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Puiser sa force dans ses faiblesses…

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Trent Reznor manie un équilibrage précis, mais complexe, entre forces et faiblesses. Difficile, sans doute, de dénicher, lors des années 90, un personnage plus central que ne l’a été Trent Reznor. Dans son domaine –le rock ‘industriel’– Reznor et son Nine Inch Nails ont réussi la combinaison parfaite : celle de tout intégrer ou presque. Progressif, pop, metal, atmosphérique, funky, hip hop, distorsions, électronique, loops : tous ces termes peuvent lui être associés, à un moment où à un autre. Il faut être drôlement fort, c'est une évidence, pour embrasser toutes ces tendances en même temps, surtout quand on est conscient de l’important déséquilibre qui existe entre tous ces concepts/termes.

Fort ou fragile

Déséquilibre est le mot qui convient parfaitement à Trent Reznor ; d'autant qu'on a l'impression, lorsqu'on se penche sur sa trajectoire, que cette situation, il l'entretient soigneusement. Il y puise une force, née de ‘ruptures’. Ainsi, l'homme reflète une image de personnage fort, puissant, sûr de lui, solidement ancré dans sa solitude dominatrice (NDR : Reznor est à lui tout seul un ‘groupe’ imposant). Mais à l'intérieur, n'est-il pas une mécanique relativement ‘fragile’ ? On apprend que Reznor a traversé, pendant deux ans, une profonde dépression, suite de la mort, à l'âge de 85 ans, de sa grand-mère, une grand-mère qui l'avait recueilli, à la séparation de ses parents, alors qu'il n'avait cinq ans, et qui l'a élevé. Il a très durement vécu l'épreuve, dit-on. Doit-on y voir le signe que s'il manipule et domine les machines avec aisance pour en extraire une musique d'une très grande puissance intrinsèque, il n'en reste pas moins un être humain parfaitement dépendant de paramètres sentimentaux. Bref, Trent a eu beau avoir ‘dompté’ Marylin Manson en produisant « Antichrist Superstar », il n'en reste pas moins vulnérable. Et quand celui qu'il a aidé à s'élever au rang de rock star ultime, lui a gentiment planté quelques coups de poignards dans le dos en se répandant dans la presse, en propos peu amicaux, à son propos, on peut croire que Trent Reznor en a été affecté.

La mort de grand-maman

En 94, Reznor avait consacré un concept album à la dégénérescence progressive d'un être humain, jusqu'à atteindre un état proche de l'autodestruction. L'année de la sortie de ce « Downward Spiral », Kurt Cobain se donnait la mort...

Reznor, lui-même, n'a sans doute jamais atteint le même niveau de dépression que Cobain, mais il a assurément connu des périodes très, très difficiles. Lui, le ‘bidouilleur’ génial, s'est soudain mis à penser que la musique ne représentait pas grand-chose. Et alors qu'il était au sommet de son art et maîtrisait sa façon de faire cohabiter les sons, les instruments, les couleurs, les rythmes et les (bribes de) mélodies, lui ne ressentait plus l'envie, le besoin de réaliser cette alchimie complexe à la fois sensorielle et mentale!

Etonnante constatation : Reznor a retrouvé le goût au travail en retournant, d'une certaine manière, à la simplicité de la vie. Il s'est isolé au bord de l'océan, à Big Sur en Californie, avec la solitude pour compagne et un piano comme thérapeute.

Trent Reznor est, sans aucun doute, un être tourmenté. Morbide, peut-être? On sait qu'il côtoie la mort tous les jours ou presque ; son studio, le célèbre ‘Nothing Studios’ est, en fait, un ancien funérarium racheté en avril 95 et dont une porte provient de la maison hollywoodienne, où a été assassinée Sharon Tate. Cet immeuble, le théâtre des méfaits perpétrés par Charles Manson en 69 (5 personnes massacrées), Reznor l'avait pris en location avant qu'il ne soit détruit. Difficile, vraiment, de ne pas accorder de signification à ces événements assez troubles.

Présenté comme timide et très introspectif (les deux sont souvent liés), Reznor exprime probablement toute une série de frustrations à travers sa musique qui, souvent, est d'une extrême intensité. Il a lui-même récemment avoué, à propos des deux années qu'il vient de vivre : ‘Ecrire s’et révélé très thérapeutique. J’avais oublié à quel point j’aimais la musique et comment elle m’avait toujours sauvé. Cette fois encore, elle m’a ramené à moi-même. Elle m’a donné la force de continuer’ Reznor puise donc clairement sa force dans ses faiblesses.

(Article paru dans le n° 81 de mars 2000 du magazine Mofo)

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