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mercredi, 07 novembre 2012 13:06

Szobel

Hermann Szobel est né à Vienne, en 1958. A 17 ans, ce jeune prodige enregistre un album de jazz fusion très en avance sur son temps : "Szobel". Ce pianiste/compositeur puise alors déjà ses influences chez Keith Jarrett, Weather Report et Frank Zappa. C'est cet opus qui vient d’être réédité en compact disc. L’artiste souhaitait créer une musique instrumentale élaborée. Un an plus tôt, il s’était envolé pour New York afin de concrétiser sa mission sacrée. Il recrute pour collaborateurs le bassiste Michael Visceglia, le drummer Bob Goldman, le vibraphoniste/percussionniste David Samuels ainsi que Vadim Vyadro aux cuivres et bois.

Détail qui a son importance, Hermann était le neveu de l'imprésario Bill Graham (NDR : le propriétaire des salles du Fillmore à New York et San Francisco). Ce qui allait lui ouvrir pas mal de portes ; et en particulier celle d’un label major : Arista! Malheureusement, un peu trop prétentieux, le gamin va s’égarer dans ses excentricités ; si bien que le Hermann Szobel Band ne se produira qu'à une douzaine de reprises. Et l’aventure de l’ensemble ne durera que huit mois. L'enregistrement d'un second elpee va avorter et Hermann repartira en Autriche où plus personne n'entendra parler de lui. Il est pourtant toujours bien en vie, mais semble sorti des circuits musicaux.

Trente-cinq ans plus tard, Lazers Edge vient donc d’exhumer ce disque. Seul au clavier, Hermann ouvre "Mr Softee", avant d'être rejoint par le bassiste, puis de Vyadra au saxophone. L’écriture des compos est complexe. Les changements de rythmes sont brutaux et improbables comme les affectionnait tant Zappa et ses Mothers of Invention. Créative, laissant libre cours à l’improvisation, l’expression sonore puise autant dans l’univers du jazz que du classique. L’artiste trace les lignes de base de ses morceaux, pour permettre aux autres instrumentistes de pointer le nez à la fenêtre. A l’instar de "The szuite", piste qui met en exergue la basse, les percussions et enfin le saxophone, de toute évidence un élément important dans la structure de son puzzle imaginaire. Szobel se divertit de ses divagations aux ivoires, tout au long de "Between 7 and 11" et "Transcendental floss". Délire cosmique, "New York City 6 am", est le fruit d’un dialogue visionnaire entre piano et section rythmique. C’est aussi le titre final.

Ce long playing était donc paru en 1975. Il y a déjà une dizaine d’années que Zappa explorait ce style. Et puis, il ne faut pas oublier qu’en Angleterre, fin des sixties, l’école de Canterbury a enfanté des groupes de jazz/rock expérimentaux comme Nucleus ou Soft Machine. Et qu’en Allemagne, le krautrock avait déjà livré toute sa quintessence. Dès lors, le terme avant-gardiste n’est sans doute pas trop approprié pour qualifier cet album. On lui préférera celui de cérébral.

 

mercredi, 07 novembre 2012 13:04

Feet back in the door (single)

Ce single serait la première sortie du label Kind of Blue Music, une nouvelle écurie issue de Nashville. Keb Mo, lui aussi chanteur/guitariste noir établi à Los Angeles, en assure la production.

Arthur est né le jour de Noël, en 1943, à Medon, dans le Tennessee. Il chante le gospel dans l'église du quartier, avant de rejoindre les Gospel Travellers. Il émigre ensuite à Nashville, puis à Dallas où il accompagne Chuck Berry, Lightnin' Hopkins et Buddy Guy. Il publie ses premiers singles début des 60’s sous le nom d'Arthur K. Adams. En 1967, il atterrit enfin à Los Angeles, Son premier album, "It's private tonight", paraît en 1972. Chez Blue Thumb. La mise en forme est confiée à Bonnie Raitt. Ses trois albums suivants se révèlent plus funk et soul que blues. Il les grave au cours de la même décade. Fin des 80s, il monte son propre band. Ce qui ne l’empêche pas d’apporter régulièrement son concours au grand BB King. Et quand le BB King's Blues Club s'ouvre à Holywood, Arthur en devient l'une des plus régulières attractions. Il faut encore attendre 1999 pour voir la sortie de "Back on track", chez Blind Pig ; un opus pour lequel bénéficie de la participation de BB King. Son dernier elpee, "Stomp the floor", était sorti chez Delta Groove en 2009. Il y dispensait un blues traditionnel largement teinté de R&B et de jazz. Bref dans un style purement Adams !

Dansant, "Feet back in the door" est blues superbe, Arthur possède une voix pure, délicate, idéale pour chanter la soul. Ses interventions à la guitare sont discrètes et ne reflètent pas le potentiel de l’artiste (NDR : on s’arrache cet esthète des cordes, lorsqu’il s’agit de dénicher un musicien de studio). Une excellente compo néanmoins, tapissée par l'orgue Hammond. "Like only she can do" adopte un profil semblable. Empreinte de douceur, la voix d’Arthur est enrobée de chœurs tout au long de ce morceau légèrement funk. Il se réserve néanmoins une brève sortie aux cordes, particulièrement inspirée. Ce single est aisément téléchargeable sur la toile…

 

mercredi, 07 novembre 2012 13:03

Heart of Dixie

Bootleggers est une formation française née en 1987. Elle pratique le southern rock, fruit d’un mélange détonnant de rock, country et boogie, style qui a connu ses heures de gloire tout au long des les seventies, au Sud des Etats-Unis, sous l’impulsion de Lynyrd Skynyrd. Bootleggers nous vient aussi du Sud, mais de l’Hexagone. Issu de Pau, ce line up réunit Didier Céré au chant et à la guitare rythmique, Fred Bordeneuve aux grattes, Polo Lugan à la basse et Nicolas Lacaze à la batterie. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées dans leur fief, mais également au Texas, à Austin et Fort Worth, lorsqu’elles impliquaient des invités. Ils jouent la musique de leur cœur et de leurs tripes, mais ne composent pas vraiment. Leur répertoire est donc puisé chez les songwriters américains qu’ils affectionnent.

Nos Sudistes nous entraînent à Nashville pour le "Red Nekkid" de Tom Douglas. Bien mise en avant, la rythmique est puissante. De toute bonne facture, leur southern rock véhicule des accents bluesy. Excitante, leur musique évoque le Georgia Satellites de Dan Baird. "I'm afraid" est une piste écrite par l’Australien James Blundell. Un country rock galopant traversé par le violon de Thierry Lecocq et balisé par l’excellent jeu en pickin' de Fred. Un tempo vivace dynamise le "Out of habit" de Chuck Mead. La voix est impeccable tout au long de ce rockabilly hanté par les sonorités de gratte authentiques et parcouru par les accords de piano sautillants d'Eric Suzi Allibe. Ce dernier siège toujours derrière ses ivoires pour guider le boogie woogie "Mama screw your wig on tight" de Leroy Parnell et Kevin McKendree. Incontestablement, Allibe est un brillant pianiste. Il participe à un autre projet musical de Mr Bordeneuve, les Fredcasters. "Alabama highway" est une ballade indolente. Une compo issue de la plume de Steve Young. A l’instar de Waylon Jennings et Hank Williams, il est considéré comme un des plus grands songwriters de country rock. La voix est chargée de passion. Les cordes sont minutieusement libérées. Une plage de toute beauté. Et le meilleur titre de d’elpee. Le "High on the mountain" de Flynnville Train (NDR : un groupe de Nashville drivé par les frères Flynn) bénéficie du concours de Don Raby au violon, un musicien qui milite au sein du backing group de Dale Watson. Ses interventions apportent une coloration western swing judicieuse. Dale Watson est texan, d’Austin très exactement. Un chanteur/compositeur notoire dans le monde de la country. Il signe "Exit 109", une piste au cours de laquelle il donne également la réplique. Quoiqu’harmonieuses, les sixcordes déménagent. Popularisé par Mr Thorogood, "Move it on over" est issu de la plume Hank Williams. Ce rockin' blues fumant vire à la jam. S’y aventurent, Rusty Burns, le guitariste de Pointblank, Roger Lepreux, au piano et à l'orgue Hammond et surtout Nico Wayne Toussaint à l’harmo. Ses interventions sont explosives. Et le résultat est étincelant. Le "51 pieces" de Cody Canada clôt le long playing. Un délicieux boogie caractérisé par des échanges de haut vol entre les cordes de Bordeneuve et l'harmo de Nico Wayne.

 

mercredi, 07 novembre 2012 13:01

Fire in the mind

Brillant guitariste caractérisé par son souci constant de l’esthétisme, Bob Brozman a vu le jour en 1952. A New York. Très à l’aise dans le blues, le folk ou le jazz, cet ethnomusicologue est passionné par la musique world. Depuis la sortie de "Blue Hula stomp" en 1982, il a publié un nombre impressionnant d'œuvres personnelles. Il est parvenu à adapter et surtout vivre les styles rencontrés aux quatre coins de la planète, auxquels il s’est frotté. Issus des USA bien sûr, mais également des Caraïbes, Hawaï, Afrique, Inde, Japon, et j’en passe… Il a réussi à intégrer, assimiler et maîtriser toutes ces techniques pourtant bien différentes et particulières. Bob chante et joue de tous les instruments à cordes. Tout d’abord, la guitare National Reso-Phonic, mais également le bouzouki, l'ukulélé et la liste est loin d’être exhaustive. Il est soutenu par Jim Norris à la batterie et Daniel Shane Thomas au triangle ainsi qu’à l'accordéon.

"Breathing the blues" ouvre l’elpee. Un blues né d’un savant dosage entre cordes diverses, ponctué de quelques prises de respirations. La musique est très riche. Au sein d’une même compo, on rencontre une multitude d’influences. A l’instar de "Cannibal stomp", un titre caractérisé par ses percus tribales et cette alternance entre cordes espagnoles, italiennes ou indiennes, apparemment hors contexte, mais que maîtrise parfaitement le virtuose. "American House Fire blues" émane du Mississippi profond. On en ressent un terrible frisson. La voix de Bob semble provenir de l'au-delà en faisant revenir ces fameux songsters et autres storytellers d'avant la grande guerre. La Réso-Phonic libère une sonorité métallique d’une grande beauté. A en pleurer ! Dès qu’il en a l’opportunité, Norris imprime le rythme. Notamment sur "Rhythm is the thing". Brozman se laisse entraîner par cet élan. Il chante en tentant de s'accrocher à cette folie de percussions et de cordes. "Blue Mars over Sorrento" est un instrumental bien nerveux. Sublimes, les cordes créatives de Bob émergent des percussions galopantes. Mr Brozman s’exprime dans un patois créole, vaguement inspiré de la langue de Molière, pour chanter "Banm Kalou Banm". Daniel Shane Thomas se réserve l'accordéon et assiste à une superbe envolée de la guitar National. Mr Bob pousse son ukulélé dans ses derniers retranchements pour attaquer "Ow! My uke's on fire". Magique ! Il nous replonge dans le climat oppressant du Delta sur "Memory blues". Son bottleneck caresse subtilement ses cordes, communiquant des cris de détresse. Bouleversant ! Une atmosphère au sein duquel baigne également "Lonesome blues", le titre final de l’opus. Mais aussi le sommet de l’œuvre. L’émotion est à son paroxysme. Le son est limpide. Empreint d’une grande sensibilité, la voix me rappelle la quintessence des chanteurs de blues originels. Skip James, par exemple, l’âme du Bentonia blues (NDR : Ah ce "Devil got my woman"). Un excellent album !

 

mercredi, 07 novembre 2012 12:57

Dig, sow, love, grow

Ce trio vient de Cincinnati dans l'Ohio. Il réunit les frères Gabbard. Andrew se réserve la guitare et Zachary, la basse. Ils chantent tous les deux. Ils sont soutenus par le drummer Joseph Sebaali. "Dig, sow, love, grow" constitue leur quatrième opus. Parfaitement soudée, la formation brille dans un style largement influencé par le rock de la fin des sixties et du début des 70s.

Excellente entrée en matière, "Get it" autorise une première sortie de la guitare. Trempé dans le fuzz, le son est remarquable. Très rythmique, le piano dynamise la compo. Superbement orchestré, "Hey girl" est hanté par le spectre de Buffalo Springfield. A cause du sens mélodique soigné, de la voix très proche de celle de Steve Stills et puis de la guitare, rappelant celle de Neil Young à ses débuts. Un esprit qui erre également tout au long de "Rolling wheel", même s’il y rencontre également Joe Walsh, Band et Grateful Dead. Ces Tueurs de Bisons sont très à l’aise quand ils ralentissent le tempo. Leur style est alors bien mieux mis en évidence. Les frangins chantent "Blood on your hands", un morceau contagieux plus proche du southern rock, même s’il adresse un clin d’œil au blues. Chez ce combo étasunien, les riffs de guitare sont souvent très structurés. "Those days" est alimenté par une rythmique plus rock, alors que les vocaux empruntent une forme davantage pop. Andrew libère un solo de gratte acide, torturé. Les chœurs y adhèrent tel un collage, rappelant les 45trs de l'époque flower power, baptisés nuggets. Petit joyau, "I'm always here" est subtilement bercé de psychédélisme. Plus expérimental mais majestueux, "Farewell" témoigne d’un passé qui a apporté beaucoup de noblesse à la rock music. Les guitares sont déjantées. Les vocaux se conjuguent sur une rythmique volontiers lourde. Inévitablement, on pense au chef-d’œuvre des Beatles, "Sgt Pepper's lonely hearts club band". Plus sucré, "Graffiti eggplant" trempe dans le country rock. "My sun" s’illustre par des vocaux impeccables. "Moon daisy" achève l’elpee. Une plage tendre, ouatée et finalement, à l’instar de l’elpee, très agréable à écouter…

 

mercredi, 07 novembre 2012 12:54

The shovel vs the Howling bones

Lincoln Durham est originaire de Whitney. Il est donc né au cœur des collines sises au sud-ouest du Texas. Au cours de sa jeunesse, il apprend à jouer du violon. A 10 ans, c’est déjà un virtuose, et il décroche toute une série de prix qui mettent en exergue son talent d’instrumentiste. Il s’intéresse ensuite à la guitare et se concentre enfin sur l'écriture. Une écriture qu’on pourrait facilement qualifier de ténébreuse.

Lincoln avait publié un Ep 4 titres en 2010. Quatre plages qui figurent sur ce premier opus. Il signe les 15 titres. Pour enregistrer cet elpee, il a reçu le concours du drummer Rick Richards, membre du backing band de Ray Willie Hubbard, célèbre songwriter texan, mais également de quelques invités. C’est d’ailleurs Hubbard qui s’est chargé de la mise en forme, assisté par son fidèle bassiste George Reiff. Une œuvre solide qui mêle subtilement folk, blues et country!

Lourdes et menaçantes, les percus de Richards introduisent le mystérieux "Drifting wood", tels les roulements de tambours qui mènent à l’échafaud. Les cordes acoustiques entrent dans le cortège. Elles sont dispensées par Durham et Derek O'Brien (NDR : ce bluesman est un vétéran qui fréquente régulièrement le club Antone's, à Austin). La voix est saisissante, expressive, quelque peu ébréchée, rappelant celle de Paul Rodgers du Free (NDR : même si on est ici dans un univers totalement différent !) "Last red dawn" est une ballade qui doit autant au blues qu’au folk. Autoritaire, la voix dominatrice émerge d'une myriade de cordes prodiguées par la sèche et la mandoline de Jeff Plankenhorn (NDR : c’est un autre pote à Hubbard). Le blues de Durham est très singulier. Sa voix est envoûtante et marque au fer rouge "Living this hard", une plage au cours de laquelle, l’artiste double à l'harmonica. Sculptée dans le folk, "Clementine" est une jolie ballade. La voix me rappelle étrangement celle de Rod Stewart, à ses tous débuts, quand elle était moins ravagée. Ce cri d'amour est souligné par les cordes à la fois belles et immaculées de Hubbard, mais également les interventions aux ivoires de Bukka Allen (NDR : et un ami de plus, issu d’Austin). "Mud puddies" est un blues pur et dur ! Il nous renvoie aux pionniers qui sillonnaient le Mississippi au cours des années 20 et 30. Les coups de bottleneck assénés à la Gibson de 1929 nous permettent de croiser le chemin d’artistes légendaires, comme Charley Patton, Son House ou Robert Johnson. La guitare est amplifiée sur "Reckoning lament". Les sonorités de la slide sont empruntées à Mississippi Fred McDowell, cité dans le texte. "How does a crow fly" est un autre blues primaire. L’instrumentation est minimaliste. Elémentaires, les cordes épousent la voix étrange. Mais où est donc passé ce corbeau qui vole comme un aigle ? Les cordes talonnent le chant sur "Love letters", un blues trempé dans le Delta. "Georgia Lee" entretient le mystère. La lune est blafarde. La nuit étouffante. Un sentiment de torpeur plombe le climat de la compo. Lincoln chante "People of the land" en s’accompagnant à la guitare (NDR : celle de 1929 !) Il est soutenu par de frêles percussions, avant de passer au violon, alors que des backing vocaux lointains tapissent le fond sonore. "Trucker's love song" clôt l’elpee. Empreinte de mélancolie, cette chanson conte la solitude d'un chauffeur de poids lourd, qui sillonne constamment les routes du Sud profond. La voix de Lincoln est rejointe par celle d'Idgy Vaughn et l'accordéon de Bukka. Dans le style, cet album est vraiment exceptionnel…

 

mercredi, 07 novembre 2012 12:52

Blood red blues

Cee Cee est originaire de Portland dans l'Oregon, mais a surtout vécu en Californie. Christina James est une excellente chanteuse. Mais sa voix est hantée par le spectre de Janis Joplin. "Blood red blues" constitue son troisième album. Il fait suite à "Low down the snakes crawl" paru en 2010, suivi quelques mois plus tard d’un ‘live’ intitulé "Seriously raw". Elle vit aujourd’hui en compagnie de Rob ‘Slideboy’ Andrews. C’est son second mari. Il est également son guitariste rythmique et son partenaire de composition.

Au sein de leur backing group, on retrouve la même section rythmique. Soit le drummer Chris Leighton et le bassiste Dan Moehler. Leur soliste a quitté le navire. Le couple a donc invité le guitariste Rocky Athas (NDR : ex-Black Oak Arkansas, il est le gratteur attitré chez les Bluesbreakers de John Mayall, depuis 2008) et ainsi que Miss Susan Julian (NDR : claviériste des BoDeans, elle baigne dans les milieux blues de Chicago et de Milwaukee depuis belle lurette). Les sessions se sont déroulées au sein des studios Bessie Blues de Jim Gaines, dans le Tennessee. Et, belle reconnaissance du talent Cee Cee, c’est Gaines qui a produit cet opus, un personnage dont la carte de visite mentionne notamment la mise en forme d’œuvres de Tommy Castro, Walter Trout, Jimmy Thackery, Luther Allison, Albert Collins, George Thorogood ou encore Stevie Ray Vaughan

Rob Andrews ouvre le chemin à l’aide de sa slide pour mettre son épouse dans les meilleures conditions afin de chanter "Blood red blues", une plage indolente caractérisée par la puissance vocale naturelle de Cee Cee, rappelant l'inoubliable Janis. Le tempo s'accélère et emprunte l'allure du boogie sur "Let's all get loose". Particulièrement à l’aise, Rocky Athas libère fiévreusement, ses cordes largement amplifiées. "Feel my love come down" adopte un mid tempo. Christina y maîtrise sa voix, bridant le moindre accès de colère, devant la slide traditionnelle de Rob. Autre blues lent, "Comfort of a good heart" adopte un profil semblable. Le chant est aussi tempéré ; et si la gratte de Rocky est bien présente, elle manifeste une certaine discrétion afin de laisser tapisser Susan Julian, le décor sonore. Miss James, la féline, sort ses crocs sur "Thick like blood". Sa voix s’élève. Elle pousse de petits cris de joie, relayés par les cordes de Rocky. J'aime quand Cee Cee vide ses tripes et se montre menaçante. En fait, lorsque Jim lui laisse suffisamment d’espace, ne la contient ou ne la canalise pas trop. A l’instar d’"I got a right to sing the blues". Et c’est sûr qu’elle a le droit de chanter le blues. Athas a opté pour la slide pour mieux souligner l’intensité du chant. "Worn out sins" accorde un peu de répit. Une compo agréable bénéficiant d’une orchestration soignée que colorent les interventions de Susan au piano ! Cee Cee va rechercher les ses cordes vocales les plus meurtrières au fon de sa gorge, pour attaquer le superbe "Walk on". Un chœur féminin la soutient lors du refrain qui se révèle contagieux. "Wounds" est une autre piste qui manque de relief. Cee Cee chante sans jamais élever le ton, face au clavier atmosphérique. Je la préfère à nouveau sur l'évocateur "100 ways to male love". Tout en conservant son calme, elle s’autorise quelques coups de gueule. Rocky Athas est de retour lors de la finale. Il imprime un rythme stonien tout au long du saignant "I'm Takin' Mine". Etait-il vraiment nécessaire brider la fauve?    

 

mercredi, 07 novembre 2012 12:48

Close to the bone

Dès qu'ils se sont rencontrés, le courant est passé entre ces deux artistes. Le blanc, Joe Kubek, chanteur/guitariste texan, admirateur de Johnny Winter et Stevie Ray Vaughan. Le noir, Bnois King, Louisianais, lui aussi chanteur/guitariste, davantage influencé par les sonorités les plus douces de T-Bone Walker et BB King. Ensemble, ils ont publié une bonne douzaine d'albums chez Rounder, Bullseye, Blind Pig et Alligator. Ils sont aujourd’hui hébergés chez Delta Groove, l’écurie de Randy Chortkoff.

Pour la première fois, la paire a enregistré un elpee unplugged. Lors des sessions d’enregistrement, le tandem a bénéficié du concours d’invités prestigieux. Le duo singe 12 des 14 plages de cet  opus.

Le duo se réserve l’ouverture. Il adapte le "Poor boy blues" de Ramblin' Thomas. Louisianais ce bluesman noir a sévi au cours des années 30 et a été emporté par la tuberculose, en 1945. Bnois chante de sa voix douce et feutrée "Can't let go". Les cordes de Joe sont soutenues par un équipage de gratteurs royal : Paul Size (ex-Red Devils), le Californien Kirk Fletcher et le Texan Shawn Pittman, ce dernier à la National Steel. La voix de King est vraiment expressive tout au long de "My best friend". Elle colle parfaitement à la ligne mélodique. L'émotion monte de deux crans, lorsque Smokin' Joe fait son apparition à la slide… Les amis se bousculent au portillon pour attaquer "Keep her around", un texas shuffle acoustique bien nerveux. Willie J Campbell et Jim Bott (deux Mannish Boys) assurent la section rythmique. Et on identifie trois harmonicistes : Bob Corritone, Big Pete VanderPluijm et Randy Chortkoff, le patron de Delta Groove. Kubek et King opèrent leur retour en duo pour "Get out there and get it" et "Yankin' my chain". Joe s’y révèle vraiment impressionnant sur les cordes. "Drowning in Red Ink" est un blues lent somptueux. Le message dispensé est empreint d’une grande sensibilité. Les interventions aux ivoires de Fred Kaplan sont délicates et se conjuguent en harmonie avec la slide du père Kubek. Du blues élémentaire 5*. Bob Corritone brille de mille feux sur le country blues rapide "No good could come of this". Autre blues lent, "Ordinary blues" bénéficie du concours de Kirk Fletcher aux cordes. King déborde de feeling tout au long de "Jump the moon", une ballade émouvante qu’il illumine d’une touche hispanique dans les cordes. "Mama's bad luck child" est un blues authentique. Il s’agit d’un arrangement de la composition du bluesman Texas Alexander, dont la version originale avait été mise en boîte dès 1928! Lynwood Slim, qui figure également sur la liste des guests, souffle passionnément dans sa musique à bouche. Les deux amis se réservent la finale, en l’occurrence le délicat "Baby you're the one". "Close to the bone" est une parenthèse particulièrement réussie dans la carrière du duo!

 

mercredi, 07 novembre 2012 12:47

Break down the walls

Roberto Piazza alias Little Bob est un Français d'origine italienne. Il est né et vit toujours au Havre. Agé aujourd’hui de 67 balais, il est une légende vivante au sein du rock hexagonal. Sa notoriété, il l’a construite lors de son aventure chez Little Bob Story ; un aventure qui avait commencé en 1974. Il a même récolté un beau succès en Angleterre, à une époque où le punk commençait à se propager au sein de l’Albion. Bob manifestait très souvent une attitude hystérique sur scène, lors de sets très énergiques. LBS a enregistré une bonne vingtaine d’albums. Le premier, paru en 1976, s’intitule "High time". Le dernier, publié en 2009, "Time to blast". Dans sa manière de chanter, Bob a toujours revendiqué l'héritage de Little Richard, Howlin' Wolf et surtout Eric Burdon.

En enregistrant sous le patronyme de Blues Bastards, il fallait donc bien s’attendre à découvrir la facette blues de l’artiste et de ses acolytes. Les sessions se sont déroulées dans le port du Havre. "Break down the walls" s’emballe à fond la caisse. Du rockin' blues explosif digne de Dr Feelgood. La voix rocailleuse du vieux Bob fait merveille face aux interventions agressives à l’harmo de Mickey Blow, tout au long de ce Mississippi blues très speedé. Piazza ralentit quelque peu le tempo pour revisiter le "Run you off the hill" d’Aynsley Dunbar Retaliation, un des groupes les plus sous-estimés du british blues boom issu des sixties. Chanteur historique de cette formation, Victor Brox séjourne souvent en France, de nos jours. Les Bastards reprennent "Evil is goin' on", un canon du blues écrit par Willie Dixon et popularisé par Howlin' Wolf, l'idole de Bob. Le souffle de Mickey Blow est intarissable. Bob peut tout se permettre. Il adapte à sa sauce le "Circumstances" de Don Van Vliet, alias Captain Beefheart. Sa version est speedée et déjantée. Un boogie offensif, propulsé par un souffleur insatiable. Bob reprend même le "I wanna be free" de Joe Tex. De quoi me flanquer un fameux coup de blues. Et un sentiment de nostalgie m’envahit quand je repense aux concerts de Spooky Tooth, lorsque la voix agonisante de Mike Harrisson transperçait littéralement mon âme. Trop! Les Bastards accordent une nouvelle vie au "Nobody but you" des Lafayettes. L’attaque est vigoureuse. Tous les acteurs se bousculent, y compris les invités, parmi lesquels figurent Gillet Mallet à la gratte rock et Nicolas Noël au piano. L’elpee recèle quelques ballades. "The rain song", tout d’abord. Une compo écrite par un jeune ami gallois, Don Ray. "Mean Game", un morceau issu de la plume de Bob, au cours duquel l’harmonica est à nouveau déchirant. Ou encore "The Brokenhearted boy", un fond de tiroir abandonné par Little Bob Story. Mickey Blow marque une dernière fois encore de son empreinte le "Who's been talking" d'Howlin' Wolf. Quand on pense que ce gars au regard fou a partagé la scène avec Johnny Thunders ! Cet album qui nous restitue les parfums d’une si glorieuse époque, s’achève par la cover du "Heartbreak hotel" de Presley. Du King, si vous préférez !

 

mercredi, 07 novembre 2012 12:45

Kiko Live (Cd + Dvd)

Dans l’univers roots/rock de Los Angeles, Los Lobos est une véritable institution. Il faut dire que cette bande de chicanos est née en 1973 et que leur plus grand succès international, "La Bamba", date déjà d'un quart de siècle. Oui, oui, c’était en 1987 ! Leur dernier elpee est paru en 2010. Quant à l’opus qui leur a valu la reconnaissance, il s’agit de "Kiko", publié en 1992.

Pour célébrer le 15ème anniversaire de la sortie de ce "Kiko", Los Lobos souhaitait enregistrer les 16 plages de cet opus, dans l’ordre du tracklisting, au House Of Blues de San Diego. En live. Le concert se déroulera en février 2006. Un challenge pas vraiment facile, une bonne partie des titres n'avait jamais été jouée en public et pas mal d'autres ne figuraient plus au répertoire actuel ! Six ans plus tard, le résultat de cette expérience vient de paraître, sous la forme d’un Cd et d’un Dvd. Et comme très souvent, le disque vidéo est bien plus complet!

Nous retrouvons sur les planches David Hidalgo, Cesar Rosas, Louie Perez, Steve Berlin et Conrad Lozano, soutenus par le batteur Cougar Estrada. Le démarrage est plutôt froid, réservé. Hidalgo chante "Dream in blue". Les trois guitaristes sont disposés en front de scène. La température grimpe de plusieurs degrés dès "Wake up Dolores", un blues à la Lobos. David est toujours aux vocaux et double à la guitare solo. Steve Berlin se démène aux claviers et au saxophone. A l’origine, "Angels with dirty faces" était une démo de brève durée. Elle est devenue une épopée d'envergure, marquée par la guitare acide et aventureuse d'Hidalgo! Tout en swing, "That train don't stop here" est une piste bien rythmée. Rosas la chante de son timbre plus écorché. Cesar, le gaucher, et David, le droitier, engagent une lutte à coups de soli. Les chapelets de notes échangées sont le reflet de leurs émotions reflétées à cet instant! La plage vire à la jam. Bien nerveuse, elle s’achève par un envol de Berlin au sax baryton. La pièce maîtresse, c'est "Kiko and the Lavander moon", un morceau caractérisé par les interventions à l'accordéon de David. Changement de registre chez "Saint behind the glass". Nous pénétrons dans l’univers de la musique latino. Louie se réserve les vocaux sur ce titre sculpté dans l’instrumentation acoustique : guitares, ukulélé, et même une harpe. Un solide riff conjuguant guitare et saxophone cimente "Revas's house". Hidalgo se sert d’un bottleneck tout au long d’"Arizona skies", un instrumental qui réverbère des accents de l’Ouest américain. "Short side of nothing" est rock percutant. Tramé sur un riff hypnotique, "Wicked rain" surprend par l’envolée de cordes déjantées prodiguée par Rosas. La face la plus blues du set est concentrée sur "Just a man" et "Peace" ; Hidalgo s’y révèle comme le leader de la meute. "Kiko" s’achève par "Rio de Tenampa". Enrichie par les cuivres, bois et percussions de Los Cenzontles, cette compo nous replonge dans le quartier Est de L.A., dont est issu Los Lobos…

Seul le Dvd épingle les trois titres interprétés en rappel. Des morceaux très chicanos dont la version traditionnelle et acoustique de "La Bamba".

 

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