La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

logo_musiczine

L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

giaa_kavka_zappa_04
Hooverphonic
Jean-Claude Mondo

Jean-Claude Mondo

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Blue steel

" Blue steel " constitue le volume 60 des fameuses Chicago Blues Sessions du label autrichien Wolf. Il est sous-titré "A tribute to Elmore James". Une indication qui devrait vous mettre instantanément au parfum. Elmore James incarne, pour moi, le Dieu de la slide. Le créateur de ce riff répété à l'infini et tellement familier aux oreilles de tous les fanatiques du blues. De Chicago. A coloration Chess, bien entendu! Il était lui aussi, comme tant d'autres, originaire du Delta du Mississippi où il était né en 1918. Dans sa jeunesse, il fut largement inspiré par le style du Delta blues créé par Robert Johnson. Ce merveilleux bluesman nous a quittés voici 40 ans. En 1963. Il n'avait alors que 45 ans.

John Primer est lui aussi originaire du Delta. Il a émigré à Chicago à l'âge de 18 ans. En 1963. C'est à dire l'année de la disparition d'Elmore. John a rejoint le backing band de Muddy Waters, sur recommandation de l'harmoniciste Mojo Buford. Il y restera de 1979 à 83. C'est à dire jusqu'à la mort du créateur de " Rollin' Stone ". Il a ensuite sévi, pendant treize ans, au sein des Teardrops de Magic Slim. John Primer a toujours été réputé pour sa technique de la slide guitare. Je ne suis donc pas trop surpris de le voir participer à un tel hommage, à travers ce qui représente déjà son sixième opus pour Wolf. Il est entouré ici du Real Deal Blues Band : Bo Trisko à la guitare rythmique, Steve Bell, un des fils à Carey, à l'harmo, sans oublier Detroit Junior, l'ancien pianiste de Howlin' Wolf ainsi que Little Bobby Neely, autrefois saxophoniste pour Otis Rush et Buddy Guy.

Nous ne pouvions rêver d'une meilleure ouverture que le célèbre "Shake your moneymaker" ; probablement la composition la plus nerveuse de James. La sonorité est un tantinet réverbérée, éloignant quelque peu la voix de l'avant-plan. Une formule qui démontre son souci de rester le plus proche des versions originales. "It hurts me too" est un canon du blues. La slide est minimaliste et ravageuse. Le piano insolent. Le célèbre riff de slide, à la Elmore, fait son entrée chez "Sunnyland train". Primer a choisi de ne pas reprendre "Dust my blues", qui n'était en fait que le "Dust my broom" de Robert Johnson. James jouait tellement bien le blues lent qu'il est judicieux d'en retrouver sur cet elpee. A l'instar de "Too much". Mais si l'harmo de Steve Bell s'y réserve quelques petites phrases en solitaire, c'est surtout Detroit Junior qui crève l'écran. Les percussions de Mark Diffenderffer émettent un son métallique. Les différents intervenants prennent leur pied! La fête continue tout au long d'"I'm in love". Le sax de Little Bobby est clairement planté dans le décor, avant de produire son solo. Detroit Junior n'en peut plus derrière le piano. La slide se fait gouailleuse, insatiable, sur "I can't stop loving". Dès les 1ères notes d'"I'm a bluesman", il n'y a pas photo : nous sommes projetés dans un autre monde sonore. Celui des Teardrops. Mais de l'époque à laquelle John y était. L'enregistrement date en effet de 1987, et implique Magic Slim, Johnny B Gayden et James Harrington. Dans un registre assez différent, "1839" date de 1992. Magic Slim est toujours au poste, en compagnie de son frère Nick Holt, à la basse. A l'instar d'"I had a dream last night", "I'm worried" constitute un de ces nombreux remakes de "Dust my blues". Une adaptation superbement menée, au cours de laquelle Steve Bell se montre très en verve. Que ce soit sur un tempo rapide ("Fine little mama") ou lent ("I held my baby"), la slide d'acier en remet quelques couches en fin d'album. En finale, "Stranger blues" me rappelle quelque part le "Got my mojo working" de Muddy Waters. Cet album a été présenté officiellement le 9 février dernier. A Chicago, bien entendu. Au Buddy Guy's Legend, un autre haut lieu pour celui qui débuta au Theresa. Je suis venu au blues à cause de ce type de répertoire. C'est une confession. Alors je n'ai pas à rougir de vous avouer que l'écoute de cet album me fait un pincement au cœur…

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

House on fire

Ce chanteur/guitariste vit depuis bien longtemps à Washington, DC. Il a cependant effectué ses débuts à Boston. Il y a fondé Powerhouse, pour lequel il a commis l'elpee "Nightlife". Depuis 1981, il s'est fixé à Washington. Après avoir transité par les Assassins en compagnie de Jimmy Thackery des Nighthawks, il monte sa propre formation. Il compte déjà plus de dix albums à son actif dont le premier, "Blazing Telecasters", remonte à 1984. Pour exécuter ce nouveau chapitre musical, il s'est entouré de John Perry à la basse, Joe Wells à la batterie et de Tommy Lepson aux claviers. Tom a écrit la plus grande partie de son répertoire.

Il ouvre l'opus par "Till I get what I came here for", une plage funky qu'il emmène de sa voix passablement éraillée. L'orgue est bien présent ; mais le boss, c'est Tom. D'ailleurs, sa Fender Telecaster sort déjà de sa réserve. Avant de crever l'écran sur "Done your daddy dirty". Il est vrai que cet instrumental est signé Roy Buchanon, un maître pour l'ami Tom. Il accomplit ensuite une excellente version du "Crazy mixed up world" de Willy Dixon. Soutenu par le piano versatile de son ami Kevin McKendree (NDR : un membre du backing band de Delbert McClinton), Tom signe une excellente sortie sur les cordes. Toujours dans son style ; en distillant de nombreuses notes bien senties. L'artiste joue de sa Telecaster en picking sur l'instrumental vivace "Apricot brandy". Elle vibre et crache ses notes devant l'orgue de Lepson. "Voodoo thing" nous entraîne sur les routes louisianaises. Les rythmes sont syncopés, les percussions bien mises en avant. Tom se sent comme un poisson dans l'eau. D'autant plus que ce style met bien en avant ses prouesses guitaristiques. Mr Principato est plus un instrumentiste qu'un chanteur. Brillant technicien, il est également capable de faire passer ses sentiments, ses émotions musicales, à travers de plages instrumentales. "Very blue" en est la plus belle démonstration. Un titre lent, au cours duquel il égrène ses notes une par une, avant de laisser échapper sa verve naturelle. Ses doigts aiment parcourir le manche de sa Fender. Et s'il fait preuve d'une grande maîtrise, parfois il ne peut s'empêcher de libérer quelques flots de notes. Cette plage synthétise parfaitement son énorme potentiel. L'introduction et la finale de ce morceau baignent au sein d'une douceur extrême ; et l'artiste y emporte tous nos suffrages. Il ne faudrait cependant pas enfermer Principato dans un seul style. Car s'il est avant tout un instrumentiste à la technique irréprochable, il est aussi capable de s'adapter à un spectre musical bien plus large. Et il est même brillant dans le domaine swing et jazz. A l'instar de "Break out!". Alternant notes en grappes et accords, son jeu y est finement ciselé. La plage titulaire est très élégante. La section rythmique remplit bien l'espace sonore de ce R&B ; mais la Telecaster ne sait attendre pour se mettre une nouvelle fois en évidence. Sa dextérité naturelle, il la met encore en exergue sur un autre instrumental aux climats jazzyfiants : "Shuffle - 50". Jouant sur les tonalités, alternant une fois encore notes et accords, il y laisse couler son feeling. Il commet une bonne version du classique de Dave Bartholomew, "I hear you knockin". De l'excellent travail qui lui permet d'opérer une envolée de rock'n'roll mesurée dans le rythme. Et son solo en pickin' constitue un des sommets de l'album! Il faut cependant attendre la finale, "Baptised in Muddy Water", pour vivre le premier blues lent. Nonobstant le dialogue échangé entre la guitare et l'orgue Hammond, ce fragment est un peu trop court à mon goût. Manquant probablement de coups d'éclat, " House on fire " n'est pas le meilleur album de ce musicien au talent particulier et singulier ; mais il reste de très bonne facture…

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

And his Mississippi Wrecking Crew

Le vieux Snooky a reçu le concours d'un sérieux aréopage pour commettre cet album. Une bande d'épaves du Mississippi qui regroupe de fameux clients, d'authentiques vieux limiers du blues : l'indestructible Pinetop Perkins (88 balais, au piano), Willie "Big Eyes" Smith (issu de l'Arkansas) à la batterie, Bob Stroger (du Missouri) à la basse et le redoutable Mel Brown à la guitare (un compagnon d'écurie de Pryor, depuis quelques années). Cet opus a été enregistré pour célébrer le 80ème anniversaire de la légende vivante Mr Pryor. Son souvenir le plus ancien, le plus poussiéreux remonte à 1929. Lorsqu'il a vu Sonny Boy Williamson II jouer au magasin général de Vance, dans le Mississippi. A l'instar de la plupart de ses acolytes, il a émigré plus tard à Chicago, pour y écrire et vivre quelques tranches de blues. Dans les années 40. Sur Maxwell Street. Et plus tard en compagnie de Moody Jones, Homesick James, Johnny Shines et quelques autres.

Après "Rock-a-while", une timide ouverture instrumentale, nos anciens embraient par "School days", un bon vieux blues lent au sein duquel ils puisent dans leurs lointains souvenirs d'écoliers. Dépouillé comme il se doit, ce blues montre Snooky au sommet de son art. De courtes phrases à l'harmo ponctuent son chant usé. Invité de classe, Jeff Healey, le jeune guitariste aveugle canadien, semble bien à l'aise sur ce terrain dégagé à l'extrême. Du Chicago blues de classe ! En hommage au label canadien qui les héberge, le Mississippi Wrecking Crew reste ancré dans ce blues traînard autant que paresseux. Il nous dispense un brûlant "Electro-Fi blues", ne laissant toujours le billet de sortie que pour Mr Healey. Particulièrement cool, Snooky maîtrise parfaitement ce blues authentique à l'humeur sombre. Sa voix de ténor, plaintive, aigrie, peut soudainement se faire chevrotante. Il chante d'abord très calmement, puis hurle ensuite sa douleur sur "Decoration day", un classique composé jadis par John Lee "Sonny Boy" Williamson I. Mel n'y distille que les notes qui vont droit au cœur. Celles qui libèrent un max de feeling introverti. Le rythme s'accélère enfin sur "I ain't seen my baby". Une occasion idéale pour assister à une joute haute en couleur entre les cordes de Brown et celles de Jeff Healey. Derrière le piano, le vieil homme se met à susurrer un blues écrit par un de ses meilleurs collègues côtoyé naguère : Mr Memphis Slim. Perkins interprète "Pinetop's grinder man blues". "Kind lover" hausse de tempo et autorise les sorties, timides chez Pinetop Perkins, plus franches pour Mel et Snooky. Au large chapitre des blues lents, l'elpee recèle encore la reprise d'un autre canon du blues issu de la plume de Sonny Boy I : "Sugar Mama blues". Ce très bon album empreint de classicisme s'éteint sur "After you (There won't be nobody else)", un dernier slow blues mené un peu à la manière de Muddy Waters, au cours duquel Mel Brown peut, en quelques notes, exprimer toute l'excellence de son style…

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Drive

Robert Palmer est décédé le 26 septembre dernier à Paris. Suite à une crise cardiaque. Il était né en Angleterre le 19 janvier 1949. A Batley, très précisément. Cet excellent vocaliste avait élu domicile en Suisse, depuis 16 ans. Sa carrière musicale avait débuté fin des 60's. Chez le groupe de R&B, Alan Bown Set. Il avait ensuite rejoint Vinegar Joe, une formation blues/rythm'n blues. Il y partageait les vocaux avec la pulpeuse Elkie Brooks. Depuis, il menait une carrière personnelle. Un parcours jalonné d'une vingtaine d'albums et de quelques hits, dont le plus célèbre demeurera "Bad case of lovin' you". En 1999, il avait commis "Rhythm & blues" ; un opus pour lequel il avait prévu une suite. Et ce deuxième volume vient enfin de voir le jour.

L'album s'ouvre par le notoire "Mama, talk to your daughter". Signé J.B Lenoir, cette plage évolue sur un tempo hyper rapide. Le son des guitares est véritablement pourri. Les vocaux prolixes. L'harmonica de Franco Limido, sautillant. Une claque vraiment inattendue ! Bien plus roots, "Why getup?" est distinctement tramé sur une guitare, une mandoline, et le piano versatile de l'excellent Dr Gabs. La voix soul très caractéristique de Palmer est bien mise en évidence. Mais la richesse et la profondeur du timbre de ce chanteur de R&B sont encore plus évidentes sur le légèrement funky "Who's fooling who?". "Am I wrong?" baigne au sein d'une ambiance Delta. Seule devant les guitares acoustiques et les percussions minimalistes, cette voix semble idéalement taillée pour chanter le blues. Palmer reprend le "TV dinner" de ZZ Top ; mais sous une forme très dépouillée. Sa voix tout en relief y véhicule énormément d'émotion et de sensibilité. " Stella " nous plonge dans un univers étrange, exotique, proche de la world. Le chant typé est souligné de chœurs féminins. On se croirait dans les Caraïbes. Un climat au sein duquel baigne également "Dr Zhivago's train". Robert revient sur un terrain mieux connu en attaquant une compo issue du répertoire de BB King, "Ain't that just like a woman". La version est puissante et nerveuse. La voix quelque peu ravagée passe le cap avec distinction. Dr Gabs se montre brillant dans son exercice du boogie au piano. Robert embraie par "Hound Dog". Un fragment écrit par Leiber et Stoller, mais popularisé par Elvis Presley. Il chante comme un possédé devant une guitare fuzz aux accents réverb. Une atmosphère mystérieuse plane tout au long de "Crazy cajun cafe walk band". On se croirait presque chez Dr John lorsqu'il implore le voodoo ; surtout lorsque le bruit des swamps louisianais entrent dans la danse. Robert achève son elpee par une adaptation d'"I need your love so bad" de Little Willie John, un morceau popularisé jadis par Ray Charles et par le Fleetwood Mac de Peter Green ; une compo qu'il interprète d'une voix plaintive. Cette nouvelle mouture brille par son originalité, tant Palmer y va de sa personnalité. Mais ce n'est pas tout, car l'opus recèle quatre bonus tracks. Signé Willie Dixon, "29 ways" s'ouvre sur un chant tribal soutenu par force percussions ; mais lorsque le piano décide de changer de registre, c'est pour s'aventurer dans un espace sonore purement jazz et swing. La forme d'"It hurts me too" est bien plus classique. Une composition qu'il chante, avec bonheur, devant un piano très blues. Le piano du docteur envahit "Stupid cupid". Un fragment fortement marqué par le sceau de la New Orleans. Et l'œuvre s'achève dans le roots, par une cover très personnelle du "Milk cow's calf blues" de Robert Johnson. Cet album est très intelligent et fort personnel. C'est une réelle expérience. Dommage qu'il n'y aura jamais de suite…

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Live in Chicago

Chanteur/guitariste, Rob Orlemans drive le Half Past Midnight, un trio de blues/rock traditionnel. Tout au long de cet opus, immortalisé 'live' dans un studio ( !?!?) de Chicago (NDR : la Cité du Blues !), la guitare occupe le devant de la scène.

Malmenée dès l'attaque du "Going down" de Don Nix, elle ne fait pas dans la dentelle. Les pédales trafiquent le son. Piet Tromp à la basse et Yuri Yeryomin aux drums suivent leur leader à la trace. Orlemans chante d'une voix assez féroce. Il emprunte quelque peu les inflexions de son compatriote Peter Kemp (NDR : le leader du meilleur blues band zélandais : les Juke Joints). Il défie "Love me", mais laisse rapidement ses cordes disserter. Une six cordes qui se fait volontiers aventureuse, un peu comme lorsque le british blues s'était progressivement mué en hard rock. Boogie, "Give that thang to me" est assailli sans ménagement. Echafaudé par un excellent riff corrosif, "Indian machine" me fait furieusement penser à ACDC. Hormis la forme vocale qui ne possède aucune affinité avec le métal hurlant. Au cours de son solo, le guitariste se démène sur ses pédales. Suivant une technique qui me rappelle, à nouveau, le début des 70's. Pour varier le répertoire, Rob a invité sur scène le guitariste noir Jake Dawson (de Willie Kent & his Gents). Un musicien du coin qui en profite, au passage, pour chanter "Got my mojo working". Jake joue une guitare aux accents acerbes, mais dans un registre incontestablement plus blues que celui de notre valeureux Batave. Il saisit l'occasion pour négocier quelques joutes bien amicales. Dawson est toujours au poste, mais cède le micro au chanteur noir, Tommy McCracken, pour un interpréter le long blues lent et largement électrique "How blue can you get". Sur ce titre, la partie de guitare libère une intensité certaine. Les deux solistes assurent à tour de rôle le rôle de la rythmique. Orlemans revient à la formule trio pour dispenser son répertoire. Shuffle plutôt bien accompli, "The devil told me" se révèle largement supérieur à la première partie de l'album! Le riff de Bo Diddley s'impose sur "Strange things". Désormais, la machine de guerre est parfaitement huilée. Rob emprunte un solo hispanisant mais divertissant. Notre trio verse dans un boogie furieux, proche de Rory Gallagher, pour aborder "Buzzin' King bee", une compo inspirée par le célèbre titre de Slim Harpo. Un bon boogie, je ne le cache pas. La fin d'album bénéficie du concours de quelques invités. Michael Beck au chant sur "The Harley song". John Kattke à l'orgue hammond B3 chez "Mean green", un blues lent empreint d'une énorme intensité dramatique. Et pour conclure, Jake Dawson revient avec sa guitare pour se tailler le riff archi connu de "Hoochie Coochie man". "Live in Chicago" est un bon album de rockin' blues ; dommage qu'il débute de manière aussi tiède.

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Saved!

En alignant des productions dignes d'intérêt depuis plus d'une année on peut affirmer que le label canadien Northern Blues Music nous gâte ; mais également nous permet de découvrir des artistes tels qu’Harry Manx ou Otis Taylor. La Cité de Toronto a, paraît-il, toujours été riche de voix chaleureuses. Au sein des églises baptistes. Des voix destinées à louer les grâces du Seigneur. En moins d'une minute, la très courte plage d'ouverture nous fait découvrir le timbre chaud et impérial de Hiram Joseph. Mais attention, cet opus n'est pas exclusivement consacré aux chants gospels tapissé sur fond musical uniforme.

"Still standing tall" s'ouvre par les accents d'une guitare électrique bien amplifiée (NDR : celle de Bob Yemons), avant d'introduire une voix d'envergure (NDR : celle de Danny Brooks, un bluesman canadien notoire). Soutenu par des chœurs puissants ainsi que l'orgue Hammond et le piano de Michael Fonfara, Hiram Joseph revient chanter la bien jolie ballade "A place called hope". La délicieuse Amoy Levy chante "24/7/365". Inspirée, paraît-il, par le "Jesus on the mainline" de Ry Cooder, cette plage bien rythmée aurait pu, tout simplement, relever du répertoire des Stones ou de Rod Stewart. "The promise" est un chant qui semble sortir tout droit du temple. Danny Brooks chante avec force et vigueur "Righteous highway". Un blues très Delta balayé par la guitare et l'harmo. La version du "People get ready" de Curtis Mayfield est majestueuse. Hiram la chante au beau milieu de chœurs profonds. Impressionnant, c'est le moins qu'on puisse dire ! John Finley était le leader de Jon & Lee and the Checkmates. Il est lui aussi doté d'un organe bien posé. Il chante seul "A change is gonna come" de Sam Cooke, face à l'orgue et le piano de Fonfara. Le titre maître est une composition rythmée cosignée par Bob Dylan et Tim Drummond. Tim y participe ici à la basse. Très agréable, cet opus s'achève par une reprise de "Down by the riverside" et du célébrissime "We shall overcome" de Bob Seeger. Toutes les voix sont alors réunies.

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Just some blues in St-Just

Chanteur guitariste et compositeur, Rolf Lott est de nationalité allemande. Il est le leader de Chump Change, une formation française née en 1993 et dont le patronyme procède d'un classique d'Albert King. " Just some blues in St-Jus " constitue déjà son cinquième album. Il fait suite à "It's a blues affair" (1997), "Live Vol 1" (1999) et "New money's coming" (2000). Le New Chump Change a encore commis "New money's here", en compagnie des New Bills. En 2001.

Sous-titré "Live 2003", cet opus s'ouvre par une version maison du grand classique de Willie Dixon, "I'm ready". La compo a subi un traitement tout en rythme, légèrement funky. Rolf chante d'une voix un peu chevrotante. L'orgue de Raphael Lemonnier (NDR : un Nîmois !), s'intègre parfaitement à la section rythmique constituée du contrebassiste Fred Duclaux et du drummer Sylvain Wille. Lott égrène quelques chapelets de notes bien senties. Il laisse ainsi transparaître ses influences manifestes aux maîtres BB et Albert King, pour introduire "It don't take too much", un titre R&B bien chaleureux. Passé au piano, Raphael montre qu'il est un musicien talentueux. Soutenu par Rolf, il apporte une touche très jazzy à cette composition. La "nouvelle petite monnaie" s'emballe pour activer "Sweet little chick". Un bon boogie dont la solide assise rythmique permet de soutenir le soliste. Toujours aussi créatif dans sa sortie, il cède le relais à l'insatiable Raphael, particulièrement à l'aise dans ce registre. Excellent ! Lorsque Rolf chante le blues, sa voix n'est guère puissante, mais elle vit sa musique. Il reprend le "Someone else is steppin' in" de Dennis Lassalle, avant de succomber au rythme du "Feel so bad" de Chuck Willis. Incontestablement marqué par le Westside de Chicago, il se révèle un musicien fort intéressant ; mais surtout capable de développer un style bien personnel. Ses soli peuvent s'étaler sur quelques minutes, sans jamais devenir ennuyeux. Faut dire qu'il les distille avec tellement de parcimonie. Et c'est un fameux atout ! Ce sommet de l'album s'achève sur un rythme frénétique. Si les lyrics de "Bluesaffair" ne manquent pas d'intérêt, la plage souffre d'une certaine longueur : plus de 10' ! Pétillant, "Family life blues" hausse le tempo. Lorsque le piano de Raphael Lemonnier épouse les accents "roulants", façon New Orleans, son interprétation est vraiment brillante. Bénéficiant encore de la fougue du pianiste, Rolf empoigne sa slide. Il respire profondément avant de se lancer dans un sémillant "Shake your moneymaker". Une composition d'Elmore James qui nous replonge 50 ans en arrière. Et en bonus track, la section de cuivres assurée par les Blues Bills entre en scène pour un "Gotta get on up" sculpté dans un R&B bien funky. Solide formation, New Chump Change est à suivre de très près…

mercredi, 20 avril 2011 23:09

The goods

Al Basile est compositeur, poète, chanteur et musicien. Il a décidé de quitter le big band Roomful of Blues pour embrasser une carrière solo. Et manifestement, son parcours individuel a déjà été couronné de succès. « The goods » constitue d’ailleurs son huitième opus personnel, discographie entamée en 1998 par "Down on Providence Plantation". Il y a plus de 40 ans qu’il est un ami de Duke Robillard. Les deux artistes sont même fort proches. Pas étonnant que Robillard soit préposé à la mise en forme de cet elpee et que son band ait participé aux sessions d’enregistrement. Un concours que pas mal de musiciens aimeraient bénéficier.

A l’issue de ses études universitaires, Al était bardé de diplômes. Il aime jouer avec les mots, les mettre en partition. Il est conteur. Poète aussi. Et lorsqu’il mêle rimes et blues, il obtient ce qu’il appelle lui-même de la poésie en douze mesures.

"The Price (I got to pay)" est une plage bien rythmée qui libère un maximum de groove. Il se réserve la première escapade sur son instrument, une espèce de trompette trapue dont il est l'un des protagonistes les plus doués. Un coup d’accélérateur au tempo et il attaque "Along come the kid", une compo inspirée d’une chanson de Jimi Hendrix qu'il avait entendue la première fois, en 1971. Pour la circonstance, c’est Duke Robillard qui tire son épingle du jeu, un musicien capable de se débrouiller au sein d’une multitude de styles. Al est vraiment excellent aux vocaux lors des ballades mélodiques. Il y étale même toute sa classe. Et il devient même impressionnant, lorsqu’il est soutenu par des chœurs. Comme lorsqu’il est épaulé par les Blind Boys off Alabama. A l’instar de "Lie down in darkness (Raise up the light)", une chanson saturée de mélancolie ; mais aussi un des sommets de cette œuvre. Une compo au cours de laquelle ce feeling empreint de désespoir lui permet de dispenser un excellent phrasé sur son cornet. Al a écrit "843 million" à la manière d’une B.O. pour thriller. Parcouru de bruitages (crissements de pneus de voitures, sirènes de police hurlantes, détonations d’armes à feu), le morceau adopte un format R&B bien funky. Le cornet, l'orgue Hammond de Bruce Bears et la basse de Brad Hellen en profitant pour tisser des arabesques. Al Basile, c'est avant tout une voix. Elle est naturellement puissante, claire et véhicule énormément d’émotion. Et est taillée sur mesure pour chanter une ballade soul. Un peu comme celle d’Otis Redding, au cours des sixties, lorsqu’il relevait du label Stax. Et "Time can wait" en est la plus belle illustration. "I want to put it there" puise ses sources dans les rythmes de la Nouvelle Orléans. Mark Teixeira imprime le tempo. Bruce est passé au piano. Il se réincarne au sein des meilleurs joueurs locaux comme Allen Toussaint ou James Booker. Emporté par l’ivresse de l’instant, Al souffle dans son cornet. Long blues lent, "Mr Graham Bell" décrit les relations amour/haine vécues entre l'artiste et son téléphone. Il s'en prend alors à son inventeur. Caractérisé par l’excellent exercice vocal, ce blues laisse transparaître des accents jazz. A cause des interventions de Bears aux ivoires. Trempé dans le Memphis R&B, "She's a taker" divertit par son regard positif sur les relations entre homme et femme. "Reality show" adopte un même style. L’orgue de Bears s’y infiltre à la manière d’un Booker T Jones. Arrangés par Doug James, les cuivres sont bien présents. "Pealing bells" baigne dans le gospel. Remarquable, cet exercice vocal est exécuté face aux cordes réverbérées du Duke. Basile retourne une dernière fois à New Orleans pour accueillir le Père Noël, lors d’un "Don't sleep on Santa" impliquant Doug au piccolo ainsi qu’Al au cornet et au guiro. De toute bonne facture, cet opus s’achève par une dernière ballade soul, intitulée "Distant ships".

mercredi, 20 avril 2011 22:30

Preaching the blues

Ce chanteur/harmoniciste est déjà un vétéran, puisque ses débuts discographiques remontent à 1976. Son premier album personnel, "Rockinitis", est paru en 1981. Il a été très longuement un proche des frères Ford, Robben, Pat et Mark, en compagnie desquels il a beaucoup enregistré pour leur label Blues Rock It. Saluons donc ici le retour d’Andy Just, flanqué de ses amis italiens. 

Andy est un des grands souffleurs californiens. Il est sans aucun doute moins notoire que Rod Piazza, Charlie Musselwhite, Kim Wilson, Mark Hummel ou Rick Estrin, mais il n’empêche que l’homme jouit d’un talent certain. Lors des sessions d’enregistrement de "Preaching the blues", il a reçu le concours du guitariste Donnio Romani, du bassiste Charles Romagnoli et du drummer Emmanuel Zamperini.

L’elpee s’ouvre par une plage acoustique, "You’re so fine". Un classique caractérisé par le jeu efficace, limpide, efficace d’Andy. Instrumental, "Wild cat" est imprimé sur un tempo soutenu. La capacité pulmonaire de Just est hors du commun. Les cordes commencent à s’amplifier. Blues lent, "Driftin’" est une nouvelle fois marqué par ce souffle extraordinaire, déchirant, beau à pleurer. Dommage que le chant ne soit manifestement pas de la même trempe. Faut dire qu’il filtre sa voix à travers un micro astatique. Lors de ces trois premières plages, son ami texan, Shawn Pittman, était présent dans le studio. Blues enlevé, "I’m gonna change" adopte une recette souvent utilisée par Howlin’ Wolf au sommet de son art. Andy remet le turbo pour "I was walkin’". Romano est passé à la slide. Tout au long de ce blues rock efficace, le rythme est offensif. Andy est un adepte de l’overblowing. Il étale ses nombreuses notes à la manière d’un Jason Ricci ou de Jon Popper du Blues Traveler. "I am a loner" demeure très rock. Tout semble si simple, mais le résultat est probant. Andy et Donnio s’échangent quelques coups de feu redoutables. Romani est un tout bon gratteur. Il est très à l’aise sur la slide. Et il le démontre sur la plage éponyme, un morceau instrumental de bonne facture, caractérisé par ses changements de rythme. Shuffle, "Love you baby" est parfaitement balisé par les partenaires italiens. La voix est autoritaire et passe bien la rampe. "Andy’s boogaloo" permet de solides échanges entre les deux solistes. Faut dire qu’ils sont habitués à partager les mêmes planches. Pugnace, cette solution sonore lorgne quand même vers le rockin’ blues de Mick Clarke (NDR : c’est un Anglais !) Même type de voix, mais moins de boogie et plus d’harmo. Et cette constatation se vérifie à nouveau sur "Shake", une compo dont les accords tranchants de guitare nous prennent littéralement à la gorge. "Hey little girl" maintient l’étreinte. Un blues rocker marqué par la griffe d’Elmore James. Jusque la fin de l’elpee le tempo ne faiblira plus. Que ce soit à travers le solide boogie "Devil’s hand", et puis la finale instrumentale "Flyin’ high".

En quelques mois, le label Feelin’ Good Productions a permis à ce remarquable souffleur californien de nous servir deux excellentes plaques : le double live "Smokin’ tracks" et ce "Preachin the blues". A ce titre, on ne peut que le féliciter.    

 

mercredi, 31 décembre 2003 01:00

Count your blessings

Originaire d'un patelin proche de Chicago, Nick Moss se met à gratter la basse de son frère aîné Joe, dès son plus jeune âge. Il vient alors de contracter le virus du blues. Il fréquente alors tous les clubs mythiques de la Cité des Vents. Et est repéré par Jimmy Dawkins qui l'intègre dans son band. Il passe ensuite 4 années en compagnie de Willie "Big Eyes" Smith ; puis trois années avec Jimmy Rodgers. Et fonde enfin ses Flip Tops avec lesquels il enregistre successivement "First offense" et "Got a new plan".

Au sein du line up de cette formation, on retrouve son épouse Kate Hodinott. Préposée à la seconde guitare sur ce nouvel album. Mais aussi Andy Lester à la basse et Greg Campbell aux drums. "Count your blessings" est officiellement découpé en treize plages, dont les dix premières sont signées par Nick. Mais l'opus épingle cinq bonus tracks. Et toutes des reprises. Quel festin!

L'album s'ouvre par "Heavy on my mind". Evoluant sur un mid tempo, il est imprégné des sons du Chicago blues mythique. Les Flip Tops inspirent immédiatement le respect. Nick se réserve un premier solo déjà déterminant. Deux invités de marque y font déjà leur apparition : Mr Curtis Salgado ( jadis membre de Roomful of Blues) à l'harmonica, et Barrelhouse Chuck à l'orgue. Chuck passe au piano, Bob Stroger à la basse et Willie "Big Eyes" Smith à la batterie, pour aborder le titre maître. Curtis se met à souffler comme Jr Wells ou Jimmy Cotton. On a l'impression d'être en présence d'un super groupe local. Du bonheur à l'état pur ! Les plages suivantes confirment les premières impressions. Dans la démarche, elles me font penser à Mississippi Heat. En écoutant Salgado souffler dans les aigus sur "Gold digger", on en conclut qu'elles sont propices à la rencontre de générations différentes. Et on n'est pas au bout de nos surprises, car quatre fragments, dont deux bonus tracks, ont été enregistrés à Dallas en compagnie d'Anson Funderburgh. Les deux guitaristes s'en donnent à cœur joie. L'orgue Farfisa de Barrelhouse Chuck sonne très Booker T & the MGs. Epaulé par Chuck, Stroger et Smith, Nick recrée l'une des ambiances chères à Chess sur "Porchlight". Celle d'Elmore James en particulier. Enrichi par l'harmonica de Richard Duran, alias Lynwood Slim, "So tired" est le slow blues Chess par excellence. Slim partage d'ailleurs la production de cet elpee avec Moss. Et Chuck joue son Otis Spann!! En opérant la synthèse de ce qui se fait le mieux à Chicago, Nick Moss, le guitariste, nous illumine de son talent sur "Panic Attack". On distingue clairement l'emprunte laissée par Jimmy Rodgers sur le jeune Nick, tout au long du sobre "Breal bad". Que c'est bon! Et ce n'est pas tout ! Il se fait même Jimmy Reed sur "W.A.S.T.E.D". Faut dire qu'il possède une bonne voix le Moss. Pas un baryton, mais un timbre proche de nombreux bluesmen du Chicago d'époque. A partir de cet instant, il met ses Flip Tops (et lui-même) à la disposition de ses invités. Barrelhouse Chuck chante "Barrelhouse woman" de Leroy Carr, avec Funderburgh aux cordes, puis le lent et sublime "Ain't times hard" de Floyd Jones, au cours duquel Moss et Salgado accordent des soli émouvants. Venons-en enfin aux bonus tracks. Deux plages sont chantées par le vieux Sam Myers. "Hey hey", tout d'abord. Il libère un de ces sons pourris et met en exergue une intervention impérissable de Moss. "She brought life back to the dead" de Sonny Boy, ensuite. Qui sent bon le Texas. De son timbre graveleux, très proche d'un certain Magic Slim Curtis, Salgado interprète "This little voice, alors que Lynwood Slim se réserve "I chose to sing the blues", soutenu par Chuck au curieux orgue Vox Jaguar. Hommage appuyé à James Cotton, le bouquet final offre un beau duel échangé par les harmonicistes Salgado et Lynwood Slim. Je conseille vivement l'opus de ce jeune artiste, aux amateurs du blues de Chicago.