Airbourne effectue une nouvelle tournée internationale au cours de laquelle il dévoile quelques titres inédits, réunis sous la bannière du ‘GUTSY Tour 2026’. Un sixième opus est annoncé pour juillet 2026. Et il se produisait à l’Ancienne Belgique ce dimanche 29 mars 2026. À l’entrée, la file s’étire ; la date affiche complet depuis longtemps.
La formation voit le jour en 2003. Des elpees comme « Runnin’ Wild » (2007), « Black Dog Barking » (2013) et « Boneshaker » (2019) embrasent salles et festivals aux quatre coins du globe. Le nouveau single, « GUTSY », s’inscrit dans cette veine directe : pour les Australiens, ce mot dépasse le simple intitulé et résume un état d’esprit. Sorti en 2019, « Boneshaker » reste leur dernier long playing publié à ce jour ; le disque est produit par Brian Howes et enregistré par Mike Fraser.
Originaire de Sydney, ce quatuor de hard rock revendique l’héritage du ‘pub rock’. Sa recette mêle blues électrifié et heavy metal à l’ancienne, soutenue par la rythmique solide de Ryan O'Keeffe et la voix râpeuse de Joel O'Keeffe. Depuis la fin des années 2000, le band s’est bâti une réputation grâce à des concerts très sonores, nourris par l’influence d’AC/DC et de Rose Tattoo.
La première partie revient aux Britanniques d’Asomvel. Le trio lance la soirée sur un tempo nerveux et chauffe idéalement la salle avant l’arrivée d’Airbourne. De son côté, le quatuor australien — Joel (chant, guitare) et Ryan O'Keeffe (batterie), Justin Street (basse) et Brett Tyrrell (guitare) — s’apprête à transformer l’Ancienne Belgique en cocotte-minute.
Asomvel investit le podium : son rock’n’roll primitif, teinté de thrash, déboule sans préambule. La batterie martèle, le jeu reste frontal, et l’ombre de Motörhead plane sur l’imagerie comme sur les textes. Quarante-cinq minutes durant, le trio pousse les décibels au maximum, non sans humour : ‘On est assez bruyants ?’ puis ‘If it’s too loud, you’re too old !’ L’ensemble gagnera encore en puissance lorsque les baffles Marshall, empilés autour du batteur, entrent pleinement en action. Sur « King of the World », l’intro préenregistrée « Gonna Fly Now (Theme from Rocky) » précède un déluge de lumière venu du haut. En fond d’estrade, une toile frappée du nom du combo sert de rideau, partiellement masquée par l’imposant matériel d’Airbourne. Asomvel maîtrise son sujet et décroche une belle adhésion de l’auditoire, même si la force brute l’emporte parfois sur le charisme. « Born To Raise Hell » (reprise de Motörhead) déclenche une pluie de gobelets (en plastique), lancés depuis la fosse comme depuis les balcons (Photos ici, page ‘Artistes' là).
Setlist : Intro préenregistrée « Gonna Fly Now (Theme From Rocky) », « King Of The World », « Louder & Louder », « Born To Rock 'n’Roll », « If It's Too Loud, You're Too Old », « Born To Raise Hell » (Motörhead cover), « Outside The Law », « Set Your World On Fire », « Luck Is For Losers », « Lone Wolf », « Take You To Hell », « Light 'Em Up », « The Nightmare Ain't Over », « Outro (The Final Bell) » (Bill Conti song).
L’ambiance reste électrique : la foule, très variée, vient clairement pour célébrer ce moment privilégié. Sur les planches, en revanche, le rock se décline ici dans une esthétique très masculine, doublée d’une surenchère matérielle. Plutôt qu’une démonstration de force, chaque band déploie un véritable arsenal : murs d’amplis et d’enceintes Marshall, rivalité assumée à coups d’empilements. Lorsque Airbourne prend possession du podium, Ryan O'Keeffe est cerné par une montagne d’amplis, surmontée d’une imposante rampe LED qui arrose la fosse de lumière. Le thème de ‘Terminator’ s’efface, une guitare solitaire s’installe, puis le cri de Joel O'Keeffe tranche l’obscurité. Torse nu, jean largement troué, il déclenche l’explosion des poings levés, tandis que la sécurité rattrape sans relâche les surfeurs qui franchissent la barrière.
Airbourne ouvre le bal par « Gutsy », premier de deux inédits présentés ce soir. « Cradle to the Grave », très AC/DC dans l’esprit, introduit ensuite un bloc de titres issus de « Black Dog Barking ». « Hungry » puis « Back in the Game » s’enchaînent, et l’auditoire scande spontanément le nom du quatuor. Joel O'Keeffe, toujours prêt à provoquer, trinque dès la première bière et s’amuse à projeter des gobelets bien remplis vers la fosse, déjà emportée par un circle pit aussi agité que relativement bon enfant. Sur « Raise the Flag », le groupe ranime le souvenir d’Angus Young et d’une certaine école du hard rock. Moment de bravoure : porté au milieu de la foule, Joel s’éclate une canette sur la tête et arrose au passage ses voisins de nectar ambré.
Le riff mid-tempo de « Cheap Wine And Cheaper Women » relance la machine, avant une courte respiration destinée à présenter un autre inédit. ‘Envie d’apparaître dans un clip ? Voici « Alive After Death »’. Un caméraman rejoint le podium, et la foule se prend vite au jeu. Le morceau frappe juste, mené par un riff massif, même si l’attrait du moment filmé semble tout aussi décisif. La fin du set prend des allures d’apothéose sur « Live It Up » : sirènes, chant collectif, puis apparition du ‘bar éphémère de Lemmy’. Les bières volent ‘à l’australienne’ ; la fosse tente d’attraper les gobelets, au prix de quelques douches involontaires.
En rappel, « Ready To Rock » sonne comme un hymne, Joel menant les chœurs entre deux solos incendiaires. Sur « Runnin’ Wild », l’équipe technique basée à Manchester rejoint le podium, et le combo salue au passage les emblématiques enceintes Marshall qui dominent l’estrade. La soirée s’achève dans une déflagration de guitares saturées, fidèle à la promesse de départ.
Certains auditoires viennent pour écouter, d’autres pour célébrer : ce soir, la fête l’a emportée nettement. Sans ménager les décibels, Asomvel puis Airbourne ont livré un rock’n’roll live brut, parfois viril dans l’attitude, mais pleinement assumé. Finalement, une soirée intense, taillée pour les amateurs de sons épais et old school.
(Photos ici)
Setlist : Intro préenregistrée : « Main Title (Terminator 2 Theme) » (Brad Fiedel song), « Gutsy », « Too Much, Too Young, Too Fast », « Cradle To The Grave », « Hungry », « Back in the Game », « Raise The Flag », « Cheap Wine & Cheaper Women », « Alive After Death », « Diamond In The Rough », « Breakin' Outta Hell », « Live It Up ».
Rappel : « Ready To Rock », « Runnin' Wild »
(Organisation : Live Nation)

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