer forfait pour raisons médicales (NDR : une rumeur signalait un accident) ; et alors que la tête d’affiche était censée se produire à 21h50, elle est montée sur les planches à 21 heures. Imaginant arriver confortablement vers 21h 20, pour ne rien rater de la headliner, le concert est déjà bien entamé lorsque nous débaquons dans la salle.

Après être passée d’un trio à un quintet, la formation semble s’être stabilisée à un quartet. Un drummer, un bassiste et deux guitaristes, dont la chanteuse et leader Luciel Brown. Enfin chanteuse, c’est un grand mot, puisque sa voix est plutôt déclamatoire, proche d’un ‘spoken word’ à la Kim Gordon. Encore que parfois, ses intonations deviennent plus maléfiques que mystérieuses. Et pourtant, l’expression sonore navigue à des années-lumière du métal. Certains médias l’ont même qualifiée d’art rock. D’autres de noisy post punk ou de no wave. En y ajoutant un peu de funk blanc, on devrait probablement être proche de la solution…

Le temps de se fondre dans l’ambiance –il n’y a qu’une centaine de spectateurs, mais enthousiastes, certains n’hésitent pas à se lancer dans le crowdsurfing– le band nous réserve son titre le plus accessible de son long playing, « Default parody ». Les riffs sont tour à tour tranchants, à l’instar de Gang of Four ou dissonants voire corrosifs comme chez Sonic Youth, mais encore semblent entrer en conversation ou alors se limitent à des arpèges minimalistes… lorsque les sonorités de sixcordes ne se mettent à tintinnabuler, dans l’esprit de Sad Lovers & Giants. Cependant, lorsque qu’elles s’élèvent dans l’éther psychédélique, on pense plutôt à The Cure (NDR : on comprend mieux pourquoi Robert Smith avait insisté pour le band soit à l’affiche du Meltdown festival, en 2018). Et comme le drummer y imprime un tempo new wave et que la ligne de basse semble calquée sur celle Simon Gallup, ce n’est plus étonnant du tout. M’enfin, en général, cette ligne de basse est aussi cotonneuse, glaciale et hypnotique que celle de Peter Hook. C’est même elle qui fédère les morceaux. 

En observant plus attentivement le batteur, Mike Ainsley –qui a enfilé un magnifique t-shirt à l’effigie de Motörhead première génération, on constate que ses interventions sont aussi amples que précises, même lorsqu’il accélère le tempo.

Les morceaux semblent quelquefois déraper dans le chaos, et pourtant, tout est soigneusement organisé. Dommage que Luciel (NDR : dont deux pinces retiennent autant de mèches de cheveux pour former un cœur sur son front) ne se soit pas servie de son saxophone, afin d’enrichir l’une ou l’autre composition, et surtout les rendre un peu moins cliniques…

Après deux titres en rappel, Drahla se retire et file directement au stand merchandising. Difficile de vous en dire plus, pour le peu que nous avons pu écouter et voir. A ce propos, le reportage photos réalisé par Ludovic Vandenweghe est disponible .

(Organisation : Aéronef, Lille)

lundi, 03 juin 2024 19:12

Something you could never have

Slow Pine est une formation originaire de Waterbury, dans le Connecticut, dont la musique navigue quelque part entre noisy et shoegaze

Sur son premier Ep 5 titres, « Something You Could Never Have », la formation a inclus ses deux premiers singles. Mais le plus curieux procède du titre d’un de ses deux singles, « Lament for Clara Barton ».

Clara Barton, née le 25 décembre 1821 à Oxford (Massachusetts) et morte le 12 avril 1912 à Glen Echo (Maryland) était une enseignante, infirmière et humanitaire américaine, connue pour avoir été la fondatrice de la Croix-Rouge américaine.

On imagine donc que la compo s’inspire de sa vie ou évoque des émotions liées à son héritage.

« Lament for Clara Barton » est en écoute

Podcast # 35 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

lundi, 03 juin 2024 19:35

Escape

Le laavu est la tente traditionnelle utilisée par les Samis pour suivre leurs troupeaux de rennes. Mais c’est aussi un groupe de shoegaze russe, issu de Saint-Petersbourg, très exactement. Il puise essentiellement ses influences chez My Bloody Valentine, Lush et Slowdive. A l’instar de ses références, la formation propose, tout au long de son premier elpee, « Escape », des mélodies mélancoliques et rêveuses enrobées de guitares tantôt légères, tantôt crépitantes, et soulignées de voix éthérées.

Issu de cet album, « Solar wave » est disponible sous forme de clip ici

Podcast # 35 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

dimanche, 02 juin 2024 17:16

L’ostréiculture de Quivers…

La formation australienne Quivers sortira son troisième long playing, « Oyster cuts », ce 9 août 2024.

Ses deux premier elpees ont été salués par les musicos de R.E.M. ! Faut dire que sa jangle pop rêveuse et délavée par le soleil est parfois susceptible de rappeler le band d’Athens. Encore que les chroniques des webzines lui attribuent des tas de références qui vont de Go-Betweens aux Pretenders, en passant par les Smiths, Durutti Column, Galaxie 500 et même Echo & The Bunnymen. Chacun en retiendra ce qu’il veut.

En attendant la sortie de l’elpee, Quivers nous en propose un single, « Apparition ». A propos de ce titre, le groupe s’explique :

‘La chanson parle d’essayer d’aller de l’avant, même en emmenant vos fantômes avec vous, une prise de conscience que même le chagrin a de l’humour en lui. C’est aussi un engagement envers l’amitié quand on joue dans un groupe, et l’idée que les chansons vont dissiper la fumée pour parfois nous maintenir ensemble…’

Le clip d’« Apparition » est disponible ici

Podcast 35 de l’émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous).

Si le rock indé est à nouveau en pleine effervescence depuis le début du siècle, il le doit en grande partie aux mouvements shoegaze et dream pop, courants qui semblent attirer une toute nouvelle génération de disciples. Et pour cause, les concerts des formations du style, de première génération (les 90’s) et celles de la seconde (depuis + ou - 2015), séduisent un public de plus en plus jeune. Ainsi, ce dimanche 26 mai, pour applaudir Slowdive, il est carrément intergénérationnel, réunissant pré-ados, leurs parents et parfois même leurs grands-parents. Impressionnant ! Et ce soir, il y a du peuple dans la salle. Il y a même du monde au balcon !

Fondé en 1989, le groupe britannique s’est reformé en 2015 et a gravé depuis, deux elpees, un éponyme en 2017 et « Everything is alive », l’an dernier. Ce dernier davantage infusé d’électronique. De quoi inquiéter les plus anciens aficionados qui craignaient l’évaporation de l’instrumentation organique, sur les planches. Ce ne sera pas le cas…

Bonne nouvelle, le supporting act est assuré par Pale Blue Eyes, un trio drivé par un couple ; en l’occurrence le chanteur/compositeur/guitariste Matthew Board et la drummeuse, Lucy ; le line up impliquant également le bassiste Aubrey Simpson, et en tournée, le claviériste/guitariste John Gooding. Deux long playings à l’actif du band : « Souvenirs », en 2022, et « This house », l’année suivante. Des œuvres plutôt douloureuses, dont les textes traitent du chagrin à la suite de la perte d’êtres chers.

Et pourtant, sur scène, les musicos respirent la joie de vivre. Physiquement et vocalement Matthew me fait un peu penser à Martin Phillipps des Chills.  

Le set s’ouvre par « Take me over », un morceau dont l’explosion d’énergie est déjà bien maitrisée. Le son est d’excellent facture et les balances impeccables. La dextérité d’Aubrey sur ses cordes de basse, qu’il palpe de ses doigts, est spectaculaire. Les compos se distinguent par de bonnes accroches mélodiques. Si au début de « Sister », long titre qui clôt la prestation, le spectre de New Order se met à planer, progressivement l’expression sonore se transforme en transe psychédélique réminiscente de Spiritualized. Franchement, on assiste rarement à des premières parties de ce calibre… (Lien page Artistes Pale Blue Eyes)

(Photos Ludovic Vandeweghe ici)

Setlist :

Takes Me Over, TV Flicker, Spaces, Dr Pong, Motionless, Our History, Chelsea, Sister

Une bande préenregistrée diffuse le « Deep Blues Day » de Brian Eno pendant que les musiciens s’installent. Coiffé d’une casquette de base-ball, le chanteur/guitariste Neil Halstead s’installe à l’extrême droite, et l’autre sixcordiste, Christian Savill, à l’extrême gauche. Vêtue d’une robe noire légèrement bouffante dans le bas, la chanteuse Rachel Goswell se plante devant un clavier. On dirait Alice au pays des merveilles à l’âge adulte. Mais souriante, elle a conservé son visage d’enfant. De temps à autre, elle empoigne une guitare flambant neuve de couleur… noire, donc assortie à sa tenue. Et tout a long du spectacle, comme bercée par la musique, elle se balance nonchalamment…

Le concert s’ouvre par « Shanty », le premier morceau du nouvel elpee, « Everything Is Alive ». La lente impulsion électronique se répand un peu comme chez New Order, puis des vagues de sonorités de guitares commence à prendre leur envol, un envol qui se reproduit sur « Star roving » et le panoramique « Catch the breeze ».

Plus atmosphérique, « Skin in the game » nous plonge dans une certaine forme de léthargie. Certains spectateurs ferment les yeux et leurs esprits embrumés se mettent à planer.   

« Crazy for You » s’ébroue au sein d’un même climat. Les guitares entrent en dialogue, et enfin de parcours le morceau prend une nouvelle envolée.

Cosmique, « Souvlaki Space Station » nous propulse au cœur d’un univers floydien, alors que traversés de fumée, les faisceaux lumineux ressemblent à des colonnes de marbre blanc. Et lorsque les lumières stroboscopiques se déclenchent, les mouvements des musicos se décomposent…

Les oscillations de grattes chatoyantes propagées tout au long de « Sugar for the Pill » reflètent les impressions mélancoliques d’un Durutti Column. « Kisses » réverbère des échos empruntés au « Disintegration » de The Cure.

Plus noisy, « When the Sun Hits » alterne moments paisibles et bien percutants. Et le concert s’achève par « 40 days », une remarquable compo aux sonorités de guitares brimbalantes.

Pour le premier titre du rappel, « Chained to a cloud », le bassiste est passé aux claviers. On entre alors dans une ambiance ‘cathédralesque’.

A remarquer que tout au long du concert, Nick Chaplin n’arrête pas de déambuler sur l’estrade, à contrario des autres musiciens, plutôt stoïques ; et quand il se sert de la basse, il la tient à hauteur des genoux, un peu à la manière de Paul Simonon, chez The Clash.

On épinglera encore les échanges de voix entre Rachel, plus éthérée et fluette, et celle de Neil, bien timbrée, même si le volume sonore élevé ne permettait pas toujours de bien saisir ces nuances.

Si la setlist a alterné ancien et nouveau répertoire, le set s’achève par la reprise du « Goden hair » de Syd Barrett. Une forme d’hommage rendu à un artiste que les membres de Slowdive ont toujours admiré. Une version remarquable, respectueuse de la mélodie originale, mais qui sous un format shoegaze sert de lancement à un final tonifié par les percus alors tribales de Simon Scott ; et bien sûr, que l’intensité électrique sublime…

Les musiciens remercient la foule, pendant que les baffles crachent un nouveau titre de Brian Eno, « An Ending (Ascent) ».

En quittant la salle, la foule semblait particulièrement sereine, comme si comblée, elle venait de participer à une séance de méditation transcendantale…  

(Photos Ludovic Vandenweghe )

Setlist :

Deep Blue Day (Brian Eno song), Shanty, Star Roving, Catch the Breeze, Skin in the game, Crazy for You, Souvlaki Space Station, Sugar for the Pill, Slomo, Kisses, Alison, When the Sun Hits, 40 Days

Rappel :

Chained to a cloud, Dagger, Golden Hair (Syd Barrett cover), Song played from tape : An Ending (Ascent) (Brian Eno song)

(Organisation : Aéronef Lille)

 

 

 

mardi, 28 mai 2024 11:42

Twilight Living (single)

Originaire de Los Angeles, le chanteur, auteur-compositeur, multi-instrumentiste et producteur en herbe Kali Flangan - il était âgé de 17 ans quand il a sorti son premier Ep, « Circles » en 2021 - a choisi pour pseudo Superfan.

Son premier elpee, « Tow truck Jesus », paraîtra ce 28 juin. Et l’artiste y joue de tous les instruments.

Pour l’enregistrer, il a quand même reçu le concours du producteur Gabriel Wax. Quant aux thèmes développés, ils traitent du désir, de la dysphorie ainsi que de l'acceptation et de la découverte de soi.

Quelque part entre alt rock et psychédélisme, il faut reconnaître que sa musique tient la route. Jugez plutôt ce « Twilight Living », proposé sous forme de clip,

Podcast # 34 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

mardi, 21 mai 2024 12:14

Holus Bolus (single)

Issu d’Austin, Lord Buffalo barbote dans les mêmes eaux troubles que Wovenhand. Son psyché/folk crépusculaire voire gothique véhicule une poésie lyrique obsédante et méditative. Son nouvel album, « Holus Bolus » (qui signifie "tout à la fois" ou "tout d’un bloc") paraîtra ce 12 juillet 2024. Et sur le label Blues Funeral. Difficile de faire plus dark !

Bien que fondé en 2010, « Holus Bolus » ne constituera que son troisième long playing. En attendant cette sortie, il nous propose son single. Le titre maître ! Et sous forme de vidéo ici

Podcast # 33 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

jeudi, 16 mai 2024 12:15

Faith (single)

Fervents est une formation originaire de de Liège. Après avoir sorti un premier Ep, (un éponyme), en 2021, sur lequel figurait le percutant « Billy », le groupe est retourné en studio pour enregistrer cinq morceaux plus rugueux et plus sombres, inspirés par la scène grunge et punk hardcore, dont il nous propose un premier single, « Faith ».

Une compo qui nous entraîne dans un voyage tumultueux, sur les traces de ceux qui cherchent la soi-disant terre promise, une destination souvent inaccessible et toujours inhospitalière. C'est une chanson qui met en exergue les choix difficiles que les gens doivent parfois faire, préférant l'incertitude de l'exil à l'abîme de la société qui les a rejetés.

Ancrées par des rythmes abrupts et des mélodies imparables, les trois voix du band s'élèvent à l'unisson contre le conformisme social actuel, la lutte contre les addictions quotidiennes et la recherche d'une vie meilleure.

« Faith » est en écoute

En concert

15 mai, Water Moulin, Tournai

30 mai, Kultura, Liège

31 mai, L'entrepot, Arlon (+ It It Anita)

21 juin, Fêtes De La Musique, Marche-en-Famenne (+ Compact Disk Dummies)

9 octobre, Botanique, Bruxelles. Ep release concert

Podcast # 32 émission Inaudible (cliquez sur le logo ci-dessous)

jeudi, 16 mai 2024 11:33

Crack Cloud au kilomètre rouge…

« Red Mile », le nouvel album de Crack Cloud, paraîtra ce 26 juillet 2024.

Bien que le groupe canadien - désormais composé de Zach Choy, Aleem Khan, Bryce Cloghesy, Will Choy, Emma Acs, Eve Adams et Nathaniel Philips - ait pris de nombreuses formes au fil des ans, il nous propose aujourd'hui un rock épuré et concentré.

Enregistré principalement entre les banlieues de Joshua Tree, en Californie, et de Calgary, en Alberta, l'opus s'inspire d'un mélange doux-amer de nouveaux départs et de lieux familiers. Les structures romanesques et tentaculaires des long playings précédents y sont condensées, mais la formation ne veut pas faire dans la superficialité. À travers des mélodies enjouées et des soliloques de guitare elliptiques, ils livrent un disque d'une profondeur exceptionnelle et d'une chaleur particulière. L'impression de vécu qui se dégage de ce disque est moins celle d'un fauteuil confortable que celle d'un cadre photo soigneusement réparé à l'aide de ruban adhésif.

Une grande partie de l'angoisse qui donne à ses premiers travaux une urgence caustique est retombée, remplacée par une introspection implacable. Les huit chansons contemplent les barrages physiques et psychiques, l'expérience de vieillir dans le chaos, de s'adapter à de nouveaux espoirs étranges et de faire la paix avec la propre mythologie du band. Les paroles sont tranchantes, mais clémentes. Les morceaux sont des déclarations méta conscientes - des clins d'œil aux expressions du punk rock, de la toxicomanie, d'une vie vécue en musique.

En attendant cette sortie, il nous propose le single « Blue Kite », un morceau enjoué, tentaculaire et hymnique, rappelant par moments l'aube du punk de la fin des années 70. Et notamment Richard Hell ; mais sa magnifique section de cordes en staccato évoque plutôt « Paris 1919 » de John Cale.

Le clip de « Blue kite » est à découvrir

 

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