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Didier Deroissart

Didier Deroissart

Pour sa toute première apparition en Belgique, Yebba a choisi l'écrin idéal. Pas une arène démesurée ni une production transformant la musique en spectacle pyrotechnique : simplement la Grande Salle de l'Ancienne Belgique, pleine à craquer, pour remettre l'essentiel au cœur du spectacle. À savoir les chansons, les musiciens et surtout cette voix devenue en quelques années l'une des plus reconnaissables de la soul contemporaine. La tournée accompagne « Jean », deuxième album de l'Américaine après « Dawn » en 2021, un disque où elle poursuit son exploration du deuil, de l'amour, de la colère et de la guérison tout en revenant sans cesse à ses racines gospel. Astyn Turr constitue une introduction particulièrement cohérente, tandis que Yebba aura confirmé pourquoi tant de musiciens — de Mark Ronson à PJ Morton, Drake, Sam Smith ou Ed Sheeran — ont désiré s'associer à elle. Ses racines gospel sont toujours là, mais elles nourrissent aujourd'hui une musique beaucoup plus vaste, où folk, R&B, soul et jazz s'enchevêtrent dans une étonnante fluidité.

En première partie : seule sur les planches, Astyn Turr a pour mission de plonger doucement l'AB dans cette atmosphère. Et « supporting act » paraît presque réducteur tant l'artiste occupe une place particulière dans l'univers de cette tournée. Optant pour une formule volontairement dépouillée, centrée sur la guitare et la voix, Astyn privilégie la proximité à la démonstration. Pas besoin d'empiler les arrangements : son timbre, ses inflexions soul et son jeu tout en nuances suffisent à installer le silence et l'attention. Sur le Jean Tour, elle assure d'ailleurs plusieurs rôles puisqu'on la retrouve également aux chœurs et à la guitare auprès de Yebba. Un luxe pour une artiste présentée quelques minutes auparavant comme simple invitée (page ‘Artistes’ ici’). 

Place à Yebba. Connaissant la réputation vocale d'Abigail Elizabeth Smith, difficile de ne pas guetter le moment où la chanteuse va littéralement pulvériser les murs. Pourtant, sa force réside précisément dans sa capacité à ne pas chercher constamment l'effet. Elle peut monter très haut, multiplier les inflexions, casser une phrase, suspendre une note ou libérer toute la puissance du gospel, mais la technique reste presque toujours au service de l'émotion. Le concert démarre par « Far Away », immédiatement suivi de « Boomerang ». Deux titres qui permettent à la formation de trouver ses marques et à la voix de Yebba de prendre progressivement possession de la salle. La musique navigue librement entre soul, R&B, gospel et jazz sans jamais donner l'impression de cocher des cases. Chez Yebba, les genres ne sont pas juxtaposés : ils semblent avoir toujours vécu ensemble. Sur « Stand », l'intensité grimpe encore d'un cran. À Bruxelles, le morceau se clôt par des éléments de « Crazy » de Gnarls Barkley, clin d'œil parfaitement intégré plutôt que reprise plaquée artificiellement sur la setlist. « Louie Bag » ramène ensuite une pulsation plus lourde, plus terrienne, avant que « Distance » ne joue précisément sur ce qui fait toute la singularité de Yebba : cette manière de laisser une chanson immense devenir soudain quelque chose de totalement intime. Derrière elle, les musiciens ne sont jamais de simples accompagnateurs. Batterie, basse, claviers et voix constituent une véritable matière vivante dans laquelle Yebba peut se glisser ou contre laquelle elle peut venir se frotter. Et puis arrive « Yellow Eyes », l'un des titres emblématiques de « Jean ». Ce morceau résume parfaitement la nouvelle période de la chanteuse : moins soucieuse de prouver qu'elle possède une voix exceptionnelle que d'explorer tout ce qu'elle peut en raconter. « Jean », dédié à sa grand-mère disparue, est justement présenté comme un opus de reconstruction et de réappropriation personnelle. La seconde moitié du concert devient alors beaucoup plus intérieure. « Seven Years » mène à l'incontournable « Yebba's Heartbreak », miniature devenue gigantesque depuis son apparition sur « Certified Lover Boy » de Drake. Yebba excelle dans ces moments où le temps paraît ralentir : quelques accords, des respirations et une interprétation qui évite soigneusement le piège du concours vocal. « Forgiveness » prolonge cette veine avant que « Delicate Roots » puis « Of Course » réintroduisent davantage de mouvement. La formation peut alors se montrer plus musclée et Yebba rappeler que derrière la chanteuse introspective se cache aussi une formidable interprète de soul, capable de transformer les moindres changements de dynamique en tension dramatique. La dernière ligne droite ne relâche plus vraiment la pression. « Aggressive » tient toutes les promesses de son titre et met en exergue la face plus tranchante de son répertoire, avant que « Earth, Wind & California » ne ramène une lumière beaucoup plus chaleureuse. Et pour refermer la soirée : « Evergreen ».

Impossible de choisir beaucoup mieux. L'un des titres qui ont contribué à installer Yebba comme une chanteuse à part devient ici une sorte de retour à l'essentiel. Pas besoin de final interminable ou d'effets spectaculaires. Après environ soixante-dix minutes de musique, la voix suffit. La setlist bruxelloise aura finalement compté quatorze titres : Far Away, Boomerang, Stand, Louie Bag, Distance, Yellow Eyes, Seven Years, Yebba's Heartbreak, Forgiveness, Delicate Roots, Of Course, Aggressive, Earth, Wind & California et Evergreen. Une chanteuse, mais surtout une musicienne. Ce premier rendez-vous belge laisse surtout apparaître quelque chose que les vidéos virales et les collaborations prestigieuses peuvent parfois occulter : Yebba n'est pas simplement « une grande voix ». La réduire à ses capacités vocales reviendrait même à manquer l'essentiel. C'est une musicienne qui écoute constamment ce qui se passe autour d'elle, joue avec sa formation, déplace les accents et préfère parfois retenir une note plutôt que de l'envoyer au plafond. Le concert est relativement court — environ 1 h 10 contre les 90 minutes initialement prévues par l'organisation — mais cette concentration correspond finalement assez bien à son univers : pas de grand discours, peu de remplissage et une musique qui cherche davantage l'intimité que la démonstration. Yebba n'est donc pas venue à Bruxelles pour donner une leçon de chant. Elle est venue raconter des chansons. Et lorsqu'on possède une voix pareille, c'est finalement encore beaucoup plus impressionnant. Une première belge intense et dépouillée, portée par une formation remarquable et une Yebba beaucoup plus intéressante lorsqu'elle laisse parler la musicienne derrière la virtuose.

(Organisation : Live Nation et Ancienne Belgique)

The Waterboys – Fisherman’s Blues Revue feat. Steve Earle

Certaines tournées anniversaire se bornent à exhumer un disque culte, à en suivre docilement l’ordre des titres et à miser sur la nostalgie. Mike Scott n’a jamais vraiment appartenu à cette catégorie. Pour cette ‘Fisherman’s Blues Revue’, The Waterboys emprunte donc une autre voie : retrouver non seulement les chansons, mais l’esprit d’une période où folk irlandais, rock, country, soul et poésie se mêlaient sans solliciter l’aval de quiconque. Aucune première partie n’est prévue au programme. La file, impressionnante, s’étire jusqu’aux abords de la Bourse. Votre serviteur triche un peu et se glisse vers l’entrée en trentième position afin d’obtenir une place assise à l’étage. Pour rendre l’aventure plus savoureuse encore, Scott a convié un compagnon de route idéal : Steve Earle, figure majeure de l’Americana, qui ne se contente pas d’interpréter trois chansons avant de disparaître. Il rejoint pleinement la troupe, à la guitare et à la mandoline. Le concept revendique d’ailleurs l’esprit de la Rolling Thunder Revue de Bob Dylan : des musiciens qui entrent, sortent, échangent leurs répertoires et transforment le concert en vaste hootenanny électrique.

À Bruxelles, le terme « vaste » n’a rien d’abusif : près de trois heures de musique, de 19 h 30 à 22 h 25, pour vingt-sept morceaux. De la Big Music avant le retour vers l’Irlande. L’ouverture par « Don’t Bang The Drum » tient presque lieu de manifeste. Avant de plonger dans les brumes celtiques de Fisherman’s Blues, Mike Scott rappelle d’abord ce qu’incarnaient les Waterboys du milieu des années 80 : une formation capable de bâtir un rock ample, romantique, fervent, sans basculer dans le pompeux. « Glastonbury Song », « How Long Will I Love You ? », puis surtout « A Girl Called Johnny », prolongent ce retour en arrière. Cette dernière précède d’ailleurs la présentation des musiciens, comme si Scott voulait souligner que cette Revue repose autant sur ceux qui l’entourent que sur sa propre présence. Le plateau impressionne : Steve Wickham au violon, Brother Paul aux claviers, Famous James au piano, Aongus Ralston à la basse, Eamon Ferris à la batterie et Roar Øien à la lap steel, avant même l’arrivée de Steve Earle (Page ‘Artistes’ ici).

Ce sextuor élargi a été pensé pour retrouver la liberté instrumentale des années Fisherman’s Blues. Puis surgit « The Whole Of The Moon ». Impossible pour Scott d’écarter l’un des sommets de son catalogue, mais la soirée ne s’articule finalement pas autour de ce classique. Très vite, le concert quitte le territoire des « tubes » pour chercher une matière plus organique. Par « We Will Not Be Lovers » et « Medicine Bow », les Waterboys renouent avec cette tension qui a toujours rendu leur musique difficile à enfermer dans une simple case folk-rock. Et lorsque résonnent « The Raggle Taggle Gypsy », « Sweet Thing / Blackbird », « Strange Boat » ou l’instrumental « Dunford’s Fancy », nous revoilà dans cette zone musicale singulière où Van Morrison croise les pubs de Galway, où Dylan rencontre la tradition irlandaise et où un violon peut occuper autant d’espace qu’une guitare électrique. La présence de Steve Wickham demeure essentielle. Il reste l’un des principaux liens vivants avec cette époque et son violon constitue depuis toujours l’une des signatures émotionnelles du Fisherman’s Blues des Waterboys. La première partie s’achève magnifiquement par « The Stolen Child », adaptation du poème de W.B. Yeats : un moment suspendu rappelant que, chez Mike Scott, littérature et mysticisme n’ont jamais servi de simples ornements.

Après un entracte de vingt minutes, Steve Earle entre dans la danse pour la seconde partie du set, et la soirée change aussitôt de couleur. Plutôt que de lui ménager une simple parenthèse acoustique, les Waterboys plongent directement dans son univers par « Copperhead Road ». Un sacré choix pour relancer les hostilités.

La rencontre fonctionne précisément parce que ces deux mondes partagent beaucoup plus de points communs qu’il n’y paraît. Scott vient du rock britannique nourri de folk irlandais ; Earle de la country, du folk américain et du roots-rock. Tous deux cultivent pourtant la même fascination pour Dylan, les chansons traditionnelles et cette conviction qu’un morceau doit pouvoir tenir sur quelques accords, pourvu qu’il raconte une histoire.

« Guitar Town », « My Old Friend the Blues » et « I Ain’t Ever Satisfied » transforment alors momentanément l’Ancienne Belgique en saloon imaginaire. « Volver A Celaya » ajoute une autre nuance à cette revue qui refuse décidément les frontières musicales. C’est ici que le concept prend tout son sens : il ne s’agit plus vraiment de « The Waterboys en compagnie de Steve Earle », mais d’une bande de musiciens puisant simultanément dans deux répertoires. Même « Dead Flowers » des Rolling Stones trouve naturellement sa place entre « When Ye Go Away », « When Will We Be Married ? », « Come Back To Galway » et « Has Anybody Here Seen Hank ? ».

Country, folk irlandais, rock’n’roll : à ce stade, inutile de chercher où commence l’un et où s’achève l’autre. Parmi les titres qui résument le mieux l’entreprise, « And a Bang On The Ear » occupe forcément une place particulière. Lors du lancement de cette Fisherman’s Blues Revue à Glasgow quelques jours plus tôt, Steve Earle avait déjà pris part à une version réinventée du morceau, enrichie de paroles personnelles intégrées au récit de Scott. La presse britannique a souligné combien cette collaboration donnait un nouvel élan au répertoire au lieu de se contenter de le reproduire. C’est probablement la grande réussite de cette tournée : le passé irrigue chaque instant, sans jamais se figer en pièce de musée. Reste encore le rappel. Steve Earle l’ouvre par « The Galway Girl », morceau si compatible avec l’univers des Waterboys qu’on pourrait presque oublier qu’il ne leur appartient pas. Arrive enfin « Fisherman’s Blues ». Nul besoin de le placer au début du spectacle ni d’en faire l’unique raison d’être de la soirée.

Plutôt que de conclure par un dernier tube des Waterboys, tous se rassemblent autour du traditionnel « Will The Circle Be Unbroken ? ». Pendant 2 h 55, l’Ancienne Belgique aura vu se croiser Écosse, Irlande et Amérique, poésie et rock’n’roll, mandoline, violon, piano et lap steel guitar.

En conclusion : une soirée généreuse, parfois presque excessive par sa durée, mais dont l’ampleur participe pleinement au plaisir ressenti ; moins une commémoration de Fisherman’s Blues qu’une célébration vivante de tout ce qui l’a rendu possible.

(Organisation : Greenhouse Talent)

Boogie Beasts feat. Kenny Brown

Il y a des soirs où le Zik-Zak évoque moins une salle de concert du Brabant wallon qu’un vieux juke joint égaré au cœur du Mississippi. Samedi 29 août, quelques mesures ont suffi aux Boogie Beasts pour faire voyager Ittre de l’autre côté de l’Atlantique. Pour cette soirée particulière, le quatuor belge avait convié un invité de premier plan : Kenny Brown, ancien compagnon de route et guitariste de R.L. Burnside. Le contexte donnait forcément une couleur singulière au concert. En 2026, les Boogie Beasts célèbrent leurs quinze ans d’existence ainsi que le centenaire de la naissance de R.L. Burnside, auquel ils viennent de consacrer le long playing « Don’t Be So Mean ! ». Sorti en avril, ce disque rassemble onze morceaux issus de l’univers du maître du North Mississippi Hill Country Blues, entourés notamment de Duwayne Burnside, Luther Dickinson, G. Love, Pablo van de Poel, Cedric Maes et, justement, Kenny Brown parmi les invités.

Smokin’! ouvre la soirée à 19h30 par son « Hot Heavy Blues » alternatif, croisant stoner désertique, rock massif et tension maîtrisée. Avant l’arrivée des fauves, la formation aux racines belgo-britanniques allume la première mèche et remplit parfaitement son rôle : hausser progressivement la température et préparer les oreilles à la suite. Le Zik-Zak saluera d’ailleurs une première partie qui a lancé les hostilités de belle manière. On pourrait presque parler d’un cinquième membre en la personne de l’ingénieur du son Olivier Delescaille, qui a retravaillé les morceaux de Smokin’! pour leur version live et confirme une solide maîtrise de son domaine (Page ‘Artistes’ ici).

Setlist : « Coming Up », Grace », « Bones », « Home Town », « Blues Bell », Grave Diggetz », « Time ».

Puis arrivent les Boogie Beasts. Inutile, chez eux, de chercher un blues lisse, repassé et rangé dans sa boîte. Chez les Belges, le genre garde les chaussures couvertes de boue. Jan Jaspers et Patrick Louis font rugir leurs guitares, Fabian Bennardo lacère l’air à l’harmonica, tandis que Gert Servaes martèle derrière ses fûts un rythme primitif, répétitif, presque tribal. La formule paraît élémentaire sur le papier ; sur les planches, elle devient redoutable.

Le Hill Country Blues repose précisément sur cette idée : moins raconter une histoire harmonique que provoquer une transe. Un riff tourne, la batterie s’y arrime, l’harmonica vient tailler dans l’ensemble, puis tout recommence jusqu’à ce que le morceau semble perdre toute notion de début ou de fin. Les Boogie Beasts comprennent parfaitement cette mécanique, mais refusent d’en livrer une reconstitution historique. Ici, Burnside traverse le garage rock, le fuzz et une brutalité contemporaine qui évoque parfois davantage une cave surchauffée qu’un club de blues traditionnel. Kenny Brown page ‘Artistes' )

, bras droit historique de R.L. Burnside, ancre cette filiation. Les titres de « Don’t Be So Mean ! » forment évidemment le cœur de cet univers. « Jumper On The Line », « Going Down South », « Skinny Woman », « Shake ’Em On Down », « Poor Black Mattie » ou encore « Snake Drive » possèdent cette même matière : quelques accords, un groove obsédant et l’impression que le morceau pourrait tourner vingt minutes sans perdre en tension. Sur disque déjà, le quatuor ne se contente pas de reproduire Burnside : il passe son répertoire dans une broyeuse où se mêlent blues, garage et psychédélisme. Ce soir, une présence modifie toutefois l’équilibre. Lorsque Kenny Brown rejoint les Belges, la soirée gagne en profondeur. Pas le simple « guest » venu poser quelques notes avant de disparaître : Brown établit un véritable pont vers l’histoire célébrée. Compagnon de route de R.L. Burnside durant des décennies, également associé à Junior Kimbrough, le guitariste connaît cette musique de l’intérieur. À ses côtés, les Boogie Beasts n’ont pourtant rien d’élèves intimidés. La rencontre fonctionne parce qu’aucune génération ne cherche à s’effacer devant l’autre. Brown apporte une guitare slide rugueuse, terrienne, jamais démonstrative par réflexe. Les Beasts lui opposent leur mur de fuzz et leur énergie garage. Deux époques dialoguent sans donner l’impression de visiter un musée du blues. C’est là que réside l’une des grandes réussites de cette soirée. Rendre hommage à R.L. Burnside aurait pu conduire à une révérence un peu scolaire. Les Boogie Beasts choisissent l’inverse : saisir cette musique, la salir encore et la remettre en mouvement. Une démarche fidèle à l’esprit de « Don’t Be So Mean ! », où Kenny Brown participe aux versions de « Skinny Woman » et « Snake Drive ».

Quand la formation accélère, le Zik-Zak paraît vite trop étroit pour contenir le groove. Les riffs tournent en boucle, Servaes cogne dans une économie de moyens qui décuple la puissance, Bennardo fait hurler son harmonica et les guitares se répondent entre saturation et slide. Nul besoin d’effets spectaculaires : un ampli, un riff, du rythme, et la mécanique s’enclenche. Le blues demeure ici une musique vivante. C’est aussi ce qui distingue les Boogie Beasts de nombre de formations blues-rock. Le quatuor ne cherche pas le grand solo héroïque ni la démonstration technique permanente. Son moteur se situe plus bas : dans le ventre. Un morceau doit d’abord groover avant de briller. Une guitare peut grincer, une note déraper, un harmonica hurler. Cette imperfection assumée donne au concert son impact physique. On retrouve quelque chose de John Lee Hooker, du blues hypnotique de Burnside et de Junior Kimbrough, mais aussi cette intuition partagée par des combos comme The Black Keys : entre blues primitif et garage rock, la frontière reste très mince.

Au Zik-Zak, cette musique trouve un terrain particulièrement favorable. La proximité entre le podium et l’auditoire abolit presque toute distance. Impossible d’observer poliment un band de blues depuis le fond de la salle : dès que le riff démarre, chacun se retrouve happé par la même machine. Le concert se transforme peu à peu en longue cérémonie électrique, où les morceaux semblent s’enchaîner davantage par leur pulsation que par une logique de démonstration.

Lorsque la dernière décharge retombe, il reste l’impression d’avoir assisté à bien plus qu’un simple hommage. Burnside n’est plus là, mais son blues respire encore. Les Boogie Beasts auraient pu regarder dans le rétroviseur ; ils préfèrent appuyer sur l’accélérateur. Aux côtés de Kenny Brown, le quatuor belge rappelle d’où vient cette musique tout en prouvant qu’elle peut encore sonner dangereuse, charnelle et actuelle en 2026. Pas de vernis vintage inutile, pas de leçon d’histoire interminable : des guitares crades, une batterie obstinée, un harmonica possédé et ce groove du Mississippi capable de transformer une salle d’Ittre en juke joint pendant quelques heures. Pour ses quinze ans, Boogie Beasts pouvait difficilement trouver meilleur compagnon de fête qu’un musicien ayant vécu cette histoire auprès de R.L. Burnside. Et pour le Zik-Zak, la rentrée commence dans le fuzz, la sueur et le boogie.

En résumé : un hommage qui regarde Burnside droit dans les yeux plutôt que de s’incliner devant sa légende.

Pour l’anecdote, lorsque le guitariste de Smokin’! est retourné en loge ranger ses guitares, Kenny Brown

effectuait des pompes, preuve d’une discipline qui l’aide à rester en forme.

Setlist : « Jumper On The Line », « Alice Mae », « Poor Black Mattie », « France Chance », « Peaches », « Fireman Ring The Bell », « Shake ‘Em On Down », Walking Blues », « Skinny Woman », « Shake Your Moneymaker », « Going Down South », « Blues #2 », « Snake Drive », « Big Mama’s Door ».

Rappel : « Nobody But You », « You Don’t Love Me »

(Organisation : Rock Nation et Zik-Zak)

jeudi, 10 septembre 2026 12:01

Sparks dans la lune

Sparks, éternel laboratoire de la pop, poursuit son exploration de territoires inédits. Après plus de cinq décennies passées à bousculer les codes musicaux, Ron et Russell Mael ajoutent un nouveau chapitre singulier à leur parcours en publiant Live On The Moon. Ce concert de vingt titres est ici immortalisé dans toute sa dimension lunaire. Cerise sur le gâteau, Cate Blanchett assure l'introduction et la conclusion de l'enregistrement.

Après notre tournée mondiale de 2025, Sparks a répondu à une invitation en vue d'un concert exceptionnel sur la Lune, plus précisément dans le cratère Taruntius, près de Mare Fecunditatis. Nous avons eu l'honneur de devenir la première formation à s'y produire. Plus incroyable encore, l'enthousiasme du public lunaire a dépassé toutes nos attentes : les billets ont trouvé preneur en moins d'une heure en Temps Lunaire Coordonné (CLT).

Ron et Russell Mael déclarent : ‘Merci, la Lune ! Nous adressons également nos remerciements à Cate Blanchett, qui a trouvé une place dans son agenda chargé pour participer à cette aventure et endosser le rôle de maîtresse de cérémonie lors de cette soirée hors norme. Durant les quatre jours de voyage, Cate nous a divertis par une avalanche de plaisanteries sur la gravité et d'autres sujets du même acabit’.

Alors prenez place, fermez les yeux, imaginez ce décor extraordinaire et découvrez « Live On The Moon », le premier disque live intégral de Sparks.

D'ores et déjà disponible en précommande sous la forme d'un double LP marbré couleur lune en édition limitée, ainsi qu'en double CD et en téléchargement, ce nouvel opus se dévoile aujourd'hui à travers un premier extrait, « Whippings and Apologies (Live On The Moon) ». La version originale figurait sur A Woofer In Tweeter's Clothing, paru en 1972.

De retour sur Terre, le duo poursuivra sa tournée durant l'été. Après plusieurs escales japonaises, ses premières apparitions en Nouvelle-Zélande et un retour en Australie, la formation a lancé son périple européen le week-end dernier en donnant deux prestations remarquées à Live At Chelsea et au Kelvingrove Bandstand de Glasgow.

Date restante annoncée pour 2026 :

Anvers, De Roma, le 29/08/2026

La vidéo de « Whippings And Apologies [Live On The Moon] » est disponible ici

 

 

-  Jeudi 10 septembre 2026 - Salle Magritte - Luther Dickinson trio (Olivier Vander Bauwede & Jan Ieven (El Fish))

Support : Crony and Chum (duo)- Prévente : 22 Euros

 -Vendredi 16 octobre 2026 - Théâtre J.-C. Drouot - Marble Sounds – Prévente : 22 Euros

Pour la fois à Lessines ! Marble Sounds présente son 6e album et les hits de ses 15 ans de carrière.

-Samedi17 octobre 2026 - Salle Magritte - Manu Lanvin – Support : PJDS + Steven DeBruyn-Prévente : 22 Euros.

Chanteur, guitariste et showman exceptionnel. Une figure incontournable du blues-rock français.

- Vendredi 06 novembre 2026 - Salle Magritte - Stéphanie Blanchoud - Support : La Sentinelle de la Chanson – Prévente : 22 Euros.

L'artiste qui s'est beaucoup consacrée au théâtre et au cinéma est de retour à la musique avec un nouvel album.

- Samedi 20 février 2027 - Salle Magritte - Lemon Straw – Prévente : 22 Euros

Pop-rock belge. Chaque concert est tel un moment simple et direct avec le public, comme si les histoires se racontaient dans un grand salon.

- Vendredi 12 mars 2027 - Salle Magritte - The Brooklyn Holdouts – Prévente : 22 Euros

Chris Bergson et Moses Patrou, salués pour leurs albums solos, unissent leurs talents et viennent pour la première fois en Europe.

Soirées Jazz :

2026 - Salle Magritte Lessines / Lessen

-OLEO trio feat. Ruban Hernandez - 24.09.2026

­SOUTH CONNOTATION - 22.10.2026

-WAJDI RIAHI TRIO - 19.11.2026

­MICHEL MAINIL SEXTET - 10.12.2026

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Jeudi 12 novembre 2026 - Fontaines D C - AFAS Dôme, Anvers

Samedi 12 décembre 2026 - Antoon - Trix, Anvers

Vendredi 19 mars 2027 - Passenger - Cirque Royal, Bruxelles 

Samedi 20 mars 2027 - Angèle - ING Aréna, Bruxelles

Dimanche 21 mars 2027 - Angèle - ING Aréna, Bruxelles

Mardi 06 avril 2027 - In Flames - Forest National, Bruxelles

Mardi 06 avril 2027 -Trivium - Forest National, Bruxelles (supporting act In Flames)

Jeudi 22 avril 2027 -Mosimann - ING Aréna, Bruxelles

Vendredi 18 juin 2027 - Bazar - De Roma, Anvers

Dimanche 20 juin 2027 -Bazar - De Roma, Anvers

Vendredi 25 juin 2027 -Bazar - De Roma, Anvers

Dimanche 27 juin 2027 - Bazar - De Roma, Anvers

Lundi 28 juin 2027 - Bazar - De Roma, Anvers

Mardi 29 juin 2027 - Bazar - De Roma, Anvers

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Mercredi 11 novembre 2026 - Montell Fish - Ancienne Belgique, Bruxelles

Vendredi 04 décembre 2026 - Nia Archives - Les Halles De Schaerbeek, Bruxelles

 Vendredi 11 décembre 2026 - Antoon - Trix, Anvers

Lundi 25 janvier 2027 - Adéla - La Madeleine, Bruxelles

Vendredi 05 février 2027 - Dikke - Ancienne Belgique, Bruxelles

Samedi 06 février 2027 - Zwangere Guy - Kursaal, Ostende

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L’icône de la pop belge Novastar, emmenée par Joost Zweegers, dévoile aujourd’hui son tout nouveau single, « Today Yesterday ». Après avoir été présenté lors d’une série de concerts succès, où le morceau a suscité à chaque fois un véritable enthousiasme auprès du public, le titre est désormais officiellement disponible.

Dès les premières notes, « Today Yesterday » confirme ce que l’on savait déjà depuis longtemps : Novastar demeure l’un des maîtres incontestés de la pop belge lorsqu’il s’agit de composer des mélodies aussi efficaces qu’inoubliables.

Grâce à son refrain irrésistible et sa mélodie immédiatement accrocheuse, le single s’impose comme un véritable morceau addictif qui reste en tête dès la première écoute. Derrière cette apparente légèreté se cache pourtant une chanson d’amour à la fois vulnérable, sincère et d’une rare intensité. Le titre explore avec justesse la réalité d’une relation amoureuse : ses hauts et ses bas, les erreurs du quotidien, les doutes, mais aussi ces instants de bonheur absolu qui donnent tout leur sens à une histoire à deux.

Au cœur du morceau se trouve un message aussi universel qu’optimiste : malgré les difficultés et les imperfections, l’amour finit toujours par l’emporter.

En  gravant ce nouveau single, Novastar ajoute un nouveau chapitre à une carrière déjà particulièrement riche. Depuis plusieurs décennies, Joost Zweegers s’est imposé comme l’un des auteurs-compositeurs les plus emblématiques de la scène belge et comme une véritable machine à tubes de la Belpop. Depuis sa victoire au Humo’s Rock Rally à la fin des années 1990, il est devenu une figure incontournable de l’histoire musicale belge.

Responsable de classiques devenus intemporels tels que « Wrong », « The Best Is Yet To Come », « Never Back Down » ou encore « Mars Needs Woman », Novastar a signé la bande-son de plusieurs générations et construit un répertoire dont l’efficacité mélodique ne s’est jamais démentie.

« Today Yesterday » s’inscrit pleinement dans cette lignée : une chanson pop lumineuse, immédiate et profondément humaine, capable de séduire dès la première écoute tout en révélant davantage de nuances au fil des écoutes.

Le clip de « Today Yesterday » est à voir et écouter ici

 

 

Mercredi 02 décembre 2026 - Nieve Ella - Trix, Anvers

Mardi 16 février 2027 - Dylan Gossett - La Madeleine, Bruxelles

Vendredi 19 février 2027 - Main - Trix, Anvers

Vendredi 23 mars 2027 - Black Label Sociéty (Spécial Guest) - Forest National, Bruxelles

Vendredi 23 mars 2027 - Testament (Special Guest) - Forest National, Bruxelles

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samedi, 15 août 2026 17:29

Concerts ZIK-ZAK – Septembre 2026

Vendredi 04/09/2026 à 19h30

BLACK TARTANS + JENKINSES

https://www.facebook.com/BlackTartans

https://www.youtube.com/@blacktartans.officiel

https://www.facebook.com/jenkinses

https://linktr.ee/Jenkinses

Préventes : 19€ (tous frais compris)

Vendredi 11/09/2026 à 19h30

FLASH BAND TRIBUTE ELVIS WITH STEVEN KING

https://www.flashbandelvis.com/

https://www.facebook.com/profile.php?id=61558132405006

Préventes : 25€ (tous frais compris)

 

Vendredi 18/09 à 19h00

ZIK ZAK SESSION : MANNISH BOYS (MARKA ET JOHN MARY GO ROUND)

https://www.facebook.com/profile.php?id=61586430580021

Prévente : 18€ (tous frais compris)

Jeudi 24/09/2026 à 19h30

PANZERBALLETT FEAT. VIRGIL DONATI

https://www.facebook.com/panzerballett

https://panzerballett.de/

Préventes : 37€ (tous frais compris)

Vendredi 25/09/2026 à 19h30

GALLOWS POLE (TRIBUTE LED ZEPPELIN) – 50TH ANNIVERSARY « PHYSICAL GRAFFITI » + DEBORAH BONHAM BAND

https://gallowspole.be/

https://www.facebook.com/profile.php?id=100063565661595

https://www.facebook.com/DeborahBonhamOfficial

https://www.deborahbonham.com/

Préventes : 22.50€ (tous frais compris)

https://zik-zak.be/agenda/

 

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