L’errance de Russ Tolman

Russ Tolman a annoncé la sortie de son nouvel album le 18 septembre 2026 (vinyle/CD), lequel est déjà disponible en version numérique (Flatiron Recordings). En attendant, il a partagé le single « Streets Of Denim ». Russ Tolman est un…

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Gavin Friday - Het Depot
Stéphane Reignier

Stéphane Reignier

Les concerts se suivent, mais ne se ressemblent pas. Après avoir batifolé joyeusement dans le cadre champêtre du Tournaisis, la veille, votre serviteur met le cap sur la petite ville post-industrielle d'Aulnoye-Aymeries (NDR : c’est dans le nord de la France), sise à 18 km de Maubeuge et nichée au creux du bassin de la Sambre.
Le seul point commun entre ces deux endroits est la température. Si hier, il faisait chaud, aujourd’hui, c’est pire encore ! Cette période de festivals est décidemment bien estivale…
Les ‘Nuits Secrètes’ constituent le fleuron de cette bourgade de quelques centaines d’habitants. Ici, on se situe dans l’entre-deux. Pas vraiment une organisation amateur, mais pas non plus la grosse artillerie, à l’instar d’un Dour ou d’un Werchter.
Il y a peu de temps encore, la plupart des ‘live’ étaient gratuits. Aujourd’hui, il faut désormais mettre la main au portefeuille, si on veut se faire plaisir. Faut dire que les cachets des artistes et les coûts inhérents à la sécurité ont fait grimper les budgets relatifs à l’organisation.
Pas de grands changements pour cette 17ème édition. Une grande scène en plein air à bâbord et un espace couvert à tribord. Baptisé l’‘Eden’, il s’agit d’une infrastructure métallique initialement conçue pour accueillir le pôle régional des musiques actuelles. Pas vraiment le paradis, mais de quoi parader…
Les parcours dits secrets sont eux aussi tronqués. Ces escapades permettaient aux visiteurs de découvrir un artiste ou un groupe mystérieux dans un lieu qui l’était tout autant… Dorénavant, de grandes affiches placardées aux quatre coins du site annoncent clairement celui ou celle qui accepte de se produire pour le plus grand plaisir des aficionados. Une aubaine pour les uns, mais une initiative un peu conventionnelle pour les autres. L’effet de surprise est tout simplement renvoyé aux oubliettes. Dommage !
Par contre, caractérisée par sa piste de danse, la Bonaventure a été maintenue. De quoi remuer les popotins des fêtards noctambules. Cependant, c’est le seul endroit que votre serviteur évitera de visiter, ses vieux os lui rappelant gentiment que l’arthrite frappe dès l’âge mûr…
Les petites ruelles regorgent de gens, sacs à dos en bandoulières et marcassins aux pieds. Il y a un monde fou. L’accès entre les scènes tient parfois du parcours de combattants. Cette édition risque de devenir un vrai succès !

Passé les étapes des contrôles et accréditations, on entend au loin, Trisomie 21.

Les frères Lomprez ont investi l’Eden, l’un au chant et l’autre à la basse. Ils sont accompagnés d’un troisième larron qui se charge des cordes électriques.

Le groupe s’est formé en 1978. Une belle longévité à une époque où tout devient éphémère. Enfin, si on tient compte de deux pauses dans son parcours. Dont la première va durer de 1997 à 2004. Mais lors d’un concert accordé le 14 novembre 2009, au Glazart, dans le cadre de la promotion de l’elpee, « Black Label », il annonce, à la surprise générale, l’arrêt définitif de son aventure... avant de revenir à la surface, en 2017…

Une longue réflexion de huit années durant lesquelles aucun n’a entamé de projet individuel. L’amour de la musique reprendra cependant le dessus pour donner naissance à « Elegance Never Dies », dans un style plus rock. Une gestation longue et douloureuse !

Faut dire que les frangins ont toujours fonctionné à contre-pied ou si vous préférez en  décalage total avec les tendances de leur époque.

Il est assez étonnant de constater que le public est constitué d’une pyramide des âges très diversifiée. Les papys se souviennent tandis que les plus jeunes découvrent une cold wave froide, rigide et synthétique. Si la musique n’adoucit pas toujours les mœurs, force est de constater qu’elle possède une universalité salutaire…

Rythmiquement saccadées, les compos de T21 vieillissent mal. Comme un vieux vinyle grésillant et poussiéreux posé sur un tourne-disque dont le diamant aurait déjà bien trop parcouru de sillons...

Sombres et industrielles, les compos reflètent à elles seules une certaine misère sociale et intellectuelle du Nord de la France, d’où sont originaires les gaillards. Sous-jacente aussi. Toujours cette culture anarchique qui coule dans leurs veines. Quel(s) combat(s) peuvent-ils donc mener ?

Scéniquement, on ne peut dire non plus que les Lomprez débordent d’une énergie trépidante. Peut-être que l’essence même des sonorités rend cette éventualité caduque.

Nul doute que la formation est davantage taillée pour le studio que pour le live.

La communication avec le parterre est là aussi quasi-inexistante. Faut dire que se livrer entièrement chaque soir pour un public alors qu’on n’en ressent pas nécessairement l’envie s’apparente parfois à de la prostitution…

Les aficionados de la première heure s’y retrouveront malgré tout. Suffit de voir leurs yeux écarquillés à l’écoute de titres phares tels que « La Fête triste » ou encore « The last song ».

Alors, Trisomie21, has been ?

Changement de cap en compagnie d’Eddy de Pretto.

Il est à lui seul, une savante recette finement intelligente de textes poignants et de mots choisis judicieusement sur fond de mélodies accrocheuses.

Normal, lorsqu’on sait que sa mère lui a ouvert la brèche en l’invitant à écouter Brel, Brassens ou encore Barbara.

Il décroche d’ailleurs une nomination méritée aux Victoires de la musique 2018 dans la catégorie ‘révélation scène’.

Vêtu tout simplement d’un short et d’un t-shirt, il s’avance, casquette vissée sur la tête et entame les premières notes de « Jimmy ».

Il ne lâchera pas son smartphone des mains, dont il semble s’accrocher comme un mourant à la vie. Sur la gauche du podium, un batteur solitaire appuie chacune des strophes.

Complètement imprégnée, l’assemblée boit immédiatement ses paroles comme le ferait un Marseillais à qui on aurait servi un pastis !

Plutôt élitiste comme pourrait l’être Saez, les chansons de l’artiste n’étaient pas nécessairement destinées à tomber dans l’escarcelle populaire.

Tout simplement parce que les sujets sont durs, cruels et brutaux.

« Mamere », éloquent sur le sujet, lui permet de régler ses comptes avec celle qui semble ne pas lui avoir donné le sein, ‘si seulement j’avais bu ton lait, ma mère, ma mère’ reprend-t-il étrangement.

Si Oscar Wilde a déclaré un jour : ‘Quand on est petit, on commence par aimer ses parents. Quand on grandit, on les juge. Parfois on leur pardonne’, on ne peut que penser à « Allo maman bobo » de Souchon, une autre thématique sur le questionnement par rapport à ses parents…

Dans la même veine, « Kid », évoque la virilité abusive et l’homosexualité refoulée par l’induction sociale. Le public connaît par cœur et scande remarquablement le refrain.

Au fond, un artiste ne devient t-il pas, par la force des choses, le porte-parole d’une cause ?

Les titres s’écoutent naturellement. Etrangement, on a l’impression qu’il est présent dans la sphère musicale depuis un moment et qu’il y restera longtemps encore… Il y cette notion d’intemporalité. Une impression trop peu partagée chez d’autres artistes émergents ou confirmés.

Enfin, sa « Fête de Trop », dans laquelle il évoque muqueuses, amants de passage, mecs chopés ou encore rails de coke enfilés, lui ravivera quelques souvenirs (bons ou mauvais ?) et clôture un formidable moment passé en sa compagnie…

La curiosité pousse votre serviteur à pousser une pointe vers l’Eden où se produit Jessica93.

Son nom évoque une gonzesse dont le tour de poitrine doit être proche du 90 !

Pas du tout. Si la longue chevelure bouclée constitue un signe distinctif féminin, la barbe touffue confirme combien la testostérone peut exercer des effets dévastateurs.

Agrégeant rock shoegaze, coldwave et stoner psychédélique, l’homme-femme s’amuse à triturer sa gratte à son paroxysme pour en extraire un jus décontenançant à l’aide d’effets parfois surprenants…

Si les dix premières minutes sont amusantes, l’ennui s’installe très vite…

La rareté des food truck provoque des files d’attente interminables. Mais le ventre crie famine. Rien à faire, il va falloir s’armer de patience…
L’attente sera longue de deux heures. Oui, vous avez bien lu ! Deux heures de palabres, de bousculades et d’insultes pour enfin ingurgiter de la nourriture dont les chiens ne voudraient peut-être pas…

Ce qui laisse du temps pour se faire une petite idée sur la prestation de Alt-J.

Si cette fonction rappelle le raccourci informatique sur les claviers Apple, Alt-J est aussi une formation de rock indépendante, originaire de Leeds, en Angleterre…

Initialement quatuor, le groupe est passé à un trio, suite au départ de Gwil Sainsbury. Reste alors du line up originel, Joe Newman (guitare/voix), Gus Unger-Hamilton (claviers/voix) et Thom Green (batterie/samples).

Refusant de s’enfermer dans un genre unique, le premier album, « An Awesome Wave », naviguait entre rock indépendant, électro, pop, folk et même parfois hip hop.

« This is All Yours », le deuxième du nom, plus intimiste, explorait un autre aspect de la musique électro, davantage élitiste et expérimental.

Deux ans plus tard, « Relaxer » mise plutôt sur les arrangements vocaux ; ce qui lui permet d’explorer un horizon sonore plus large…

L’équipe est plantée devant un écran géant qui balance des lumières blanches plutôt vives. Elles seront plus ou moins prononcées au gré des compositions.

Dès les premières notes, une constatation s’impose : le son est audacieux et sophistiqué, marie parfois subtilement un indie rock sulfureux et brutal à une électro aérienne. La voix de Joe Newman affiche une amplitude folle.

Les titres inspirent autant qu’ils rassurent. La foule est compacte et écoute, souvent passivement d’ailleurs, ce qui est en train de se dérouler sous ses yeux, les portugaises grandes ouvertes...

Faut dire que même si les Anglais ont fêté leur dixième anniversaire l’année dernière, leur popularité n’a pas encore gagné suffisamment nos contrées.

Normal dès lors que ceux qui cherchent le tube repartiront bredouille…

Dommage que votre serviteur n’ait pu savourer correctement ce breuvage musical afin de parfaire sa culture générale…

La nuit est tombée depuis longtemps, certains festivaliers écrasés par la chaleur se sont couchés sur le bitume. D’autres encore présentent une écume blanchâtre sur le coin des lèvres ; à coup sûr, il ne s’agit pas de salive…
Une nouvelle histoire de raccourci clavier vient de s’écrire en somme ou… en pomme, c’est selon !

(Organisation : Les Nuits Secrètes)

Voir aussi notre section photos ici (site nl) 

vendredi, 27 juillet 2018 03:00

Les Gens d’Ere 2018 : vendredi 27 juillet

En 1998, quelques amis se réunissent fortuitement dans un hangar pour y fêter la fin des examens. Rien de prétentieux ! Juste quelques fûts, une sono et des invitations lancées aux amis.
Le succès est au rendez-vous, la bouche-à-oreille fonctionne, les invités sont de plus en plus nombreux.
C’est ainsi que la légende prend forme…
Si aujourd’hui, le festival ‘Les gens d’Ere’ n’a rien de comparable avec ses grands frères, il n’en demeure pas moins pour autant humble dans sa philosophie de fonctionnement.
Les organisateurs ont étendu les festivités à trois jours. Le premier est essentiellement destiné aux (re)découvertes à travers une programmation belge, le second est consacré aux covers et enfin, le dernier est destiné au jeune public…
Votre serviteur doit opérer un choix cornélien. En effet, ‘Les Nuits Secrètes’ l’attendent. Impossible de couvrir l’intégralité de la manifestation. Et finalement, pas si opportun non plus…
Ce vendredi nous réservera la plus longue éclipse totale lunaire de ce 21e siècle. Sauf que le ciel, jusqu’ici clément s’est couvert de gros nuages orageux… de plus en plus menaçants. La température est étouffante sur le site, difficilement supportable, même. Le souffle chaud du vent n’apporte aucune fraîcheur salutaire.
Pour se rafraîchir, il n’existe qu’une seule solution : se réfugier devant un des nombreux bars !

Votre serviteur arrive un poil après le début des hostilités. Dommage, parce que Sonnfjord a déjà entamé son tour de chant. La musicalité de « Fresh Heart » réverbère sur la plaine. Toute vêtue d’un bleu qui contraste avec la noirceur du temps, Maria-Laetitia Mattern est accompagnée de son frangin Aurélio (Paon, Lucy Lucy!), Fabien aux baguettes, François à la basse et Jérôme à la gratte.

Née sur les cendres encore tièdes de Jimmie Joy, la formation pratique une musique qui mêle subtilement pop et folk, une expression sonore nappée de nappes de synthé qui permettent des envolées sidérales.

La voix de la Brainoise se marie agréablement aux riffs de guitares atmosphériques parfaitement maîtrisés ; ce qui incite le mélomane à découvrir la nature majestueuse, l’espace et l’évocation des légendes si caractéristiques de la Finlande, évocatrice du patronyme.

Son front perlant, elle termine son set par « Lights », largement diffusé sur les radios grand public. Une occasion ultime de démontrer tout son talent…

Piano Club prend immédiatement la relève sur la grande scène. Ils sont bien une douzaine sur les planches ! La bande à Anthony Sinatra (également membre de Hollywood Porn Stars) est notamment enrichie par la présence de trois choristes et deux percussionnistes dont le torse est imberbe.

Et tous portes des vestons à l’effigie du groupe. Belle idée, mais par ce temps, fallait vraiment oser !

Depuis sa création en 2007 et son single « Girl On TV », les Liégeois ont tracé leur odyssée musicale offrant ici et là des compositions variées et stylées, renforçant un peu plus à chaque disque une maîtrise technique pourtant déjà pas mal affirmée.

Le ‘club’ est venu, défendre les couleurs de « Fantasy walks » et revisiter ce qui a fait sa notoriété.

Sur fond de touches électro vieillottes, la musicalité, pourtant astucieuse, conduit les aficionados dans des tréfonds sonores, entre kitsch et rétro, communiquant malheureusement parfois un côté poussiéreux à l’ensemble…

Ni la descente dans l’arène un brin psychédélique du jeune poupon pour emprunter les lunettes d’une pisseuse, ni ses selfies amusés (pas forcément amusants), ne parviendra à forger ce moment en épisode mémorable.

L’ennui était tout sauf vif et éphémère. Pas de quoi tricoter de vieilles chaussettes !

Des titres comme « Esther » ou « Christine » dont les courbures sont sublimement soulignées par les vocalistes viendront sauver ce qui aurait pu devenir une catastrophe industrielle. Les filles, on vous aime !

Suarez inaugure quant à lui le premier concert sous le grand chapiteau !

C’est probablement un des moments les plus attendus de cette journée. La respiration haletante, des centaines de festivaliers attendent depuis un certain temps déjà celui qui est devenu coach et jury à la téloche durant ses heures perdues.

On y voit d’ailleurs plus de longues tignasses que de poils courts sur la caboche. Le physique et le sourire enjôleur du sieur Pinalla n’y sont sans doute pas étrangers…

Quoiqu’il en soit, les donzelles se sont agglutinées aux premiers rangs, langue pendue aux chevilles. Comme une horde de mouches autour d’un morceau de… viande. Ce spectacle (désolant ?) est tout simplement hallucinant et rappelle combien idiotement l’apparat peut contribuer aux prémices d’un succès

Le physique ne fait heureusement pas tout ! Il faut bien évidemment un soupçon de talent. Honnêteté intellectuelle oblige, celui dont les origines italo-espagnole ressortent, en a. Cela ne fait aucun doute !

« Sur tes lèvres », « Ni rancœur, ni colère » et « Souffle de délire » affichent toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Sublimés par une présence scénique relevée, Marc et ses acolytes ont tablé sur un set mélodique qui fait mouche aux yeux des plus jeunes.

« Mon insuline », belle déclamation d’amour emporte chacun d’entre nous vers une forme de sublimation onirique. Les couples s’entrelacent tendrement durant trois petites minutes et se repoussent ensuite quasi-machinalement dès l’extinction des amplis.

Si la douceur et la volupté demeurent le violon d’Ingres de la formation, le show est jugé un trop mielleux et flirte avec des stéréotypes formatés !

Peut-être que l’insouciance et la fougue des débuts ont laissé place à une plus grande maturité. Voire trop grande !

Car si la maîtrise du groupe est certaine, la prise de risques et l’improvisation mériteraient d’avoir leur place en live pour donner du relief.

Si une partie du public s’en contentera, il en sera tout autrement pour les aficionados plus ambitieux…

Mais quand même, un joli moment d’émotion entre souvenirs refoulés et bonheur délétère lors de cette reprise déconcertante de « L’amour à la plage » de Niagara…

Le quatuor tente, a cappella, une version de « Pour un flirt avec toi » du regretté Michel Delpech. Joli clin d’œil à un grand Monsieur de la chanson française.

Les guitares bruitistes des comparses de feu Skip The Use, réunis sous The Noface rappellent les plus vaillants vers la ‘stage’ extérieure.

Si Mat Bastard a définitivement quitté le navire, les matelots ont trouvé un nouveau commandant de bord. En l’occurrence Oma Jali, révélée grâce à l’émission The Voice.

Malheureusement, les conditions climatiques désastreuses guident ceux dont la curiosité est attisée par ce nouveau phénomène, vers un abri de circonstance.

Festivaliers, oui, mais pas fous !

Le temps de se sécher et il déjà l’heure pour Hyphen Hyphen d’emboîter le pas…

Très attendus, les Niçois avaient frappé très fort en 2015, en publiant un premier opus plus que réussi. Intitulé « Times », il leur avait permis d’être récompensés aux Victoires de la Musique l’année suivante, comme ‘Révélation Scène’…

C’est sur « Take my Hand » que bariolés de marques noires tribales sur le visage signifiant Hyphen (terme anglais qui se traduit par trait d’union), les quatre jeunes gens montent sur l’estrade entre deux énormes ‘H’ blancs déposés de part et d’autre de l’espace.

C’est Zoé Hochberg qui est chargée des fûts suite au départ de Zac. Son jeu est un peu plus épuré que d’habitude. Normal, la main gauche est dans le plâtre et le bras, en écharpe. Malgré une seule droite active, force est de constater que la jeune fille s’en sort admirablement bien…

Santa (chant), Puss (guitare, claviers) et Line (basse, chœurs) ne ménagent pas leurs efforts non plus. Les corps se tortillent, les têtes balancent d’avant en arrière régulièrement, spontanément ou volontairement à l’excès. Ils reviennent plus énervés que jamais… Une odeur désagréable de transpiration plane. Les fronts laissent apparaître le fruit d’une générosité physique intense…

Les rondeurs de la chanteuse ont pratiquement disparues, ce qui laisse apparaître les courbures d’un corps que certains mâles contemplent avec délectation.

Pourtant, depuis longtemps, cette gonzesse véhicule quelque chose de très masculin, voire guerrier, dans son approche artistique. Elle ne dérogera pas à la règle ce soir.

D’une voix plutôt grave, elle donne l’impression de mener un combat sur un ring. Une adversité protéiforme et absolue. On y sent de la force, de la fougue et de la rage…

En tout cas, l’ensemble est cohérent, féroce et renvoie au panier les styles formatés et standardisés du moment.

Déjà « Mama Sorry » indique clairement que le dernier opus est vraiment taillé pour le live. Percutantes et fédératrices, les compos baignent dans une sorte d’électro/pop rocailleuse… « Like Boys » lui permet de défendre son manifeste féministe dont le refrain entêtant ‘I don't even like boys / Don't you understand / You're just not my type / Don't you understand’ est repris par un public excité. Un titre emblématique, porte-drapeau de la défense d’une cause (qu’elle estime) juste et noble.

Bref, un show puissant à la courbe ascendante. C’est jouissif et d’une énergie imparable !

Après une heure d’une prestation effrénée, « Just Need » vient souffler le glas de ce qui restera dans les annales… du festival…

Enfin, Zenith se charge des prolongations. Un groupe de covers issu du patelin. Trop peu pour votre serviteur qui préfère rester sur une note positive.

Comme quoi, l’affiche d’un tel événement peut également receler des faiblesses…

Suite au prochain numéro !

(Organisation : Les Gens d’Ere)

Voir aussi notre section photos ici

 

Déjà 11 années que le superbe parc du château d’Enghien accueille le LaSemo, un festival on ne peut plus iconoclaste puisqu’il mêle musiques, arts et cultures.
A l’affiche, une toute jeune artiste au doux nom de Charlotte, fruit légitime de Muriel Dacq et d’Alec Mansion, y est programmée, cette année…
Nouvelle voix dans le paysage musical belge, elle évoque Lana Del Rey même si elle réfute cette filiation un peu impromptue selon elle.
Elle a débuté dans le monde de la danse aux côtés de sa sœur Betty. Cap ensuite vers Paris pour y suivre les cours ‘Florent’ et enfin terminer sa course artistique effrénée dans la chanson où elle s’y sent plus à l’aise.
La donzelle se produit sur la scène de la Guinguette, un espace farfelu dont le décor est constitué de vieilles caisses en bois, à l’image d’une bibliothèque géante un peu vieillotte.
Peu prolixe, atteinte d’une timidité maladive, mais touchante derrière ses grands yeux bleus azur, elle se dévoile sereinement et calmement aux lecteurs de Musiczine.

Charlotte, tu es la fille de Muriel Dacq et d’Alec Mansion. Tes parents ont vendu près de deux millions de disques à eux deux, au cours des années 80. Deux questions viennent immédiatement à l’esprit. Premièrement, avoir choisi un nom de scène aussi passe-partout n’est-il pas en soi une manière de manifester sa neutralité ? Secundo, comment perçois-tu le fait d’être ‘la fille de’ ?

Je vais répondre aux deux questions en même temps. J’ai volontairement omis mon patronyme parce que l’univers dans lequel je navigue m’est propre. Rien à voir avec celui de mes parents ! Je me suis créé une véritable identité musicale. Et puis, je voulais vraiment que l’on me considère comme ‘Charlotte’ et non pas comme ‘Mansion, la fille de l’autre’. Contrairement à ce que la masse populaire peut penser, il est aujourd’hui beaucoup plus difficile de se forger un nom qu’un prénom. Depuis toute petite, je sais que si je veux me faire une place au soleil, cet objectif viendra davantage du fruit de mon travail que via un piston.

Est-il vrai que tes parents t’ont toujours déconseillée de te lancer dans un milieu où on ne se fait pas de cadeaux ?

C’est exact ! Je dois t’avouer qu’adolescente, le monde du show-business m’angoissait terriblement. Je n’avais pas du tout envie d’y mettre les pieds. Je n’y percevais que de l’hypocrisie. Aujourd’hui, je conçois les choses différemment. Cet univers me semble beaucoup plus supportable. 

Généralement, les parents poussent pourtant leur rejeton à poursuivre leurs rêves non ?

En ce qui me concerne, je ne me pose pas trop de questions. Les événements évoluent naturellement. C’est le destin ! J’ai passé du temps à faire mûrir mon projet. Je suis assez fière du résultat. Je pense que c’est mieux ainsi au final…

On te sent très proche de Lana Del Rey, tant à travers l'esthétique, les vidéos que dans les styles vestimentaires et musicaux. Que t’inspire cette artiste ?

C’est totalement involontaire de ma part ! Je dois t’avouer que je ne suis pas énormément son parcours. Je ne l’ai découverte que récemment en concert. La photo qui a été utilisée pour la promotion ressemble fort à sa pochette, c’est vrai. C’est tout à fait involontaire. Mais, être comparée à cette artiste me procure énormément de plaisir, évidemment (rires).

La chorégraphie « Pars » a été imaginée par ta soeur (Betty Mansion). Est-ce un atout de bosser en compagnie de ses proches ?

Travailler en compagnie de tes proches appartient à la philosophie d’une génération nouvelle. Je suis très heureuse d’avoir pu collaborer avec ma sœur parce que nous avons fait de la danse ensemble durant des années. Elle était tellement convaincante dans ce secteur que j’ai préféré m’éclipser afin de me concentrer sur d’autres créneaux. Elle a assuré la chorégraphie du clip.

La concentration et la substance semblent importantes pour toi. On te sent très perfectionniste dans l’âme. Dans ce métier, certaines personnes abordent leur rôle avec beaucoup de légèreté, sans que cette perspective ne puisse pourtant poser problème. N’as-tu pas l’impression de t’emprisonner dans un personnage qui n’est peut être pas le tien ?

Il est extrêmement difficile de se démarquer de nos jours. J’ai préféré choisir une ligne de conduite plutôt classique. Mais, je souhaite développer mon image à l’avenir. Je n’ai pas l’intention de rester toute ma vie vêtue d’une robe blanche !

Les textes sont écrits en français et traitent d'amour passionné et envoûtant. Tu es une toute jeune femme qui déborde d’idéaux. Les séparations et les divorces n’ont jamais eu aussi la cote aujourd’hui. N’y vois-tu pas là dedans un certain paradoxe ?

Ce dont je parle justement dans mes textes, ce sont les moment très difficiles que j’ai vus ou moi-même vécus. C’est en quelque sorte une thérapie. Analyser le passé pour mieux l’affronter. J’espère aussi que d’autres personnes trouveront à travers mes chansons une caisse de résonance afin qu’elles se sentent moins seules et puissent poser un regard extérieur sur ce qu’elles vivent pour mieux les vivre.

Tu as collaboré avec Alex Germys. Il a un talent indéniable, un physique attrayant et un cerveau bien rempli ; bref, il a tout pour plaire. Peux-tu m’en dire davantage sur cette rencontre ?

Alex Germys est mon manager ! Il joue aussi un peu le rôle de directeur artistique sur le projet. Je ne le connaissais pas, à la base. Je suis très heureuse de travailler avec lui. Il m’apporte énormément. J’espère que notre coopération va durer (rires).

Certains admettent que la mouvance electro/pop – dream/pop dresse un pont entre les musiques du passé et une véritable modernité. Imagines-tu qu’elle puisse être perçue, comme le fossoyeur du rock’n’roll ?

Je ne sais pas quoi répondre… Je pense que nous sommes dans une période où il y a un vivier de nouveaux artistes et a fortiori un contenu intéressant. A l’époque, je voyais par exemple mon père fort tracassé lorsque les téléchargements illégaux ont commencé à pulluler sur le net. Aujourd’hui, c’est un peu plus contrôlé. Les plates-formes de streaming comme Spotify offrent un avantage double. L’utilisateur y trouve un catalogue presque infini et l’artiste est rétribué, ce qui le rend moins anxiogène.

Tu es d’origine namuroise. Les étrangers parviennent difficilement à comprendre ce qu’est la belgitude. Pourtant certains artistes s’y sont relativement décomplexés. Je pense notamment à The Experimental Tropic Blues Band, lorsqu’il a imaginé sont concept/concert ‘The Belgians’. Tes chansons respectent une forme plus traditionnelle. Elles sont donc plus exportables en quelque sorte…

Je fais ce que j’ai envie de faire ! Jamais, je n’ai réfléchi une seule seconde à l’aspect purement marketing. Le mois dernier, j’ai participé aux Francos de Montréal. Le public scandait mon nom durant la prestation alors qu’il ne me connaissait pas. La musique peut constituer un prisme génial, même à des kilomètres à la ronde. Je ne suis pas formatée. C’est en concert que je me rend compte si mes chansons impactent ou pas...

Interview réalisée le samedi 7 juillet 2018, dans le cadre du festival LaSemo.

 

BLACK MIRRORS sort le deuxième single "Moonstone", un titre issu de son premier album tant attendu "Look Into The Black Mirror"!

Le nouveau single prouve une fois de plus que ces rockers belges sont là pour rester.

"Moonstone" apporte un côté très soul à leur spectre musical situé à mi-chemin entre alternatif et stoner.

Un mélange polyvalent de sentiments profonds et d'émotions pures. BLACK MIRRORS est la nouvelle étoile montante du paysage musical belge !

La vidéo est disponible ici .

jeudi, 26 juillet 2018 02:24

Arrêt à la station 13 !

INDOCHINE dévoile son nouveau clip réalisé par Bouha Kazmi à Cape Town.

STATION 13 est le 3ème extrait de l’album 13 déjà écoulé à près de 350.000 exemplaires.

Un maxi single 6 titres est disponible en trois éditions collectors.

Le clip peut être vu ici .

Déjà largement repéré de l’autre côté de la frontière, le duo pop bruxellois Faon Faon débarque en France et va nous faire danser avec Mariel, son nouveau single.

Fanny et Olympia - Faon Faon - fusionnent leurs voix et leurs voyelles pour livrer une musique hybride aux sonorités pop, hip-hop et électro. Elles créent ainsi leur propre monde en livrant une musique fraîche et sensible.

Après un premier EP sorti il y a quelques mois en Belgique - produit par Anthony Sinatra (Piano Club) et peaufiné par Remy Lebbos (Nicolas Michaux, Great Mountain Fire), le duo nous présente aujourd'hui son single, Mariel.

Furieusement modernes et fragiles, leurs textes en français allient poésie tranchée et sincérité 2.0.

De la fonte des glaces aux montagnes à gravir, nous traversons avec elles des typhons du son, et nous défions la gravité. Faon Faon vient de sortir son nouveau clip Mariel tourné à Almeria en Espagne en un spectaculaire plan séquence pour lequel Fanny et Olympia ont dû apprendre l’intégralité de leur chanson à l’envers.

Voici ici le clip de Mariel de Faon Faon.

 

mercredi, 25 juillet 2018 17:56

Miossec évoque sa mer !

Miossec annonce la sortie d'un nouveau single, « La mer », réalisé par Juliette Casella

Cet extrait figurera sur l'album « Les Rescapés » à paraître le 28 septembre.

La pochette de cet album a été réalisée à Londres dans l’atelier de Kate Gibb.

Découvrez ici ce titre.

mercredi, 18 juillet 2018 01:32

Ces garçons-là ...

Ces garçons-là ont grandi ensemble, ils ont partagé leurs joies, leurs peines, ressenti ensemble la solitude urbaine, vécu les mêmes désillusions.

Ces garçons-là erraient seuls au milieu de la ville lorsqu’ils ont compris cette urgence commune de se livrer, ce besoin (immédiat) de rendre enfin cette brutalité enfouie, ce désir sourd qui les avait réunis là.

Il fallait alors écrire vite, ne plus sombrer dans la torpeur, ne plus réfléchir, afin que les mots, les notes, les écrits soient instinctifs et en prise directe avec le cœur, là, au plus près de l’émotion, au plus profond de leurs envies.

« Ces garçons-là » (disponible ici ) étaient leur histoire à écrire.

mercredi, 18 juillet 2018 01:22

Un peu de rosé dans tout ça !

Onze chansons et onzième album pour Elysian Fields, le duo culte de New-York, mené par Jennifer Charles et Oren Bloedow.

Enregistré dans les montagnes, aux abords de Woodstock, Pink Air a été finalisé dans le studio de Thomas Bartlett (The National, Sufjan Stevens) à Manhattan. Une même onde rock unit les morceaux de sa réverbération caverneuse, comme enveloppée dans l’obscurité d’un night club ou épinglée à l’ombre d’un cauchemar moderne.

Pink Air est une escapade rock’n roll post-apocalyptique. L’album aborde des thèmes aussi variés que la menace écologique, le régime d’un narcissique dictateur en puissance, la suprématie blanche, la censure, l’effacement de l’histoire, le drame social des familles... aussi bien que des méditations sur le temps, l’amitié, la perte, la mort. En dépit d’un ton mordant, le propos ne sonne jamais trop pesant, allégé par de nombreuses touches d’humour.

Le chant de Jennifer Charles est à son plus haut, insufflant à chaque morceau son légendaire charisme languissant, dans un souffle lyrique dont le pouvoir d’envoûtement est resté intact. En dépeignant le paysage du temps présent avec ses paroles précises, souvent caustiques, Jennifer pose son voile si particulier sur l’intime, le spirituel, brossant ses personnages, amis et amants, dans un pur style de romancière. Le tout sur un arrière fond de peur de notre époque, de ses dérives sociales et politiques.

Avec Elysian Fields, l’angélique chanteuse et ses acolytes ont toujours été portés par les courants les plus élevés du ciel. Pour Pink Air, ils rangent leurs ailes, se posent au sol et sillonnent les terres brûlées de l’Amérique, animés par l’esprit rock’n roll de l’animal, dont les plumes se sont transformées en poils hérissés.

https://microcultures.bandcamp.com/album/pink-air

mercredi, 18 juillet 2018 01:13

Chris, tout simplement !

Quatre années après « Chaleur Humaine » et ses plus de 1,3 millions de copies vendues à travers le monde, Christine and The Queens annonce la sortie de son prochain album « Chris » pour le 21 septembre prochain suivi dans la foulée d’une tournée qui passera par l’Europe, le Canada et les Etats-Unis.

Christine révèle ainsi une nouvelle facette, plus complexe, d’une artiste en mutation perpétuelle.

Un album entièrement composé, produit et enregistré par Christine porté par un nouveau morceau « Doesn’t Matter (Voleur de Soleil) », au groove entêtant, ses chœurs en transe et son clip en forme de danse érotique dirigé par Colin Solal Cardo (connu pour ses collaborations avec Jack White, Alicia Keys ou Phoenix).

Plus brut, funky et dansant, abordant des histoires d’amour et de désir sous le prisme de la confusion des genres chère à Chris, porté par des influences qui vont de Michael Jackson à West Side Story, « Chris » dévoile une nouvelle facette d’une artiste qui n’a pas fini de nous surprendre et de prendre des risques. 

Cliquez ici pour voir « Doesn’t matter », second morceau dévoilé par Chris.