Le Magasin 4 accueillait ce dimanche 1er décembre, une double affiche assez alléchante et personnellement attendue depuis la rentrée. Une affiche caractérisée par son éclectisme, puisqu’elle confirmait la présence d’un des groupes les plus passionnants du moment au sein du paysage garage/psyché indé et celle d’un trio belge capable de fusionner les influences electro, cold mais aussi noise voire même stoner.
Et c'est par ces derniers que la soirée commence, puisqu'ils sont les premiers à entrer en scène (NDR : mais n'y voyez aucune référence biblique!) On remarque immédiatement que le volume sonore est plutôt généreux. Trop en vérité. Difficile de plonger directement dans un tel bain de décibels, d'autant que les problèmes de son ne se limitent pas à ce niveau excessif. La batterie semble détachée des autres instruments alors que la voix sature dans les aigus, particulièrement quand le chant est crié ; ce qui arrive bizarrement assez souvent. Bizarrement en tout cas pour qui connaît un peu Organic. Peut-être est-ce une tentative d'‘aller chercher le public’ de la part du chanteur? Toujours est-il que cette situation a provoqué chez votre serviteur, l'effet inverse, soit une prise de recul et une écoute plus distraite... Dommage, car dans d'autres conditions la formation s'est déjà montrée bien plus convaincante. Que ce soit dans un plus petit club ou en studio comme en témoigne leur album "Under Your Carbon Constellation" qui contourne les clichés du genre et compte parmi les réussites de 2012 sur la scène belge. A revoir donc.
Place ensuite à Disappears, quatuor chicagolais au sein duquel a milité Steve Shelley (le batteur de feu Sonic Youth), un combo qui extrait, d'une substance garage indie, des mantras bruitistes et hypnotiques des plus tripants. Le chanteur/guitariste a la mine du type qu'on vient de réveiller il y a 5 min pour lui rappeler que son concert va démarrer : yeux mi-clos, cheveux en pétard et lippe en avant. Une nonchalance sympathique (ou peut-être une vraie fatigue de tournée) qui lui sied plutôt bien et ne semble pas diminuer l'intensité de la performance. En effet si le début du set est à nouveau quelque peu gâché par les problèmes techniques (basse trop absente et accordage approximatif) rencontrés sur les 2 ou 3 premiers morceaux, le reste se passe sous les meilleurs auspices. Le répertoire est essentiellement constitué de la quasi-totalité de l'excellent dernier opus "Era" ainsi que de nombreux extraits du précédent "Pre Language". Quelques exemples? "Replicate", caractérisé par son groove sec et mécanique, "All Gone White" qui serpente insidieusement ou bien encore "Joa" et sa rythmique très 60's. Mais s'il fallait épingler un moment bien particulier de cette prestation live, ce serait certainement "Elite Typical". Propice à la transe, cette compo est dynamisée par des rythmes tribaux ; un morceau de post-punk qui se fond dans des nappes de guitares étirées à souhait façon space-rock. Envoûtant!
Et c'est peu dire que nous étions encore sous le charme quand s’est terminé leur concert trop court (forcément...) après un rappel consacré à un extrait d’une de leurs œuvres plus ancienne. Mais bon l'heure c'est l'heure! Les voisins tatillons ne le savent que trop bien...
(Organisation Magasin 4)

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